lundi 29 juin 2009

270° Gay Pride. Nos droits en voie de récupération?

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La « Marche des Fiertés » 2009 a réuni samedi 700 000 personnes, et 200 000 selon la police.


Les commentaires les plus désobligeants contribuent à son succès: plus la police minimise le chiffre des participants, plus on imagine qu'elle est gênée d'avouer le vrai.


Et la rumeur qui court dans certains couloirs de l'Assemblée où aiment à se retrouver les députés homophobes, suivant laquelle il y aurait eu moitié « d'hétéros venus pour s'amuser » contient sa propre condamnation: s'ils sont venus, c'est qu'ils ont aimé.



...Couloirs de l'Assemblée où, en 2006, Jean Marc Nesme (UMP) avait trouvé 300 députés -dont 296 UMP- pour signer « l'entente parlementaire » contre l'homoparentalité. Certains ne pensent qu'à ça, le voilà qui recommence:


http://www.rue89.com/2009/03/12/la-petition-contre-les-parents-gays-de-retour-a-lassemblee


Il y en a vraiment qui voient plus de choses dans les rétroviseurs que par le pare-brise..


Remarquez, quand on imagine qu'il survit encore dans l'hémicycle seize députés (tous UMP) pour le rétablissement de la peine de mort, dont le médiathopathe Jacques Myard, qui se jette devant toutes les caméras pour donner son avis sur tout.... On imagine que l'homophobie militante a encore de beaux jours devant elle. La liste des nostalgiques de la guillotine ici:


http://www.plumedepresse.com/spip.php?article504



GayLib, protestant contre la contestation de sa présence à la Marche des Fiertés:


http://v2.e-llico.com/article.htm?rubrique=actus&articleID=19983

http://v2.e-llico.com/article.htm?rubrique=actu&articleID=20006


a bien du mal à achever sa démonstration. Ils ont beau disserter, concernant par exemple l'aggravation des peines encourues pour agression ou injures homophobes, il s'agit d'une loi à laquelle l'UMP s'était opposé en 2001 lorsque les socialistes (alors majoritaires) l'avaient votée. L'UMP n'a fait qu'alourdir l'aggravation en 2003 pour pouvoir en revendiquer maintenant la paternité, et ne semble pas trouver urgent d'en exiger l'application systématique devant les tribunaux. Les parquets font impunément ce qu'ils veulent, et les associations sont parfois obligées de manifester pour obtenir l'application de cette aggravation.


http://v2.e-llico.com/article.htm?articleID=17203&rubrique=actus

http://v2.e-llico.com/article.htm?articleID=16406&rubrique=actus

http://v2.e-llico.com/article.htm?articleID=172&rubrique=actus



A vouloir toujours faire le grand écart sur tous les sujets, l'UMP s'assure des lendemains difficiles, sa force tenant manifestement bien davantage au vide de l'opposition qu'à sa propre cohérence, et son incontrôlable expansion l'appellant chaque jour davantage à réunir des incompatibles.


Ainsi, transversalement au clivage chiraco-villepiniste s'ouvre maintenant une profonde crevasse qui sépare les tenants de la politique d'ouverture prônée par le petit Nicolas et les militants purs et durs qui voudraient bien récolter avant de mourir quelques fruits de l'arbre si longtemps cultivé.


Après les larmoyantes lamentations de Devedjian qui aurait aimé que « l'ouverture aille jusqu'au cœur de l'UMP », voilà le pas rigolo Claude Goasgen qui se fâche tout rouge contre les transfuges:


http://stoplouverture.com/?gclid=CJ_N_8D4npsCFaYA4wodeU3IpA


On avait déjà le « Casse-toi pauvre con », (attention, droits d'auteur) voici le « Casse-toi, t'es pas de ma bande ».



Pour revenir à notre Marche des Fiertés dont le thème résumé est « Nos libertés ne doivent pas être ni un dû ni une charité, mais un droit qui va de soi », elle est l'objet de tentatives de récupération de plus en plus nombreuses.


Il y a les chrétiens « inclusifs », dont voici l'adresse, je ne suis pas sectaire:


http://cci.blogspirit.com/


qui ont décidé de ratisser large pour remplir à nouveau leurs églises, et de cesser de flanquer tout le monde à la porte pour un oui ou un non. Les églises n'ont plus les moyens d'excommunier et les moins sottes adoptent une gestion de crise. Voici donc, après mille ans de bûchers, de procès de sorcellerie, de condamnations et de promesses d'enfer, les homos à nouveau bienvenus dans la maison de dieu. Enfin, dans certaines succursales.


Certes, les protestants proclament aujourd'hui: « C'est pas nous », mais ils ont tout de même eu quatre cents ans pour désapprouver les bûchers de Sodome, et ils ne l'ont pas fait.


On met aujourd'hui les petits plats dans les grands pour rattraper le temps perdu puisqu'en guise de communion, la cathédrale américaine de Paris offrait carrément un buffet à l'issue d'une cérémonie organisée samedi soir par le groupe Lambda. (groupe de réflexion théologique et de partage fraternel destiné aux gays, lesbiennes, à leurs familles et amis). J'ai le flyer qu'ils distribuaient dans le cortège!


Là où il leur reste à apprendre, c'est qu'on ne dit pas une messe spéciale gay avenue GeorgeV à 19 heures un soir de Gay Pride, même avec un buffet! Je ne suis pas sûr que même des officiants en string auraient détourné le peuple gay du concert de la Bastille et de la folle soirée du Marais.


Mais les mouches commencent à tourner autour du pot de confiture. Plus gênantes sont les mouches du « parti du respect »...


http://www.parti-du-respect.net/accueil.html


qui auraient voulu s'intégrer à la Marche des Fiertés, mais que l'Inter-lgbt n'a pas laissé faire (le site du parti explique que c'est à cause d'un différent à propos d'allocations familiales), -on aura très bientôt le détail des échauffourées-.


Du coup, ils ont tracté tous les réverbères du parcours d'une profession de foi titrée « Liberté Egalité Fraternité, où êtes vous passées ?», le tout barré d'un grand « censuré par l'Inter-LGBT ».


Leur site explique qu'un clivage « gauche - droite » ne permet pas la gestion d'une société, qu'il faut s'élever au dessus du terrain politique... et résumer tout le fonctionnement démocratique non plus à un débat, mais à un proverbe: « les droits de chacun vont jusqu'où commencent ceux du voisin ».


Bien sûr c'est vrai, mais ce ne serait valable que pour le pays de oui-oui où tout le monde serait juste et gentil...


Et comme ce n'est pas le cas, -loin de là-, ce serait la loi de la jungle, et on sait bien que la loi de la jungle dans les pays modernes, c'est la loi de l'argent.


De là à imaginer que derrière ces faux-candides se cachent des ultra-libéraux particulièrement populistes, il n'y a qu'un petit pas glissé que je franchirais bien volontiers...


C'est le genre de démarche que fit Jean Marc Fedida en tentant de récupérer l'écologie dans son livre « Impasses de Grenelle » publié en 2008 chez Ramsay. Dans les cent premières pages, il critique l'agitation écologique en dénonçant avec humour ses incohérences, -et c'est vrai qu'il y a de quoi dire-, puis estimant avoir conquis son public, l'entraîne dans une démonstration qui voudrait que seul l'ultra-libéralisme, par « l'équilibre naturel » qu'il procure, soit capable de résoudre les défis écologiques planétaires avec toute l'efficacité souhaitable.


Partant du principe que tout s'achète et que tout se vend, et du postulat que le profit serait le seul moteur possible d'une société humaine, ces messieurs ultra-libéraux tentent de s'approprier l'écologie par ci, la lutte contre l'homophobie par là, et essaient de faire de l'entrisme dans les mouvements revendicatifs en adoptant des causes dont ils se foutent éperdument pour présenter leur système comme une panacée universelle.


Et d'ailleurs, « l'ouverture » du gouvernement Sarkozy, tentant à effacer le clivage gauche-droite, à brouiller les cartes et à monopoliser le terrain politique au profit d'un parti fonctionnant en « mode moissonneuse », phagocytant et avalant tout sur son passage, ne résulte-t-elle pas de ce même calcul?


Les OPA que les « chrétiens inclusifs » tentent de faire sur le terrain religieux, Fédida sur l'écologie, le parti du respect et Gaylib sur le terrain des droits des gays et l'UMP sur l'échiquier politique en général ne seraient que des tentacules d'un poulpe central, les émanations d'un big brother, les calculs machiavéliques de l'architecte de la fourmilière?


Bien sûr le débat politique a sa place, plus que jamais...


Connaît-on des tyrans et des dictateurs qui ne déclarent pas agir pour le plus grand bien de leur peuple et de leur pays?


Soyons prudent, et examinons bien les motivations réelles et profondes de ceux qui nous veulent tant de bien. Ne nous laissons pas déposséder de nos luttes. Qui a de meilleures raison qu'un gay pour lutter contre l'homophobie?



Tiens, sans trop changer de sujet, le projet Loppsi2 qui va sodomiser l'internet français pendant les vacances prend forme, et prétend maintenant s'étendre au contrôle des emails et « communications électroniques diverses »... Pour notre plus grand bien.




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mercredi 24 juin 2009

269° Droits de l'Homme et droits de l'airbus.

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Ce sont bien-sûr des hasards du calendrier ….(Objets inanimés, avez-vous donc une âme?).


La prestation de Sarkozy à Versailles correspond à quelques jours près au cinquantenaire de la mort de Boris Vian et à la sortie du film « le petit Nicolas ».


Et aussi à une nouvelle mouture gouvernementale où les droits de l'homme cèdent la place aux droits de l'airbus et de quelques autres produits métalliques.



Mes correspondants étrangers sont très impressionnés par la photo du petit Nicolas avançant bravement dans une galerie versaillesque entre deux haies de gardes républicains sabres au clair. Il fallait bien qu'il y ait quelque chose d'impressionnant dans cette cérémonie qui ne nous a par ailleurs apporté que quelques catas supplémentaires.

Photo Reuters/Benoît/Tessier

Un nouvel emprunt? On se souvient de l'emprunt Giscard, en 1973, dont le remboursement, pour un apport initial de 7 milliards, a coûté 80 milliards aux contribuables! Rappelons aussi l'emprunt Balladur, dont le remboursement achevé en 1997 s'est soldé par un déficit de 4 milliards, toujours aux frais du contribuable. L'emprunt Pinay, le seul qui ait jamais fonctionné, c'était en 1953. Nos argentiers ont-ils réalisé que les temps avaient changé?


Question Hadopi, le petit Nicolas l'a dit, « il ira jusqu'au bout ». Manque de pot, l'affaire est une impasse. Aller jusqu'au fond de l'impasse est peut-être un périple à Canossa que son nouveau ministre Fredéric Mitterrand saura lui épargner?


Frédéric Mitterrand, qui n'a de gauche que feu son oncle, est le ministre de la culture le plus approprié dont un gouvernement réactionnaire limite old fashion comme le nôtre pouvait rêver. Il possède un vrai bagage culturel qui, à la différence d'Albanel, le rend crédible, mais entièrement tourné vers le classicisme et le patrimoine. La création, vous savez, ces jeunes intellos qui réfléchissent trop et fomentent sans répit une contestation bouillonnante ont peu à attendre de ses faveurs. Le répertoire va tourner en boucle et les jeunes auteurs, à défaut de budget, se démerderont avec internet pour faire avancer leurs créations.


Entre sa nomination hier après-midi, et ce matin où j'écris ces lignes, son profil Wikipedia a déjà été réécrit. Ils ont du y passer la nuit.


http://fr.wikipedia.org/wiki/Fr%C3%A9d%C3%A9ric_Mitterrand


On y apprend qu'il est ministre de la Culture « depuis le 23 Juin » (aujourd'hui!) et dès la première ligne qu'il est père de trois enfants. Ce que j'ignorais, -on apprend tous les jours-. L'imprégnation homosexuelle de son parcours n'y est pas effacée pour autant, - ce serait difficile, nombre de ses activités et de ses œuvres y ont trait- mais je doute qu'on doive attendre de lui qu'il désembourbe les revendications homosexuelles dont les progrès sont bloqués depuis 2002. Il doit le plus clair de sa célébrité à ses émissions sur le cinéma, « Etoiles et toiles » et « Permission de minuit » très documentées, très érudites, -peut-être trop pour beaucoup de Français, mais d'une incontestable qualité...


Et Boris Vian? Il tombe bien à propos, celui-là. Il a créé plus de choses qu'il n'imaginait: De son vivant, tout le monde chantait ses chansons, mais personne n'achetait ses disques. Déjà! Il a terminé sa vie dans la misère noire d'une chambre de bonne, pendant que la France chantait « On n'est pas là pour se faire engueuler », « La moulinette » et « Je suis snob », et que les gouvernements avaient formellement interdit toute diffusion du « Déserteur »...


Parce que l'inéquité engendrée par des systèmes genre Hadopi n'est pas une nouveauté. Comme bien des créateurs de son époque, d'une époque où n'existaient pourtant ni internet, ni la copie privée , ni même les mini-cassettes, Boris Vian ne touchait pas un fifrelin de la célébrité de ses œuvres. .


Le seul qui a vraiment touché quelque chose avec « le Déserteur », c'est un de mes camarades d'armée qui a pris trois jours de cachot pour l'avoir sifflé (sifflé sans les paroles) dans la cour de la caserne.


Pourtant, il existe de vrais grands créatifs qui n'ont pas de problèmes de droits d'auteur... Par exemple, je n'ai encore trouvé personne qui conteste à son auteur la paternité de « Casse-toi pauvre con ». .Quant à savoir ce que ça lui rapporte... .


Le gouvernement se travestit, sa politique continue.



Pendant que nous y sommes, allumons quelques projecteurs sur la bataille de sacs à main qui fait rage autour de la participation de GayLib à la Marche des Fiertés LGBT.


http://v2.e-llico.com/article.htm?rubrique=actu&articleID=19983


Le débat n'est pas d'hier puisque chaque année, le char de GayLib est conspué, voire bloqué lors de ce défilé pourtant bon enfant. J'en avais déjà parlé l'an dernier:


http://brethmas.blogspot.com/2008/06/178-marche-des-fierts-lgbt-2008.html


Pour la petite histoire, il faut savoir que l'InterLGBT qui organise le défilé est une fédération d'associations qui œuvrent pour la cause gay, sans autre critère distinctif. Il y a deux statuts qui permettent de participer au défilé: soit être une association participante, et la place est gratuite, soit s'associer en tant que partenaire commercial, et payer son emplacement.


Pour adhérer, et donc s'intégrer gratuitement au défilé, il suffit d'être une association 1901 et de signer la charte de l'InterLGBT , dont aucun mot n'offense la citoyenneté, la morale, le bon sens ou n'importe quelle valeur reconnue.


Cela semble trop demander à GayLib qui qualifie volontiers l'InterLGBT de « nid de trotzkistes » et refuse d'apposer son baobab tricolore au bas de la proclamation. Faute donc d'être reconnue comme « association participante », Gay Lib n'a d'autre choix pour participer au défilé que le statut de « partenaire commercial », et depuis plusieurs années, elle paie d'espèces trébuchantes la présence de son char. Ce qui ne lui garantit pas la tranquillité, en témoignent les deux vidéos incluses dans mon article n° 178 référencé ci-dessus.


L'opinion générale est que GayLib fonctionne à l'inverse des autres associations de défense LGBT.

Ainsi, GayLib ne s'était pas plaint du fichage des homosexuels dans le projet avorté Edvige. On peut vérifier ici son absence de la liste des protestataires:


http://v2.e-llico.com/article.htm?rubrique=actu&articleID=18030


Les associations conventionnelles puisent leur énergie dans le monde politique pour diriger leurs interventions dans le sens de nos droits et de notre bonheur, Gaylib puiserait plutôt son énergie dans la communauté LGBT pour gonfler les voiles de l'UMP. On attend avec impatience de voir ce qui va se passer samedi 27 juin...


L'an dernier, à part les entraves à la progression du char de GayLib, nous avions été surpris par la présence de très nombreux CRS sur la place de la Bastille, qui attendaient les manifestants en caressant ostensiblement la paume de leur main de leur bâton, sans doute pour leur donner l'idée de se disperser plus vite. S'ils avaient simplement voulu parer à quelques débordements d'après-manif, il se seraient cantonnés dans les rues voisines, comme ils le font habituellement. Or il n'en était rien: c'était bien une démonstration de force à laquelle nous avons assisté.




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lundi 22 juin 2009

268° Loppsi, version française de supplice chinois.

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Avec la loi Loppsi, que notre gentil régime s'apprête à faire voter pendant les vacances, l'internet français risque de ressembler un peu à l'internet chinois. Voyons d'abord qu'est ce que Loppsi, et ensuite ce qui se passe en Chine.


Loppsi 2, c'est un projet par lequel l'état pourra intervenir sur tous les échanges de données réalisées sur le web, au prétexte à priori de lutte anti-terroriste et de traque de la pédopornographie. (ces pères-fouettard des temps modernes auxquels on fait endosser tant des choses...)


http://www.ecrans.fr/Loppsi-2-bientot-Hadopi-en-pire,6865.htm


Quand on se souvient que le « droit d'auteur » est le seul privilège judicieusement sauvegardé de l'abolition des dits privilèges par les lois révolutionnaires des 13 et 19 janvier 1791 et des 19 et 24 août 1993, et qu'on voit qu'ils sont redevenus le pré carré d'un quarteron d'aristos du showbiz, ça ira, ça ira, on regarde les lanternes avec nostalgie...


L'emploi de telles méthodes est une injure à la création individuelle, et disqualifie internet du statut de mode de correspondance privée, au sens entendu par la loi qui protège le secret de la correspondance. Ce qui est regrettable.


Ensuite, les notions de « terrorisme » et même de pédophilie ne sont que des questions d'appréciation... Souvenons-nous que les pétainistes traitaient les résistants de terroristes, et qu'en ce moment même, les manifestants qui réclament des élections honnêtes à Téhéran se font insulter de la même manière...


D'abord, tout comme Hadopi, ça ne va pas marcher. Ce serait oublier l'esprit français, auquel nous devons quand même pas mal d'avantages sociaux et de libertés que d'autres pays nous envient. Ce serait aussi oublier l'esprit des Lumières et des grands penseurs qui nous ont fait réaliser la différence entre la société humaine et la fourmilière.


Il y aura des résistants. Et sur internet, la résistance est plus insaisissable que dans la nature, parce qu'on peut se battre à distance, à couvert et même de l'étranger. Il y aura des innovations et des trouvailles qui garderont toujours trois longueurs d'avance sur tout un arsenal répressif toujours long et coûteux à mettre en place.


Et, ce seront, comme d'habitude, les petits, les sans-grade, les dealers du coin de la rue qui trinqueront les premiers. Et les mêmes geeks qui vendront sur le bureau un nouveau programme de contrôle et sous le bureau le crack (programme de contournement) qui va avec. Pour eux, c'est toujours tout bénef.



Il y aura des programmes pour contourner les programmes, des systèmes insensibles aux investigations, transparents aux curieux, résistants aux espions. Bref, à vouloir réprimer avant d'éduquer, là encore, on s'embarque dans une guerre de cent ans.


Le caractère intrusif de la loi Loppsi, qui prévoit d'interdire les cryptages, d'espionner les ordinateurs, d'intercepter les messages au passage, de publier des listes de sites « à bannir », et même d'intervenir dans la pertinence des moteurs de recherches, venant en complément de la loi Hadopi qui instrumente déjà, rappelons le, sans l'intervention d'un juge nous oblige à examiner le système qui fonctionne déjà sur ce modèle: l'internet chinois.


Pour être bénéficiaire d'une connexion personnelle en Chine, il faut une autorisation administrative. Une sorte de passeport, de permis de naviguer, que l'autorité délivre, ou pas, à la tête du client. Ensuite, dans un pays qui prétend tourner au libéralisme, on ne choisit pas son fournisseur. Et pour cause, il n'y en a qu'un. Avec diverses enseignes, mais tous les fils sont raccordés derrière le mur...


http://www.silicon.fr/fr/news/2009/06/12/la_chine_intensifie_sa_censure_de_l_internet_


Flicker, hotmail, youtube, bing sont interdits. Google, qui a droit de cité, a accepté sans état d'âme les conditions de la dictature, ce qui lui est amèrement reproché à l'ouest. Yahoo, qui ne détient que 38% des parts de la société Alibaba qui exploite sa marque en Chine, est vert de rage: contre sa volonté, Yahoo-Chine publie les photos de militants pro-Tibet recherchés.


http://www.7sur7.be/7s7/fr/4134/Internet/article/detail/881852/2009/06/08/Programme-anti-porno-sur-tous-les-ordinateurs-chinois.dhtml


A partir du 1° juillet prochain, tous les ordinateurs vendus en Chine seront équipés d'origine d'un logiciel « anti-pornographique » dont les naïfs inspirateurs attendent des merveilles. On ne sait pas tout de la bébête, sauf que confrontée à un antivirus de chez nous, elle apparaît à la fois comme un espiogiciel, un cheval de Troie et un keylogger. (qui rapporte à son maître tout ce qu'on tape sur le clavier). Des milliers d'ordinateurs chinois ont été bloqués le mois dernier à cause de ce conflit entre le petit rapporteur et les anti-virus.


http://www.generation-nt.com/norton-antivirus-windows-xp-panne-chine-symantec-actualite-41103.html


Plus grave: lorsqu'il rapporte à son petit maître, l'espion maladroit le fait en clair et non pas en crypté, ce qui expose à tous les pirates de la terre les données personnelles qu'il dénonce! Et enfin, lorsqu'il pratique sa petite délation, il ouvre en grand les portes de l'ordinateur: les pirates n'ont qu'à s'installer.


http://techno.branchez-vous.com/actualite/2009/06/risque_accru_de_piratage_des_o.html


Si on n'y prend pas garde, l'ensemble des ordinateurs chinois pourrait se transformer en légion de machines-zombies et constituer le plus gros botnet de l'histoire d'internet. La guerre des clones à côté, c'est de la rigolade...


Voilà vers quoi nous nous dirigeons, insensiblement, en France. Non seulement le caractère privé de notre correspondance n'est plus assuré, mais nos petites histoires risquent de se trouver déballées le long des tortueux chemins d'internet, laissant derrière elle les portes de son évasion grandes ouvertes...


Du doux foutoir où n'opèrent pas plus de délinquants que dans nos villes et bistrots, internet va devenir un champ de bataille...


La multiplication des espions et des anti-espions, des traquenards et des capes d'invisibilité à la Harry Potter va alourdir le trafic, ralentir nos machines, multiplier les embûches, compliquer la convivialité et anéantir la richesse de la toile en en centralisant les ressources.



La boîte de Pandore est ouverte.



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jeudi 11 juin 2009

267° Hadopi est morte, vive Loppsi ?


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Le Conseil constitutionnel a donc renvoyé la loi Hadopi au magasin des accessoires pour apprentis dictateurs, rappelant quelques textes utiles sur la liberté d'expression, la privation arbitraire de droits et la présomption d'innocence.


Texte de la décision du Conseil Constitutionnel:


http://www.conseil-constitutionnel.fr/conseil-constitutionnel/francais/les-decisions/2009/decisions-par-date/2009/2009-580-dc/decision-n-2009-580-dc-du-10-juin-2009.42666.html



Au chapitre des promesses non tenues, Christine Albanel avait annoncé qu'elle démissionnerait si « sa » loi ne passait pas, or la voilà déjà qui promet de travailler à pratiquer l'acharnement thérapeutique sur son petit monstre.


Allons-nous devoir supporter encore longtemps son mauvais humour, lorsqu'elle affirme par exemple que 90% de sa loi a été adoptée?


http://www.leparisien.fr/flash-actualite-culture/internet-90-de-la-loi-hadopi-a-ete-validee-souligne-christine-albanel-10-06-2009-545175.php



Elle regrette par ailleurs de ne pas avoir pu aller « jusqu'au bout de sa logique ». Chaque fois que j'ai lu « jusqu'au bout de la logique » dans un livre d'histoire, la suite m'a glacé le sang.


http://www.zdnet.fr/actualites/internet/0,39020774,39504267,00.htm?xtor=EPR-102


Et si vous vous demandez « de quoi nous avons l'air » aux yeux des citoyens du monde, regardez cette page de blog américain, avec une image tout à fait remarquable:


http://www.p2pnet.net/story/22031



C'est maintenant contre la loi Loppsi, le deuxième avatar de la muselière que le pouvoir veut infliger à Internet qu'il convient de travailler.


La défense des libertés n'est jamais un combat définitivement gagné.


C'est quoi Loppsi? Juste un échantillion:


Article 6 du projet de la loi LOPPSI qui doit modifier la loi n°2004-575 du 21 juin 2004 pour la confiance dans l’économie numérique:


  • « imposer aux fournisseurs d’accès à Internet l’obligation d’empêcher sans délai l’accès aux contenus illicites dont les adresses électroniques sont désignées par arrêté du ministre de l’intérieur sous peine d’un an d’emprisonnement et de 75.000 euros d’amende.»



Dis M'sieur, c'est quoi, un contenu illicite? Et les liste de « muselés », qui la rédige, en fonction de quelles critères? Que deviennent l'égalité, la liberté d'expression, l'accès à la culture, et même le droit au travail?


C'est traduit du chinois?



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mardi 9 juin 2009

266° Vrais progrès et faux progrès... Les pirates à Bruxelles!

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Les progrès qui n'en sont pas...




Les revues techniques commencent à nous décrire davantage le nouveau Windows « Seven » qui devrait arriver sur le marché le 29 juillet prochain. Cela fait un peu rigoler l' adepte de Linux que je suis.

http://www.zdnet.fr/actualites/internet/0,39020774,39504016,00.htm?xtor=EPR-100



D'abord, Microsoft essaie de nous rassurer sur la compatibilité des périphériques et des applications: « Tout ce qui fonctionnait sous Vista fonctionnera sous Seven » !

Fort bien... Mais le problème de Vista, c'est justement qu'il ne reconnaissait pas bien les périphériques et les applications installés sous XP, et c'est, avec son prix exorbitant, une des raisons pour lesquelles tant de gens ne l'ont pas adopté... Alors, où est le progrès?

D'autant plus qu'une mise à jour de Vista vers Seven, nous assure Microsoft, se déroulera comme une mise à jour ordinaire, alors que pour passer de XP à Seven, il faudra sauvegarder ses fichiers et réinstaller tout le système!

Il oublie de dire que pour zéro euro et sans rien réinstaller, on peut installer Ubuntu en dual boot avec XP sur son disque dur, en conservant des données communes, et choisir à chaque démarrage quel système on veut utiliser...

Et enfin, pour aplanir les difficultés, Seven comportera un « mode XP » qui permettra de gérer les applications et périphériques trop réfractaires à la nouveauté. Achetez le, mais il ne sera pas nécessaire de vous en servir! Tant que vous payez !

Rappelons que Linux en particulier et sa version Ubuntu que je vous recommande sont des logiciels libres et gratuits, qui méconnaissent les problèmes de propriété intellectuelle. (et accessoirement, ignorent aussi les virus!)

http://www.ubuntu-fr.org/


Parce qu'à ce propos:


Des pirates au parlement européen!


Hadopi un problème de génération ?


Un nouveau parti vient d'éclore sur l'échiquier européen, et il va avoir des députés à Bruxelles.

En Suède un électeur de moins de trente ans sur cinq a voté pour … le parti des Pirates!

http://www.zdnet.fr/actualites/internet/0,39020774,39504016,00.htm?xtor=EPR-100



De là à déduire que la nouvelle génération a du mal à saisir le système archaïque et répressif de la propriété intellectuelle....

La Suède a été le théâtre d'une sanglante répression du téléchargement, puisque les artisans de Piratebay, qui sont suédois, ont été jetés en prison. En France, on n'en est pas encore là même si, à mon avis, nous y allons à grands pas.

Et à forte répression, forte réaction. Interviewés, les jeunes Suédois disent que ce n'est pas tant la gratuité de la musique qui les a motivés, -comme tout le monde, ils veulent bien payer un peu-, mais la liberté absolue du web comme moyen de communication, et la prévention contre tout moyen d'entrave et d'asservissement.

Intéressant, si l'on connaît la position de certains nostalgiques de la plume d'oie qui parlent « d'interdire internet » parce que c'est un vecteur qui « change la société » et que d'ailleurs, « la moitié des échanges serait pornographique ». (Ce qui n'est que la conséquence de la solitude et des frustrations engendrées par notre société bien pensante... D'ailleurs, les églises, grandes vendeuses de masochisme, le disent bien: le vrai bonheur, ce serait dans l'au-delà...)

Les plus retors ajoutent cet argument: « On n'écrit pas de la même manière à quelqu'un sur internet que l'on s'adresse à lui lorsqu'il est devant nous... Nos écrits risquent de dépasser notre pensée et nos déclarations de devenir irréparables ». C'est oublier que depuis une paire de millénaires, les gens écrivent à ceux qu'ils n'ont pas devant eux... Et si on prend cet argument de jésuite à la lettre, je trouve que c'est une excellente façon d'éviter d'être hypocrite...

A cet égard, certains d'entre eux militent « au second degré » pour la loi Hadopi, non pas pour engraisser la jetset du showbiz, -qu'ils méprisent autant que nous-, mais pour poser des verrous et des limites à la propagation de la libre expression dans le but avoué de la cadenasser un jour.

Pour ma part, je me demande très clairement si le choix irréaliste et irrationnel du système Hadopi au détriment de la licence globale, qui résolvait élégamment le problème « officiellement posé » n'est pas le signe révélateur de cette tendance.

Oui, internet est le vecteur d'une nouvelle liberté, et c'est bien cela qui dérange les dictateurs en herbe et les gourous manqués, ceux qui craignent qu'un changement de la société compromette leur hégémonie, révèle l'imposture de leur position, menace leur autorité morale, sape leur statut usurpatoire de référence intellectuelle et permette aux gens de penser par eux-mêmes au lieu de se soumettre à leur dirigisme totalitaire.

J'ai installé internet chez des grand-mères qui voient maintenant leurs petits enfants éloignés, chez des invalides qui ont vu le monde s'ouvrir devant leur chaise roulante, je discute avec des gays iraniens et syriens, auxquels je redonne l'énergie de vivre dans des pays où ils risquent leur vie, avec mon clavier j'arrose la fleur de la démocratie et de la liberté dans le cœur de Chinois découragés, je remotive des gays, souvent jeunes, qui, -même en France-, prisonniers d'étouffantes familles provinciales-, se demandent si leur vie vaut la peine d'être vécue, j'échange avec des lecteurs africains de ce blog qui me disent que s'ils écrivaient ça chez eux, la police viendrait les arrêter... si les voisins ne venaient pas les lyncher... Mais ils peuvent maintenant le lire, et ça les aide à vivre...

Alors, les velléités du contrôle d'internet à travers les crottes d'Hadopi, c'est bel et bien la fiction de Big Brother qui débarque dans nos maisons.

Quoi qu'on fasse, il y aura toujours des gens qui l'utiliseront mal. Les terroristes n'ont pas attendu internet pour terroriser. Ni même le téléphone. Alors, il faut arrêter de justifier par des fausses raisons toutes ces velléités de contrôle: On veut bel et bien nous faire taire. On veut empêcher la société de changer, quitte à sacrifier tout la face brillante de la médaille du progrès.

Le progrès a toujours eu des ennemis: Ceux qui ont intérêt à ce que « le peuple » ne comprenne rien à rien parce que ça le rend plus facile à dominer, et qui ont également intérêt à ce que les gens souffrent parce que ça leur permet de promettre des jours meilleurs.

Espérons que l'arrivée de ce parti puissamment libertaire au parlement de Strasbourg soit les prémices d'une vision renouvelée des vrais libertés, portée par la nouvelle génération.





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lundi 8 juin 2009

265° Les miracles de la proportionnelle.

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Y aurait-il un mot d'ordre qui ferait que tous les commentaires et analyses sur les élections européennes soient identiques dans toute la presse, mais ne correspondent pas toujours à ce qui se dit dans les chaumières, le métro et les conversations citoyennes?



A part le Nouvel Obs qui ne s'occupe quasiment que du parti socialiste et Marianne qui titre « Le Modem a la gueule de bois » (il en avait déjà la langue!!... NDLR), le reste de la presse peut se résumer au titre du Figaro: « Large victoire de l'UMP, tsunami à gauche »...


Là, il y a tout de même deux « oublis » que les Français ont bien perçu et dont personne ne parle...


D'une part, si la victoire de l'UMP est incontestable, il faut observer qu'elle obtenue par cannibalisation de ses alliés potentiels, et/ou du reste de la droite. Elle est en tête, mais seule....

Si le Modem avait fait son score habituel, l'UMP aurait autant de moins, et ce qui reste du Front National ne permet plus d'en espérer le moindre renfort...


D'autre part, à gauche, on est loin du tsunami...à moins d'en être encore à considérer que le parti socialiste et la gauche ne sont qu'une seule et même entité, ce que confirme l'arsenal traditionnel de l'injure droitière qui en est encore aux « socialo-communistes »! -, un petit coup de calculette indique que le rapport gauche/droite français penche bien à gauche, comme dans un certain nombre de pays européens.


http://www.leparisien.fr/elections-europeennes-2009/debats-elections-europe/journee-noire-pour-la-gauche-europeenne-07-06-2009-540158.php


Le système à la proportionnelle à paliers aggravé d'un découpage en régions stratégiquement charcutées par le régime favorisant les partis arrivés en tête, les divisions de la gauche un peu partout produisent le paradoxe qu'une minorité de population détient maintenant une majorité de représentants... ce qui ne va pas calmer les esprits et les manifestants dans nombre de pays soumis à l'effet conjugué de la crise et du cynisme financier.



Souvenons nous que chaque fois qu'on a consulté les peuples par voie référendaire non proportionnelle, ça a été un refus cinglant de la constitution qu'on nous a ensuite imposée par des voies détournées...


Voilà ce que coûtent les divisions et les querelles de personnes et de bouts de chandelles. Pendant ce temps, le bon peuple attend, mais il commence à bouillir.



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vendredi 5 juin 2009

264° Nadine Morano plaignante "à l'insu de son plein gré".

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Il était une fois, en 2007, un meeting de Ségolène Royal. Sous une capuche très capuchonnante, des journalistes « zèlés » reconnaissent Nadine Morano, secrétaire d'état à la famille.


Le 12 octobre 2007, interviewée sur Itélé, Nadine Morano se voit demander par le journaliste local, Aymeric Caron, ce qu'elle pouvait bien faire engoncée dans une capuche à un meeting de Ségolène Royal.


Là, tout devient effroyablement compliqué. Nadine Morano explique que c'est à son initiative qu'elle a été filmée ce jour là, et qu'elle n'a nullement été démasquée par un cameraman trop curieux. Le journaliste dit que non. La polémique enfle et les vidéos du meeting et de l'interview de Itélé finissent sur Dailymotion et Youtube.




Les internautes commentent, et une brave dame écrit « Hou la menteuse ». Une plainte « contre X pour injures envers un membre du ministère » est déposée par Nadine Morano et voilà notre brave internaute commentatrice convoquée par la police judiciaire. Daily motion et Youtube, devant une réquisition judiciaire, sont obligés de communiquer les IP des commentateurs, et la police judiciaire identifie notre brave dame. (49 ans, mère de famille à Dax... une dangereuse terroriste!!)



http://www.sudouest.com/accueil/actualite/france/article/611642/mil/4620296.html

Là encore, deux thèses s'opposent. Nadine Morano dit que sa plainte « visait des auteurs d'injures graves », mais pas cette brave dame, dont le « Hou la menteuse » n'est que le titre d'une chanson de Dorothée...


Mais pourquoi avoir porté plainte, alors? Où sont ces « injures graves »? Si cette brave dame est inquiétée, assure Nadine Morano, c'est peut-être parce que les policiers ont fait du zèle...


Sans doute en auraient-ils moins fait s'ils n'avaient pas eu sur leur bureau une plainte qui leur permettait d'instrumenter et de poursuivre...


L'affaire serait bénigne si Nadine Morano ne s'était pas déjà fait remarquer par son souhait de voir s'instituer une « Police d'internet »...


http://www.ecrans.fr/La-police-internationale-de-la,4995.html


Alors, de deux choses l'une.


Ou l'affaire « s'est emballée » et il ne tient qu'à Nadine Morano de retirer sa plainte pour la voir s'éteindre.


Ou Nadine Morano a décidé de « contrôler tout ce qui se dit sur le web », ce qui entrerait dans le droit fil des possibilités ouvertes par la loi LOPPSI que le régime s'apprête à faire voter cet été en catimini pendant que nous serons à la plage. Enfin, ceux qui pourront s'offrir des vacances.

A moins qu'il n'existe une troisième version que l'intéressée peut toujours me communiquer au titre du droit de réponse.

Parce que si on s'en tient à la deuxième version, la brave dame serait une « fusillée pour l'exemple » destinée à avertir les Français qu'internet ne serait plus un espace de liberté, mais le pré carré de la propagande du régime.


On se souvient avec respect de la manière dont les Français ont réagi aux "fusillés pour l'exemple"...

Si aucune plainte n'avait été déposée, le "Hou la menteuse" serait passé inaperçu dans les kilomètres de commentaires dont sont affublées toutes les vidéos. Maintenant, l'affaire est sur la place publique, dans les journaux, sur internet. Au lieu de quelques dizaines de lecteurs qui se foutent comme de leur première chemise qu'une internaute ait écrit "Hou la menteuse" quelque part et qui l'auraient oublié en quinze secondes s'ils l'avaient lu, ce sont des millions d'internautes et de lecteurs de la presse qui sont alertés par une plainte qui menace leur liberté de communiquer. Il s'est même créé un groupe sur Facebook !

La censure se retourne toujours contre les censeurs.

Quand on voit le nombre de fuites de l'internet chinois, quand on dialogue, comme moi avec des gays irakiens et syriens, quand on connaît quelques informaticiens émérites, on réalise à quel point l'idée d'un internet sous contrôle est un mythe.


Ce qu'un programme peut bloquer, un autre peut le débloquer. Un lien coupé est contournable. Le surf anonyme est aujourd'hui un lieu commun et la seule alternative pour empêcher internet d'être libre est d'interdire purement et simplement les ordinateurs. Et encore: on pourra toujours surfer avec des téléphones, des consoles de jeu, des montres et mêmes quelques téléviseurs nouvelle génération.


Bref, la liberté d'expression est une vague que rien n'arrêtera. Elle reste d'ailleurs notre meilleur rempart contre la dictature et la pensée unique et obligatoire.


Qu'on poursuive en justice les auteurs de propos racistes, antisémites, homophobes ou autres est déjà un luxe précaire puisqu'il suffit qu'ils hébergent leurs sites dans des pays pas trop regardants pour qu'on soit désarmés face à eux.


L'inquisition a vécu. Toute velléité de contrôle amènera des systèmes de contournement. Toute censure des voies ordinaires ouvrira un nouveau maquis, toute interdiction de cryptage suscitera de nouveaux systèmes d'encapsulage indétectables. Avant sa promulgation, la loi Hadopi était déjà dépassée, sans préjudice des systèmes encore à venir. Ils ont déjà un nom: les "liberticiels"...


Même la coupure d'internet est un leurre, parce qu'internet est partout, chez nos voisins, au travail, dans les parcs et jardins, les cafés, les rues et les places. Sa coupure ne fait qu'attenter à un droit fondamental, avec tous les retours de manivelle que cette privation arbitraire comporte au niveau des libertés, mais elle n'isole pas un internaute de la toile!!! Elle le surmotive. Aujourd'hui, je n'ai qu'un blog: si on me coupait internet, j'en aurais trois!

En quinze ans, on n'a pas pu empêcher les virus informatiques, les vers, chevaux de Troie et autres programmes malveillants de prospérer malgré les fortunes qu'on y a consacré. C'est un leurre de croire qu'on va pouvoir contrôler tout le trafic de la toile.


Mais d'aucuns y croient encore. La langue de bois a encore des adeptes, le prêt à penser encore des gourous, l'Inquisition encore des nostalgiques.


Pourtant, dans un billet précédent que je ne retrouve pas, je racontais que l'Elysée avait ouvert une cellule spécialisée chargée de chercher tout ce qui se dit sur le web à propos du maître des lieux.


http://www.infos-du-net.com/actualite/13149-nicolas-princen-elysee.html


La seule voie, c'est le dialogue démocratique et le droit de réponse. N'oubliez pas d'aller voter!


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