jeudi 18 décembre 2014

493° Out, ma chère…






Le « outing » de Florian Philippot déclenche un débat très animé dans la médiasphère. Les Inrocks pensent que cette révélation peut faire bondir la carrière du vice-président du Front national. Je n'en suis pas si sûr. Derrière la façade du FN ravalée par Marine et son entourage, il reste la caserne des légionnaires avec son noyau dur idéologique et son obscurantisme à œillères.

La Figaro pense, lui, que cet avatar pourrait profiter au Front national en lui amenant de nouveau électeurs. Je ne sais pas si cela arrange aussi cet employeur de Zemmour, mais dans la chienlit actuelle, n'importe quel chien écrasé peut profiter au Front national, pourvu qu'un zélé sectateur sache improviser un boniment pour en vendre la charogne.

Le magazine Têtu n'est pas défavorable à cet outing. Il souligne fort justement que l'égalité de traitement voulue et obtenue par les LGBT doit être regardée dans toute l'acception du terme, et que dans la mesure où l'on sait qui fréquente qui chez les hétéros, on ne voit plus pourquoi les homosexuels seraient exonérés de vie publique.

La justice ne s'y est pas trompée, qui, il y a exactement un an, a débouté Steve Briois, maire d'Hénin-Beaumont, lequel avait porté plainte pour avoir été « outé » dans un livre, au motif que  « le droit du public à l'information prime sur le respect de certains éléments de sa vie privée ». 




Florian Philippot réclame 50 000€ de dommages et intérêts à Closer. Ne préjugeons pas des décisions de justice, mais à la lumière de la jurisprudence ci-dessus, il est peu probable qu'il les obtienne.

La démarche de l'outing, dans l'absolu, est également l'objet de débats énergiques sur la place publique. La presse de gauche est plutôt contre : Le Canard Enchaîné et le Nouvel Observateur se sont prononcés clairement contre au titre du sacro-saint respect de la vie privée. Mais en oubliant, autant l'un que l'autre, de disserter de la valeur comparée des « vies privées » des hétéros et des homos à la lumière des récentes avancées des libertés.

J'essaie pour ma part de prendre un peu de hauteur, et de considérer d'une manière globale la position, en pleine évolution, des homosexuels dans la société française.
Reconnaissons à Florian Philippot de n'avoir jamais tenu personnellement de propos homophobe. Homophile non plus, d'ailleurs. Le débat a bouleversé le pays sans qu'il n'émette le moindre avis sur la question. 

Mais tout de même, il est vice-président d'un parti dont le chef a inventé le terme de « sidaïque » en décrivant les homosexuels, a déclaré que l'homosexualité « constituait une anomalie biologique et sociale », dont la présidente a suggéré d'étendre le mariage gay à la polygamie.

Marion le Pen, petite fille du Chef et nièce de la présidente, a défilé à la manif pour tous, et on n'a jamais entendu un seul édile frontiste soutenir tout ou partie de la cause LGBT. Ce ne sont qu'au mieux des condamnations et au pire des injures.

L’extrême droite, ou disons la droite de la droite pour ne pas risquer un procès, qui a troqué au fil de l'histoire l'antisémitisme pour l'anti-islamisme, espère aujourd'hui recruter des homosexuels en leur faisant croire que c'est dans les "banlieues maghrébines" que réside la cause de tous leurs maux…


Cela me semble un peu simpliste. Et même très très simpliste...

Certes, il y a dans les banlieues le même problème d'homophobie que partout ailleurs, mais les premières victimes en sont les habitants eux mêmes… 





Sans jamais avoir été gravement agressé, j'ai essuyé au cours de ma vie pas mal d'algarades dues à mon homosexualité, et tant sur la voie publique qu'au travail, cela a toujours été le fait de « fachos en loden » et de bons français bien de chez nous. Et dans la foule de la manif pour tous, on ne voyait pas beaucoup d'habitants des cités : c'est la crème de nos plus belles banlieues et de nos provinces profondes qui y était majoritairement représentée.

Alors, pour en revenir au « cas Philippot », qui réclame 50 000€ de dommages et intérêts pour atteinte à une vie privée que le caractère public de ses fonctions lui conteste d'ailleurs, il est tout de même permis de se demander combien de vies privées homosexuelles les discours haineux et homophobes des membres de son parti ont bien pu saccager…
Certes, il ne les a pas prononcés lui-même. Mais il a adhéré à un parti connu pour ses prises de position sur le sujet, a travaillé à le développer et à le rendre crédible jusqu'à en devenir vice-président… S'il n'est pas coupable au premier degré, on peut tout de même se demander s'il n'est pas un peu complice ?… 

Qu'un homosexuel prenne une part si active dans le développement d'un mouvement à ce point discriminateur, cela ne respire pas vraiment la probité. Cela a même une puissante odeur d'arrivisme forcené.

Combien de vies les discours homophobes ont-ils saccagé, combien d'agressions ont-ils inspiré, légitimé, combien de suicides ont-ils provoqué, quelle est leur part dans le courant homophobe qui traverse le pays ? 




Est-ce vraiment une « faute morale » de le confronter aux opinions communautaristes et aux incitations à l'exclusion et à la discrimination dont son parti est porteur ? Qu'il s'explique donc avec le « noyau dur » de ses co-listiers… 

La contestation interne a déjà commencé : en tapant « Philippot » sur Google-images, on trouve sa photo retouchée en travesti sur un site de droite bien dure dont je ne vous donnerai pas l'adresse ici….

Je ne suis tout de même pas le seul Français qui n'accepterait pas d'être membre d'une association ou d'un parti dont le discours exclut tout ce que je suis et renie mes droits et jusqu'à mon existence d'homme libre. J'ai déjà démissionné de certaines associations pour des désaccords moins fondamentaux que celui-là.

Les Français attendent de la transparence et de la probité de leurs édiles. Ce n'est pas avec ce genre de contradiction que le Front national va les séduire.





mardi 9 décembre 2014

492° La république des entreprises ??






A partir de janvier 2015, un groupe de neuf chefs d'entreprises évaluera l'impact de toute nouvelle loi sur les entreprises, avant même que le Parlement examine le texte.
Ce qui m'ennuie beaucoup dans cette histoire, c'est que je me souviens bien de mes cours d'éducation civique : les Français élisent des députés qui font leurs lois. Or à aucun moment, je me souviens d'avoir voté pour des chefs d'entreprise, pour quoi que ce soit, mais surtout pas pour faire les lois.
Alors, je me sens trahi. Si les chefs d’entreprise peuvent fabriquer leurs lois sur mesure, pourquoi les autres citoyens ne peuvent-ils pas en faire autant ? Et puis d'abord, c'est écrit où, dans la Constitution ? 




Pourquoi les chefs de famille qui font laborieusement vivre leur maisonnée avec des CDD qui ne s'enchaînent pas toujours ne peuvent-ils pas, eux non plus, arranger un peu les lois qui les régissent ? Sans parler de ceux qui n'ont pas de CDD ? Pourquoi les braves gens qui ne finissent jamais leur mois avec leur compte en banque dans le vert ne peuvent-ils pas, eux non plus, aménager les créances qui les oppressent ?
Pourquoi les SDF ne peuvent-ils pas se réunir en comité pour faire simplement appliquer à la lettre la loi sur le droit au logement ?
Sans parler du droit au travail, gravé dans la constitution, et qui est bafoué à chaque fin de contrat et à chaque licenciement ? 

Comment vont-être choisis ces neuf chefs d'entreprise qui vont nous gouverner sans avoir été élus ? Ont-ils fréquenté le Fouquet's dans une vie antérieure ? Ont-ils installé une crèche dans le hall de leurs bureaux ?
Les Français n'avaient déjà pas une image très gratifiante de leurs entreprises, qui, il faut bien le dire, les prennent trop souvent pour des paramètres d'ajustement, sinon pour des consommables. Si en plus, elles prennent le pouvoir et se fabriquent des lois sur mesure, ils vont carrément les détester. 

Déjà, la France est le pays où les dividendes versés aux actionnaires ont le plus augmenté au détriment des salaires et des investissements. Ce putch du patronat est propre à réveiller la lutte des classes. Avec un tel levier, Gattaz a gagné : quoi qu'il sorte des urnes, le Medef possède maintenant officiellement la clé du pouvoir. 

Est-ce pour cela que nous avions "voté à gauche" ?

La république a touché l'iceberg. Pouvons-nous rester sans réagir ? 





mercredi 3 décembre 2014

491° La petite boutique des horreurs.







Nos politiciens ne font décidément rien pour regagner leur crédibilité perdue.

A la boucherie Sarkozy, qui reste ouverte pendant les travaux, Villepin, après s'être vu menacé de finir pendu à un croc à viande, est le premier à rallier le club des anciens premiers ministres que Juppé qualifie de « comité naphtaline », et dont il imagine les membres affublés de chapeaux à plumes.
Sans doute ladite naphtaline est-elle destinée à protéger le slip kangourou promis par le minirascible comme ultime parure à Bruno LeMaire s'il persiste à vouloir exister rue de Vaugirard ? 


L'ambiance est à l'union, à l’amitié et au partage. Sarkozy est prêt à partager l'UMP avec ceux qui le serviront aveuglément et ne lui  demanderont rien en échange de leur contribution. C'est sans doute son ami Gattaz qui lui a inculqué sa notion du partage.

Parlons-en, de celui-là. Dans tous les pays européens, la part que les entreprises réservent aux dividendes versés à leurs actionnaires est en constante augmentation au détriment des salaires, de la recherche et des investissements. Mais c'est en France que ce déséquilibre est le plus marqué. Il n'y a pas besoin d'être un cacique de l'UMP pour risquer de finir en slip kangourou, il suffit d'être salarié dans une entreprise bien de chez nous. 

De ces entreprises que Valls a déclaré aimer urbi et orbi avant qu'Emmanuel Macron, celui-là même qu'il avait embauché pour incarner cette passion, vienne soudain déclarer que le MEDEF est une bande de vilains Picsous qui empoche avec cynisme les largesses de l'état sans jamais rien donner en échange.

Nous, cela fait des mois que nous le disons, que prêter au patronat, c'est jeter son argent dans le tonneau des Danaïdes de la finance internationale… Quand c'est nous qui le disons, nous sommes d'infâmes trotskistes. Quand c'est Macron, ancien banquier chez Rotschild qui le dit, on essaie de le couvrir : « Bon, il a une une soirée un peu arrosée hier, mais il va s'en remettre ».
Bien sûr, le MEDEF n'a pas joué le jeu ? Mais qui de sensé croyait qu'il allait vraiment le jouer ?
En leur faisant des cadeaux, nos dirigeants, depuis Sarkozy en 2007 jusqu'à Valls cette année l'ont-ils cru ou ont-ils fait semblant d'y croire pour décrocher leur poste de marionnettiste politique ?

Macron et Valls, ils s'en remettront toujours. Ils ont franchi le « plafond de verre » au-dessus duquel on est prémuni contre les revers de fortune et assuré de vieillir tranquillement, quoi qu'il arrive.
Plafond de verre, mais aussi ligne rouge. Pour qui voter, maintenant ?

Décernons également un étron de platine au député UMP du Pas de Calais Daniel Fasquelle, auteur d'une proposition de loi qui voudrait que les enfants « prisonniers » de leur adoption par des couples homosexuels puissent révoquer cette filiation en atteignant leur majorité. Si l'idée n'était pas à ce point ordurière et dégradante, on aurait envie de lui dire « chiche » rien que pour lui montrer qu'aucun ne le fera. C'est bien de vérifier le patrimoine des élus, mais ne devrait-on pas également s'assurer de leur bon état mental ?

Ou ils sont fous, ou ils nous « bourrent le mou »… A l'encan de ce genre de déclaration, il faut bien réaliser que ce ne sont pas les homos qui sont marginaux, ce sont nos hommes politiques.



samedi 15 novembre 2014

490° Ouille, dit la mouche.







Les chroniques politiques résonnent de deux débats surprenants, Mélenchon contre Assassin's Creed Unity, et l'altercation bistrotière de Fillon et Jouyet.

Pour parler brièvement de cette dernière, ce que je trouve scandaleux dans cette histoire de crocodiles politiques qui se donnent des coups de dents, ce n'est pas tant qu'ils s'étripatouillent, un saurien reste un saurien, mais qu'ils se voient pour un déjeuner de routine chez Le Doyen pendant que les Français recomptent leurs dernières pièces devant la main tendue de la caissière du supermarché.

Le site de Le Doyen, long à charger, ne montre que des textes et des photos lénifiantes, n'indique aucun prix et ne parle que de prestige. A la rubrique prix, Google indique « €€€€ ». Pour en savoir plus, il faut consulter le guide Michelin, qui nous dit qu'il y a un petit menu pour le déjeuner en semaine à 128€ hors boissons, et un menu du soir à 295€. 



J'essaie de resituer tout cela dans la vie des Français moyens que nous sommes, et que ces gens là, en principe, représentent. Pour deux, 128€, c'est dix jours de supermarché, boissons comprises. Mais parfois, aussi, en petit gourmand que je suis, quand je veux déjeuner avec un ami, je vais volontiers au restaurant. Pour cela, j'ai une liste d'excellents établissements à moins de 30€….

Alors, bon prince, je veux bien que messieurs nos élus aillent dans des restos d’une catégorie supérieure aux miens. Ça m'arrange même, parce qu'ainsi, je suis sûr de ne pas les rencontrer dans les miens. Mais personne, aucun journaliste, pas le moindre chroniqueur, n'a eu l'idée de relever que pour un déjeuner de routine, ces messieurs fréquentaient de la manière la plus courante un des établissements les plus chers de Paris…

Pour en revenir à la colère qui semble s'emparer du tourmenté Mélenchon à l'encontre du non moins agité jeu Assasin's Creed Unity, là encore, c'est aux journalistes que j'en veux.

Tous ces intellectuels déconnectés qui vivent de leurs péroraisons et se complaisent à flatter l'étroite cour de leurs semblables me flanquent de l'urticaire. Il y a quelques mois, j'ai jeté mon verre de vin au visage au visage d'un « critique  musical » qui m'avait affirmé que si un rappeur dont j'ai oublié le nom avait été interdit de séjour dans plusieurs pays européens à cause de la haine homophobe qui dégoulinait de ses chansons, c'était un scandale : au titre de la licence poétique et artistique, un rappeur avait le droit d'être homophobe ! Alors, si vous voulez déjeuner avec moi, faites attention à ce que vous dites, ou alors servez moi du très très bon vin pour ne prendre que de l'eau à la figure.

Avec la guerre déclarée par Mélenchon à Assasin's Creed Unity, la fine fleur du snobisme parisien a encore évité avec son brio habituel une nouvelle occasion de se taire :

« Oui, Assasin's Creed Unity est un jeu de fiction, basé sur le caractère quasi mythique des personnages, il est normâââl qu'on prenne quelque libertés avec l'histoire, il fallait bâtir un scénario, il ne faut pas prendre à la lettre ce qui n'est qu'une stylisation, ne pas s'attacher à la réalité historique, les gens sont assez grands pour faire la part des choses», etc.…

Alors, moi, je propose le test grandeur nature : Allons avec un micro-trottoir chez un marchand de jeux video et demandons à l’aimable clientèle qu'on y rencontrera qui était Robespierre, à quelle époque il a vécu et pour qui il roulait.

Si on a 30 % de bonnes réponses, c'est un bon jour. Je vous rappelle que 46 % des Français ne savent pas à quoi correspond le 11 novembre, alors qu'ils bénéficient, à ce titre, d'un jour de congé tous les ans depuis la maternelle… Alors Robespierre, tu imagines !

Certes, Maximilien n'était pas un rigolo, même si, je le rappelle, il a défendu l'abolition de la peine de mort et de l'esclavage, le droit de vote pour tous, gens de couleurs, comédiens, juifs. Après, évidemment, ça a foiré un peu, mais la politique, vous savez, déjà à l'époque….. Devant la hargne de la droite réactionnaire, il a du se défendre jusqu'à instaurer la terreur, ce qui est, j'en conviens, paradoxal pour un ennemi de la peine de mort, mais concédons lui que ses opposants versaillais, eux, au nom de dieu et du roi, l’appliquaient avec sauvagerie…

Là où son action a échoué, c'est quand il a été le seul et le premier à comprendre que la « déchristianisation » ne pouvait pas s'appliquer brutalement puisqu'à cette époque, l’église détenait l'état civil, l'enseignement, la santé, la justice, autant de fonctions régaliennes qui ne pouvaient disparaître soudain sans qu'on prenne le soin et le temps de les remplacer. En la ralentissant, il s'est déconnecté des révolutionnaires fonceurs, et s'est retrouvé bien seul… 




Bref, les amateurs de causette peuvent gnoser pendant des lustres sur Robespierre, mais pour en revenir au cœur du sujet, ce n'est pas une raison pour en faire un monstre bestial à la Terminator, réintroduire les Templiers dans l'histoire à une époque où ils en étaient absents, et se livrer à de louches manipulations de film d'horreur sur les héros de notre histoire. Mélenchon a, sur ce coup, absolument raison. 

Que diraient les Américains si on accommodait George Washington ou Abraham Lincoln à pareille sauce ? 

Pour la petite histoire, le wikipedia du restaurant Le Doyen nous apprend que Robespierre y a déjeuné avec Saint Just en 1794, deux jours avant leur exécution. Damned ! Encore raté !


Alors, les gloseurs et autres masturbateurs de méninges, vous savez ce que je leur dis ?




lundi 3 novembre 2014

489° Jusqu'où n'iront-ils pas ?









A la longue liste des renoncements évoquée dans mes billets précédents vient encore de s'en ajouter un, et de taille : le gouvernement renonce à la taxation des dividendes…
Je me dis parfois que si on avait élu Gattaz à l'Elysée, on y aurait peut-être gagné, parce que le parti socialiste aurait été dans l'opposition au lieu de devenir son exécutant, Valls serait resté à Evry et les Macron auraient été critiqués au lieu d'être encensés. 




La faiblesse de ce gouvernement devant l'argent et les ploutocrates est telle qu'un redoutable procédé est en train de s'enclencher : celui du renoncement à la démocratie et à la république.
Le critère pour obtenir quelque chose n'est plus de vouloir contribuer au bien de la nation. Aujourd’hui, pour obtenir quelque chose, il suffit de faire une grosse manif ou d'avoir de l'argent, et nos édiles ont oublié qu'une petite minorité peut générer une grosse manif.
Exemple : Deux cent mille bigots qui remplissent le Champ de Mars sont perçus par le pouvoir comme un mur infranchissable, alors qu'ils ne représentent qu'un Français sur 350, soit 0,028 % de la population française… Cela a suffi à priver les couples homosexuels d'une véritable égalité, en n'accordant pas aux lesbiennes le droit à la PMA reconnu aux femmes hétéros.
Exemple encore : Gattaz rackette le pays en promettant des embauches sans s'engager formellement en échange de dégrèvements qu'il encaisse en monnaie trébuchante et cadeaux fiscaux, et on cède à son chantage. 



Les bonnets rouges incendient des portiques, les routiers bloquent des routes, et voilà leurs exigences exaucées…Ils menacent de recommencer, et voilà l'écotaxe, pourtant pratiquée dans toute l'Europe et même en Turquie, définitivement abandonnée.

Alors, la gauche éclate, le fossé se creuse entre les vendus à l'économie libérale et ceux qui s'accrochent à leurs idéaux humanistes. Et plus cet abîme s'élargit, plus la république s'affaiblit, plus les opportunistes profitent de cette faiblesse et plus nous glissons vers le néant.
Chacun vient profiter de cette atmosphère de délitement pour exercer sa tentative de pillage.

Dans ce contexte de délitement, il suffit au front national de prétendre exercer une véritable autorité pour appeler à lui les moutons qui ne se sentent plus protégés du loup libéral. Hélas, les vociférations de ce parti ne sont, justement, que des vociférations, il n'y a aucune méthode et aucun programme crédible derrière, et surtout aucune valeur humaniste. Mais les moutons sont crédules, craintifs et grégaires : là où va le premier, tous se précipitent. C'est donc le plus naïf qui entraîne le troupeau !



Les prophètes de la droite dure prolifèrent dans cette atmosphère d'apocalypse. Tous les naufrages sociétaux ont fait le lit des dictateurs et de l’extrême droite. La crise de 29 a donné Hitler, la crise grecque aube dorée. La réaction « chimique » est connue, et les candidats à son exploitation sont déjà sur les rangs : les arrivistes qui veulent l'utiliser comme tremplin pour établir leur pouvoir et les forces de la finance qui aimeraient bien, elles aussi, voir naître de ce chaos un système à leur botte. D'ailleurs, la jonction est déjà faite : Le Pen n'est-il pas milliardaire ? Et pourtant, aucun de ses pauvres adeptes ne lui reproche ni de l'être, ni de l'être « étrangement » devenu.

L'avènement du chaos est devenu une échéance souhaitée par tous les intérêts, pourtant parfois contraires, qui voudraient s'approprier le pouvoir. Que les nervis d’extrême droite aillent tout casser à l'aveuglette à l'occasion de n'importe quelle manif, quelle que soit son objectif, est une constante qui devrait attirer notre attention. Le chaos est devenu un objectif pour les loups et les vautours qui nous guettent. Ils espèrent tous en tirer profit. Il n'y a que les honnêtes gens qui ont intérêt à la prospérité.

A cet égard, oserai-je vous conseiller un petit ouvrage qui traite assez bien du phénomène : « Gouverner par le chaos »




L'explosion sociale que nous n'éviterons plus sera donc une manœuvre hautement dangereuse : les forces populaires risquent fort de s'en voir voler les fruits par les arrivistes de droite, les racistes et autres nombrilistes de la race en péril si chère à Zemmour. S'ajouteront à ces vautours tous ceux qui carburent à la religion et à la superstition et qui voudront profiter du désordre pour établir leur infamie. Ils le font très bien dans les pays arabes, ils ne manqueront pas d'essayer chez nous, même si le terrain leur sera moins favorable.
Les lendemains qui nous attendent ne sont pas roses… 


vendredi 10 octobre 2014

488 Ce sont eux qui reculent, mais c'est nous qu'on…





Dans un article récent, je faisais la liste de tout ce et ceux devant lesquels le gouvernement avait reculé. On compte la manif pour tous pour la PMA et le vote de la loi sur la famille, les bonnets rouges, Gattaz, les taxis, les créateurs d'entreprise « pigeons », les professions réglementées, liste non exhaustive. On ne va tout de même pas affamer les pauvres pharmaciens, les malheureux notaires et les huissiers dans la dèche. Les grèves de riches paient cash, demandez aux pilotes d'Air France.
Tous les mécontents de droite, les riches et les nantis n'ont qu'à menacer de sortir dans la rue, ils sont immédiatement exaucés.



Dommage qu'ils n'en soit pas de même pour les intermittents du spectacle affamés, les chômeurs abandonnés et les retraités laissés sur le tas avec des pensions qui n'augmentent plus.
La décision prise hier par Ségolène Royal d'abandonner définitivement l'écotaxe est la cerise absolue sur le gâteau de la ploutocratie.

Tous, les pays d'Europe ont un système d’écotaxe, tous, sauf la France. J'ai été en Turquie en juin, vous savez, ce pays qui voudrait entrer dans l'Europe pour jouer dans ce qu'ils croient être la cour des grands, et qui réalise en même temps qu'elle n'a pas du tout intérêt à le faire parce qu'il lui faudrait alors payer une dette qui ne la concerne pas : c'est le seul pays du coin à avoir un vrai taux de croissance !! Eh bien, sur les magnifiques autoroutes gratuits de cette Turquie moderne, on voit des portiques d'écotaxe…

Mais ce qui est scandaleux, ignoble, injuste, d'extrême-droite dans la décision de Ségolène Royal, c'est que le manque à gagner provoqué par l'abandon de l'écotaxe, c'est dans la poche des pauvres Français qu'elle va aller le chercher. Sinon où ? 


"La France est au bord du gouffre, heureusement elle va faire un grand pas en avant". 
(Felix Houphouët- Boigny, député français, 12 septembre 1946 à propos de la politique de santé dans les territoire d'Outre-mer.)


Taxer les profits des sociétés d'autoroutes, c'est provoquer l'augmentation des péages, qui sont déjà les plus chers du monde. Qui va payer ? Nous, pauvres gens.
Augmenter la taxation du carburant diesel, c'est également puiser directement dans le budget étriqué du pauvre citoyen. Les Ferrari ne roulent pas au gazole.

Cela ajoute de la crédibilité à cette vieille « brève de comptoir » suivant laquelle on vaincra un jour le cancer, le sida, et même sans doute ebola. La seule chose dont on ne viendra jamais à bout, c'est la connerie.



lundi 6 octobre 2014

487° Le flop pour tous...








La manif pour tous n'est plus que la manif de quelques uns…Et pourtant, quel tapage… Sans doute le syndrome de la cinquième roue du chariot…

Il lui faut maintenant racoler dans la France entière et affréter force trains et autocars pour réunir laborieusement 70 000 personnes à Paris, ce que la Gay-Pride réussit chaque année dans une douzaine de villes de province, Paris n'ayant jamais connu de Marche des Fiertés de moins de deux cent mille personnes.

Ce n'est plus de l'essoufflement, c'est de l'agonie. Accordons leur que pour des idées nées au moyen-âge, avoir survécu jusqu'au 21°. siècle, c'est déjà une belle performance.

Il y a en France, gays et lesbiennes comprises, environ 7 millions de personnes homosexuelles qui, contrairement à ce que prétendent mensongèrement les manifestants bleus et roses, sont, dans leur immense majorité, soucieux de leurs droits. C'est dire que si minorité il y a, elle est bien davantage du côté des adeptes de la terre plate que dans le camp des LGBT…

Et comme toutes les minorités, la secte des homophobes se radicalise, et elle voit venir à elle tout un agrégat de détritus idéologiques issus du rancissement des idées, de la nostalgie des traditions idolâtres et de la phobie du progrès qui trouve sous ses guirlandes de layette et ses boucliers de croisés un fanion de ralliement.

Les médias, toujours bien polis, montrent des images de familles traditionnelles défilant en rang d'oignons, et de bons bourgeois bien propres sur eux, récitant des paragraphes d'éducation de marquise du 19° siècle. Pourquoi ne nous montrent-ils pas aussi les affiches racistes, les bandes d'abrutis qui font des quenelles et autres manifestations anti-humanistes et extrême-droitistes qui sont attirées par la manif pour tous comme de la limaille autour d'un aimant ?

D'ailleurs, chaque fois qu'ils essaient d'exporter leur secte purulente, ils ne trouvent de soutien que chez les fachos : à Munich, ce sont les nazis qui sont venus les acclamer, entraînant la dissolution immédiate du rassemblement sous les huées et les quolibets !


Montrons avec courage et honnêteté les choses comme elles sont. Ce sont les photographes des associations LGBT qui « couvrent » le raout des sorcières qui prennent ces édifiantes photos : pourquoi la presse si complaisante ne les publie-t-elle pas aussi ?

Pourquoi, lorsqu'on passe dans les journaux télévisés le laïus de Manuel Valls certifiant que la GPA « ne passera pas par lui », ne rappelle-t-on pas qu'il prétendit exactement le contraire dans l'interview qu'il donna à Têtu en 2011 à l'occasion des primaires socialistes ?


Pourquoi, lorsque nos édiles affirment que la discrimination basée sur les préférences sexuelles est un scandale contre lequel ils luttent, ne leur rappelle-t-on pas que la PMA, autorisée aux couples hétéro, reste interdite aux couples lesbiens, ce qui est bel et bien une discrimination sexuelle flagrante reconnue par la loi. Pourquoi ces deux articles de la loi sont-ils en contradiction sans que le conseil constitutionnel n'y trouve à redire ?






Comment Xavier Bertrand, franc-maçon publiquement déclaré peut-il défiler de concert avec Louis Alliot,Marion Le Pen, une délégation du Front National et des fauteurs de quenelle sans que son obédience (Le Grand Orient de France), ne prenne de mesure à son encontre ?


La France est-elle devenue le théâtre des alliances cimentées par la haine homophobe, comme dans certains pays où des extrémistes religieux qui se vouent ordinairement des haines séculaires et sanglantes se retrouvent bras-dessus bras-dessous pour défiler contre une gay-pride comme à Jérusalem ou à Moscou ? L'homophobie a-t-elle à ce point des vertus fédératrices opérant sur la pensée haineuse là où échouent toutes les tentatives de conciliation ?




Pourquoi tant de haine, tant de consensus autour de l'homophobie? Tout ces gens qui ne peuvent pas s'encadrer, qui se déclarent ordinairement incompatibles ont-ils donc en commun une mal-baisance assez puissante pour les rassembler autour de la haine homophobe ?




lundi 22 septembre 2014

486° PRIDE, le film.





Pride, après Harvey Milk, un bijou de film militant...




Après Harvey Milk, les Invisibles, et La Parade, Pride,  film britannique de Matthew Warchus  vient s'inscrire dans un bel élan de films sur le militantisme LGBT et la difficile conquête de nos droits.

Nous sommes en 1984, en Angleterre. Thatcher veut fermer les mines de charbon du pays de Galles, et les mineurs s'engagent dans une terrible grève qui durera un an. 



Les LBBT londoniens réalisent des collectes pour les soutenir. «  Quand on a les mêmes ennemis, il faut s'unir et devenir amis ».
Tout le film se joue sur la difficile acceptation par les mineurs, rugueux mais généreux, de cette aide inattendue.

Sans souffrir pour autant de digressions, le film s'attarde sur quelques cas individuels de coming-out laborieux, dans un camp comme dans l'autre. Il peut être très utile pour les adolescents qui ont un peu de mal avec des parents trop manif pour tous.




Sans doute ma sensibilité de vieux militant est-elle touchée au cœur par un tel sujet, mais cela n'empêche pas cet ouvrage superbement ficelé de clouer au silence des groupes de spectateurs un peu goguenards venus là plus par curiosité que par conviction.



A recommander vivement à ceux qui ont du mal à s'assumer, vivent des double vies,  qui croient que changer de monde est déchoir, et qui hésitent entre vivre la vie des autres et vivre leur vie à eux.
Encore une très belle pierre apportée au temple des libertés.




485° Pendant la campagne, l'homophobie continue...






Quand je disais que le petit imposteur n'avait pas changé, je j’imaginais pas à quel point…
J'ai publié l'article précédent avant qu'il ne vienne causer dans le poste, hier soir sur France 2.
Superbe numéro de communication, de prestidigitation pour ne pas répondre aux questions posées, changer de sujet pour éviter les points chauds, dérouler une litanie populiste et faire pleurer les concierges.



A quoi bon attendre sa péroraison, on savait ce qu'il allait, dire, comment il allait le dire, et ce qu'il n’allait pas dire.
Mais même déguisé en grand'mère, le loup ne peut pas cacher ses dents.

A un moment de son baratin, Sarkozy a opposé les familles et les homosexuels et dit que « les familles avaient été humiliées ».

Quelles familles ont été humiliées ?
Répondez, Monsieur Sarkozy, les Français veulent savoir !

Imposture oblige, il ne parlait pas des bonnes familles. Car si des familles sont humiliées, ce sont bien d’avantages les familles homosexuelles que les familles traditionnelles, qui n'ont pas vu mettre en cause un yota de leurs avantages et prérogatives. (Ce dont, est-il utile de le préciser, il n'a jamais été question...)

 Dois-je lui rappeler que nous sommes toujours dans une situation d'inégalité, malgré le vote du mariage gay, attendu que les couples hétérosexuels ont droit, eux, à la PMA alors que les couples de lesbiennes n'y ont toujours pas droit ? 



Rappelons que contester à une catégorie de Français une disposition à laquelle les autres ont droit, c'est bien de la discrimination. Et que quand on les détermine par leur orientation sexuelle, on est bien un foutu homophobe.

Lui qui prétend vouloir "ratisser au centre, et même à gauche", il commence plutôt mal...




dimanche 21 septembre 2014

484° Faut pas vous sentir obligé…




Ce n'est pas de sa faute, c'est plus fort que lui. Il a quelque chose de chevillé au corps. Lui, dit que c'est l'amour de la France. Bien plus nombreux sont ceux qui estiment que c'est un goût immodéré du pouvoir.

Sarko « veut ouvrir la droite vers le centre modéré et même vers la gauche ». Remarquez, si c'est la gauche de François Hollande, ça ne servira à rien, il a déjà, lui, fait l'ouverture à droite… Mais faudrait-il lâcher le nul pour l’exécrable ?

Il nous l'a déjà fait ce coup du cheval de Troie... Avons-nous la mémoire si courte que cela ? Souvenons nous, qu'en 2007, le petit Nibelung avait déjà prétendu « abolir le clivage gauche-droite », tenté de débaucher des socialistes, ce que avait valu sa célébrité à des créatures genre Eric Besson. Et tout cela pourquoi ?

Pour, quelques années plus tard, nous faire un effroyable dérapage vers l’extrême droite en suivant les conseils tordus de Patrick Buisson. Entrer « par le centre » pour nous tirer vers l’extrême droite, les Français se sont déjà fait avoir une fois. Vont-ils le laisser recommencer ? 


Restaurer l'état « désastreux » de la France alors qu'il en est précisément le responsable ? C’est tout même bien lui qui a doublé la dette en cinq ans... C'est de tous les présidents, celui sous la mandature duquel la situation s'est le plus aggravée… Et il prétend aujourd'hui détenir la solution des dérives qu'il a initiées, provoquées et assumé ?

Appeler à son secours les mannes de Jaurès et de Blum, et se prendre pour un héros de la République, alors qu'il lui a infligé, justement, à notre République, le pire camouflet de tous les présidents depuis des lustres, en s'attaquant à la laïcité, qui est son pilier fondamental, par son discours dit « du Latran » :

Dans la transmission des valeurs et dans l’apprentissage de la différence entre le bien et le mal, l’instituteur ne pourra jamais remplacer le curé ou le pasteur, même s’il est important qu’il s’en approche, parce qu’il lui manquera toujours la radicalité du sacrifice de sa vie et le charisme d’un engagement porté par l’espérance.



Par ce shoot mystique dans lequel il s'attaquait également aux Lumières, et par son acceptation de la dignité de « chanoine de Latran » que Pompidou et Mitterrand avaient dédaignée, en défigurant la laïcité avec son concept de « laïcité positive », (comme s'il pouvait y avoir plusieurs laïcité ), Sarkozy ouvrait grande la voie du communautarisme, espérant sans doute diviser pour régner, au lieu de se faire, comme sa mission le lui imposait, le chantre de l'intégration et de l'unité nationale.

Alors, travaillons à étouffer dans l’œuf l'incubation de ce Frankenstein périodique de la politique.
Sarkozy revient à chaque élection comme les moustiques après chaque averse. Non, il n'a pas changé, parce qu'il n'a pas d'idées ni d'idéal : seulement des ambitions. Et il n'est même pas parvenu à changer sa manière de les travestir.








samedi 6 septembre 2014

483° Autopsie de l'actualité




Si le journal de France 2 s'est offert un nouveau studio en forme de cuvette de chiottes, c'est peut-être pour l'adapter à la puanteur de l'actualité… Moi, j'aimais bien l'ancien studio, avec ses fenêtres donnant sur le pont du Garigliano et les immeubles parisiens. Bon, c'était le seizième arrondissement, chasse gardée de Monsieur Goasgen, ancien partisan de Tixier Vignancour et présent ceint de son écharpe tricolore à la manif pour tous… Mais bon, c'était Paris tout de même, on voyait des gens, des voitures sur le pont, des autobus, de la vie.




Le nouveau studio est un compromis entre une cuvette de chiottes et l'intérieur d'un congélateur. Glacial et impersonnel, il ressemble au plateau d'une morgue où l'on va disséquer une actualité qui, dans un tel décor, ne semble déjà plus vivante.

La genèse de pareil recadrage peut donner lieu à un vaste débat. Depuis que l'art de la politique s'est réduit à une escarmouche de communication, et qu'on s'occupe de plus en plus des « personnes » politiques sous leur aspect privé faute d'avoir quelque chose de sérieux à commenter sur leurs actions publiques, on pourrait imaginer que la transformation du studio d'information en laboratoire de biologie pourrait viser à recadrer efficacement l'analyse des événements.

Hélas, ce n'est pas le cas. Des journaux entiers se passent toujours à interviewer des baigneurs qui attendent le soleil, des mémères du marché qui trouvent que les carottes sont chères et mauvaises mais qui les achètent quand même, des automobilistes coincés dans les embouteillages mais qui ont quand même pris la route, des témoins qui n'ont rien vu mais ont un avis sur ce qu'il aurait fallu faire, des gens qui achètent le bouquin de Trierweiler « pour quelqu'un d'autre » et des libraires qui le trouvent ignoble mais en disposent une montagne sur la première table devant la porte de leur magasin.

Le défilé de crétins inutiles que nous servent les journaux télévisés est un véritable inventaire à la Boris Vian, une sorte de remplissage de minutes par lequel on essaie d'impliquer des gens qui ne dirigent rien, savent tout sur les choses auxquelles ils sont étrangers, ont des avis sur la vie des autres même lorsqu'elles n'empiètent pas sur la leur, et se lamentent sur des faits dont leur triste quotidien construit la pente savonneuse qui les a rendus inéluctables.

Comme le bouquin de Trierweiler, et ses nombreux lecteurs si empressés…
Pour moi, les gens qui s'occupent du cul et le la vie privée des autres sont ceux qui, précisément, s'ennuient avec les leurs. S'ils trouvent le lit de leurs voisins intéressant, c'est qu'il ne se passe rien dans le leur…


Les acheteurs des mémoires d'outre-alcôve de madame Trierweiler sont des lecteurs de presse de tampon hygiénique et de capote usagée. Ceux-là même qui défilaient à la manif pour tous parce que ça les faisait chier de voir des hommes et des femmes vouloir concrétiser par leur mariage un amour réciproque alors qu'ils en sont depuis des lustres à gérer la SARL famille-modèle dans le huis-clos d'une bobonne qui ne baise plus, d'ados en révolte, du curé qui réglemente tout ce à quoi il ne connaît rien à la maison, le tout au sein d'une république qui persiste à rester laïque. Une véritable double vie qui deviendra bientôt plus marginale que celle de gays assumés.

Viser l'immense public des mal-baisés en publiant un livre de vengeance pétassière contre l'instigateur (un peu involontaire, mais responsable tout de même…) du mariage pour tous, c'était un succès de librairie assuré. D'ailleurs, pris au déboulé d'un interview surprise, certains réalisent vaguement le piège dans lequel ils sont tombés, comme cette brave dame interviewée qui achetait le livre « pour sa mère, mais moi je le lirai pas », et cette autre « sur les conseils de son libraire qui m'a un peu forcé la main »… On avait Dallas à la télévision, nous l'avons maintenant chez l'épicier.

Anne Sinclair, Hillary Clinton et Ségolène Royal qui ont, avant Trierweiler, connu des déboires conjugaux ont pourtant montré ce que pouvait être la grande classe. On en déduira que nous n'avons pas affaire, avec l'ex-première maîtresse, à la même qualité de personnage et de caractère. Il y a celles qui marchent sur le boulevard et celles qui préfèrent le caniveau.

Ceci dit, c'est aussi à cause de l'actualité qui cherche ses informations dans les paniers de linge sale que nous en sommes arrivés là. Au bon vieux temps de la République de la dignité, il y avait une première dame à leur place. Ensuite, on a au des premières, puis des deuxièmes épouses, des « connaissances » à la Félix Faure, et maintenant des nièmes maîtresses. Personnellement, je suis contre la présence de personnes non élues dans le monde politique. On ne les emmène pas au bureau, que je sache... Ou alors, changeons la constitution et élisons des couples… Assumons.

Mais quitte à se les farcir, tant vaut regarder les hommes et femmes politiques comme des gens ordinaires, autant dire des cocus en puissance : si tous les époux et les épouses larguées devaient écrire un livre de doléance en trempant leur plume dans les aigreurs d'orgasmes inachevés et le publier comme un dazibao devant le voisinage ébahi, où irions nous ?

Dans le hall de chaque immeuble, il y aurait un tableau d'affichage où chaque époux éconduit, chaque épouse délaissée raconterait par le menu ses pauvres galipettes ratées et les mauvaises odeurs de la couche matrimoniale ? Certains sites internet se sont lancés dans ce créneau ; ils sont condamnés les uns après les autres.

D'ailleurs, sur le sujet, Madame Trierweiler a quelques ennuis avec des républicains obstinés qui ont épluché les comptes de son train de vie élyséen…  comme quoi l'étalage de la vie privée ne réussit pas à tous les coups.

Quant à imaginer un lien entre la vie d'alcôve et la vie politique, c'est là toute l’infamie d'une presse et d'une opposition qui démontrent par cet amalgame qu'ils sont aussi incompétents et malhonnêtes dans leurs arguments politiques que dans leur vie quotidienne.

Avec tous ces caleçons agités au vent et la volée de morpions qui s'en échappe, le reste de l'actualité paraît presque terne. Les droits LGBT, qui devraient constituer la trame de ce blog, passent quasiment au second plan. La PMA accordée aux couples hétéros et toujours refusée aux couples lesbiens reste une pierre d'achoppement de l'inégalité qui persiste au regard de la préférence sexuelle.

Même la crise et le chômage ne sont plus que des sujets dont le gouvernement « ferait mieux de s'occuper au lieu de... »
Les attaques racistes contre Najat Vallaud Belkacem et Christiane Taubira poussent comme des mauvaises herbes dans le jardin du web, mais personne n'est poursuivi en conséquence.

Pourtant, dans la blessure infectée des droits de l'homme, le grouillement des asticots et autres cloportes continue. On donne 40 milliards aux patrons, mais seulement 160 millions à la lutte contre Ebola. Le Front National découvre avec stupéfaction qu'il est littéralement infiltré d'homosexuels jusque dans ses instances très supérieures. Au point que, après qu'on les ait peu entendus au niveau national avec la manif pour tous à la plus grande déception de leurs affidés de base, on assiste au niveau local à une application du couvercle sur les revendications homophobes : les élus FN marient en loucedé des couples gay de militants méritants…


C'est Mariton qui, avec ses discours doucereux et son ton maniéré et obséquieux, en se présentant aux primaires de l'UMP pour les présidentielles, tente de doubler le FN par la droite sur le terrain de l'homophobie. Parce que : qu'on ne vienne pas nous resservir le discours suivant lequel ces gens là ne seraient pas homophobes… Assujettir l'égalité des droits des Français à leur préférence sexuelle, c'est bien de l'homophobie. What else ?

Le superbe studio des infos de la 2 en forme de cuvette de waters comporte-t-il une chasse d'eau ?
Parfois, on a envie de la tirer...



dimanche 31 août 2014

482° Entre silence de godillots et bruits de bottes...






J'ai écouté sans le vouloir des morceaux de l'allocution de Manuel Valls à La Rochelle.. Difficile à éviter, attendu qu'il occupait toutes les radios et les télés. Je savais ce qu'il allait dire et point n'était besoin pour moi d'en reprendre une louche pour changer l'opinion que j'ai de ce serpent hypnotiseur.

La seule qualité que j'y ai trouvée est celle de la communication. J'ai dit « allocution », j'aurais du dire « imprécation », que dis-je : « harangue ». Magnifique cocktail de généralités et d'évidences sur « l'unité du parti », l'intérêt général, son dévouement au pays, (-qui ne saurait aller sans son accession aux postes les plus élevés, voire au poste suprême-) , quelles subtiles successions de chaud et froid, enfonçant son clou libéral jusqu'à ce que s'élèvent des broncas qu'il s'empresse de noyer dans de lyriques digressions sur les valeurs républicaines pour les couvrir de remontées d'applaudissements… 




Quel talent d'orateur…. Je ne sais pas qui écrit ses discours, mais il les interprète bien… Je ne sais pas pourquoi cette diatribe m'a rappelé des harangues de dictateurs qui élèvent le ton en vagues de plus en plus agressives jusqu'à une apogée où ils martèlent quelques pointes de leurs doctrines, pour anesthésier immédiatement la brutalité de leur vitupération par des appels à la fraternité et à la misère de la veuve et de l'orphelin… Et on recommence des mouvements de houle jusqu'à ce que l'océan des fanatisés et groupies balance à l'unisson...

Cela donne des contresens qui mettent en évidence la présence d'un brillant vernis d'hypocrisie sur le bois pourri de sa doctrine, par la formation de quelques craquelures. Mais qui se soucie des craquelures dans une foule galvanisée ?.

Ainsi par exemple lorsqu' il trouve scandaleux que tant de Français aient du mal à se loger, lui qui, trois jours plus tôt, a aboli l'article de la loi sur l'encadrement des loyers. Passez muscade : aucun de ses thuriféraires n'a vu le vernis éclater en grosses écailles à ce moment du discours…

Ainsi encore par exemple lorsqu'il affirme que les cadeaux faits aux entreprises vont participer à la richesse du bon peuple alors que le Monde et même Le Figaro constatent que la France est championne du monde pour le versements de dividendes !

Alors même qu'une telle politique est justement celle qui élargit la fracture sociale, fracture sociale qu'il a affirmé, dans le paragraphe précédent de son sermon, vouloir réduire jusqu'à l'éradication ? 




Pourquoi une majorité de députés socialistes, décidés à accorder une confiance aveugle à l'imposteur sans même connaître les termes en lesquels il va la leur demander, se défendent hautement d'être des godillots bien avant qu'on en les accuse ?

Ça doit être bien confortable, député, pour qu'ils fassent, avec si peu d'états d'âme, passer le maintien de leur mandat avant le respect de leurs convictions.


Mes poils se hérissent quand je l'entends dire que le président de la république a besoin d'un parti fort pour soutenir la politique qu'il a choisie !

Non ! C'est le parti qui a investi un candidat à l'élection présidentielle qui a besoin d'un président qui applique la politique que le parti l'a chargé de mettre en œuvre. La démocratie fonctionne dans ce sens, et les députés sont là pour veiller à ce que la politique suivie soit bien celle pour laquelle ils ont été élus. Pas pour servir de milice aux divagations d'un sous-marin libéral qui veut opérer un détournement de trajectoire.

Sarkozy avait Buisson, Hollande a Macron. Le premier l'entraînait vers l’extrême droite, le second penche vers l'extrême-fric. Ce socialiste de fraîche date (2006) ne paie plus ses cotisations depuis cinq ans. Il a juste payé son ticket au début pour entrer dans le sérail. Jamais élu, ne représentant que lui-même, il a, encore quelques jours avant sa nomination, défendu la fin des 35 heures, qui est un cheval de bataille de l'opposition la plus droitière. 


S'inscrire à un parti et accepter de hautes responsabilités dans un gouvernement qui porte des convictions exactement opposées aux siennes, cela s’explique comment, si ce n'est par l'expression désinvolte et outrancière d'un arrivisme forcené ?

Le peuple de gauche est perdu dans le désert, abandonné par les guides qu'il s'était donné pour le sortir de ce mauvais pas. D'un côté, le guignol à talonnettes, celui-là même qui alourdi la dette du pays de 500 milliards d'euros en cinq ans commence à se présenter comme un recours, sur le banc de touche, quelques UMPistes homophobes, et de l'autre côté, la vague obscurantiste et populiste du front national qui fait rouler bruyamment dans son ressac les galets de l’infamie ?

Pour qui voter maintenant ? N'avons nous plus que le silence des godillots pour nous protéger des bruits de bottes ?