lundi 27 juillet 2009

276 Brüno et autres films gays pas tristes.

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See Brüno or not see Brüno, that is the question...



Au vu des quelques documentations que j'avais pu consulter, je m'étais dit que non, je n'irais pas voir cette folle furieuse.


Je suis de ceux qui pensent que « La Cage aux folles » est un film raciste et discriminatoire. (Imagine-ton un instant une « Cage aux bougnouls » ou une « cage aux youpins »???)


C'est dire que j'attends avec impatience que ces messieurs du spectacle daignent nous montrer des homosexuels « normaux » au lieu d'essayer de gagner de l'argent en faisant de nous des bêtes de foire.


Comme ce n'est pas facile de dire tout le mal qu'on pense d'un film qu'on n'a pas vu, la honte au front, en rasant les affiches, j ai été voir Brüno... J'ai vu...


Brüno arrive en tête de la première séance de mercredi sur les 20 salles de Paris. (Cette séance est un baromètre habituellement fiable). Mais...

La concurrence est faible: s'il réalise 1300 entrées, les challengers sont « Totally spies » avec 782 spectateurs sur seulement 11 salles, et « Une semaine sur deux » avec 784 entrées sur 16 copies...

http://www.allocine.fr/article/fichearticle_gen_carticle=18476697.html


En tout cas, programmé dans sa plus grande salle par un exploitant pourtant habituellement cinéphile, il a rassemblé à peine 50 spectateurs à la séance à laquelle j'ai assisté...


Brüno n'est resté qu'une semaine en tête du box office américain, mais a attiré sur lui les foudres des organisations militantes.

http://v2.e-llico.com/article.htm?rubrique=actus&articleID=19963


Présenté comme un plaidoyer pro-homo et une attaque contre l'homophobie américaine, le film en tout cas ne répond ni aux espoirs dont il se veut porteur ni aux craintes qu'il suscite.


Car pour être l'un ou l'autre, il faudrait qu'il contienne autre chose que... enfin... quelque chose tout court. Brüno est un film vide, de contenu, de sens, de tout... Une heure dix de pellicule gâchée et d'électricité perdue pour le projeter.


Ce n'est pas avec cet insondable abîme de nullité que la cause LGBT va avancer d'un yota, mais ce n'est pas non plus avec ça que les homophobes, même les plus obtus, vont argumenter contre les gays. Rien , c'est rien, le vide sidéral avec quelques gloussements.


Même de grasses plaisanteries de comptoir semblent plus pertinentes que les gesticulations de Sacha Cohen, et à côté de ce laborieux pensum, la « Cage aux folles » passe pour une œuvre philosophique puissamment intellectuelle... L'échelle de classement du film le plus con passe très au-dessus de la queue de Brüno.


Finissons en avec ce non-évènement pour parler un peu de quelques films autour de l'homosexualité programmés à la rentrée.



Le 2 septembre, « Tu n'aimeras point », ou l'audace de situer une aventure homosexuelle là où elle est impensable, dans le quartier juif le plus intégriste de Jérusalem...


Pour moi, ce genre de sujet n'est qu'un exercice de style, car sa crédibilité se pulvérise au premier contact avec mon rationalisme.


Il a le mérite d'éclairer toute l'ambigüité d'un état qui se proclame laïque alors que la religion est sa seule raison d'être. S'il y existe des communautés assez doctrinaires et fermées pour qu'on y croie, à l'époque des satellites, des airbus et d'internet, que l'homosexualité n'existe pas, ces groupuscules doivent êtres considérées comme sectaires par un état supposé laïque et libéral, et interdits comme tels. Or il n'en est évidemment pas question... Le drame qui en découle n'est plus qu'une question d'hypocrisie et de psychose.

http://www.dvdrama.com/news-34810-tu-n-aimeras-point-troublant-et-subtil.php



La semaine suivante, le 9 septembre, nous arrive « I love you Phillip Morris » avec l'incontrôlable Jim Carrey. Je me méfie toujours lorsque les hétéros se piquent de faire des films homos. Le syndrome « Cage aux Folles » n'est jamais loin et j'attends pour voir avec la plus grande méfiance. N'est-il pas préoccupant que le héros ait besoin d'aller en prison pour découvrir son homosexualité? Toujours à l'époque des satellites, des airbus et d'internet?

http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=129258.html





Sur le ton de la farce pas innocente, nous pourrons voir le 12 août « L'An 1, débuts difficiles », une sorte de « Darwin pour les nuls » dans le style des Monthy Python et de Cro-Magnon revu Cro-Mignon, qui met en scène des structures familiales et tribales que je vous laisse découvrir, avec un prêtre sacrificateur folle démente qui sacrifie « à sa manière » dans une back-room et initie les jeunes gens à la vie d'adulte.



Ce surprenant voyage initiatique se termine d'ailleurs à Sodome, présenté comme la Las Vegas de l'époque du string en peau de zébu.

http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=129254.html



Et enfin, toujours pas programmé, le très impudique et subversif « Nuit d'ivresse printanière » de Lou Ye (déjà remarqué pour « Une jeunesse chinoise »). Interdit en Chine où on vient seulement de reconnaître que l'homosexualité existait, (ce qui va bien arranger les affaires des quelques 120 millions de gays que, statistiquement, compte ce pays!!) mais où, (comme en Lituanie, pourtant membre de la Communauté européenne), on lui interdit tout moyen d'expression publique ou médiatique.

http://www.nuitsdivresseprintaniere-lefilm.com/



Là, on est dans l'émancipation des esprits, l'exultation des corps, le balayage des idées reçues et des traditions, le retour à la nature. Un peu la démarche hippy qui balaya l'Occident il y a quarante ans. On imagine que les autorités chinoises soient plus enclines à copier l'économie occidentale que sa liberté. Qu'attendent nos distributeurs hexagonaux pour nous programmer un film primé à Cannes? (Palme d'Or du meilleur scénario).


D'autant plus que les Chinois ne le verront jamais...

http://sinapsesconseils.typepad.com/chinanewsmedia/2009/06/le-cin%C3%A9ma-chinois-entre-exportation-et-censure-le-figaro-6-juin-2009-.html


Puisqu'on a au passage évoqué la Lituanie, on notera que ce pays possède le taux de suicide le plus élevé du monde... Pas de tentations, pas de sel de la vie?

http://www.tetu.com/actualites/international/la-lituanie-interdit-la-publicite-de-lhomosexualite-15092

http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89pid%C3%A9miologie_du_suicide


En attendant, au rayon "petits bijoux de cinéma", ne manquez pas "J'ai tué ma Mère"... de Xavier Dolan, acteur principal et réalisateur.


Non, il ne la tue pas! Tout le monde me demande s'il la tue lorsque je conseille ce film ! !




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mercredi 22 juillet 2009

275° Hadopi2 et Frédéric Mitterrand, - Le Roi de l'Evasion, - Homophobie.

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C'est ma réaction à l'actualité, et elle seule, qui commande au choix des sujets dont je vous entretiens dans ce blog. Aussi ne faut-il chercher aucun autre rapport entre les déclarations de monsieur le Ministre de la Culture à propos de la loi Hadopi, la sortie du film « Le roi de l'Evasion », et la publication d'une étude sur l'homophobie qui sont l'objet de ce billet. Leur seul rapport est de s'être produits le même jour. Quand il y a des liens à faire, je ne manque pas de les faire.




Frédéric Mitterrand à propos de la loi Hadopi 2.



Mardi donc, le nouveau ministre de la Culture et de quelques autres choses est monté à la tribune de l'Assemblée Nationale pour entretenir messieurs les députés de l'urgence qu'il y aurait à adopter une loi aussi inutile qu'inapplicable.


Dans une très belle envolée culturelle, Monsieur le Ministre a proclamé qu'il ne laisserait pas tomber entre les mains des pirates, je le cite:


« la gueule d'atmosphère d'Arletty » (Hôtel du Nord, Marcel Carné, - 1938),

« la Jean Seberg d'A bout de souffle » (Jean Luc Godard, - 1959),

« la biscotte cassée » de Michel Serrault, (pièce de Jean Poiret, - 1973),

« le petit poisson et le petit oiseau » (Juliette Gréco - 1966),

« La javanaise » (Serge Gainsbourg - 1963).




S'il était besoin d'illustrer l'incompétence informatique et culturelle de tous les protagonistes de cette loi, cette liste de « cibles de piratage potentielle » est révélatrice.


On avait entendu Albanel avec « l'antivirus Open Office », voici Neveu aux prises avec le show-bizz.


Car pour savoir ce qui se pirate vraiment, il faut plutôt de regarder les films qui cartonnent au cinéma et le hit parade des disquaires.


Voici les 10 meilleurs films de la semaine, c'est ce que les gens vont voir, c'est ce qu'ils demandent, c'est donc ce que piratent ceux qui ne peuvent pas se les offrir:


http://www.commeaucinema.com/box-office



Titre, Distributeur

Semaine n°

Entrées

du 8 au 14 Juillet

Entrées

depuis la sortie

L'Age de Glace, Temps des Dinausaures, Warner


2


1923620


4327354

Public Enemies

Universal Pictures International France


1


593398


593398

Transformers 2 : La Revanche

Paramount


3


268744


1951103

Very Bad Trip


Warner Bros


3


218068


1011867

Le Hérisson

Pathé Distribution


2


176406


381122

Whatever Works

Mars Distribution

2

163846

451298

Toy Boy


MK2


1


140828


140828

Jeux De Pouvoir


Studio Canal


3


102283


621152

Bambou


Ocean films


1


96606


96606

Bancs Publics (Versailles Rive Droite)

UGC


1


96105


96105




Je vous laisse le soin de déterminer lesquels entreront dans « le patrimoine culturel » au sens de Monsieur Mitterrand. Pour ma part, je n'en vois aucun avant la 5° place, avec un nombre d'entrées onze fois inférieur à celui du premier rang.


En matière de musique, est-il nécessaire de demander à votre disquaire la place occupée dans son hit parade par « Le petit oiseau et le petit poisson s'aimaient d'amour tendre » dont Juliette Greco gratifia l'histoire de la musique en 1966? Ou celle des films de Marcel Carné, aussi incontestables soient-ils?


Ah...Monsieur le Ministre a de la Culture.... Souvenez-vous de ce que je disais de lui lors de sa nomination, le mois dernier:


http://brethmas.blogspot.com/2009/06/269-droits-de-lhomme-et-droits-de.html


« Frédéric Mitterrand, qui n'a de gauche que feu son oncle, est le ministre de la culture le plus approprié dont un gouvernement réactionnaire limite old fashion comme le nôtre pouvait rêver. Il possède un vrai bagage culturel qui, à la différence d'Albanel, le rend crédible, mais entièrement tourné vers le classicisme et le patrimoine. La création, vous savez, ces jeunes intellos qui réfléchissent trop et fomentent sans répit une contestation bouillonnante ont peu à attendre de ses faveurs. Le répertoire va tourner en boucle et les jeunes auteurs, à défaut de budget, se démerderont avec internet pour faire avancer leurs créations. »


Merci, Monsieur le Ministre, d'avoir illustré mon propos avec tant de panache. Frédéric Mitterrand peut-être un excellent ministre du patrimoine culturel, mais semble ignorer avec une une morgue aristocratique que ce patrimoine naquit un jour de l'engouement populaire pour la création d'un saltimbanque.


Son propos sur ce coup là illustre la double couche d'incompétence qui préside à l'élaboration et la mise en place de cette loi Hadopi 1 et 2. D'abord, elle est « informatiquement » caduque et inapplicable, les moyens de la détourner existaient avant même qu'on ne la rédige, et ensuite elle manque son objectif culturel et artistique, puisque ce sont les nantis du show bizz qui vont en bénéficier bien avant les jeunes créateurs.


Sans compter son aspect arbitraire, autoritariste et anti-républicain puisqu'elle prévoyait même des privations de liberté administratives, décidées sans le concours de la justice. -Disposition retoquée par le Conseil Constitutionnel.


Avec les lois mal ficelées, on en arrive à des prodiges de « contournement » et de trucages. Pendant que les auteurs de la loi essaient de contourner l'arrêt du Conseil Constitutionnel en imaginant des juges uniques sans audience, sans public, qui donneraient « une caution judiciaire » sans entendre le « suspect » et encore moins sa défense, les internautes multiplient les sites destinés à en contourner les effets.


Toutes les lois stupides engendrent des marchés noirs, ce fut le cas de la prohibition aux Etats Unis, c'est le cas de l'explosion du prix des cigarettes en France qui engendre des records de contrebande, c'est le cas d'Hadopi qui génère des sites spécialement dédiés à son contournement.


http://linuxmanua.blogspot.com/2009/04/10-antidotes-anti-hadopi.html

http://blog.jamendo.com/2009/03/12/hadopi-jamendo-lance-le-remerciement-gradue/

http://www.benmeradi.com/hadopi/contourner-hadopi-quelques-solutions/

http://dascritch.net/blog.php/post/2009/04/28/Vite-Vite-Comment-eviter-de-se-faire-chopper-par-Hadopi

http://glazman.org/weblog/dotclear/index.php?post/2009/03/12/Contourner-HADOPI-en-27-secondes


Il y en a des centaines comme ceux-là. Hadopi, ce sera comme les impôts: ceux qui s'y connaissent passeront au travers et ce sera les petits et les sans-grade qui se feront avoir.





Le Roi de l'Evasion.


http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=128744.html


Petite mention pour ce film français marginal, plein de sens et de questionnements pertinents, qui passera inaperçu, ne figurera jamais au hit-parade du piratage, et qui est un documentaire fiction sur l'homosexualité provinciale des hommes mûrs.


Comment nos belles provinces françaises se transforment vite en enfer pour les gays, comment ils contournent les difficultés avec malignité, avec quelques interrogations bien senties sur la sexualité de adolescents, sur celle des hommes à cheveux blancs et à gros ventre, sur l'homophobie latente des gendarmes, et sur l'hypocrisie et la double vie d'une petite bourgeoisie de province.


A visiter sans modération, comme le beau pays albigeois largement photographié, l'hospitalité et les bonnes odeurs de cuisine régionale qui servent de trame au récit, et la surprenante impudeur des protagonistes dont aucun n'aurait la moindre chance « de concrétiser » dans le Marais ou sur un site gay, et qui vivent dans leur belle campagne une sexualité étonnamment débridée. On y retrouve même le vieux débat « trouver l'amour ou tirer un coup » qui est l'origine de bien des hypocrisies.






Les pires homophobes sont des homos refoulés.


La preuve en images...

La chronique politique nous gratifie parfois de l'aventure de tel sénateur américain ou de tel prélat connu pour ses positions et son militantisme homophobe, et qui se fait un jour surprendre avec la main dans une culotte qui n'est pas la sienne.


La science se devait de mesurer les érections des homophobes qui regardent les images qu'ils déclarent dégoûtantes. C'est chose faite. Même si la petite vidéo ci-dessous manque quelque peu de détails sur ses sources, elle est parfaitement explicite sur un phénomène depuis longtemps pressenti par la psychologie. Maintenant, on peut le vérifier sur un écran.







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mardi 14 juillet 2009

274° La justice des uns et la justice des autres.

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Je suis encore de ceux qui croient qu'on a inventé la justice pour que la société dispose d'une autorité supérieure, éclairée et reconnue capable de qualifier les actes répréhensibles et de faire correspondre à chacun une peine appropriée.


Certes, même lorsqu'elle fonctionne bien, les coupables estiment qu'elle porte atteinte à leurs droits, et les victimes attendent d'elle qu'elle soit réparatrice, ce qui est illusoire.


Son indépendance, par contre, devrait, dans l'intérêt de tous, n'être l'objet d'aucun enjeu. Dans la théorie, elle est prévue par la constitution. Dans la pratique, le poids des médias, la puissance des lobbys, le politiquement correct parfois revu et corrigé par la bible créent parfois des situations devant lesquelles il est permis de s'interroger.


Prenons exemple des circonstances aggravantes prévues par la loi en cas d'agression motivée par l'appartenance des victimes à « une race », une religion, ou par leur préférence sexuelle. Tout cela est prévu noir sur blanc par l'article 132 du code pénal, alinéas 71 à 80, qui ont été plusieurs fois renforcés dans leurs dispositions.


Les voici dans leur ultime mise à jour:


Loi n°2004-204 du 9 mars 2004 - art. 12 JORF 10 mars 2004


http://www.legifrance.gouv.fr/affichCode.do;jsessionid=627572E6C5ED5CA423EA23F7BCB8A8F8.tpdjo03v_1?idSectionTA=LEGISCTA000006165269&cidTexte=LEGITEXT000006070719&dateTexte=20090713


les définitions précises du caractère raciste ou antireligieux ici:


http://www.legifrance.gouv.fr/affichCode.do;jsessionid=627572E6C5ED5CA423EA23F7BCB8A8F8.tpdjo03v_1?idSectionTA=LEGISCTA000006165269&cidTexte=LEGITEXT000006070719&dateTexte=20090713


et celles concernant la préférence sexuelle ici:


http://www.legifrance.gouv.fr/affichCodeArticle.do;jsessionid=627572E6C5ED5CA423EA23F7BCB8A8F8.tpdjo03v_1?cidTexte=LEGITEXT000006070719&idArticle=LEGIARTI000006417503&dateTexte=20090713&categorieLien=id



La justice vient de se prononcer dans la douloureuse affaire du « Gang des barbares ». Après trois ans d'enquêtes et d'auditions, trois mois d'audience et trois jours de délibéré, les jurés ont, « en leur âme et conscience » examiné les situations et actes des 27 accusés et prononcé une peine adaptée à chacun d'eux.


Comme à la sortie de tous les procès, les accusés se sont déclarés « punis exagérément » et les victimes spoliés de … d'on ne sait quoi puisque la vengeance n'a pas cours en matière de justice et qu'aucune décision ne leur rendra leur disparu.


Sauf que la garde des Sceaux reçoit séance tenante les associations et les parties civiles en leur plainte et donne instruction au parquet de faire appel de la moitié des condamnations, jugées insuffisantes.


A quoi cela sert-il d'entretenir un appareil judiciaire tentaculaire et coûteux, supposé indépendant, pour que les tribunaux se voient mis en demeure de revoir leur copie comme de vulgaires cancres enjoints de refaire leurs devoirs?


Entendons nous bien sur l'exécration qu'inspirent les faits qui sont jugés dans cette affaire. Mais des gens compétents ont tout de même enquêté trois ans, tenu audience trois mois et délibéré trois jours... Tant de professionnels ont-ils donc pu se tromper si largement?


Il a fallu deux jours pour que le ministère entende la plainte des victimes et lui donne suite, il aura fallu trois ans pour qu'il entende celle des innocents d'Outreau, injustement emprisonnés. La surdité serait donc une maladie à géométrie variable?



D'autant plus que... la partie de la loi concernant l'aggravation des peines en cas d'agression homophobe a bien du mal à retenir l'attention de certains magistrats. Pourtant, c'est la même loi, juste l'alinéa suivant...



A Aix en Provence, un pauvre pédé injurié et battu est condamné à verser des dommages et intérêts à son agresseur au terme d'une audience décrite par plusieurs témoins comme surréaliste:


http://v2.e-llico.com/article.htm?rubrique=actu&articleID=20132



Dans l'Essone, malgré plainte sur plainte et à défaut de maintien de l'ordre et de condamnation des agresseurs, un couple de lesbiennes finit par déménager:


http://v2.e-llico.com/article.htm?articleID=20087&rubrique=actus



A Laval, des intégristes cathos font le siège d'un bar gay et frappent le patron de l'établissement. Le procureur avait requis un simple rappel à la loi et il a fallu que les associations s'en mêlent et alertent la presse pour qu'il se décide enfin à entendre les victimes et procéder à une enquête.


http://v2.e-llico.com/article.htm?articleID=19629&rubrique=actus

http://v2.e-llico.com/article.htm?articleID=19642&rubrique=actus

http://v2.e-llico.com/article.htm?articleID=19668&rubrique=actus

http://v2.e-llico.com/article.htm?articleID=19857&rubrique=actus



A Montpellier, un jeune homme agressé ne parvient pas à intéresser la justice à son affaire:


http://v2.e-llico.com/article.htm?articleID=20100&rubrique=actus



A Lyon, la justice refuse de retenir des circonstances aggravantes d'homophobie alors que les agresseur eux-mêmes les ont avouées...


http://v2.e-llico.com/article.htm?articleID=19302&rubrique=actus


Il a fallu une intervention des associations locales pour qu'elle change d'avis:


http://v2.e-llico.com/article.htm?articleID=17889&rubrique=actus



Au même moment, le parquet de Lyon se fait tirer l'oreille pour sévir contre des agresseurs de la Gay Pride de 2008:


http://v2.e-llico.com/article.htm?articleID=17203&rubrique=actus



Ce refus de qualification d'agression homophobe se reproduit à Talence:


http://v2.e-llico.com/article.htm?articleID=16474&rubrique=actus



Certes, et heureusement, cela ne se passe pas toujours comme cela. De nombreux parquets et tribunaux appliquent normalement la loi en matière d'homophobie...


Mais, et c'est le but de la démonstration, dans aucun des cas où cette loi n'est pas appliquée, on n'a vu intervenir le ministre, ni en deux jours, ni même en deux mois... Comme s'il existait de bonnes et de mauvaises raisons de se faire injurier, agresser et assassiner.




Dans un domaine pas très éloigné, les Francofollies de la Rochelle viennent de déprogrammer le rappeur Orelsan pour une de ses chansons « Sale pute » dans laquelle, d'après le « scénar », un cocu aviné s'adresserait à la femme qui l'a quitté. (Moi, je la comprends, de quitter pareil lascar..)


Tout le monde ou presque hurle à l'atteinte à la liberté d'expression et à la création artistique...



Or pourtant, l'an dernier, les associations gay ont fait annuler la tournée européenne de quelques rappeurs jamaïcains -dont le très célèbre Sizzla-, au regard des appels au meurtre d'homos contenus dans leurs chansons.


http://brethmas.blogspot.com/2008/09/192-l-htro-pride-fait-un-flop.html

http://brethmas.blogspot.com/2008/05/170-le-conseil-de-leurope-confond.html


Paradoxe: personne de crédible n'a hurlé à l'atteinte à la création artistique, mais on n'a pas entendu non plus Ségolène Royal, qui serait pourtant à l'origine du coup d'éteignoir de la Rochelle...


Étrange, non?


Protéger aveuglément la liberté d'expression et la création artistique sans examiner ce qu'elles proposent, c'est bon pour le pays de oui-oui, sinon c'est ouvrir bien large des portes par lesquelles quelques indélicats risquent fort de s'engouffrer...


Sur la liberté d'expression, deux thèses s'affrontent: on peut tout dire, comme aux USA, ou le négationnisme et l'appel au meurtre homophobe ont pignon sur rue et droit de cité.


Faut-il protéger la « liberté » absolue sans considérer le mauvais usage qu'elle peut induire chez quelques esprits simples ou un peu allumés?


Sur la qualification de création artistique, il convient aussi de s'entendre... Dans l'état actuel des choses, un étron sur une assiette devient « création artistique » si un riche mécène en décide ainsi et sponsorise l'œuvre à un prix pas raisonnable.


Ne pas poser de borne en la matière, -si j'ose dire-, ouvre la voie à un abruti qui voudra illustrer « par une œuvre d'art » que l'holocauste a la beauté d'un « drame romantique »... Il va bien falloir dire « stop » quelque part, sinon, ce genre de chose se produira réellement.


L'histoire de la littérature et de l'art lyrique démontre abondamment qu'un homme peut déplorer l'absence de sa bien-aimée sans la traiter de sale pute. Les Francofolies nous avaient habitué à mieux.


Laisser dire des conneries, ça peut « le faire » à condition d'apprendre aux gens à les reconnaître.

Ce qui, quand on écoute certains, et non des moindres, est loin d'être le cas.




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vendredi 10 juillet 2009

273° Internet libre: le cloud computing assombrit l'avenir

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Pendant que l'on s'inquiète des effets néfastes qu'Hadopi-2 et Loppsi vont avoir sur nos libertés individuelles, les Big Brothers nous concoctent une mouture bien plus inquiétante de l'internet de demain: le « Cloud Computing ».


Il s'agit ni plus ni moins d'abandonner l'ordinateur « autonome » que nous connaissons pour revenir à un réseau comparable au minitel.

Dans ce projet, nos ordinateurs ne sont plus des machines contenant les programmes de notre choix et nos données, mais des terminaux raccordés à un « central planétaire » impalpable, qui contiendra à la fois les programmes dont nous aurons besoin et le stockage de nos données.


http://fr.wikipedia.org/wiki/Informatique_dans_les_nuages


A partir de là, quelques doux rêveurs imaginent que chaque internaute avec sa petite machine va pouvoir prendre place dans ce système diffus et quasiment immatériel. Je doute que les dinosaures les laissent faire, et leur tendance ne débouchera au mieux que sur le « new-hacking »...:


http://affordance.typepad.com/mon_weblog/2009/06/du-cloud-computing-au-home-computing.html


Ainsi par exemple, pour écrire un texte comme je le fais en ce moment, vous n'utiliserez même plus "Open Office Writer" (équivalent gratuit d'un «Microsoft Office Word» dont il faut acheter à grand frais l'installation initiale et chaque nouvelle version.)

http://fr.openoffice.org/


Vous écrirez en ligne, sur un logiciel hébergé on ne sait où, mais qui ne manquera pas de vous facturer l'utilisation que vous en aurez faite, au temps passé ou au kilo-octet...

L'ordinateur sera redevenu ce machin qui coûte de l'argent dès qu'on y touche comme l'était le minitel, comme l'est aujourd'hui votre téléphone portable. Le système vous aura repris ce que d'imprudents informaticiens vous avaient offert.

Une pompe à fric de plus dans la maison.

Cela suppose évidemment quelques progrès techniques, notamment sur le volume des données transmises et la sécurité des connections, mais soyez tranquilles, ils vont les faire.


Comme il n'y aura plus de stockage dans votre ordinateur et que tous vos mouvements de données passeront par « The » système, nos maîtres auront l'assurance que vous ne détenez pas, à défaut des plans d'une bombe ou du sous-sol du Pentagone, une photo cochonne, un film ou morceau de musique dont les droits n'auraient pas été vraiment légitimés... Pour être sûr que personne ne cache quelque chose dans ses poches, on met tout le monde à poil.


Ce nivellement par le bas est un retour au système du minitel, que les auteurs d'Hadopi regrettent amèrement. Plus aucune donnée stockée chez ce voleur potentiel qu'est chaque internaute, plus de peer-to-peer, plus d'accès à des serveurs exotiques ou privés. Plus de bidouillage, d'auteurs de logiciels utiles ou non, d'applications téléchargeables, de sites « contestables ». Le club des « serveurs agréés » sera constitué de grands organismes officiels, regroupés autour d'accords et de chartes qui réduiront la puissance de votre ordinateur à celle d'un téléphone amélioré.



Chaque fois que vous transmettrez un document à quelqu'un, la transaction s'effectuera non plus d'ordinateur à ordinateur, mais dans les rayons de votre stockage Big Brother, qui pourra toujours se souvenir si ça le chante du contenu et du destinataire de la communication. Nous serons avec nos données dans la position du client d'une banque avec son argent: obligé d'aller le chercher au comptoir pour en disposer.


Si l'idée globale arrange bien les empereurs du copyright et autres droits d'auteur, elle n'est pourtant pas née de leurs élucubrations. Ils sont juste prêts à monter dans un train qui passe fort à propos.


A l'origine, la complexité des tâches informatiques a conduit à constituer des réseaux d'entreprise, avec un « ordinateur central » auquel on accède par des terminaux étroitement paramétrés. Le débit et la fluidité des transferts de données a naturellement amené au niveau supérieur, qui a consisté à sous-traiter l'activité informatique à des entreprises extérieures qui louent les services de puissants systèmes. Plus de salle et de matériel informatique, ni de maintenance, les chefs d'entreprise aiment se simplifier la vie.



A partir de là, il y a convergence entre les propriétaires de systèmes payants qui voient d'un mauvais oeil la moitié de la planète utiliser leurs systèmes sans le payer ou d'autres systèmes gratuits (Linux, Open Office...) et quelques autorités politiques morales et psychorigides qui pensent qu'une centralisation à tout va permettra à la fois un meilleur "contrôle" d'internet et un enrichissement plus substantiel de leurs potes.

D'ailleurs Google ne vient-il pas d'annoncer cette semaine la sortie de son "Chrome OS", un nouvel OS qui ne concerne pour l'instant que les petits portables, mais qui est la rampe de lancement du concurrent de Windows qu'il prétend devenir rapidement. Certes, le code source sera connu, mais le système est conçu pour que toutes les transactions puissent, le jour venu, se faire via "la maison-mère". Tout comme déjà aujourd'hui, les "apps" de l'iphone et d'Androïd... Hasard, vous croyez?

Le problème pour les majors du système payant est que les très gros systèmes tournent majoritairement sous Linux, dont la base est gratuite, le code source connu et la sécurisation plus simple. Les coûts se limitent à la conception et à la maintenance du système...


Malgré cela, le système ne prospèrera que s'il permet de réaliser des économies, ce qui ne semble pas évident à tout le monde:


http://www.zdnet.fr/actualites/it-management/0,3800005311,39392470,00.htm


et l'avenir semble encore dévolu pour quelque temps au « datacenter » de papa:


http://www.toolinux.com/lininfo/toolinux-information/blog-podcast/article/le-cloud-computing-c-est-du-buzz-l


Un des logos de Firefox auxquels nous avons échappé:

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A gauche le concept d'origine, à droite la version politiquement correcte que vous avez sur votre ordinateur...

Vous n'utilisez pas Firefox à la place d'Internet Explorer?

Vite:

http://www.firefox.fr/


La seule conclusion certaine est que tout est fait pour que nous maîtrisions de moins en moins les programmes et les contenus de notre ordinateur, que nous soyons de moins en moins libres de dire, d'écrire et d'exprimer ce que nous voulons, d'accéder aux informations et aux œuvres culturelles dont nous avons besoin, et pour que la violation systématique de nos espaces privés et de notre intimité fasse dorénavant partie de notre quotidien.



D'où l'intérêt de nous passer autant que possible des systèmes payants et d'utiliser exclusivement des systèmes gratuits en open source.

Essayez Ubuntu sans rien changer à votre ordinateur:

http://www.gnu.org/home.fr.html

http://doc.ubuntu-fr.org/live_cd


Gravez vous-même votre CD ou DVD utilisable avec ou sans installation:

http://doc.ubuntu-fr.org/

Chapitre "Installation".

Maintenir l'autonomie et l'indépendance de nos ordinateurs et de nos systèmes est un garant de nos libertés.



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