mercredi 3 mai 2017

552° Vous mettez des capotes ? Mettez un Macron.






Vous mettez des capotes ? Alors, mettez un Macron.





La France ne sortirait pas indemne d’un vote Le Pen, et l’heure n’est plus aux petits états d’âme.

Quand il y a le feu dans le jardin, on ne s’occupe pas de choisir les nouvelles peintures.
On va l’éteindre ou on perd la maison.

Il faudrait que la nouvelle génération comprenne que la démocratie n’offre pas aux 67 millions de Français 67 millions de candidats taillés sur mesure pour chacun d’entre eux.

D’ailleurs, même les mélenchonistes les plus convaincus reconnaissent que si leur candidat leur parait le plus apte à remplir la fonction résidentielle, il est un peu dommage que… et que… et que ce serait encore mieux si…

Ben oui… La perfection n’existe pas.

Alors, ne jouons pas la démocratie au poker.




Appuyer sur le bouton Macron n’est pas lui apporter son soutien.

C’est juste la seule manière de préserver les conditions nécessaires à la poursuite des luttes pour une France meilleure.

Que Jean Luc Mélenchon rassure son égologramme : si Macron est élu président, il sera toujours une grande figure de l’opposition.

Et il aura même plus de chances de pouvoir mener son combat dans une démocratie préservée que contre le mur du fascisme.



dimanche 16 avril 2017

551° Comment rester de gauche quand la gauche disparaît ?






On pourrait penser que la pensée de gauche, traditionnellement pétrie d’humanisme, d’esprit républicain, d’égalité des droits, de bien public élevé en but ultime, de richesse équitablement partagée et de sens de l’état contribuerait à donner aux partis de gauche une force morale et intellectuelle capable de les porter naturellement aux commandes de la République.

Les évènements nous montrent que c’est trop leur demander. En fait, comme toutes les belles et nobles causes, les allées du pouvoir sont parcourues, infiltrées, phagocytées et littéralement occupées par une cohorte d’aventuriers politiques qui cherchent à tout prix un poste dans « l’entreprise gouvernement » et sont prêts à vendre des idées qui ne sont pas les leurs si la place est confortable et les prébendes généreuses.

Nous avons tous vu dans des entreprises des entristes occuper des postes dont ils n’ont pas le profil.

Le problème est que quand on a mis un pied dans l’imposture en se faisant élire, on ne sait plus très bien jusqu’où on peut aller sans que « ça ne se voie », et surtout aussi que dès lors qu’on a déjà violé sa conscience et sa probité en acceptant un poste pour lequel on n’est pas fait, on n’a plus guère de scrupule à trahir davantage les électeurs qui comptaient sur vous pour accomplir la tâche.

Tout cela nous donne des gens qui se font élire président au nom du parti socialiste, puis qui mènent une politique en totale contradiction avec les aspirations de leurs électeurs, pratiquent la destruction du code du travail, fomentent des attaques aux statuts de la nationalité et usent et abusent de modes de gouvernement à coups de 49/3 qui sont autant d’injures à la démocratie.

Déjà, en 2005, j’avais été choqué de voir le parti socialiste, en totale contradiction avec la vox populi qui refusait, par referendum, la nouvelle constitution européenne, s’allier au conglomérat droito-financier qui plaidait le oui.

Pire, c’est avec l’appui d’une grande partie des députés socialistes que Nicolas Sarkozy sodomisait l’expression démocratique du referendum de 2005 en faisant adopter ce traité de Lisbonne par voie parlementaire le 9 février 2009.

Entre temps, les mauvais camarades socialistes avaient déjà lâché Ségolène Royal, dûment élue candidate à la présidentielle par des primaires de gauche fin 2006. Faute de ce soutien, la pauvre Ségolène avait échoué de peu à la finale de 2007 face à un Sarkozy qui, lui, bénéficiait du soutien bien réel et actif de son parti.

Personne n’avait sérieusement parlé d’assassinat politique à l’époque, mais avec le recul, force est de constater que c’en était bien un.

Cela faisait donc déjà deux fois en deux ans que les dirigeants socialistes s’asseyaient sur la voix de leurs militants pour mettre en œuvre une politique dont le peuple ne voulait pas et contre laquelle, justement, ils avaient été élus.

Un serial killer récidive toujours, et en 2017, le parti assassin a encore sévi.

Le peuple de gauche élit un candidat à la présidentielle : Benoît Hamon.
Son cheval de bataille, c’est le revenu universel.

Loin d’être une nouveauté : le principe du revenu universel sous différentes appellations, est issu du siècle des lumières, puis mis en pratique par les premiers grands penseur sociaux, comme Charles Fourier et Jean Baptiste Godin, horrifiés par la condition ouvrière du XIX° siècle.

Benoît Hamon, entre autres idées novatrices, prône également la légalisation du cannabis. Cela a l’air marginal, ça ne l’est pas du tout : c’est l’herbe qui fait rire, l’idée, elle, est très sérieuse. Tous les pays qui ont légalisé le cannabis ont vu la consommation du produit diminuer sans augmentation compensatrice de l’usage d’autres drogues, et également vu s’anéantir la délinquance liée à son marché noir.

La Hollande, le Portugal, l’Afrique du Sud, 9 des 50 états américains, Uruguay, Chili, Colombie, etc.

Le Canada s’apprête à son tour à légaliser le produit dans les mois qui viennent.
24 autres états américains et 22 pays divers l’autorisent sous indication thérapeutique.

Benoît Hamon était le seul candidat réellement innovateur, le seul visionnaire d’un futur à long terme. C’en était trop pour un parti aussi résolument conservateur que le parti socialiste, et les imposteurs qui se le sont approprié ont donc perpétré le troisième assassinat politique de leur carrière.

Pourtant, encore une fois, le pauvre peuple a fait ce qu’il a pu, révoqué les traîtres sociaux par voie de primaire, peine perdue.

Les ringards du socialisme de salon se sont tous tournés, les uns après les autres, vers le candidat encore naïf qui incarne le mieux la continuité de leur bobocratie. Ils espèrent simplement le maîtriser par un chantage à la majorité parlementaire et changer de château après l’élection.

Et pendant ce temps-là, c’est Fillon qui se dit victime d’un assassinat politique.

On notera d’ailleurs, que, dans un camp comme dans l’autre, tous les anciens ténors dégagés par la primaire, après quelques convulsions, se sont retranchés dans un étrange silence. Que cela ne nous rassure pas, ils ne tiennent aucun compte du message de leur défaite.

Ils sont en train de bétonner leurs positions pour les législatives, persuadés que cette échéance leur permettra de revenir par la fenêtre d’une scène dont on les a pourtant virés par la grande porte.

Que peut penser de tout cela un pauvre citoyen comme moi ?
D’abord, à ce vieux proverbe arabe qui dit :

« Si tu te fais niquer une fois, c’est pas de chance, 
deux fois c’est que tu as la comprenette ensablée, 
et si tu te fais niquer trois fois, c’est que tu aimes ça ».

Alors, la mort dans l’âme, me voilà résolu à sacrifier ce pauvre Hamon malgré tous ses mérites, et au nom de la cause du peuple et du bien commun, à voter pour Mélenchon qui, s’il ne correspond pas tout à fait à mes aspirations, reste, dans les « possibles », celui qui s’en écarte le moins. 

Le PS est un serial killer. 

Il procède à l'assassinat politique de tous les représentants que lui donnent le peuple de gauche. Je ne veux plus être complice.

Pourtant, je me réjouissais à l’avance de ces élections de 2017. Depuis cinquante ans que je vote, je n’avais eu que deux fois l’occasion de mettre dans l’urne le bulletin d’un candidat qui me convenait et de le voir élu : c’était François Mitterrand en 1981 et 1988….

Cette élection de 2017 allait me permettre, pour la troisième fois, d’élire un candidat vraiment visionnaire et annonciateur de progrès social et sociétal.

Patatras ! Les politicards en costume de la rue de Solférino en ont décidé autrement.

Alors, j’irai, d’une main désabusée, glisser mon petit Mélenchon dans les urnes. Je ne suis pas totalement convaincu du bien-fondé de tout son programme, (même si, en toute modestie, je n’en ai pas de meilleur à proposer...) mais rien que le spectacle de la gueule que tireront les vieilles sangsues de la politicaillerie à la vue de son élection suffira à me consoler.

Et puis allez, pour essayer de se rassurer : Je constate chez lui un assagissement, une meilleure maîtrise de son impulsivité, un début d’installation dans le costume. Quitte à affronter une transition difficile, il y aura moins de monde dans la rue avec Méluche qu’avec Fillon-la-manif-pour-tous, son holocauste social et son cortège d’exclusions.

Faute de pouvoir voter « pour », on est bien sûr obligé de voter « contre », et Mélenchon représente une manière de s’insurger autrement plus élégante que celle que représentait la grosse blonde jusqu’ici, et à laquelle, pour rien au monde, je ne me serais résolu.

De toute manière, aucune réforme sérieuse ne pourra se faire sans « une certaine agitation », et je fais donc confiance au « meilleur agitateur » pour pratiquer ce désordre dans un ordre raisonnable.

Mais alors, et Macron ? Que fais-tu de Macron ? me demandent mes amis qui ont une carrière professionnelle en pleine expansion alors que ma retraite n’a pas augmenté d’un centime depuis cinq ans…..

Eh bien, Macron, une bonne justice ne permettra pas de le mettre en examen pour « assassinat politique en réunion » puis qu’il « n’appartient pas » au parti socialiste. Mais comme l’appartenance à ce parti n’est plus une garantie de « vraie valeurs sociales et humanistes », finalement, ce n’est pas très grave.

La punition sera suffisante de savoir avec qui il pourra gouverner s’il est élu et d’où il sortira une majorité de compromission pour le servir. 

Car ce n’est pas la peine, au prétexte de ne vouloir que des personnalités nouvelles en politique, que de ne recruter que des jeunes loups qui ont les dents encore plus longues que ceux qu’ils veulent déloger.

Nous avions un panier de crabes, avec lui, nous aurons une meute de loups.

L’hiver risque d’être rude. Entassez vos noisettes…





lundi 27 mars 2017

550° Parlons donc de « La Belle et la Bête »…







La Belle et la Bête un film « homosexuel » ? Quelle rigolade !

Le dernier Disney fait la une de la presse internationale pour sa propension à attirer l’attention des censeurs. On parle de « scènes homosexuelles »…., puis devant une réalité qui semble rétrécir à vue d’œil, de « moments homosexuels »… Qu’en est-il ?

J’ai été le voir...
Il faut être véritablement tordu et obsédé pour y voir un gramme d’homosexualité.

Le gens qui s’attaquent à ce film sont véritablement focalisés par la haine des homosexuels, par la recherche, voire l’interprétation malveillante du plus petit détail qui pourrait éveiller dans leurs désirs chaotiques et surtout inassumés la moindre parcelle de l’homophobie dont ils font le plus souvent profession.

A moins que cette manière de voir de l’homosexualité et des homosexuels partout ne résulte pas seulement de leurs frustration, mais également de la nécessité alimentaire qui est la leur de « vendre » de la haine. Nous y reviendrons.




Cela me rappelle un petit souvenir de jeunesse. Le hasard de mes tribulations scolaires m’a amené un jour, -enfin un mois ou deux, je me suis fait virer très vite-, dans un internat tenu par des religieux -catholiques, est-il utile de le préciser-, qui étaient absolument obsédés par le zizi adolescent.

Lorsqu’on marchait en rangs, il fallait suivre les deux qui vous précédaient à un mètre pour éviter « tout contact » qui n’aurait pas pu être accidentel, mais forcément volontaire, et donc pervers et démoniaque. Il était interdit, à l’étude, de soulever son pupitre sans demander la permission, car le couvercle constituait bien sûr un paravent propre à cacher les pires turpitudes 

Les dortoirs… Chaque lit était entouré de rideaux supposés occulter les regards concupiscents…
Dans la pratique, c’était plutôt contre-productif car ils empêchaient toute surveillance d’ensemble, et favorisaient donc certains voisinages et certaines rencontres nocturnes que vous imaginerez bien mieux vous mêmes que si je vous les raconte.

Les douches… C’était un couloir avec dix cabines de douche ouvertes, cinq de chaque côté. Mais pour éviter tout face à face, on ne pouvait utiliser que celles d’un seul côté. Les cinq élus devaient y entrer en même temps ceints de leur serviette, et en sortir en même temps dans le même accoutrement pour ne pas passer devant les cabines où un autre aurait été encore nu.
Résultat de cet ordre militaire, les séances de douche qui auraient pu se solder en une heure occupaient une demi-journée de la vie du collège.

Bilan de cette obsession : tous les gestes de la journée étant guidés et empreints de ce souci de « sécurité pudibonde anti-sexuelle », on ne pensait qu’à ça tout le temps… Il fallait, dans chacun de nos gestes et chacune de nos attitudes, et même dans des occupations où nous aurions volontiers pensé à autre chose, prévoir et imaginer ce que les fantasmes tordus et malveillants des bons prêtres pourraient interpréter, qui ne manquerait pas de nous attirer une punition.

L’omniprésente préoccupation de non-sexualité qui régnait dans la maison prenait largement le pas sur ce qu’auraient pu être nos curiosités juvéniles naturelles… D’autant plus que la nudité ou quelques gestes enfantins, à l’âge du collège, doivent bien davantage à la curiosité de l’adolescence qu’à des pulsions sexuelles… Accusés en permanence d’une perversion que nous n’avions pas, regardés comme des obsédés que nous n’étions pas, comment pouvions-nous nous détourner de l’attrait de l’interdit ? Ce sont ces prêtres qui nous ont appris où se nichait « le vice ».

La censure qui s’abat sur la Belle et la Bête, c’est un peu la même chose. Et c’est bien dommage, parce qu’à bien des égards, nous avons là un des plus beaux films de l’histoire de Disney.

C’est d’abord une comédie musicale particulièrement réussie.

A mon avis, meilleure que Lalaland, qui vient pourtant d’obtenir l’Oscar du meilleur film…

Et les auteurs connaissent leurs classiques : On y retrouve les pièces montées de ballets et les figures en kaléidoscopes de Busby Berkeley, les décors gigantesques des Ziegfeld Folies, les fontaines des films d’Esther Williams, un remake de la scène culte de la Mélodie du Bonheur où l’héroïne chante en gambadant dans des prairies montagnardes fleuries, les auberges d’Oklahoma et les saloons du Far West à peine transposés et j’en passe. Le réalisateur, un monsieur Condon, aime la comédie musicale et connaît ses classiques.



Ajoutons à cela des décors à la mesure de ce que permettent les moyens graphiques modernes. Le château est au-delà de l’extraordinaire. L’extérieur et l’intérieur. Les décors sidérants. Et tout cela empreint d’une grande beauté.

Parlons aussi de la musique, d’Alan Menken, déjà auteur de la musique de la version animée de la Belle et la Bête de 1991.
On lui doit aussi les musiques de la Petite Boutique des Horreurs (1986), de la Petite Sirène (1989), d’Aladdin, de Pocahontas, du Bossu de Notre Dame, de Raiponce et du Blanche Neige de 2012.

On n’y trouve pas le tube » qui va traverser la planète, mais la plupart des mélodies sont très agréables, et gratifiées d’une orchestration symphonique très spectaculaire.
Chapitre lyrique, le film présente plusieurs scènes de ballets très au point et très soignées, allant de la taverne villageoise à la grande salle de bal du château…

Comme dans tous les Walt Disney qui se respectent, il y a une foule d’objets qui s’animent, des pendules, des candélabres, des théières, des armoires et des fauteuils.

Et je me demande si ce c’est pas cela, finalement, qui gène les intégristes religieux : toute cette magie à laquelle leurs écritures stupides et leurs dogmes imbéciles ne laissent aucune place. Mais ils n’osent pas cette attaque frontale qui paraîtrait désuète.

Alors, ils s’attaquent à deux personnages qui prêtent le flanc à leur obsession : un désir supposé homosexuel. (à peine évoqué, il va sans dire).

Le premier s’appelle LeFou. C’est un domestique un peu grassouillet, plutôt moche et qui le sait, un brin retors, bref qui a toutes les tares que les homophobes prêtent volontiers aux homosexuels pour mieux les dévaloriser. Il a une chanson dans le film, qu’avec un peu de mauvaise foi, on peut interpréter comme un gazouillis d’amour à son bellâtre de maître, lequel est pourtant résolument hétéro, et même vilainement machiste. Autant dire une cause perdue…

Le second est tellement furtif qu’il n’a même pas de nom. On le voit deux fois dans le film, moins d’une seconde à chaque fois. Par surprise, comme un gag. La première fois, il prend je ne sais quel projectile coloré sur la tête, qui le colore en rose comme si cela le maquillait. La seconde fois, on le voit en un éclair danser avec un homme dans un plan général échevelé d’une salle de bal où virevoltent une cinquantaine de couples. Il « traverse l’écran » en moins d’une seconde. C’est si rapide qu’il faudrait faire un arrêt sur image pour le voir vraiment...

Et c’est pour cela qu’il faudrait condamner un film aussi réussi ?

Foutaises !




 Le bilan :

Le film est interdit aux moins de seize ans en Russie, autant dire « mort » vu sa cible d’audience. En Malaisie, il a été l’objet d’obscures tractations. La commission de censure y avait fait des coupures et en réponse, Disney avait décidé de retirer carrément le film. Disney étant un acteur économique puissant du pays, où il possède différents « resorts » et draine des entrées touristiques importantes, le film a finalement été… rétabli intégralement !
Disney en profite même pour faire entrer de force dans le pays la nouvelle saison de Power Rangers, qu’il distribue dans l’Océan Indien, et dont la censure malaisienne ne voulait pas non plus pour cause de couple lesbien un peu trop camionneuses.

La Belle et la Bête a peu de chances de sortir dans les pays du golfe et autres émirats, et même aux États Unis, certains cinémas indépendants choisissent de ne pas le programmer. Ce qui est commercialement très risqué, car là-bas comme en Europe, la programmation des salles se fait par « trains de films », et si vous refusez un seul film, vous vous privez de tout le lot. Lot qui ne manquera pas de sortir chez votre concurrent, bien entendu…

Bref, cette censure de la Belle et la Bête est encore une histoire sordide de mal-baisés, et d’agitateurs politiques qui instrumentalisent la sexualité comme un outil de pouvoir.

D’ailleurs, je travaille d’ores et déjà à mon prochain article :

« L’homophobie, enjeu politique, enjeu de pouvoir » .

A bientôt sur ces colonnes.







vendredi 3 mars 2017

549° Les Républicains plus fort que les Bidochons.




Je ne suis d’ordinaire pas amateur de feuilletons ou de séries télévisées. Mais là, j’avoue que le Dallas des Républicains, avec une nouvelle péripétie chaque jour, presque chaque heure, est pour moi un spectacle tout à fait divertissant.

Pourtant, je ne suis pas cruel : un naufrage des « LR » en trois heures, façon Titanic m’aurait parfaitement convenu. Il faut être sadique pour les étripatouiller de la sorte pendant des semaines, les regarder s’agiter devant la cata qui s’annonce, se piétiner, s’arracher les bouées, rouvrir leurs vieilles plaies, envenimer leurs vieilles querelles…. Cela fait penser aux jeux du cirque de l’antiquité, où des caravanes de mulets tiraient hors de la piste des chapelets de cadavres sanglants.

La dernière mode des stations de radio est d’inviter un humoriste à l’émission politique du matin.

Ce matin, France Info s’offrait l’inénarrable Nadine Morano. Pratique et bon marché : elle cumule les deux fonctions d’invitée et de clown de service.

On ne sait plus si elle en pince encore pour son Sarko d’amour ou pour le jeune et fringant François Baroin. (Le correcteur de mon ordinateur, qui ne le connaît pas, m’a suggéré « babouin »).

Il faut changer de candidat, dit-elle. Mais pas prendre Juppé, qui n’est que « médaille d’argent ».

Il faut que les institutions du parti se réunissent et choisissent le nouveau héros. Nadine suggère avec insistance François Baroin. Encore un François, qui a été ministre du premier François, qui est même sénateur, il est jeune, fringant, beau. Le parti doit "changer de génération" affirme l'égérie de la Meurthe et Moselle.

On sent notre Nadine toute émue.

Pendant ce temps là, Fillon joue les Rambo et se décrit lui-même en « combattant balafré ».
C’est peu dire.

Mais là où ça commence à ne plus aller du tout, c’est lorsqu’il veut organiser une manif dimanche pour soutenir sa candidature face à une justice qu’il conteste.


 
François Fillon rêve tellement d’une justice aux ordres, façon Erdogan, qu’il a tendance à croire que cela existe vraiment dans notre pays.

La preuve : en juin 2014, il déjeunait avec Jean Pierre Jouyet, secrétaire général de l’Elysée, pour lui demander d’accélérer les poursuites judiciaires contre Sarkozy, dont le retour menaçait ses ambitions.

Et son porte-parole Stefanini a déposé avant-hier une demande de manif avec pour libelle : « l’objectif est de protester contre le coup d’état des juges, qui confisquent l’élection présidentielle en orchestrant une traque anti-Fillon». ».

Manifester contre la justice de son pays en l’accusant de « coup d’état », la langue française possède un mot pour cela : c’est un acte factieux.

Rappelons que les dernières fois qu’on a parlé de factieux dans ce pays, c’était à propos des ligues d’extrême droite en février 1934, puis de l’OAS en 1962…

Et enfin, citrouille sur le gâteau, le grand ordonnateur de cette manif, c’est « Sens Commun » et ses troupes, émanation politique de la manif pour tous.


Laquelle manif pour tous a beau jeu, par la voix de son égérie, de se laver les mains de l’organisation de ce pince-fesses. Le Manip pour tous est focalisée exclusivement sur la discrimination des homosexuels au prétexte de « la protection des enfants ». Ce qui est supposé lui permettre de s’auto-disculper de l’accusation d’homophobie.

C’est bien pour cela qu’elle a enfanté d’un « bras politique » au sein des « Républicains », qui s’appelle « Sens Commun ».

Troupes de croisés qui avaient déjà largement contribué à représenter Fillon dans les bureaux de vote de la primaire, les effectifs du parti n’y suffisant pas, puisque divisés entre tous les candidats…

Bref, ce n’est plus une dérive à droite. C’est un départ en vrille. Et tous le pilotes vous diront que les vrilles sont en général des figures qui se terminent en crash.

D’ailleurs, même la peu objective BFM, souvenez-vous, c’est la chaîne d’info qui avait fait une journée entière d’édition spéciale sur la manif pour tous, et un sujet de vingt secondes sur la contre-manif des LGBT le dimanche suivant, eh bien, même la très chère BFM commence à se poser des questions...

Tout fout le camp…

Puisque tous ces braves gens espèrent que dieu les sauvera,  permettez-moi de leur dédier le dessin ci-dessous, intitulé: "preuve de l'existence de dieu".















jeudi 26 janvier 2017

548° Le revenu universel en quelques mots.





En 1789, l'abolition des privilèges et l'égalité des citoyens "allait livrer la France aux gueux"

En 1884, la liberté syndicale allait ruiner l'industrie.

En 1936, les congés payés allaient anéantir l’économie.

En 1945, le vote des femmes allait soumettre la république au clergé.

En 1945 encore, la sécurité sociale était une "insurmontable utopie".

En 1968, l'augmentation généralisée de 10% allait ruiner le pays.

En 1981, l'arrivée des "socialo-communistes" au pouvoir allait livrer la France aux bolcheviks et on allait voir les chars russes sur les Champs Élysées...


L'histoire a donné tort à tous ceux qui n’ont pas vu arriver le progrès social.

Nous voilà au pied d’une nouvelle marche vers le progrès.
Allons-nous la manquer ?



La « valeur » travail.

La « légitimité » du travail a toujours été proclamée comme « une valeur incontestable» au cours de l’histoire.
Pourtant… Est elle réellement une valeur ?

Les anciens faisaient faire le travail par leurs esclaves.
Jusqu’à la Révolution, en Europe, les roturiers n’acquerraient « l’honneur » que par le travail, alors que les nobles le recevaient « par leur naissance ».

Après la Révolution, le travail est devenu un « devoir citoyen » pour tous, même si, à cet égard comme à bien d’autres, l’égalité citoyenne est restée une notion quelque peu abstraite.

La technologie accomplit maintenant automatiquement des tâches de plus en plus complexes, et supprime inexorablement des postes de travail de plus en plus nombreux.

Le statut d’employeur, dans son « rôle social » devrait donc aussi évoluer à travers cette modernisation.

Le « créateur d’emploi » n’a de cesse de s’entourer de processus aussi mécanisés et automatiques que possible pour se passer d’un maximum de travailleurs.

Mais s’il s’attribue personnellement l’économie ainsi réalisée, il ne remplit plus son « rôle social » de « pourvoyeur d’emploi », et son activité, en tant que « propriétaire exploitant de machines » se rapproche de ce qu’était jadis celle du propriétaire d’esclaves.

Les « travailleurs », devenus chômeurs, sont donc privés du « fruit de leur travail », et le bénéfice du dit travail ne leur revient plus mais entre directement dans la poche du propriétaire des machines.

La fracture entre les deux mondes est déjà ouverte, elle ira en s’élargissant jusqu’à l’insurrection si on ne fait rien.



Le risque de ne rien faire :

L’humanité se dirige donc à grands pas vers une crise sociale majeure si une partie grandissante du peuple ne profite plus de l’enrichissement global.
Nombreux sont les auteurs de science-fiction qui, plus utopistes, ont décrit une heureuse société de loisirs où le peuple profite du travail des machines.

Il faut donc envisager la notion de « salaire des machines », que les entrepreneurs ne manqueront pas de qualifier de « vol d’investissements », qui doit être redistribuée de manière équitable à tout le monde.





Le revenu universel s’autofinance.

L’argument qui consiste à dire qu’on ne peut pas donner 600€ par mois à cinquante millions de Français est soit une caricature malveillante, soit la démonstration d’une incompréhension du système. Il n’est pas question de distribuer une manne à TOUS les Français, et notamment à ceux qui n’en ont pas besoin et à qui l’état reprendrait le cadeau aussi sec par l’impôt sur le revenu.

On vise les catégories qui ont du mal à s’intégrer dans le monde du travail, à suivre des formations, à se loger, se chauffer, et autres droits fondamentaux du citoyen.

Aucun ce ces bénéficiaires ne possédant de comptes en Suisse, cet argent sera immédiatement redépensé et reviendra de toute manière très vite aux entreprises.

D’où l’erreur qui consistait à faire des cadeaux sans contrepartie aux entreprises, alors qu’avec la même somme et simplement en la faisant tourner plus vite, on pouvait enrichir successivement le citoyen et son fournisseur, et par là même relancer la consommation.



Bon, alors, on le prend, le train du progrès, ou on reste sur le quai ?









vendredi 6 janvier 2017

547° J’ai pas fait exprès, m’sieur, on m’a obligé...




Petit rappel des fondamentaux de la démocratie.

Il y a seulement trois mois, je n’ai pas pu résister à dénoncer l’imposture politique du dénommé Manuel Valls, qui n’était alors pas encore candidat, mais s’attachait déjà à démontrer comment « sa » gauche à lui allait pouvoir rectifier les errements d’un gouvernement qu’un certain Valls Manuel avait imposé à la France depuis deux ans et demi.






Hier soir, il a tellement dépassé les bornes que je suis surpris de trouver si peu de réactions horrifiées à cette déclaration :

« On m’a obligé à utiliser le 49-3 », et plus loin : « je n’ai pas trouvé de majorité pour faire passer ma loi ».

Puisque la presse ne le fait pas, il me semble temps de rappeler ici les fondamentaux de la démocratie.

Ce sont les députés qui représentent le peuple. S’il ne veulent pas voter une loi, c’est que le peuple, qui les a élus, ne le veut pas.

Si la majorité que cherchait monsieur Valls n’existait pas, ce n’est pas « de la faute » des frondeurs.

C’est justement parce que les « frondeurs » faisaient leur boulot.
C’est justement parce que ces députés ne perdaient pas de vue le mandat que leurs électeurs leur avaient confié, et ne le sacrifiaient pas à une discipline obscure et sectaire d’appareil politique.

Quand on n’a pas de majorité pour faire passer une loi, on la remet dans sa poche et on passe à autre chose.
Il existe même des pays où on démissionne…

Venir dire que la vox populi l’a « obligé » à recourir à des mesures d’exception, c’est piétiner sans vergogne les fondamentaux de la démocratie.

C’est se payer ouvertement la tête des Français.
Ce que nos jeunes appellent du « foutage de gueule ».

Même pas un mot de l'imposture qui consiste à promettre aujourd'hui d'abolir un 49-3 dont on a usé et abusé.

Et tous les organes de presse qui ne dénoncent pas un tel outrage en hurlant sont complices de l’avalanche de boue qui est en train d’engloutir notre république.