jeudi 30 décembre 2010

365° Meilleurs Voeux ! ! ... On va en avoir besoin.



Il y a quelques années, de savants financiers nous avaient expliqué que La Poste et France Télécom ne pourraient plus, désormais, vivre en ménage et qu'il allait falloir les séparer. Ce qui fut fait. Leurs activités étaient incompatibles...

Et qu'apprenons-nous aujourd'hui ? Que La poste, en s'associant (pour ne pas dire avec la complicité de), en s'associant donc avec Simplicime-Debitel, qui est un satellite de SFR, va se lancer dans la téléphonie mobile...


Ainsi paradoxalement, votre malheureux serviteur, qui après avoir engraissé SFR pendant quinze ans de son abonnement, s'était enfin laissé tenter par les sirènes des MVNO en quittant la maison mère pour Simplicime, découvre d'une part qu'il reste dans le giron SFR, et que d'autre part, le forfait très avantageux qu'il vient d'adopter (moitié prix de SFR à service égal) va être prochainement récupéré par La Poste qui se réserve sans doute le droit de le renégocier.


Car si je trouvais, moi, avantageux, de souscrire à un forfait sans engagement dans l'attente de l'arrivée de Free sur le marché du mobile, mon fournisseur Simplicime n'est pas engagé non plus, et la restructuration d'une entreprise est une raison qui doit pouvoir justifier la révision d'un abonnement par tacite reconduction. Certes, je ne paierai plus jamais le prix exorbitant des services d'un « grand fournisseur », mais ma vie téléphonique risque de ne pas être un long fleuve tranquille dans les deux ans à venir.


Fort heureusement, la nouvelle Freebox V6, à laquelle je viens de souscrire, et dont le prix a déjà augmenté de la taxe Sarkozy-Baroin avant même que je l'ai reçue, *** me permettra d'appeler les mobiles gratuitement, ce qui réduit assez largement la durée nécessaire de l'abonnement mobile. Le petit retraité que je suis est plus souvent chez lui qu'un travailleur-pour-gagner-plus et compte bien amortir largement cette option.

*** En fait, c'est plus subtil que ça. Lire ici.

Dans le genre, souvenons-nous qu'on nous avait aussi expliqué très savamment qu'EDF et GDF devaient nécessairement divorcer, je ne sais quelle instance européenne ne supportant pas l'électricité dans le gaz. On peut constater aujourd'hui que maintenant que les intéressés ont touché leurs prébendes, EDF vend aussi du gaz, et GDF de l'électricité.

Les grands peuvent faire dire tout ce qu'ils veulent à l'écomomie. Il n'y a que les pauvres cloches comme nous qui ne pouvons pas expliquer ce que nous voulons à notre banquier.


Tiens, qu'est-ce que j'apprends ? Le site que l'UMP voulait dédier aux jeunes a touché un iceberg et est en train de couler dans l'indifférence générale ? La vaseline n'a pas fait son effet? Quelqu'un a découvert la supercherie?

Enfin, dans l'indifférence générale... Peut-être pas celles de Xavier Bertrand et Jean François Copé, ancien et nouveau patrons du parti, qui doivent étouffer les quelques 500 000€ qu'a coûté cette désastreuse opération.

Il y avait Skyrock dans le coup. Vous savez, le célèbre et puissant hébergeur des blogs qui n'ont rien à dire. Je ne suis pas surpris. Mon premier blog était hébergé sur ce site, j'y disais la même chose que sur celui-ci, et un matin en me réveillant, je l'ai trouvé supprimé et remplacé par l'image ci-dessus. J'y avais remarqué que dans le profil de l'utilisateur, on pouvait écrire « Sarkozy » (et même « Le Pen ») dans la colonne des « j'aime », mais impossible d'écrire « Sarkozy » dans la colonne des « j'aime pas ». On avait beau le taper et le retaper, ça n'apparaissait jamais à la publication. Un filtre pas si facétieux que ça le bloquait au passage. Cinq ans avant Hadopi...


En attendant, je vous présente mes meilleurs vœux pour la nouvelle année. Il y en a un autre, là, qui veut profiter de mon blog pour vous présenter les siens : je vous le passe.

vendredi 24 décembre 2010

364° Papa Noël, apporte moi un ... Antinoüs ?



Allez, c'est Noël. Il y a plusieurs jours qu'on regarde en salivant le bocal de foie gras qui nous attend dans le frigo, on va aller chercher la bûche, les SDF que Sarko devait faire disparaître en deux ans sont toujours sous le pont de l'autoroute, les théoriciens du complot se sont emparés de l'élection de Côte d'Ivoire et Hortefeux a été condamné pour la deuxième fois par la justice et à chaque fois soutenu par Fillon.


Autant dire la routine. Hortefeux, justement, vient de se fâcher tout rouge contre un site internet qui « balançait » des policiers à la vindicte populaire. La dénonciation serait dont un phénomène à sens unique, même s'il est, reconnaissons le, anormal de voir son état civil et son domicile livrés aux foules sous quelque prétexte que ce soit. Toutefois, ce genre de choses ne se serait sans doute pas produit si on n'avait pas vu des policiers en civil arborer des badges syndicaux ou infiltrer les manifestants comme s'il s'agissait de nids d'espions. Cette petite vidéo publiée lors des manifs contre la réforme des retraites en novembre donne la mesure de la goutte d'eau qui a sans doute fait déborder le vase.




Manif: des policiers infiltrés.... démasqués
envoyé par LePostfr. - L'info video en direct.



Monseigneur Léonard, primat de Belgique a encore dit des conneries sur les gays, le Vatican ne sait plus s'il doit mettre la capote à l'index ou ailleurs, les propos du PDG sur son usage ayant l'élasticité de l'objet du débat.


La polémique sur les lois HADOPI et LOOPSI 1 et 2 battent leur plein, mais pendant ce temps là, les journalistes et spécialistes font leur boulot et découvrent des choses intéressantes : les films les plus piratés sont justement ceux qui ont déplacé le plus grand nombre de spectateurs et produit les plus grosses recettes.

Ce constat démolit implacablement les lamentations des petits épiciers du show business qui, incapables de prendre le virage numérique, veulent taxer aveuglément tout ce qui enregistre dans l'espoir de renflouer leur business qui prend l'eau. Maintenant, les musiciens les plus célèbres démarrent sur le net et s'auto-produisent, et les films les plus lucratifs circulent aussi sur la toile.

On savait déjà que « les pirates » achetaient plus de musique que les non-pirates...Conforté par l'étude sur les films, cette situation s'établit de plus en plus clairement.

A quand une nouvelle race d'artistes et de producteurs qui aura compris ce phénomène et suppliera le public d'enregistrer leurs œuvres pour mieux les faire connaître ? Parce que quand on aime bien une œuvre musicale, on la télécharge pour la mettre dans ses écouteurs, mais la satisfaction de l'auditeur averti consiste bel et bien à en posséder le coffret original, du moins s'il est disponible à un prix honnête...


Et enfin, un petit conte de Noël, celui du petit garçon qui a deux papas, et qui en est très heureux...




Joyeux Noël à tous...


vendredi 10 décembre 2010

363° Le plus ancien bar gay d'Europe vient de fermer...



La Côte d'Azur n'a pas toujours été cette concentration de retraités se donnant des édiles réactionnaires et votant aux confins de l'extrême droite, tolérant dans un difficile déchirement la légèreté et même la débauche des riches touristes étrangers qui font sa fortune tout en serrant la vis de l'ordre moral aux locaux pour rassurer une population de vieux aigris qui ne sort pourtant pas beaucoup de chez elle, mais qui vote avec application...


Lorsque j'ai connu Cannes dans les années 60, c'était un paradis sexuel et homosexuel. J'y ai vu le plus grand bar gay de France et de Navarre ; il fallait aller à Amsterdam pour en trouver un plus vaste : les Trois Cloches, rue des Frères Pradignac. Et il y en avait plein d'autres partout, de ces établissements gais et colorés... Je ne sais plus les noms, mais je me souviens que j'en faisais la tournée.

Sur la Croisette, chaque palmier avait son gigolo, et le bain de minuit en pleine ville était une activité traditionnelle à laquelle de nombreux homos participaient sans heurt avec les autres fêtards.


Je ne sais pas depuis combien de temps durait ce petit paradis, je suis arrivé pour assister à son extinction. (Et puis, je suis « monté » à Paris.) Les petits retraités cannois se sont plaint de choses qu'ils ne voyaient pourtant jamais -couche-tôt qu'ils étaient- à longues colonnes de lamentations moralisantes dans la presse locale, ils se sont donnés des édiles municipaux ad-hoc qui ont nettoyé le terrain. Les bars ont fermé, les baigneurs de minuit ont été arrêtés, et les plages ont été arrosées chaque soir à grands coups de lance d'incendie pour empêcher les gens d'y dormir, ce qui semble paradoxal dans une région où on donnait la consigne d'économiser l'eau qui faisait défaut chaque été...


En moins de dix ans, tout le domaine public a été nettoyé, la liberté du plaisir populaire anéantie et les frasques ne sont restées l'apanage des nantis que dans des clubs privés et les opulentes villas de l'arrière pays.


Au nombre de ces bars, je me souviens fort bien du Zanzi, le Zanzi-bar, grosse astuce, sur les « allées ». Ce qui s'appelle la rue Félix Faure pour les plans et les touristes, et les allées pour les autochtones. En fait, c'est la « rambla » locale, malencontreusement occupée alors par un vaste parking.


Le Zanzi, c'était un petit bar voûté au bas de trois ou quatre marches, un décor d'acajou marine, -nous sommes sur le vieux port. (Le seul port à l'époque, le port Canto n'étant qu'en construction), et une faune d'habitués dont la principale vertu était la mixité des générations. C'est un des rares endroits où j'ai vu des jeunes gens sur les genoux de leurs aînés dans un mode relationnel qui n'était pas forcément tarifé. Je ne dis pas qu'il ne l'était jamais, mais qu'il puisse ne pas l'être parfois reste une exception dans les établissements de ce genre.


L'alcool coulait à flots, et le barman avait fort à faire dans un établissement alors dépourvu de « videur ». Outre quelques blondinets qui succombèrent à mon charme, (l'histoire est ancienne), mes grands souvenirs de l'endroit restent les fresques du plafond, peintes par Soungouroff, personnage épique avec des airs de Raspoutine qui buvait des flots de vodka presque tous les soirs au bout du comptoir en proposant aux éphèbes de passage de poser pour lui séance tenante dans une chambre qu'il possédait aux alentours.


On voit encore, sur une des photos de cet article, les fresques de Soungouroff qui ornaient les voûtes. Elles vont disparaître sous les perceuses des décorateurs qui vont transformer le lieu en glacier.


Car le Zanzi a vécu. Après 125 ans de bons et cordiaux services, le bar a éteint son enseigne hier.

Victime de nombreux éléments convergents qui ont transformé la Côte d'Azur en Las Vegas dans les quarante dernières années.


Photos extraites du site du Zanzi, encore en ligne aujourd'hui...




jeudi 9 décembre 2010

362° Ca glisse ou ça dérape?





Photo: AFP/Archives/Romain Perrocheau

Alors que Météo-France avait prévu la chute de neige d'hier avec exactitude, (quantité, heure, localisation, suites verglaçantes, tout y était...), le Préfet de Police est allé sans encombre de la Préfecture à la place Beauvau, ce qui a permis à Brice Hortefeux de déduire qu'il n'y avait aucune pagaille.

Un peu plus tard dans l'après-midi, alors que les alarmes commençaient à klaxonner rouge, Brice de Paris replantait son clou : « il n'y a pas de pagaille, juste quelques difficultés »...

Difficultés beaucoup plus préoccupantes, ajoutait-il, « lorsque la route est inclinée ». Ce qui n'est effectivement pas le cas entre la Préfecture de police et la place Beauvau. Et qui ne vas pas sans nous rappeler la route droite, mais la pente raide de Raffarin, même si les inclinaisons des routes du ministre Hortefeux semblent plutôt le conduire vers une déconfiture annoncée de sa mission.

Il n'est plus un policier qui, à la moindre sollicitation, ne se plaigne pas ouvertement de manquer d'effectifs et de voitures pour intervenir quand on le lui demande.




La neige, un centimètre ça va, c'est quand il y en a beaucoup que ça pose des problèmes.


Même le pourtant complice Figaro reconnaît aujourd'hui que le ministre peine un peu à justifier son insouciance d'hier...

Ah, si Roissy n'avait pas été bloqué par cette foutue neige, il aurait suffi de coller le Général Hiver, sans aucun doute un ressortissant des Carpathes pour aimer le froid à ce point, dans le premier avion en partance. Après, bien entendu, avoir relevé ses empreintes génitales.

L'aventure démontre qu'il ne suffit pas d'être le plus glacial de nos ministres pour gérer efficacement une vague de froid.






vendredi 3 décembre 2010

361° Wikileaks ou le secret du dieu-Polichinelle.






Avec un peu de retard, (il est sorti la semaine dernière), je vous suggère d'aller voir, pour vous changer des grosses hollywooderies à la mode, un petit film français délicieux, « Au nom des gens », celui où Lionel Jospin apparaît quelques instants. Non pour Jospin, mais pour l'ensemble du film, un cocktail subtil d'Amélie Poulain et de Woody Allen, plein de reparties explosives, d'humour et d'émotion...


Cela vous déridera un peu des chefs qui se piétinent, de la Côte d'Ivoire à la rue de Solférino, et de ceux qui se font la gueule à l'UMP parce qu'ils n'ont pas été ministres, ont cessé de l'être ou n'ont pas eu de strapontin de consolation acceptable.


Cette impression de vivre dans un panier de crabes, de surnager sur une jungle qui ne maîtrise plus l'aspirateur à fric, laisse crever ses pauvres et oublie ses anciens, cette nécessité de devoir sans cesse discriminer la langue de bois des uns et des autres pour essayer de comprendre un peu finissent par rendre l'existence épuisante.


Ainsi cette étrange affaire Wikileaks.... A la vérité, elle ne révèle rien du tout : que les Iraniens possèdent des missiles, tous les propriétaires de satellites le savent depuis longtemps, que notre président soit susceptible et grincheux, nul ne l'ignorait, et que Berlusconi soit un fêtard indécrottable, tu parles d'une découverte !


Ce qui agace le personnel politique, ce n'est pas que des secrets cessent d'être des secrets puisque de toute façon ils n'en étaient pas, mais la fin de sa stature mystérieuse et obséquieuse de détenteur de secrets, fussent-ils de Polichinelle. C'est le prestige de l'homme politique qui en prend un coup, qui est atteint dans sa dignité lorsque le petit peuple réalise que ses édiles, au lieu de baigner dans les limbes d'un domaine privilégié, se coltinent des notes de service aussi nulles et rébarbatives que n'importe qui au bureau.


Voilà, depuis que la notion de service de l'état a été jetée aux oubliettes, le prestige de l'homo politicus réduit à l'usage d'une voiture de service, de la jouissance d'un appartement de fonction, d'un bureau à lambris dorés et de quelques prébendes, et privé du prestige d'être dans le secret des dieux.


Après tout, les dieux n'ont que les secrets qu'on leur a prêtés en les inventant...



samedi 27 novembre 2010

360° Apple pas gay-friendly?




L'iphone posé sur la table du bar branché n'est-il pas le complément de parure indispensable à toute pintade soucieuse de paraître dans le Marais ?

Pourtant, à y regarder de plus près, les sympathies de la firme à la pomme pour le monde gay restent à démontrer.


Il y a quelque temps, Apple, avait refusé l'accès à son magasin d'applications pour Iphone de différentes applications gay-friendly, notamment igaydar (qui existe sur Androïd) ainsi que Gay Tourisme et Gay New York alors qu'elle avait accepté le site du film « Bruno » pourtant peu élégant, sans doute parce qu'il appartenait à une major amie...


Plus ennuyeux, Apple a accepté avec quatre étoiles, il y a quelques jours, une application résolument antigay, intitulée « Déclaration de Manhattan » et promue par une association hyper-religieuse «au nom du caractère sacré de la vie », qui demandait aux gens de s'engager dans une campagne de rejet contre l'homosexualité, et l'égalité de droits comme le mariage et même de refus de l'avortement, pendant qu'on y était.


Certes, devant l'avalanche de protestations et de pétitions, cette application a été retirée au bout de quelques jours. Mais cet avatar dénote le flou des positions de la firme à la pomme devant la défense des libertés individuelles, et ses tentations à se soumettre aux mouvements les plus réactionnaires.

Promouvoir un progrès technologique supposé en se faisant le relai d'idées rétrogrades et conservatrices révèle un malaise qui ne sera sans doute pas résolu de si tôt.

Pour ma part, je reste l'usager convaincu des systèmes libres et non propriétaires, Linux pour mon ordinateur , et d'Androïd pour mon smartphone.

On notera qu'Androïd accepte de nombreuses applications gay, dont notamment "purple-dating" : et " gayby guyfinder".Lien

Militons aussi avec nos téléphones...


mercredi 24 novembre 2010

359° C'est la faute aux journalistes...





L'opinion publique française, et même européenne, est très sensible à la liberté des journalistes, écrivains et autres acteurs de l'information. Associations et médias multiplient à juste titre pétitions et interventions pour obtenir la libération de tel reporter, chroniqueur ou journaliste persécuté ou emprisonné dans son pays. On vient même de décerner le prix Nobel à l'un d'entre eux emprisonné en Chine.


Or qu'est-il en train de se produire chez nous ? Depuis un moment, les journalistes ont bien des problèmes avec le pouvoir : on préfère en recevoir de choisis plutôt que de donner une conférence de presse, puis on les accuse de nuire à la bonne marche des affaires de la république, et voilà maintenant qu'on les injurie, et qu'on cambriole leurs bureaux et domiciles pour leur voler leurs ordinateurs.


D'habitude, ces choses là se déroulent dans certains pays où l'on n'aimerait pas vivre, et sur lesquels les bons citoyens français jettent un regard empli de crainte et de commisération. Mais voilà : ce n'est plus dans les dictatures exotiques et les républiques bananières que l'on déplore ce genre d'incident, mais chez nous, dans notre douce France.Lien

Lien

En moins de quinze jours, quatre médias enquêtant sur l'affaire Bettencourt se sont fait fracturer leurs locaux et voler des ordinateurs : Gérard Davet au Monde, Hervé Gategno au Point, puis Mediapart et Rue89 , où l'ensemble des locaux a été fouillé et vingt ordinateurs ou disques durs ont disparu.

Lien

Un, ça peut arriver. Deux, c'est vraiment pas de chance. Mais quatre en quinze jours qui enquêtent sur le même sujet, ça construit une « intime conviction ». Claude Guéant et Sqarcini réagissent curieusement au quart de tour à ces soupçons au lieu de les mépriser, et, pour se protéger des « intimes convictions », sans préjudice des accumulations de preuves qui les ont constituées, Nicolas Sarkozy se défend en affirmant qu'il a, lui, « l'intime conviction » que les journalistes sont des pédophiles... Démonstration un peu cavalière que n'aurait pas dédaigné il cavaliere Berlusconi....

A l'heure où notre gouvernement prétend justement redonner à la France son éclat perdu sur la scène internationale, ce qui est l'aveu même de la dégradation qu'il lui a fait subir depuis quelques années, ces agressions en série vont sans aucun doute classer notre pays au nombre de ceux où la liberté de l'information n'est pas respectée.

D'autant plus qu'au même moment, on apprend que sur un sujet différent (Karachi) mais tout aussi farci de gros sous et de financement de partis politiques que le précédent, des juges d'instruction laborieusement nommés sont empêchés de perquisitionner à la DGSE et qu'une commission parlementaire est étouffée dans l'œuf par Bernard Accoyer.

Lien

Au moment où le repas gastronomique français est classé au patrimoine immatériel de l'UNESCO, c'est une avalanche de casseroles qui s'abat sur ce pouvoir de droite si arrogant... Chacun sa cuisine.

Mais je crois que nous n'avons pas fini d'apprendre de belles histoires d'argent passé par ici et qui repassera par là. Dommage que ce soit le nôtre...




lundi 15 novembre 2010

358° Sarko joue Fort-Alamo





Moins l'UMP compte de partisans dans la population, et plus elle en compte dans le gouvernement.

C'est en 2007, alors qu'il venait d'être élu avec une majorité aussi confortable qu'inexplicable, que Napoléon 4 aurait pu nous infliger un gouvernement pur sucre, sectaire et dogmatique.

Ce petit malin a voulu noyer le poisson et travestir son ultra-libéralisme en pratiquant ce qu'il appelait l'ouverture, et c'était sa première erreur stratégique.

Car en ne recueillant que des radicaux carriéristes comme Kouchner ou des socialistes mangeurs de soupe comme Besson, il n'a nullement déstabilisé son opposition, mais il a par contre créé de graves mécontentements dans sa majorité, où nombre de fidèles soldats ont vu des opposants parachutés s'emparer de postes qu'ils convoitaient comme la juste rétribution de leur soumission. On se rappelle des brames désespérés de Devedjan, qui espérait « que l'ouverture porterait ses effets jusqu'au sein de la majorité »...


Après avoir fâché tout le monde par ce premier éparpillement et voyant que sa popularité stagnait désespérément, le petit chose s'est donc mis à draguer tous azimut, ce qui était présomptueux : on ne peut pas faire de grand écart avec de si petites jambes.

Il a tout essayé, avec ses histoires d'identité nationale et de guerre des roms, tout pour solliciter l'extrême droite, en vain puisque la seule chose sur laquelle je soies d'accord avec Le Pen est que ses adeptes préfèrent l'authentique à la contrefaçon.

La seconde partie de son plan était de se concilier le centre en réservant Matignon à Borloo.

Ce faisant, Napoléon 4 donne l'impression d'un gamin qui joue au Monopoly, croyant pouvoir additionner l'adhésion de courants politiques comme on annexe des territoires, fantasmant sur l'utopie de les voir comme autant de vassaux au coude à coude en ordre de bataille sous sa bannière, et incapable d'imaginer qu'en séduisant les uns, il va faire fuir les autres.

Et plouf ! Voilà le centre qui lui pète entre les doigts. Sous quelque angle qu'on la considère, la manœuvre est un désastre pour lui. Le centre, qui a pourtant depuis trente ans voté à 95% avec la droite, prétend maintenant vivre sa vie et présenter un candidat contre lui. L'extrême droite, dont le principe fondateur est de toujours prendre et de ne rien donner, a trouvé le moyen de faire avancer ses idées aux frais de l'UMP mais s'apprête aujourd'hui à en récupérer les effets sous sa propre étiquette.

Les gros malins de l'Elysée se retrouvent donc bêtement entre eux, entre droitiers et droitistes, UMP et RPR, conservateurs et retrogrades, grosjean comme devant, en petit comité, comme au premier jour de leur complot. Qu'est ce que tu dis ? Comme des cons ? Ben oui, tu as raison : comme des cons.

Il y a même le vieux Juppé, celui qui, en 1995 avec le CPE, avait voulu exclure d'un trait de plume tous les moins de 26 ans du code du travail, qui revient au renfort, comme les retraités de la CIA reprennent du service dans RED, la soupe réchauffée d'Hollywood qui sort la semaine prochaine.

En fait, les derniers sarkozistes jouent Fort Alamo... Après avoir dressé contre eux avec constance tous les pans de la population, toutes les professions, tous les corps constitués et toutes les forces vives, les voilà dos à dos pour leur dernière bataille : gagner 2012 ou périr. Une sorte de baroud d'honneur entre fondamentalistes.


L'ouverture politique, c'est fini. L'ouverture sociale, c'est fini. L'ouverture philosophique et laïque, c'est fini. Entre ceux qu'on a foutu dehors et ceux qui ont quitté le navire, il ne reste plus à bord de la barque Elysée que ceux qui y croient encore et ceux qui n'ont pas trouvé de meilleure escale.

Les chimistes parleront de cristallisation, les biologistes d'enkystement, les flics de forcenées barricadés, les gens du quotidien d'huitre qui se referme. Le gouvernement, qui ne vivait déjà plus beaucoup avec les Français, ne pensait déjà plus vraiment comme eux, les avait traité avec brutalité, notamment avec la réforme des retraites, est plus autiste que jamais.

mercredi 3 novembre 2010

357° Et le moral, comment va-t-il?





Je ne sais pas si ce sont les choses ou le regard que je leur porte, mais l'euphorie n'est pas de mise.

Les Américains, qui ne rechignent pas à s'offrir les guerres les plus coûteuses de la planète, retirent pour quelques dollars d'impôts en moins à un président miraculeusement élu les moyens d'empêcher des millions de leurs concitoyens de souffrir bêtement de maladies ordinairement curables dans les pays civilisés.

Les tea-party rendent à l'Amérique cette image détestable dont on aurait aimé la voir sortir un jour, d'un pays bigot, pudibond et superstitieux, fondé sur la loi de la jungle, impitoyable avec les plus faibles, arrogant et belliqueux, et dont le seul moteur est l'argent et la consommation au mépris de toute considération éthique, humaniste ou écologique.

Ces tea-party refusent de voir l'état central soutenir l'économie, soigner les plus faibles, mais pas une voix ne s'élève de leurs rangs pour faire cesser les couteuses ingérences militaires de leur pays aux quatre coins de la planète...

Ce véritable retour en arrière vers une histoire qui n'a de glorieuse que sa légende, mais qui, vue de près, est surtout faite de fusillades d'aventuriers, d'esclavage, d'autorité religieuse, d'extermination d'indigènes, de racisme encore bien vivant, de lien étroit entre une religion et le pouvoir, d'ignorance du concept même de la laïcité, et où la perception de l'entité nationale ne se construit qu'autour de la puissance militaire et non pas sur un brin de solidarité sociale.


Bon, je reconnais que j'ai un petit problème d'allergie avec tout ce qui est anglo-saxon... Mais je me soigne : la preuve : je ne vous ai parlé ni de la peine de mort encore pratiquée dans 35 états (sur cinquante), ni de la NRA (National Riffle Association) qui milite pour que chaque Américain se promène avec un flingue dans sa poche et possède un fusil chargé au dessus de la cheminée. On a tué le dernier Indien, mais on reste prêt à flinguer le prochain !


Et à propos de la peine de mort, la planète s'agite pour empêcher la lapidation d'une Iranienne, ce qui est fort bien, mais aucun de ces généreux Zorros n'envisage d'intervenir pour les centaines d'Américains qui croupissent dans les couloirs de la mort, pour les Ougandais, les Irakiens, Iraniens et Yéménites pendus ou menacés de l'être pour seule dénonciation d'homosexualité, ni par la publication par le tabloïd ougandais « Rolling Stone » de listes de centaines d'homos présumés, avec leur photo, leur adresse et leur téléphone, les livrant ainsi à un lynchage certain...


Bon allez, parlons un peu des Irakiens dont le passe-temps favori consiste à s'entretuer à coup de voiture explosive, mais qui ne dédaignent pas, pour se changer un peu les idées, d'attaquer les églises avec les fidèles dedans. Je ne sais pas, moi, mais ce n'est pas parce que le Père-Noël n'existe pas que vous allez mettre le feu au sapin de Noël.. Si ?


En France, on ne savait pas pourquoi les politiques ne tenaient jamais leurs promesses. Si le prochain premier ministre est celui qu'on imagine, la brève de comptoir à la mode affirme qu'on le saura : ce sera un méfait de l'alcool. On oublie trop souvent que cet ancien avocat d'affaire fut l'efficace conseiller de Bernard Tapie, à l'époque où il rachetait les entreprises pour un franc symbolique. Les milieux d'affaires regardent ces duettistes comme des faiseurs de miracles, les anciens employés de Manufrance ou de Wonder ont sur le couple un avis... plus nuancé.


En Russie, en réponse à la condamnation du pays par la Cour Européenne des droits de l'homme pour ses refus systématiques d'expression homosexuelle et d'organisation de Gay Pride, un étrange conglomérat nationaliste et religieux menace ouvertement la prochaine manifestation, l'Euro-Gay-Pride du 26 mai 2011 de violences et de voies de fait, et déclare que « l'ingérence de la Cour Européenne des droits de l'homme » est une atteinte à la souveraineté de la Russie. Au modèle de l'Amérique profonde ???


Berlusconi, lui, pratique la fuite en avant : aux pudibonds vaticanesques qui lui reprochent ses frasques sexuelles, il répond « qu'il vaut mieux aimer les jolies femmes que d'être gay ». Souvenons-nous qu'une guerre larvée sévit entre le Vatican et Berlusconi, le second titrant sans cesse dans ses journaux sur l'homosexualité des prêtres en réponse aux attaques de l'Osservatore Romano contre ses parties fines...


Et en France ? On vient de sauver de justesse un jeune Sénégalais gay, Abdou, de la déportation bessonnienne vers son pays où on l'attendait avec des bâtons et une corde, mais il est toujours sans-papiers... Quand la « patrie des droits de l'homme » se décidera-t-elle à accorder le droit d'asile à ceux qui sont menacés de mort dans leur pays, même pour homosexualité ?


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Dans un domaine tout à fait différent, l'innovation vient cette semaine de la Gendarmerie Nationale, qui vient d'abandonner Windows pour Linux Ubuntu , ce que votre serviteur a fait depuis plusieurs années... Puisque je vous rappelle que depuis le 22 octobre 2007, votre blog préféré est intégralement réalisé sous Linux, et avec un ordinateur qui ne contient plus Windows, même pas en double-boot.

Depuis cet article, bien des choses se sont améliorées : certes, j'ai changé d'ordinateur, et le nouveau Linux dans la nouvelle machine a reconnu d'emblée routeur, carte wifi, imprimante -c'était déjà le cas-, boutons de souris et tous les autres gadgets. Tout fonctionne du premier coup... Il gère aussi mon smartphone... Du coup, je n'ai plus de disques durs en tiroirs, et plus de Windows du tout. On vit très bien...

Pour les Gendarmes, ce n'est pas la militance pour le logiciel libre qui a suscité l'innovation, mais de très substantielles économies et une meilleure gestion de la sécurité informatique. Autre avantage...




lundi 25 octobre 2010

356° La France citoyenne de Monsieur l'encore président.



Internet, c'est la liberté d'écrire, et donc le terrain où s'épanouissent pêle-mêle le pire et le meilleur.


Toutefois, certains courants d'opinions ont la faculté de s'y faire respecter mieux que d'autres. Je ne vous parlerai pas du rachat du mot clé « perquisition » sur google par l'UMP , mais beaucoup plus terre à terre de l'expression de l'homophobie ordinaires sur Facebook.


L'imbécillité étant omniprésente, les groupes homophobes y prospèrent. Je ne sais pas s'ils rapportent, mais un brave internaute d'Avignon qui avait porté plainte contre la multinationale pour qu'elle fasse un peu le ménage chez ses nazis et homophobes de toutes sortes a vu sa plainte classée sans suite...

A la suite de quoi, Facebook, peu soucieux de conserver parmi ses 500 millions d'inscrits, un individu pétri de civisme au point d'en devenir exigeant, l'a tout simplement viré ! Profil supprimé !


A côté de cela, un ptit gars qui rentrait d'une soirée un peu arrosée et qui s'était vu inviter par la maréchaussée à souffler dans le ballon avec de fâcheuses conséquences sur son permis, et avait exprimé sur son profil Facebook tout le bien qu'il pensait des gendarmes a été immédiatement arrêté, traîné devant les tribunaux et lourdement condamné...

(Jardin des Champs Elysées, près du Théâtre Marigny).


C'est à l'égalité de ses citoyens devant la justice qu'on mesure la grandeur d'une démocratie.


Pour vous consoler un peu, vous pouvez toujours aller rire un peu (jaune) en visitant cette page...

Dernière minute:

Encore plus fort:
Facebook carrément homophobe et à la solde des cathos intégristes espagnols...

Facebook ferme une page de 12 000 adhérents qui voulaient organiser un kiss-in en Espagne devant la cathédrale de Barcelone à l'occasion de la visite du pape le 7 novembre prochain.
http://v2.e-llico.com/rubrique.htm?rubrique=telex&articleID=22780



lundi 18 octobre 2010

355° La machine à perdre a changé de camp...


A vouloir trop en faire et remplir avec trop de zèle le contrat moral qui le lie aux mécènes qui l'ont fait roi, Sarkozy est en train de casser jusqu'au cordon ombilical qui le reliait encore aux simples d'esprit qui répètent sans les comprendre les lénifiants slogans du gentil Xavier Bertrand et de tout-va-très-bien-madame-la-marquise-Lagarde.


Car il n'y a que dans les psalmodies docilement répétées par les fauchés et les sans-grade soumis que l'on entend encore que « si on taxe le capital, il va partir à l'étranger »... Tous ceux qui savent de quoi ils parlent et à fortiori ceux qui le détiennent savent très bien qu'il est déjà parti et que personne ne le fera revenir. L'affaire Bettencourt, avec ses comptes en Suisse, ses promesses de transferts vers d'autres paradis et ses îles fantômes en est, si besoin était, la brillante illustration. Et le copain Johnny possède toujours, comme beaucoup de célébrités françaises, une maison en Suisse, sans parler de tous ceux qui ont une résidence principale à Bruxelles ou à Luxembourg...


Or à vouloir trop bien faire, que se produit-il ? Le vase déborde. Les manifs en cours ne se limitent plus à exiger le retrait de l'injuste loi sur les retraites. Le bureau des réclamations est maintenant grand ouvert, et tout le passif des injustices accumulées non seulement depuis l'élection de 2007, mais même au cours de la désastreuse législature précédente, dont le petit fâcheux était un important rouage, revient à la surface.


Témoin la petite moisson de revendications que j'ai récoltée en participant, samedi, à la manif de Paris.



Les classes moyennes n'y arrivent plus. Sans elle, aucun capitalisme n'existerait, aucun actionnaire ne toucherait le moindre dividende. Le rabotage des niches fiscales concerne moins du quart de ce qu'il pourrait rapporter si on affûtait le rabot, et aucune des exonérations de charges faites aux entreprises n'a été touchée. ( Voir excellent article du Canard Enchaîné de cette semaine sur le sujet). On s'est contenté de tailler dans les petites économies de chauffage que les particuliers pourraient faire en isolant leur maison, le remboursement des médicaments et des soins à domicile et quelques autres points de détails qui affectent les petits porte-monnaies et ménagent les gros.


Fâchons-nous.



samedi 9 octobre 2010

354° Et maintenant, on vend de l'homophobie?



L'affaire des paroles homophobes de « sexion dassault » vire à la langue de bois, et les producteurs qui voient se stériliser tout debout leur poule aux œufs d'or sont sur le point de gagner la partie du boniment et de nous faire prendre des vessies pour des lanternes. Stop!


Je vois dans ce glauque débat trois choses distinctes :

D'abord, pourquoi les associations ne portent-elles pas plainte ?

Cet intéressant article nous explique que les conditions pour porter plainte sont suffisamment compliquées pour que personne n'y parvienne jamais, et que même une association qui les aurait toutes remplies se retrouverait en charge d'une procédure au-dessus de ses moyens. Les lois existent, mais elles sont inapplicables. C'est là une excellent illustration d'une des ficelles favorites de la Sarkozie : limiter le pouvoir des lois à leur effet d'annonce.


Ensuite, le côté angélique de certaines associations qui croient toujours qu'être de gauche, c'est tendre l'autre joue, comme si cette naïveté ne leur avait pas coûté assez cher jusqu'ici, -et jusqu'à des élections toutes entières-... « Nous ne saurions pratiquer la censure, l'art doit être traité avec tolérance et magnanimité, la création est un domaine sacré qui échappe à la raison...etc... ».

Après cela, il ne faut pas venir se plaindre de la multiplication des agressions homophobes qui affecte toute l'Europe si on ne fait pas taire des pseudo-artistes qui, dans de nauséabondes logorrhées, justifient et légitiment les casseurs de pédés. Quand ces incitations se trouvent dans un livre religieux ou un programme politique, on les dénonce, mais lorsqu'elles arrivent par la voie divine de la « création artistique » ou prétendue telle, on les trouve respectables ? Non, désolé, je milite pour le tarif unique.

Souvenons-nous aussi que les belles promesses que d'autres rappeurs ont déjà faites d'épurer leurs textes d'exhortations meurtrières machistes ou homophobes n'ont jamais été tenues. (Orelsan, Sizzla, Cappleton...)


Et enfin, le crédit apporté par les médias au boniment d'arracheur de dents du chanteur qui vient nous expliquer que c'est la faute à pas assez d'école s'il employait le mot homophobe en ignorant sa signification.

Quand il écrit, dans sa chanson « On t'a humilié » sur l'album « La terre du milieu » :

Je crois qu'il est grand temps que les pédés périssent, coupe leur le pénis, laisse les morts, retrouvés sur le périphérique"

Et quand il écrit, dans sa chanson « Cessez le feu » dans l'album « Écrasement de tête » :

"Lointaine est l'époque où les homos se maquaient en scred. Maintenant, se galochent en ville avec des sappes arc-en-ciel. 
Mais vas-y bouge, vas-y bouge. 
Toutes ces pratiques ne sont pas saines, Nos corps ne seront qu'un tas de cendres, la mort ne sera qu'une passerelle"

...il ne sait pas non plus ce que les mots veulent dire ?


Non seulement il incite ses auditeurs à nous assassiner en leur suggérant même le mode opératoire, mais en plus, il veut nous faire croire que « c'est de l'art », et qu'en tant que telles, ces imprécations seraient, non pas dispensées de censure comme ils disent, mais plus précisément dispensées du respect de la loi de la république ?

Sans parler de ce qu'un individu qui croit devoir propager si fort, - c'est lui qui le dit -, qu'il est « 100% hétéro » se pose en cas clinique : je ne vois pas les gens bien à l'aise dans leur sexualité se sentir obligés de la proclamer avec tant de tapage. J'ai toujours pensé que se défendre de quelque chose dont on n'est pas accusé était un début d'aveu.


Mise à jour vendredi 22 octobre:

Un nouveau clip de ces tristes sires arrive sur le marché...

Extrait:

«Tu vas être déçu si tu voulais qu'on se barre, T'as été très con de croire que tu pourrais nous barrer la route… T'inquiètes les crocs j'les ai toujours… Ceux qui disent qu'on a changé sont peut-être tous sourds»


Quand je disais qu'on ne négocie pas avec ces gens là et qu'on ne leur tend pas l'autre joue...

Qui avait raison?.

Cessons d'être angéliques: Ces gens qui nous agressent ne le sont pas.





mardi 5 octobre 2010

353° Devine qui va payer ?


Casse-toi, riche con !


L'an dernier, Eric Woerth (encore vaillant) et Catherine Lagarde (tout va très bien, madame la marquise) nous disaient que la France ne saurait se dispenser d'un bouclier fiscal attendu que la Suisse et la Scandinavie en possédaient un (à 60%), et les mêmes nous disent aujourd'hui qu'il faut le supprimer parce que « notre partenaire allemand » n'en possède pas.

La seule morale de l'histoire est que, quoi qu'on fasse, on ne ressemblera jamais ni aux uns ni à l'autre...


Aujourd'hui, François Fillon nous glisse dans un discours que le bouclier fiscal n'est pas un tabou « si on intègre sa suppression dans une vaste réforme fiscale ». (oulà, penser à acheter de la vaseline).

Comme chaque réforme de ce gouvernement se solde par un dépouillement accru de notre pouvoir d'achat et de nos droits et avantages sociaux, c'est avec ces mots clés que l'on s'est mis à chercher en quoi pouvait consister une telle réforme. On a vite trouvé le tour de magie. Car il est évident que s'ils ont si vite changé d'avis, c'est qu'ils ont trouvé un truc pour nous niquer davantage.


Il s'agit d'associer la suppression du bouclier fiscal à celle de l'impôt sur la fortune, en prétextant que le premier avait été imaginé pour adoucir certains effets néfastes du second, et en oubliant de préciser qu'à l'origine, cette « association » visait à protéger quelques bénéficiaires d'immobilier acquis par héritage qui n'avaient justement pas les moyens de faire face à une valorisation rapide de leurs murs (exemple les petites maisons de l'île de Ré et d'Oléron), et non pas de dispenser les vraies fortunes de contribuer à la solidarité nationale.

Cette couleuvre ayant été escamotée une première fois, il semble facile de l'escamoter une deuxième fois. Un petit coup de calculette confirme, si besoin est, la rentabilité du tour de passe-passe pour nos riches Français : L'ISF rapporte 3,2 milliards d'euros, dont on rend 670 millions avec le bouclier fiscal. En supprimant les deux à la fois, l'état offre quelques 2,4 milliards d'euros supplémentaires à ses amis fortunés.

Bien sûr, c'est un manque à gagner, mais comme nous sommes là, nous, pauvres cons, pour rembourser la différence, tout comme nous avons déjà payé le paquet fiscal et tout comme nous risquons bien de devoir payer le coût des retraites, quelle importance ?

L'effet d'annonce de l'abolition du bouclier fiscal est bien supérieur à l'amertume du calice, surtout aux papilles d'un contribuable qui en a déjà vidé une tournée...




L'UMP voyous d'internet ?


Il y a déjà quelques mois que les spécialistes de la communication politique en parlent, et l'affaire se précise. L'UMP prépare 2012 sur internet comme tout le monde, mais ne semble, elle, reculer devant aucun procédé : l'un des plus habituels serait d'inscrire de pseudo-militants de gauche sur les sites et forums anti-sarkozistes pour y glaner « du renseignement » et y semer la zizanie.


Un projet avait déjà vu le jour qui consistait à envahir les partis de gauche d'encartés sous-marins qui devraient élire un candidat aussi peu gagnant que possible aux fameuses primaires de préparation de la présidentielle. Les effectifs nécessaires à pareil phagocytage avaient faut classer ce projet au nombre des mythes.

Lien

Par contre, aller faire le troll sur les sites et forums de gauche, ça semble plus facile... Jusqu'à un certain point, parce que les enquêtes sont en cours, des adresses IP déjà identifiées, et des dossiers en train de se constituer.

Souvenons-nous des séduisants arguments des républicains américains qui, pendant la campagne présidentielle, tentaient de persuader les Américains que s'ils votaient Obama, ils allaient devenir musulmans et communistes, et qui, pendant le vote de la loi sur le système de santé pour tous voulu par Obama, affirmaient que si la France possédait un tel système, c'est parce que la France était un pays communiste auquel il convenait de ne pas ressembler.

Lien

Il y a plusieurs approches de la technique : celle de Jacques Chirac, qui disait que « plus c'est gros, mieux ça passe », celle de l'inclassable George Frêche, qui affirme qu'il y a 95% de cons, et que c'est donc à eux qu'il s'adresse pour se faire élire, et le vieux proverbe arabe qui dit :


"Pour être compris des chiens, il faut savoir aboyer..."


En tout cas, pour être traité comme un chien, le petit contribuable français peut compter sur « la réforme fiscale de l'UMP »...




vendredi 1 octobre 2010

352° Les Amours Imaginaires - Suicides devant l'homophobie



Xavier Dolan - Les Amours Imaginaires


Tous ceux qui ont vu « J'ai tué ma mère » du jeune Quebecois Xavier Dolan attendaient avec impatience ces « Amours imaginaires » pour des raisons aussi diverses que, parfois, opposées.


On pouvait craindre que l'hystérique et anticonformiste « J'ai tué ma mère » ne soit que le cri sans suite d'un jeune homme qui avait trop de choses à dire... Eh bien non. Même si la « méthode Dolan » se retrouve dans ce second film, beaucoup de choses ont changé. Le film est posé, plus construit, mieux photographié.

Malgré la légèreté de sa mise en œuvre, Xavier Dolan ne tombe pas dans ce stupide maniérisme de la caméra à l'épaule des cinéastes qui veulent faire moderne mais n'y parviennent pas. ("Simon Werner a disparu", filmé par un parkinsonien...) La caméra est sur pied, l'image stable, subtilement éclairée, léchée, cadrée au millimètre... Et on reste pourtant bien dans une expression d'avant-garde.

Le numérique permet, outre la légèreté du tournage, un grain et une couleur, ici délicieusement saturée, qui donne à certains plans des allures de tableau. Choisissez bien une salle qui projette également le film en numérique pour profiter de tous ces bienfaits.

Le montage en saynète est le mode d'expression favori de l'auteur, au point que ses films ressemblent à une galerie de tableaux. On passe d'un tableau à l'autre tout au long de la non-intrigue à un rythme qui varie suivant l'humeur du moment.

Car si l'argument est quasiment inexistant, la substance du scénario réside bien dans cette sensibilité à fleur de peau qui caractérisait Xavier Dolan dès son premier film.


Au point que je me suis demandé en sortant si ce couple d'hétéros qui avançait près de moi avec les lèvres pincées avait vu le même film que moi. La question n'a jamais été résolue et on manque de données pour le faire : existe-t-il un sens supplémentaire gay ? Les anglo-saxons lui ont trouvé un nom : le gay-dar. Les latins et les Français se contentent de constater que nombre de grands artistes sont homosexuels, mais ne vont pas pour autant regarder les pédés comme une élite. Sans doute ont-ils raison, la connerie étant en ce bas monde universellement partagée.


Mais peut-être quand on a du se protéger derrière une double vie dès son enfance a-t-on développé un sens de l'imaginaire et de la création alors que les hétéros, qui n'ont eu qu'à être ce qu'ils étaient et n'ont jamais eu aucun change à donner ni aucun personnage à construire, ont échappé à cette contrainte.

Juste pour mention, dans la deuxième partie de cet article, ce jeune homme qui s'est donné la mort devant les persécutions homophobes de ses camarades : violoniste de talent... L'art comme refuge du désespoir ? La création comme une vie parallèle où on peut s'inventer un monde sans beaufs et sans gros cons ? On ne va pas trouver la solution aujourd'hui, mais c'était une excellente occasion de se poser à nouveau la question.


Les critiques se shootent à l'aspirine pour trouver « les maîtres » de Xavier Dolan. Bertolucci ? Oui pour la description des douleurs personnelles, mais non parce que Bertolucci est exhibitionniste et Dolan très pudique. Woody Allen pour les monologues des personnages seuls face caméra et les retour en leit-motiv de personnages extérieurs à l'intrigue qui viennent resituer l'action dans un monde de brutes... Déjà plus... Wong Kar Wai avec ses gros plans monochromes de mains effleurant des corps, Visconti avec ces visions éthérées de héros masculins...


Certes Xavier Dolan a beaucoup vu, beaucoup retenu, mais il fait délibérément du Dolan, avec des dialogues très écrits (par lui), des gros plans d'yeux et de lèvres, des petits tics et gestes inattendus qui font sens dans son image alors qu'on les aurait expurgés d'un film conventionnel, une illustration musicale pleine d'à-propos...Lien

A la fin du film, Louis Garrel fait une courte apparition qui relance tout à la fois l'histoire sans fin qu'on vient de voir et préfigure le rôle principal qu'il occupera dans le prochain Dolan « Lawrence anyways », où il tiendra le rôle d'un garçon qui veut changer de sexe.

Ces deux-là devaient se rencontrer. Il font autant de victimes l'un que l'autre par leur torride séduction et leur sensibilité à fleur de peau. Ce sera une association riche mais compliquée, faite de paradoxes, entre le cinéma de Xavier au ton explosif mais à l'image chaste et celui de Louis, plus introverti encore, mais très impudique...

Courez voir « Les Amours imaginaires », si possible en projection numérique.





Le suicide des adolescents gay devant l'homophobie.


Le phénomène n'est pas nouveau, ce qui serait nouveau, c'est qu'on en parle sérieusement. En France, le suicide tue plus que les accident de la route. Comparez ce qu'on dépense pour enrayer les seconds aux moyens qu'on développe pour éviter les premiers.

http://brethmas.blogspot.com/2008/11/208-prvention-du-suicide-des-ados-face.html

http://brethmas.blogspot.com/2010/03/315-les-morts-utiles-et-les-morts.html

Actuellement, à peine le tiers des établissements scolaires bénéficient d'une formation adaptée propre à décourager l'homophobie. Pour arriver devant son public de têtes blondes, cette formation doit passer sous les fourches caudines de toute une série d'autorités dont chacune a sur lui droit de vie et de mort, du président de région à l'inspecteur d'académie en passant par le directeur d'école, le prof principal et même les assoces de parents d'élèves un peu rétrogrades. Autant dire le parcours du combattant. Bien heureux si, dès sa création, une association de cul-bénits ne tente pas de faire carrément interdire un film éducatif au prétexte que l'homosexualité y est présentée comme une variante de la nature.


Les pressions sont telles qu'un documentaire sur les horreurs du machisme, « La Cité du Mâle » avait été déprogrammé d'Arte au début du mois pour être finalement, toute honte bue, remis à l'antenne mercredi dernier.



Un nouvel épisode d'imbécillité meurtrière vient de se dérouler aux Etats Unis.

Quatre jeunes gens ont mis fin à leurs jours en quelques semaines pour échapper à la vindicte de leurs camarades, d'autant plus prégnante là-bas que le pays est pétri de religiosité.

Qu'on ait coincé par ailleurs un pasteur homophobe qui se faisait des mecs ne va pas nous consoler pour autant. Certes, l'évènement démontre que « les homosexuels sont partout », mais l'image que celui-là nous donne est celle d'un pédé honteux, fourbe et de mauvaise foi. On s'en passerait bien.

Ah si les Baptiste pouvaient, comme les cathos, s'offrir un site de rencontres gay réservé à leur clergé...