jeudi 19 juillet 2018

566° Macron gourou ? Ça commence à se voir...




J’ai souvent qualifié les agissements et postures d’ « En Marche » de comportement sectaire, et cela m’a valu d’être traité de pas mal de noms d’oiseaux, voire d’affidé d’on ne sait quelle secte concurrente.

De plus, les déclarations de quelques autres ténors du monde politique, même s’ils chantent faux, ne m’aident pas dans ma démonstration. Ainsi Marine Le Pen a-t-elle, à de multiples reprises, qualifié les macronistes de secte au pouvoir, et Alexis Corbière, cette chouette posée sur l’épaule de Mélenchon, en a fait autant.

Alors, une fois pour toutes, si Marine Le Pen dit qu’on se mouille quand il pleut, je peux être d’accord avec elle sur ce point, ce qui ne signifie pas que je soutiens ses idées… Et je n’ai jamais voté non plus pour Jean-Luc Mélenchon ni pour son parti, même si je me sens quand même beaucoup plus proche d’eux que de Marine Le Pen…

Néanmoins, cette image de fonctionnement sectaire d’« En Marche » émerge assez souvent des remous de l’actualité pour mériter d’âtre analysée.

Ce n’est pas d’hier : déjà en octobre 2017, des observateurs politiques pourtant pas renommés pour leur indépendance relevaient déjà le caractère sectaire et étanche du choix des cadres du mouvement...

Le dernier avatar est aujourd’hui le comportement agressif de cet affidé de l’arrogant de l’Élysée qui se déguise en CRS et joue les croisés en matraquant les infidèles place de la Contrescarpe.
C’est la cerise sur le gâteau qui ne permet plus d ‘éluder le sujet.



 C’est précisément l’accident typique de parcours d’une secte qui s’enflamme : le dévot aveuglé qui déborde, et laisse, par sa déraison, entrevoir l’endoctrinement qu’il a reçu. Forcément, être aussi proche du gourou, ça doit exposer à d’intenses rayonnements…

Cet Alexandre Benalla est le résultat, pour ne pas dire le scorie du recrutement tous-azimuth opéré par la macronie pour créer rapidement un mouvent politique à partir de rien. Successivement au service de Martine Aubry, de François Hollande et d’Arnaud Montebourg, il est le modèle de ces arrivistes sans convictions qui se sont engouffrés dans l’offre d’emploi macronienne. On va n’importe où pourvu que la soupe y soit bonne et l’ascenseur social rapide.

C’est la négation même de la vocation politique, qui ne devrait appeler à elle que des hommes et des femmes pétris de convictions sincères et qui veulent travailler ensemble à les faire aboutir.
Le carriérisme politique est l’ennemi de la démocratie.

Les sangsues de la politique…

Dès lors que les critères d’embauche de l’appareil politique s’écartent de la sincère vocation du service de l’état pour laisser place à des conceptions managériales, le ver est dans le fruit.

Or ce n’est pas la première fois que Macron est pris en flagrant délit de se comporter en manager plus qu’en chef d’état, tout comme comme Donald Trump. Ces gens là ne défendent pas des idées, ils vendent un produit. 

D’ailleurs, sans préjudice de son modèle politique, l’image du mouvement souffre des bavures et débordements de ces sangsues de la politique qui multiplient les vaticinations outrancières et les amalgames de mauvais goût. Il existe des florilèges de déclarations de maires et députés « en marche » qui en disent long sur l’inculture et la beaufitude du mouvement.

De plus, la faute est autant dans le débordement de ce fou-furieux que dans l’impunité dont il a bénéficié. On l’a juste « mis au coin » comme un cancre d’école communale. Le pouvoir a couvert l’agression, étouffé l’affaire et l’a tenue à l’abri de la justice. On pense malgré soi à l’attitude des évêques avec les prêtres pédophiles…

En s’affirmant « ni de gauche ni de droite », le président prétend se placer, lui et son parti, par hypothèse, pour ne pas dire par droit divin, au dessus du débat politique type des démocraties. Chaque fois qu’un pays a tenté d’abolir cet équilibre, cela a occasionné une période dictatoriale qui a abouti dans le tumulte à l’inévitable retour à un système bipolaire. Il faut parfois du temps, souvent des convulsions douloureuses, mais les régimes monolithiques ne finissent jamais autrement.

Je crois qu’il y a dans le système de la représentation populaire la nécessité d’un équilibre fondamental basé sur l’influence des diversités.

La preuve en est cette détestation « instinctive » du bon peuple pour les extrêmes : la crainte des extrêmes est bien l’illustration de la peur de la perte de cet équilibre que chaque homme raisonnable estime nécessaire au fonctionnement d’une société juste et humaniste.

Par ailleurs, l’observation de ceux qui se sont présentés jusqu’ici comme « au-dessus des partis » est claire : Tous les partis uniques sont de droite, voire d’extrême droite… Y compris les soviets qui, par leur autoritarisme, ne peuvent être classés qu’au rayon fascisme de notre musée de l’histoire.

Monsieur Macron fait de beaux discours. On ne sait pas quels cadors peuvent bien l’aider dans leur rédaction, et si une prof de français et de théâtre très proche de lui y est pour quelque chose, mais reconnaissons le : ils sont bien ficelés, avec un plan solide, un vocabulaire choisi, une syntaxe impeccable et un style de tribun incontestable.



Mais malgré ce soin apporté à la communication, quelques passages dévoilent la mécanique interne de la machine :
Dans son discours de Lyon, par exemple, il dit
«  vouloir, à chaque instant, changer les règles, si ce ne sont pas les bonnes ».

Mais il ne dit pas qui décide si ce sont les bonnes règles ou pas. Or force est de constater que la France descend dans la rue quasiment à chaque fois qu’il essaie de les changer.

Et l’analyse de ses changements de règles révèle une nette tendance à la ploutocratie : destruction du code du travail, précarisation des contrats, suppression des APL, suppression de l’allocation d’activité des handicapés, suppression des emplois aidés, surtaxation uniforme des pensions de retraite de la plus petite à la plus grosse, (retraites qui restent bloquées depuis 2014), augmentation des tarifs contrôlés par l’état (électricité, gaz, essence), baisse des dotations aux collectivités locales, en même temps privées de la taxe d’habitation, la suppression de l'impôt sur la fortune, la désignation des salariés comme « illettrés », des non-diplômés comme des "riens".

Tout cela aboutit à la précarisation systématique des classes moyennes qui constituent pourtant le « gros des troupes » du pays, et tend à les reléguer à leur place de troupeau dans un système orwellien.

Effleurons au passage les flagrantes contradictions entre ce qu’il dit et ce qu’il fait :
Discours de Lyon :
« Et d’abord, ces biens communs que nous devons protéger, parce que nous devons les transmettre, parce qu’ils n’appartiennent à aucune génération »

Or que le voit-on faire ? :
Brader les propriétés de l’état, vendre les parts de l’état dans les grandes entreprises, les autoroutes, les chantiers navals, les ports, les aéroports et même les gares… 

On va me dire « vous être terre-à-terre, ces biens communs ne sont pas matériels, ce sont les valeurs de la France »…

Je persiste et signe : les « valeurs de la France » ne sont-elle pas l’égalité, l’équité, la solidarité, la main tendue aux plus faibles, le soulagement des moins fortunés ? Et zut ! Bradés aussi !

Preuve en est que même la fraternité qu’il appelle pourtant dans son discours de Lyon :
« Parce que quelque chose nous unit plus profondément dans un projet commun, parce que notre peuple français, il est uni par une institution invisible dont nous devons retrouver le sel, c’est la fraternité. »
cette fraternité version macron, est carrément contredite par sa politique : le mépris des pauvres, la suppression des aides, la taxation des retraites, le refus des migrants, l’émancipation des riches exonérés d’impôts…

Cette fraternité là, n’est pas à proprement parler une fraternité républicaine : elle ressemble bien davantage aux fraternités confessionnelles que l’on rencontre dans les religions dogmatiques, qui agissent comme autant de bras occultes d’un pouvoir central discret.
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D’ailleurs, le penchant de Macron pour le spirituel superstitieux, les liens qu’il tisse avec application avec les religions au plus grand dam de la laïcité républicaine est révélatrice : il y a un appel au mystique dans le rassemblement des forces qu’il sollicite autour de lui.
« Aimez-moi, croyez en moi, en notre action ... »

Jésus avait le mérite de rendre la vue aux aveugles ; Macron travaille avec acharnement à aveugler la raison et l’humanisme et à tout mettre au service d’un système financier auquel il est lui-même complètement dévoué. 

Il est la « Jeanne d’Arc » illuminée du monde de la finance. Mais les victoires de Jeanne d’Arc ont fini dans le roussi. A quand la chute de l’archange ?

Macron bâtit avec une conviction de forcené une classe dirigeante programmés pour maîtriser sans vergogne un peuple relégué à l’état de troupeau.
90 % des médias sont à son service. Il en faudra, du temps, des déceptions, de l’agitation pour que la réalité reprenne le dessus sur cet élan mystique…

Lorsqu’on le compare aux les « ni de gauche ni de droite » de l’histoire qui ont tous abouti à la droite dure voire à l’extrême droite, on constate que le macronisme, non seulement s’inscrit pleinement dans cette tendance, mais constitue même une théorie innovante en matière de politique-fiction…



Que faire devant cette gangrène ? Le pontife est sûr de lui, et est « indifférent à toutes les contestations et les critiques ». Le droit divin a fait son œuvre. Voilà la raison et l’humanisme enterrés.

Forcément, un jour, le peuple va débouler dans la rue pour de bon. Ça sera dur, parce que le régime, encouragé et légitimé par la lutte contre le terrorisme, a fourbi ses armes, entraîné ses troupes, perfectionné ses méthodes.

A côté de ce qui nous attend, mai 68 aura l’air d’une promenade de santé. Espérons qu’on n’en arrivera pas à la répression de la Commune.. Mais la multiplication et l’aggravation des violences que l’on constate de jour en jour le laisse craindre : plus le couvercle de la marmite est verrouillé, plus il explose fort….

En attendant, expliquons, expliquons, expliquons. Une bonne parole n’est jamais perdue : on finit toujours par la retrouver...






mercredi 9 mai 2018

565° Chronique de l’ignominie ordinaire. Chapitre 1







« Le colonel Beltrame, il est mort parce que la France, ce sont des idées, des valeurs, quelque chose d’une guerre qui le dépasse.
Les gens qui pensent que la France, c’est une espèce de syndic de copropriété où il faudrait défendre un modèle social qui ne sale plus, (sic) une République dont on ne connaît plus l’odeur et des principes qu’il fait bien d’évoquer parce qu’on s’est habitué à eux et qu’on invoque la tragédie dès qu’il faut réformer ceci ou cela, et qui pensent que, en quelque sorte, le summum de la lutte, c’est les 50 euros d’APL, ces gens-là ne savent pas ce que c’est que l’histoire de notre pays. L’histoire de notre pays, c’est une histoire d’absolu. »

Emmanuel Macron, France 3, 7 mai 2018



On l’appelait déjà « le président des riches », voire « le méprisant de la république ».
Parce qu’on est poli.

Jusqu’à maintenant, on pensait que l’outrance, l’arrogance et le mépris étaient le fait de quelques chefs d’états étrangers, bien loin de nous, qu’on voyait à la télévision dans la catégorie monstres de foire.

On se disait qu’on avait bien de la chance de vivre dans notre bel hexagone, même si quelques déclarations d’édiles, ça et là, éclataient à la surface du lac comme autant de bulles de pestilence et présageaient d’une possible contamination par la corruption politicienne.

Et puis voilà, la grenouille veut se faire aussi grosse que le bœuf, et en attendant qu’elle n’explose, on doit subir.

On ne sait plus par où commencer pour conjurer l’infâme bricolage idéologique de ce discours, nettoyer le parquet du forum républicain de cette effroyable diarrhée dialectique, et prier l’imprécateur d’aller dorénavant faire ça dans les chiottes avec la porte fermée s’il lui reprend l’envie d’exprimer le fond de sa pensée.

D’abord, l’ignominie qui consiste à mêler l’acte héroïque d’un soldat à la contestation des pauvres qui demandent justice et équité.

Si on pouvait établir un lien logique entre ces faits, ce serait exactement dans le sens inverse de celui où Macron l’a fait. Tel qu’il l’exprime, il salit la mémoire de ce brave colonel et méprise des gens qui ne bouclent plus leurs fins de mois.

Si la pensée présidentielle n’était pas à ce point dévoyée, il aurait compris que si d’héroïques combattants avaient donné leur vie pour le Pays, c’était justement pour que les Français puissent y vivre dans la liberté, l’indépendance et la suffisance de moyens matériels.

Créer une rupture de valeurs entre les hautes vertus républicaines et d’honnêtes - mais pauvres - citoyens qui crient famine, c’est une position scandaleuse qui mérite d’être analysée.

C'est justement au nom des "hautes valeurs républicaines" qu'il faut accéder à la demande de dignité des défavorisés. Ce n'est pas d'une rupture, mais d'un lien dont on a besoin ici.

Deux possibilités :

Soit le président vit dans une bulle dorée et ignore complètement qu’un grand nombre de ses concitoyens est à 50€ près – et même à 10 -, auquel cas il est mal informé et donc inapte à être le président de « tous les Français ».

Soit, -autre option - il est parfaitement conscient et cynique et pose les bases de ce qu’il voudrait voir devenir une nouvelle idéologie "républicaine", un peu comme dans 1984 où Big Brother trie le vocabulaire et réorganise la langue pour qu’une nouvelle forme de pensée devienne la bible d’un pays artificiel.

Vous voyez une troisième solution ? Le débat est ouvert dans les commentaires, que je publie toujours s’ils ne sont pas insultants.

La France n’est pas un pré carré où la finance va organiser la vie autour de ses profits, c’est un peuple lié par des valeurs, - justement -, qui figurent au fronton de ses édifices : « Liberté, égalité, fraternité ».

La liberté, c’est celle de tous, et pas seulement des « premiers de cordée », qui ne sont d’ailleurs premiers de rien du tout s’ils n’emmènent personne à leur suite vers le haut sur la voie du progrès, c’est aussi la France des modestes et des sans-diplômes, qui ne sont pas des « riens » comme l’a déjà proféré le vizir de l’Elysée, ainsi que je l’ai déjà relevé il y a bientôt un an.


 
L’égalité, c’est de reconnaître que la « valeur » d’un citoyen ne se mesure pas à ce qu’il « produit », mais éventuellement à « ce qu’il a produit » (les retraités), et même simplement à ce qu’il apporte en existant, en faisant valoir son simple droit à la dignité. (SDF, chômeurs, migrants)….

Et la fraternité, la grande oubliée de ces dirigeants qui se comportent en « faux frères » et ne s’intéressent qu’à leur caste, il faudrait en brandir les pancartes en tête de tous les défilés.

Même certains chefs d’entreprise commencent à croire qu’il y a « l’entreprise » et eux, à la rigueur quelques collaborateurs dont ils s’assurent à grands frais le dévouement aveugle, et personne d’autre. Les salaires des esclaves diminuent alors même qu’augmentent leurs primes, salaires, dividendes et autre prébendes. 

Et même lorsque, devant un scandale qui enfle trop, ils les réduisent à grand tintamarre médiatique, il leur en reste suffisamment pour ouvrir deux écoles et un hôpital.

Le « summum de la lutte », ce n’est pas, effectivement, les 50€ des APL.
C’est de se débarrasser d’un affameur ploutocrate qui n’écoute personne et veut façonner tout un pays suivant son caprice comme un enfant organise sa table de soldats de plomb.

D’habitude, je commence un article en me disant que je serai bref, et j’en écris des pages que je suis ensuite obligé de couper et d’élaguer.

Là, je me voyais parti dans de longues diatribes, et j’ai soudain l’impression qu’en peu de mots, j’ai tout dit.





jeudi 3 mai 2018

564° Black Blocs… La bonne question : Pourquoi existent-ils ?






Tout le monde s’interroge sur les « black blocs ».
D’où sortent-ils ? Comment ne les a-t-on pas vu venir ?

Mais personne ne se pose la bonne question : « Pourquoi existent-ils ? »

Lorsqu’il y a une bagarre quelque part, la police et la justice se posent toujours comme première question :
«  Qui a commencé ? »

Là, non.
On déplore, on se scandalise, le ministre de l’intérieur promet qu’on ne l’y reprendra plus, et que la prochaine fois, il enverra des archi-légions de ses robots casqués.

Dans les chaumières et les bistrots, on dégoise : « C’est un scandale, madame Michu, tout ce gâchis.. » Pourquoi « on » ne fait rien ? C’est « la faute à qui ? ».

Aucun analyste, aucun observateur, aucun journaliste, aucun « expert » ne s’est demandé une seconde pourquoi ces black blocs existaient, et surtout comment on aurait pu faire pour qu’ils n’existent pas.

Or chaque fois que le peuple est à bout, désespéré, pas entendu, exploité, n’a plus rien à perdre, dans tous les pays, on voit surgir des hordes de casseurs qui tentent de faire passer un message que le pouvoir a refusé d’écouter.

Même en France, ce n’est pas nouveau. Rappelons nous l’écrasement de la Commune de Paris, où les « pétroleuses » incendièrent de nombreux monuments parisiens.. La capitale y perdit le palais des Tuileries, et pour la ènième fois son hôtel de ville… Je vous laisse remonter dans l’histoire des peuples et des nations…



Il y a dans ce pays une classe ouvrière qui se bat depuis plus de cent ans pour arracher quelques bribes de bien-être à un patronat glouton et impitoyable. Souvenons nous de Germinal, de Carmaux, mais il y en a bien d’autres…

Et soudain arrive au pouvoir un jeune banquier fringant et arriviste, qui exploite avec arrogance et habileté une situation de déliquescence politicienne qui pourrit depuis longtemps, et parvient à se faire élire par défaut.

S’il avait été sincère et humaniste, il se serait attaqué au fondement de la crise sociale : les inégalités, le mauvais partage des richesses, de plus en plus déséquilibré, la sauvegarde et le respect des droits fondamentaux de ceux qui n’ont d’autre solution que de vouer leur vie au travail.

Il vient nous dire (et il n’est pas le premier!) : « La France est un pays impossible à réformer…

Alors, allons chercher « réforme » dans le dictionnaire.
  • «  Changement que l’on apporte aux institutions afin d’obtenir de meilleurs résultats ».

Qu’est-ce qu’un résultat ? D’un point de vue sociétal, ce n’est pas forcément un « résultat comptable », mais un résultat global, censé produire des améliorations des conditions de vie, mettre fin aux abus, étancher les fuites, gérer équitablement les profits.

Force est de constater que c’est tout le contraire de ce que font nos dirigeants depuis quelques décennies.

Les inégalités sociales s’accroissent, les riches sont de plus en plus riches, les pauvres de plus en plus pauvres. Le résultat des entreprises est voué à l’enrichissement des actionnaires et à l’accumulation d’une richesse qui échappe à ceux qui l’ont produite pour s’entasser dans quelques escarcelles de privilégiés.





Tout autant que la répartition des richesses, le dialogue social est en panne. Le pouvoir « entend », mais « n’écoute plus »… On ne gouverne plus par consensus, mais par « ordonnances ».

La  démocratie  a vécu. « démocratie », étymologiquement, cela signifie « pouvoir par le peuple ».
On ne gouverne plus au nom du peuple, mais au nom du fric. Cela a un nom : la ploutocratie.

Ces imbéciles, -pour ne pas dire ces salauds – ont rayé du dictionnaire, comme dans 1984, le mot « service public ». Pour eux, un service public, ce n’est pas fait pour rendre service, mais pour être rentable. 

Alors, on privatise à tout va tous les acquis sociaux du peuple français. Les autoroutes, le rail, la poste, les aéroports, même des bâtiments publics, construits par des promoteurs et loués à l’état..

Les entreprises sont de plus en plus riches, certains états aussi, mais les peuples sont de plus en plus pauvres. Où est l’argent ? On ne sait plus trop, tant se multiplient les stratagèmes pour le faire échapper au partage vital de son abondance.

Enfin si, on le sait, où il est, l’argent. Que se passe-t-il quand on privatise un service public ?

Il faut toujours « rendre le service », ce qui a un coût incompressible, sauf à réduire le service ou à écraser les salaires. Mais en plus, il faut engraisser des actionnaires. Donc non seulement le service cesse d’être « public » et accessible à tous, mais en plus, son coût augmente…
Et c’est le petit « usager » qui paie plus pour avoir moins…

Depuis des années, les organisations en charge de gérer le système sont phagocytées par des gens qui y font carrière, tant au niveau du gouvernement que des partenaires sociaux, et même des syndicats. Le système « utopique » dégénère en capharnaüm, le carrosse se transforme en citrouille.

Les tentatives de discussion sont vouées à l’échec. Le gouvernement et le patronat y vont avec des pré-requis, des « lignes rouges » sur lesquelles ils ont par avance décidé de ne rien lâcher, et ils reprochent aux syndicats, confrontés à un mur, de devoir en faire autant… Mais que peuvent-ils faire d’autre ?


On accuse des petits fraudeurs aux prestations sociales d’être la cause d’une faillite générale alors qu’ils ne représentent qu’une goutte d’eau dans l’océan de la fraude fiscale et des profits détournés.

Alors, les black blocs, je ne les approuve pas parce que je suis viscéralement non violent, mais je les comprends. Les Espagnols ont un mot, pour cela, les desperados…

J’entends d'ici les conversations petits fours dans les salons lambrissés :
« Oui…, mais ces gens là ont une idéologie, ils veulent tout casser, abattre le système, ce sont des anarchistes... »

Souvenons-nous de Surcouf: Un amiral anglais, qu'il avait fait prisonnier,  l'interpella un jour:
"Vous, les corsaires, vous vous battez pour de l'argent, nous, nous nous battons pour l'honneur".. 
Et Surcouf répondit:
"On se bat toujours pour ce qu'on n'a pas".

Bah oui, forcément. Ce sont des anarchistes. Ils sont opprimés, donc ils sont contre l’oppression. C’est une idéologie qui vaut largement celle des valets du veau d’or…

Et ils font appel à des experts en désordre… Ne me dites pas que les banquiers n’ont pas d’experts en accumulation de richesse…

À un détournement de la démocratie répond un détournement d’opposition.
Et nous revenons à notre question première :
Qui a commencé ? Qui, le premier, a agressé, méprisé, exploité, écrasé ?

Tant qu’on ne posera pas le problème sous cet angle, on n’approchera pas de la solution.
C’est comme au rugby, il faut « revenir aux fondamentaux »…




mardi 17 avril 2018

563° Solidarité ? Vous avez dit solidarité ? Bizarre…






Emmanuel Macron espérait une majorité. Celle qui est en train de se dessiner se fait contre lui et ce n’est sans doute pas celle qu’il espérait….

Il est vrai qu’il se dépense beaucoup pour se fâcher avec tout le monde. En quelques mois, on a vu dans la rue les hospitaliers, les cheminots, les enseignants, les étudiants, les avocats, les juges, les retraités qui n’y descendent pourtant pas souvent, et j’en oublie sûrement. Sarkozy n’a pas fait mieux.

Et insatisfait sans doute de cette belle unanimité, ce pyromane vient d’allumer un nouveau front en décidant avant hier de « filialiser » le fret SNCF.

Cet modèle a forcément manqué à Alfred Jarry pour écrire Ubu roi…

Et après, il vient nous dire que « ce pays est impossible à réformer ».

Mais si, c’est possible, mais souvenons nous qu’une réforme, cela doit être un progrès !
L’histoire de France est pleine de ces réformes heureuses qui ont suivi les crises, ont abouti à de vrais progrès sociaux et n’ont pas donné lieu à des manifestations. 1848, 1870, 1905, 1936, 1945, 1968…

Ce qui est regrettable, c’est qu’il faille aller écouter les humoristes pour entendre ce que n’importe quel journaliste devrait relever en priorité : les contresens…

Aucun journaliste n'a relevé qu'un quarteron de banquiers technocrates avait relevé comme exemple de retraite scandaleusement favorable le départ à 42 ans ... des danseurs de l'Opéra... ! L'Opéra, c'est cette colonne, là, sur mon tableur ?




Par exemple lorsqu’il parle de solidarité….

Commençons par la définition du dictionnaire 

  • Solidarité : 
  • Étymologie : du latin "solidus", entier, consistant. La solidarité est le sentiment de responsabilité et de dépendance réciproque au sein d'un groupe de personnes qui sont moralement obligées les unes par rapport aux autres.

Ainsi par exemple, le plus fort devrait venir en aide au plus faible…

Est-ce vraiment ce que fait Macron en exemptant les riches d’impôt sur leur fortune et en taxant les retraités, - dont les pensions sont bloquées depuis cinq ans -,  à  partir de 1200€ par mois ?

Lorsque du même geste amical, il exonère de l’impôt les yachts, les jets privés, les chevaux de course, les voitures de luxe, les bijoux, les lingots d'or et les œuvres d’art ?

Et qu’on entend Bruno Lemaire déclarer : « il ne faut pas fracasser les riches pour venir en aide aux pauvres »

Il vaut mieux fracasser les pauvres, sans doute ? Le problème des pauvres, c’est qu’ils sont nombreux, et que quand ils descendent dans la rue, ça se remarque...

Comment peut-on entendre ce type parler de solidarité nationale sans avoir envie de rire ? (ou de le gifler…)
Même les humoristes étrangers le galéjent, et aucun journaliste français ne relève le gant ?

D’accord, ce n’est pas bien de s’attaquer aux journalistes, (encore que certains...), c’est le jeu préféré des extrêmes lorsqu’ils s’estiment mal servis par les médias. Mais la pauvreté et la précarité sont-elles des « extrêmes» ?

Pourquoi les journalistes ne se souviennent-ils pas qu’avant Macron, Sarkozy avait voulu « effacer la frontière entre la gauche et la droite » ? Avec le résultat et les dérives que l'on connaît…

Sarkozy avait « l’avantage » de sa mauvaise éducation. On voyait venir le bateleur du bout du champ de foire avec ses gros sabots, ses phrases à l’emporte-pièce, ses sophismes et ses bordées d’injures bistrotières qui s’échappaient par moments de son costume comme autant de témoins de sa duplicité.

Macron est un littéraire, il a fait du théâtre dans sa jeunesse. Ça se sent. Il fait de très beaux discours, emphatiques, veloutés, obséquieux, dans un irréprochable français très classique et même un peu suranné qui fleure bon le lycée Henri IV… Il a peut-être aussi quelques littérateurs qui l’aident dans l’écriture de ses laïus.

Parfois, ça sonne comme du Malraux, avec ce brin de poussière gaulliste comme touche finale. Il ne manquerait plus qu’un trucage avec le noir et blanc, quelques rayures et l’éraillement du son pour faire en l’écoutant un plongeon dans les années 30. Avec grand renfort de carabistouille et de perlimpinpin. Je retrouve dans ces mots des expressions de mon père, qui était né en 1902...



Je promets qu’il n’y aura plus d’augmentation d’impôts… assure Jupiter.

La deuxième journée de solidarité sérieusement envisagée par son gouvernement équivaut, d’après les économistes les plus sérieux, et qui sont plutôt dans son camp que dans le nôtre, à une augmentation d’impôts de 0,45 à 0,51 %….

Bon allez, les gars, faut que ça pète. On ne va pas rester comme ça indéfiniment à se faire déplumer. Ventrebleu, courrons sus aux ploutocrates ! Allez braves gens, saisissez vous de vos fourches et de vos chignoles, et mettez un terme à ce retour à l’esclavage qui ne dit pas son nom…

Les ploutocrates à la lanterne !

Macron a dit aux journalistes:
"Les Français me jugeront dans cinq ans"...
A mon humble avis, ça n'attendra pas si longtemps...






mardi 10 avril 2018

562° La goutte d’eau qui fait déborder le bénitier.






Au nombre des catastrophes hydrologiques qui ont affecté notre beau pays est venu s’ajouter hier un débordement de bénitier dévastateur qui a envahi les allées du pouvoir et les artères de la République.

Il est vrai que ça démangeait depuis un moment notre valeureux président des riches et des diplômés. Tous les hommes de pouvoir avec de beaux costumes que l’on voit dans les pays anglo-saxons, aux Amériques et même en Afrique lient le fer de leur sceptre avec le goupillon des églises. Quel merveilleux soutien politique pour un pouvoir ploutocrate que de pouvoir compter sur toutes les chaires des églises pour faire passer les pilules anti-sociales d’un gouvernement !



Les religions enseignent que la frustration et l’abstinence sont des valeurs suprêmes qui conduisent vers des paradis aussi fictifs que des promesses politiques. Quand on mène une politique d’austérité anti-sociale comme le fait Macron, on voit forcément une « convergence des luttes » comme on dit dans d’autres sphères, avec les privations prônées par les églises.

J’avais déjà attiré l’attention des braves gens, dans un article précédent, sur le sentiment de solitude du pouvoir qui conduisait Macron à rechercher le soutien de l’église en acceptant la distinction empoisonnée de chanoine de Latran.

Macron a passé la vitesse supérieure. Il s’est rendu à la conférence des évêques de France. 

Un président de la république n’a rien à faire à une conférence d’évêques. Verra-t-on bientôt des évêques au conseil des ministres ?

Il veut « réparer le lien entre l’église et la république »

Ce lien a été aboli par la loi de 1905. 
Il n’y a pas à réparer ce qui n’existe pas.

J’ajoute même que la laïcité étant un des piliers de la république, c’est une atteinte grave à la république que de vouloir rétablir ce lien toxique.
Commis par un président de la république en exercice, c’est même un acte que l’on devrait demander aux juristes constitutionnalistes de qualifier comme il convient.


  

Il parle du « travail de l’église » comme « d’un ciment de la cohésion nationale ». Faut-il commenter l’attitude de l’église à l’égard des libertés individuelles, des homosexuels, etc ?
Le travail de l’église, c’est essentiellement d’entretenir la confusion entre « morale » et « ordre moral ».

Or si la morale est effectivement un « ciment de la société », « l’ordre moral » n’est rien d’autre qu’un instrument de pouvoir. Plus les dictatures sont méchantes, plus « l’ordre moral » y est austère. N’oublions jamais. Il n’est utilisé que pour fixer d’étroites limites aux libertés.




Il déclare que « l’église et les prêtres accompagnent les familles monoparentales homosexuelles, divorcées, ayant recours à l’avortement, la PMA, » etc.. »

Abus de langage. Amalgame. L’église accompagne la culpabilisation de tous ces braves gens, mais certainement pas leur accomplissement…..

Il parle de « longues traditions chrétiennes de l’Europe ». Chrétiennes seulement ? Pas gauloises, romaines, celtes ?

Faut arrêter. On se trumpise, là. La République est laïque et sociale. Il faut cesser d’en donner une image déformée, tendancieuse et dévoyée.

Avec l’éradication programmée du code du travail, des avantages sociaux, la spoliation programmée du patrimoine industriel du pays, la discrimination exacerbée prêchée dans d’infâmes discours pour dresser les Français les uns contre les autres, accusant tour à tous les chômeurs, les cheminots, les retraités d’être la cause de je ne sais quelle déroute pendant qu’un quarteron de financiers se goberge à nos frais, la secte Macron tourne le dos aux idéaux de la République.



Mise à jour 18 juin 2018:
 
Je vous avais dit que ça arriverait: Emmanuel (en hébreu: "dieu est en toi") va voir le pape le 26 juin, et prendra possession en cérémonie de son fauteuil de chanoine de Latran.
Et il va sûrement encore dire des bêtises et des choses pas républicaines...





lundi 26 mars 2018

561° Mords-y l’œil. La récupération à tout prix





Je préparais tranquillement une série d’articles sur le glorieux cinquantenaire de mai 68, et la pluie de bienfaits qui a résulté des diverses augmentations votées à Grenelle, qui d’après les paléo-macroniens de l’époque, aurait pourtant dû ruiner le pays lorsqu'un demeuré est allé tirer au pistolet dans un supermarché.

Souvenons nous qu’il avait résulté de Mai 68 un sursaut de la période de prospérité que connaissait déjà la France. Cela a permis de vérifier, si c’était nécessaire, que quand on donne de l’argent aux pauvres, ils ne vont pas le cacher au Panama et le remettent tout de suite dans les circuits commerciaux, pour le plus grand bien de l’économie générale.

Mais les riches souffraient déjà de cette étrange psychopathie qui leur fait croire qu’avoir de l’argent ne suffit pas pour être riche : pour que leur bonheur soit complet, il faut qu’ils soient entourés de pauvres contents de leur sort. Cela ne s’appelait pas encore la macronite, le mot « ruissellement »  ne figurait pas encore dans la liste des mythes politiques, mais le mal sévissait déjà.

Bon, tout ça, je le préparais dans ma marmite à mijoter le bonheur de tous.

Et puis patatras : le fou furieux de Trèbes est allé flinguer des braves gens, et le regard de l’actualité a abandonné les considérations socio- politiques pour se tourner vers ce nouvel avatar de l’obscurantisme.

L’actualité amplifie ce qu’elle voit et entend. Alors, quand le dis « l’actualité », en réalité, je désigne bien sûr le discours des hommes politiques qui en font le plus gros.

Et au moment où les manifestations de revendications sociales commencent à bouillir, tout cela tombe à pic, et pour le pouvoir qui ne veut rien donner, et pour l’opposition qui ne veut rien promettre...

L’opposition, d’abord, qui n’a visiblement pas grand’chose à foutre de la misère des travailleurs et des retraités, puisqu’au premier coup de feu, elle s’en détourne pour se consacrer à la « lutte anti-terroriste », qui lui semble plus propice à la conquête du pouvoir.

Et bien sûr, les « grands » médias leur emboîtent le pas avec une servilité de toutou à sa mémère.

Personne ne pourra m’accuser de défendre ce gouvernement de voyous. Mais attaquons le sur les terrains où il est coupable. La gestion de la délinquance et du terrorisme, ce n’est qu'une question de moyens, de budgets et d’effectifs, pas de gouvernance. Sur ce terrain, ils font tous de leur mieux.

La méthode, il n’y en a pas trente six si nous voulons rester une démocratie respectable. Ce qu’ils ne font pas, eux comme les autres, c’est y mettre les moyens, là comme ailleurs.

Des sous, ils n’en lâchent pas pour reloger les SDF, soulager les indigents, payer des APL, servir des retraites décentes, faire fonctionner les hôpitaux proprement. Et la sécurité du bon peuple rentre dans cette liste de causes « inutiles ». Ce n’est pas en devenant « méchant » qu’on va éradiquer les fous de dieu, mais en s’en donnant les moyens…

Or, dès qu’il s’agit de débloquer des crédits qui pourraient profiter au bon peuple, il n’y a plus de sous. On a tout dépensé en suppression de l’ISF, flat tax, et autres facilités accordées aux gens supposés investir, mais qui, en réalité, consacrent leur magot à tout autre chose qu’à leur rôle social.

Alors les roquets de la politique, carriéristes et arrivistes de tous poils oublient qu’ils sont des représentant du peuple. Ils attaquent avec crocs et griffes tous les avatars de la vie quotidienne, dont cette malencontreuse fusillade dans un supermarché. 




En oubliant que dans notre pays, il meurt bien plus de gens de faim et de froid dans les rues que de fusillade dans les supermarchés. Et que bien des jeunes virent dans la délinquance par les défauts et carences d’un système socio-éducatif qui n’a pas les moyens de ses ambitions.

Et de remettre sur la table les « pourquoi on n’a rien vu », de vouloir repenser le sort des « fichés S », de réclamer qu’on les mette tantôt en prison, tantôt à la porte, (faudrait savoir), qu’on démissionne des ministres, qu’on désigne des responsables de la bêtise humaine, qu’on reconstitue l’inquisition et remette en service je ne sais quelle trapanelle à étripatouiller les méchants.

Quand j’entends hurler les Geoffroy Didier, les Marine Le Pen, les Wauquiez, Valls, Morano, Ciotti et autres hargneux, j’ai l’impression d’entrer dans un chenil, département bêtes enragées.

Alors je forme des vœux pour que le peuple français cesse enfin d’être à ce point myope, comprenne qu’il est le dindon des toutes les farces, et prépare mai 2018 avec ferveur et efficacité.







mardi 13 février 2018

560° Harcèlements, inondations et débordements







Dans ma publication du 22 octobre dernier, je commentais l’affaire Weinstein, alors toute « fraîche », et faisais part de mon déchirement entre le bien-fondé de révélations libératrices pour la condition féminine, et les abus qui ne manqueraient pas de résulter de l’ouverture de cette boîte de Pandore.

Et de manière aussi prévisible qu’une inondation, le débordement a eu lieu.

Étrange débordement, puisqu’on sait déjà que malgré la pléthore de rumeurs et de fausses accusations, on est toujours très en dessous du nombre réel de cas authentiques qui mériteraient d’éclater et resteront pourtant toujours étouffés sous le couvercle de la pudibonderie et de la pression sociale.


On notera la superbe coïncidence qui vaut à Orelsan de récolter des lauriers aux Victoires de la musique, après avoir été poursuivi pour quelques chansons infâmes comme « Sale pute » et s’être vu  absous par la justice  au motif de « liberté de création artistique »….avec des attendus qui ignorent superbement les lois qui répriment l’incitation à la haine,  qui constituaient pourtant le motif de la plainte. Lui, affirme... "qu'il plaisante".

Maintenant qu’on a un échantillon de la perspicacité de la justice en la matière, on peut réexaminer à cette lumière tout ce que nous apportent l’actualité, et surtout le buzz, sur ce sujet brûlant.

Depuis le mois d’octobre, le « père fondateur » Weinstein n’a toujours pas eu affaire à la justice. Elle s’est contentée d’ouvrir une enquête préliminaire, mais dans un pays où les juges sont élus et liés aux partis politiques, on hésite forcément à donner un coup de pied dans la fourmilière financière d’Hollywood.

Certes, quelques initiatives individuelles ont commencé à faire un peu de ménage, mais le principe d’un système auto-nettoyant privé du soutien d’une justice indépendante fait ressembler les purges davantage à des règlement de comptes qu’à des œuvres de salut public.

Notre belle actualité hexagonale se garde bien de nous raconter ce qui se passe dans d’autres pays.

Un article bien documenté du Figaro (ça arrive…)  nous renseigne sur la perception du viol à travers le monde, mais se garde bien de nous parler d’exemple précis en matière d’accusation de personnages publics, artistiques ou politiques.

Dans notre étroit hexagone, l’accusation la plus « spectaculaire »  est sans doute celle de Tariq Ramadan, dont les groupies restent si virulents qu’il a fallu placer l’une de ses victimes sous protection policière.

Cela fait toujours un peu sourire de voir un moraliste pris à son propre piège, même si la « morale » de Tariq Ramadan avait une géométrie très variable.

Interrogé sur l’excision, il considérait qu’on ne peut pas interdire « brutalement » une tradition si ancienne,   et sur la lapidation des femmes, qu’on ne pouvait pas non plus l’interdire tout d'un coup, et qu’il lui semblait plus « sage » d’instaurer un simple moratoire sur cette pratique barbare, afin d’y réfléchir plus posément…

J’ai voulu trouver des dessins humoristiques sur le « cas Ramadan » mais ils sont tous de si mauvais goût que j’ai préféré y renoncer. C’est vrai qu’il n’est pas facile de rigoler sainement à propos du monsieur. Alors, comme sa photo, on ne l’a que trop vue, il restera à l’état de texte.


Il y a aussi le cas de Gérard Darmanin. Bien sûr, il y a la « présomption d’innocence » qui s’impose tant que la justice ne s’est pas prononcée, mais ça n’empêche pas de réfléchir.




Darmanin qui s’est illustré en politique comme assistant, puis directeur de campagne du malencontreux Christian Vanneste, celui qui, avec Christine Boutin, a été le plus souvent décoré sur le front de l’homophobie. On ne se prononcera pas sur les faits, - présomption d’innocence oblige -, tout en n’ignorant pas qu’il a été sollicité par la plaignante pour une « intervention politique », et que sa rencontre avec elle, sitôt sorti de sa permanence, est passée par un célèbre club libertin   pour finir dans une chambre d’hôtel. L’instruction appréciera. 

Revenons juste sur les prises de positions homophobes de l’individu, qui donnent une idée de son aptitude à retourner sa veste, puisqu’après en avoir été le parangon, il est entré aujourd’hui dans un gouvernement d’où l’homophobie est largement exclue.

Ses retournements de veste ne concernent d’ailleurs pas seulement ses prises de position homophobes : l’homme est capable d’avaler son mouchoir et d’accepter sans vergogne de devenir ministre et « faire carrière » – c’est le mot qui convient -au service d’un homme qu’il vilipendait peu de temps auparavant :



Alors je me dis qu’il est difficile de regarder comme sincère un homme qui fait si peu de cas de ses convictions et en change si facilement au gré des opportunités. Si ses prises de positions homophobes aujourd’hui regrettées étaient un cri primal, - ce que je crois -, ne cachent-elles pas chez le bonhomme un certain malaise en la matière ? On ne parle de son estomac que quand il vous brûle et des ses articulations que quand on a des rhumatismes… Alors, les gens qui parlent si fort de la sexualité des autres, surtout pour en dire du mal…



La suspicion d’un tel malaise personnel ne met-elle pas le personnage « en situation » d’être suspecté d’agression sexuelle ? Est-le hasard si « c’est tombé sur lui » ? 

Je n'ai pas mis à l'ordre du jour de cet article le cynisme de Macron, qui a embauché Darmanin sans ignorer, -n'en doutons pas -, les antécédents du personnage.


Mon long itinéraire de militant contre l’homophobie m’a donné beaucoup à voir sur les coulisses non seulement de l’homophobie, mais de toutes les haines et incitations aux discriminations sexuelles.

Derrière elles se cache presque toujours un profond malaise, et l’expression publique des « détestations sexuelles » est en général une maladroite couverture que ces pseudo-moralistes tentent de jeter sur leurs propres turpitudes.

C’est au point qu’un site américain fait la liste détaillée de tous les homophobes qui se sont fait attraper avec la main dans la culotte d’un autre… Et elle est longue et sans cesse rallongée...


La liste comporte leurs titres, et l’athée que je suis y voit avec délectation le nombre de « Rev » (Révérend », « Msgr » (Monseigneur), « Bp » (bishop = évèque), et même un cardinal… qui ont propagé leurs saintes huiles avec un goupillon si peu ecclésiastique.

Mais pour rester dans le sujet, considérons aussi le nombre de shérifs, procureurs, députés et sénateurs qui ont bâti leur élection sur l'homophobie avant de se faire attraper de la manière la plus sotte qui soit.

La défense des droits, c’est une affaire politique. Les LGBT, en voulant défendre les leurs, les ont donc nécessairement placés sur l’échiquier politique. Et comme toute liberté individuelle, la liberté sexuelle – pas seulement LGBT -, est donc devenue un enjeu politique.

« L’homophobie – enjeu politique- est d’ailleurs actuellement l’un des sujets d’étude prioritaire des associations qui se préoccupent de droits de l’homme, et pas seulement LGBT. Un petit tour de planète démontre que le sort du droit des femmes et celui des homosexuels sont étroitement liés dans les pays où ils sont mis en cause. Jamais l’un sans l’autre. De là à déduire que les dictateurs sont des mal-baisés…

L’homophobie et le respect dû aux femmes sont devenus des munitions, des grenades, des boulettes explosives ou empoisonnées qu’on se jette à la figure comme une arme du conflit sans réfléchir qu’en usant d’arguments aussi bestiaux, on instrumentalise toutes les minorités concernées par ce droit devenu symbole, mais ravalé au rang d’outil.

Les réactionnaires de tous poils n’ont rien à foutre du droit des femmes ou des homosexuels si le fait de les traîner dans la boue au risque de provoquer des massacres peut leur faire gagner quelques voix et les hisser de quelques marches vers le trône du pouvoir.

Nous sommes pourtant des Hommes et des Femmes, mais entre leurs mains, nous ne sommes plus que des arguments, des munitions, des pions d’une effroyable partie de poker.