samedi 18 mai 2013

448° Quel accouchement !







Sans doute ne sommes-nous pas au bout des gesticulations et épilepsies homophobes qui ont marqué si douloureusement la longue gestation de la loi sur le mariage pour tous.

Ce qui n'était au départ qu'une mesure d'égalité républicaine et de reconnaissance citoyenne a provoqué, par le truchement de quelques arrivistes en mal de talent et de quelques politiciens prêts à la plus imbécile contradiction pour se démarquer de leurs opposants, une vague de haine homophobe, de discrimination et d'intolérance à un niveau inégalé depuis Vichy.


Au moins, les masques sont tombés. Le vote a montré qu'à l'UMP, sur plusieurs centaines de députés, il n'y en a pas dix qui considèrent que les homosexuels sont des gens comme tout le monde.
Le pays des droits de l'homme où nous croyions résider a quand même souffert d'une fièvre purulente qui rentrera dans l'histoire. Le bêtisier des déclarations homophobes entendues en quelques mois doit rester dans nos archives pour être rappelé lorsque leurs auteurs prétendront se faire élire ou réélire....
La droite bigote nous a insulté, traîné dans la boue, considéré comme des Français de seconde zone, avec des droits inférieurs aux autres, nous a traité de pédophiles, de violeurs d'enfants, d'incapables, de contre-nature et de bien d'autres choses épouvantables pourtant inconnues des évangiles.

Les gays de France sauront s'en souvenir à l'approche des prochaines élections, et rappeler au bon peuple avec tous les détails nécessaires quels monstres froids et pleins de haine réclament leur suffrage.



Il nous reste à subir l'écoulement jusqu'à l'égout de tous les miasmes de frustration, de domination blessée et d'arrogance brisée de ceux qui ont cru qu'il n'y avait pas d'autre moyen de s'aimer que le leur, celui décrit dans leurs livres poussiéreux, et transmis par leurs arrière-grand-mères...

Encore a-t-il fallu que, ce matin, en signant la promulgation, le président Hollande se fende d'un avertissement à l'attention des séditieux qui n'acceptent pas les lois de la République, qui parlent de démocratie et de voix du peule pour les contester alors qu'ils ne représentent que quelques litanies de sacristie et quelques vaticinations de café du commerce. J'espère que cette déclaration d'intention ne restera pas incantatoire et que ceux qui viendront troubler des cérémonies républicaines de mariage seront bel et bien arrêtés en condamnés en conséquence. La sédition a assez duré et la guerre sainte n'a pas sa place dans ce pays.

Stop aux discours où le sens des mots est tordu, où les obscures démonstrations ne sont que d'inextricables nœuds de sophismes, où les fantasmes des crédules prétendent faire la loi et où les  soi-disant bonnes intentions ne sont que de pures impostures.

Hier soir déjà, une bande de conjurés a joué à cache cache dans Paris avec la police, hurlé sa bêtise à la face des journalistes et prétendu représenter une France qui aurait pourtant bien honte de leur ressembler.

Il faut que les Boutin, Barjot et autres bons et mauvais Gibaud comprennent que dorénavant et plus que jamais, plus ils en feront, plus ils se couvriront de honte et d'opprobre, plus ils saliront leur cause, fatigueront l'opinion publique de leurs extravagances et se verront exclure par un pays qui a autre chose à faire que d'entendre les jérémiades de leurs pauvres fantasmes contrariés.






jeudi 25 avril 2013

447° Les murs, c'est souvent des histoires de cons.







Je cite partiellement Jean François Copé à propos du « mur des cons » :

« Sur quelle base, quels critères, des noms ont-ils été placardés sur ce mur..., c'est un sujet tellement grave... Comment en est on arrivé là... ; Quand je pense à Monsieur Guaino qui a été traîné devant la justice pour avoir donné un avis sur un magistrat ».

Alors, comme dirait Mâme Morano, faut tout qu'on reprenne du début.

Lequel d'entre nous n'a jamais épinglé, dans le secret de son bureau, l'effigie d'un personnage détesté ou pour lequel on n'éprouve aucune sympathie ? Pour ma part, j'avais suspendu au-dessus de mon ordinateur une petite poupée vaudou de Sarkozy dans laquelle je plantais une aiguille chaque fois que quelque chose me choquait dans la politique du bonhomme. 


Sa productivité en la matière fut telle qu'il y eut rapidement plus d'aiguilles que de poupée. Lorsque j'ai vu que la justice prenait le relais, j'ai récupéré mes aiguilles et donné la pelote au chat. Je possède toujours, affiché au bord d'une étagère, l'un des billets de 500 euros à l'effigie de Sarkozy que Christophe Alévèque distribuait à ses spectateurs lors de son dernier spectacle.

En son temps, Charles Pasqua participa également à son corps défendant à la décoration de mon bureau. 


Le syndicat de la magistrature n'est pas un organisme d'état, mais, vraisemblablement comme tous les syndicats, une association 1901 de droit privé. Le fameux « mur des cons » se situe, la vidéo dénonciatrice le montre également, dans un bureau encombré, inaccessible au public, -il faut se faufiler entre les meubles-. Il doit être le passe-temps de quelques secrétaires auxquelles la réglementation interdit le bocal de poissons rouges dans un bureau où la climatisation fait crever toutes les plantes vertes en quelques jours. « C'est un sujet tellement grave ...» nous dit Monsieur Copé. 

Si on compte le nombre de portes d'armoires de vestiaires au dos desquelles on voit encore Carla Bruni dans le plus simple appareil, ça confine même à l'affaire d'état, non ? Je m'étonne que cette droite qui voit des affaires d'état partout, et jusque dans la modification du calendrier parlementaire du mariage pour tous n'ai pas exigé les foudres de la justice contre l'intérieur des portes de vestiaire.



« Sur quelles bases, quels critères, des noms ont-ils été placardés sur ce mur ? » continue Monsieur Copé.
Ah, que voilà une bonne question ! Que peuvent avoir en commun des personnages qu'on a réuni sur le mur des cons ? Je me le demande bien, moi. Pas vous ? Ils sont tous de droite, nous dit-on...
Mais toute la droite n'y est pas, pour autant. Alors quoi d' autre ? Quelle particularité précise auraient-ils en commun ?

Quand la commission d’enquête réclamée à cors et à cris par quelques ténors de droite, justement, établira enfin quel lien ténu a réuni là ces quelques portraits, cette découverte ne risque-t-elle pas d'être préjudiciable aux intéressés ?

« Comment en est-on arrivé là ?» se demande monsieur Copé. On voit qu'il n'a pas l'habitude des lieux associatifs. Parions qu'il y a des années que les secrétaires de ce bureau ont demandé qu'on donne un coup de peinture dans la pièce, et qu'un économe pingre et avaricieux a décidé qu'il n'était pas encore assez décrépi ? Alors, ces dames ont fait un peu de décoration … Caché la merde au chat, comme on dit en politique...

Et enfin, Monsieur Copé établit un parallèle avec les foudres de la Justice déchaînées contre l'inoffensif Henri Guaino, qui avait déclaré, urbi et orbi, suite à la mise en examen de Nicolas Sarkozy, que ". "Le juge, par cette accusation infamante, insultante contre Nicolas Sarkozy, a déshonoré la justice ! Il a sali la France en direct et devant le monde entier"



Petite nuance : Henri Guaino a dit ça sur l'antenne d'Europe 1. Il aurait plutôt dû l'écrire sur le mur du fond du bureau d'une secrétaire d'association, cela lui aurait épargné les poursuites dont il est l'objet...




mardi 16 avril 2013

446° Il est temps de sortir le Karcher.






Il y a trois bons mois que tout le monde voit pourrir de jour en jour la contestation du mariage gay, la regarde sans réagir s'infecter d’extrême droite purulente et devenir l'instrument brandi par une droite revancharde à l'encontre d'une gauche quelque peu ensablée...

© polytweet.net


Et finalement, tout le monde s'en fout... Le sort des homosexuels, leur égalité républicaine, c'est bien joli, mais c'est salissant. On compte sur les doigts d'une main, -et encore-, les figures politiques qui se sont dressées pour défendre la pleine citoyenneté des homosexuels.
Christiane Taubira l'a fait, et elle restera dans l'histoire comme l'égérie du mariage homosexuel. On imagine le peu d'élus qui souhaitent revêtir pareil costume. Le gouvernement s'est lancé dans l'aventure sous la pression des instances européennes qui sont résolument favorables au projet, mais la démonstration est faite que l'humanisme protestant qui préside à Bruxelles est plus gay-friendly que la laïcité à la française encore mal libérée d'un catholicisme à l'ancienne.

On ne pouvait pas continuer à cultiver le pourrissement comme ça, d'autant plus que les revendications fascistes « de faire tomber le régime » commençaient à devenir plus audibles que les litanies papa-maman des gogos embarqués dans cette galère sans aucune autre information sur l'homosexualité que celle des dogmes brandis par les Barbarin et Vingttrois de service.

Enfin, après tous ces malodorants remue-ménages, les marionnettistes de toute cette opération montrent leur nez: c'est bien l'extrême droite qui manipule le vote de cette loi pour essayer de semer la zizanie dont elle se nourrit.
La preuve: dans tous les pays du monde où une telle loi a été votée, plus de trente à l'heure actuelle, nulle part on n'a vu des nazillons avec le bras levé, des crânes rasés mélangés aux curés intégristes et toute la fachosphère se ranger en ordre de bataille derrière les homophobes.

Il n'y a qu'en France que ça arrive: demandez-vous pourquoi.


Zorro serait-il enfin arrivé ?
Hier, face au Code Civil brandi par la Barjot, Manuel Valls se dresse enfin avec un Code Pénal à la main. Je pense que le sort des homosexuels, il s'en fout autant que tous les autres, mais le bordel sur la voie publique, les élans séditieux des factions qui contestent la légitimité du pouvoir, les attaques en règle contre les élus, il n'aime pas, et en plus, c'est justement son job d'y faire face.
Et puis, ça présente pas bien sur le curriculum vitae d'un ministre de l'intérieur encore jeune, avec devant lui une carrière politique pleine de promesses.


Alors, la préfecture de police a pondu un communiqué de presse en forme d'avertissement que les Barjot, Bourges et autres agités du printemps feraient bien de méditer longuement.
Communiqué de presse qui dit tout haut ce que nombre de Français pensent tout bas, et là, rien à voir avec les discours de Marine : en deux mots que tous ces excités seraient bien avisés de lâcher la grappe au gouvernement élu de la République d'une part et aux homosexuels de l'autre. Voilà qui est fait. Avec à l'appui rappel de sanctions promises aux organisateurs et aux manifestants.


Rappelons que l'interdiction des Champs Elysées a été signifiée à Frigide Barjot le 22 février, et que son site à continué à convoquer les foules à cet endroit jusqu'au 22 mars, 48 heures avant sa manif ! Là déjà, il y avait organisation de manif interdite, (-la loi prévoit un préavis de cinq jours-), et le pouvoir a laissé faire. On a vu le bazar qui en a résulté.
Combien de troubles causés par les nazillons (Erwann Binet deux fois, Caroline Fourest assiégée dans son train en gare de Nantes, Taubira à l'Opéra de Lyon, etc...)


Ça suffit maintenant. Dans une agression physique, l'auteur du slogan, de la parole qui libère le geste possède une part de responsabilité. Quand j'entends Fillon parler de « sécurisation des enfants » à propos de parents homosexuels, Sarkozy dire « qu'ils vont se mettre à quatre pour faire un enfant », je ne sais plus quelle autre cloche parler de voie ouverte vers des mariages avec des animaux ou des objets et entendre des ecclésiastiques parler d'effondrement de la société alors que rien ne s'est effondré dans les pays qui ont voté le mariage pour tous depuis longtemps, je pense, j'affirme que tous ces gens devraient être poursuivis pour incitation à la violence.


Stop à toutes ces dérives. Que les manifestants hors-cadre soient poursuivis. Pas interpellés, poursuivis. Que les organisateurs soient tenus de publier leurs comptes. (On attend toujours...) Quel les exhortateurs de tous poils soient rendus complices des débordements que leurs vaticinations oratoires ont engendrées, que les prêtres soient renvoyés dans leurs églises où personne n'a d'ailleurs jamais demandé d'introduire le mariage pour tous. (Pourquoi en sortent-ils ? Ils ne sont pas concernés. Qu'on leur applique la loi sur les prières de rue qu'ils ont réclamée à l'encontre des autres !



Que la presse dénonce les invraisemblances trouvées dans la bouche des anti, du genre « on est cinq cent mille, ne pas nous entendre est une atteinte à la démocratie ». La démocratie a parlé en 2012. Dire le contraire s'appelle de la sédition, et c'est un délit.
 La droite dénonce « le laxisme » et « l'angélisme » de la gauche à l'encontre des « voyous ». Et ce serait elle qui en profiterait ? Que tous ces imprécateurs soient traités comme des voyous !







vendredi 29 mars 2013

445° Jusqu'où ira la manip pour tous ?








Le monde civilisé se demandait quelle mouche avait bien pu piquer la France en assistant avec consternation à la montée de haine et d'homophobie suscitée par le vote de la loi sur le mariage pour tous. Les images des homophobes défilant à Paris avec leurs enfants en bouclier humain et des nervis le bras tendus ont fait le tour du monde.

Très vexée de la déconfiture de son petit timonier en 2012, la droite cherche des prises de toutes sortes pour accabler le nouveau pouvoir, et l'extension du mariage aux homosexuels, qui contient intrinsèquement l'octroi de nouveaux droits à une communauté habituellement vouée au rôle de bouc émissaire était un trop bel appât pour qu'ils n'y mordent pas.

Pensez donc, Monseigneur, en quoi allons nous incarner le diable si les homosexuels deviennent des citoyens comme les autres ?

C'est bien pour cela que dans leur très hypocrite bienveillance, les stratèges les moins cons des forces réactionnaires persistent à proposer au monde homosexuel un mariage sur mesure, un contrat spécial, un sauf conduit à triangle rose qui rappellerait bien que leur titulaire sont provisoirement et exceptionnellement autorisés à vivre et aimer comme les autres, mais qu'ils restent bien frappés d'un sceau d'asociabilité, parqués dans un réduit législatif, reconnus comme sous-citoyens, et que même cette situation est révocable à merci. 


Et c'est également bien pour cela que les Gays n'ont cessé d'exiger d'être fondus dans le lot commun, régis par la même loi que tous les Français, et ont dédaigné touts les sauf-conduits qui leur ont été proposés.

D'où l'aspect insupportable de cette universalisation de l'égalité citoyenne au regard de ceux qui persistent à considérer que les homosexuels ne sont pas des gens comme les autres.

Au nombre des plus enragés, on trouve, bien sûr, d'extrème-droite, qui a besoin de posséder pour son argumentaire un éventail aussi large que possible de communautés opposables à la xénophobie.
Pour eux, les étrangers, les Roms, c'est bien, mais ce n'est pas du made-in-France. Avoir un volant de bouc émissaires bien français, qui permette de démontrer que le ver est dans le fruit et qu'en conséquence, il faut éradiquer l'opposition, c'est bien plus pratique. 



Ce qui explique l'attribution du rôle d'ennemi de l'intérieur accordé jadis aux Juifs, et aujourd'hui aux Gays dans le générique de la saga fasciste. Il y a aussi les « assistés » qui sont dans l'antichambre du tribunal populiste.

Pour les intégristes, les justifications de l'intolérance sont encore plus simples. La foi dispense de raisonnement. Quand on leur demande d'expliquer leurs principes, il n'ont même pas besoin d'argument ni d'argumentaire : tout est écrit. On ne sait ni par qui ni quand ni comment, on en déduit donc que c'est par la main de dieu, et le tour est joué. Les religions choisissent des cibles aussi misérables que possible : dans les pays riches, d'immenses légion des mal-baisés constituent pour elles un auditoire de prédilection.  

Pour appâter les gogos du tiers monde, on leur promet l'égalité. Pour appâter les gogos des pays nantis, on leur propose une inégalité basée sur l'abaissement de certains autres.

« Quand on ne peut pas briller de sa propre lumière, on essaie d’éteindre celle des autres ».


 Le système prônant les frustrations comme mode de développement de la personnalité, l’exécration des bons-vivants s'y intègre naturellement, et au nombre de ceux-ci, les gays, dont le mode relationnel, jamais reconnu et donc jamais réglementé, se construit de nouveaux statuts dans les contrées vierges et inconnues du maquis et de la terra incognita.

Tout le problème est la manière dont les choses dégénèrent. Car elles dégénèrent. D'abord, constatons que le mouvement de la manif pour tous n'était au départ que la rencontre fortuite de quelques homophobes hyper-cathos et de starlettes en désuétude prêtes à ferrailler pour n'importe quelle cause afin de se replâtrer une célébrité. Sans l'intervention médiatisée de Barjot et Bongibault, il ne serait resté qu'une manif de Civitas agenouillée derrière ses bannières.


Mais constatons aussi que la manif pour tous appartient de moins en moins à ses créateurs,  et devient de jour en jour « la chose » de l'extrême droite. Les slogans y sont de moins en moins ciblés sur « la mariage homo » comme ils disent, et de plus en plus globalement homophobes. Leur cible va en s'élargissant, visant tout le gouvernement, la personne de François Hollande, et même la gauche en général, puisque se rassemblent autour du thème du mariage pour tous de plus en plus de petits cerveaux qui ignorent la démocratie et pensent qu'il n'est de pouvoir légitime que très à droite.

Ah ! Si Hollande avait écouté les conseils des assoces LGBT, qui connaissent bien la communication sur le sujet, et avait emballé le vote dans la foulée de son élection... Tout comme Mitterand avait, en 1981, expédié pendant l'été l'abolition de la peine de mort et la dépénalisation de l'homosexualité, deux sujets sur lesquels, comme aujourd'hui avec le mariage universel, la France avait accumulé un retard conséquent sur les grands pays du monde libre.

Non... François Hollande a préféré prendre son temps et organiser un interminable débat, qu'il n'arrive plus à clore aujourd'hui, tant les harpies du conservatisme, toujours à l’affût, se sont emparé des faits et propos pour les déformer et les instrumentaliser à souhait. On lui avait bien dit de ne pas ouvrir la boîte de Pandore... Maintenant, elle est ouverte et il faut la clore à nouveau.
Car la politique de la droite dure, qui procède volontiers par amalgames grossiers, (arabes = voleurs, homosexuels = pédophiles) a tôt fait d'associer à ce sujet de société des croyances religieuses qui n'ont rien à faire dans le code civil, de lier ce pauvre ragoût de la sauce des quelques difficultés apportées par « la crise » pour mitonner un infâme bouillon d'hostilité et de haine dont tous les effluves visent la légitimité de la gauche au pouvoir, la laïcité de la république, et l’égalité des citoyens.

Voilà maintenant le pays quasiment divisé par un sujet qui ne concerne qu'une minorité (il y a en France environ 7 millions d'homosexuel(le)s), bruyamment instrumentalisé par une minorité plus réduite encore... (l’extrême droite, combien de divisions?)

Certes, cela nous a donné un incomparable bêtisier de déclarations homophobes, mais ce triste spectacle était-il souhaitable devant un public qui aurait tout à gagner à s'unir devant la crise ?


Et avions nous besoin que les pays qui nous regardent encore comme un phare de culture et le berceau des Lumières découvrent avec stupéfaction que sous l'écorce du chêne de St. Louis grouille un invraisemblable fourmillement de cancrelats moyenâgeux, de barbares en puissance et de gros bras sans cervelle ?

L'Inter-LGBT, HES, SOS Homophobie et d'autres s'inquiètent à juste titre de cette résurgence de la haine homophobe et de son exploitation à des fins politiciennes qui envahit les campagnes de notre démocratie comme une vague de tsunami.

Ce sont les mêmes qui, lorsque les citoyens réclament des droits ou du pouvoir d'achat dans des manifestations encadrées et autorisées, clament que « la politique ne se fait pas dans la rue » et qui viennent aujourd'hui, dans des mouvements de foules débordants, au mépris des autorisations de manifester, braver bêtement les forces de l'ordre pour mieux se victimiser.

Ce sont les mêmes qui dénient les manifestations revendicatives où des citoyens réclament des droits et des avantages justes et égaux, qui viennent aujourd'hui emplir nos rues de déferlements dont l'objet n’est ni l'égalité ni la plénitude des droits, mais au contraire la prolongation d'une inégalité qui n'a que trop duré et la privation, pour toute une minorité, de droits que eux possèdent déjà...

Ce sont ces parents indignes qui sont montés à l'assaut des CRS poussettes en avant et marmots sur les bras qui veulent démontrer que des parents homosexuels ne sauraient pas élever leurs enfants ?

Pendant qu'on voyait ces lâches aventuriers clamer leur haine à la télévision, les quelque 25 000 enfants de couples homosexuels, bien au chaud à la maison, devaient se féliciter de ne pas avoir eu des parents hétérosexuels comme ceux-là !

Certains de leurs ténors sont à l'homophobie ce que les Drumont et les Brasillach furent à l'antisémitisme. En leur temps, peu de citoyens ne vinrent les contredire. Quel homme politique se dresse aujourd'hui pour asséner fortement la pleine citoyenneté des homosexuels, piétiner les jeux de mots et abus de langage dont ils sont les victimes (Je ne suis pas homophobe, mais tout de même...), réclamer l'égalité des droits pour tous, et renvoyer aux gémonies les Adam et Ève que des illuminés viennent brandir face au Code Civil ?


Quel journal titrera « J'accuse » sur cinq colonnes, quel tribun dénoncera l'insaisissable anguille homophobe qui, dans les quartiers, les écoles, les entreprises, passe et repasse autour des homosexuels en soulevant la vase autour d'eux jusqu'à ce que les coups qu'ils reçoivent deviennent invisibles à la foule et se perdent dans les brumes de la rumeur?

Voilà ces séditieux décidés à aller manifester devant le Sénat, lieu d'exercice de la démocratie, comme pour tordre le bras à Marianne et lui faire dire ce qu'elle ne veut pas dire ?

Ce ne sont plus les manipulateurs pour tous qui dérapent, c'est toute une opinion publique encouragée par des médias ravis de l'aubaine, attirés par l’événement pour en faire des gros titres malsains ...

L'histoire montre que l'arrivée des crises déclenche des bousculades du genre « chacun-pour-soi , c'est la faute au voisin » qui sont souvent fatales aux minorités. En sommes nous arrivés là ?

Pour ma part, je reprendrais bien un peu de république, avec un zeste de démocratie.





Plein de tuyaux et de liens passionnants sur l'infiltration de la manif pour tous par l'extrême-droite sur:


et pas seulement sur la récupération et l'instrumentalisation  par l'extrême droite de la petite crise d'eczéma homophobe provoquée par l'interminable débat du mariage pour tous...




mercredi 13 mars 2013

444° Xavier Bongibault sera-t-il tondu ?






Le CSA n'a pas été choqué de ce que les chaînes de télévision, notamment BFM, aient consacré une journée presque entière à la manif pour tous des homophobes, mais préféré s’appesantir sur le Vendée-Globe le jour de la Marche pour l’Égalité...

Or BFM et TF1, qui sont privés, on peut les boycotter vu la médiocrité et le parti-pris des informations qu'elles fournissent, mais France 2, on la paie très cher à travers la redevance, et ce n'est pas pour qu'elle passe quasiment sous silence une manifestation pour l'égalité des droits qui, au-delà de son « rendement » budget/affluence, concerne un point d'égalité républicaine qui me semble prévaloir sur toutes les idolâtries qui ont motivé la manif homophobe.

Pendant que les médias trahissent l'égalité républicaine, on attend impatiemment le 24 mars, pour voir si Frigide Barjot et ses homophobes seront autorisés à fouler les Champs Elysées. Certes, c'est plus solide que la pelouse du Champ de Mars, surtout quand on est accompagné de brigades de nervis bottés, mais c'est surtout absolument inaccessible à toute manifestation revendicative.

Proximité de l’Élysée, de l'Ambassade des États-Unis et de la Chambre des Députés oblige. Sans parler du Soldat Inconnu qui a donné sa vie pour les libertés républicaines et se trouverait sans doute mal à l'aise de voir son dallage foulé par des réactionnaires qui veulent retirer à toute une catégorie de Français un droit que eux, possèdent déjà.

Et pendant que le monde attend bêtement une fumée blanche s'échapper d'un asile de vieillards, les ennemis du mariage pour tous continuent à déraper. D'ailleurs, comme le nez de Cyrano, ce n'est plus un dérapage, c'est pire qu'un glissement de terrain, ça confine à la dérive d'un continent.

Même Sarkozy s'y colle, qui établit un douteux parallèle entre la traçabilité de la viande et la traçabilité des enfants, un peu comme si l'état-civil n'existait pas....
Et il ne s'arrête pas là, hélas : il déclare dans Valeurs Actuelles  « que les gays vont vouloir se mettre à quatre pour avoir un enfant. »... 

Propos hautement malvenu dans la bouche d'un type qui a du se marier trois fois pour réaliser, - du moins jusqu'à à ce jour-, son projet familial...

Frigide Barjot, qui avait plagié le titre « Touche pas à mon sexe » créé l'an dernier par Gérard Zwang, pour intituler son  bouquin et avait, avec son éditeur, accepté (pour éviter le procès) le retrait de la vente de son peu indispensable pensum, continue à le vendre en cachette lors des réunions chapelet-bénitier qu'elle organise ça et là en province. (J'avais d'abord écrit les réunions-Tupperware, mais Tupperware est une marque déposée....)

Déjà qu'elle en vendait bien peu en librairie (800 en quinze jours d'après les manifestants..)
On notera que les Éditions Mordicus, embarquées avec elle dans cette galère, ont été fondées et sont dirigées par Emmanuelle Duverger, épouse du journaliste Robert Ménard.

Photo:
Xavier Bongibault, lui, patauge dans un fantasme aux relents de nazisme. Après avoir comparé François Hollande à Hitler le jour de leur marche de janvier, et avoir dû s'excuser en conséquence, le voilà maintenant qui traite de « collabos » les partisans du mariage pour tous !!!

Mon humble avis est que le qualificatif de « collabo » s'appliquerait plutôt à un homosexuel qui trahit sa tribu pour prendre le parti de ceux qui contestent l'égalité des droits des LGBT. Les Français jugeront, et on verra bien qui sera tondu lorsque la loi sera promulguée. 

Xavier Bongibault n'est déjà plus très reconnu par ses pairs : le 22 Janvier dernier, il s'était vu refuser l'entrée à la soirée Dr Love, au Club Haussmann, 23 rue Taitbout, soirée très hype et courue des gays parisiens. Et je pense que ce n'est qu'un début de la longue solitude qui l'attend.



Depuis, le torchon brûle entre le Salon du Livre et les forces obscures du mariage hétéro..



Au jeu du plus con, le bureau des candidatures est toujours ouvert.

Dieudonné : le mariage pour tous est un projet sioniste... Alimentaire, mon cher Watson...


Et aux dernières nouvelles les célèbres duettistes Barjot – Bongibault sont apparus ensemble à Bruxelles, à une conférence de presse organisée par des opposants à l'IVG.


 Pressentant sans doute que leur combat est déjà perdu en France, il essaient de jeter une ancre à Bruxelles, afin d'y prendre pied pour continuer leur infamie parmi les milliers de lobbyistes les plus divers qui écument le Parlement Européen ? 

On ne saisit pas très bien le crédit qu'ils y trouveront dans une Europe déjà largement passée au mariage pour tous.....



mercredi 6 mars 2013

443° Scoumoune chez les ploucs...






Estrosi rhabillé pour plusieurs saisons.

L'actualité continue de résonner comme un magasin de casseroles un jour de tremblement de terre.
Chacun y va de son petit couplet, y compris et surtout du petit couplet qui les fait vivre en dépit de l'opinion publique et de la situation durement rappelée par la réalité.

Ainsi par exemple Christian Estrosi, député-maire UMP de Nice et même, depuis « la restructuration de janvier », vice-président de l'UMP, « le motodidacte » pour les intimes, ministre de l'industrie du gouvernement Fillion II, s'est-il mis en devoir de critiquer les résultats il est vrai encore peu convaincants du gouvernement en matière industrielle.

Mal lui en prend, car ses critiques sifflent au oreilles de Jérome Cahuzac, qui n'a pas fait ses classes dans les boxes d'un circuit automobile, et qui est justement, en tant que ministre du budget, en train de démêler les obscurs chignons laissés par le gouvernement précédent.

Cahuzac, il est très drôle dans la vie, ce qui fait que même lorsqu'il s'énerve et qu'il taille un costume à quelqu'un, il ne se départit pas de son humour et du coup, lui taille un costume de clown. Rhabillage très réussi du mannequin Estrosi, dont il rappelle très brièvement l'inconstance des opinions et l’immense œuvre inaccomplie :









Quand « la marche pour tous » marche dedans...

 Photo AFP
Les affaires de la Marche pour tous ne vont pas beaucoup mieux. Il est vrai que l'imposture était bien menée, avec les enfants et les familles modèle bien alignées en rang d'oignons au premier rang, mais les méchants marionnettistes cachés derrière étaient si grands et si vilains que l'opinion publique a fini par les remarquer. Il aura fallu un peu de temps, mais voilà un salutaire vent de printemps qui montre les coulisses peu affriolantes de l'aventure.

Pour montrer leur puissance, les homophobes travestis en papa-maman avaient déclaré que leur renommée était si grande et leur faveur si largement partagée dans le royaume qu'ils avaient amoncelé 700 000€ de dons pour mener à bien leur croisade.

Qu'à cela ne tienne, leur répond-on : la loi française, dans sa grande soif de justice républicaine, et très précisément la loi n° 87-571 du 23 juillet 1987 modifiée sur le développement du mécénat et son décret d'application n° 2009-540 du 14 mai 2009 prévoit que toute accumulation de dons de plus de 153 000€ doit faire l'objet d'une déclaration publique...

Une pétition est donc ouverte chez Avaaz, le grand spécialiste de la pétition, pour que les marcheurs pour tous nous expliquent d'où viennent leurs précieux écus et qui sont leurs généreux donateurs.



Pendant que cette pétition fait son chemin, une autre pétition, rédigée celle-là par la Marche pour Tous, s'est heurtée aux portes de bronze du Conseil Économique Social et Environnemental qui, de toute façon, n'avait pas autorité pour interférer avec le législatif, attendu que d'après les textes que Frigide Barjot avait mal lus ou volontairement négligés, « en vertu de l’article 69 de la Constitution et de l’article 2 de l’ordonnance du 29 décembre 1958 portant loi organique relative au Conseil économique social et environnemental, la saisine du CESE pour avis sur un projet de loi relève exclusivement du premier ministre »

Du coup, un quarteron de députés UMP menés par Jean Marc Lefur a déposé un projet de loi tendant à la suppression du Conseil Economique, Social et Environnemental. Vengeance!

Ah les Marcheurs pour tous auront au moins appris que quand on jette du caca dans le ventilateur, il ne faut pas rester devant ! L'arrosage continue...

Frigide Barjot avait publié un livre, disons un pensum intitulé « Touche pas à mon sexe ».
Avant même qu'un éventuel amateur lui demande avec combien de doigts, une forte voix s’est élevée dans l'assistance : celle de Gérard Zwang, qui avait publié un livre du même titre six mois plus tôt...
Nouveau coup du sort, donc : il faut retirer le livre de la vente et le mettre au pilon... Du coup, on apprend qu'il ne se vendait pas : seulement 800 exemplaire avaient trouvé preneur dans les quinze jours d'exposition dans les bacs. Et encore le communiqué ne précise-t-il pas si c'est 800 suivant la police ou suivant les manifestants...

Mais le sort continue à s'acharner...
Dieu aurait-il abandonné les Marcheurs pour Tous ? Voilà que le Sénat s'y met !

Le collectif de la Marche pour Tous prétend s'inscrire à la Commission des Lois du Sénat pour y être entendu. C'est compter sans le pragmatisme du sénateur Jean Pierre Michel, Premier vice-président de ladite Commission des Lois du Sénat, qui leur répond vertement qu'ils ne représentent rien d'institutionnel et qu'on les a déjà trop entendus. Cliquez sur la lettre ci-dessous pour l'agrandir.

Elle se passe de commentaires. Une association dont on ne connaît ni les statuts ni les comptes, née de rien en quelques semaines, ne représente qu'une flatulence de l'opinion publique, et le Sénat a d'autres sources autrement plus respectables pour se faire une idée, si besoin était.






Enfin, pour terminer en beauté, voici le blog d'un « repenti » du clan Barjot. Un très proche de la famille, qui retrace tout le tracé des protagonistes et pointe du doigts toutes leurs accointances -et elles sont nombreuses- avec l’extrême droite, et même la droite très extrême.
J'ai été très surpris d'apprendre que, parmi les dépouilles que j'ai piétinées sur le marbre et le trottoir d'Assas au début des années 70 se trouvaient peut-être celles des futurs Basile de Koch et de Karl Zéro. Le second semble avoir guéri des ravages du morpion brun qui le rongeait alors., c'est peut-être grâce à moi ?







lundi 11 février 2013

442° Le cinéma réinvente la lutte des classes !









Cinquante six ans après l'abolition de la troisième classe par la SNCF, quarante ans après la suppression de la première classe dans le métro, Gaumont-Pathé vient de réaliser un bond décisif dans la diffusion du cinéma et de la culture.


A l'heure où le Louvre et Beaubourg ouvrent des annexes en province pour offrir la culture au plus grand nombre possible, eux, resserrent les conditions d'accès pour faire carré VIP dans la salle, avec des trônes numérotés, s'exonérant de file d'attente et accaparant un espace que le cinephilus simplex, même en faisant la queue, ne peut plus occuper.

D'ailleurs, la presse spécialisée est loin d'être unanimement favorable à une mesure manifestement mal pensée, et les explications données par le circuit, qui prétend avoir réinventé le son stéréophonique, qui existe depuis des décennies, ne sont pas convaincantes.

A la rigueur, ils auraient transformé une paire de petites salles en auditoriums de grand luxe...On aurait pu penser que c'était la loi « impitoyable » du commerce... D'ailleurs, il en existe, que l'on peut louer pour se faire projeter tout ce qu'on veut. La nouveauté n'aurait été que de la faire tourner en permanent.




 Mais faire cohabiter dans le même théâtre des nababs sur trône en cuir posés avec arrogance au bon endroit et reléguant avec mépris le bon peuple dans les coins, c'est réinventer une ségrégation dont le tissu social moderne se passe volontiers.
C'est vrai qu'au théâtre, il y a les fauteuils d'orchestre, le premier balcon, les autres balcons, les galeries et les loges... Mais une séance de cinéma ne sera jamais une représentation théâtrale...

Technicien du cinéma à la retraite, j'ai été de longues années salarié successivement par ces trois sociétés. D'abord, Pathé, puis Gaumont, puis par la fusion des salles Gaumont et des salles Pathé intitulée Europalaces. Si j'ai vécu, avec les deux premières, des moments relativement intéressants, le dernier souvenir que je conserve de la troisième est l'image d'un prétoire de prud'hommes dont je suis sorti perdant peu de temps avant ma retraite. C'est dire si je ne suis pas surpris des manières de cet exploitant, dont chaque initiative a heurté ma culture cinématographique jusqu'au clash final...

Dans un cinéma, les meilleures places sont effectivement le carré de fauteuils du milieu. -Plus ou moins avancé suivant le rapport de taille salle/écran.
Et ceci pour deux raisons :
D'abord pour voir une image sans déformation, des carrés bien carrés et des ronds bien ronds, il faut être en face de l'image. Seuls les amoureux qui préfèrent l'obscurité vont se terrer dans les coins.
Ensuite pour profiter du son stéréophonique, dont les effets ne sont pas uniquement gauche/droite, mais également avant/arrière, il faut également être placé au milieu.

Votre serviteur en 1984, au Pathé-Marignan, sur les Champs Elysées...
La stéréo au cinéma, qui dispose en général de six pistes, est déjà ancienne : ce ne sont pas les nouvelles installations dont Pathé se prévaut qui vont l'inventer. Sans doute sont-elles d'une qualité encore améliorée, mais ce qui existait avant, même du temps de la pellicule, n'était pas négligeable.
Avec le passage au tout-numérique, c'est même devenu exceptionnel.

Les cinéphiles gèrent donc ces critères pour se placer dans la salle, le plus près possible du centre.

Ils ne pourront plus, sauf à s'offrir le supplément Premium... Les titulaires de cartes d'abonnement, autant dire les vrais cinéphiles, n'y auront plus doit, sauf à s'acquitter d'un surclassement. Et pas rien : le supplément serait de 2€ pour les titulaires de tickets « plein-pot » et de quatre à cinq euros pour les abonnés.

Donc voir le film d'une mauvaise place, ou payer quasiment le double. Consolons nous en nous disant que le Wepler est une salle de version française, et que les cinéphiles fréquentent davantage les salles de VO. Mais la carte d'abonnement n'est pas l'apanage des seuls cinéphiles : bon nombre de petits retraités en possèdent une pour assister aux séances de l'après-midi, peu fréquentées en semaine, et où ils pouvaient choisir librement leur place sans offenser le dieu marketing.
Personnellement, je ne suis pas concerné : lorsque MK2 a « divorcé » de la carte Gaumont-Pathé pour s'associer à l'UGC, je l'ai suivi : J'habite près du MK2 Bibliothèque, qui est, de mon avis de technicien, l'un des tous meilleurs cinémas de Paris. (Même s'il faudrait d'urgence revoir les fauteuils, surtout dans le carré du milieu!!!).

Néanmoins, l'avis du cinéphile que je suis est que pour faire face à la dématérialisation des supports, le cinéma doit baisser ses tarifs. Le passage, l'an dernier, au tout numérique, qui supprimait d'énormes frais de laboratoire et de copies en était l'occasion idéale. Or si les frais d'exploitation ont baissé, le spectateur n'a pas vu baisser le prix du billet...

Enfin, et pour avoir travaillé quarante ans dans des complexes cinématographiques, et non des moindres, je m'interroge sur deux choses :
D'abord les modalités -pratiques- d'application de cette stupidité : comment, une fois la salle éteinte, empêchera-t-on les spectateurs de changer de place ?
Ensuite, la moindre contrariété d'un spectateur se paie facilement cash par un fauteuil déchiré... Or là, le mécontentement du spectateur frustré va être précisément focalisé sur... les fauteuils...

De beaux casse-têtes en perspective.. …...
Amusez-vous bien les gars, mais sans moi ! Que c'est bon d'être à la retraite... !



dimanche 10 février 2013

441° L'abcès est-il définitivement crevé ?






Les deux derniers mois de l’actualité, et surtout les deux dernières semaines de débat parlementaire ont permis de faire sortir le pus nauséabond de l'infection homophobe.

Tout ce qui se disait en aparté sous les soi-disant respectables lambris des beaux quartiers et la prétendue bonne société a été étalé au grand jour. Toutes les peurs, les haines, les rancœurs sournoises, et aussi pas mal de frustrations et de fantasmes ont fait irruption dans le débat public.
photo Maxime Lejat
Le premier qui avait expliqué ses fantasmes tout haut était le cardinal Barbarin, au mois de septembre dernier. Alors qu'en demandant à pouvoir se marier comme tout le monde, les « homos » ne demandaient que la reconnaissance de leur amour, Barbarin, lui, semblait voir s’entrouvrir une porte vers ses fantasmes les plus démoniaques. «  ils vont vouloir faire des couples à trois ou quatre, et après, la barrière de l'inceste tombera ». 

Doucement, monsieur l’archevêque, il y a plein de gens sensés qui écoutent ! Ne confondez pas le micro de la radio et celui de votre église. L'auditoire n'est pas le même.

Depuis, lors des manifs et du débat, ça n'a été que redites et litanies de slogans mensongers et et questions reposées à l'infini bien que la réponse leur eût été donnée.
Mille fois, manifestants et députés ont déclaré les homosexuels incapables d'élever des enfants alors que les observations faites dans les pays où cette situation existe depuis longtemps démontre le contraire.
Mille fois, manifestants et députés ont déclaré que les institutions religieuses n'avaient été entendues que quatre minutes par la commission, alors que :

1° Elles n'avaient pas à être entendues dans un débat républicain, -et donc laïque-, sur le mariage civil.
2° Par pure grandeur d'âme, elles l'ont été pendant deux heures quarante minutes le 29 novembre 2012, enregistrements à l'appui mis en ligne sur Dailymotion.

Cinq mille fois, l’opposition a multiplié des amendements dont certains, vu leur caractère ordurier, zoophile ou injurieux auraient valu à leurs auteurs une convocation par le tribunal s'ils n'étaient hypocritement couverts par l'immunité parlementaire qui en permet de belles...




Qui aurait imaginé que les tréfonds de la société française recelaient pareils amoncellements de haine, de mépris, de suffisance, d'égoïsme ?
Qui aurait pensé que nos donneurs de leçons « professionnels », élus pour « représenter la parole du bon peuple » viendraient, « au nom de leurs électeurs », servir pareil bouillon d’infamie ?
Qui aurait cru, dans un autre sens, que le débile homophobe qui ronge sa frustration dans son coin en insultant les « assumés » et à la limite en les frappant la nuit dans les coins déserts allait trouver un député pour déverser au parlement, en langage politique, les logorrhées de fumier oratoire qu'il échange habituellement avec ses potes au café du coin ?
Qui aurait prédit qu'on trouverait en France, à l'instar des États Unis, des gens assez peu scrupuleux pour faire commerce d'homophobie, vendre de la haine pour redorer un blason d'artiste en panne ou tenter de se faire une place dans le petit grouillement parisiens des m'as-tu-vu ?

S'il était besoin d'une démonstration supplémentaire des ravages que peut faire la politicaillerie, y a-t-il meilleure illustration que ce débat ? La France est largement favorable au mariage homosexuel : il devrait en être de même dans les partis politiques...
Parmi les opposants, il doit bien s'en trouver qui votent à l'encontre de leurs sentiments personnels par discipline et appât de la réinvestiture de leur parti, engageant ainsi tout le pays et surtout les quelques sept millions d'homosexuels des deux sexes qu'il compte, dans la régression, l'inégalité et le malheur ?

Et qui a profité pleinement de cette cacophonie ? Les rares homophobes idéologiques, qui ont trouvé pour répandre leurs discours de haine des foules d'auditeurs qu'une campagne politique et démagogique, donc mensongère, a amené là pour des nécessités purement médiatiques ? ..

Quelle catégorie de gros cons a presque trouvé une stature dans ce répugnant déballage ? L'homophobe hypocrite, le pire de tous, celui qui proclame « Je ne suis pas homophobe, mais tout de même... ».
N’oublions pas que le fond de l'homophobie est une frustration : celle de ne pas s'autoriser à vivre la liberté sexuelle dont les autres profitent. Un sorte de jalousie du coincé du calbard devant celui qui s'épanouit.
Vous noterez que les homophobes attaquent toujours en bande, jamais seuls. Seuls devant un gay, ils se sentent péteux, réduits à leur frustration et à leur mal-baisance. Et ce sont eux qui prennent la baffe dans la figure.
En bande, ils cachent leurs faiblesses dans les hurlements de la meute, dans le mythe collectif qui leur permet de brandir dans l'action une bannière hétérosexuelle, chacun croyant être le seul mal-baisé du troupeau et espérant cacher son petit drame personnel en se mêlant aux vociférations. Dans la réalité, les bandes de casseurs de pédés ne sont que de malheureuses associations de caleçons en berne. On le constate d'ailleurs très bien au tribunal, lorsqu'ils doivent, tout penauds, raconter par le menu leur misérable existence à des juges souvent avides de détails croustillants.

Pour l'opinion publique, le débat a assez duré. La loi est votée. Frigide et son blondinet ne déplaceront plus au mois de mars qu'un quarteron d'intégristes, quelques grenouilles de bénitier et une escouade de crânes rasés.

La France a balafré son image de pays des Lumières, de la révolution, de la Laïcité, de la République et des Libertés. Elle a montré son retard par rapport aux autres pays, qui ont adopté la mesure sans tapage, y compris les très catholiques Espagne et Portugal, qui ont bien vu passer une manif, mais n'ont pas sombré comme nous dans un nauséabond déballage d'alcôve.

Tréfonds de la honte, en Angleterre, la mesure a été prise par les conservateurs. Nous cumulons la droite la plus bête du monde et la gauche la moins dynamique. Car si cette loi avait été préparée en même temps qu'elle était promise et adoptée dans les deux premiers mois de la législature, la droite n'aurait pas eu le temps d'agiter le marigot jusqu'à en faire remonter les boues et les limons les plus méphitiques.

Jusqu'ici, je croyais, naïvement, semble-t-il, qu'on allait manifester pour réclamer des droits supplémentaires ou refuser qu'on retire ceux que vous possédez déjà.
Jamais je n'aurais imaginé des Français capables de manifester pour exiger qu'on prive certains d'entre eux d'un droit que eux, possèdent déjà. Je trouve le principe parfaitement pétainiste.

Et pourtant, on n'a gagné qu'une bataille contre l'obscurantisme, pas la guerre : il va falloir gérer l'adoption et la PMA. Les gargouilles du Moyen-Age n'ont pas fini de cracher leurs insanies.


mardi 29 janvier 2013

440° Promis, Christine, on touchera pas nos cousines.






Voilà. On a marché.

La préfecture de police a coupé la manif en deux itinéraires, un par les boulevards St. Michel - St. Germain, l'autre par le Boulevard Arago – St. Marcel -de l'Hôpital et Austerlitz, sans doute pour éviter qu'un photographe trop bien placé démontre en image sa réelle ampleur. Ce n'est pas la CGT qui se laisserait manipuler comme ça.

Pour ma part, je me suis trouvé à 16 heures à l'angle St. Germain / St. Michel. D'un côté, je voyais le boulevard Saint Michel noir de monde à perte de vue au-delà du Luxembourg, ou des ballons et autres objets volants démontraient la présence de manifestants bien au-delà de ce que je pouvais voir, et de l'autre le boulevard Saint Germain également noir de monde jusqu'au virage de Saint Nicolas du Chardonnet. J'avais là sous les yeux bien plus que les 140 000 personnes octroyées par la Préfecture, et je n'ai jamais vu ceux qui sont passé par le boulevard Arago...


Saint Nicolas du Chardonnet où les policiers eux-mêmes, au risque de se trouer le fond de culotte en escaladant les grilles acérées, ont été arracher eux-mêmes une banderole qui montrait une jolie biquette et disait « avec les chèvres aussi ». On voit que l'intégrisme donne à ses adeptes uns inspiration naturaliste et champêtre. Soyez rassurés, pauvres ouailles du Chardonnet, on ne vous disputera pas vos chèvres.

La banderole qui m'a le plus amusé, -je n'ai pas pu la photographier... Elle disait :
« Promis Christine, on touchera pas nos cousines ».

Laquelle Boutin a promis que, si la loi passait, elle mettrait fin à sa carrière politique. Encore une promesse de droite dont je ne crois pas un mot.

Il y avait une ambiance bon enfant, avec une vraie France qui défilait, dans une spontanéité qu'on n'avait pas ressenti à la manif homophobe où toutes les fleurs de province restaient peureusement groupées pour ne pas rater le bus du retour.

La météo a arrêté la pluie quelques instants avant la formation du cortège, qui s'est mis en route dans la bonne humeur : Xavier Bongibault, le troisième doigt de Frigide Barjot, s'était vu la veille au soir refuser l'entrée du Love Club, soirée très prisée du gay-Paris qui se tient une fois par mois au très branché  Club Haussmann, 23 rue Taitbout...

Lui qui a voulu faire croire que la majorité des gays était de son avis commence à cueillir les fruits de son imposture.

Ce n'était pas la fête à Frigide non plus, puisque, la veille encore, elle s'était fait tacler par son beau-frère Karl Zéro, qui, sur Europe 1, l'a qualifiée de « piquée », et confirmé qu'elle agissait bien par pur opportunisme.
Dans un article précédent, j'avais déjà parlé de « l'imposture bien gérée qui paie  -ou pas» à propos de quelques uns des agitateurs de la déferlante homophobe.

Un qui n'est pas mal non plus, c'est Tugdual Derville. Ce n'est pas un nouveau venu dans le monde du coinçage de sexe puisqu'on le trouve dans l'Alliance Vita contre l'avortement ainsi que dans des associations opposées à l'euthanasie.


Ce cher Tugdual, devant la convention UMP dédiée au mariage pour tous, a opéré un dérapage qui devrait lui valoir une médaille olympique : Il a établi un parallèle entre la douloureuse incapacité de se marier des handicapés mentaux et la non moins douloureuse impossibilité qui, d'après lui,  touche les homosexuels.
Les handicapés vont être contents...

Les hordes homophobes révèlent leur force de frappe en créant à qui mieux-mieux les sites les plus divers.. Après Homovox, voici:
que mes amis informaticiens ont épluchés pour découvrir que le nom de domaine avait été déposé au Panama:

Registrant Street1:Attn: laissez-nous-voter.org
Registrant Street2:Aptds. 0850-00056
Registrant Street3:
Registrant City:Panama
Registrant State/Province:
Registrant Postal Code:Zona 15
Registrant Country:PA
Registrant Phone:+507.65995877


Qui possède les structures et l'argent pour acheter des noms de domaine au Panama ? Est-ce avec les 700 000€ que le trésorier de la Marche pour tous déclarait avoir recueillis sous forme de dons avant qu'on ne lui réclame de rembourser la pelouse labourée du Champ de Mars ?





Le débat à l'Assemblée vient de commencer, avec des amendements d'un goût exquis...
Se distingue particulièrement l'élégant Jacques Bompard et ses propositions ordurières tendant à rétablir l'inceste, abolir les limites d'âge pour ouvrir la voie à la pédophilie et étendre le mariage à plusieurs personnes pour rétablir la polygamie. Entre autres. Un véritable étalage de fantasmes dont je voudrais bien entendre l'auteur s'expliquer, parce que si, lui, pense à toutes ces choses en évoquant le mariage, les homosexuels, eux, ne pensent qu'à s'aimer.

Si vous imaginiez que les députés étaient des gens sérieux qui agissaient avec mesure, prudence, respect et sagesse, en voici une liste dont les dérapages vous démontreront le contraire.

L'ornière est profondément boueuse, on n'en sortira pas en quelques jours.