vendredi 2 mars 2012

409° Vanneste voit des pédés partout !


Nous autres, pauvres pédés, n'imaginions pas flanquer un pareil bazar à l'UMP. Voilà des gens qui ont réussi à se mettre d'accord pour tout un tas de vilaines choses, démonter pièce par pièce le code du travail, avantager les plus riches, affamer les Français « du bas », faire passer subrepticement notre pouvoir d'achat de nos porte-monnaie dans les coffres sans fond des spéculateurs, dévaster notre système d'enseignement, et j'en passe, mais qui n'arrivent pas à se mettre d'accord sur l'égalité des Français face au droit de s'aimer et de copuler à leur guise.


Les histoires de gros sous, les injustices, les discriminations, tout ça, ils l'ont géré. Mal, certes, mais dans un bel ensemble, sans dissensions internes ni discordances notoires. Mais ce bel entrain s'est brisé sur une malheureuse histoire de cul.


Multiplier le nombre des SDF par trois en un quinquennat pendant lequel le titulaire avait promis de le réduire à zéro en deux ans, ils savent faire. Mais savoir si les homosexuels ont le droit de s'aimer et d'avoir des enfants dans les mêmes conditions administratives que les hétéros, c'est trop fort pour eux.

Qu’une entreprise s'avise de ficher ses employés ou ses clients avec trop de zèle, elle passe immédiatement à la moulinette de l'opprobre et de la loi. C'est pas bien, il faut respecter la vie privée des gens, ne pas les catégoriser, ne pas les désigner, ne pas les trier. Fort bien. Mais alors pour quoi n'ont-ils aucun scrupule à perquisitionner jusqu'au fond de nos lits pour savoir si tel ou tel Français a le droit de vivre conformément à ses aspirations, d'aimer qui bon lui semble, et de vivre comme les autres ???

Le « cas Vanneste », car il faut bien appeler ce trop long feuilleton « un cas », est tout à fait représentatif de la vétusté et de la péremption des idées sociales de l'UMP, de son caractère réactionnaire, de sa propension à utiliser dogmes et systèmes pour soumettre et exploiter les braves gens au lieu de les guider vers un équilibre humaniste.


Voilà le parti qui se divise entre partisans de virer Vanneste et partisans de le garder, mais on peut toujours compter sur les doigts d'une main de manchot ceux qui sont d'avis de regarder une fois pour toutes les homosexuels comme des gens ordinaires, et non plus comme une minorité bridée dans un droit réduit sur mesure.


Copé et, de façon surprenante, Thierry Mariani, leader de « la droite populaire », sont partisan de renvoyer Vanneste à ses études mystiques, mais Lionel Luca et Jacques Myard affirment qu'en se défaisant de ce chatterton, l'UMP « tomberait dans le piège de GayLib, ce lobby qui opère au sein du parti une véritable chasse aux sorcières »...


De cette discorde résulte une côte mal taillée qui mécontente tout le monde ! On garde Vanneste au prétexte qu'il a donné « sa parole d'homme » de démissionner, mais on ne l'investit pas pour les législatives....

Lequel Vanneste déclare qu'il n'a jamais promis de partir, mais qu'il va s'en aller quand même. Mais que ce soit bien clair : s'il s'en va, ce n'est pas pour le prix de « son homophobie », mais au contraire parce que ce parti étouffant ne lui permet pas d'exprimer ses sentiments.




Ce qui nous donne quand même quelques morceaux choisis, lorsqu'il déclare, notamment :

«Mes interventions sur l'homosexualité sont rares, beaucoup moins dures que certains de nos amis. Elles sont fondées sur des connaissances historiques, psychologiques, anthropologiques».


Rares ? Vous avez dit rares ? Je cherche encore un exemple où il parlerait d'autre chose !

Et quels amis ? Des exemples ?


Autre morceau de bravoure, lorsqu'il estime que l'UMP est littéralement infiltrée de suppôts de sa tante, qui « par cooptation », répandent leur doctrine dans ses rangs dans le but de l'officialiser.

Le bouquet étant atteint lorsqu'il qualifie GayLib de « lobby militant dont les membres prolifèrent au parti », alors que précisément, GayLib a annoncé qu'il cessait de soutenir l'UMP devant son refus réitéré de prendre en compte les revendications LGBT.


Et au final , si Vanneste finit par quitter l'UMP, non pas devant les accusations d'homophobie qui lui sont opposées et dont la justice l'a d'ailleurs blanchi, mais pour le motif qui lui convient « de ne pas pouvoir s'y exprimer librement », où va-t-il aller ? Au FN ? Il risque d'y perturber la savante campagne que Marine a lancée en direction du vote gay en essayant de faire croire que les agressions homophobes seraient le fait de l'islamisation du pays … Pas sûr qu'on y accueille ce trublion de bonne grâce. D'autant plus qu'il y a là bas tout un tas de petits bourgeois à cheveux courts bien propres sur eux et sans doute élevés chez les curés qui n'ont pas du tout envie qu'un discours homophobe vienne perturber l'ordre nouveau...

Au CNI, devenu CNIP, d'où il vient ? C'est le plafond de verre... Le CNIP ne possède qu'un seul député (Gilles Bourdouleix) et un seul sénateur (Philippe Dominati)...et fait quelque peu figure de parti fourre-tout en accueillant pèle-mêle des laïques et des intégristes.

Photo: couverture du journal "Minute".


Enfin, on se perd en conjectures sur les motivations profondes de Christian Vanneste, qui semble s'obstiner à tracer son sillon dans une direction où bien peu de gens vont le suivre, dans notre beau pays où 63% des citoyens sont favorables au mariage homosexuel.

Finira-t-il en psychiatrie ? Ou dans la presse à scandale pour avoir enfin donné libre cours aux vigoureuses pulsions qui, comme le supposent les docteurs de la tête, sont en général à l'origine des cas les plus opiniâtres de fixation et d'obsession ?


Voilà en tout cas sa crédibilité perdue. Un à zéro, la balle au centre. La suite de l'histoire nous distraira de la vie politique mouvementée qui nous attend...


La preuve : Voilà notre Sarkozy chahuté dans les rues de Bayonne, et c'est, bien sûr, la faute du parti socialiste qui exhorterait ses troupes à crier leur joie de le voir arriver. Il est bien connu que la baisse du pouvoir d'achat, la ploutocratie, la montée du chômage, les fermetures d'usines, l'arrogance du pouvoir, l'insécurité grandissante et la politique d'immigration forcenée ne sont pour rien dans le mécontentement des Français, et qu'il est nécessaire que le sauvage parti socialiste aille agiter la muleta sous les naseaux du bon peuple et lui planter quelques banderilles supplémentaires dans l'échine pour qu'il se décide à manifester.


Non, il n'y a pas de commandos de gauchistes pour égayer les visites de Sarkozy, il n'y qu'un mécontentement populaire spontané, qui va bientôt, ne leur en déplaise, se manifester dans les urnes.


Sinon, pourquoi le public des meetings et des visites d'usines de Sarkozy est-il si soigneusement trié sur le volet ? Pourquoi les foules déchaînées sont-elles tenues à distance, les périmètres de visite bloqués et les routes fermées lors des sorties habituelles du petit précieux ?
Pour éviter, précisément, ce qui se produit immanquablement si de telles précautions ne sont pas prises, ce qui fut le cas à Bayonne.


Être un président populiste ne fait pas de lui un personnage populaire : la preuve !

Quant à la sortie sur « l'épuration » de la fonction publique perpétrée par Sarkozy en cas de victoire de Hollande, (il n'a pas dit les « socialo-communistes », mais ça a du le démanger...), elle me réjouit doublement :

Une première fois parce qu'elle dénote que son argumentation a versé au delà de l'outrance, dans l'imbécillité, et la seconde parce qu'elle me remémore 1981, où l’épuration fut également annoncée par une droite aux abois...




mercredi 15 février 2012

408° Et si on était entré dans la manipulation ?



On imagine mal que Sarkozy et son UMP vont rester sans réagir aux réactions très négatives qu'ont engendré leur droitisation dans les dernières semaines. Ils sont parfaitement capables d'essayer de faire le grand écart, voire de monter des coups médiatiques pour tenter de renverser la tendance brutalement.


Le parti vient de réaffirmer par la bouche du président que les droits LGBT, mariage et adoption, ne sont pas au programme. GayLib lui tourne le dos, et avec lui beaucoup de gays de droite qui y croyaient encore. Comment les récupérer ?


Imaginons que la sortie de Vanneste sur la négation de la déportation homosexuelle soit savamment planifiée avec l'UMP : « Tu dis une grosse connerie, on te vire avec éclat, on te retire ton investiture, et on récupère le vote homosexuel au niveau national... ». C'est cousu de fil blanc, mais comme dit un spécialiste de la chose: « Plus c'est gros... ».


Seulement voilà : Vanneste n'a pas besoin d'être investi par l'UMP pour être élu et ramener ses suffrages au bercail. Par exemple, en 2007, sans cesser d'appartenir à l'UMP, il se présente au nom du CNI (Centre national des Indépendants)... Et l'UMP s'est contentée, pour le faire élire, de n'investir personne contre lui...


Donc l'exclusion et la non-investiture brandies par Copé ne servent absolument à rien.... C'est poudre aux yeux, passez muscade, le foulard rouge s'est transformé en lapin blanc...


Pour ma part, je ne serais pas surpris de voir, suite à une bavure savamment provoquée, enfler dans une banlieue craignos une bronca féroce pleine d'émeutes et d'incendies, largement étalée dans les médias, quelques temps avant l'élection. Les Français serrent les fesses, et comme chaque fois qu'ils ont peur, ils offrent à la droite un vote sécuritaire. (On se souvient de la « chambre introuvable » d'après mai 68, et plus proche de nous, les campagnes de 2002 et 2007 avec force vieillards violentés à la télévision et l'étalage de terreur qui s'en est suivi... « La France a peur... »)


Ou d'un « attentat manqué » contre Sarkozy qui lui permettrait de récupérer quelques voix échappées vers le Front National, qu'on ne manquerait pas d'accuser...

Avec les coups politiques, parfois on échoue (Azenar...), mais qui ne tente rien n'a rien...



En attendant, on rigole comme des fous dans l'affaire « Copwatch » dont je vous rappelle le déroulement ici.


Guéant, qui n'a obtenu que le blocage du site « Copwatch », mais pas de ses nombreux miroirs, voit arriver la facture du filtrage : 10 000€ par fournisseur d'accès, + 400€ par mois pour le maintien. Et Copwatch est toujours visible ici...


Pareil pour HADOPI : la facture du filtrage est colossale, mais personne ne veut payer. ..


Ça coûte cher, la censure... Devine qui va payer....




vendredi 3 février 2012

407° Passez muscade... euh pardon, farine...






Quand on a vu voler la farine, on s'est dit « Ça y est, la droite s'exprime ! ». Ils ont un nouvel argument de campagne. Comme pour enfariner les gens, ils sont très compétents, ils ont décidé de mettre ce talent au service de leur non-candidat en essayant de ridiculiser l'autre, suivant la maxime de Boileau :

« Quand on ne peut pas briller de ses propres lumières, on essaie d’éteindre celles des autres ».


Et puis non, c'était pas ça. C'est une pauvre paranoïaque, qui croit que le monde entier lui en veut, et qui, comme elle habite à Lille, imagine que le parti socialiste, très présent là-bas, est la source de tous ses malheurs. Elle tient un blog pour le raconter.

Vous n'imaginez pas à quel point elle est persécutée : quand elle se promène dans la rue à Amsterdam ou au Canada, les gens, prévenus par une campagne de dénigrement internationale, la reconnaissent et lui crachent dessus...

Elle doit être bien malheureuse, la brave dame. Tout le monde ne vit pas la célébrité avec bonheur. Tiens, un nouveau supporter de Sarko s'est fait connaître : le fameux Michaël Vendetta, qui n'est, suivant ses propres dires, « ni de droite ni de gauche », apporte un soutien sans faille à Nicolas Sarkozy. Comme sac de farine, c'est pas mal non plus. Ce reliquat d'internet et de la télévision est prêt à se sacrifier : « Si Hollande est élu, je pars vivre à Los Angeles ! ».

Tu te rends compte : On va perdre deux figures de proue le même jour ! Dans le même naufrage...


Quelle perte pour la planète, de voir partir celui qui, après avoir été élu à la ferme des célébrités, ambitionnait si justement de devenir député, puis président de la république, pour finir ses vieux jours en président du monde. Je vois déjà pleurer des hordes de groupies, comme à Pyong Yang quand « le soleil rayonnant de l'humanité » a prosaïquement pété une durite sur les velours dorés de son train présidentiel.

Quand on pense qu'un régiment de petits doigts féminins lui triait un par un les grains de riz qu'il consommait... Le bio, ça paie pas.


Bref, tout ça pour dire : Il y a de l'agitation à l'UMP. D'un côté, il y a les adeptes du capitaine du Costa Concordia, qui tentent de quitter le navire avant l'engloutissement. Mais n'est pas Eric Besson qui veut !

De l'autre, il y a ceux qui s'accrochent désespérément au chêne LePen. Ils devraient lire « Le chêne et le roseau ».


D'autant plus qu'à part une augmentation de TVA dont 63% des Français ne veulent pas, et quelques grosses colères sans résultat de Guéant auquel le site Copwatch colle aux doigts comme un sparadrap, cf:

http://brethmas.blogspot.com/2011/10/397-copwatch-souris-1-chat-0.html

http://www.pcinpact.com/news/68645-copwatch-miroir-blocage-claude-gueant.htm

on ne voit pas bien ce que le capitaine du Fracasse-UMP va pouvoir inventer pour se remettre à flots.


En allant prendre l'avion , le coûteux cortège de Nadine Morano renverse un piéton...

Pour répondre au Canard Enchaîné qui affirmait qu'elle allait à Nancy chez elle, à 1h30 de TGV, elle a répondu qu'elle se rendait en fait à Sarrebourg, rejoindre le premier ministre.


Mais Chère Madame la Marquise, le TGV Est, dans sa grande bonté, dessert aussi la gare de Sarrebourg, au bout de 2h10 de course folle, ce qui est certainement aussi rapide, et en tout cas moins cher et moins polluant que d'aller prendre l'avion à Villacoublay, même sans renverser de piéton, de voler dans le brouillard vosgien vers un improbable aérodrome, puis de rallier Sarrebourg dans un nouveau cortège piétonivore !!!


Quelqu'un a-t-il vu la ministresse de l’écologie Kosziusco-Morizet engueuler sa collègue ? ...Elle n'a peut-être pas osé ? Pour s'engueuler avec la Morano, faut avoir lu tout San Antonio et fait sa thèse sur Bérurier ! Il y a du répondant !


Pendant ce temps, et au titre des mesures indispensables, dans une assemblée presque totalement vide, sept députés ont suffi pour voter la future carte d’identité biométrique, avec deux puces, une de réserve au cas où, et de regrouper toutes les cartes et passeports de France et de Navarre dans un gigantesque fichier de gens à qui on ne peut reprocher que d'exister.

Tout cela pour leur plus grand bien, comme disent les dictateurs. Ils s'agit de nous protéger contre les usurpateurs d'identité, cette nombreuse armée appelée en renfort par le populisme ambiant pour entretenir nos peurs et nos paranos.


Vous reprendrez bien un peu de farine ?




mercredi 25 janvier 2012

406° Que d'agitation contre-productive....



Que d'agitation inutile ! Quel spectacle pathétique que ces responsables de toutes sortes qui s'enfoncent toujours davantage en essayant de démontrer contre les faits qu'ils seraient des chevaliers blancs, que nous n'aurions rien compris à leurs vertus et que ce ne serait pas leur impéritie qui les aurait plongés dans la mouise où ils se trouvent aujourd'hui.


Et ce dans tous les domaines. Commençons par ce monsieur Richard, patron d'Orange, entreprise pourtant condamnée pour entente illicite sur les tarifs il n'y a pas si longtemps, et qui vient proclamer, sans le début d'une preuve, que des clients qui l'auraient quitté pour Free Mobile, déjà déçus, reviendraient au bercail la queue basse...

Alors que dans la réalité, Free Mobile, victime de son succès, n'a servi à ce jour que le quart des demandes qu'il reçoit. Si déception il y a, c'est celle de devoir attendre plus longtemps d'être connecté chez Free, -ce qui est mon cas-, ce qui ne me donne pas pour autant envie de revenir chez mon opérateur précédent, qui n'était d'ailleurs pas Orange. La semaine d'avant, Orange avait même laissé entendre que le réseau de Free n'aurait pas fonctionné.....


Il y a aussi l'involontaire complicité des auteurs de la loi sur le génocide arménien et de ces braves Turcs qui pestent contre elle. Alors que, hormis chez certains négationnistes qu'on n'empêchera jamais de déblatérer, le génocide arménien n'était l'objet d'aucune contestation, le voilà devenu, par la disgrâce de cette fausse bonne intention, l'objet d'un débat médiatique qui donne un écho immérité à la voix de ses opposants.

Du côté du législateurs français, la « bonne intention supposée » est complètement noyée dans le doute semé par l'opportunisme électoral de l'opération, et du côté des Turcs, la vigueur du reniement est révélatrice de la poussière cachée sous le tapis : s'ils n'avaient rien à se reprocher, ils ne s'exciteraient pas de la sorte ! Manifestement, ils ont un caillou dans la chaussure, et ça les gène pour marcher.

Voilà maintenant l'enflure des arguments qui vide sur la place publique les drames de l'histoire qui n'ont pas bénéficié de pareil traitement : L’Algérie, le Vietnam, etc...

On aurait mieux fait de se taire de part et d'autre, avec cette mesure qui sent la récupération électorale et cette protestation qui révèle une culpabilité mal assumée.


Et encore dans un autre domaine : Récemment, je vous parlais de monsieur Guéant qui a voulu faire interdire le site « Copwatch » , et qui a obtenu pour seul résultat que ledit site, inaccessible par son URL officielle, est désormais consultable sur une dizaine de sites-miroirs tous hors d'atteinte de la justice française.


Les majors américaines viennent de réitérer le coup avec la fermeture de MégaUpload, qui a fait sauter de joie Sarkozy. .

Enfin, sauter de joie, c'est peu dire pour un zébulon aussi tressautant, mais disons qu'il a manifesté sa satisfaction.

Et qu'apprenons-nous aujourd'hui ? Que MegaUpload s’apprêtait à mettre en place un système qui aurait permis à n'importe quel artiste de publier ses œuvres sur le net avec rétribution directe, en se passant notamment de l'approbation et surtout de la gloutonnerie des maisons de production !

Il faut savoir que moins de 2% des artistes de toutes sortes (musique, littérature) trouvent un éditeur ou un producteur, mais que l'actualité nous a montré qu'un certains nombre de ces « recalés » avaient trouvé leur notoriété et leur public en mettant leurs œuvres en ligne.

Il semblerait donc que les majors, moteurs de cette condamnation, ne défendent pas tant la rémunération des artistes que leur pré carré : Rémunérer les artistes, oui, mais pas sans se servir au passage. Tout ce qui peut se produire hors de leur emprise ne doit pas se produire.


Affaire à suivre, qui promet d'être intéressante. Car l'énorme trafic de MegaUpload n'était pas constitué que de fichiers illégaux, loin de là...Nombre de particuliers et d'entreprises ont perdu là tout ou partie de leurs archives ou de leurs documents de travail, car il revenait beaucoup moins cher de stocker de grosses données sur MegaUpload que de s'offrir un serveur interne...


Et enfin, l'hyper-agitation de Sarkozy, qui trouve aujourd'hui indispensables plein de choses qu'il récusait hier (taxe Tobin, TVA sociale, police de proximité, etc...) n'est-elle pas très improductive ? Ses contorsions de poisson pris dans le filet d'un échec programmé rendent-elles crédibles les exhortations de monsieur « Qu'est ce que je dois faire ? Ben je vais vous le dire... » ?




lundi 9 janvier 2012

405° Bonne année. (Surtout, j'espère, après le mois de mai)




Merci, merci merci ! Merci à tous ceux qui m'ont souhaité mon anniversaire en même temps que leurs bons vœux, mais merci aussi à ceux qui ne me l'ont pas souhaité : ils m’épargnent un coup de plus sur la tête à un âge où on préfère fêter 364 fois les jours où on ne prend pas un an !

Bonne année à tous, surtout à ceux qui ne seront plus, je l'espère, qu'un mauvais souvenir dès le mois de mai.


On vit quand même une époque formidable. La panique de la droite, qui ne sait plus quoi monter en épingle pour accrocher les socialistes, ses manœuvres désespérées pour instaurer une TVA sociale et une taxe Tobin dans la précipitation et de donner à Sea France le baiser qui tue, toutes ces gesticulations désespérées me ravissent. Hollande, en jouant à l’imitateur, a même réussi à se faire moraniser grâce à un petit « extrait choisi » de ses paroles rapporté par un journaliste indélicat.


Quand les petits enfants ne sont pas sages, on leur dit que la méchante Nadine Morano va venir les morigéner, ça les calme d'un coup. Avant, on les menaçait d'une imprécation de la poissonnière du marché, mais depuis qu'ils ont été dépeignés par une tornade moranesque sortie sans prévenir du téléviseur, la poissonnière, malgré ses relents de hareng, ne leur fait plus peur.


En cherchant Morano sur Google, je suis tombé sur une superbe caricature de la blonde de Nancy avec cette légende : « Après les prothèses mammaires, le scandale des prothèses de cerveau défectueuses » . Cela me plaisait bien : je suis allé sur le site pour connaître les conditions de copyright auxquelles je pourrais reproduire cette image ici. Et qu'est-ce que j'ai trouvé ? « La page que vous cherchez a été supprimée » ! Ils ont reçu un coup de téléphone ? Ou elle est simplement venue piquer une moranite à la réception dans le hall ? La bête est réputée avoir l'assignation en justice chatouilleuse, mais dans quelques mois, ses one woman show risquent pourtant de nous manquer... Le PS compte-t-il autant d'amuseurs publics ?


Un ami me signale le site d'un Philippe Arino , supposé défendre les droits LGBT, mais dont les arguments ne sont pas toujours très convaincants.

Par exemple, l'auteur y crée des profils, et on trouve au profil n° 85 celui d'Hitler.

. On y découvre avec étonnement que l'auteur prend exemple d'une brochette de piliers de boîtes qui, pendant la guerre, se sont acoquinés avec quelques Allemands noctambules pour affirmer que les homosexuels auraient plutôt été collabos... C'est peut-être aller un peu vite en besogne, de prendre modèle sur quelques dandys parisiens pour étiqueter ignominieusement une frange entière de la population ? Plus loin dans l'article, qui est très long, l'auteur y déroule une liste de livres et de films de plusieurs pages qui, si elle dénote une certaine érudition, révèle aussi une quasi obsession dans sa pensée du lien homosexuel-nazisme. Il voit des nazis partout !!


Sur une autre page qui concerne les rapports entre l'église et les homosexuels, l'auteur nous démontre longuement que l'église ne haïrait pas les homosexuels, semblant oublier qu'elle les a brûlés vifs sur la place publique pendant 1500 ans... S'ensuivent de subtils sophismes par lesquels il nous démontrent que les homos perdraient quelque chose à persister dans leur laïcité majoritaire


En fait, ce Philippe me semble user avec une grande maîtrise du sophisme, qui consiste à bâtir des savants raisonnements sur des bases douteuses. Quelques assimilations hâtives constituent pour lui des fondations assez crédibles pour bâtir d'immenses réseaux d'une logique perverse qui le conduisent au CQFD qu'il s’est fixé au départ. Ajoutons une propension particulière au remplissage littéraire et au verbiage pléthorique qui, incitant le public épuisé à sauter des paragraphes, permet à l'auteur de cacher la vacuité de sa démonstration en donnant rendez-vous au lecteur directement à la fin du texte. Et hop ! Passez muscade !


Il en résulte après quelques immersions dans cet immense site qu'on ne sait plus très bien si, à la fin, il sert ou s'il dessert la cause LGBT. Ce qui est certain, c'est qu'il rate sa cible : la vacuité de ses démonstration et les sophismes à la chaîne qui les constituent ne convainquent pas un public averti, et l'immensité du pensum rebute d'avance quelques esprits simples qui auraient pu mordre à l'hameçon s'il avait été moins profond.




mercredi 21 décembre 2011

404° Sale prolo, je vais te péter ta grève.



Les médias, toujours plus prompts à nous exhiber les citoyens qui disent des conneries à haute voix que ceux qui pensent des choses raisonnables en silence, transforment la grève des contrôleurs des aéroports en un cas de conscience qui n'a pas lieu d'être.


Une grève est une grève. C'est un droit prévu dans les pays libres, interdit dans les dictatures, et c'est justement un des éléments qui font la différence entre les deux. Alors, pour parler du mouvement de grève des personnels de contrôle qui gène le fonctionnement de nos aéroports, il faudrait prendre un peu plus de recul que monsieur Guéant et les quelques voix droitières qui résonnent dans son sillage.


D'abord, il faut savoir que la sécurité à l'embarquement, dès lors qu'elle s'est avérée nécessaire dans les années 70, était assurée par les forces de l'ordre, la police des frontières, et autres unités compétentes. Ce n'est que très récemment que ces services ont été privatisés, offerts sur un plateau aux copains du Fouquet's, et les décideurs d'un tel accord doivent bien savoir qu'ils ne peuvent pas, en l’occurrence, cumuler les avantages d'un service militaire et du salariat privé. A moins que Bachar El Hassad ait été leur conseiller dans ce deal, passer dans le privé, ça signifie, indissociablement, aider les copains à se remplir les poches, mais aussi se soumettre aux règles du privé.


De même qu'un citoyen qui entre dans la police ou la gendarmerie le fait en connaissance de cause, et après avoir pesé ce qu'il à y gagner et à y perdre. Pour lui comme pour le gouvernement, la liberté de choix existe avant, mais plus après la conclusion de l'engagement.


Alors les exhortations de monsieur Guéant et de ses affidés démontrent plusieurs choses :


D'abord que le gouvernement de monsieur Sarkozy est bien plus sensible aux effets cosmétiques, gesticulations et autres démonstrations théâtrales en volant au secours des voyageurs qui vocifèrent devant les caméras dans les aéroports qu'il n’écoute la majorité républicaine silencieuse, qui trouve inadmissible la volonté avérée de briser une grève, mais vers laquelle nos médias ne tendent pas leurs micros.


Ensuite, qu'il gouverne à vue et sans réfléchir, attendu que c'est bien son courant politique qui a livré au privé un service qui était auparavant assuré sans histoire par les forces de l'ordre.


Encore qu'il n'a rien à foutre des états d'âme des braves gens, en oubliant que les policiers et les gendarmes sont eux aussi, des citoyens qui répugnent à s'attaquer au droit de grève des autres, comme le précise leurs syndicats.


Encore encore qu'on n'obtient plus rien dans ce pays sans bloquer quelque chose et manifester fortement.


Et enfin que s'il restait bien son dans rôle de gardien de la constitution et de la république, il ne permettrait pas à ses ministres de s'attaquer à des droits aussi fondamentaux que le droit de grève.


Sur un sujet très voisin, on peut aussi examiner le cas pendables de ces sociétés françaises qui fournissent aux dictatures avérées les moyens techniques de surveiller le dialogue démocratique de leurs citoyens, de traquer ceux qui réfléchissent et de bloquer les communications utiles. Tantôt on nous répond qu'il n'est pas du ressort du gouvernement de contrôler l’exportation de tels systèmes, et tantôt que ce cas précis leur a échappé. Mais on n'a jamais de réponse capable de nous rassurer vraiment. Avec monsieur Sarkozy, nos libertés sont en dérapage incontrôlé.





vendredi 9 décembre 2011

403° Faut-il prostituer la politique à l'ordre moral?


Voilà qu'à notre époque de fausse pudeur, d'intégrisme et de retour d'ordre moral, tout l'échiquier politique français, de droite à gauche, se mobilise pour « abolir » la prostitution. Une touchante unanimité qui va des perruques poudrées de l'UMP aux barbes à poux radicales du PS. Car le PS ne pouvait éviter un panneau aussi grossier : il a, lui aussi, inscrit l'abolition de la prostitution à son programme pour 2012.


Voilà donc le projet des ligues de vertus anglo-saxonnes et autres suffragettes bigotes en passe de devenir, lobbying féministe et vaporisation d'eau bénite à l'appui, un enjeu politique.


Lorsqu'on écoute les histrions de cette ineptie, on découvre sans esprit critique particulier une lourde subjectivité qui les rend aveugles aux réalités sociales et historiques, et on entend un package de boniment à peu près aussi crédible qu'une publicité de régime amaigrissant.


Alors penchons nous sur le lit du délit.


Quelques ouvrages spécialisés sur l'histoire de la prostitution, brièvement résumés sur quelques sites, dont entre autres :

http://fr.wikipedia.org/wiki/Histoire_de_la_prostitution_en_France

http://medieval.mrugala.net/Femme/Prostitution%20au%20Moyen%20Age/Prostitution%20au%20Moyen%20Age.htm


...nous apprennent que si les premières traces de prostitution remontent au paléolithique, ce qui n'est pas une référence, elle était considérée comme une activité nécessaire à l'équilibre social par les Grecs et les Romains. Et je vous passe les prostituées sacrées de Babylone et les devadas de l'Inde....


Les intégristes et autres obsédés du non-sexe seront très surpris d'apprendre qu'au très catholique moyen-âge, chaque ville possédait une ou plusieurs « maison publique » ouverte non seulement à tous les hommes, mais aussi à toutes les femmes, aussi bien dans le rôle de client que de prestateur(trice) de service. Même l'homosexualité, au sens de désir pour le même sexe, y était acceptée, le seul interdit restant l'acte de sodomie, aussi bien pour les hétéros que pour les homos.


Les non moins catholiques croisades ne se firent pas non plus sans l'active collaboration de bataillons de prostituées. Saint Louis en personne se plaignait du coût exorbitant des 13 000 prostituées sans lesquelles les vaillants croisés ne voulurent point s'aventurer sur les chemins du saint sépulcre. Ce qui nous donne peut-être une idée légèrement différente de la légende des Templiers et autres chevaleries qui jalonnaient et sécurisaient la route de Jérusalem. L'histoire a tendance à oublier... l'intendance, si je puis dire.


Pour prendre l'exemple de Paris, les bons bourgeois chassaient les prostituées de leur rue parce que les « tapineuses » faisaient du « tapage » , et ces pauvres créatures se réfugiaient dans des rues spécialisées au point de s'en voir affecter un patronyme :


Ainsi par exemple, la rue du poil au con, pudiquement devenue la rue du pélican...proche de la rue St. Denis.

Ainsi encore la rue tire-vit, ou tire-boudin, devenue rue Marie Stuart lorsque cette dernière la fit expurger de son commerce vivant en 1558, parce qu'elle devait l'emprunter régulièrement..

Ainsi toujours les rue Gratte-cul, devenue rue Dussoubs, et la rue trace-putain, devenue rue Beaubourg, toujours dans le quartier Saint Denis.

Mentionnons aussi la rue pute-y-muse (s'y amuse) pudiquement renommée en rue du petit musc.


Bref, venir prétendre aujourd'hui que la prostitution serait immorale relève du sophisme, attendu qu'elle avait une place tout à fait réglementaire à l’époque où l'église, grande pourfendeuse d'immoralité, était étroitement mêlée au pouvoir et à la justice.


Depuis le 19° siècle, on veut élever ses enfants dans un monde aseptisé, garanti sans sexe comme si ce n'était « pas naturel », et ne leur décerner ce cadeau qu'avec une « majorité » que les plus timorés ont eu bien du mal à voir descendre de 21 à 18 ans... Une sorte de permis de baiser décerné la veille du mariage.


Pas de spectacle licencieux, pas de lectures sensuelles, encore moins d'images, et pas de putes dans la rue. C'est ainsi que des petits puceaux sans formation se trouvaient le jour de leurs 18 ans et de leur service militaire, livrés sans préparation à « un monde des grands » où leur incompétence les transformait bien souvent en dindons.

Sans parler de ceux qui se sentaient homosexuels, et qui, isolés de tout sentiment d'appartenance, désignés comme des dégénérés, coupés de leurs semblables, se croyaient des monstres uniques et se suicidaient en laissant la fameuse lettre « vous ne pouviez pas me comprendre ».


Diable merci, les médias et internet ont récemment apporté dans la société un grand soulagement à cet isolement, même si le problème des adolescents suicidaires n'est pas, loin s'en faut, résolu. Je pense en particulier aux villes de province américaines et canadiennes, où il faut être vu à l’église, et aux états d'Afrique et d'Orient où veut s'imposer un Islam mal compris.


Pour en revenir à nos croisés du XXI° siècle, qui veulent « abolir » la prostitution, ils avancent deux arguments, la libre disposition du corps et l'abolition de la traite des femmes.


Concernant la libre disposition du corps, le raisonnement est à double tranchant : les assises européennes de la prostitution, qui se sont tenues le 9 mars 2009 au théâtre de l'Odéon, à Paris, prêté par Olivier Py, ont définitivement mis fin à ce mythe et révélé que tous et toutes les prostitué(e)s, -car il n'y a pas que des femmes-, et de loin s'en faut, ne sont pas contraints, beaucoup sont libres et aiment leur job. Ils ont même fondé à cette occasion un syndicat, le STRASS, dont la visite est pleine d'intérêt.


Les abolitionnistes confondent et amalgament à qui mieux mieux prostitution et proxénétisme, ainsi que plaisir naturel et pudibonderie judéo-chrétienne.


Sur les aspects positifs de la prostitution, ils sont autistes : qu'elle constitue un exutoire pour évacuer l'énergie de tout un tas de mâles normalement constitués qui, sans cette soupape, risqueraient de verser dans la violence, les abolitionnistes le nient.


De même qu'ils réfutent totalement son rôle social pour faciliter la vie des handicapés, des personnes âgées, des immigrés éloignés de leurs femmes, des grands timides...

Sans parler du nombre croissant d'étudiants qui avouent qu'ils ne voient pas comment ils pourront continuer de coûteuses études sans quelques petits suppléments pour finir le mois.


Que la pénalisation des « clients » péjorativement baptisés « prostituteurs » sera à l'origine d'un nombre croissant de chantages, d'extorsions, de divorces, de familles déchirées, les puritains semblent ne pas le réaliser, persuadés qu'ils sont qu'ils vont vraiment effacer de la surface terrestre toute pratique de la prostitution !


Avec la même candeur, ces mêmes abolitionnistes imaginent que « lorsque la prostitution aura disparu », les maladies vénériennes et le sida reculeront jusqu'à l'extinction.


Alors que la réalité est que ni eux ni personne n'éradiquera jamais la prostitution, que toute persécution supplémentaire la poussera dans un maquis plus reculé, vers un marché noir plus obscur, la vouera aux mains d'une mafia plus organisée encore, ce qui compromettra définitivement toute action sociale et tout contrôle d'hygiène auprès des populations concernées.


Qu'il faille lutter contre le proxénétisme et la traite des femmes, nul n'en doute, mais pourquoi ne le fait-on pas davantage ? Parce que les macs et les mafias ont des revolvers alors que les paisibles clients se laisseront arrêter sans se défendre ? Un peu court, non ?


C'est un peu comme si on voulait interdire la pluie pour conjurer les inondations... Eh bien non... Il faut réguler, contrôler, construire des digues, maîtriser l'eau... Car il pleuvra toujours.


C'est en sens inverse que la raison et l’humanisme commandent de se diriger. Il faudrait établir une réglementation de la prostitution qui libérerait ses travailleurs-travailleuses du carcan des mafias et autres marchands de viande, qui les intégrerait dans le système des avantages sociaux auquel tout travailleur peut prétendre, et qui permettrait un suivi hygiénique et médical, seul capable d'enrayer les épidémies.


Là, on pourra parler d'une action éclairée, efficace, pertinente, judicieuse. La politique de l'autruche et de la poussière poussée sous les tapis n'a jamais porté aucun fruit. Si nos édiles voulaient bien remettre un peu les pieds sur terre, alors peut-être les citoyens retourneraient-ils voter en plus grand nombre.





jeudi 24 novembre 2011

402. Gay et de droite, dur, dur...




La droite se dispute draps et couvertures dans l'histoire du mariage universel. (Ce que les homophobes appellent le mariage homosexuel, et qui n'est en fait que le mariage pour tous...) Et ils ne sont pas près de résoudre leur problème.


Après les demandes d’excommunication réciproques de GayLib et de la droite populaire, chacun compte ses troupes et ses abattis.


Derniers avatars : il y a quelques jours, six secrétaires généraux de l'UMP lancent un appel en faveur du mariage homosexuel. (du mariage, mais pas de l'adoption, une explication alambiquée dans leur communiqué tente de justifier cette discrimination).

Les gay afficionados du parti de Sarkopé peuvent-ils à juste titre sauter de joie ? Ils ne devraient pas : cette mesure tronquée est un piège qui ne va pas dans le bon sens. Car en dehors des considérations religieuses que la république ne doit pas prendre en compte, l'argument des ennemis du mariage pour tous est que dans un couple homoparental, les enfants risqueraient de ne pas trouver « l'équilibre procuré par la présence effective d'un papa et d'une maman ».

Ce que l'expérience sur le terrain dément formellement, -les enfants qui n'ont pas un papa et une maman s'en sortent aussi bien que les autres, et ceux qui ont deux papas ou deux mamans souvent mieux!-, mais cette « carence éducative » demeure l'argument de nos opposants.


Si on acceptait ce « mariage sec » sans possibilité d'adoption, d'une part on retournerait dans le cycle infernal des «dispositions spéciales homo » qui feront à nouveau de nous des citoyens pas comme les autres, et d'autre part, nous nous verrons répondre qu'avec cet os à ronger, nous devrons attendre toute nouvelle discussion sur l'adoption jusqu'aux calendes grecques.


Ce mariage bon-marché, sans adoption possible, serait le début d'un tunnel de plusieurs décennies pour les milliers de familles homoparentales qui existent déjà et qui voudraient bien être enfin reconnues comme des familles à parts entières. Car c'est autant cette légalisation d'une situation déjà largement répandue que l’ouverture de nouvelles perspectives que nous attendons de la loi.


Messieurs les homophobes, pour empêcher les familles homosexuelles d'exister : c'est trop tard. Il y en a déjà des dizaines de milliers, qui ont des associations et des représentants.



Néanmoins, cette mesure hypocrite n'est le fait que de six secrétaires de l'UMP. C'est compter sans les 80 députés de la droite populaire qui avaient signé différentes pétitions, dont notamment celle contre l'enseignement de la théorie du genre. Et dans cette horde, il y a des ténors : Myard, Maillé, Vanneste,etc.. qui montrent les dents! . C'est au point que le président des « Jeunes Pop », Benjamin Lancar, qui avait hasardé sa signature à cette motion a été fermement prié par la maison-mère de la retirer...


La « droite populaire », elle, juge « inadmissible » cette sortie de route , qu'elle qualifie de provocation catégorielle.

Quand on sait que plus de 60% des Français sont favorables au mariage des homosexuels , on imagine sur quel nuage obscur et furtif se trouve cette bande d'allumés, pour se permettre de qualifier de caprice catégoriel une opinion majoritaire dans la population. C'est bien là l'exemple d'un dogmatisme exacerbé qui méprise les aspirations populaires, et monsieur Copé qui s'appuie sans état d'âme sur ces soldats perdus au motif qu'ils constituent pour le moment un bataillon significatif de son parti devra s'attendre à de laborieux revirements dans les années à venir.


Mais les groupuscules vivent leur vie nauséabonde, glanant au hasard des interventions de partisans honteux ou de fonctionnaires péteux quelques symboles de leur marginalité. Ainsi, en Pologne, un juge vient d'accorder à un parti de skinheads, le NOP, l'usage de sigles et représentations néo-nazies ou infamantes...



Souvenons-nous que le suicide est la deuxième cause de mortalité des adolescents entre 14 et 22 ans, derrière les accidents. Et que l'homophobie est la première cause de ces suicides... Et que ce n'est pas qu'en France ni en Europe : l'actualité nous apporte les campagnes médiatiques autour des suicides adolescents canadiens et américains...


En voici des exemples :


http://www.youtube.com/watch?v=BqxYxo4bjOM

http://www.tetu.com/actualites/international/etats-unis-harcele-sur-facebook-un-ado-suppose-gay-se-suicide--18691

http://www.huffingtonpost.com/2011/01/18/lance-lundsten-tiffani-maxwell-suicide-bullying_n_810201.html

http://yagg.com/2011/10/17/canada-suicide-de-jamie-hubley-15-ans/

http://www.huffingtonpost.com/2011/09/20/jamey-rodemeyer-suicide-gay-bullying_n_972023.html


Puisse internet aider à révéler le nombre de ces drames et à y porter remède....



Tout enfant qui naît dans une communauté, quelle qu'elle soit, juive, kurde, rom, dans une tribu, un peuple minoritaire, reçoit une éducation appropriée, le situant au milieu de son environnement et d'éventuels voisins prédateurs, lui enseignant comment se comporter pour se protéger, survivre, éviter les dangers les plus évidents, etc...

Le jeune homosexuel ne naît pas dans une communauté. Lorsque monte en lui le sentiment de sa vraie nature, il est seul, dans un monde hostile. Non seulement personne n'est là pour lui prodiguer les conseils et le soutien dont il a besoin, mais il ne ressent qu'hostilité et mépris autour de lui, et bien souvent de la part de ceux dont le soutien et la protection ne devraient jamais faire défaut : ses parents.

Seul dans une jungle hostile. Il n'a aucun espace pour s'épanouir. Il doit vivre une double vie, se cacher de ceux qu'il aime, ne compter sur personne. J'ai grandi dans une ville de province, et cinq de mes camarades ont mis fin à leurs jours pour cette raison entre 15 et 21 ans. J'étais bien placé pour en connaître la raison, mais que pouvais-je y faire ?

Souvenez-vous de la « lettre-type » laissée aux parents :

« Pardonnez moi, vous ne pouvez pas me comprendre... »


Je n'ai du mon salut qu'à l'amitié que j'ai été exiger, à treize ans, d'un voisin que mes parents m'avaient présenté comme un pestiféré à éviter : un ancien triangle rose qui vivotait à quelques maisons de chez nous. Cet homme que, vu notre différence d'âge, jamais je n'aurais été rencontrer au titre de mes désirs m'a transmis sa farouche volonté d'être et de rester moi-même, comme il avait su protéger ce qu'il était, à travers occupation nazie, régime pétainiste et camps de la mort.

C'est la conjugaison du suicide de mes premiers compagnons d'émois et de l'aventure exemplaire de cet homme qui m'ont permis de traverser le brouillard et de devenir militant dès mon arrivée à Paris, à une époque où on se comptait sur les doigts d'une main.

Car il existait bien à Paris, lorsque je suis arrivé en mai 68, un milieu homosexuel prospère, bourgeois, mais persuadé qu'il avait tout à gagner à rester tranquille et discret plutôt que d'aller clamer sa différence avec le FHAR et autres Gazolines. Et pendant ce temps là, dans les « milieux ouvriers » et les banlieues, les jeunes homos crevaient la gueule ouverte. On n'avait pas fini de construire le périphérique que déjà, les parisiens ne regardaient pas au-delà.

Des suicides de jeunes gens face à l'homophobie, j'en ai connu d'autres dans mon plus ou moins proche entourage, le dernier en date il y a moins de dix ans.

Le problème à l'époque est qu'il n'existait ni association, ni publication ni aucune sorte d'information relative à l'homosexualité, dont les seules et rares mentions dans la presse étaient très péjoratives, le mode de vie étant classé « fléau social » depuis les lois Mirguet de 1962. Le jeune et futur homosexuel était complètement livré à lui-même et aux quolibets. Il se croyait seul, monstrueux, pas comme les autres, dégénéré.

L’explosion de la presse gay dans les années 80, puis d'internet dans les années 90 ont sans doute largement remédié à cette sensation d'isolement, mais pas complètement. Car si internet est un lien pour les homos isolés, il est aussi un vecteur de mobilisation pour les homophobes... La pression familiale, parfois agrémentée d'une lourde contrainte religieuse, restent très présentes. Il en résulte que si le nombre de suicides n'augmente plus en flèche, il ne diminue pas vraiment, mais que le nombre de fugues et de départs de la maison, lui, est en train d'exploser. On estime qu'il existe au moins 30% de gays parmi les SDF des deux sexes de moins de 25 ans. « Sors de chez moi, tu n'es plus notre enfant, sale pédé ». Car il existe aussi dans ces laissés-pour-compte un nombre relatif de lesbiennes en constante augmentation...

Au point qu'il a fallu créer une association pour tenter de recueillir tout ou partie de ces exclus, le Refuge, qui croule sous la demande.

Ce serait à l'état de pourvoir à l'accueil de toute cette population, la justice ne pouvant décemment pas ordonner la « réintégration » du gamin dans l'enfer qu'il a dû fuir... Tant que l'homophobie ne sera pas reconnue comme une raison valable de rupture du lien familial, les « petits pédés » continueront à être exclus de la solidarité nationale.




mercredi 9 novembre 2011

401° Déjà des injures, Monsieur Baroin?



Boileau nous dit que « l'injure est le dernier argument de ceux qui n'ont rien à dire ».

Six mois avant les élections, l'UMP n'aurait-elle déjà plus rien à dire au point que le ministre Baroin qualifie d'effraction la victoire de la gauche aux législatives de 1997 ?


Que les politiques s'injurient entre eux, c'est déjà fort regrettable au regard de ce que devrait être le débat républicain. Mais que d'un mot, un imprécateur injurie une majorité de Français qui a porté une majorité d'élus à l'Assemblée Nationale en 1997, cela nous ramène douloureusement dans les contrées bananières où les dictateurs qualifient leurs opposants de voyous et de dégénérés.


Car en déclarant que la gauche aurait gagné par effraction les élections qui ont résulté de la dissolution de l'Assemblée par Jacques Chirac en 1997, François Baroin fait de chaque électeur de la gauche un complice du cambriolage. Je me sens donc fondé à demander à François Baroin, à titre personnel, des excuses pour une accusation aussi grave que gratuite. J'ai participé à cette effraction, de la manière la plus éclairée qui soit, et même avec préméditation. Je le revendique avec fierté.


La droite française a depuis toujours une fâcheuse propension à estimer sa détention du pouvoir légitime, et à regarder le passage du flambeau à gauche comme une sorte d'usurpation. Souvenez-vous de l'apocalypse prédite avant 1981, de la victoire de François Mitterand qualifiée de « parenthèse socialiste », de la multiplication des livres comme « Les cent jours de Mitterrand » et de la promesse des chars bolcheviks qui allaient venir écraser nos petites autos...

A les entendre, le pouvoir serait « naturellement » de leur bord, tout comme ils ont un candidat « naturel ». Tout comme ils seraient porteurs d'un schéma social exclusif et sans concurrence, et les vecteurs d'un système économique unique et irremplaçable.


Ce n’est pas parce que la république leur échappe qu'elle se dénature, c'est simplement parce qu'ils ne savent plus la servir. Les conseils régionaux et la présidence des établissements publics ne sont pas des niches monarchiques destinées à faire attendre confortablement les fils de prince avant même la fin de leurs études, le cénacle de patrons qui se réunit au Fouquet's ne représente que lui-même, et c'est son ingérence dans les allées du pouvoir qui constitue une usurpation.


D'une certaine manière, considérant la façon dont ils s'installent dans une institution dont ils ne sont que les gestionnaires temporaires, on peut comprendre qu'ils considèrent une alternance démocratique comme une effraction. Il faudra leur rappeler en 2012, par une nouvelle « effraction », que les palais de la République ne leur appartiennent pas.




jeudi 3 novembre 2011

400° Guéant au secours de Charlie Hebdo !.




Cette bagarre de bistrot qui dégénère autour de Charlie Hebdo nous aura au moins valu le spectacle surréaliste de Chaude Guéant, avec son air le plus pincé -ce n'est pas peu dire-, déclarant : « Charlie Hebdo, c'est un journal, et la liberté de la presse, c'est sacré » .


Quand on voit le traitement que ce journal réserve habituellement à notre élégant et sophistiqué Ministre de l'Intérieur, de l'Outre-mer, des Collectivités locales et de l'Immigration, ce grand ami de la liberté d'expression qui voulait, pas plus tard que la semaine dernière, faire interdire un site internet par voie de justice , on imagine l'enthousiasme avec lequel il a du, prisonnier de son costard, défendre le droit d'être con dont Charlie Hebdo use et abuse avec tant de désinvolture.


Parce qu'entre nous, il y a quand même moyen de faire des dessins humoristiques pleins d'humour et d'esprit, drôles et caustiques, sans faire du pipi-caca ni du saucisson-vin rouge. Les journaux bien tenus comme le Monde, Libé ou le Canard Enchaîné nous le démontrent chaque jour.

On notera d'ailleurs que l'esprit saucisson-vin rouge qui préside si avantageusement au traitement de l'islamisme chez Charlie Hebdo n'est pas seulement l'apanage de ce journal : on en retrouve la délicate saveur chez certains groupuscules un peu trop franchouillards qui organisent des buffets à l'attention des sans-abris.


Bilan de l’opération : comme dans l'affaire Copwatch et celle du théâtre du Châtelet, la cause à dénigrer bénéficie, grâce à cette attaque grotesque, d'une publicité qu'elle ne méritait pas.

Dégâts collatéraux : la frontière entre islam et islamisme dans l'opinion publique s'estompe un peu plus à chaque nouvelle affaire de ce genre, ce qui n'est pas pour déplaire aux intégristes qui, en entretenant l'amalgame entre leur urticaire et une pratique religieuse modérée, voudraient phagocyter cette dernière en investissant subrepticement son image.


Bref, les relations entre nos libertés et les religions ne sortent pas clarifiées de ce genre d'escarmouche.




Homophobie :


Un nouveau prurit démange une église évangélique toulousaine, qui se lance dans l'importation en France d'un produit typiquement américain : "la guérison de l'homosexualité" …..


Torrent de Vie est, semble-t-il, une émanation du mouvement américain « Living waters » , association intégriste qui milite pêle-mêle contre la contraception, pour la virginité jusqu'au mariage, contre l'homosexualité, la pornographie, et même l'étude des causes de l'antisémitisme d'Hitler où on lit avec étonnement qu'elle serait due à une syphilis contractée par le futur führer dans sa jeunesse avec une prostituée juive, et au dédain de ses tableaux par une Académie des Beaux-Arts tenue par des Juifs...

C'est tout simple, non ? Chacun sait d'ailleurs qu'avant Hitler, les Juifs n'étaient ni chassés ni persécutés nulle part, qu'ils s'installaient librement où bon leur semblait pour exercer l'activité de leur choix... !


Quand on a affaire à des esprits aussi rudimentaires que celui-là, nul doute que l'homosexualité puisse apparaître comme une maladie, surtout si une telle représentation peut générer quelques revenus. Car s'il existe des pays qui pratiquent une homophobie d'état, les Etats Unis restent quand même la seule contrée où elle peut constituer une source de revenus, à l'instar de l'église baptiste du pasteur Phelps , charmante entreprise familiale qui publie entre autres le site « Dieu déteste les tapettes », ou de la secte des « Branchés du Christ » Christwire, qui démontre scientifiquement que les épidémies de gastro, comme tous les fléaux, c'est la faute aux pédés.


Bref toutes ces escarmouches intégristes, associées au manque de finesse, voire à la mauvaise foi de certains journalistes et à la sournoise exploitation que des mauvais esprits font des incidents qui en résultent ne bénéficient pas à la pensée humaniste, dont la construction nécessite la présence des ingrédients « utopie, liberté et idéal » trop souvent absents des conversations de bistrot.