samedi 30 juin 2007

108° After Pride. Distribution des prix.

Je me suis réuni avec moi-même dans un lieu connu des seuls initiés, et sous ma présidence, j’ai créé deux prix récompensant les actions de communication les plus drôles de chaque Gay Pride ou Marche des Fiertés.

Le premier prix sera un Phallus d’Or, suivi éventuellement de Phallus d’Argent et de Bronze.

Je sais, Phallus, c’est très G mais pas très LBT, mais César et Oscar non plus après tout, et ces dames ne rechignent pourtant pas à s’en voir décerner. J’ai pensé à des tas d’autres noms, les finalistes étaient gland et phallus, et le jury a tranché. Aïe, non, le jury a choisi.

Le second prix recevra chaque année un nom tiré de l’actualité.

Pour les années suivantes, le Jury pourra être élargi, avec l’assentiment de son fondateur et de son membre actuel, à différentes personnalités sympathisantes ou militantes LGBT. Les associations sont invitées à soumettre à l’avance leurs projets les plus folles à ce concours auquel il y n’y a, faut-il le préciser, que la gloire à gagner.

Le jury récompensera en priorité les initiatives qui oeuvreront pour la défense, l’obtention ou le maintien des droits LGBT avec humour, détermination et sens critique.

Cette année, le Phallus d’Or est décerné aux « Jeunes Verts » pour cette carte postale :





Le Phallus d’Argent est décerné à la Ligue Communiste Révolutionnaire pour ce sticker :





Le Prix Spécial 2007 est intitulé le Devedjan d’Or, et il est décerné à la FSU (Fédération Syndicale Unitaire ) pour ce sticker :





Mentions spéciales pour:

Abolition.fr qui n’est pas une association LGBT, mais une institution qui lutte contre la peine de mort dans tous les pays où elle s’applique encore, et qui est très sensible à son application pour homosexualité, en vigueur dans 23 pays.

http://www.abolition.fr/ecpm/index.php





l’ARDHIS, Association pour la Reconnaissance des Droits des personnes Homosexuelles et trans à l’Immigration et au Séjour. (voir article 106, point n°3.)

http://www.ardhis.org/






et à l’Autre Cercle, une association de chefs d’entreprise gay qui se préoccupe de l’homophobie dans l’entreprise. Y a du boulot !

http://www.autrecercle.org/

J’ai fait la toute première première Gay Pride en 1982 et c’était donc la vingt cinquième et "ma" vingt cinquième. Pourquoi n’a-t-on pas fêté ce quart de siècle de militantisme ? La première année, on allait de la Bastille à la place du Palais Royal, j’ai du remettre mon casque de moto pour essuyer des jets de tomates et de canettes de bière tombant de certains immeubles de la rue de Rivoli. Et il n’y avait aucun policier pour nous protéger.

Cette année, comme depuis longtemps, l’ambiance est bon enfant et des familles entières viennent se joindre à nous avec Mémée sous le bras et le petit dernier dans la poussette. Quelle ne fut donc pas ma stupeur d’émerger place de la Bastille entre deux rangées serrées de policiers bottés avec casques et matraques, et de voir un escadron entier de CRS stationné rue Saint Antoine de manière à être bien visible entre la Bastille et le Marais. Si des trublions devaient venir gâcher la soirée, ce n’est certainement pas du Marais qu’ils viendraient. J’ai eu soudain l’impression de faire une manif de motards, c’est là le genre d’escorte bleu-marine qui nous attend à peu près à chaque virage. En tout cas cette soldatesque n’a pas empêché une de mes copines de se faire bousculer sévèrement à un coin de rue, ni un petit voyou de tirer en courant sur mon sac à main pour voir si la courroie était solide. Elle l’était. Ptit merdeux, va.



Il vaudrait mieux plus de civils et moins de terminators.

La marche a apporté quelques petites satisfactions, notamment de voir le char des UMPédés de GayLib arrivé en quasi dernière position, sans doute à la suite d’un départ difficile, (il y a déjà une légende urbaine sur le sujet…) déboucher place de la Bastille sous les huées et les poings tendus avec le pouce vers le bas. Ça, c’est pas une légende urbaine, j’y étais.

Ah c’est pour ça qu’il y avait une double rangée de policiers avec casque et matraque ? Je comprends maintenant ! Il faut protéger les espèces en voie de disparition. Il est vrai qu’il y avait bien peu de monde sur ce char.

La LGBT a été reçue cette semaine à l’Hôtel Matignon le jour même où François Fillon se faisait photographier avec Vanneste, (voir article 106) et à l’Elysée le jour où ledit Vanneste a été le plus naturellement du monde inscrit au groupe UMP de l’Assemblée Nationale. Le génie du calendrier a sévi.

Terminons par le charmant portrait d’une Sœur de la Perpétuelle Indulgence, la Novice Rose du Couvent de Paname. On aurait bien tort de juger les Sœurs sur leurs paillettes et leur ton gouailleur.

Couvent de Paname:

http://spi.paname.free.fr

Les couvents des Soeurs de la Perpétuelle Indulgence sont autant d'éblouissantes succursales d’une galaxie internationale d’établissements qui pratiquent la charité, l’information, l’assistance et le redressement de l’injustice avec bien plus de rigueur et de détermination que nombre de vrais couvents. Et en plus, on doit s’y amuser beaucoup plus.

Ce charmant jeune homme, qui n’a de sœur que le costume, cadet de l’institution des Sœurs de Paname, possède un blog plein d’émotion, de sensibilité et de poésie dont il m’a permis de vous dévoiler l’adresse ici.

http://fuckingziggy.blogspot.com/

Allez en paix.

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jeudi 28 juin 2007

107°. Créationnisme contre Conseil de l'Europe: 1 - 0

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Le créationnisme, fond de commerce des religions monothéistes.

Le déisme.

Lorsque notre civilisation est partie à la conquête des terres inexplorées, elle a pu constater que toutes les peuplades rencontrées, qui vivaient dans une totale ignorance les unes des autres, avaient en commun un panthéon de divinités à peu près identique.

Il semble appartenir à la nature humaine de s’inventer une divinité pour expliquer ce que la science n’a pas pu démontrer. Le soleil, les astres, les phénomènes météorologiques, la pluie, la fécondité, la nature même se sont ainsi vus déifier jusqu’à ce que la science apporte ses lumières quant à leur cause et leur fonctionnement. Toutes ces civilisations primaires étaient polythéistes, à la mesure de leur ignorance.

L’idée de génie –si on peut dire-, fut d’inventer un dieu chargé d’assumer un mystère, un seul, mais assez complexe et insoluble pour résister à la science le plus longtemps possible. Ce fut la création du monde. Le monothéisme était né.

C’est dire à quel point les religions monothéistes cultivent leur version, -au demeurant commune- de la création du monde, et entendent faire taire toute doctrine qui, en les contrariant, pourrait porter préjudice aux « droits d’auteur » qui constituent la base de leur doctrine, et donc plus prosaïquement leur fonds de commerce.

Galillée et Copernic en ont fait en leur temps l’expérience. Car souvenons-nous que lorsque les premiers astronomes firent des découvertes décisives, il n’existait aucune religion monothéiste ! Ce sont les Sumériens, les Chaldéens, les Egyptiens et les Grecs, qui, dès 6000 ans avant JC, ont réalisé les premières observations astronomiques et calculé les premières interactions. (Sans oublier les Chinois). Les alignements mégalithiques celtes notamment Stonehenge et Mabta Playa, sont disposés suivant un calendrier céleste élaboré. Les Mayas avaient calculé les phases et les éclipses de Vénus ! Les Arabes, bien avant d’être musulmans, possédaient un système algébrique quasi-copernicien qui leur permettait de naviguer sur terre et dans le désert.

Avec l’avènement du Christianisme, puis plus tard de l’Islam, toutes ces connaissances sont passées à la trappe. Les Arabes de l’antiquité savaient que la terre tournait autour du soleil, 2000 ans plus tard, Galilée, devait abjurer la vérification de cette observation !

Et la lutte continue. Au 21° siècle, l’enseignement du créationnisme, la création du monde en 7 jours (et 35 heures ?) tel que décrit dans la bible est toujours de rigueur dans de nombreux pays. Notamment aux USA où on n’entend parler de Darwin qu’en entrant à l’université !

Pour les intégristes de tout poils, la manœuvre consiste à imposer le créationnisme dans l’enseignement afin de le fondre dans une « culture profonde ».

C’est aux Etats-Unis que la guerre de l’évolution a commencé. Pour faire face à une décision de justice défavorable survenue il y a vingt ans, le créationnisme à l’américaine s’est travesti.

En effet, en 1987, le créationnisme a essuyé un revers dans sa lutte contre le darwinisme : un procès retentissant opposant les deux parties s'est soldé par l'interdiction d'enseigner le créationnisme dans les écoles.

Par décision de la Cour Suprême, il a été jugé que seules les théories scientifiques devaient être enseignées dans les établissements publics et que le créationnisme, étant une religion, ne pouvait figurer au programme scolaire.

Le premier amendement de la Constitution américaine stipule en effet qu'aucune loi ne peut promouvoir une religion.

Les créationnistes, voyant qu'ils ne pourraient plus avancer dans cette direction, ont changé de méthode. Il fallait travestir leur dogme en science.

Une "nouvelle théorie" créationniste, le "dessein intelligent", ou « intelligent design », a donc tenté de présenter ses arguments de manière plus "scientifique"...

Repartant en guerre contre la théorie de l'évolution, ces "nouveaux créationnistes" ont enlevé toute notion de Dieu de leur vocabulaire... sans changer le fond de leurs pensées !

Cela nous donne une nouvelle version « qui remplace la précédente ». :

- l'évolution est guidée par un être supérieur, il y a un dessein intelligent dans l'univers

- la vie humaine est trop complexe pour être le fruit du hasard

- la théorie de l'évolution est trop frustre pour expliquer la complexité de la vie. La meilleure hypothèse alternative, c'est qu'une intelligence supérieure, extraterrestre ou divine, l'a organisée.

- il y a tellement de choses belles dans la nature que c'est forcément une force intelligente qui dirige tout cela...

Or tout cela n’est qu’un grossier rhabillage : Il suffit de remplacer les notions de "force" ou de "dessein intelligent" par le mot "dieu" pour retrouver intacts tous les arguments traditionnels des créationnistes.


Par ailleurs, réplique sur le terrain

Un gigantesque « Musée de la création » vient d’ouvrir ses portes à Petersburgh, dans le Kentucky, avec un investissement de 27 millions de dollars surgi d’on ne sait où. Il fonctionne comme un parc à thème avec des abonnements mensuels et annuels.

Bush prône le « double enseignement de deux théories concurrentes », et 38% des Américains ne croient à rien d’autre qu’au créationnisme. (Contre 4 à 12% en Europe et au Japon).

Or la même année, cette année, on découvre deux choses simultanément. D’abord que cette doctrine du créationnisme que l’on croyait circonscrite aux Etats-Unis commence à faire des ravages en Europe, et ensuite que l’Islam, qui a aussi des intégristes assez remuants, la professe de son côté de bien étrange manière.

Côté chrétienté, le créationnisme vient de trouver un nouveau militant en la personne du nouveau pape, qui veut le promouvoir comme dogme dans l’enseignement européen, alors que son prédécesseur se contentait de dire que c’était là « bien plus qu’une simple hypothèse ».

Mais la goutte d’eau « qui a mis le feu aux poudres », c’est l’apparition en février 2007, dans les boites à lettres de toutes les bibliothèques des lycées, collèges et universités de notre douce France, et aussi de Belgique francophone, d’un superbe livre, « L’Atlas de la Création », ouvrage luxueux et gratuit, qui se présente comme le premier d’une série de sept tomes.

Le même livre, en version allemande, est au même moment distribué avec la même générosité dans tous les pôles d’enseignement allemands, de la petite école à l’université. Peut-être aussi dans d’autre pays, mais ne parlons que de ce que nous avons vérifié.

Ce livre, luxueusement imprimé en Turquie, en quadrichromie et papier de qualité non recyclable, est signé « Harun Yahya ». Or, si on va sur le site francophone de ce monsieur Harun Yahya ;

www.harunyahya.com/fr/.

…que découvre-t-on : D’abord, une magnifique publicité pour une édition du coran, une page à la gloire de l’auteur qui balaie les derniers doutes sur la militance intégriste du personnage :

http://www.harunyahya.com/fr/theauthor.php

des requêtes à collaborer avec le mouvement, faciliter ou donner des conférences et enseignements, et des liens vers des pages hautement craignos comme celle-ci :

http://www.harunyahya.com/fr/articles/article95_fabrications.php

Si vous n’êtes pas convaincu de la menace d’une pieuvre multinationale, vous pouvez vérifier l’existence réelle des succursales suivantes :

http://www.harunyahya.de/ Allemagne

http://www.harunyahya.be/ Belgique

http://www.harunyahya.ch/ Suisse

http://www.harunyahya.es/ Espagne

http://www.harunyahya.pl/ Pologne

http://www.harunyahya.ru/ Russie

http://www.harunyahya.at/ Autriche

http://www.harunyahya.cn/ Chine

http://www.harunyahya.dk/ Danemark

http://www.harunyahya.gr/ Grèce

http://www.harunyahya.hk/ Hong Kong

http://www.harunyahya.in/ Inde

http://www.harunyahya.jp/ Japon

http://www.harunyahya.lu/ Luxembourg

…et j’en oublie forcément quelques uns.

Les démonstrations du livre sont pour le moins oiseuses, et en tout cas scientifiquement erronées : Elles consistent notamment à présenter côte à côte un fossile et un animal actuel qui se ressemblent quelque peu pour affirmer qu’il s’agit bien de la même bébête, inchangée depuis des millénaires, ce qui réfuterait les théories de Darwin.

Le biologiste Hervé le Guyader, de la Faculté de Jussieu, chargé par Gilles de Robien d’analyser l’ouvrage , explique l’imposture dans une interview parue dans le Figaro :

Citation :

« Il s'agit d'une nouvelle forme de créationnisme, bien plus insidieuse que celle, d'inspiration chrétienne, qui sévit en Amérique du Nord, dit-il.

Harun Yahya ne prétend pas, en effet, que le monde et ce qui l'habite a été créé il y a six mille ans et en sept jours, comme le dit la Genèse. L'auteur, de confession musulmane, admet au contraire que la Terre a bel et bien 4,6 milliards d'années, son âge réel. Il s'appuie d'ailleurs sur les très nombreux fossiles retrouvés depuis deux siècles dans le monde entier pour asséner que « les espèces n'ont jamais changé ».

L'auteur présente ainsi, dans le désordre le plus complet, de magnifiques photos de spécimens de poissons, de hyènes, de fourmis, d'étoiles de mer ou encore de feuilles d'arbres, vieux de plusieurs dizaines de millions d'années, qu'il compare à une photo de leur descendant actuel pour bien montrer qu'ils se ressemblent. Et que, donc, « les êtres vivants n'ont pas subi d'évolution, mais furent bien créés »...

« La méthode peut s'avérer redoutablement efficace sur un public non averti, s'inquiète Hervé Le Guyader. Car ces espèces a priori semblables sont en fait très différentes les unes des autres tant sur le plan anatomique que génomique. La plupart seraient incapables de se reproduire entre elles ! »

L'auteur, qui cite abondamment le Coran, conclut que « la création est un fait », prouve « l'existence de l'âme » et prophétise « la fin du matérialisme ».

Fin de citation.

Qui a financé la fabrication de ce livre luxueux gracieusement expédié à des dizaines de milliers d’exemplaires dans plusieurs pays ? Comment les listes d’adresses ont-elles été collectées ?

Toujours est-il qu’un député européen français, socialiste, Guy Lengagne, s’est mis en devoir de faire un rapport sur le sujet, qui a été présenté lundi 25 juin au Conseil de l’Europe.

Lequel a jugé urgent de ne rien faire, d’annuler le débat, de ne voter sur rien, et de ne pas se prononcer en aucune manière sur un sujet si brûlant. Pourtant, ce rapport était superbement ficelé.

Guy Lengagne expliquait et démontrait que la campagne contre l'évolutionnisme trouvait ses racines dans différentes formes d'extrémismes religieux et constituait une menace dangereuse pour les connaissances scientifiques.

"La cible première des créationnistes contemporains, essentiellement d'obédience chrétienne ou musulmane, est l'enseignement, s'inquiétait le rapport. Nous sommes en présence d'une montée en puissance de modes de pensée qui, pour mieux imposer certains dogmes religieux, s'attaquent au coeur même des connaissances."

Le créationnisme rejette la théorie darwinienne de l'évolution des espèces par la sélection naturelle et défend l'idée que le monde a été créé par Dieu ; soit en six jours selon le récit de l'Ancien Testament, soit grâce à l'intervention d'un "dessein intelligent" pour les néo créationnistes".

Le rapport argumentait que les Etats membres du Conseil de l'Europe devaient s'opposer fermement aux enseignements du créationnisme en tant que discipline scientifique qui aurait la même légitimité que la théorie de l'évolution par la sélection naturelle.

Or ce rapport capital a été jeté aux poubelles de l’histoire.

Tout ceci est d’autant plus regrettable que nous avons en France une institution remarquable, la « Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires » (MIVILUDES), qui est un dispositif supérieurement efficace et informé qui rend périodiquement au premier ministre un rapport qui fait référence en la matière. De nombreux pays pourraient nous envier ce dispositif. Tout cela n’a pas intéressé le Conseil de l’Europe.

L’Europe veut bien être compétente pour la section des frites surgelées, les additifs du ketchup épicé, la normalisation du diamètre des pivots de charnières, voire les traces de pesticides qui se baladent dans les rivières, mais sonner le tocsin devant une attaque en règle de la laïcité dont dépend l’équilibre de notre culture et de notre civilisation, non. On ne touche pas.

Le conseil de l’Europe a déjà renoncé à se prononcer sur les sectes, éludé le débat sur la scientologie, laissé le problème de l’euthanasie aux commissions d’éthique gangrenées par les idéologues.

On se demande comment cette institution a bien pu faire pour se prononcer contre l’homophobie et les discriminations. Mais on s’inquiète aussi de savoir à quoi ces belles prises de position vont servir si l’Europe se laisse envahir par les idéologies intégristes, qui sont autrement plus sournoises que les casseurs de pédés et autres racistes de bistrot.

Au parlement européen, les choses ne se déroulent pas du tout comme à notre assemblée nationale. L’extrême droite y possède un groupe constitué, et tout fonctionne par lobby.

Et inutile de dire que les intégristes et autres chrétiens bétonnés y sont organisés avec soin.

"Nous n’avons pas pu faire prévaloir l’évolutionnisme sur le créationnisme, regrette Guy Lengagne. Nous avons eu affaire à de violentes oppositions de la part d'un consultant russe présenté par la Pologne et soutenu par des Hongrois ; il assimilait l'évolutionnisme au stalinisme, au nazisme et au terrorisme !" assure l'auteur du rapport, l'ex-député français (PS) Guy Lengagne. (Le Monde, 26/6/07).

Sans compter la délégation polonaise, celle qui veut « rétablir l’ordre chrétien en Europe », et qui se mobilise systématiquement contre toute manifestation laïque ou simplement objective. Miroslaw Orzechowski, le vice-ministre de l’éducation polonais, sous le contrôle de son ministre Roman Giertych,, homophobe militant, est le fer de lance du créationnisme en Pologne. C’est lui qui décide ce qu’on fera à l’école et ce qu’on n’y fera pas, quelles idéologies y seront autorisées, et ce qu’il faudra censurer. Ce sont ses services qui avaient, l’an dernier, limogé Miroslaw Sielatycki, directeur du Centre de formation continue d'enseignants (CODN) qui avait fait traduire en Polonais une brochure du Conseil de l’Europe relative à l’information contre l’homophobie en milieu scolaire.

Bref, la construction de l’Europe, c’est un chantier, certes, mais c’est aussi le terrain où les vieux démons réapparaissent pour entraver la marche du progrès.

Lorsque nous élirons, dans deux ans, nos députés européens, sachons qu’il faut envoyer là-bas de véritables justiciers, des quasi super héros qui auront à combattre des forces du mal qui ont peu à envier aux spectres des films d’horreur.

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mardi 26 juin 2007

106° Samedi 30 Juin - Marche des Fiertés LGBT

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Jadis appelée Gay Pride, la Marche des Fiertés LGBT revêt tous les ans un caractère exceptionnel.

Exceptionnel de toute manière parce que même si un jour nous obtenions toute l’égalité et tous les droits qui nous appartiennent comme à tous les autres citoyens, nous n’aurions pas pour autant désarmé nos ennemis. Je dirais presque au contraire.

A l’inverse de la célèbre pile, la liberté s’use si on ne s’en sert pas. C’est une fleur fragile qu’il faut cultiver et entretenir, qu’il faut protéger des climats réactionnaires, des orages politiques et des dévastations religieuses. Il faudra toujours, sans fin, occuper et marquer par notre présence et notre dynamisme un espace vital que les gros cons et autres empêchés nous disputeront sans cesse.

Cette année, la Marche LGBT suit de près une double double élection qui a conduit au pouvoir des gens qui n’ont pas pour nous, -c’est un euphémisme-, de sympathie particulière.

Un président qui dit ouvertement qu’il est contre l’extension aux gays des droits au mariage et à l’adoption universellement accordés aux autres citoyens. Un président qui reçoit comme des VIP le gratin de mouvements sectaires tels que la scientologie.

Un président qui ne tient pas sa promesse d’exclure du parti dont il était le chef et dont il reste l’inspirateur le député Vanneste, condamné en premier ressort et en appel pour injures homophobes, qui ne présente personne contre lui et engrange sa candidature sans état d’âme.

Un président qui s’appuie sur une majorité qui comporte 157 députés ouvertement homophobes, puisqu’ils ont signé la pétition de J.M. Nesmes par laquelle ils s’engagent à bloquer toute extension de l’égalité républicaine par le mariage et l’adoption en direction des gays.

Un premier ministre qui va soutenir ledit Vanneste dans son fief pour sa campagne électorale, se fait photographier avec lui, puis, sur son site internet, l'efface de la photo où ils figuraient côte à côte pour faire taire les protestations.

Tour de passe-passe qui suscite les vitupérations de Vanneste, qui a accusé Gay Lib (les UMPédés) d’en être la cause, exigé des sanctions et revendiqué que ledit Gay Lib cesse de se réclamer de l’UMP !

Si on m’avait dit un jour que j’en serais à défendre Gay Lib ( gentiment nommé club des masos par les bonnes langues du Marais), j’aurais crié à la mise en boîte. Eh bien non : plutôt Gay Lib que Vanneste !

Bref la législature qui commence n’est pas très rose.

Mais le peuple gay de France n’a pas l’intention d’attendre cinq ans en courbant l’échine.

Il ne désespère pas de voir enfin le pouvoir touché par la grâce républicaine, et considérer enfin les gays comme des citoyens de plein droit.

Et à la limite, et la Marche des Fiertés, c’est aussi cela, de réclamer par la rue ce qu’on ne lui donnera pas par la raison.

Les thèmes de l’année sont au nombre de six :

1° la lutte contre l’homophobie passe par l’éducation. Par une éducation sexuelle bien faite et réellement dispensée, par une éducation civique sans fausse pudeur, et par l’intervention d’associations qui, bien qu’agréées, se heurtent encore trop souvent à l’hostilité des rectorats.


2° L’adoption et le mariage. Peu de couples gays voudront convoler en justes noces et adopter. C’est là essentiellement un problème d’égalité républicaine : tous les citoyens doivent avoir les mêmes droits.


3° Les Droits Humains. 90 pays pénalisent encore l’homosexualité, dont 23 par la peine de mort. La France doit jouer son rôle de phare culturel, démocratique et républicain pour exiger devant toutes les instances possibles et dans tous les dialogues possibles la fin de ce massacre. Les résidents des pays pénalisant lourdement l’homosexualité doivent être considérés comme des réfugiés politiques. Le statut des couples bi-nationaux doit également être amélioré.


4° La liberté des transsexuels de disposer de leur corps et de se faire reconnaître pour ce qu’ils veulent être. Là, tout est à faire depuis la perception de la transsexualité par les milieux psychiatriques jusqu’à la réalisation des opérations et soins nécessaires et leur prise en charge.

J’avoue que personnellement, j’ai du mal à « percevoir clairement » la transsexualité. Mais je me dis qu’un hétérosexuel bon teint doit avoir le même problème pour « percevoir clairement » ma simple homosexualité. Alors, ne soyons pas égoïstes.


5° La cellule familiale. Création d’un statut de beau-parent. La plupart des familles homoparentales sont une recomposition autour d’un des conjoints qui a des enfants d’un couple hétérosexuel antérieur. Il faut définir les problèmes de partage d’autorité, prévoir en cas de décès d’un conjoint, de confier la tutelle de l’enfant au survivant afin de lui éviter à la fois un arrachement affectif et les affres de l’orphelinat. Etc… Vaste chantier dont les plans sont à peine tracés.


SIDA Formation, éducation, campagnes… Travailler à soigner la maladie, c’est bien, mais si on pouvait ne pas l’attraper bêtement, ce serait mieux. Egalement contribuer à enrayer son explosion dans le tiers monde par une campagne d’information laïque – voire athée-courageuse et incisive…



Marchez, marchez, et parlez en autour de vous…

vendredi 22 juin 2007

105 Homophobie: Ne nous dispersons pas.

L’affaire du Cox…

Depuis quelques jours, le Marais est en émoi. Le Cox, bar incontournable de la rue des Archives, n’a pas reçu l’autorisation d’installer une sono extérieure pour la fête de la musique.

http://www.cox.fr/

Les arguments, du côté des autorités : troubles de voisinage et de l’ordre public, et du côté du bar : installation identique à celle qui fut autorisée le années précédentes, alors pas de raison valable autre que l’homophobie.

Finalement, l’autorisation «d’une sono extérieure » n’est effectivement pas arrivée, et le Cox a choisi de rester fermé plutôt que de se satisfaire de sa sono intérieure qui restait bien sûr autorisée.

Mais est-ce si simple ? Sans doute l’autorisation refusée concernait-elle « un matériel identique à celui utilisé les années précédentes ». Mais c’est à mon avis, justement là que le bât blesse : honnêtement, aucun bar dans Paris et même sans doute en Landerneau n’avait fait si fort les années précédentes. Ce n’était plus « de la musique » dans la rue, mais une rave party grandeur réelle dans la pauvre rue des Archives.

Avec tous les dégâts collatéraux qu’on peut imaginer : les carreaux qui tremblent à tous les étages alentour, et une rue bloquée sur cent mètres par un millier de fêtards en goguette.

J’ai beau être très chatouilleux au regard de la moindre discrimination en général et sur le plan homophobe en particulier, l’honnêteté la plus élémentaire m’oblige à avouer que je n’aurais pas moi-même toléré un tel bazar en bas de chez moi.

L’autorité est maladroite. Il suffirait de recadrer la fête de la musique dans sa définition originelle, telle qu’elle se pratique d’ailleurs dans les autres quartiers de Paris.

La fête de la musique est une invitation lancée à tous les musiciens à venir se produire dans la rue avec leurs instruments, aux orchestres à venir jouer sur la place pour le bonheur de tous.. Les forcenés qui mettent leurs haut-parleurs sur leur fenêtre pour y passer des disques n’y ont rien compris…

Il aurait suffit à l’autorité de rappeler cette définition, à savoir que les autorisations ne sont délivrées qu’au bénéfice d’une musique produite "live" par des musiciens et non pas enregistrée, et la suspicion d’homophobie eut été évitée.

D’ailleurs, le Cox a trouvé son successeur : un établissement flambant neuf de la rue des Lombards avait dès 17 heures disposé sur sa terrasse une installation complète de disc-jokey, avec des platines, une table de mixage et des enceintes grosses comme des réfrigérateurs. La rue était bouchée jusqu’au boulevard de Sébastopol, et les basses audibles à 50 mètres…

Or cet établissement n’est pas à ma connaissance ouvertement « gay ». En tout cas il ne s’en réclame pas, même si son emplacement lui vaut une clientèle « variée ». On verra bien ce que fera l’autorité l’an prochain : en infligeant une sourdine à ce nouveau trublion, elle ; démontrera que l’ordre public n’est pas forcément homophobe, dans ce cas au moins. Sinon, on en reparlera.

C’est certes un mal de notre temps de confondre qualité et quantité. Les estrades montées de la façon la plus officielle sur les grandes places de Paris mettent en œuvre des sonorisations d’une puissance tout à fait déraisonnable. Souvent plusieurs dizaines de kilowatts ! Mais passons pour les gros concerts, puisque c’est la mode. Tant pis pour les habitants des places parisiennes…

Concernant les particuliers, une limitation à 95 db à 1 mètre et 200 watts permettrait aux musiciens les plus talentueux d’exercer la quintessence de leur art. Ceux qui ont besoin de plus de bruit ont quelque chose à cacher.

En attendant, tout en restant vigilant sur les manœuvres dilatoires attentatoires aux droits gays, et dont l’affaire « d’Illico-papier » (cf mes articles n° 90 et 96) est un exemple significatif, il me semble contreproductif de se victimiser et de voir de l’homophobie là où elle n’est pas. C’est dévaloriser la gravité des atteintes dont nombre des nôtres souffrent dans leur chair.

Il serait beaucoup plus efficace, -le commerce de certains dût-il en pâtir-, de défendre nos droits sur quelques cas clairs et indiscutables, plutôt que de se prévaloir de circonstances troubles et multiples comme cette affaire du Cox.