lundi 27 juillet 2009

276 Brüno et autres films gays pas tristes.

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See Brüno or not see Brüno, that is the question...



Au vu des quelques documentations que j'avais pu consulter, je m'étais dit que non, je n'irais pas voir cette folle furieuse.


Je suis de ceux qui pensent que « La Cage aux folles » est un film raciste et discriminatoire. (Imagine-ton un instant une « Cage aux bougnouls » ou une « cage aux youpins »???)


C'est dire que j'attends avec impatience que ces messieurs du spectacle daignent nous montrer des homosexuels « normaux » au lieu d'essayer de gagner de l'argent en faisant de nous des bêtes de foire.


Comme ce n'est pas facile de dire tout le mal qu'on pense d'un film qu'on n'a pas vu, la honte au front, en rasant les affiches, j ai été voir Brüno... J'ai vu...


Brüno arrive en tête de la première séance de mercredi sur les 20 salles de Paris. (Cette séance est un baromètre habituellement fiable). Mais...

La concurrence est faible: s'il réalise 1300 entrées, les challengers sont « Totally spies » avec 782 spectateurs sur seulement 11 salles, et « Une semaine sur deux » avec 784 entrées sur 16 copies...

http://www.allocine.fr/article/fichearticle_gen_carticle=18476697.html


En tout cas, programmé dans sa plus grande salle par un exploitant pourtant habituellement cinéphile, il a rassemblé à peine 50 spectateurs à la séance à laquelle j'ai assisté...


Brüno n'est resté qu'une semaine en tête du box office américain, mais a attiré sur lui les foudres des organisations militantes.

http://v2.e-llico.com/article.htm?rubrique=actus&articleID=19963


Présenté comme un plaidoyer pro-homo et une attaque contre l'homophobie américaine, le film en tout cas ne répond ni aux espoirs dont il se veut porteur ni aux craintes qu'il suscite.


Car pour être l'un ou l'autre, il faudrait qu'il contienne autre chose que... enfin... quelque chose tout court. Brüno est un film vide, de contenu, de sens, de tout... Une heure dix de pellicule gâchée et d'électricité perdue pour le projeter.


Ce n'est pas avec cet insondable abîme de nullité que la cause LGBT va avancer d'un yota, mais ce n'est pas non plus avec ça que les homophobes, même les plus obtus, vont argumenter contre les gays. Rien , c'est rien, le vide sidéral avec quelques gloussements.


Même de grasses plaisanteries de comptoir semblent plus pertinentes que les gesticulations de Sacha Cohen, et à côté de ce laborieux pensum, la « Cage aux folles » passe pour une œuvre philosophique puissamment intellectuelle... L'échelle de classement du film le plus con passe très au-dessus de la queue de Brüno.


Finissons en avec ce non-évènement pour parler un peu de quelques films autour de l'homosexualité programmés à la rentrée.



Le 2 septembre, « Tu n'aimeras point », ou l'audace de situer une aventure homosexuelle là où elle est impensable, dans le quartier juif le plus intégriste de Jérusalem...


Pour moi, ce genre de sujet n'est qu'un exercice de style, car sa crédibilité se pulvérise au premier contact avec mon rationalisme.


Il a le mérite d'éclairer toute l'ambigüité d'un état qui se proclame laïque alors que la religion est sa seule raison d'être. S'il y existe des communautés assez doctrinaires et fermées pour qu'on y croie, à l'époque des satellites, des airbus et d'internet, que l'homosexualité n'existe pas, ces groupuscules doivent êtres considérées comme sectaires par un état supposé laïque et libéral, et interdits comme tels. Or il n'en est évidemment pas question... Le drame qui en découle n'est plus qu'une question d'hypocrisie et de psychose.

http://www.dvdrama.com/news-34810-tu-n-aimeras-point-troublant-et-subtil.php



La semaine suivante, le 9 septembre, nous arrive « I love you Phillip Morris » avec l'incontrôlable Jim Carrey. Je me méfie toujours lorsque les hétéros se piquent de faire des films homos. Le syndrome « Cage aux Folles » n'est jamais loin et j'attends pour voir avec la plus grande méfiance. N'est-il pas préoccupant que le héros ait besoin d'aller en prison pour découvrir son homosexualité? Toujours à l'époque des satellites, des airbus et d'internet?

http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=129258.html





Sur le ton de la farce pas innocente, nous pourrons voir le 12 août « L'An 1, débuts difficiles », une sorte de « Darwin pour les nuls » dans le style des Monthy Python et de Cro-Magnon revu Cro-Mignon, qui met en scène des structures familiales et tribales que je vous laisse découvrir, avec un prêtre sacrificateur folle démente qui sacrifie « à sa manière » dans une back-room et initie les jeunes gens à la vie d'adulte.



Ce surprenant voyage initiatique se termine d'ailleurs à Sodome, présenté comme la Las Vegas de l'époque du string en peau de zébu.

http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=129254.html



Et enfin, toujours pas programmé, le très impudique et subversif « Nuit d'ivresse printanière » de Lou Ye (déjà remarqué pour « Une jeunesse chinoise »). Interdit en Chine où on vient seulement de reconnaître que l'homosexualité existait, (ce qui va bien arranger les affaires des quelques 120 millions de gays que, statistiquement, compte ce pays!!) mais où, (comme en Lituanie, pourtant membre de la Communauté européenne), on lui interdit tout moyen d'expression publique ou médiatique.

http://www.nuitsdivresseprintaniere-lefilm.com/



Là, on est dans l'émancipation des esprits, l'exultation des corps, le balayage des idées reçues et des traditions, le retour à la nature. Un peu la démarche hippy qui balaya l'Occident il y a quarante ans. On imagine que les autorités chinoises soient plus enclines à copier l'économie occidentale que sa liberté. Qu'attendent nos distributeurs hexagonaux pour nous programmer un film primé à Cannes? (Palme d'Or du meilleur scénario).


D'autant plus que les Chinois ne le verront jamais...

http://sinapsesconseils.typepad.com/chinanewsmedia/2009/06/le-cin%C3%A9ma-chinois-entre-exportation-et-censure-le-figaro-6-juin-2009-.html


Puisqu'on a au passage évoqué la Lituanie, on notera que ce pays possède le taux de suicide le plus élevé du monde... Pas de tentations, pas de sel de la vie?

http://www.tetu.com/actualites/international/la-lituanie-interdit-la-publicite-de-lhomosexualite-15092

http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89pid%C3%A9miologie_du_suicide


En attendant, au rayon "petits bijoux de cinéma", ne manquez pas "J'ai tué ma Mère"... de Xavier Dolan, acteur principal et réalisateur.


Non, il ne la tue pas! Tout le monde me demande s'il la tue lorsque je conseille ce film ! !




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9 commentaires:

Licida a dit…

Bonjour Jacques,

je lis régulièrement et silencieusement votre blog depuis plus d'un an, et en loue habituellement les articles pertinents, militants et parfaitement argumentés. Mais aujourd'hui je commenterai au sujet de La Cage aux folles car je crois lire dans votre condamnation de ce film une trace de bêtise homosexuelle répandue, bêtise qui me semble aussi inacceptable qu'inédite en ces lieux. Voilà pour le motif. Pour la politesse, je suis un jeune homo de 24 ans vivant à Paris et étudiant la communication.

Je voulais d’abord croiser le fer avec vous à propos de Brüno, film que j’ai beaucoup aimé, mais dans la mesure vous n’étayez pas votre jugement, je le considère hors du champ du débat (mais serait tout à fait prêt à en débattre si vous le souhaitez). D’autant que ce mépris repose à vous lire, sur un autre plus profond pour La Cage aux folles. J’entreprends donc d’essayer de vous convaincre du fait que La Cage aux folles est un film moderniste qui a plus fait pour la condition homo que toutes les actions militantes (rien que ça !). Mais d’abord un point sur les relations des homos et des « folles » qui sont souvent la base du mépris pour ce film (je ne prétends pas que cela soit le cas du votre).

Licida a dit…

Il est courant aujourd’hui d’entendre des homos se disant les plus tolérants du monde dire que les folles donnent une « mauvaise image » de l’homosexualité. On pourrait simplement remarquer que vouloir donner une « bonne image » est déjà loin des prédispositions subversives qu’avait cette sexualité dans les années 70, mais après tout chacun a le droit de vouloir rentrer dans le rang comme d’en sortir ; pourtant vous ne m’enlèverez pas de l’idée que réclamer le droit à l’indifférence n’a pas empêché les juifs de devenir les bêtes noires des nazis qui ne craignaient rien tant qu’un juif qui ne ressemble pas à son stéréotype et se fond dans la masse, au point de vouloir les signaler par une étoile jaune.

Pour en revenir à cette « mauvaise image » donc, je rétablirai d’abord une vérité historique en disant que, bonne ou mauvaise, elle fut la première de l’ère contemporaine, et que les homos « mecs-mecs » (comme on lit sur les chats) n’avaient qu’à se bouger le cul plus tôt pour faire évoluer les mentalités au lieu de rester dans le placard en attendant qu’on daigne les accepter sans rien faire d’autre que d’être honteux. Car en effet, des figures interlopes des années 20 aux gazolines des années 80, les folles sont toujours en tête des fiertés homos : et à Stonewall, c’est d’abord à coup de talons aiguilles que les affrontements ont commencé.

Mais les homos se comportent aujourd’hui comme une certaine droite envers les immigrés : « vous n’êtes que des parasites qui menez notre communauté à la faillite ». Les homos ont un mépris de la folle, à la mesure du refoulement de leur inconscient et de leur sur-moi démesuré : tous les homos admirent Marlon Brando, mais tout le monde a du Zaza Napoli en soi. Certes il est insupportable de voire toute une population homosexuelle réduite à un seul de ses stéréotypes, la folle, mais au-delà des raisons historiques que j’évoquais, il y a aussi une cause sociologique : la folle est le stéréotype parfait pour faire accepter l’homosexualité, il rassure. Il rassure car il fait rire, la folle est parfaitement ridicule et, de ce fait, inoffensive. C’est là toute l’utilité des caricatures : vous parlez de « cage aux bougnoules » ou de « cages aux youpins » mais elles ont existé ! Prenez La Juive d’Halévy dans lequel le juif Eléazar est le parfait stéréotype du juif cupide, et pourtant cet opéra est un hymne à la tolérance envers les juifs ; prenez un slogan tel que « Y a bon Banania ! » ou des biscuits tels que feu les « Bamboulas » qui présentaient les noirs sous des aspects tribaux pour ne pas dire demeurés, mais c’est ainsi qu’ils n’effrayaient plus. Il ne faut pas oublier que l’acceptation sociale se fait à le mesure de l’intelligence d’une société : quand la masse est conne, son chemin vers la tolérance l’est tout autant. Et pour les juifs, les noirs ou les homos, le chemin a toujours été le même : dédramatisation de la figure à travers une caricature débile, puis reconnaissance du pouvoir économique de la population concernée et enfin acceptation et abandon de la caricature. S’il y a toujours des cons pour croire que tous les homos sont des folles, n’accusez pas Zaza Napoli, accusez-les cons ! Et à tous les homos qui trouvent qu’il n’y a que des folles et des trav’ à la Gay pride et que cela donne une « mauvaise image », bougez-vous le cul et allez donner votre image de l’homosexualité à la Gay pride !

Licida a dit…

Et maintenant, j’en reviens au film La Cage aux folles. Patrice Chéreau disait à ce propos : « La Dame aux Camélias, est une histoire hétérosexuelle qui se finit mal, et pourtant ce n’est pas un pamphlet contre l’hétérosexualité » (in Y.Jeuland, Bleu Blanc Rose). Eh bien La Cage aux folles, c’est la même chose, le film ne prétend pas saisir toute la réalité homosexuelle; je comprends parfaitement qu’en termes de visibilité de l’homosexualité à cette époque, cela ait pu être insupportable à des militants qui se battaient pour ne pas être réduit à ce stéréotype, mais non seulement aujourd’hui cette lutte n’a plus de raison d’être car la diversité de l’homosexualité est suffisamment démontrée au ciné comme à la télé (et si certains pensent que tous les homos sont des folles, c’est simplement qu’ils refusent de voir le contraire, et tous les gays de Plus belle la vie n’y changeront rien), mais en plus ce film a davantage fait pour la cause homo que toute l’action militante.

La différence est dans la cible de l’action. L’action militante veut faire bouger les choses par le haut, en faisant pression sur l’Etat et, si l’on est un peu rousseauiste, on pense que c’est par la loi que les mentalités de masse changent et non l’inverse. L’action de ce film est au contraire sur les masses : à une très très large majorité de spectateurs de ce film, « LGBT » ou « Act-up » n’évoquent absolument rien. Or en voyant La Cage aux folles, ils ont eu à voir une différence qu’il ne tenait à qu’à leur intelligence d’accepter ou du moins de tolérer pour son caractère inoffensif.

Et mieux, ce film défend la diversité de l’homosexualité, et, j’ose le dire, l’homoparentalité. Car enfin il n’y a pas que Zaza, il y a aussi Renato qui est plutôt très viril malgré un suraigu échappé de temps à autre ; et puis Zaza est parfaitement heureuse en travesti, dans son couple et dans sa vie professionnelle, elle a trouvé sa place ailleurs que sur le trottoir et paye ses impôts comme n’importe quel intermittent du spectacle ; et puis qui a élevé le petit quand l’irresponsable mère hétérosexuelle s’est enfuie ? et pire, le fils, en plus d’être plutôt bogosse, est parfaitement équilibré, normal, au point de vouloir reproduire lui aussi ce bon vieux mariage hétéro en toute simplicité ; et à coté de la mère fuyarde, on ne peut pas dire que l’hétérosexualité soit bien défendue dans ce film à travers le patriarche intégriste joué par Galabru ! Mais quoique l’on dise, les homos bien pensant vous rétorquent « Cachez cette folle que je ne saurais voir ! »

Donc je suis persuadé que ce film est à inscrire au panthéon de l’histoire homosexuelle, qu’il n’a rien de raciste ou de discriminatoire comme vous le prétendez dans la mesure où il ne propose aucun jugement de valeur mettant les homos en dessous des hétéros, bien au contraire.

Désolé pour la longueur du commentaire, mais les espaces virtuels où l’on peut tenir ce genre de discours en étant entendu sont assez rares pour n'en point profiter ;-)

de Brethmas a dit…

Cher ami,
Je pense que vous mélangez diverses choses. Je ne saurais "étayer" la nullité de "Brüno" parce que le jugement d'une oeuvre artistique, même supposée, est subjectif, et ensuite parce que pour argumenter, il faudrait qu'il contienne autre chose que du vent..
Il ressemble plus, tant par son contenu que sa technique, à un mauvais film de vacances qu'à un travail de cinéaste.

Je ne vous ai pas attendu pour me "bouger le cul" en matière de défense des droits LGBT, et sans revendiquer ceux dont vous usez aujourd'hui, vous étiez encore bien loin lorsque j'étais au CUARH fin 68 et en 69 aux Beaux Arts, lorsque j'appartenais aux GLH et autres. J'ai fait toutes les gaypride sans exception, dont la première avec un casque de moto pour éviter les projectiles jetés des fenêtres, et même quelques gardes à vue pour avoir croisé le fer avec divers intégristes. Vous étiez où, ce jour là?

Ces vieux cons que vous stigmatisez comme des mal-comprenants ont tout de même fait pas mal de choses qui vous sont bien utiles aujourd'hui pour créer un mode de vie gay qui, en retour, les exclut à partir de 35 ans! Ce que j'ai souhaité en militant toute ma vie ne ressemble en rien au ghetto que votre génération est en train de fabriquer.
Un peu de distance, que diable...

Je suis d'accord avec vous pour dire que folles et gazolines étaient toujours en tête des manifestations, mais ce n'est jamais elles qui étaient reçues ensuite par les préfets et ministres... Chaque bataillon de l'armée LGBT a fait son travail dans une parfaite complémentarité, il ne faut pas tirer toute la couverture pour soi... Et revoir votre conception du placard. On peut faire plein de choses utiles sans pousser des grands cris.

Je ne vous considère pas pour autant "hors du champ du débat" parce que vous avez aimé Brüno, tous les avatars du showbizz ont eu leur coqueluche. Je me sens néanmoins réconforté par le public qui a fait de ce film un échec commercial malgré une grosse publicité:
http://www.commeaucinema.com/box-office

Et pourtant, il y en a des trucs nuls qui cartonnent...

De votre troisième paragraphe, je déduis qu'il y aurait, d'après vous, les "homos utiles" qui vous ressemblent, et les "homos boulets" qui ressemblent à 90% des autres.
Certes, la défense de nos droits a deux aspects, un législatif et un pédagogique.

Au rayon pédagogie, il existe un chapitre "propagande". Et là il convient de ne pas fournir nous-mêmes de matière aux homophobes.

Licida a dit…

Bonjour, merci de m’avoir répondu aussi vite !

Je suis tout à fait d’accord pour reconnaitre le caractère fondamentalement subjectif du jugement esthétique et comprend tout à fait votre refus d’en débattre. J’émets tout de même des réserves sur le fait qu’il n’ait aucune qualité esthétique, j’ai vu dans la scène de la salle de catch notamment quelque chose de fascinant par sa laideur qui m’a fait pensé à du Jérôme Bosch, mais je veux bien reconnaitre que je vais un peu loin :o) Le fait est que l’intérêt de ce film m’a surtout semblé documentaire, confronter une certaine réalité à une caricature pour en tirer des réactions absurdes, c’est de la provocation nourrie de grosses blagues, je comprend tout à fait que l’on puisse ne pas aimer.

Je ne vous visais absolument pas en pointant du doigt les homos dans le placard qui fustigent les folles, j’ai lu votre blog trop régulièrement et attentivement pour le faire, je ne faisais que souligner le comportement souvent méprisant à l’égard des folles de toute une jeunesse qui appartient bien plus à ma génération qu’à la votre, hélas ; c’est cette pensée unique, uniformisante et émergeante qui m’inquiète, car bien plus que sur un constat sociologique ou historique elle repose surtout sur un jugement libidinal : « Les folles ne sont pas bandantes. »

Par ailleurs je ne remets pas un seul instant en cause l’utilité de l’action militante, surtout dans les années qui ont précédé la dépénalisation. Relisez-moi, quand je parle de cons, c’est pour désigner cette frange de la population qui considère que tous les homos sont des folles, pas pour désigner les militants de la première heure que je respecte et remercie au plus haut point.

Préciser que les gazolines n’étaient jamais reçues par les préfets et les ministres ne contredit pas mon propos : je pense avoir clairement signalé le but de l’action militante (par le haut, auprès de l’Etat), j’ai sans doute un peu rapidement mis les folles hors de l’action militante sur le terrain pour les enfermer dans la cage de l’action sur les masses, merci donc d’avoir précisé.

Licida a dit…

Je suis tout à fait prêt à revoir ma conception du placard, mais avant, mieux vaut la préciser pour savoir de quoi l’on parle. Quand je dis « placard », j’ai parfaitement conscience de couvrir une réalité sociale variée. Chacun a le droit de considérer que son orientation sexuelle ne doive pas être affichée ou reconnue, mais alors que ceux là ne viennent pas reprocher à ceux qui l’affichent et œuvre pour sa reconnaissance, de n’être pas assez représentatifs. Mon propos ne consiste pas à en appeler à de « grands cris » comme vous dites, je suis personnellement plutôt du genre militant de l’ombre que grande folle sur les chars et je ne pense pas que mon orientation sexuelle soit immédiatement décelable dans mon apparence. Encore une fois, ce qui m’insupporte, ce ne sont pas les militants, folles ou pas, mais ces homos qui restent bien à l’aise dans leur confort, confort que ces militants et ces folles leur ont permis d’avoir, et qui crachent dans la soupe en fustigeant les folles. Une dernière fois, je ne prétends pas que cela soit votre cas (j’en suis même sur) ni la raison de votre mépris pour le film La Cage aux folles.

Par contre je ne comprends pas duquel de mes propos vous tirez cette distinction homos utiles/boulets. Chacun a le droit d’être militant et d’œuvrer pour les droits des homos… ou pas, mais alors qu’ils ne viennent pas se plaindre de ceux qui militent et occupent le devant de la scène médiatique en disant qu’ils véhiculent une « mauvaise image ».

Enfin pourriez-vous s'il-vous-plait précier ce qui, dans mon propos, pourrait fournir matière aux homophobes?

de Brethmas a dit…

Les homophobes font feu de tout bois, et personne de sensé ne peut prévoir où ça va tomber.

On a même entendu que l'homosexualité menacerait la pérennité de la race humaine, alors que non seulement il n'en est rien puisque le phénomène est constant à travers les âges et que l'humanité continue à se multiplier, mais que de plus, cette multiplication dépassant les limites du raisonnable, il serait temps de trouver un subterfuge plus élégant que la guerre pour l'enrayer.

Enfin, concernant la vacuité de "Brüno", j'ai même écrit qu'elle est si insondable qu'à côté, même "la Cage aux Folles" passe pour un chef d'œuvre philosophique... Ce qui n'est pas peu dire.

Ce n'est pas dans vos propos que les homophobes trouveront matière à démontrer leur niaiserie, ils n'ont pas besoin de cela.

Je suis pour les caricatures et l'humour quand ils sont drôles. "Brüno" est pathétique..

Licida a dit…

Certes! Et souvent je trouve que, médiatiquement, l'on répond mal aux homophobes (du moins à ceux qui sont civilisés, je ne parle pas de violences physiques): par exemple Vanneste.

Les propos de ce mec qui voit dans la fécondation et la perpetuation de l'espece la supériorité de l'hétérosexualité sur l'homosexualité, sont très facilement démontables, il suffirait de lui retorquer qu'il existe aussi des bisexuels et que la fécondation in vitro n'a pas été inventée par des homos; pour un prof de philo je trouve son argumentation étonnamment attaquable! Et pourtant personne pour lui démontrer calmement et posément la débilité de son propos... on a entendu dans les médias que des réactions outragées (et à bon droit!) mais qui ne reposaient sur rien de rationnel, tandis que lui jouait à fond la carte de la reflexion prétenduement extraite de toute idéologie ou emportement. Pour le coup il a clairement gagné la bataille médiatique (et juridique aussi hélas!).

de Brethmas a dit…

L'affaire est à la Cour de Justice Européenne. C'est très long, mais nous y sommes respectés.

"La force des tyrans n'a d'autre raison que la faiblesse des esclaves"