samedi 29 janvier 2011

370° Le procès des barbares de Créteil.



J'habite le quartier du tribunal de Créteil et je me suis rendu à trois des audiences du procès des agresseurs de Bruno Wiel. En a-t-on tout dit ? Certes, il y a les évidences, la satisfaction de la reconnaissance de l'homophobie de l'agression, mais aussi quelques non-dit.

Bruno Wiel au tribunal de Créteil. Photo AFP

Même si le procureur a déclaré que nous étions face à « un cas d'école de la barbarie », ni lui ni aucun journaliste n'a établi de parallèle entre cette affaire et celles du Gang des Barbares qui a défrayé la chronique l'an dernier.

Ils sont pourtant nombreux : dans les deux cas, la victime est choisie pour ce qu'elle est : juif dans le premier cas, homosexuel dans le second, et donc victime expiatoire de je ne sais quel bras sacrificiel dont les agresseurs se croient investis.

Les deux sont supposés riches, -ce qui était faux dans les deux cas-, et naturellement désignés parmi une caste opposée, religieusement dans le premier cas, sexuellement dans le second. (En admettant que « l'opposition sexuelle » n'ait pas de caractère religieux de second plan...).

Les deux victimes sont vouées à l'extermination, condamnées aux pires sévices par l'essence même de leur appartenance à une communauté réputée adverse.


Savoir si cette condamnation sera exemplaire est une autre paire de manches... La justice n'a jamais eu de vertu d'exemplarité, il y a autant de crimes, -et peut-être plus- dans les pays qui appliquent la peine de mort que dans ceux qui l'ont aboli, et aucune condamnation, aussi lourde soit-elle n'a jamais provoqué l'extinction du type de délit qu'elle punissait.

Pourquoi ? Parce que nous avons affaire à des catégories sociales peu instruites, marginalisées par des enfances malheureuses, des échecs scolaires et des familles sans autorité morale.

Parce que nous avons affaire à des communautés encore baignées de ces sourdes pulsions ataviques dont l'homophobie et la violence machiste sont les éruptions les plus habituelles.

Parce que nous avons affaire à un phénomène de bande au sein de laquelle le plus violent devient naturellement le chef, et où chacun essaie de briller du seul enjeu compréhensible par tous : aller plus loin dans la provocation.


Témoin cette constatation : dans toutes les affaires d'agression homophobe, et dans celle-ci comme les autres, le prévenu déclare avoir été victime d'attouchements lorsqu'il était gamin. Mais jamais aucun n'a porté plainte. Jamais la réalité de ces attouchements n'a été démontrée. Juste ça fait bien dans le dossier. C'est une circonstance atténuante bateau qu'il ne coûte rien d'afficher dans le portrait de l'enfance malheureuse.

Il y a des modes, comme cela : ainsi, dans les affaires de divorce, on a vu multiplier par dix les accusations de pédophilie, alors que les enquêtes diligentées ont démontré que leur nombre n'avait jamais varié avec le temps. Juste un argument de prétoire... Il y a des modes dans la justice comme ailleurs.


Pour m'être trouvé dans le prétoire de Créteil, je peux vous raconter quelque chose que les journalistes n'ont pas rapporté: la cité de Thiais, celle des tortionnaires, était dignement représentée par les deux dernières rangées du public. Le reste de la bande était là, tous ceux qui n'ont pas participé à la virée fatale, mais qui auraient sans doute pu s'il y avait eu plus de places dans la voiture. Chaque fois que l'un rentrait, de silencieux signes de connivence s'échangeaient avec ceux déjà assis.

Puis, il y a eu suspension d'audience, tout ce beau monde est sorti fumer une cigarette sur le parvis du palais, devant les cinémas, et je me suis mêlé à eux en tendant l'oreille.

« - La vache, je croyais qu'ils allaient sortir, ils parlent de lourde condamnation ! »

« - Putain, c'est qu'un pédé, t'as vu sa gueule. Ça mérite pas un procès et de la cabane ! »

« - S'il faut aller en tôle chaque fois qu'on casse un pédé... »


Il est vrai que si le Conseil Constitutionnel n'avait pas avec laxisme accepté que l'interdiction du mariage gay soit licite, il aurait donné un vrai signal d'égalité républicaine directement applicable aux homosexuels.

Renvoyer la balle devant le législateur qui, tôt ou tard, devra bien s'aligner sur les mœurs de son époque et voter le fameux mariage, c'est certes satisfaisant pour les gays, mais ça a un petit côté « monter dans le train en marche » qui conserve un parfum dérogatoire et n'est pas nimbé de l'autorité qu'aurait pu avoir le Conseil Constitutionnel en la matière, s'il avait daigné retoquer les députés.


La preuve que l'homophobie plane toujours dans l'air du temps, c'est qu'au sein de l'UMP, et sans désaveu à ce jour de ses édiles, le député Jacques Myard continue à s'en donner à cœur joie... et en s'attaquant à ses propres troupe, GayLib étant je le rappelle une émanation de l'UMP. Enfin, on ne sait plus très bien si c'est une émanation des gays nantis au sein de l'UMP ou une tentative de pénétration de l'UMP dans le corpus gay, mais il y a un sérieux rapport, témoin mes billets précédents...

Sans parler des petites atteintes discrètes et sournoises au PACS, que les ringards continuent à appeler "mariage gay" alors que les pacsés sont à 95% hétérosexuels...

Fabrice Eboué, d'apparence pourtant sympathique, semble ne pas avoir compris grand'chose à l'homosexualité, qu'il considère comme une tendance urbaine et branchée.


Et enfin, un nouveau suicide d'adolescent gay aux Etats Unis. On ne les compte plus maintenant, hélas...

Si au moins ce pays voulait se doter comme l'Europe d'une législation sur « la liberté d'expression » qui interdise les appels au meurtre...


Et pour finir, rions un peu : France Télécom dépense près de 59 millions d'euros pour s'offrir 49% de Dailymotion... Or sur les ordinateurs de France Telecom, lorsqu'on essaie de se connecter à Dailymotion, on découvre que le site est bloqué « parce qu'il ne présente aucun intérêt professionnel ». Ça commence à combien de millions, l'intérêt professionnel ?





vendredi 28 janvier 2011

369° Le Conseil Constitutionnel romprait-il l'égalité républicaine?



C'est officiel : tous les citoyens ne sont plus égaux. On pensait jusqu'à maintenant que le droit -ou pas- au mariage -homosexuel en l'occurrence- ne tenait qu'aux calculs électoraux d'un gouvernement qui tire une partie indispensable de sa majorité des milieux très conservateurs, hypercathos, voire d'extrême droite.


Le Conseil constitutionnel vient de décréter que l'interdiction du mariage gay serait conforme à la Constitution. Les articles 75 et 144 du code civil, qui dispensent le bénéfice de la loi aux citoyens en fonction de leur préférence sexuelle peuvent continuer, d'après nos « sages », à créer cette insupportable discrimination entre les citoyens de notre douce France.


Et comme le mariage est actuellement le seul dispositif qui apporte aux enfants la plénitude des droits et des avantages de la république, ce sont quelques deux cent mille enfants français qui se voient, par cet oukase, également privés d'égalité républicaine. Car les homosexuels ont des enfants : pour 85% issus de mariages hétérosexuels précédant leur coming-out, et pour 15% par différentes méthodes d'adoption ou de gestation pour autrui.


Du coup, en la matière, la France se classe au nombre des mauvais élèves de l'Europe. Les Pays Bas, la Grande Bretagne, la Belgique, les très catholiques Espagne et Portugal et le Luxembourg ont déjà adopté le mariage homosexuel, et les trois premiers également l'adoption. La Suède se paie même le luxe d'obliger de surcroît les églises à célébrer les mariages gays ! Nous nous classons donc parmi les cancres, avec l'Italie et l'Irlande...


Toutefois, le Conseil Constitutionnel, s'il a dit que le refus du mariage aux homosexuels était conforme à la constitution, n'a pas dit pour autant que son octroi n'y était pas conforme. Il renvoie en fait au législateur la charge de dessiner le profil social de la société française.


C'est dire que le mariage gay et l'adoption vont être plus que jamais des enjeux électoraux majeurs des élections qui s'annoncent. 63% des Français, dont la droite modérée y sont favorables, et ce point va donc être une amorce de rupture supplémentaire pour l'UMP, qui est assise entre deux chaises et ne « passe plus » sans sa frange ultra-conservatrice.


vendredi 14 janvier 2011

368° Homophobie : La sorcellerie est de retour.




Jusqu'où les religieux de tout poil feront-ils reculer les limites de l'imbécillité ??? Hier, comme je le disais dans mon billet n° 366, c'était l'évêque de Cordoue qui nous promettait un monde à 50% homosexuel grâce à un merveilleux complot laïcard, aujourd'hui, ce sont les corbeaux baptistes qui établissent un rapport entre les inondations australiennes et « le Mardi-gras de Sydney » qui est la Gay-Pride locale.

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S'il est tombé des oiseaux morts dans certains villages du grand sud des USA, c'est aussi la faute aux pédés, dont la plupart ont pourtant fui depuis longtemps ces états inhospitaliers, berceaux de l'esclavage et du racisme, pour des états côtiers plus accueillants. Lien

Si vous vous souvenez, lors du tsunami qui frappa l'Indonésie en décembre 2004, on avait déjà accusé l'orgasme en général et les homosexuels en particulier d'avoir provoqué le séisme et la catastrophe... C'est ce que disaient d'une seule voix les imams allumés et les fous furieux chrétiens de www.godhatesfags.com dont le site est curieusement inaccessible ce matin. -Qui s'en plaindra ?-.



Les associations LGBT et des droits de l'homme réclament en hurlant que la république française et son chef de clique qui-sauve-l'euro-le-monde-et-le-reste se mêlent de dénoncer hautement la situation au Cameroun, où les journaux publient des listes de gays avec leur adresse et téléphone, ce qui les expose à la vindicte populaire pour ne pas dire au lynchage. L'association Aides publie un communiqué pour tenter d'enrayer le massacre. En voici le texte intégral :

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Communiqué 13 janvier 2011

Croisades anti-gay au Cameroun : l'Etat Français doit réagir !

Le Cameroun est aujourd'hui le théâtre de réactions homophobes d'un autre âge. Insupportable négation de la dignité humaine, la stigmatisation dont sont victimes les homosexuels est une menace directe pour leur santé et contribue à nourrir l'épidémie de VIH. AIDES appelle la France à une réaction publique.

Mis en place le 22 décembre dernier par des associations LGBT et antisida camerounaises, le « Projet d'assistance et d'encadrement des minorités homosexuelles » (PAEMH) a fait couler un véritable torrent de boue homophobe dans la presse. Soutenu par l'Union Européenne (UE) à hauteur de 300.000 euros, ce projet axé sur la défense des droits des minorités sexuelles a ravivé une haine et une violence inouïe dans tout le pays. A tel point que le Cameroun s'apprêterait à refuser purement et simplement ce financement de l'UE et mettre un terme à ce projet. Une telle décision serait de très mauvais augure pour l'avenir des programmes de prévention et d'assistance envers la communauté gay camerounaise, pourtant particulièrement exposée au risque VIH. De récentes études menées dans différents pays d'Afrique soulignent en effet une prévalence considérablement plus élevée au sein de la communauté gay que dans le reste de la population, en raison notamment de la stigmatisation et de la discrimination dont elle fait l'objet, qui rendent plus difficile l'accès à la prévention et aux soins.

Un projet capital face à une législation archaïque. Les relations homosexuelles au Cameroun sont encore considérées comme un délit par l'article 347 bis du Code Pénal, et passible de 6 mois à 5 ans de prison ferme. Face à cette législation particulièrement hostile, ce projet s'était donné pour objectif la réduction des interpellations et gardes à vue abusives de personnes homosexuelles, l'assistance aux détenus et un meilleur accès aux soins et aux traitements anti VIH. Le porte-voix de ce projet, Maître Alice Nkom, se bat sans relâche pour l'abrogation de l'article 347 bis. Elle est aujourd'hui menacée de mort et de viol en raison de son combat pour le respect des droits humains.

Un pas en avant, deux pas en arrière : le gouvernement camerounais s'était pourtant engagé auprès du Fonds Mondial de lutte contre le Sida à intégrer les minorités sexuelles et les populations vulnérables dans son plan de lutte contre le VIH. Or le 9 janvier dernier, le Conseiller Technique N°1 du Ministre de la Communication, porte-parole du gouvernement, a publiquement jugé illégales les associations impliquées dans ce projet, accusant Me Nkom de « crime contre la loi » pour ses prises de positions en faveur des homosexuels.

AIDES dénonce cette incohérence notoire et rappelle que toute forme de discrimination est incompatible avec une politique de lutte contre le sida efficace. En sa qualité d'inspiratrice de la Déclaration pour la dépénalisation de l'homosexualité, ratifiée par 66 pays le 18 décembre 2008 à l'ONU, la France doit saisir cette occasion en réaffirmant haut et fort son engagement dans le combat international pour la dépénalisation de l'homosexualité.

AIDES fait part de sa profonde indignation et demande à l'Etat français de condamner publiquement les violences dont les minorités sexuelles et leurs défenseurs font l'objet, au Cameroun comme dans le reste du monde.

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Contact presse :

Maître Alice Nkom (ADEFHO Cameroun) - 00 23 799 90 31 90

Antoine Henry (AIDES) - 06 10 41 23 86




Dessin de Large sur http://sarkostique.over-blog.com

Or quand on voit la promptitude avec laquelle le Sarkoland vole au secours des ouvriers et des chômeurs tunisiens mitraillés dans leurs propres rues, on imagine l'empressement avec lequel il va claquer le bec d'un des états les plus prospères du coin, grand fournisseur de cacao, de bauxite (aluminium) et de diamants...


Tiens, justement, puisqu'on parlait de notre grand président, en préparant la campagne contre lui, je me suis souvenu que ses proches avaient du le dissuader de mettre en chantier son projet de dépénalisation du droit des affaires. Pour faire simple, le vol en col blanc, c'est pas du vol et on ne condamne pas.

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En relisant (en diagonale) l'œuvre du philosophe, je suis tombé sur « Libre » , un pensum édité en 2003 dans lequel on peut lire :

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« Ne serait-il pas plus juste de réserver la prison à la seule punition des crimes et délits ayant porté atteinte à l'intégrité physique de la victime ? »

Preuve que mettre l'état en coupe réglée, ça le travaille tout de même depuis assez longtemps.


Et enfin quelques plus ou moins bonnes nouvelles du côté de Linux. Après l'Inde, la grande fédération de Russie adopte une politique d'indépendance informatique vis-à-vis de Microsoft et autres systèmes trop contrôlés par les Américains en général et les bourses occidentales en particulier.
C'est donc une version de Linux adaptée à l'univers russe que Poutine a décidé de mettre en route et d'appliquer, avec des moyens et un budget et des moyens d'une ampleur encore inconnus à ce jour en matière de politique informatique.
On se serait passés d'un allié qui ne voit pas la même chose que nous quand il entend le mot « libre », mais bon... Vive le logiciel libre !
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lundi 10 janvier 2011

367° Joyeux Noël en retard...


Dommage que je n'ai pas découvert cette vidéo à temps pour Noël...


Mais même avec un peu de retard, elle vaut son pesant de petits jésus...



mardi 4 janvier 2011

366° L'homophobie n'est pas en crise...






L'Évêque de Cordoue accuse l'UNESCO d'organiser le virage de cuti de toute la planète, qui d'après un plan ultra-secret, devrait devenir gay à 50% à l'horizon 2030. Enfin un vrai miracle !

Mais alors, pourquoi attendre si longtemps ?

Ce qui est certain, c'est que si l'auteur du propos est aussi imbécile que sa déclaration, c'est un individu dangereux de par l'autorité morale qu'il possède. Et s'il est seulement cynique et que c'est le bon peuple qu'il croit assez idiot pour gober ses carabistouilles, il est encore plus dangereux que dans la première option. Il n'a pas précisé quand il comptait, pour son compte personnel, « passer aux nouvelles normes ».

Photo Hervé Vilard © Abaca

LienEn France, ce sont les revenants qui se mettent à tourner vinaigre. Hervé Vilard, qui est pourtant le premier artiste gay a avoir osé son coming-out en 1967... L'auteur de « Capri c'est fini » joue « Après moi le déluge » en apprenant la paternité d'Elton John...

Lui qui, justement, a voulu se faire aimer des Français en racontant une enfance difficile et sans parents, et en disant tout le bien qu'il devait dans son édification à des gens qui, précisément, n'étaient pas ses parents biologiques , nous récite aujourd'hui du Christine Boutin.



Laquelle Christine Boutin s'est vu justement remettre la Légion 'Honneur pour tous les encouragements à l'homophobie et à la haine de notre communauté dont elle s'est rendue coupable au fil des ans, à toute l'énergie qu'elle a déployé à lutter contre le PACS, , à la sauvage agression contre la laïcité de la république qu'elle a perpétré en brandissant une bible à l'Assemblée Nationale, toujours pour empêcher le vote du PACS. Rappelons que ledit PACS rassemble 90% d'hétérosexuels, et moins de 10% d'homos... C'était bien la peine !


Tiens, allez donc signer la pétition contre un pasteur américain, un de plus, qui traite les homosexuels de prédateurs sexuels. (Aux USA, on peut tout dire).



Les Français qui n'ont pas la côte...


Serez vous surpris d'apprendre qu'au hit-parade de l'impopularité, Ségolène Royal, avec 73% d'allergiques, devance Nicolas Sarkozy, qui ne recueille que 63% de mécontents ?

La suite du sondage est particulièrement instructive.


Et enfin, si vous en avez marre du jeu de casse-briques, jouez donc au casse-couilles. Vous pouvez intervenir sur la chute de Nicolas avec votre souris pour la rendre plus douloureuse...





jeudi 30 décembre 2010

365° Meilleurs Voeux ! ! ... On va en avoir besoin.



Il y a quelques années, de savants financiers nous avaient expliqué que La Poste et France Télécom ne pourraient plus, désormais, vivre en ménage et qu'il allait falloir les séparer. Ce qui fut fait. Leurs activités étaient incompatibles...

Et qu'apprenons-nous aujourd'hui ? Que La poste, en s'associant (pour ne pas dire avec la complicité de), en s'associant donc avec Simplicime-Debitel, qui est un satellite de SFR, va se lancer dans la téléphonie mobile...


Ainsi paradoxalement, votre malheureux serviteur, qui après avoir engraissé SFR pendant quinze ans de son abonnement, s'était enfin laissé tenter par les sirènes des MVNO en quittant la maison mère pour Simplicime, découvre d'une part qu'il reste dans le giron SFR, et que d'autre part, le forfait très avantageux qu'il vient d'adopter (moitié prix de SFR à service égal) va être prochainement récupéré par La Poste qui se réserve sans doute le droit de le renégocier.


Car si je trouvais, moi, avantageux, de souscrire à un forfait sans engagement dans l'attente de l'arrivée de Free sur le marché du mobile, mon fournisseur Simplicime n'est pas engagé non plus, et la restructuration d'une entreprise est une raison qui doit pouvoir justifier la révision d'un abonnement par tacite reconduction. Certes, je ne paierai plus jamais le prix exorbitant des services d'un « grand fournisseur », mais ma vie téléphonique risque de ne pas être un long fleuve tranquille dans les deux ans à venir.


Fort heureusement, la nouvelle Freebox V6, à laquelle je viens de souscrire, et dont le prix a déjà augmenté de la taxe Sarkozy-Baroin avant même que je l'ai reçue, *** me permettra d'appeler les mobiles gratuitement, ce qui réduit assez largement la durée nécessaire de l'abonnement mobile. Le petit retraité que je suis est plus souvent chez lui qu'un travailleur-pour-gagner-plus et compte bien amortir largement cette option.

*** En fait, c'est plus subtil que ça. Lire ici.

Dans le genre, souvenons-nous qu'on nous avait aussi expliqué très savamment qu'EDF et GDF devaient nécessairement divorcer, je ne sais quelle instance européenne ne supportant pas l'électricité dans le gaz. On peut constater aujourd'hui que maintenant que les intéressés ont touché leurs prébendes, EDF vend aussi du gaz, et GDF de l'électricité.

Les grands peuvent faire dire tout ce qu'ils veulent à l'écomomie. Il n'y a que les pauvres cloches comme nous qui ne pouvons pas expliquer ce que nous voulons à notre banquier.


Tiens, qu'est-ce que j'apprends ? Le site que l'UMP voulait dédier aux jeunes a touché un iceberg et est en train de couler dans l'indifférence générale ? La vaseline n'a pas fait son effet? Quelqu'un a découvert la supercherie?

Enfin, dans l'indifférence générale... Peut-être pas celles de Xavier Bertrand et Jean François Copé, ancien et nouveau patrons du parti, qui doivent étouffer les quelques 500 000€ qu'a coûté cette désastreuse opération.

Il y avait Skyrock dans le coup. Vous savez, le célèbre et puissant hébergeur des blogs qui n'ont rien à dire. Je ne suis pas surpris. Mon premier blog était hébergé sur ce site, j'y disais la même chose que sur celui-ci, et un matin en me réveillant, je l'ai trouvé supprimé et remplacé par l'image ci-dessus. J'y avais remarqué que dans le profil de l'utilisateur, on pouvait écrire « Sarkozy » (et même « Le Pen ») dans la colonne des « j'aime », mais impossible d'écrire « Sarkozy » dans la colonne des « j'aime pas ». On avait beau le taper et le retaper, ça n'apparaissait jamais à la publication. Un filtre pas si facétieux que ça le bloquait au passage. Cinq ans avant Hadopi...


En attendant, je vous présente mes meilleurs vœux pour la nouvelle année. Il y en a un autre, là, qui veut profiter de mon blog pour vous présenter les siens : je vous le passe.

vendredi 24 décembre 2010

364° Papa Noël, apporte moi un ... Antinoüs ?



Allez, c'est Noël. Il y a plusieurs jours qu'on regarde en salivant le bocal de foie gras qui nous attend dans le frigo, on va aller chercher la bûche, les SDF que Sarko devait faire disparaître en deux ans sont toujours sous le pont de l'autoroute, les théoriciens du complot se sont emparés de l'élection de Côte d'Ivoire et Hortefeux a été condamné pour la deuxième fois par la justice et à chaque fois soutenu par Fillon.


Autant dire la routine. Hortefeux, justement, vient de se fâcher tout rouge contre un site internet qui « balançait » des policiers à la vindicte populaire. La dénonciation serait dont un phénomène à sens unique, même s'il est, reconnaissons le, anormal de voir son état civil et son domicile livrés aux foules sous quelque prétexte que ce soit. Toutefois, ce genre de choses ne se serait sans doute pas produit si on n'avait pas vu des policiers en civil arborer des badges syndicaux ou infiltrer les manifestants comme s'il s'agissait de nids d'espions. Cette petite vidéo publiée lors des manifs contre la réforme des retraites en novembre donne la mesure de la goutte d'eau qui a sans doute fait déborder le vase.




Manif: des policiers infiltrés.... démasqués
envoyé par LePostfr. - L'info video en direct.



Monseigneur Léonard, primat de Belgique a encore dit des conneries sur les gays, le Vatican ne sait plus s'il doit mettre la capote à l'index ou ailleurs, les propos du PDG sur son usage ayant l'élasticité de l'objet du débat.


La polémique sur les lois HADOPI et LOOPSI 1 et 2 battent leur plein, mais pendant ce temps là, les journalistes et spécialistes font leur boulot et découvrent des choses intéressantes : les films les plus piratés sont justement ceux qui ont déplacé le plus grand nombre de spectateurs et produit les plus grosses recettes.

Ce constat démolit implacablement les lamentations des petits épiciers du show business qui, incapables de prendre le virage numérique, veulent taxer aveuglément tout ce qui enregistre dans l'espoir de renflouer leur business qui prend l'eau. Maintenant, les musiciens les plus célèbres démarrent sur le net et s'auto-produisent, et les films les plus lucratifs circulent aussi sur la toile.

On savait déjà que « les pirates » achetaient plus de musique que les non-pirates...Conforté par l'étude sur les films, cette situation s'établit de plus en plus clairement.

A quand une nouvelle race d'artistes et de producteurs qui aura compris ce phénomène et suppliera le public d'enregistrer leurs œuvres pour mieux les faire connaître ? Parce que quand on aime bien une œuvre musicale, on la télécharge pour la mettre dans ses écouteurs, mais la satisfaction de l'auditeur averti consiste bel et bien à en posséder le coffret original, du moins s'il est disponible à un prix honnête...


Et enfin, un petit conte de Noël, celui du petit garçon qui a deux papas, et qui en est très heureux...




Joyeux Noël à tous...


vendredi 10 décembre 2010

363° Le plus ancien bar gay d'Europe vient de fermer...



La Côte d'Azur n'a pas toujours été cette concentration de retraités se donnant des édiles réactionnaires et votant aux confins de l'extrême droite, tolérant dans un difficile déchirement la légèreté et même la débauche des riches touristes étrangers qui font sa fortune tout en serrant la vis de l'ordre moral aux locaux pour rassurer une population de vieux aigris qui ne sort pourtant pas beaucoup de chez elle, mais qui vote avec application...


Lorsque j'ai connu Cannes dans les années 60, c'était un paradis sexuel et homosexuel. J'y ai vu le plus grand bar gay de France et de Navarre ; il fallait aller à Amsterdam pour en trouver un plus vaste : les Trois Cloches, rue des Frères Pradignac. Et il y en avait plein d'autres partout, de ces établissements gais et colorés... Je ne sais plus les noms, mais je me souviens que j'en faisais la tournée.

Sur la Croisette, chaque palmier avait son gigolo, et le bain de minuit en pleine ville était une activité traditionnelle à laquelle de nombreux homos participaient sans heurt avec les autres fêtards.


Je ne sais pas depuis combien de temps durait ce petit paradis, je suis arrivé pour assister à son extinction. (Et puis, je suis « monté » à Paris.) Les petits retraités cannois se sont plaint de choses qu'ils ne voyaient pourtant jamais -couche-tôt qu'ils étaient- à longues colonnes de lamentations moralisantes dans la presse locale, ils se sont donnés des édiles municipaux ad-hoc qui ont nettoyé le terrain. Les bars ont fermé, les baigneurs de minuit ont été arrêtés, et les plages ont été arrosées chaque soir à grands coups de lance d'incendie pour empêcher les gens d'y dormir, ce qui semble paradoxal dans une région où on donnait la consigne d'économiser l'eau qui faisait défaut chaque été...


En moins de dix ans, tout le domaine public a été nettoyé, la liberté du plaisir populaire anéantie et les frasques ne sont restées l'apanage des nantis que dans des clubs privés et les opulentes villas de l'arrière pays.


Au nombre de ces bars, je me souviens fort bien du Zanzi, le Zanzi-bar, grosse astuce, sur les « allées ». Ce qui s'appelle la rue Félix Faure pour les plans et les touristes, et les allées pour les autochtones. En fait, c'est la « rambla » locale, malencontreusement occupée alors par un vaste parking.


Le Zanzi, c'était un petit bar voûté au bas de trois ou quatre marches, un décor d'acajou marine, -nous sommes sur le vieux port. (Le seul port à l'époque, le port Canto n'étant qu'en construction), et une faune d'habitués dont la principale vertu était la mixité des générations. C'est un des rares endroits où j'ai vu des jeunes gens sur les genoux de leurs aînés dans un mode relationnel qui n'était pas forcément tarifé. Je ne dis pas qu'il ne l'était jamais, mais qu'il puisse ne pas l'être parfois reste une exception dans les établissements de ce genre.


L'alcool coulait à flots, et le barman avait fort à faire dans un établissement alors dépourvu de « videur ». Outre quelques blondinets qui succombèrent à mon charme, (l'histoire est ancienne), mes grands souvenirs de l'endroit restent les fresques du plafond, peintes par Soungouroff, personnage épique avec des airs de Raspoutine qui buvait des flots de vodka presque tous les soirs au bout du comptoir en proposant aux éphèbes de passage de poser pour lui séance tenante dans une chambre qu'il possédait aux alentours.


On voit encore, sur une des photos de cet article, les fresques de Soungouroff qui ornaient les voûtes. Elles vont disparaître sous les perceuses des décorateurs qui vont transformer le lieu en glacier.


Car le Zanzi a vécu. Après 125 ans de bons et cordiaux services, le bar a éteint son enseigne hier.

Victime de nombreux éléments convergents qui ont transformé la Côte d'Azur en Las Vegas dans les quarante dernières années.


Photos extraites du site du Zanzi, encore en ligne aujourd'hui...




jeudi 9 décembre 2010

362° Ca glisse ou ça dérape?





Photo: AFP/Archives/Romain Perrocheau

Alors que Météo-France avait prévu la chute de neige d'hier avec exactitude, (quantité, heure, localisation, suites verglaçantes, tout y était...), le Préfet de Police est allé sans encombre de la Préfecture à la place Beauvau, ce qui a permis à Brice Hortefeux de déduire qu'il n'y avait aucune pagaille.

Un peu plus tard dans l'après-midi, alors que les alarmes commençaient à klaxonner rouge, Brice de Paris replantait son clou : « il n'y a pas de pagaille, juste quelques difficultés »...

Difficultés beaucoup plus préoccupantes, ajoutait-il, « lorsque la route est inclinée ». Ce qui n'est effectivement pas le cas entre la Préfecture de police et la place Beauvau. Et qui ne vas pas sans nous rappeler la route droite, mais la pente raide de Raffarin, même si les inclinaisons des routes du ministre Hortefeux semblent plutôt le conduire vers une déconfiture annoncée de sa mission.

Il n'est plus un policier qui, à la moindre sollicitation, ne se plaigne pas ouvertement de manquer d'effectifs et de voitures pour intervenir quand on le lui demande.




La neige, un centimètre ça va, c'est quand il y en a beaucoup que ça pose des problèmes.


Même le pourtant complice Figaro reconnaît aujourd'hui que le ministre peine un peu à justifier son insouciance d'hier...

Ah, si Roissy n'avait pas été bloqué par cette foutue neige, il aurait suffi de coller le Général Hiver, sans aucun doute un ressortissant des Carpathes pour aimer le froid à ce point, dans le premier avion en partance. Après, bien entendu, avoir relevé ses empreintes génitales.

L'aventure démontre qu'il ne suffit pas d'être le plus glacial de nos ministres pour gérer efficacement une vague de froid.






vendredi 3 décembre 2010

361° Wikileaks ou le secret du dieu-Polichinelle.






Avec un peu de retard, (il est sorti la semaine dernière), je vous suggère d'aller voir, pour vous changer des grosses hollywooderies à la mode, un petit film français délicieux, « Au nom des gens », celui où Lionel Jospin apparaît quelques instants. Non pour Jospin, mais pour l'ensemble du film, un cocktail subtil d'Amélie Poulain et de Woody Allen, plein de reparties explosives, d'humour et d'émotion...


Cela vous déridera un peu des chefs qui se piétinent, de la Côte d'Ivoire à la rue de Solférino, et de ceux qui se font la gueule à l'UMP parce qu'ils n'ont pas été ministres, ont cessé de l'être ou n'ont pas eu de strapontin de consolation acceptable.


Cette impression de vivre dans un panier de crabes, de surnager sur une jungle qui ne maîtrise plus l'aspirateur à fric, laisse crever ses pauvres et oublie ses anciens, cette nécessité de devoir sans cesse discriminer la langue de bois des uns et des autres pour essayer de comprendre un peu finissent par rendre l'existence épuisante.


Ainsi cette étrange affaire Wikileaks.... A la vérité, elle ne révèle rien du tout : que les Iraniens possèdent des missiles, tous les propriétaires de satellites le savent depuis longtemps, que notre président soit susceptible et grincheux, nul ne l'ignorait, et que Berlusconi soit un fêtard indécrottable, tu parles d'une découverte !


Ce qui agace le personnel politique, ce n'est pas que des secrets cessent d'être des secrets puisque de toute façon ils n'en étaient pas, mais la fin de sa stature mystérieuse et obséquieuse de détenteur de secrets, fussent-ils de Polichinelle. C'est le prestige de l'homme politique qui en prend un coup, qui est atteint dans sa dignité lorsque le petit peuple réalise que ses édiles, au lieu de baigner dans les limbes d'un domaine privilégié, se coltinent des notes de service aussi nulles et rébarbatives que n'importe qui au bureau.


Voilà, depuis que la notion de service de l'état a été jetée aux oubliettes, le prestige de l'homo politicus réduit à l'usage d'une voiture de service, de la jouissance d'un appartement de fonction, d'un bureau à lambris dorés et de quelques prébendes, et privé du prestige d'être dans le secret des dieux.


Après tout, les dieux n'ont que les secrets qu'on leur a prêtés en les inventant...