mardi 26 juin 2007

106° Samedi 30 Juin - Marche des Fiertés LGBT

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Jadis appelée Gay Pride, la Marche des Fiertés LGBT revêt tous les ans un caractère exceptionnel.

Exceptionnel de toute manière parce que même si un jour nous obtenions toute l’égalité et tous les droits qui nous appartiennent comme à tous les autres citoyens, nous n’aurions pas pour autant désarmé nos ennemis. Je dirais presque au contraire.

A l’inverse de la célèbre pile, la liberté s’use si on ne s’en sert pas. C’est une fleur fragile qu’il faut cultiver et entretenir, qu’il faut protéger des climats réactionnaires, des orages politiques et des dévastations religieuses. Il faudra toujours, sans fin, occuper et marquer par notre présence et notre dynamisme un espace vital que les gros cons et autres empêchés nous disputeront sans cesse.

Cette année, la Marche LGBT suit de près une double double élection qui a conduit au pouvoir des gens qui n’ont pas pour nous, -c’est un euphémisme-, de sympathie particulière.

Un président qui dit ouvertement qu’il est contre l’extension aux gays des droits au mariage et à l’adoption universellement accordés aux autres citoyens. Un président qui reçoit comme des VIP le gratin de mouvements sectaires tels que la scientologie.

Un président qui ne tient pas sa promesse d’exclure du parti dont il était le chef et dont il reste l’inspirateur le député Vanneste, condamné en premier ressort et en appel pour injures homophobes, qui ne présente personne contre lui et engrange sa candidature sans état d’âme.

Un président qui s’appuie sur une majorité qui comporte 157 députés ouvertement homophobes, puisqu’ils ont signé la pétition de J.M. Nesmes par laquelle ils s’engagent à bloquer toute extension de l’égalité républicaine par le mariage et l’adoption en direction des gays.

Un premier ministre qui va soutenir ledit Vanneste dans son fief pour sa campagne électorale, se fait photographier avec lui, puis, sur son site internet, l'efface de la photo où ils figuraient côte à côte pour faire taire les protestations.

Tour de passe-passe qui suscite les vitupérations de Vanneste, qui a accusé Gay Lib (les UMPédés) d’en être la cause, exigé des sanctions et revendiqué que ledit Gay Lib cesse de se réclamer de l’UMP !

Si on m’avait dit un jour que j’en serais à défendre Gay Lib ( gentiment nommé club des masos par les bonnes langues du Marais), j’aurais crié à la mise en boîte. Eh bien non : plutôt Gay Lib que Vanneste !

Bref la législature qui commence n’est pas très rose.

Mais le peuple gay de France n’a pas l’intention d’attendre cinq ans en courbant l’échine.

Il ne désespère pas de voir enfin le pouvoir touché par la grâce républicaine, et considérer enfin les gays comme des citoyens de plein droit.

Et à la limite, et la Marche des Fiertés, c’est aussi cela, de réclamer par la rue ce qu’on ne lui donnera pas par la raison.

Les thèmes de l’année sont au nombre de six :

1° la lutte contre l’homophobie passe par l’éducation. Par une éducation sexuelle bien faite et réellement dispensée, par une éducation civique sans fausse pudeur, et par l’intervention d’associations qui, bien qu’agréées, se heurtent encore trop souvent à l’hostilité des rectorats.


2° L’adoption et le mariage. Peu de couples gays voudront convoler en justes noces et adopter. C’est là essentiellement un problème d’égalité républicaine : tous les citoyens doivent avoir les mêmes droits.


3° Les Droits Humains. 90 pays pénalisent encore l’homosexualité, dont 23 par la peine de mort. La France doit jouer son rôle de phare culturel, démocratique et républicain pour exiger devant toutes les instances possibles et dans tous les dialogues possibles la fin de ce massacre. Les résidents des pays pénalisant lourdement l’homosexualité doivent être considérés comme des réfugiés politiques. Le statut des couples bi-nationaux doit également être amélioré.


4° La liberté des transsexuels de disposer de leur corps et de se faire reconnaître pour ce qu’ils veulent être. Là, tout est à faire depuis la perception de la transsexualité par les milieux psychiatriques jusqu’à la réalisation des opérations et soins nécessaires et leur prise en charge.

J’avoue que personnellement, j’ai du mal à « percevoir clairement » la transsexualité. Mais je me dis qu’un hétérosexuel bon teint doit avoir le même problème pour « percevoir clairement » ma simple homosexualité. Alors, ne soyons pas égoïstes.


5° La cellule familiale. Création d’un statut de beau-parent. La plupart des familles homoparentales sont une recomposition autour d’un des conjoints qui a des enfants d’un couple hétérosexuel antérieur. Il faut définir les problèmes de partage d’autorité, prévoir en cas de décès d’un conjoint, de confier la tutelle de l’enfant au survivant afin de lui éviter à la fois un arrachement affectif et les affres de l’orphelinat. Etc… Vaste chantier dont les plans sont à peine tracés.


6° SIDA Formation, éducation, campagnes… Travailler à soigner la maladie, c’est bien, mais si on pouvait ne pas l’attraper bêtement, ce serait mieux. Egalement contribuer à enrayer son explosion dans le tiers monde par une campagne d’information laïque – voire athée-courageuse et incisive…



Marchez, marchez, et parlez en autour de vous…

vendredi 22 juin 2007

105 Homophobie: Ne nous dispersons pas.

L’affaire du Cox…

Depuis quelques jours, le Marais est en émoi. Le Cox, bar incontournable de la rue des Archives, n’a pas reçu l’autorisation d’installer une sono extérieure pour la fête de la musique.

http://www.cox.fr/

Les arguments, du côté des autorités : troubles de voisinage et de l’ordre public, et du côté du bar : installation identique à celle qui fut autorisée le années précédentes, alors pas de raison valable autre que l’homophobie.

Finalement, l’autorisation «d’une sono extérieure » n’est effectivement pas arrivée, et le Cox a choisi de rester fermé plutôt que de se satisfaire de sa sono intérieure qui restait bien sûr autorisée.

Mais est-ce si simple ? Sans doute l’autorisation refusée concernait-elle « un matériel identique à celui utilisé les années précédentes ». Mais c’est à mon avis, justement là que le bât blesse : honnêtement, aucun bar dans Paris et même sans doute en Landerneau n’avait fait si fort les années précédentes. Ce n’était plus « de la musique » dans la rue, mais une rave party grandeur réelle dans la pauvre rue des Archives.

Avec tous les dégâts collatéraux qu’on peut imaginer : les carreaux qui tremblent à tous les étages alentour, et une rue bloquée sur cent mètres par un millier de fêtards en goguette.

J’ai beau être très chatouilleux au regard de la moindre discrimination en général et sur le plan homophobe en particulier, l’honnêteté la plus élémentaire m’oblige à avouer que je n’aurais pas moi-même toléré un tel bazar en bas de chez moi.

L’autorité est maladroite. Il suffirait de recadrer la fête de la musique dans sa définition originelle, telle qu’elle se pratique d’ailleurs dans les autres quartiers de Paris.

La fête de la musique est une invitation lancée à tous les musiciens à venir se produire dans la rue avec leurs instruments, aux orchestres à venir jouer sur la place pour le bonheur de tous.. Les forcenés qui mettent leurs haut-parleurs sur leur fenêtre pour y passer des disques n’y ont rien compris…

Il aurait suffit à l’autorité de rappeler cette définition, à savoir que les autorisations ne sont délivrées qu’au bénéfice d’une musique produite "live" par des musiciens et non pas enregistrée, et la suspicion d’homophobie eut été évitée.

D’ailleurs, le Cox a trouvé son successeur : un établissement flambant neuf de la rue des Lombards avait dès 17 heures disposé sur sa terrasse une installation complète de disc-jokey, avec des platines, une table de mixage et des enceintes grosses comme des réfrigérateurs. La rue était bouchée jusqu’au boulevard de Sébastopol, et les basses audibles à 50 mètres…

Or cet établissement n’est pas à ma connaissance ouvertement « gay ». En tout cas il ne s’en réclame pas, même si son emplacement lui vaut une clientèle « variée ». On verra bien ce que fera l’autorité l’an prochain : en infligeant une sourdine à ce nouveau trublion, elle ; démontrera que l’ordre public n’est pas forcément homophobe, dans ce cas au moins. Sinon, on en reparlera.

C’est certes un mal de notre temps de confondre qualité et quantité. Les estrades montées de la façon la plus officielle sur les grandes places de Paris mettent en œuvre des sonorisations d’une puissance tout à fait déraisonnable. Souvent plusieurs dizaines de kilowatts ! Mais passons pour les gros concerts, puisque c’est la mode. Tant pis pour les habitants des places parisiennes…

Concernant les particuliers, une limitation à 95 db à 1 mètre et 200 watts permettrait aux musiciens les plus talentueux d’exercer la quintessence de leur art. Ceux qui ont besoin de plus de bruit ont quelque chose à cacher.

En attendant, tout en restant vigilant sur les manœuvres dilatoires attentatoires aux droits gays, et dont l’affaire « d’Illico-papier » (cf mes articles n° 90 et 96) est un exemple significatif, il me semble contreproductif de se victimiser et de voir de l’homophobie là où elle n’est pas. C’est dévaloriser la gravité des atteintes dont nombre des nôtres souffrent dans leur chair.

Il serait beaucoup plus efficace, -le commerce de certains dût-il en pâtir-, de défendre nos droits sur quelques cas clairs et indiscutables, plutôt que de se prévaloir de circonstances troubles et multiples comme cette affaire du Cox.

lundi 18 juin 2007

104° O U F ! !

J’avais de la peine à imaginer que les Français allaient se laisser rouler dans la farine avec une telle facilité. Certes, le sursaut a été tardif, mais il a eu lieu, et la situation parlementaire est finalement plus équilibrée dans notre nouvelle chambre que dans la précédente. 45 sièges passent de droite à gauche, ce qui va peut-être enlever un peu de leur triomphalisme aux fanatiques sarkoziens qui imaginaient déjà qu’ils allaient impunément façonner la société à leur image.

Maintenant, il va falloir discuter un peu, et il faudra qu’ils apprennent. Ils ne pourront plus qualifier d’ouverture l’appel à la bonne soupe proposé à quelques personnages sans idéologie. Ils ne pourront plus essorer le bon peuple à merci par d’injustes augmentations de TVA travesties en je ne sais quelle « contribution sociale ».

Car faire payer les petits contribuables et rien qu’eux pour « le social », ce n’est qu’un tour de passe-passe. Prendre l’argent aux bénéficiaires désignés pour le leur rendre ensuite à grand tapage médiatique, ça ne les enrichit pas ! Ce n’est pas en taxant les pauvres qu’on va améliorer leur sort !

Outre l’encouragement donné à la gauche pour entreprendre sa nécessaire reconstruction, ce retour de manivelle a apporté quelques points de détails assez savoureux : Notamment la défaite d’Alain Juppé, foudroyé sur ses terres et dans ses bottes par une candidate socialiste jusqu’ici inconnue. Avec Juppé, on n’est jamais déçu : allant ce matin inaugurer le salon Vinexpo, il s’en est pris aux journalistes accusés « d’avoir mal compris la TVA sociale ». Et répondant en guise d’adieu à ceux qui s’enquéraient de ses nouvelles :

"Comment voulez-vous que j'aille? Vous aimeriez bien que j'aille mal. Si je pouvais crever, vous seriez contents. Ca vous ferait plaisir que j'aille mal, ça vous exciterait". Je note que le « Si je pouvais crever, vous seriez contents » a été coupé de la séquence que j’ai pu voir à l’instant dans le 13 heures d’Antenne 2.

On accuse toujours les autres de ce qu’on ferait à leur place, et en vertu de ce solide principe hérité de ma grand’mère, j’en déduis que l’encore édile de Bordeaux ne serait pas atterré par l’extermination de quelques journalistes trop objectifs…

Bonne nouvelle aussi que l’effacement de l’arrogant touche-à-tout Klarsfeld junior, renvoyé à son cher barreau avec toute la vitesse de sa planche à roulettes, et une célérité autrement plus grande que celle de la justice.

Et bonne nouvelle toujours la solution finale appliquée au front national, qui n’aura aucun député, et dont la dernière égérie clame que cet anéantissement est une situation propice pour démarrer la reconstruction de son parti. Pour une fois, on sera d’accord avec elle : on fait difficilement mieux comme retour case-départ, attendu que le score général du parti l’exclut des remboursements de campagne et essore sa trésorerie. Ayons une pensée émue pour le milliardaire Le Pen qui passait ce matin le chapeau à la radio et à la télévision pour renflouer les caisses de son parti. Combien y mettra-t-il de ses propres deniers ? Au coin de ma rue, un facétieux a tagué sur une affiche du front national : « la marine a fait naufrage ».

On déplorera pour la bonne marche des droits républicains réclamés par les gays français la fâcheuse réélection de Christine Boutin et de Christian Vanneste, choyés par l’UMP comme des asticots auxquels les intégristes et autres moyenâgeux inquisiteurs sont supposés mordre. Cela entre sans doute dans le programme de protection des espèces en voie de disparition ? Chacun son écologie.

L’état de grâce n’aura pas duré longtemps. Et cela permet de constater un changement de comportement de Nicolas Sarkozy. Il y a encore trois semaines, ses sectateurs l’admiraient en expliquant que contrairement à ses prédécesseurs, il prenait des risques politiques et allait lui-même au charbon sans considérer son premier ministre comme un fusible. (Ce qui est, soit dit en passant, contraire aux règles de la république qui veut que le président soit au-dessus des partis, et délègue précisément à son premier ministre le rôle de chef du gouvernement).

Parce qu’avant la présidentielle, c’était facile : quelques injures racaillesques et quelques pulvérisations de karcher suffisaient à créer et entretenir un courant de pensée. Plus on se rapprochait du second tour, et plus le discours politique abandonnait la démagogie pour se faire plus terre à terre. Et moins on entendait monsieur Sarkozy. Entre les deux tours, on ne l’a plus entendu du tout : depuis qu’il faut mouiller sa chemise et mettre ses mains dans le cambouis, le premier ministre a retrouvé toute son utilité. La hiérarchie est redescendue d’un gros cran : maintenant, lorsque le message n’est pas perçu, Sarkozy se tait et les députés, surtout les battus, accusent les journalistes de n’avoir rien compris. Ce que je comprends, moi, par « n’avoir pas été aux ordres ».

Car je crois que les Français et leurs journalistes en général ont parfaitement compris : ils veulent bien qu’on augmente les impôts, mais à condition que ce soient les riches qui les paient, ce qui me semble une saine et républicaine justice.

Il faut toute la mauvaise foi d’un Nicolas Beytout, ce chroniqueur du Figaro qui sévit tous les matins sur France-Info, et qui, comme Steevy, avait parlé un jour « des Français qui ont « choisi » le chômage » pour dire, comme il l’a fait ce matin, qu’il trouvait incohérent que les électeurs se soient manifestés pour l’augmentation des impôts en élisant Sarkozy, et aient maintenant changé d’avis en battant ses députés au motif de la TVA sociale. Peut-être un jour ce monsieur Beytout comprendra-t-il que ce que veulent vraiment les Français, c’est la justice et l’équité dans la répartition des richesses et des impôts, ce que Laurent Joffrin, le journaliste de Libé qui lui tient la dragée sur l’antenne semble avoir bien du mal à lui faire comprendre. Mais comment faire boire un âne qui n’a pas soif ?

Nous voilà dont de part et d’autre dans un grand chantier. Car au PS aussi, il y a du boulot ! On dit déjà que le périmètre de la Présidence de la Commission des Finances de l’Assemblée Nationale que l’UMP s’apprêterait à confier à l’opposition aurait été réduit au point de vider de leur sens les attributions de ladite commission. A regarder de près. Si le langage démagogique n’est plus de mise pour les généralités, il va maintenant s’appliquer à chaque détail. Il va falloir éplucher. La pince à épiler va remplacer le karcher.

Il va aussi falloir bronzer sans s’endormir : c’est au cours d’une session spéciale qui siègera cet été pendant que les Français sont à la plage que le gouvernement va essayer de faire passer le plus impopulaire des mesures qu’il a concoctées. L’urgence prétextée est en réalité un besoin impérieux de se soustraire à une actualité quotidienne. Vigilance !

Et il faudra aussi, sans s’être endormi pendant la bronzette, se retrouver tout gaillard pour une rentrée qui promet d’être chaude. Le sursaut qui vient de réveiller la gauche augure d’une réactivité dont nous aurons besoin pour ne pas se faire dévorer tout cru par le Shrek néolibéral.

mardi 12 juin 2007

103° Menteur, menteur....

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Ça y est. La dérive des discours populistes et mensongers est amorcée. Les Français sont à table, serviette autour du cou, couverts dressés dans les mains, pour la séance d’avalage de couleuvres.

La vigilance du bon peuple est anesthésiée, les discours s’engouffrent dans les esprits comme de la brioche disparaît un jour de fête. Ce n’est pas la sortie de Ségolène hier soir au 20 heures d’Antenne 2, où elle a en direct enguirlandé Pujadas et toute la télé pour leur application « particulière » des consignes du CSA qui va y changer grand chose, hélas. L’avènement des contrevérités est arrivé.

Par exemple, les candidats à l’immigration par rapprochement familial devront apprendre le français dans leur pays avec un stage de deux mois et y passer un examen. Nul doute que cette loi a été pondue par des bons nantis qui ne manquent pas d’envoyer leurs enfants en séjour linguistique à l’étranger » parce que rien n’est mieux qu’une « immersion » pour apprendre une langue… Faites ce que je dis, pas ce que je fais…

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Par exemple, la « TVA sociale ». Rien que l’accouplement de ces deux mots est un coït contre-nature. Un peu comme « cuisine anglaise ». Si la phrase n’explose pas, au moins son auditeur devrait exploser de rire. Eh bien avec « TVA sociale », non.

Pourtant, aucun impôt n’est plus antisocial que la TVA, qui frappe des mêmes sommes le riche et le pauvre. Aucun impôt n’est aussi inique, aussi inégalitaire… Un ménage sur deux est exempté d’impôts sur le revenu, ce qui donne une idée de la pauvreté générale de la population, mais aucun n’échappe à la TVA. Alors, on va l’augmenter « pour votre plus grand bien » comme disait le bourreau en allumant le bûcher.

Suit tout un discours qui n’est qu’une accumulation de contrevérités. « Elle ne frappera que les produits étrangers ». Vous avez essayé de vivre sans « produits étrangers » ? Même dans les produits français, la part de pétrole « produit étranger » nécessaire à leur fabrication et à leur transport est significative. Une voiture sur 2 est étrangère. La moitié des pièces des voitures françaises sont étrangères. ( acier, électronique, ABS, freins, hydraulique, injection, tissus, j’en passe). Toute l’informatique est étrangère, même les ordinateurs français sont constitués de pièces étrangères, jusqu’au carton d’emballage et l’impression des notices).

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Tous les constituants de vos télévisions et de vos téléphones sont étrangers, et les trois quart de votre matériel de cuisine. La moitié des fruits et légumes est d’origine étrangère, même les herbes de Provence ! (qui ne s’appellent jamais « herbes de Provence » sauf les rarissimes et minoritaires véritables, vous avez remarqué ? Lisez donc vos emballages !). Plus de la moitié des poissons que vous mangez et une grosse part de la viande sont étrangères…L’étiquette de votre paquet de lessive est en quatre langues…

Mais ça ne s’arrête pas là. « Les prix n’augmenteront pas », assurent les bonimenteurs du gouvernement, « si les entreprises jouent le jeu ». c'est-à-dire si elles répercutent bien sur leur budget social le bénéfice de ce supplément de TVA au lieu d’engraisser leur marge bénéficiaire avec. Mais vous avez déjà vu une entreprise « jouer le jeu » ? Moi, non.

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Vous avez vécu les 35 heures dans votre entreprise ? (suivant la loi Robien qui concerne 89% des salariés, et non pas la loi Aubry, court-circuitée par la précédente parce que moins profitable aux entreprises, mais à laquelle ont fait néanmoins assumer tous les inconvénients du texte Robien alors que son champ d’application est minoritaire). Votre entreprise ne vous a jamais assuré de sa pérennité quelques mois avant de vous bazarder à un marchand de soupe ? Moi, si. J’ai vécu tout ça. En quarante ans de travail salarié, je n’ai pas trouvé une seule entreprise qui « jouait le jeu ».

Mais le gouvernement compte sur les entreprises qui « jouent le jeu » pour que les prix n’augmentent pas. Et tout le monde trouve ça très bien !!!

Et pendant ce temps là, Ségolène avance seule devant un troupeau d’éléphants occupés à se faire des croche pattes avec leur trompe. Cet héroïsme dans le désert et ce festival de trahisons et d’égoïsmes mal placés n’ont pas convaincu les électeurs de la gauche populaire de continuer le combat. Sans doute y a-t-il une dose de « fatalisme culturel » quelque peu oriental dans l’état d’esprit de nos jeunes banlieusards. On a joué, on a perdu, c’était un jeu de cons, on laisse béton.

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Il est vrai que rien, dans la pauvreté des moyens scolaires et éducatifs mis à leur disposition, rien dans le mauvais accueil que leur réserve le monde du travail n’est propre à les encourager à la persévérance. La montagne d’échecs en puissance au pied de laquelle ils se trouvent les dissuade de se battre encore et toujours. Dommage. L’humanisme comptait sur eux.

Aujourd’hui, un crétin interviewé disait sur France-Info que le RMI était une aberration puisqu’on « gagnait plus » à le toucher qu’à travailler. Mais mon pauvre monsieur, si la différence entre le RMI et l’activité est trop faible, ce n’est pas la faute du RMI , c’est la faute aux bas-salaires, au chômage, au racisme à l’embauche et à la précarité des contrats de travail. Si ça valait le coup d’aller travailler, pourquoi ce petit peuple débrouillard n’irait-il pas ? Est-ce la faute du RMI si le travail est une arnaque ?

Pour rire un peu, regardez donc cette vidéo de notre président de la république qui a essayé de parler du droit des gays à Poutine. Mais l’autre l’a eu à la vodka. Hips !

http://www.dailymotion.com/related/3745143/video/x27qdl_sarkozy


Eric Boever, présentateur de la télévision belge qui a commenté cet extrait, s'est excusé "d'avoir laissé entendre que Sarkozy ait pu être pris de boisson sur ce clip". Excusons nous donc. Comme a si bien dit Ségolène hier soir sur Antenne 2, le téléspectateur jugera. "Mieux vaut trop de caricature que pas assez". Cela, c'est Sarko qui l'a dit.

Toutes les contrevérités sont aujourd’hui bonnes à dire. On rase gratis. Les aigrefins de tout poil vont en profiter, la fracture sociale va encore se creuser, et on en arrive à souhaiter que ça pète aussi vite que possible. Plus on attend, plus ça fera mal. On peut tromper une personne tout le temps, tout le monde un certain temps, mais pas tout le monde tout le temps.

vendredi 8 juin 2007

102° Kolossale finesse…

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Notre leader minimo ratisse large, et même au-delà du raisonnable, mais il bénéficie d’un état de grâce si surprenant que personne ne songe à s’en offusquer.
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Ne vient-il pas d’annoncer, du sommet du G8 d’Heiligendamm, qu’au cours de la conversation qu’il va avoir avec Vladimir Poutine, il va lui parler « du droit des homosexuels en Russie » ?

Il va se faire gronder, le pauvre Vladimir. Ce gag ressemble pourtant plus à un feu d’artifice en étoile qu’à une démarche humaniste.

Certes, il va sans doute le faire, et objectivement, nous voilà « obligés » de lui dire merci. Voilà notre calife qui se préoccupe du droit des gay en Russie alors que dans son propre pays, il n’y a plus qu’un coup de pouce à donner pour parfaire l’égalité républicaine de ses homos à lui, et que non seulement il s’arc-boute pour ne pas le donner, mais qu’en plus, il s’entoure de tous les collaborateurs susceptibles de le soutenir dans ce refus, depuis Boutin au gouvernement jusqu’aux 157 députés homophobes dûment investis par le parti qui le soutient. (cf article n° 100)

Ce « faites ce que je dis et pas ce que je fais » arrivera peut-être à faire rire un peu Poutine, qui a les meilleures raisons de continuer à enfoncer les gays russes dans la panade. D’abord, dans la mesure où il est élu et où il faudra peut-être un jour qu’il demande à être réélu, il sait que l’essentiel de son électorat est la Russie profonde, où l’église orthodoxe, et même l’islam par endroits jouent un grand rôle, il sait aussi que la chute du communisme a transcendé le nationalisme russe en une mouvance d’extrême droite puissante, et enfin il a cultivé son image de chef charismatique en entretenant une image de virilité machiste. (Athlétisme, sports de combat, etc...) à côté duquel les joggings de notre Nicolas font figure de fitness pour dames. Alors, les pédés, ils lui sont plus utiles comme épouvantails que comme récipiendaires d’une philanthropie dont il ne connaît d’ailleurs l’usage que par démagogie.

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Remercions donc notre petit grand bienfaiteur pour sa sollicitude à l’égard des pédés russes. GayLib va enfin avoir quelque chose à dire !

Dans le genre « je prends des mesures qui ont l’air d’aller dans le bon sens, mais qui, en réalité, vont dans le mauvais », il faut dire que notre nouveau calife est un spécialiste.

Ainsi par exemple l’abolition des droits de succession…. D’après les derniers chiffres de l’INSEE sur la question, le patrimoine français est très concentré : les 10 % des ménages les plus riches en termes de patrimoine possédaient, en 2000, 44 % du patrimoine total, alors que les 50 % de ménages les moins riches n’en possèderaient que 9 %. Chiffres qui n’ont pas dû changer dans le bon sens depuis 2000 vu l’évolution de la fracture sociale.

Cette suppression des droits de succession est donc un joli cadeau à… un français sur 10. Justement d’ailleurs celui qui n’a besoin de rien.

Il y a aussi cette histoire de déductibilité des impôts des intérêts des prêts immobiliers. Rappelons d’abord que ce gadget inventé en 1975 par Giscard a été aboli en 1992 par Juppé, qui participe aujourd’hui au gouvernement qui le rétablit.

Et le détail qui tue : pour n’oublier personne, et surtout pas les 51% de français qui gagnent assez peu pour être exemptés de l’impôt sur le revenu, les dispositions prévoient que ces malheureux, qui ne peuvent pas, et pour cause, percevoir leur crédit d’impôt sous forme de déduction fiscale, recevront un chèque du trésor public.
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Merci grand calife ! Vous en connaissez beaucoup, vous, des ménages français qui gagnent si peu qu’ils sont exemptés de l’impôt sur le revenu mais qui ont trouvé le moyen de se lancer dans un crédit immobilier ? C’est surréaliste, mais personne n’en parle. Pas un journaliste n’a relevé l’incongruité. Le trésor public n’effeuillera pas ses carnets de chèque !

Dans le genre, il y a aussi les heures supplémentaires défiscalisées. Tout le monde se plaint du déficit des caisses de l’Unedic et de la retraire, mais ce qu’on trouve de mieux pour les renflouer, c’est de soustraire une partie des heures de travail à leur contribution ? Dans le genre « je me tire dans le pied », Dalton n’aurait pas fait mieux.

D’autant plus que la horde de prolétaires qui s’est crue assez riche pour voter ultralibéral le mois dernier et qui va se jeter gloutonnement sur ce pourboire n’imagine pas encore ce qu’on va lui répondre lorsqu’à 60 ans (ou 75 ?), elle se présentera au guichet de la retraite pour percevoir son dû : « Vous avez travaillé 75 000 heures dans votre vie, bravo ! Malheureusement, il y en a 6000 qui ne comptent pas ! ». Leur retraite transformée en citrouille. Ah, ils s’en souviendront, de Sarkozy, surtout lorsqu’il ne sera plus là.
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D’autant plus que, si on en croit les prévisions, notre trésor public va reprendre de son long bras droit ce qu’elle a parcimonieusement distribué du gauche : l’augmentation de TVA qui nous guette va engloutir sans avoir l’air de rien ces petits suppléments d’argent de poche distribués à nos chers salariés. De ce « cadeau fait au bon peuple », il ne lui restera rien : les grands gagnants de ce tour de passe-passe seront les entreprises et l’état.

TVA dont la France est championne d’Europe (ce qui n’est pas le cas du prix du travail le plus élevé comme le patronat le clame si volontiers : nous sommes que 5° à ce classement !).

Or chacun sait que si la TVA est un impôt « indolore », -pas de chèque à faire, pas de prélèvement, c’est aussi le plus injuste puisqu’il frappe de la même manière le riche et le pauvre. Donc proportionnellement plus durement le pauvre. Un peu comme le loto…

Allons nous voter ce dimanche pour donner carte blanche à un prestidigitateur qui prend des mesures dont l’effet réel à long terme est exactement l’inverse de ce qu’il nous promet ?

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dimanche 3 juin 2007

101° La canular n'est plus ce qu'il était.







Le 30 octobre 1938, dans l’émission « Mercury Theatre on the air », sur CBS, un présentateur encore inconnu, un certain Orson Welles, fait une adaptation de « La Guerre des mondes » de son presque homonyme H. G. Wells, avec tant de réalisme qu’il transforme New York en chaos et que plus d’un million de New Yorkais partent en exode au milieu de la nuit, pour fuir une attaque de Martiens à laquelle ils ont cru. Le président Roosevelt est réveillé en pleine nuit, et déclenche l’alerte militaire. Les réservistes sont rappelés dans les ports, et il faudra trois heures à l’armée pour comprendre qu’il s’agit d’un canular. L’armée restera néanmoins en alerte trois jours, en réalité pour secourir les réfugiés bloqués sur les routes, les stations-service étant à sec et inaccessibles aux livraisons… Certains fuyards mettront deux jours à rentrer chez eux. Le résultat avait peut-être dépassé les espérances de Welles, mais il y avait dans l’aventure une véritable dimension médiatique.

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On ne va pas faire le tour du monde des canulars, mais dans les années 60, en France, Francis Blanche faisait une émission de canulars qui fit couler beaucoup d’encre. L’un des plus croustillants fut de se faire passer pour le directeur de l’école de garçons Sautereau, et de proposer à la directrice d’une école de filles huppées des week ends de détente à la compagne pour que « ces jeunes gens et ces jeunes filles puissent apprendre ensemble les choses de la vie ».

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En 2003 à Prague, les étudiants de la Faculté du Film décident de faire une étude sur l’impact de la publicité. Du 15 mai au 2 juin, tous les médias participent à une campagne pour un supermarché extraordinaire, « Astrid Hoffmanova » qui leur permettra enfin de " vivre leur rêve tchèque".

Le 2 juin, tout Prague se dirige vers Lethany, une banlieue du nord-est en reconstruction, qui comporte d’immenses friches industrielles et des terrains vagues. Au lieu dit, dans une morne plaine boueuse, ils découvrent une façade d’hypermarché en décor de théâtre. Morale : « Méfiez vous de la publicité » ! C’est ce que les Allemands appellent une « histoire tchèque » un peu sur le ton dont nous parlons des « histoires belges ». Sauf que celle-là est bien vraie.

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Le 14 décembre 2006, la RTBF, la radiotélévision belge francophone interrompt le cours de ses émissions pour annoncer que « La Flandre fait cessession, proclame son indépendance et abandonne la Wallonnie à son sort ». On a frisé l’apoplexie dans le gotha belge, le canular allant jusqu'à dire que le roi s'apprêtait à quitter le pays.

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A la même époque, Gérald Dahan a piégé Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy en se faisant passer pour un diplomate canadien. Avec peu de résultat…

La semaine dernière, une petite chaîne de télévision privée hollandaise en mal de notoriété annonce le « Big Donor Show », au cours de laquelle une malade condamnée organise un concours pour choisir entre plusieurs prétendants à la greffe celui qu’elle sauvera par le don de ses organes. L’émission connaît un fort audimat et ce n’est qu’à la fin que le présentateur annonce qu’il s’agit d’une mise en scène destinée à promouvoir le don d’organes.

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Vous en penserez ce que vous voudrez, mais je trouve qu’à l’inverse du vin, le canular ne bonifie pas en vieillissant. Plus rien n’arrête les hypnotiseurs. Au hasard d’un zap, je suis tombé cette semaine sur NT1, une chaîne de la TNT, sur une émission intitulée « Ça va se savoir ». Cette émission, qui s’avère une adaptation du « Jerry Springer Show » est produite en Belgique. Elle met en scène des déchirements familiaux ou des affaires de voisinage encore plus sordides que chez Bataille et Fontaine, avec en prime un présentateur qui me flanque des boutons tant je le trouve obséquieux et odieux, un certain Simon Monceau, et des scènes de déballage putride de pure fiction au point que les génériques de début et de fin annoncent clairement qu’ils sont incarnés par des comédiens.

Le niveau de culture, d’humanisme et de simple bon goût des médias baisse dangereusement. Certains hommes politiques en usent avec cynisme. Que sera la France d’après ?

vendredi 1 juin 2007

100° Votez contre l'homophobie.

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En plus des candidats du Front National et de l’Union pour la France, dont les programmes sont par principe opposés à l'homosexualité, 157 députés ont signé une « entente contre le mariage et l’adoption par des partenaires du même sexe », et/ou, pour certains d’entre eux, ont été condamnés pour des déclarations homophobes.

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L’inter LGBT rappelle à tous les gays que leur liberté et leurs droits se décident à l’Assemblée Nationale, et que moins elle comporte d’homophobes, mieux ils seront respectés dans leur différence.

Voici la liste de ces 157 députés, classés par département et par circonscription.



www.inter-lgbt.org/spip.php?article711


C’est dans l’isoloir que se décident votre bonheur, votre liberté, et votre égalité citoyenne.

A bon entendeur…