vendredi 14 septembre 2018

571° La charité selon Macron






PLAN DE LUTTE CONTRE LA PAUVRETÉ ...

Après avoir tant fait pour la développer…

Déjà, le slogan est étrange :
« donner plus à ceux qui ont moins ».
Mais à part quelques oligarques, on a tous moins avec Macron ! !

Dans son discours de lundi au musée de l’homme, Macron s’est longuement défendu de ne pas faire la charité.

Défendu avec tant d’insistance que tout le monde a compris que lui-même était gêné de l’impression qui se dégageait du machin, et aurait voulu qu’on regarde ailleurs. Un peu comme un homosexuel mal assumé devient un virulent homophobe. « C’est pas moi, c’est l’autre »

Pourtant, ces aumônes distribuées aux plus pauvres ne devraient pas être l’objet d’un « plan pauvreté ».

Au titre de la devise de la République, et notamment de la fraternité, cette sollicitude pour les plus malheureux ne devrait être que l’action ordinaire de la solidarité nationale.

En faire un plan d’exception, c’est précisément faire l’aveu qu’elle n’entre plus dans les préoccupations quotidiennes.




« Jamais aucun gouvernement n’a fait autant contre la pauvreté... »
a dit le gourou.

Peut être, mais jamais aucun gouvernement non plus n’avait extorqué 4,5 milliards aux retraités en les frappant d’une CSG scélérate, jamais aucun gouvernement n’avait réduit les APL, jamais aucun gouvernement n’avait supprimé les emplois aidés, jamais aucun gouvernement n’avait supprimé tant de postes dans la fonction publique, jamais aucun gouvernement n’avait pressé à ce point les services hospitaliers, etc.

Et jamais aucun gouvernement n’avait renoncé aux 25 milliards que représentait l’impôt sur la fortune.



Alors, si on compare ces soi-disant 8 milliards que représenterait ce « plan pauvreté » à toutes les coupures qu’il a opérées un peu partout, on comprend que tout ce battage médiatique n’est que de la communication et que le bilan global défavorise fortement les classes moyennes.

Là, on confond allègrement pauvret et misère. La misère, c’est l’état de dénuement de quelques uns, auquel la République se doit de remédier comme l’exercice quotidien et ordinaire de son devoir d’état, au lieu d’en faire une opération tapageuse de communication.

La pauvreté, c’est la difficulté grandissante des fins de mois de ceux, les plus nombreux, qui n’ont pas encore tout perdu, mais qui voient leur maigre ordinaire se réduire comme une peau de chagrin au rythme des frasques et fantasmes financiers des macronistes.

La pauvreté, ce n’est pas les gens qui dorment dans la rue, c’est pour des millions d’autres qui n’en sont pas encore là, l’angoisse de se sentir sur la pente glissante qui les y conduit inexorablement.

La pauvreté, c’est le renoncement quotidien de milliers de salariés et de retraités modestes aux petits plaisirs qui éclairaient de temps à autre la menue fragilité de leur vie, et dont l’austérité gouvernementale les prive impitoyablement.

La pauvreté, c’est la réduction continue du pouvoir d’achat qui tyrannise les deux tiers du pays, avec un sentiment d’injustice et d’inéquité d’autant plus grand qu’ils voient les nantis améliorer leur situation encore plus vite que la leur ne se détériore.

La pauvreté, c’est le déni du droit au logement sain et décent et à la nourriture saine et équilibrée. Ce n’est pas tant mettre à l’abri ceux qui couchent sous les ponts que d’assurer le maintien dans les lieux de nombreuses familles qui doivent chaque mois choisir entre payer le loyer et se priver de nourriture. 

Et là-dessus, sur la construction de logements sociaux, sur la lutte contre l’augmentation des loyers, pas une ligne dans le « plan pauvreté » de monsieur Macron.

La pauvreté, c’est aussi la sauvegarde du service public, en sachant fort bien que sa privatisation ajoute, au prix incompressible du service, les dividendes qu’il faudra verser aux vautours actionnaires qui s’empareront du bien commun pour en extraire la substance.

On pourrait continuer des heures à énumérer les spoliations dont nous sommes l’objet.

La conclusion est que, chiffres en main, la « plan pauvreté » de monsieur Macron rapporte à l'état plus qu'il ne lui coûte.

C'est un voile qui nous masque que le pouvoir récupère sur notre dos bien plus d’argent que les 8 milliards qu’il prétend y consacrer.

La « richesse » d’un pays n’est pas celle de ses entreprises et de ses banquiers. C’est celle de ses citoyens, dans chacun de leurs foyers. A cet égard, par exemple, les USA ne sont pas un pays modèle : à quelques encablures des plantations de tours qui matérialisent les grandes villes, il y a des dizaines de kilomètres de banlieues où tout le monde n’a pas de maison, sans compter les quelques quinze millions d’Américains qui vivent dans des mobile homes…


Skid row,  Los Angeles.



Mais il y a encore plus grave.


RECUPERATION DES VALEURS HUMANISTES 
 
.. discrédit et profanation des grandes idées...

Le pouvoir de monsieur Macron applique à la lettre les principes de la « novlangue » imaginée à l’origine par Staline et Goebbels, et théorisée par Orwell dans le Meilleur des Mondes en 1949.

Ainsi, après la sécurité sociale, les congés payés, le vote des femmes et différents autres acquis sociaux qui sont l’honneur du peuple français, l’idée du revenu universel arrive aujourd’hui en tête des pas à franchir pour devenir une société de progrès.



Ces idée du revenu universel est odieuse au monde de la finance et du patronat. Pour eux, il faut presser le peuple, presser, presser, opprimer. Tout ce qu’on peut leur prendre devient nôtre et après nous le déluge.

Le revenu universel étant apparu pour la première fois dans une campagne présidentielle en 2017, le laquais de la finance qui officie à l’Élysée se devait de faire quelque chose pour ralentir ce bourgeon d’humanisme qui commence à s’ouvrir.

Le flétrir. Salir son image de valeur humaniste et philanthropique en l’associant en l’associant à « l’activité », ce nouveau nom du travail qui voudrait, par effet corollaire, faire passer pour des fainéants tous ceux qui ne se décarcassent pas comme de bons esclaves.

Ainsi, le REVENU UNIVERSEL DEVIENT :

« REVENU UNIVERSEL D’ACTIVITÉ ».



Voilà cette valeur vierge et pure souillée de la bave de la sangsue économique, fondue dans le système salarial dont elle constitue pourtant l’antithèse.

Car la finance a la vue courte. Son grand problème est d’établir un bilan tous les 31 décembre, et d’être incapable de planification à long terme.
On paie bien quelques chercheurs et des think tanks pour planifier le monde de demain, mais à condition que ces vues futuristes entrent bien dans les carcans d’aujourd’hui. C'est à dire pour damer le pion à la concurrence, mais certainement pas pour améliorer le sort de la société humaine...

Pas question d’imaginer un monde, pourtant inévitable, où machines et robots auront complètement remplacé les travailleurs. Où la « valeur travail » si chère à l’ancien monde et à Macron n’existera plus.

Le problème ne sera plus de produire, mais de vendre. Car si le travail est soluble dans la robotisation, l’économie, elle, ne l’est pas.

On n’aura plus besoin de petits travailleurs, mais de petits acheteurs. Pour que l’économie ne s’écroule pas, il faudra bien en arriver à payer les gens, non plus pour fabriquer les produits, mais pour les consommer.

Le REVENU UNIVERSEL est donc, à cette échéance, INÉLUCTABLE

Mais c’est trop demander à nos petits suppôts de la finance de comprendre cela dès aujourd’hui.
Les tableurs, les graphiques et autres calculs statistiques bien matériels, ça n’incite pas à la philosophie.

Pourtant, ils essaient. Ils veulent nous faire croire que la symbolique va durablement imprimer des courants de pensée dans l’esprit d’un peuple dont ils persistent pourtant à ignorer le cerveau et à ne regarder que les bras.





Ainsi, ils ont changé le logo, le blason de l’Élysée….

Les lauriers et les feuilles de chênes s’y déploient dorénavant avec plus d’ampleur, (écologie oblige?), mais surtout, surtout, une croix de Lorraine fait une apparition incongrue dans un symbole républicain à priori vierge de courant politique.

Alors que c’est justement le général de Gaulle qui, après la guerre, a permis de mettre en pratique quelques grandes avancées du programme du Conseil National de la Résistance, qui comportait notamment la nationalisation des banques et de quelques grandes industries, l’institution du droit du travail que nous connaissons et la création de la Sécurité Sociale.



avant  -   après


Et puis, toujours sur le blason : modification de deux têtes de lion, aux deux pointes de la hallebarde, qui étaient très stylisées sur l’ancienne version, et apparaissent hirsutes, agressives et pleines de grandes dents sur la nouvelle…

Je ne parle pas de la boutique qui s'est ouverte, façon parc d'attraction,  pour vendre des "goodies" et autres produits dérivés à l'image de l'Elysée et de ses occupants.

On ne connaît pas le prix au kilo de la poudre de perlimpinpin, mais on imagine que seules les promesses ne seront pas chères...

http://twog.fr/lelysee-ouvre-une-boutique-en-ligne-de-produits-derives/

Ont-ils seulement imaginé les nombreux détournements dont ces gadgets ne manqueront pas d'être l'objet ?

On attend l’interprétation des exégètes...

Et c’est Macron, qui s’emploie avec frénésie à détruire ces acquis sociaux, quitte à les détricoter fil par fil, qui vient maintenant récupérer au profit de sa majesté financière le symbole d’un gaullisme social et populaire ?

Nous vivons une époque formidable…





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