mercredi 23 janvier 2008

144° Petite victoire.



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La Cour européenne des droits de l'homme vient de condamner la France pour avoir refusé une adoption à une institutrice lesbienne au prétexte de son homosexualité.


Le code civil français est pourtant en conformité avec les normes européennes, qui accorde l'adoption aux célibataires. C'est donc en tant que célibataire que la demanderesse avait déposé sa requête, son union de 17 ans avec une autre femme n'étant de toute manière pas reconnue comme « tissu parental » par l'autorité.


Un excès de zèle des instances départementales, puis judiciaires devant lesquels la demande avait été déposée avait conduit l'administration française à « en rajouter » et à faire état de l'homosexualité de la requérante. Le prétexte invoqué était « l'absence de repère d'identification » dûe à l'absence de père.


C'est oublier que 22% des familles françaises sont monoparentales, soit plus de 1 800 000 familles, comprenant 3 100 000 enfants de moins de 21 ans. Ce refus équivalait donc à différencier le cas de la plaignante de tous les autres au motif de son homosexualité, ce qui est bel et bien discriminatoire.



Il existe donc sur la planète au moins une institution capable d'arbitrer sainement ce genre de problème.


Capable de rappeler à un état égaré entre ses discours et sa réalité que l'égalité des citoyens ne saurait être assujettie à aucune considération de quelque ordre que ce soit.


Capable de rappeler au quarteron de nostalgiques de l'inquisition qui nous jugent et nous gouvernent que chacun a droit à sa vie privée et à ses convictions sans avoir à être jugé pour cela.


Capable d'appliquer les lois et d'accorder droits et devoirs sans demander aux citoyens avec qui ils couchent et en quoi ils croient ou ne croient pas.


Capable de défendre l'idée qu'aucune croyance, aucune pratique, simplement du fait qu'elle n'est pas partagée par tous, n'est à même de fonder une morale, d'inspirer une culture, d'établir un modèle, de constituer un héritage.


Capable d'imposer à nos dirigeants que la seule règle qui permette la liberté et l'égalité est le respect mutuel, la liberté de conscience et le droit à la vie privée.



Qu'à cet égard, les discours de Latran, de Ryad, les visées charcutières sur la loi de 1905, les histoires d'héritage chrétien et autres modèles de pouvoir ne sont que de glauques remugles moyenâgeux.


Que ceux qui en discourent entraînent notre pays à contre-courant de l'histoire, vers des périodes d'esclavage, d'obscurantisme et de domination.


Que la vraie liberté est indissociablement constituée de celles du corps et de l'esprit, et qu'il est illusoire et mensonger de faire croire aux gens qu'ils sont libres dès lors qu'on prétend les assujettir à des modèles, des dogmes, des croyances, des pratiques, ou tout autre principe qui ne soient universellement partagés.

2 commentaires:

Anonyme a dit…

Salut, c'est Morgan comme prévu je passe sur ce blog je suis outré par cet article sur cette pauvre femme, le gouvernement n'aa jamais rien prévu de "top" en ce qui concerne l'homosexualité mais j'espere qu'un jour cela viendras bien que comme nous l'ayons dit auparavant, cela s'annonce plus que mal !
J'espere te revoir vite, je t'embrasse,
Amicalement Morgan

Brethmas a dit…

C'est le moins qu'on puisse dire, que ce gouvernement ne fait rien "de top".
La réalité, c'est qu'il fait tout le contraire: décisions administratives homophobes, investiture de Vanneste, porte ouvertes aux sectes et religions dans les cabinets ministériels...
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Alors, si d'aucuns, comme les UMPédés de Gaylib veulent continuer à y croire en totale contradiction avec l'évidence, les faits et le quotidien, on ne fait pas le bonheur des gens malgré eux. La religion et la foi dans l'irrationnel ne sont-elles pas les plus anciens et les moins chers des anti-dépresseurs?
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Mais pour ma part, je ne suis pas du genre contemplatif, je n'attends pas de messie, je prends mes outils et je construis ma petite part de ce qui ne tombe pas du ciel. Au moins, j'aurai bougé.

Il en est en politique comme dans la vie: ils ne faut pas demander aux gens d'où ils viennent, mais où ils vont.