jeudi 30 août 2018

570° Les Gaulois laïques et les Danois luthériens...





Les Français ont pris l’habitude d’essuyer les insultes de monsieur Macron.

Il les a déjà traité de 
  • « fainéants », (24 août 2018, discours de Bucarest), 
  • de « gens qui ne sont rien » (Paris, Halles Freyssinet, 2 juin 2017), 
  • de tabagiques et d’alcooliques en échec scolaire (Noeud-les-Mines, 20 septembre 2017), 
  • il a fustigé les Français en T-shirt de la CGT, « travaillez pour vous payer un costard », 
  • traité les employés de la société GAD « d’illettrés »
et j’en oublie.…

 On finit par ne plus y faire attention.



Mais ce n’est pas cette insulte supplémentaire de « réfractaires aux changements » qui me semble l’élément préoccupant de son discours de Stockholm. On reviendra plus loin sur le « réfractaires aux changements».


Une insupportable atteinte à la laïcité.

Ce qui me semble particulièrement grave, c’est cette nouvelle atteinte à la laïcité qu’induit ce discours et et que ni la presse ni l’opposition ne semblent avoir remarquée.

Dans la logique de sa déclaration, et par opposition au caractère « réfractaire » des Français, il associe la « culture luthérienne » des Danois à leur supposée docilité.

Ce faisant, il se range d’emblée dans cette catégorie de chefs d’état qui s’appuient sur la religion pour établir leur pouvoir. Et ça, ce n’est pas Français, mais alors pas du tout. 

Ce n’est plus « l’ancien monde », là, c’est l’ancien régime !!!


Macron, qui se prend pour un gourou et conduit le gouvernement et « En marche » comme un gourou dirige une secte, semble compter la mitre et le goupillon au nombre de ses instruments de pouvoir.




Je regrette très vivement que ni la presse ni l’opposition n’aient relevé cette faute dans les élucubrations macronesques.

Bon, de l’opposition de droite, qui penche fortement vers l’extrême droite, on n’attend guère de ferraillage contre la religion. Ils sont égarés dans les racines chrétiennes, et ne parlent de laïcité que quand ils voient des Musulmans.

Mais de la gauche ? Trop occupée à se déchirer les restes d’une gauche française bien de chez nous pour relever ces graves blessures infligées à la laïcité républicaine ?

Ceci dit, examinons cet « esprit réfractaire aux changements ».
Allons chercher « réforme » dans le dictionnaire, puisque c’est un train de « réformes » que Macron et Philippe entendent conduire à toute vapeur malgré leur impopularité grandissante.

Larousse :

Changement qu'on apporte (dans les mœurs, les lois, les institutions) afin d'en obtenir de meilleurs résultats (amélioration).

Les réformes de Monsieur Macron apportent-elles des améliorations qui profitent à tous ?

Dépouiller des millions de pauvres pour satisfaire quelques milliers de riches, est-ce une réforme « profitable à tous » ?




Précariser l’emploi, amputer les APL, réduire les indemnités sociales de toutes sortes sous prétexte de les « harmoniser », taxer les retraités, augmenter l’inscription à l’Université, et se lamenter ensuite que « la croissance est en berne » alors qu’on a privé 95 % des Français du pouvoir d’achat qui aurait pu la soutenir, est-ce une politique cohérente ou une divagation ubuesque ?

D’abord, quand Jupiter dit toute son admiration pour « la culture luthérienne » de ce beau pays où on peut « licencier par SMS en un jour », il oublie de dire, -dans sa crise d’extase - que le Danemark est – de loin - le pays du monde où les chômeurs sont le mieux traités, alors que lui, de son côté, persécute les chômeurs français de toutes ses forces comme si casser le thermomètre allait faire baisser la température.

Et c’est à coup d’omissions et de cachotteries de ce genre qu’il espère faire avancer son rouleau compresseur ?

Macron est un marquis de salon lambrissé qui n’aime pas le bon peuple, et il a tellement peur qu’on s’en aperçoive qu’il consacre des discours entiers à dire « qu’il aime la France et les Français » avec une insistance qui laisse entendre qu’il veut s’en persuader lui-même avant d’en assurer les autres. 

Il l’a encore fait ce matin jeudi 30 août dans son discours d’Helsinki, supposé recoller les pots cassés de la veille.

Il faut arrêter de nous mépriser, monsieur Macron, de nous regarder comme un grouillement populacier du haut de votre pupitre informatique et de votre fauteuil de banquier.

Vous voulez des exemples de réformes qui passeraient dans la joie, sans manifestations, sans contestations. On peut vous en donner, de tels exemples, ça vous évitera de dire que nous sommes réfractaires.

On pourrait par exemple imaginer que vous restauriez le pouvoir d’achat des retraités, gelé depuis cinq ans, le remettiez à un niveau digne et renonciez à votre CSG scélérate et sans contre-partie…
Au lieu de cela, vous aggravez le blocage perpétré par vos prédécesseurs par une désindexation du coût de la vie, et vous lui rajoutez un impôt…



On pourrait imaginer que vous décidiez de loger proprement tous les exclus de votre impitoyable système qui ont été jetés à la rue par les huissiers… Au lieu de cela, vous rognez les indemnités de chômage dans leur montant et dans leur durée…

On pourrait imaginer que vous rendiez aux Français les autoroutes qu’ils ont payées et amorti depuis longtemps, au lieu de conforter les financiers qui les exploitent en rançonnant nos déplacements.

On pourrait imaginer que vous classiez les voitures suivant leur consommation et leur pollution réelles en pénalisant toutes celles qui sont inutilement grosses et puissantes. Au lieu de cela, vous les classez par date de fabrication, permettant aux riches de rouler dans d’inutiles monstres dernier cri plein de grosses roues, et empêchant les pauvres de vaquer à leurs occupations dans leur petite auto laborieusement payée…

On pourrait imaginer beaucoup de choses sur les moyens des universités, des hôpitaux, des commissariats, etc.

Et avec quoi on finance tout ça, me direz-vous ?

Facile : la France est le pays qui rétribue le plus grassement ses actionnaires. Il n’y a pas un petit impôt à récolter, là, par exemple ?





Le patrimoine des milliardaires augmente six fois plus vite que le prix du travail. Il n’y a rien à taxer, là ? Au lieu de cela, vous supprimez l’impôt sur la fortune.



Depuis 1998, le patrimoine « moyen » des Français a doublé, mais celui des plus pauvres a diminué de 30 %. Il n’y a pas une inégalité à corriger, là, avec un impôt judicieusement appliqué ?

Alors, il faut arrêter de croire et de faire croire que les Français sont un peuple ingouvernable.




Sans compter que si vous augmentiez le pouvoir d'achat des Français, cela ne leur donnerait pas pour autant les moyens de placer ce supplément dans un paradis fiscal: ils le dépenseraient immédiatement et cet afflux d'argent sur le marché serait une  contribution fort utile à la restauration de la croissance dont vous déplorez la disparition...

Les Français sont avides de réformes, à condition qu’elles aillent dans le bon sens. Ce ne sont pas les plus pauvres des plus démunis qu’il convient de secourir dans un programme de « lutte contre la pauvreté » qui aura des effets plus spectaculaires dans la presse que dans la rue, c’est toute la classe moyenne, la majorité des Français, qu’il convient de restaurer dans leurs droits et prérogatives, au lieu de les taxer et de les imposer comme des vaches à lait.

Ce n’est pas parce que vous dites quelque chose qu’on va le croire. Vos prédécesseurs l’ont tenté avant vous.

Mais, si vous cultivez l’impopularité avec tant de frénésie, vous risquez bien de voir votre quinquennat se terminer prématurément dans un grand tumulte.




mercredi 29 août 2018

569° « et en même temps », il fait de mauvais calculs…





Jusqu’à présent, la politique de Macron était injuste, inéquitable, ignoble, antisociale, prédatrice pour les faibles, putassière pour les riches, complice pour les financiers et autres spéculateurs, mais elle était d’une logique d’airain.

On s’attaque en priorité aux plus faibles, aux retraités, aux titulaires d’APL, aux « riens », aux « illettrés », aux « sans costard », à tous ceux qui se défendent mal, et avec cette manne, on permet à ceux qui n’ont besoin de rien de se goberger davantage. 

Ça a le mérite d’être clair, limpide.





La preuve, déjà des résultats, la France détient le record mondial de pourcentage de reversement de dividendes aux actionnaires :



" Les groupes du CAC 40 ont redistribué à leurs actionnaires les deux tiers de leurs bénéfices depuis le début de la crise, au détriment des investissements et des salariés, indique un rapport publié lundi par les ONG Oxfam et Basic. "


Tout cela était logique, planifié, carré, méthodique, implacable, annoncé, prévisible.





Mais, soudain, voilà un bug dans le logiciel.

Il y a en France 1 200 000 chasseurs, chiffre en baisse d’année en année.
Il y a en France 15 400 000 retraités. Douze fois plus…

En léchant les bottes des chasseurs, Macron vient de se couper un bras en perdant son alibi écolo, Nicolas Hulot, qui a fini par trouver que trop, c’était trop.

Et « en même temps », avec ses mesures en rafale contre les retraités, (maintien du gel des pensions, CSG non compensée, et maintenant désindexation du coût de la vie), il se met à dos 15 400 000 électeurs en puissance.

Un politologue averti peut-il m’expliquer la subtilité du calcul ?
Il y a un plan derrière ces décisions, ou alors simplement le délire nauséabond d’un autocrate capricieux qui aime les viandards et déteste les vieux ?

Et ceci d’autant plus qu’une bonne partie des chasseurs motivés a le bulletin de vote très à droite et l’alliance avec le front national plutôt facile, quand ils votent…

S’il voulait « flatter la ruralité », mieux valait contenter les paysans, qui sont encore 5 millions, que de faire du gringue au petit million de chasseurs, dont une bonne partie vient d’ailleurs de la ville en 4/4 diesel...




Alors que les retraités, qui constituent la tranche d’âge qui s’abstient le moins, ont des opinions beaucoup plus modérées, et que le charme apparent de ce jeune président a fait de ravages chez les anciens... et les anciennes...….. 

Pour son élection, Macron doit beaucoup aux électeurs du 3° âge…

Beaucoup de retraités ont voté Macron par peur du dragon Marine, pas mal d’entre eux également parce que le candidat incarnait par sa jeunesse un certain dynamisme, et que son aspect « bien propre sur lui » marié à une aînée de surcroît, leur laissait penser qu’il allait respecter les plus âgés…





Alors pourquoi cette décision incompréhensible en faveur d’un quarteron de chasseurs, qui provoque l’éboulement d’un pan entier de la crédibilité écologique du petit tyran de l’Élysée.

Crédibilité écologique à la sincérité de laquelle on croyait peu, mais qui constituait une des clés de sa majorité....

Certes, moi qui ne rêve que de voir ce régime ploutocrate s’effondrer, faute de fondations solides et de collaborateurs qualifiés, ne peux que me réjouir de pareille erreur de stratégie politique.

Mais j’aime comprendre, quand même, et j’ai du mal à croire qu’un type aussi implacablement antisocial puisse commettre une erreur si grossière...





mercredi 25 juillet 2018

568° La secte Macron se fabrique des martyrs





Comme toute religion qui se respecte, la secte des marcheurs a besoin de mythes, et quelques statues de martyr seront du plus bel effet à la porte de son temple idolâtre.

Après s’être fait désirer, un peu, pas trop, juste ce qu’il faut pour que la mayonnaise soit au top, le gourou a parlé.

Pas à nous tous, bien sûr, nous pauvres citoyens plongés dans les ténèbres, mais à un aréopage de députés « en marche » , un conclave de fidèles, réunis pour faire la fête !!

Si, si : ils fêtaient la fin de la session parlementaire à la Maison de l’Amérique Latine.

L’histoire ne dit pas si ce sont des fêtards invétérés, s’ils fêtaient la fin de cette cession parce qu’elle pourrait bien être leur dernière, ou s’ils sont tellement sûrs de leur fait qu’ils croient sincèrement que, quoi qu’il arrive, leur prophète triomphera le jour du Jugement.

En résumé : « Rendons hommage à Alexandre Benalla, l’un des premiers disciples, qui a tant fait pour établir ce que nous sommes aujourd’hui.
Et également, façon Jésus Christ : « Je porte tous vos péchés », « Je répondrai de tout ».

Devant qui ?
L’histoire va (peut-être) nous le dire.
Parce que pour le moment, ce n’est pas très clair...


Parce que sa sainteté n’a toujours pas adressé la parole aux Français. Elle provoque :
« Qu’ils viennent me chercher ! »

Oui, mais qui, « ils »?

Parce que , sur le sujet, il y a débat. La constitution est floue sur le fait de pouvoir, ou pas, convoquer le président de la république devant les députés, sachant que leurs deux pouvoirs, réputés indépendants, ne doivent jamais se croiser. Le président ne peut s’adresser au Parlement que dans une configuration très définie (Le Congrès), mais ils ne peuvent pas l’interpeller en réponse.

Alors, j’ai cherché, moi aussi, et pas trouvé non plus.


et dont voici un extrait signifiant :

Article 67 contre article 67

Au cœur du débat figure notamment l’article 67. Il stipule que le président de la République « ne peut, durant son mandat et devant aucune juridiction ou autorité administrative française, être requis de témoigner non plus que faire l’objet d’une action, d’un acte d’information, d’instruction ou de poursuite ».
« Or la commission d’enquête n’est ni un juge, ni une autorité administrative, souligne Dominique Rousseau, professeur de droit constitutionnel à l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne contacté par Le Parisien. Si on fait une interprétation stricte, les commissions d’enquête ne font pas partie du champ excluant la possibilité d’un témoignage du président de la République. »
Cette vision ne convainc pas Jean-Philippe Derosier, professeur de droit public à l’université de Lille qui juge « impossible » toute audition d’Emmanuel Macron devant la commission. Pour appuyer son propos, il invoque… l’article 67 de la Constitution, et plus particulièrement l’alinéa 1 : « Le président de la République n’est pas responsable des actes accomplis en cette qualité », hormis en cas de procédure de destitution ou de reconnaissance de la juridiction de la Cour pénale internationale.
En 2009, lorsque le groupe socialiste avait demandé la création d’une commission d’enquête sur les sondages financés par l’Élysée, la commission des Lois, composée en majorité de députés UMP, avait estimé une telle commission « non constitutionnelle » en vertu justement de cet article 67.
Alors, nouvelle question : une commission d’enquête parlementaire est-elle, ou n’est-elle pas une juridiction ou une autorité administrative ?
Pendant qu’on débattra de ce sujet, oubliera-t-on un peu Benalla ?
En vertu par exemple, du célèbre Théorème de Pasqua :
"Quand on est emmerdé par une affaire, il faut susciter une affaire dans l’affaire, et si nécessaire une autre affaire dans l’affaire de l’affaire, jusqu’à ce que personne n’y comprenne plus rien."
L’ensemble de la presse concourt d’ailleurs avec empressement à cet embrouillamini. 



On y a notamment découvert qu’Alexandre Benalla s’appelle en réalité Louhcine Benalhia, qu’il était un bon pote de Karim Achoui, avocat radié du barreau de Paris pour manquement à la déontologie, mais toujours inscrit au barreau d’Alger, parce qu’il se passionnait pour la ligue de défense judiciaire des musulmans (LDJM) fondée par Achoui en 2013, sur des principes à priori pourtant fort républicains puisqu’il s’agissait de garantir aux musulmans l’entier et objectif bénéfice de la loi de 1905.

Mais ce petit parfum d’islam est très vendeur pour une certaine presse, et alimente les conversations de comptoir du café du commerce. Le moins qu’on puisse dire est que cela ne contribue pas à clarifier dans l’opinion populaire, celle qui fait les élections, une situation déjà quelque peu opaque… 

Pour le moment, qu’est ce que les Français voient dans la personnalité d’Alexandre Benalla ?

Sans doute, en dépit de la « réputation de maturité » que lui prêtent ses condisciples, plutôt un gamin immature qui a réussi à grimper le grand escalier, façon footballeur. Il aime les grosses voitures, (avec des gyrophares bleus... ), il aime les titres ronflants (lieutenant-colonel), il aime jouer à l’imposteur,  il adore se faire passer pour un gendarme (il dit à un manifestant : « Vous êtes en garde à vue » alors qu’il n’en a pas le pouvoir). Etc… Etc…

Bref, LREM voulait se créer un mythe fondateur, ils n’ont trouvé qu’un mythomane.

Là où le bât blesse, c’est lorsqu’on veut expliquer le lien qui, manifestement, unit Benalla et Macron.

Je vous ferai grâce du dessin qui les montre dans un même lit, mais reconnaissez que l’imprudence dont Macron a fait preuve en le gardant si longtemps tout près de lui expliquerait plus facilement toute la chaîne des évènements si on savait ce qui les lie…

Ce lien doit être consistant, puisque même dans la disgrâce, Macron, dans son discours de la Maison d’Amérique Latine, rend hommage aux services passés de ce disciple de la première heure.

A force  de fréquenter le saint des saints, Benalla aurait-il appris « des choses » qui lui ont permis de forcer le président à le garder au plus près de lui et à lui délivrer des avantages, des postes à responsabilité et des grades militaires avec une générosité quasi napoléonienne ?

Tant qu‘ils n’auront pas découvert de lien, les investigateurs le chercheront en dépit des couvertures tirées et tendues par les services officiels dévoués, et lorsqu’ils l’auront découvert, le tabassage de la Contrescarpe sera au nouveau scandale qui naîtra ce que l’assassinat de Sarajevo fut à la guerre de 14...

Pourquoi ni la police ni aucune commission n'ont-t-elles, à ce jour,  entendu les victimes du tabassage ?  Ce qu'elles ont à dire gênerait-il la version officielle ?

Tous les ingrédients d’un bon blockbuster hollywoodien se réunissent petit à petit...
 

 

Et les mystères liturgiques du temple de Jupiter, les déclarations des oracles et autres thuriféraires n’y contribuent pas davantage. Ce matin, sur France Info,  la prêtresse Marlène Schiappa fondait littéralement d’admiration pour son grand timonier… Rarement la politique n’a donné un spectacle aussi vaudevillesque.




vendredi 20 juillet 2018

567° Macron arnaque les retraités une deuxième fois.





Les médias retransmettent docilement et sans vérifier le dernier tour de passe-passe du gouvernement.




Au départ, lorsque le gouvernement a annoncé la hausse de la CSG, il s’est empressé d’ajouter que cette hausse serait compensée par la suppression de certaines cotisations sociales (maladie, chômage, pénibilité, veuvage) qui grevaient les bulletins de salaire, et même de fanfaronner un peu en déclarant que cette compensation serait supérieure à la ponction de la CSG.

Vous ne vous souvenez pas ? Petit rappel :


Ils avaient juste oublié que les retraités n’ayant pas de bulletin de salaire et n’étant pas soumis à ces cotisations, ils allaient être les dindons de la farce.

Tant pis pour eux : l’arrogant de l’Élysée assume : les retraités ne sont pas « productifs » : ce sont des « riens », ils vont payer.

L’effronté s’est même fendu de remerciements à leur égard, démarche que j’ai trouvée particulièrement insultante.

Mais le peuple des retraités gronde, les scandales se succèdent. Les élections arrivent.

Les retraités, - qui s’abstiennent beaucoup moins que la moyenne des actifs - constituent la base électorale de tout gouvernement de droite bien propre sur lui.

Il va falloir acheter leur vote.

Et comme ce gouvernement pratique l’escroquerie avec virtuosité, il va les amadouer avec de l’argent qui leur est déjà dû.
Il suffit de les persuader que c’est un cadeau.

La preuve:


C’est la suppression de la taxe d’habitation qui va venir compenser les retraites endolories.

MENSONGE ! ARNAQUE !



La suppression de la taxe d’habitation a été promise à tous les Français, même si elle a du mal à être appliquée ( les taxes supplémentaires arrivent toujours plus vite que les remises d’impôts).

Elle ne concerne pas seulement les retraités.

Les salariés en bénéficient aussi…

C’est donc un tour de passe-passe pendable de venir faire croire aux retraités qu’elle va compenser la CSG sur leurs retraites :

Ils en auraient bénéficié de toute façon ! ! !

Mais nos dociles médias reprennent sans le moindre esprit critique les boniments de foire de nos gouvernants.

Retraités : la macronie est en train de vous rouler dans la farine….

Allez-vous vous laisser faire ?











jeudi 19 juillet 2018

566° Macron gourou ? Ça commence à se voir...




J’ai souvent qualifié les agissements et postures d’ « En Marche » de comportement sectaire, et cela m’a valu d’être traité de pas mal de noms d’oiseaux, voire d’affidé d’on ne sait quelle secte concurrente.

De plus, les déclarations de quelques autres ténors du monde politique, même s’ils chantent faux, ne m’aident pas dans ma démonstration. Ainsi Marine Le Pen a-t-elle, à de multiples reprises, qualifié les macronistes de secte au pouvoir, et Alexis Corbière, cette chouette posée sur l’épaule de Mélenchon, en a fait autant.

Alors, une fois pour toutes, si Marine Le Pen dit qu’on se mouille quand il pleut, je peux être d’accord avec elle sur ce point, ce qui ne signifie pas pour autant que je soutienne ses idées… Et je n’ai jamais voté non plus pour Jean-Luc Mélenchon ni pour son parti, même si je me sens quand même beaucoup plus proche d’eux que de Marine Le Pen…

Néanmoins, cette image de fonctionnement sectaire d’« En Marche » émerge assez souvent des remous de l’actualité pour mériter d’âtre analysée.

Ce n’est pas d’hier : déjà en octobre 2017, des observateurs politiques pourtant pas renommés pour leur indépendance relevaient déjà le caractère sectaire et étanche du choix des cadres du mouvement...

Le dernier avatar est aujourd’hui le comportement agressif de cet affidé de l’arrogant de l’Élysée qui se déguise en CRS et joue les croisés en matraquant les infidèles place de la Contrescarpe.
C’est la cerise sur le gâteau qui ne permet plus d ‘éluder le sujet.



 C’est précisément l’accident typique de parcours d’une secte qui s’enflamme : le dévot aveuglé qui déborde, et laisse, par sa déraison, entrevoir l’endoctrinement qu’il a reçu. Forcément, être aussi proche du gourou, ça doit exposer à d’intenses rayonnements…

Cet Alexandre Benalla est le résultat, pour ne pas dire le scorie du recrutement tous-azimuth opéré par la macronie pour créer rapidement un mouvent politique à partir de rien. Successivement au service de Martine Aubry, de François Hollande et d’Arnaud Montebourg, il est le modèle de ces arrivistes sans convictions qui se sont engouffrés dans l’offre d’emploi macronienne. On va n’importe où pourvu que la soupe y soit bonne et l’ascenseur social rapide.

C’est la négation même de la vocation politique, qui ne devrait appeler à elle que des hommes et des femmes pétris de convictions sincères et qui veulent travailler ensemble à les faire aboutir.
Le carriérisme politique est l’ennemi de la démocratie.

Les sangsues de la politique…

Dès lors que les critères d’embauche de l’appareil politique s’écartent de la sincère vocation du service de l’état pour laisser place à des conceptions managériales, le ver est dans le fruit.

Or ce n’est pas la première fois que Macron est pris en flagrant délit de se comporter en manager plus qu’en chef d’état, tout comme comme Donald Trump. Ces gens là ne défendent pas des idées, ils vendent un produit. 

D’ailleurs, sans préjudice de son modèle politique, l’image du mouvement souffre des bavures et débordements de ces sangsues de la politique qui multiplient les vaticinations outrancières et les amalgames de mauvais goût. Il existe des florilèges de déclarations de maires et députés « en marche » qui en disent long sur l’inculture et la beaufitude du mouvement.

De plus, la faute est autant dans le débordement de ce fou-furieux que dans l’impunité dont il a bénéficié. On l’a juste « mis au coin » comme un cancre d’école communale. Le pouvoir a couvert l’agression, étouffé l’affaire et l’a tenue à l’abri de la justice. On pense malgré soi à l’attitude des évêques avec les prêtres pédophiles…

En s’affirmant « ni de gauche ni de droite », le président prétend se placer, lui et son parti, par hypothèse, pour ne pas dire par droit divin, au dessus du débat politique type des démocraties. Chaque fois qu’un pays a tenté d’abolir cet équilibre, cela a occasionné une période dictatoriale qui a abouti dans le tumulte à l’inévitable retour à un système bipolaire. Il faut parfois du temps, souvent des convulsions douloureuses, mais les régimes monolithiques ne finissent jamais autrement.

Je crois qu’il y a dans le système de la représentation populaire la nécessité d’un équilibre fondamental basé sur l’influence des diversités.

La preuve en est cette détestation « instinctive » du bon peuple pour les extrêmes : la crainte des extrêmes est bien l’illustration de la peur de la perte de cet équilibre que chaque homme raisonnable estime nécessaire au fonctionnement d’une société juste et humaniste.

Par ailleurs, l’observation de ceux qui se sont présentés jusqu’ici comme « au-dessus des partis » est claire : Tous les partis uniques sont de droite, voire d’extrême droite… Y compris les soviets qui, par leur autoritarisme, ne peuvent être classés qu’au rayon fascisme de notre musée de l’histoire.

Monsieur Macron fait de beaux discours. On ne sait pas quels cadors peuvent bien l’aider dans leur rédaction, et si une prof de français et de théâtre très proche de lui y est pour quelque chose, mais reconnaissons le : ils sont bien ficelés, avec un plan solide, un vocabulaire choisi, une syntaxe impeccable et un style de tribun incontestable.



Mais malgré ce soin apporté à la communication, quelques passages dévoilent la mécanique interne de la machine :
Dans son discours de Lyon, par exemple, il dit
«  vouloir, à chaque instant, changer les règles, si ce ne sont pas les bonnes ».

Mais il ne dit pas qui décide si ce sont les bonnes règles ou pas. Or force est de constater que la France descend dans la rue quasiment à chaque fois qu’il essaie de les changer.

Et l’analyse de ses changements de règles révèle une nette tendance à la ploutocratie : destruction du code du travail, précarisation des contrats, suppression des APL, suppression de l’allocation d’activité des handicapés, suppression des emplois aidés, surtaxation uniforme des pensions de retraite de la plus petite à la plus grosse, (retraites qui restent bloquées depuis 2014), augmentation des tarifs contrôlés par l’état (électricité, gaz, essence), baisse des dotations aux collectivités locales, en même temps privées de la taxe d’habitation, la suppression de l'impôt sur la fortune, la désignation des salariés comme « illettrés », des non-diplômés comme des "riens".

Tout cela aboutit à la précarisation systématique des classes moyennes qui constituent pourtant le « gros des troupes » du pays, et tend à les reléguer à leur place de troupeau dans un système orwellien.

Effleurons au passage les flagrantes contradictions entre ce qu’il dit et ce qu’il fait :
Discours de Lyon :
« Et d’abord, ces biens communs que nous devons protéger, parce que nous devons les transmettre, parce qu’ils n’appartiennent à aucune génération »

Or que le voit-on faire ? :
Brader les propriétés de l’état, vendre les parts de l’état dans les grandes entreprises, les autoroutes, les chantiers navals, les ports, les aéroports et même les gares… 

On va me dire « vous être terre-à-terre, ces biens communs ne sont pas matériels, ce sont les valeurs de la France »…

Je persiste et signe : les « valeurs de la France » ne sont-elle pas l’égalité, l’équité, la solidarité, la main tendue aux plus faibles, le soulagement des moins fortunés ? Et zut ! Bradés aussi !

Preuve en est que même la fraternité qu’il appelle pourtant dans son discours de Lyon :
« Parce que quelque chose nous unit plus profondément dans un projet commun, parce que notre peuple français, il est uni par une institution invisible dont nous devons retrouver le sel, c’est la fraternité. »
cette fraternité version macron, est carrément contredite par sa politique : le mépris des pauvres, la suppression des aides, la taxation des retraites, le refus des migrants, l’émancipation des riches exonérés d’impôts…

Cette fraternité là, n’est pas à proprement parler une fraternité républicaine : elle ressemble bien davantage aux fraternités confessionnelles que l’on rencontre dans les religions dogmatiques, qui agissent comme autant de bras occultes d’un pouvoir central discret.
.
D’ailleurs, le penchant de Macron pour le spirituel superstitieux, les liens qu’il tisse avec application avec les religions au plus grand dam de la laïcité républicaine est révélatrice : il y a un appel au mystique dans le rassemblement des forces qu’il sollicite autour de lui.
« Aimez-moi, croyez en moi, en notre action ... »

Jésus avait le mérite de rendre la vue aux aveugles ; Macron travaille avec acharnement à aveugler la raison et l’humanisme et à tout mettre au service d’un système financier auquel il est lui-même complètement dévoué. 

Il est la « Jeanne d’Arc » illuminée du monde de la finance. Mais les victoires de Jeanne d’Arc ont fini dans le roussi. A quand la chute de l’archange ?

Macron bâtit avec une conviction de forcené une classe dirigeante programmés pour maîtriser sans vergogne un peuple relégué à l’état de troupeau.
90 % des médias sont à son service. Il en faudra, du temps, des déceptions, de l’agitation pour que la réalité reprenne le dessus sur cet élan mystique…

Lorsqu’on le compare aux « ni de gauche ni de droite » de l’histoire qui ont tous abouti à la droite dure voire à l’extrême droite, on constate que le macronisme, non seulement s’inscrit pleinement dans cette tendance, mais constitue même une théorie innovante en matière de politique-fiction…



Que faire devant cette gangrène ? Le pontife est sûr de lui, et est « indifférent à toutes les contestations et les critiques ». Le droit divin a fait son œuvre. Voilà la raison et l’humanisme enterrés.

Forcément, un jour, le peuple va débouler dans la rue pour de bon. Ça sera dur, parce que le régime, encouragé et légitimé par la lutte contre le terrorisme, a fourbi ses armes, entraîné ses troupes, perfectionné ses méthodes.

A côté de ce qui nous attend, mai 68 aura l’air d’une promenade de santé. Espérons qu’on n’en arrivera pas à la répression de la Commune.. Mais la multiplication et l’aggravation des violences que l’on constate de jour en jour le laisse craindre : plus le couvercle de la marmite est verrouillé, plus il explose fort….

En attendant, expliquons, expliquons, expliquons. Une bonne parole n’est jamais perdue : on finit toujours par la retrouver...






mercredi 9 mai 2018

565° Chronique de l’ignominie ordinaire. Chapitre 1







« Le colonel Beltrame, il est mort parce que la France, ce sont des idées, des valeurs, quelque chose d’une guerre qui le dépasse.
Les gens qui pensent que la France, c’est une espèce de syndic de copropriété où il faudrait défendre un modèle social qui ne sale plus, (sic) une République dont on ne connaît plus l’odeur et des principes qu’il fait bien d’évoquer parce qu’on s’est habitué à eux et qu’on invoque la tragédie dès qu’il faut réformer ceci ou cela, et qui pensent que, en quelque sorte, le summum de la lutte, c’est les 50 euros d’APL, ces gens-là ne savent pas ce que c’est que l’histoire de notre pays. L’histoire de notre pays, c’est une histoire d’absolu. »

Emmanuel Macron, France 3, 7 mai 2018



On l’appelait déjà « le président des riches », voire « le méprisant de la république ».
Parce qu’on est poli.

Jusqu’à maintenant, on pensait que l’outrance, l’arrogance et le mépris étaient le fait de quelques chefs d’états étrangers, bien loin de nous, qu’on voyait à la télévision dans la catégorie monstres de foire.

On se disait qu’on avait bien de la chance de vivre dans notre bel hexagone, même si quelques déclarations d’édiles, ça et là, éclataient à la surface du lac comme autant de bulles de pestilence et présageaient d’une possible contamination par la corruption politicienne.

Et puis voilà, la grenouille veut se faire aussi grosse que le bœuf, et en attendant qu’elle n’explose, on doit subir.

On ne sait plus par où commencer pour conjurer l’infâme bricolage idéologique de ce discours, nettoyer le parquet du forum républicain de cette effroyable diarrhée dialectique, et prier l’imprécateur d’aller dorénavant faire ça dans les chiottes avec la porte fermée s’il lui reprend l’envie d’exprimer le fond de sa pensée.

D’abord, l’ignominie qui consiste à mêler l’acte héroïque d’un soldat à la contestation des pauvres qui demandent justice et équité.

Si on pouvait établir un lien logique entre ces faits, ce serait exactement dans le sens inverse de celui où Macron l’a fait. Tel qu’il l’exprime, il salit la mémoire de ce brave colonel et méprise des gens qui ne bouclent plus leurs fins de mois.

Si la pensée présidentielle n’était pas à ce point dévoyée, il aurait compris que si d’héroïques combattants avaient donné leur vie pour le Pays, c’était justement pour que les Français puissent y vivre dans la liberté, l’indépendance et la suffisance de moyens matériels.

Créer une rupture de valeurs entre les hautes vertus républicaines et d’honnêtes - mais pauvres - citoyens qui crient famine, c’est une position scandaleuse qui mérite d’être analysée.

C'est justement au nom des "hautes valeurs républicaines" qu'il faut accéder à la demande de dignité des défavorisés. Ce n'est pas d'une rupture, mais d'un lien dont on a besoin ici.

Deux possibilités :

Soit le président vit dans une bulle dorée et ignore complètement qu’un grand nombre de ses concitoyens est à 50€ près – et même à 10 -, auquel cas il est mal informé et donc inapte à être le président de « tous les Français ».

Soit, -autre option - il est parfaitement conscient et cynique et pose les bases de ce qu’il voudrait voir devenir une nouvelle idéologie "républicaine", un peu comme dans 1984 où Big Brother trie le vocabulaire et réorganise la langue pour qu’une nouvelle forme de pensée devienne la bible d’un pays artificiel.

Vous voyez une troisième solution ? Le débat est ouvert dans les commentaires, que je publie toujours s’ils ne sont pas insultants.

La France n’est pas un pré carré où la finance va organiser la vie autour de ses profits, c’est un peuple lié par des valeurs, - justement -, qui figurent au fronton de ses édifices : « Liberté, égalité, fraternité ».

La liberté, c’est celle de tous, et pas seulement des « premiers de cordée », qui ne sont d’ailleurs premiers de rien du tout s’ils n’emmènent personne à leur suite vers le haut sur la voie du progrès, c’est aussi la France des modestes et des sans-diplômes, qui ne sont pas des « riens » comme l’a déjà proféré le vizir de l’Elysée, ainsi que je l’ai déjà relevé il y a bientôt un an.


 
L’égalité, c’est de reconnaître que la « valeur » d’un citoyen ne se mesure pas à ce qu’il « produit », mais éventuellement à « ce qu’il a produit » (les retraités), et même simplement à ce qu’il apporte en existant, en faisant valoir son simple droit à la dignité. (SDF, chômeurs, migrants)….

Et la fraternité, la grande oubliée de ces dirigeants qui se comportent en « faux frères » et ne s’intéressent qu’à leur caste, il faudrait en brandir les pancartes en tête de tous les défilés.

Même certains chefs d’entreprise commencent à croire qu’il y a « l’entreprise » et eux, à la rigueur quelques collaborateurs dont ils s’assurent à grands frais le dévouement aveugle, et personne d’autre. Les salaires des esclaves diminuent alors même qu’augmentent leurs primes, salaires, dividendes et autre prébendes. 

Et même lorsque, devant un scandale qui enfle trop, ils les réduisent à grand tintamarre médiatique, il leur en reste suffisamment pour ouvrir deux écoles et un hôpital.

Le « summum de la lutte », ce n’est pas, effectivement, les 50€ des APL.
C’est de se débarrasser d’un affameur ploutocrate qui n’écoute personne et veut façonner tout un pays suivant son caprice comme un enfant organise sa table de soldats de plomb.

D’habitude, je commence un article en me disant que je serai bref, et j’en écris des pages que je suis ensuite obligé de couper et d’élaguer.

Là, je me voyais parti dans de longues diatribes, et j’ai soudain l’impression qu’en peu de mots, j’ai tout dit.





jeudi 3 mai 2018

564° Black Blocs… La bonne question : Pourquoi existent-ils ?






Tout le monde s’interroge sur les « black blocs ».
D’où sortent-ils ? Comment ne les a-t-on pas vu venir ?

Mais personne ne se pose la bonne question : « Pourquoi existent-ils ? »

Lorsqu’il y a une bagarre quelque part, la police et la justice se posent toujours comme première question :
«  Qui a commencé ? »

Là, non.
On déplore, on se scandalise, le ministre de l’intérieur promet qu’on ne l’y reprendra plus, et que la prochaine fois, il enverra des archi-légions de ses robots casqués.

Dans les chaumières et les bistrots, on dégoise : « C’est un scandale, madame Michu, tout ce gâchis.. » Pourquoi « on » ne fait rien ? C’est « la faute à qui ? ».

Aucun analyste, aucun observateur, aucun journaliste, aucun « expert » ne s’est demandé une seconde pourquoi ces black blocs existaient, et surtout comment on aurait pu faire pour qu’ils n’existent pas.

Or chaque fois que le peuple est à bout, désespéré, pas entendu, exploité, n’a plus rien à perdre, dans tous les pays, on voit surgir des hordes de casseurs qui tentent de faire passer un message que le pouvoir a refusé d’écouter.

Même en France, ce n’est pas nouveau. Rappelons nous l’écrasement de la Commune de Paris, où les « pétroleuses » incendièrent de nombreux monuments parisiens.. La capitale y perdit le palais des Tuileries, et pour la ènième fois son hôtel de ville… Je vous laisse remonter dans l’histoire des peuples et des nations…



Il y a dans ce pays une classe ouvrière qui se bat depuis plus de cent ans pour arracher quelques bribes de bien-être à un patronat glouton et impitoyable. Souvenons nous de Germinal, de Carmaux, mais il y en a bien d’autres…

Et soudain arrive au pouvoir un jeune banquier fringant et arriviste, qui exploite avec arrogance et habileté une situation de déliquescence politicienne qui pourrit depuis longtemps, et parvient à se faire élire par défaut.

S’il avait été sincère et humaniste, il se serait attaqué au fondement de la crise sociale : les inégalités, le mauvais partage des richesses, de plus en plus déséquilibré, la sauvegarde et le respect des droits fondamentaux de ceux qui n’ont d’autre solution que de vouer leur vie au travail.

Il vient nous dire (et il n’est pas le premier!) : « La France est un pays impossible à réformer…

Alors, allons chercher « réforme » dans le dictionnaire.
  • «  Changement que l’on apporte aux institutions afin d’obtenir de meilleurs résultats ».

Qu’est-ce qu’un résultat ? D’un point de vue sociétal, ce n’est pas forcément un « résultat comptable », mais un résultat global, censé produire des améliorations des conditions de vie, mettre fin aux abus, étancher les fuites, gérer équitablement les profits.

Force est de constater que c’est tout le contraire de ce que font nos dirigeants depuis quelques décennies.

Les inégalités sociales s’accroissent, les riches sont de plus en plus riches, les pauvres de plus en plus pauvres. Le résultat des entreprises est voué à l’enrichissement des actionnaires et à l’accumulation d’une richesse qui échappe à ceux qui l’ont produite pour s’entasser dans quelques escarcelles de privilégiés.





Tout autant que la répartition des richesses, le dialogue social est en panne. Le pouvoir « entend », mais « n’écoute plus »… On ne gouverne plus par consensus, mais par « ordonnances ».

La  démocratie  a vécu. « démocratie », étymologiquement, cela signifie « pouvoir par le peuple ».
On ne gouverne plus au nom du peuple, mais au nom du fric. Cela a un nom : la ploutocratie.

Ces imbéciles, -pour ne pas dire ces salauds – ont rayé du dictionnaire, comme dans 1984, le mot « service public ». Pour eux, un service public, ce n’est pas fait pour rendre service, mais pour être rentable. 

Alors, on privatise à tout va tous les acquis sociaux du peuple français. Les autoroutes, le rail, la poste, les aéroports, même des bâtiments publics, construits par des promoteurs et loués à l’état..

Les entreprises sont de plus en plus riches, certains états aussi, mais les peuples sont de plus en plus pauvres. Où est l’argent ? On ne sait plus trop, tant se multiplient les stratagèmes pour le faire échapper au partage vital de son abondance.

Enfin si, on le sait, où il est, l’argent. Que se passe-t-il quand on privatise un service public ?

Il faut toujours « rendre le service », ce qui a un coût incompressible, sauf à réduire le service ou à écraser les salaires. Mais en plus, il faut engraisser des actionnaires. Donc non seulement le service cesse d’être « public » et accessible à tous, mais en plus, son coût augmente…
Et c’est le petit « usager » qui paie plus pour avoir moins…

Depuis des années, les organisations en charge de gérer le système sont phagocytées par des gens qui y font carrière, tant au niveau du gouvernement que des partenaires sociaux, et même des syndicats. Le système « utopique » dégénère en capharnaüm, le carrosse se transforme en citrouille.

Les tentatives de discussion sont vouées à l’échec. Le gouvernement et le patronat y vont avec des pré-requis, des « lignes rouges » sur lesquelles ils ont par avance décidé de ne rien lâcher, et ils reprochent aux syndicats, confrontés à un mur, de devoir en faire autant… Mais que peuvent-ils faire d’autre ?


On accuse des petits fraudeurs aux prestations sociales d’être la cause d’une faillite générale alors qu’ils ne représentent qu’une goutte d’eau dans l’océan de la fraude fiscale et des profits détournés.

Alors, les black blocs, je ne les approuve pas parce que je suis viscéralement non violent, mais je les comprends. Les Espagnols ont un mot, pour cela, les desperados…

J’entends d'ici les conversations petits fours dans les salons lambrissés :
« Oui…, mais ces gens là ont une idéologie, ils veulent tout casser, abattre le système, ce sont des anarchistes... »

Souvenons-nous de Surcouf: Un amiral anglais, qu'il avait fait prisonnier,  l'interpella un jour:
"Vous, les corsaires, vous vous battez pour de l'argent, nous, nous nous battons pour l'honneur".. 
Et Surcouf répondit:
"On se bat toujours pour ce qu'on n'a pas".

Bah oui, forcément. Ce sont des anarchistes. Ils sont opprimés, donc ils sont contre l’oppression. C’est une idéologie qui vaut largement celle des valets du veau d’or…

Et ils font appel à des experts en désordre… Ne me dites pas que les banquiers n’ont pas d’experts en accumulation de richesse…

À un détournement de la démocratie répond un détournement d’opposition.
Et nous revenons à notre question première :
Qui a commencé ? Qui, le premier, a agressé, méprisé, exploité, écrasé ?

Tant qu’on ne posera pas le problème sous cet angle, on n’approchera pas de la solution.
C’est comme au rugby, il faut « revenir aux fondamentaux »…