mercredi 14 janvier 2009

224° Où sont les vrais malfaiteurs?

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Le 7 juillet 2008, le petit pétaradant exultait à la télévision:


« Quand il y a une grève en France, plus personne ne s'en aperçoit ».


C'est sans doute pour assurer cette discrétion feutrée que la gare St Lazare a préféré fermer ses portes hier toute la journée...


On notera que les grévistes ont gagné: ils ont obtenu les embauches qu'ils réclamaient pour assurer le service public, et le service tout court, dans des conditions pas trop coréennes...


Ce qui ouvre un débat sur la pertinence des investissements de la SNCF, plutôt consacrés au TGV (rentable en termes de fric et d'image) qu'aux lignes secondaires et trains de banlieue (utilitaires)...

photo Ouest Francs Daniel Fouray

Au nombre des déclarations pertinentes de nos timoniers, sur le même sujet du service public transposé à la santé, on note aussi que si on meurt de plus en plus dans les hôpitaux, ce n'est pas faute de moyens, mais « par défaut d'organisation ». C'est sans doute avec des analyses aussi précises et structurées que cette fine équipe espère nous convaincre du bien-fondé de l'extermination du niveau de vie des classes moyennes à laquelle elle est en train de se livrer en espérant sottement que ça va lui rapporter.


Le problème de l'incompatibilité du profit et du service public, qui existait déjà de façon sous-jacente, se pose aujourd'hui en des termes si cruels qu'on ne peut plus l'éluder.


Les médias ont méchamment freiné, avant hier, le développement d'un débat sur la « rentabilité des soins » à propos de l'idée d'arrêter le traitement d'une pauvre femme affligée d'un cancer à l'issue inéluctable, au regard de l'inutilité qu'on voyait à prolonger davantage son séjour dans ce bas-monde.


D'un côté, on s'oppose becs et ongles à l'euthanasie, en empêchant de partir ceux qui le souhaitent, au nom de grands principes obsolètes qu'on prône à la télévision mais pas dans les guerres saintes, et de l'autre on confie à un comptable le soin de déterminer s'il convient, pour la prospérité de tous, de condamner à mort un malade qui veut rester encore un peu.


On savait que ces gens là n'avaient pas compris grand-chose au collectivisme, mais on n'imaginait pas à quel point ils pouvaient jouer les maquignons.


Pourtant, pareil scandale s'était déjà produit en Angleterre, il y a quelques années, où une brave dame s'était vu répondre que, vu son âge, on ne lui poserait pas la prothèse dont elle avait besoin. Pas rentable. Et il se pose quotidiennement aux USA où, comme on avait pu voir dans l'excellent film de Moore « Sicko », on ne réparait que deux doigts de la main accidentée d'un pauvre type en estimant que c'était une honnête moyenne entre la rentabilité du système et l'usage qu'il pourrait faire de son moignon amélioré.


En matière de santé, la rentabilité des malades est une maladie contagieuse issue du privé contre laquelle il faut de toute urgence vacciner nos gestionnaires. Sinon, bientôt, on va piquer les malades incurables pour récupérer leur lit d'hôpital, et pourquoi pas les chômeurs de trop longue durée pour donner aux statistiques une courbe démagogiquement correcte...


Les images ci-dessus, choisies par mes soins pour illustrer la liberté d'une euthanasie éclairée par rapport à une euthanasie comptable sont empruntées, pour le dessin, au site du Mouvement des Jeunesses Catholiques de France:

http://www.mjcf.com/action/euthanasie.php

où elle figure dans un programme de lutte contre l'euthanasie tout court...

De la même manière, celle avec la hache remplit le même office dans:

http://blogdei.com

D'où l'intérêt, bien compris par l'Elysée, de s'entourer d'une équipe performante de communicants.

Avec un peu de technique, on peut faire dire aux choses tout ce qu'on veut....


Tout déraille tellement de partout que j'ai parfois ce raisonnement de vieux con qui consiste à me trouver satisfait de mon âge lorsque je vois les perspectives qui s'offrent à nos cadets. C'est oublier que mon grand-père a du penser la même chose en partant pour Verdun, et mon père en subissant le nazisme.


En Palestine... Ah. Quelle superbe illustration de ce que le pire est encore à venir... Toujours. Surtout quand on se fonde sur de vieux grimoires traficotés façon Nostradamus auxquels on peut faire dire tout ce qu'on veut. Et éluder ce qui est en clair: Par exemple dans l'Exode (21:/7), on peut lire que pour sauver la famille de la famine ou de la mort, on peut vendre la plus jeune fille pubère comme esclave... le Lévitique (25:/4) affirme qu'on peut posséder des esclaves, s'ils sont achetés dans des pays voisins et ne sont pas des prises de guerre... L'Exode (35:/2) affirme que l'on doit mettre à mort tous ceux qui travaillent le jour du sabbat... Même s'ils font la guerre à Gaza? Il y en a des pires et de plus mauvais goût que je vous épargnerai.


Question homophobie, le Sénégal peut en apprendre à l'extrême droite religieuse européenne qui n'a trouvé, pour tenter de ternir l'homosexualité, que de vouloir l'assimiler à la pédophilie.


La justice sénégalaise est autrement plus inventive: Elle vient de condamner à huit ans de prison le président de AIDES – Sénégal pour association de malfaiteurs (!), car en tentant de porter secours aux homosexuels atteints du VIH, il a accordé soutien et secours à une pratique interdite...


Défendre les droits des homosexuels et venir au secours de ceux qui sont frappés par la maladie, c'est de l'association de malfaiteurs! On se demande pourquoi les intégristes chrétiens se battent pied à pied contre des gens de qui ils pourraient recevoir des leçons aussi éclatantes...


Les malfaiteurs vous saluent bien...



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jeudi 1 janvier 2009

223° Humour noir et réveillon...

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Les voeux du président de la république formulés hier soir seraient un monument de kitsch et d'humour noir s'ils ne mettaient pas en cause la dignité de tous les laissés pour compte. On me dit que ce blog se répète, mais la misère et la mauvaise foi de nos édiles ne se répètent-elles pas au quotidien, chaque fois qu'on ouvre son porte monnaie chez le boulanger?

Voilà un homme qui promet « la solidarité nationale aux plus fragile d'entre nous » alors que tous ses actes depuis qu'il est élu ont contribué précisément à cette fragilisation, à la précarisation des couches sociales déjà défavorisées, à l'approfondissement de la fracture sociale, et à la cynique attribution d'avantages supplémentaires pour ceux qui n'ont besoin de rien.



* Rappelons nous sa promesse du 16 décembre 2006: « Plus un seul sdf à la rue dans 2 ans ». Du coup, on parle d'enfermer les »récidivistes »...

* Paquet fiscal (15 milliards aux entreprises (août 2007)

* Nouveau code du travail (1° mai 2008) instaurant la quasi-précarité d'une bonne partie des emplois.

* Atteinte au droit de grève avec le « service minimum »

* Fermeture de 235 hôpitaux ou services hospitaliers
http://www.medisite.fr/medisite/+Des-hopitaux-menaces-de-fermeture+.html

* Suppression de 100 000 postes d'enseignant en 3 ans
http://www.capital.fr/actualite/Default.asp?source=FI&numero=68087&Cat=IND&numpage=1

* Déremboursements de 550 médicaments en deux ans et durcissement de l'accès au statut ALD (affection longue durée)

* Promesse de baisses de l'impôt sur le revenu au détriment des 55% de foyers fiscaux français qui n'en paient pas faute de revenus suffisants. Les taxes directes, injustes, restent inchangées.

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Sans parler du bouclier fiscal... Un bouclier-minimum-vital crédible, ce serait pas mieux? Parce que le RMI, tous les SDF le touchent... Cela leur permet juste d'aller mourir dans un coin... Il va être remplacé par le RSA, supposé s'adresser à ceux qui reprennent un emploi, situation à peu près inaccessible à la plupart des titulaires du RMI. (logement, vêtements, transports...)

* Durcissement des conditions d'accès aux indemnités du chômage, multiplication des causes de radiation provoquant une explosion du nombre de SDF.

* Suppression de la dispense de recherche d'emploi pour les plus de 57 ans alors que seulement 0,7% des chômeurs de cette catégorie retrouvent un emploi.

* Suppression de la TIPP flottante sur les produits pétroliers, qui a donné lieu à l'envolée des prix du carburants cet été et maintien du prix fort du gaz, indexé sur le pétrole quand il augmente, mais pas quand il diminue...

* Attribution d'un malus aux grandes voitures familiales indispensables aux familles nombreuses.

* Fiscalisation des charges salariales des employés de maison.

* Transfert avec la décentralisation de charges vers les collectivités territoriales sans l'attribution des crédits correspondants, (RMI, RSA, routes, etc...) ce qui conduit à une explosion des impôts locaux non concernés par les promesses de réduction.

* Fermeture de 328 tribunaux alors que les délais de justice français sont parmi les plus longs d'Europe.
http://www.carte-judiciaire.justice.gouv.fr/

* La France pointée à plusieurs reprises par le Conseil de l'Europe pour l'état de déliquescence et la surpopulation de ses prisons.
http://www.prison.eu.org/

* Instauration de la condamnation automatique sans jugement avec les radars au bord des routes, et obligation de payer avant toute contestation. (procédure actuellement en examen à la cour de Justice européenne)

* On ne reviendra pas sur le « président du pouvoir d'achat »...

Et j'en oublie des pages entières.

Culpabilisation des Français « qui n'acceptent aucune réforme » alors que toutes les réformes proposées sont des réductions, des fermetures, des suppressions, et qu'aucune réforme n'apporte d'amélioration tangible.

Je conclus cet article de la même manière que le précédent, et que beaucoup d'autres. La plupart des foyers français sont au bord du précipice, et le petit fâcheux nous invite à un bond en avant...

Faut-il le suivre? Jusqu'à quand allons-nous le croire?

Même les voeux de bonne année semblent relever de l'humour le plus cynique...

D'ailleurs, les lendemains de réveillon.....






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lundi 29 décembre 2008

222° Tirs au but à Gaza: 300 à 1...




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L'ONU a pourtant bien sifflé la fin du match ( souvent et depuis longtemps, d'ailleurs), la rage d'en découdre n'a pas eu raison de l'endurance des compétiteurs. On s'affaire beaucoup dans les coulisses et les vestiaires. Les aficionados de chaque équipe fournissent armes et munitions, encouragements, et surtout prodiguent médiatiquement de très hypocrites conseils de modération.


« Arrêtez ça tout de suite » lorsque passe un micro, et « Vas-y crève le » dès que le journaliste s'est éloigné.


Carte géographique et état des lieux:

http://www.nord-palestine.org/ressources_carte_Gaza.htm


Comment reprocher aux Palestiniens de se défendre avec l'énergie du désespoir? Et au monde arabe de les soutenir fraternellement? Les Juifs Français que je connais, eux, se sentent un peu gênés aux entournures. « A vaincre sans péril, on triomphe sans gloire ». Ils craignent de plus en plus de sortir dans la rue avec des signes extérieurs (un truc que je n'ai jamais compris, mais bon...), et voient partir en poussière le capital d'empathie généré par la shoah et entretenu tant bien que mal jusqu'ici par une occupation médiatique aussi omniprésente que peu coordonnée. En continuant à tuer les mouches avec un marteau, ils le perdront définitivement, ils le savent, mais raisonne-t-on sur de l'irrationnel?


Car le problème est bien là: Voilà ce qu'il en coûte de mélanger impunément l'état et la religion, la superstition et la logique, le sectarisme des croyances avec la tolérance et le respect mutuel qui sont le ciment des républiques.


Avis aux « démocrates chrétiens » et autres partis confessionnels de tous poils qui ont dominé l'Europe jusqu'ici et vont se trouver confrontés à une société où ils ne représenteront plus rien, les autres religions et l'athéisme s'étant développés autour d'eux jusqu'à en faire des minorités...


Combien de temps encore ces dogmatiques joueront-ils encore au radeau de la Méduse avant d'être balayés par une vague définitive de pluralité?


Combien de temps l'Amérique, même celle de Monsieur Obama, restera-t-elle incapable de faire quoi que ce soit dans le secours d'un prêtre? La cérémonie d'investiture d'un président des Etats Unis ne peut se dérouler sans la présence d'un pasteur, quitte à injurier les 30 millions d'Américains qui ne partagent pas la doctrine des quelques 400 églises protestantes reconnues...


Or non seulement Monsieur Obama s'avère incapable de réformer cette coutume moyenâgeuse, mais il choisit pour jouer les porte-goupillons de service le pasteur Dick Warren, républicain endurci, quasi intégriste, qui s'est récemment distingué non seulement en soutenant l'amendement n°8 tendant à abolir le mariage gay en Californie, mais en qualifiant à la télévision l'homosexualité d' « alliance incestueuse » et l'avortement « d'holocauste »...



Pendant ce temps, l'ONU avait à se prononcer sur le projet de dépénalisation universelle de l'homosexualité présenté par Rama Yade. Le chant du cygne des droits de l'homme promus par la France, en quelque sorte... Nous pensions que nous vivions dans un monde moderne, civilisé, où seuls dans les coins quelques barbares.....


Que nenni! Seulement 66 pays sur 192 ont signé cet amendement. Un sur trois...


Quelques bonnes surprises parmi ceux qui ont signé, qui s'étaient signalé par des comportement homophobes ces dernières années et semblent vouloir rectifier le tir: : le Cap Vert, Le Gabon, l'Ile Maurice, la République Centrafricaine, la Bulgarie, la Croatie, la Pologne, la Roumanie, la Serbie,


Parmi les opposants les plus virulents, on trouve au coude à coude l'Iran et le Vatican, ... Je m'abstiendrai de tout commentaire.


La Syrie et les 60 membres de la Commission des pays islamiques ont plaidé un amalgame de l'homosexualité avec la pédophilie, entraînant notamment tout le Maghreb à leur suite dans le refus, de l'Egypte au Maroc. Avis aux vacanciers.


Les grandes déceptions viennent des Etats Unis et de l'Australie, que l'on croyait pouvoir ranger au nombre des pays modernes, et qui au pied du mur, révèlent leur triste réalité.



Et enfin, la France, « ce pays qui ne supporte pas d'être réformé » découvre enfin les réformes vues et corrigées par le gouvernement Sarkozy. Dans un pays qui était le premier du monde pour la qualité et l'accès aux soins médicaux, et qui vient de perdre cette place enviable, un homme est mort parce qu'aucun hôpital n'a été en mesure de l'accueillir en urgence.


Voilà que les réformes dont « ce peuple ingouvernable » ne veut pas apparaissent enfin sous leur vrai jour: d'hypocrites et mensongères promesses de prospérité qui cachent un arsenal de fermetures, de réduction de budget et de moyens, de suppressions, de privatisations, de dégraissages et autres éradications et amputations dont les effets néfastes commencent à se voir tant dans l'enseignement, la recherche, la justice que la santé.


On dit toujours qu'il faut qu'il y ait un mort pour qu'on se décide à faire quelque chose... ça y est, il y a eu un mort. Le prix est payé. Il est grand temps de réformer la réformite de monsieur Sarkozy.


Parce que les vraies réformes, les Français sont traditionnellement pour. Ils sont d'historiques innovateurs, mais à condition que ces réformes soient des améliorations, apportent des progrès, des perfectionnements.


Mais se faire mettre petit à petit en caleçon par un type qui vous promet toujours que les privations qu'il vous inflige ne visent que votre plus grand bien et que demain, on va raser gratis, ça a atteint ses limites.


Stop.



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mercredi 17 décembre 2008

221° Quand j'entends culture, je sors ...


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Christine Albanel, avant d'être promue ministre de la Culture et de la communication, était présidente de l'établissent public du château de Versailles. On la redoutait dans les couloirs du ministère comme celle qui voulait « privatiser les monuments historiques ».


S'occupant de communication, elle voit retoquer son projet de loi Hadopi sur la propriété artistique par la Commission européenne qui, par son amendement 138 voté à 85% le 24 septembre 2008, rappelle le caractère public de l'accès à l'art et interdit toute suspension de fourniture d'internet.

Elle avait derrière elle les plus gros vendeurs du show-bizz, et contre elle tout ce que la France compte de bibliothécaires, d'archivistes, de conservateurs de patrimoine et de passionnés d'œuvres d'art. Une sorte de choc des cultures très révélateur.


Ce matin, interrogée par France-Info sur l'autorisation (votée cette nuit) d'une seconde coupure publicitaire dans les films diffusés sur les chaînes privées, trouve que « c'est très bien que, même au prix d'une seconde coupure, on puisse voir des Fellini ou des Visconti sur TF1 ».


Pourquoi TF1? Sans doute parce que cette chaîne, intimement liée à Sarkozy puisque son actionnaire principal est le parrain d'un fils du président, est celle qui, par une sorte d'automatisme pavlovien, vient à l'esprit de madame la ministre dès lors qu'on parle de télévision.


N'oublions pas que TF1, baptisée télé-sarko dans les agences de presse, est aussi ce phare de la culture auquel on doit entre autres:


Koh Lanta, L'île de la tentation, les deux émissions de Cauet, Miss France, Vidéo gag, Star Academy, le juge est une femme, Josephine ange gardien, Les feux de l'amour, Preuve à l'appui, Que du bonheur, Sœur Thérèse.com, C'est quoi l'amour, Confessions intimes, Sans aucun doute, Téléshopping, Télévitrine, La roue de la fortune, et quelques autres, je ne veux pas vous fatiguer.


Et pourquoi Fellini et Visconti? Madame la Ministre paraît plus fellinienne que la plus fellinienne donna du maître en imaginant que l'audimat auquel TF1 se cramponne comme un morpion va bondir de joie si d'aventure un film d'art se pointe entre Koh Lanta et une course de formule 1. Parce que si TF1 obtient presque tous les jours le meilleur audimat, vous imaginez bien que ce n'est pas le fait du hasard mais bel et bien la réussite d'une politique.


Pour ma part, j'ai pu revoir le Crépuscule des dieux de Visconti il y a peu de temps... sur Arte, où il me semblait plus à sa place.


Madame la ministre rêve-t-elle tout debout ou fait-elle étalage de son inculture cinématographique?

Depuis des années, des chaînes comme TF1 se façonnent leur téléspectateur sur mesure. Patrick LeLay, son PDG, disait d'ailleurs le 14 septembre 2004: « Ce que nous vendons à Coca-Cola, c’est du temps de cerveau humain disponible ».


Ce qui sous-entend que, pour obtenir cette disponibilité, il faut que l'émission saucissonnée n'ait pas entraîné trop loin les pensées du cobaye, ne l'ait pas bercé de sirènes artistiques trop entraînantes, ne l'ait pas emmené dans un univers philosophique ou onirique assez prenant pour le faire ensuite survoler Coca Cola à trop haute altitude.


Outre le crime culturel qui consiste à saucissonner un film d'art, il y a cette arrogance avec laquelle le pouvoir imagine que le public, le « vulgum », va prendre pour argent comptant tout ce qu'il aura labellisé.


Eh bien non, il faudrait des années pour ramener à la sensibilité culturelle un public que l'on a scientifiquement abruti pour le rendre « disponible à la publicité » -voire à la propagande-, et on ne fera pas venir sur TF1, sauf exception quasiment accidentelle, les gens qui choisissent l'émission qu'ils veulent regarder avant d'allumer leur téléviseur.


Fellini: La Strada


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mercredi 10 décembre 2008

220° Allons voir chez les Grecs...

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A l'insu de notre plein gré, nous abordons l'affrontement de deux mondes, deux modes de vie et de société, et cette manière que les médias ont de stigmatiser des « ultra-gauchistes » sans chercher ce qu'ils représentent, et en faisant semblant d'ignorer la lame de fond, le tsunami qui enfle sous leur agitation me déconcerte quelque peu. Ça va saigner au carrefour.


Alors que deux tiers de la planète crève la faim, et que plus de la moitié des habitants des pays riches a des fins de mois difficiles, on nous présente les premiers symptômes d'agitation comme le fait de « groupuscules d'ultra-gauchistes anarchistes », des sortes de râleurs qui ne veulent pas se contenter de pain sec et de coups de matraque, de temps de travail en hausse et de revenus en baisse, de promesses pas tenues et de richesses qui leur passent sous le nez. Des mauvais coucheurs, en quelque sorte.


On persiste à nous faire croire que le système cousu sur mesure pour 15% des habitants de la planète qui en possèdent 80% des richesses est le seul valable, et que l'opinion des 85% de laissés pour compte ne consiste qu'en un « ultra-gauchisme anarchiste groupusculaire » qui va se dissoudre dans la nature comme des mouches quand on agite une tapette devant quelques jets de lacrymogènes et un troupeau d'otages condamnés pour l'exemple..


Ben non !





Il va falloir réviser jusqu'au vocabulaire, comme en mai 68 où ils nous disaient que nous n'étions « pas normaux » et qu'ils restaient cois lorsque nous répondions: « C'est quoi, la normalité »?


C'est quoi « l'ultra-gauchisme ».?


Flanquer les gens à la porte d'une entreprise qui gagne de l'argent pour faire plaisir aux actionnaires, c'est de la « droite ordinaire» ou de l' »ultra-droitisme »?


Parce que, pour le moment, il faut incendier une mosquée ou ravager un cimetière pour être qualifié d' »ultra-droitiste », et encore avec l'excuse d'être un peu dérangé et pas vraiment responsable de ses actes. (ce que je conteste; pas d'excuse...)


L'axe de la balance ne serait-il pas à mi-chemin entre les deux plateaux?


Dans les pays de l'est, on favorise le retour des religions pour canaliser l'agitation des masses, orienter leurs revendications vers l'au-delà et leur promettre un monde meilleur où la finance n'aura plus à les faire vivre.


Poutine et Medvedev sont venus en personne enterrer le patriarche Alexandre, grand homophobe devant l'éternel, grand cataplasme sur les revendications et les libertés, et lui faire un bisou sur le cercueil pour bien dérouler le tapis du pouvoir bien partagé avec son successeur. En se mettant ainsi le puissant culte orthodoxe dans la poche, ils évitent une situation à la polonaise façon Solidarnosc, qui est le seul exemple de l'histoire où une église n'était pas du côté du manche. Poutine est un ancien du KGB, on ne lui fait pas deux fois...


Est ce que ces belles manières suffiront à calmer l'attente des gens devant une vie meilleure que la planète pourrait leur offrir, mais dont les prive un quarteron de ploutocrates?


Regardons en France: il y a plusieurs semaines que de nombreux lycées sont occupés par les élèves et qu'on ne nous dit rien. Ce n'est que ce matin que, l'érection lycéenne devenant trop difficile à cacher, nous découvrons les choses dans les médias et à la radio. -Je n'ai pas encore regardé la télévision-.


En Grèce, il y a de mois que le bon peuple gronde, que les étudiants manifestent et que les voitures brûlent dans les banlieues. Qu'a fait le gouvernement? Rien. Et voilà que les choses explosent, comme elles ont explosé chez nous lorsque deux mouflets se sont fait électrocuter en fuyant la police.




Sauf que les Grecs ont un sens politique sûrement plus affûté que le nôtre. Non content d'avoir inventé la démocratie, c'est un peu loin mais cela s'inscrit forcément dans les « gènes culturels » d'une nation, et de s'être libérés dans l'histoire de deux invasions, romaine et ottomane, les Grecs ont connu, il y a quarante ans, dix ans de dictature militaire à la suite du putsch du colonel Papadopoulos.


Le foyer de la contestation fut l'université d'Athènes en général, et l'école polytechnique en particulier, contre laquelle les colonels envoyèrent les chars en novembre 1973. Si l'école, qui n'était pas occupée que par ses étudiants, fut évacuée, ce fut le point de départ d'une insurrection qui alla en se généralisant et qui, s'additionnant à la crise chypriote, conduisit, de grandes manifs en grèves générales, au renversement des colonels fin 1974. L'actuelle constitution grecque date de 1975.


Les Grecs, eux, ont hérité de ces événements récents un vrai sens politique qui ravirait Hamon, Besancenot et Mélanchon... Les actions de rue auxquelles nous assistons ne sont pas que, comme chez nous, une rage de casser stérile et déstructurée. Ils savent ce qu'ils veulent et aussi comment l'obtenir, et s'il n'y a pas de séparation de l'église et de l'état dans ce pays, ce pauvre Caramanlis ne peut pas compter sur l'anesthésie de la religion pour calmer le jeu, celle-ci n'ayant de ramification politique qu'avec un parti d'extrème-droite, le LAOS, qui est au nombre de ses plus farouches opposants.


Nous n'avons donc pas fini d'entendre parler des Grecs, et il n'est pas aventureux de supposer que leur exemple pourrait faire tache d'huile en Europe, où le mécontentement est uniformément partagé.


D'ailleurs, comme je disais dans mon billet précédent, notre régime sent parfaitement gronder le mécontentement. A l'Elysée et place Beauveau, on est sur les charbons ardents, et ce ne sont pas quelques campagnes cultivant la parano et la peur du terroriste ultra-gauchiste qui vont dissoudre le mécontentement des braves gens devant l'inanité des mesures prises.


Alors que le nombre de SDF explose, parallèlement à l'explosion des radiations des Assedics, et que de plus en plus de familles ne savent plus quoi mettre dans leurs assiettes, le régime prend des mesures pour les Français qui veulent acheter des voitures et des maisons.


Bien sûr, l'industrie automobile et le bâtiment font vivre des milliers de gens, mais quand il n'y a pas d'argent, les gens n'achètent pas, et ce ne sont pas quelques cadeaux bonux qui vont renverser la tendance.


Ceux qui peuvent acheter une voiture chaque fois que sort un nouveau modèle l'achèteront de toute manière et empocheront la prime de 1000€ dont ils n'ont pas besoin, et ce qu'il manque aux autres, ce n'est pas la prime de 1000€, mais les autres 10 000€ pour acheter le véhicule. Si on ajoute à cela que 45% de la production française est fabriquée à l'étranger et 63% vendue à l'exportation, on constate que l'impact de cette prime est purement anecdotique!


C'est donc avec une mesure anecdotique que l'état veut relancer l'industrie automobile...

jeudi 4 décembre 2008

219° Parano, remaniement et Vatican

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Les nouvelles du front ne sont pas très bonnes.

Je parle des fronts sociaux ouverts un peu partout dans le champ de bataille qu'est devenue la France.

Le Canard Enchaîné titre « Sarko redoute une crise sociale ». Les deux ont bien raison. Ils sont même quasiment en retard. Elle a déjà commencé, la crise sociale... Le problème est que le second essaie de contourner l'obstacle au lieu de l'affronter, et que ça ne va pas le faire, comme on dit dans nos collèges.

Témoin ce « Complément d'enquête » sur France 2 ce lundi 3 décembre, complètement ciblé sur le sujet, avec deux thèmes sur la montée de l'ultra-gauche: les « saboteurs du TGV, des travailleurs qui voulaient faire sauter leur usine, et un petit sujet sur l'avenir du nouveau parti de Besancenot,

On sent les journalistes embarrassés: les travailleurs qui voulaient faire sauter leur usine expliquent très simplement et sans colère qu'il n'y a pas plus dangereux que quelqu'un qui n'a plus rien à perdre. Besancenot ne fait plus peur qu'à quelques baronnes de Neuilly, et l'affaire des « saboteurs du TGV » apparaît de plus en plus comme une crise éruptive de parano. (D'ailleurs, tous les « terroristes présumés » sauf deux ont été remis en liberté depuis. )

On découvre l'existence d'un livre qu'on les accuse de posséder, et même peut-être d'avoir écrit: « L'insurrection qui vient », petit ouvrage un brin sulfureux qui ne casse pas trois pattes à un canard, mais fait faire des cauchemars à nos services de sécurité intérieure. Sans doute ce livre serait-il passé inaperçu si nos grands flics ne lui avaient pas décerné, -tout à fait indûment- le goncourt du brûlot terroriste de l'année.

Voilà donc cet opuscule devenu célèbre. Par la grâce des censeurs, il est passé de la diffusion confidentielle sous le manteau à celle d'un succès international d'internet. La preuve :

http://www.lafabrique.fr/IMG/pdf_Insurrection.pdf

Version intégrale. Pourtant, si quelques mots y sont déplaisants pour un brave gendarme, il n'y a pas de quoi marcher au plafond. Cette soi-disant bible du terrorisme défonce plutôt des portes ouvertes. C'est un tissu de banalités et de lapalissades, mais ça doit seulement urtiquer ces messieurs de les voir écrites quelque part.

On y apprend qu'un bon saboteur ne doit pas se faire prendre, et que pour ce faire, mieux vaut rester anonyme et inconnu des services de police. Moi, je n'ai rien d'un terroriste, mais honnêtement, j'aurais trouvé ça tout seul.

On y découvre que la génération « spontanée » d'une insurrection possède l'avantage sur l'institution, la bande ou le parti organisé, d'être imprévisible et indétectable par les forces de police, ce qui semble une évidence, et qu'on tire davantage du chaos que d'une élection.

Le premier conseil, c'est au gouvernement qu'il faut le donner, qui multiplie les mesures anti-sociales et impopulaires à une vitesse qui prend de court la constitution d'une opposition organisée (qui par ailleurs se débrouille mal), et appelle donc les explosions spontanées telles que celles des banlieues fin 2005.

Quant à titrer davantage du chaos que de la démocratie, c'est assez relatif si on s'en réfère aux résultats des élections ayant suivi mai 68, par exemple, avec la fameuse « chambre bleu horizon » à 73% à droite dans laquelle les Français avaient trouvé l'exutoire à leurs petites frayeurs...

Parce qu'au rayon « je multiplie les gaffes », le régime umpiste est d'une stupéfiante productivité: pour être élu, le petit fâcheux avait promis qu'en deux ans, il n'y aurait plus un seul SDF. Comme quelques irréductibles persistent à agoniser dans la nature, on envisage toutes les solutions sauf la bonne, qui consisterait à leur proposer une piaule suffisamment convenable pour qu'il n'y ait pas besoin de les y enfermer. Mais non...

Pourquoi se compliquer à faire simple alors qu'il est si facile de faire compliqué?

Sarko a tout fait, tout promis pour Mittal: subventions (surréalistes vu la prospérité de l'entreprise), menaces, il a été faire un show télévisé sur place le 4 février 2008, s'est agité jusqu'à l'ONU, et maintenant que le couperet est tombé.... il se couche tristement en s'abritant derrière la fatalité d'une crise que même Mittal déclare pourtant ne pas craindre, ses prévisions pour 2008 restant parfaitement dans le vert.

(Mittal, premier groupe sidérurgique mondial, 320 000 employés dans 60 pays, a réalisé en 2007 105 milliards de dollars de chiffre d'affaire dont 10,4 milliards de dollars de bénéfice...)

Déchiré entre la posture ultra-libérale exigée par ses mécènes et la nécessité de remettre le facteur humain au centre de l'économie attendue par ses électeurs, Sarkozy, à la tête d'une France où une politique de droite dure reste intenable et les idées de gauche déjà représentées, tant bien que mal mais néanmoins, par d'autres que lui, surnage sur un bouillonnement de grogne qui monte, qui monte, et atteint le rebord de la marmite.

Car la masse des « citoyens qui ne sont pas de droite » est en France beaucoup plus à gauche que dans d'autres pays auxquels il rêve de nous faire ressembler. Qu'il s'agisse de l'Angleterre, de l'Espagne ou des Etats Unis. Même le parti socialiste pendant sa déconfiture, continue à exister par sa masse et par le poids idéologique qu'il représente au point de rendre bien difficile l'émergence d'autres partis de gauche à ses côtés.

Dans les pays anglo-saxons qui font rêver le petit Nicolas, on a le choix entre blanc bonnet et bonnet gris. Chez nous, le bonnet pas blanc est bien rouge, ou en tout cas rose bon teint.

Alors, suivant une terminologie usée jusqu'à la trame par la langue de bois populiste, le régime s'agite et saupoudre. Mais le drame du saupoudrage est qu'il suffit à remplir des colonnes de journaux, (pas toujours de compliments d'ailleurs), mais qu'il ne suffit pas à résoudre les problèmes.

Les SDF sont toujours dans les rues, les fins de mois de plus en plus difficiles, ceux qui veulent acheter des maisons et des voitures se voient offrir primes et crédits, mais pas ceux qui veulent acheter du beefsteak.

Et en attendant, on s'agite et on fait de la parano. Exemple sur les fameux saboteurs du TGV. On a cru avoir arrêté de nouvelles brigades rouges, qu'on affuble d'une avalanche de qualificatifs qui marquent plus la panique et l'incompréhension que la réelle perception du problème à sa petite échelle. A les entendre, ils avaient découvert un complot d'ultra-gauche révolutionnaires trotzkistes avec le couteau entre les dents qui allait démarrer une guerre civile.

Déception. Quelques éleveurs de chèvres et un patron de bistrot, libérés depuis, dont peut-être et encore sous réserve, le leader semble plus affirmé que les autres. Il possède, comble de l'horreur, le « livre interdit » et cette armée de l'ombre aurait infiltré (démenti depuis) des milieux hautement techniques à la SNCF pour concevoir les fameux crochets à caténaires.

Tout cela rappelle un peu l'époque où on arrêtait les gens parce qu'ils possédaient à la maison l'encyclopédie de Diderot ou le dictionnaire philosophique de Voltaire., eux aussi « capables de renverser l'ordre du monde »...

Je ne veux pas cracher dans la soupe, mais je pense vraiment que nos gendarmes et autres maîtres Pandore sont très nuls dans l'art du bricolage s'ils croient qu'il faut être ingénieur pour inventer le hameçon à caténaires. S'ils viennent dans mon salon, ils pourront voir un téléviseur plat de grande taille circuler à 1,5 m du sol grâce à un rail au plafond, se ranger derrière un escalier quand on n'a pas besoin de lui, survoler escalier et radiateur pour venir se placer devant la fenêtre quand on veut le regarder, dans une position où il peut, toujours accroché à son rail, pivoter de 90° pour faire face au canapé ou à la table ... Tout en restant, bien sûr, connecté à tous ses accessoires d'alimentation, d'entrée et de sortie de signal.

Parce que je suis un bon bricoleur. J'ai fait des plans, imaginé, improvisé aussi un peu, scié, soudé, percé, vissé, et voilà le travail. Alors, honnêtement, je n'ai jamais eu l'idée de saboter un TGV, je ne l'aurais pas acceptée si on me l'avait demandé, mais un truc comme le crochet à caténaires, au niveau purement technologique, je l'aurais inventé en une après-midi s'il avait fallu. Il n'y a que dans l'esprit des paranoïaques en charge de notre protection qu'il faut être ingénieur à la SNCF pour pondre un truc aussi simple. Le problème le plus épineux ne me semble d'ailleurs pas de concevoir le gadget, mais d'aller l'accrocher à 5 ou 6 mètres en l'air à un câble où passe un courant alternatif de 25 000 volts sans se faire coiffer en brosse.

Non, messieurs de la sécurité intérieure, une boîte à outils n'est pas un accessoire de terroristes! Sinon, méfiez vous du réparateur de votre machine à laver!

Alors pourquoi des suppositions à ce point irréalistes? Pourquoi ce triomphe peu discret « On a arrêté une effroyable cellule dormante de terroristes » ? Qui a fait pschiit en quelques jours?

Fait-on un pareil battage brandissant une "mise en danger de la patrie" avec "complot international" lorsque des agités d'extrême droite incendient immeubles, mosquées et synagogues, dévastent les cimetières, passent des membres d'autres communautés à tabac, attaquent des manifestations autorisées et pacifiques, assassinent leurs contradicteurs?

Il est trop tard, messieurs du pouvoir, pour faire face au mécontentement. C'est à ses causes qu'il faut s'attaquer. On ne guérira plus le mal avec des baumes et des cataplasmes, c'est aux sources qu'il faut porter le fer. Abriter les SDF au lieu de les escamoter, aider les gens au lieu des banques, subventionner le beefsteak au lieu des voitures (largement fabriquées à l'étranger), augmenter les salaires et pensions au lieu des dividendes, si tant est qu'avec la posture qui fut la vôtre depuis que vous êtes élus, on peut encore croire que vous en êtes capables.

Parce que les plans dans les cartons ne laissent pas augurer de votre regain de popularité. D'après des sources qui en valent bien d'autres, lors du remaniement du début 2009, Brice Hortefeux, après avoir accédé à quelques responsabilités médiatiques comme la reprise en main de l'UMP, deviendrait ministre de l'intérieur et Patrick Devedjan obtiendrait enfin le maroquin qu'il réclame à grands cris depuis qu'il demande que "l'ouverture soit étendue jusqu'aux sarkozistes"...

La deuxième manche des éliminatoires va être saignante...




Ceci dit, on ne va pas se plaindre de quelques aspects du saupoudrage.


Cela se passe à l'ONU, où Rama Yade a tenu sa promesse, et la France déposé un projet tendant à dépénaliser l'homosexualité au niveau international, homosexualité qui est encore, dans de nombreux pays, passible de peines de prison ou de mort.

Et l'un des opposants les plus violents à cette proposition est le porte-parole du Saint-Siège, le père Federico Lombardi, qui fait plus de bruit à lui tout seul que tous les autres intégristes réunis.


Le bonhomme voit là une manœuvre politique visant « à déconsidérer l'idée du mariage entre un homme et une femme comme la forme fondamentale et originelle de la vie sociale ».

Photo AFP (Jacques Demarthon)
Et le « saint homme » n'hésite pas un instant, bien sûr, à continuer à exposer des millions de gays à travers le monde à la prison et à la potence pour ne pas laisser approcher le spectre de l'horreur absolue, qui est pour lui l'adoption d'enfants par des gays. A-t-on vraiment progressé depuis les croisades où on disait aux infidèles « la conversion ou la mort »?

Eh bien, la délégation française tient tête à la cabale, dans un débat où si distingue la haute voix de Eric Chevalier, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères. Dont acte. Ce n'est pas tous les jours qu'un umpiste tient parole. Ceci dit, notons que Rama Yade a décidé de quitter le navire gouvernement avant l'iceberg pour se présenter en avril aux élections européennes. Sage décision.

Mais est-ce un vrai umpiste? Eric Chevallier, quarante-sept ans, proche de Bernard Kouchner, docteur en médecine, diplômé de l’IEP Paris, a été appelé, en 1998, comme conseiller au cabinet de Bernard Kouchner, secrétaire d’Etat à la Santé, puis représentant spécial du secrétaire général de l’ONU au Kosovo, avant d'être nommé récemment porte parole du Quai d'Orsay et conseiller spécial du ministre.

A suivre...



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