mercredi 7 mai 2014

477° l'UMP, plus fort que le Gorafi.







Deux sites parodiques :


se sont donné pour mission d'illustrer les divagations de la droite la plus bête du monde (Cocorico, c'est du made in France), mais parfois, ces pauvres droitistes disent et font tellement de conneries que point n'est besoin de les caricaturer pour se marrer un bon coup.

C'est ce qui vient de se produire cette semaine : l'UMP a nommé un « monsieur lutte contre l'homophobie ». C'est Emmanuel Blanc, qui erre depuis longtemps entre les militants de l'égalité des droits et les murailles réactionnaires de la droite sans jamais arriver à se ranger vraiment d'un côté ou de l'autre.

Un peu d'histoire :

Président de GayLib  en 2011, le « mouvement gay associé à l'UMP » , Emmanuel Blanc essuie vent sur vent de la part du parti dont il se revendique à cors et à cris avec une pitoyable obstination. Il voit le char de Gay Lib bloqué place de la Bastille par les militants de l'égalité lors de la Marche des Fiertés du 25 juin.

Pourtant, il persiste et signe : « Nous ne quitterons pas l'UMP! »  déclare-t-il à la presse.

Dans les mois suivants, il essuie des motions internes réclamant « l'exclusion de GayLib de l'UMP » et ne trouve toujours aucun moyen de discussion. Essayer de draguer quelques bulletins de vote homosexuels, l'UMP veut bien, mais dans la discrétion et sans aucune contrepartie.

Le 12 janvier 2012, il n'est plus président de GayLib. Catherine Michaud l'a remplacé. L'UMP reste un bastion homophobe imprenable, même si, pour éviter les éclaboussures, le parti a retiré son investiture à Christian Vanneste en avril 2012.



Gay Lib, qui voit défiler des députés UMP avec la Manif pour tous, se rend enfin à la raison, et quitte, la mort dans l'âme, cette UMP dont elle squattait le paillasson depuis des années. 

On pensait les acoquinades des gays et de la droite enfin terminées. Copé demande solennellement le retrait de la loi Taubira,  , François Fillon veut vider la loi de son sens,  les coteries, pétitions et alliances se multiplient au sein du parti contre le mariage pour tous sous la houlette du très activiste député UMP de la Drôme Hervé Mariton, les déclarations anti-gay fusent : Laurent Vauquiez, député de la Haute Loire, Philippe Gosselin, député de la Manche, et plein d'autres moins tapageurs, mais néanmoins fortement convaincus.

Un mouvement concrétisant le lien entre la manif pour tous et l'UMP, Le sens commun,  est lancé à grand tapage et champagne, au siège même du parti, le 20 décembre 2013. Un machin présidé par Sébastien Pilard, leader de la manif pour tous dans le grand ouest.



Homophobie ou pas ?


J'allais dire « La question se pose ». En fait, non, elle ne se pose pas. Ce sont eux qui la posent, pour essayer d'y répondre comme ça les arrange. Ils tentent de persuader la fluctuante conscience politique des Français de ce que s'opposer au mariage pour tous ne serait pas de l'homophobie.

Si, c'en est. C'est bien une discrimination caractérisée. Vouloir retirer à certains citoyens, au regard de leur préférence sexuelle, un droit acquis à tous les autres,   c'est le retour du triangle rose.

Le droit républicain, c'est pour tous les citoyens. Si une discrimination visait les Juifs, tout le monde, même à l'UMP, s'accorderait à dire que ce serait de l'antisémitisme. Mais si cette discrimination vise les homosexuels, ce n'est pas de l'homophobie ? Une discrimination qui n'aurait plus de nom ? Qu'on glisse sous le tapis ?

Le discours politique ne peut méconnaître la logique la plus élémentaire. Sinon, il devient de la propagande, et on sait à quoi cela conduit.


©MAXXPPP

Cette dérive homophobe étant établie, revenons aux dernières élucubrations des ténors de l'UMP.

Une majorité de Français reste favorable au mariage pour tous. En s'y opposant, l'UMP a donc fait le mauvais choix. Il faut donc revenir en arrière, faire oublier le passé, réécrire l'histoire comme dans 1984, ramener au bercail les brebis égarées.

Et puis les faits et les chiffres sont têtus. Même s 'il y avait vraiment un million de gogos dans la rue à la manif pour tous, il y a, parmi les presque 70 millions de Français, environ 10 millions d’homosexuels, hommes et femmes confondus. Des citoyens tranquilles, mais sûrs de leur bon droit. Ajoutons à cela une majorité de Français « hétéros », dont d’ailleurs bon nombre de catholiques, favorables au mariage pour tous….

Malgré son tapage, la manif pour tous n'est donc que l'écume d'un clapotis de secte intégriste.

Alors, au diable l'idéologie, tant pis pour ses forces occultes réactionnaires, l'UMP, qui nous a habitués à naviguer à vue, vire à nouveau de bord : Revenez à nous gentils homosexuels...

Nomination, donc, d'Emmanuel Blanc, (coucou le revoilà), au poste délicat de« Monsieur lutte contre l'homophobie » à l'UMP, alors que le « pool Mariton -Gosselin » contre l'égalité des droits est plus actifs que jamais, et qu'on vide encore les poubelles des cartes des homos déchirées qui avaient malgré tout tenté l'aventure à droite. 

Un truc aussi surréaliste, même le Gorafi et l'Humour de droite ne l'avaient pas inventé. Avoir l'esprit tortueux à ce point n'est pas donné à tous les humoristes.

A l'UMP, on a embauché un homo de service. Les grandes manœuvres ont commencé, à grand renfort de pardon hypocrite, d'oubli stratégique et de repentance escamotée. Qui mordra à cet hameçon empoisonné ?




mardi 22 avril 2014

476° Les aventuriers de la gauche perdue.





J'ai trouvé ce dessin qui, à mes yeux, exprime assez bien mon désarroi aujourd'hui.

Depuis les Lumières et la révolution, on avait essayé de remettre l'homme au centre du système, de réattribuer l'argent à son rôle d'outil et de faire ce qu'on appelait « du social ».






Non sans quelques errements style bourrée auvergnate : trois pas en avant, deux pas en arrière.
Mais avec le temps, ça avançait. On a interdit le travail des enfants, créé les quarante heures, les congés payés, l'obligation de l'instruction, l’école laïque et obligatoire, les mutuelles, la sécurité sociale, le droit des femmes, le vote des femmes, la protection et le respect des droits des minorités.

Certes, par moment, il y a eu des périodes régressives, mais l’analyse à posteriori démontre qu'elles résultent à chaque fois d'un relent, d'une remontée acide de droite profonde, d'un nauséabond borborygme d'une caste de nantis qui digère mal l'abolition de son statut de surhomme. La restauration et le pétainisme en sont des exemples caricaturaux, qui ont vu la régression de la condition ouvrière, la persécution des minorités, etc.

Certes, l'ultralibéralisme, la globalisation et la communication instantanée, que les milieux financiers manient bien plus habilement que les masses populaires, ont changé la donne aujourd'hui.
Le combat devient inégal et l'argent sort à nouveau de son rôle de serviteur pour reprendre la vocation de but en soi que l'humanisme et les lumières avaient voulu lui faire perdre.

Mais ce qui nous arrive aujourd'hui a des allures d'accident fatal, de crash dont on aura du mal à se remettre : c'est la gauche, les gens qui se réclament de socialisme, qui revendiquent l'héritage de Jaurès, qui opèrent la pire amputation dans le niveau de vie des Français depuis des lustres…

Avec une habileté, une perversité et même une malhonnêteté qui laisse sans voix, on a déclassé du statut de niche fiscale tous les artifices qui permettent aux grandes entreprises de ne pas payer en France l’impôt sur les profits qu'elles y réalisent, et d'user et d'abuser de l'usage immodéré des paradis fiscaux, des sièges sociaux et des centres de production délocalisés.

Ne restent donc dans cette fameuse liste de niches fiscales telles que définies par la loi que des mesures qui frappent directement le citoyen lambda au portefeuille : réduction de la TVA sur les travaux d'isolation, sur les médicaments remboursables, l'abattement sur l’imposition des retraites, crédit d'impôt sur les gardes d'enfant, les auxiliaires de vie, et même sur la rénovation des logements sociaux.



 
Chaque Français modeste se sent donc concerné par les niches fiscales, et transformé malgré lui en contribuable frauduleux. Alors, braves gens, vous voulez toujours vous attaquer aux niches fiscales ?

Et pendant ce temps, la délinquance en col blanc bat son plein, la mondialisation multiplie ses petits pains en toute impunité, les paradis fiscaux se créent et se développent et leur accès se banalise, mais ça, ce ne sont plus des « niches fiscales ». Quand on lui montre la lune, l'idiot regarde le doigt. 

La vraie gauche n'a plus de représentation crédible, et la peste brune fait ses choux gras de cette lacune, en nous présentant comme une panacée un remède qui sera bien pire que le mal. Mais les Français continuent à regarder le doigt…

Changer l'Europe, faire une Europe sociale, mettre fin à l'arrogance égocentrique des Allemands, plus personne n'en parle. Le nouveau remède à la mode, celui qui nous achèvera, consistera, pour les admirateurs du doigt, à envoyer à Strasbourg des ennemis de l'Europe. A inoculer le ver dans le fruit.

Chaque solution envisagée nous éloigne un peu plus du but recherché. Oui, nous avons perdu nos valeurs, et les discours qui ont la cote aujourd'hui sont l'expression de ceux qui n'ont aucun intérêt à ce que nous les retrouvions.





vendredi 4 avril 2014

475° On n'efface rien et on recommence, -bis -




Si j'avais su ce qui allait se passer cette semaine, j'aurais gardé mon titre du précédent billet:  « On n'efface rien et on recommence » pour le remaniement auquel nous venons d'assister.

Lorsque les édiles socialistes, François Hollande en tête, viennent nous dire :

« Message reçu, nous vous avons entendu, on va rectifier le tir »,

on se demande bien quels Français ils ont pu aller écouter....



Monsieur le Président,
Nous avons élu un président de gauche pour qu'il fasse une politique de gauche. Nous espérions une politique vraiment de gauche, par exemple la promesse tenue de séparer les banques d'investissement et les banques de dépôt, une vraie grande simplification du mille-feuille administratif de l'administration, une lutte contre la réaction financière et morale avec des moyens coercitifs et appropriés, un vrai développement des enseignements civique et humaniste dans les écoles et collèges, un grand élan de fraternité qui aurait arraché la France à la fange des petites haines communautaristes dans laquelle votre prédécesseur l'avait volontairement enlisée.

Alors, comme rien de tout cela n'apparaissait à l'horizon, on vous a pourri les élections municipales pour vous faire comprendre que nous étions toujours là, qu'on vous voyait avec désespoir prendre une direction opposée au bulletin de vote par lequel nous vous avons élu, et qu'il ne faudrait pas attendre six mois avant votre réélection pour vous souvenir de notre existence.

Sans doute inspiré de l'aura du fondateur du « je-vous-ai-comprisme », vous avalez une grosse boisson énergétique avant une intervention télévisée qui nous a fait croire un instant que vous aviez compris.

Et finalement, quelle est cette réponse ?
 « Vous vouliez que j'aille plus à gauche ? Eh bien j'irai encore moins... » 
Vous nous sortez un premier ministre sur lequel l'étiquette « de gauche » frise la limite de la publicité mensongère. Le moins à gauche de ce que vous avez dans le magasin...

En vous disant peut-être : « Je suis le président de tous les Français » ? Votre prédécesseur, qui l'avait pourtant dit aussi, s'est-il soucié du peuple de gauche pendant qu'il lacérait le tissu social, détricotait le code du travail, dressait les Français les uns contre les autres et suscitait des révoltes qu'il brandissait ensuite comme des enjeux sécuritaires ? 

Rien que pour effacer les ravages et dévastations qu'il a provoqués, pour ramener l'équilibre « au milieu » il faudra plusieurs années de barre « à gauche toute », faire pencher la balance à gauche aussi longtemps et aussi fort que votre prédécesseur l'a entraînée à droite. Ce n'est qu'après avoir ainsi reconstruit les valeurs de la république que vous pourrez vous soucier d'une politique apaisée.

Votre prédécesseur a voulu déplacer les frontières naturelles de l'échiquier politique : effacer, supprimer les bornes gauche/droite, ouvrir un libre accès entre droite républicaine et et extrême-droite. Cela ne lui a pas réussi.

Ne tombez pas dans les mêmes travers. La gauche vous a élu. En refusant de l'entendre, vous allez, comme ce pauvre Sarkozy, déplacer des frontières naturelles.

Certes il y a des nuances : Sarkozy s'est volontairement rapproché de l'extrême droite. Dans votre cas, c'est en vous éloignant déraisonnablement de la vraie gauche que vous obligez une partie de votre électorat à se cramponner à elle pour ne pas glisser avec vous vers la droite. Sans parler de ceux qui lâchent prise et tombent dans le ravin du front national.

Mais attention : mêmes causes, mêmes effets... Comme la droite, la gauche va se diviser. Vos sociaux démocrates vont s’assimiler au centre, qui, comme chacun sait, est une droite qui ne dit pas son nom, et la gauche de gauche va se rapprocher de l’extrême gauche.

Le résultat est le même : comme la droite l'a été, la gauche est maintenant morcelée et désunie. Les seuls socialistes n'ont qu'une voix de majorité à l'assemblée nationale. S'ils vous suivent trop loin de la gauche, beaucoup de députés socialistes vont craindre de ne pas retrouver leurs électeurs dans trois ans s'ils dérapent à droite avec monsieur Valls. Vous n'aurez qu'une menace de dissolution pour les faire avancer de force, mais c'est une arme de destruction massive qui fait beaucoup de dégâts collatéraux. Demandez à Monsieur Chirac...

Le vote de confiance au gouvernement que vous allez leur demander dans quelques jours risque d'être sportif, et surtout aléatoire: Un seul député tousse de travers, et Monsieur Valls valse... A moins qu'il ne soit conforté dans sa position par des votes de droite venus au secours du travesti politique que vous présentez à leurs suffrages ? Vous y perdriez ce qui reste de votre crédibilité. 




Et chaque fois qu’il faudra voter une loi, le moindre texte, vous devrez le vider de son esprit réformateur pour qu'il passe sans encombre sous la fourche caudine de cette infime majorité. Et si cette loi passe avec les voix de droite, encore une fois vous perdrez le soutien et l'estime de ceux qui vous ont élu.

Le rêve d'une harmonieuse coalition démocratique reste une utopie.
D'abord parce qu'il se heurte au carriérisme des élus dans une société française où, à tous les postes sauf le vôtre, on peut se représenter et se faire réélire toute sa vie inlassablement.
Ensuite parce que éplucher des lois pour les faire passer par le trou de serrure d'une majorité pleine de contradictions, cela oblige à les vider de leur sens et de leur innovation. Cela tue les réformes. On ne gouverne plus, on survit.

Monsieur Sarkozy n'a pas pris de gants pour appliquer sa politique ultra-libérale et socialement destructrice. Rien que pour ramener le curseur au centre, il faut agir avec la même vigueur dans l'autre sens.
Et après, seulement après, on pourra faire une politique de gauche, celle pour laquelle les Français vous ont élu.
A bon entendeur...



vendredi 21 mars 2014

474° On n'efface rien et on recommence...





Lorsque Sarkozy s'est attaqué aux juges d'instruction, personne n'a parlé assez fort des raisons qui le poussaient alors à s'aménager une justice bien docile.

Mais depuis, on se doutait bien que s'il déroulait le tapis sur sa route avec tant de soin et d'opiniâtreté, c'est qu'il savait déjà que tôt ou tard, sa route croiserait celle de l’instruction judiciaire.

C'est arrivé. Alors quand on l'entend maintenant accuser, à titre de contre-feu, le pouvoir d'être informé des enquêtes dont il est l'objet, on a l'impression d'assister à une bien triste comédie...
Ce sont eux qui parlent aujourd'hui de dictature ? Un comble quand on sait à quel point l'indépendance de la justice à laquelle ils se sont naguère attaqués est la garantie d'une vraie démocratie.

L'UMP et lui appliquent là à la lettre les enseignements de Charles Pasqua, mentor politique de Sarkozy dans les Hauts-de-Seine, qui disait :

«Lorsqu’on est emmerdé par les affaires, il faut susciter une affaire-dans-l’affaire, et si nécessaire, une autre-affaire-dans-l’affaire-de-l’affaire, jusqu’à ce que personne n’y comprenne plus rien»

Tous les grands coupables ont contesté la justice devant laquelle on les a traîné : les colonels dans le magnifique « Z » de Costa Gavras, qui n'était pas vraiment un film de fiction, tous les assassins en uniforme présentés au Tribunal de La Haye, le dernier et le plus comedia de l'arte étant Berlusconi qui, comme Sarkozy, bénéficiait d'une presse sinon aux ordres, du moins avide de scandales et nourrie d'agitation populiste.

Comme ceux de Berlusconi, qui étaient « d'infâmes bolcheviks, des gauchistes invétérés », les juges qui enquêtent sur Sarkozy sont des « bâtards, » des laquais du pouvoir... Mais si les juges d'instruction sont des laquais du pouvoir, pourquoi a-t-il voulu les supprimer ??? Lorsqu'il était au pouvoir, lui, que ne s'est-il fait servir par «  ces laquais » ?

La vérité apparaît aujourd'hui comme une évidence : s'il a voulu les briser, c'est qu'il n'est pas parvenu à les asservir. On se souvient d'ailleurs que toute la magistrature a défilé dans la rue, une première dans ce pays, pour protéger son indépendance des griffes prédatrices d'un dictateur en devenir.

Traiter aujourd’hui de « STASI » ceux qui, déjà, ne se sont pas laissé mettre au pas lorsqu'il a prétendu les soumettre, cela relève d'une solide mauvaise foi. De plus, c'est une injure aux nombreuses victimes de cette triste institution. Si la STASI existait dans ce pays, Sarkozy serait au nombre des premiers disparus. Or on constate que le canard est toujours vivant...

Dans l'application littérale du principe de Pasqua de créer des «affaires dans les affaires », la publication des écoutes dans la presse est un subtil instrument supplémentaire. Elle est pour lui l'occasion de salir une presse d'investigation qui n'est pas tendre avec les voyous politiques, autant dire tous les vrais journaux à l'exception du Figaro, sainte écriture qui recueille avec respect le nouvel évangile de saint Sarkozy...

Alors posons-nous la question : A qui profite le crime ?

Cette divulgation de l'instruction dans la presse n'est-elle pas, pour lui, la meilleure façon de discréditer le travail des juges de l'instruction avant qu'il n'aboutisse à son inéluctable condamnation ?

Alors, imaginer que c'est de la Sarkozie dure et militante qu'émanent ces fuites, non seulement ce n'est pas délirant, mais c'est parfaitement logique.

Et cela a un nom : l'entrave à la justice. Subtile, indirecte, mais néanmoins.

Dans ses raisonnements figaresques, Sarkozy se prend un peu les pieds dans le tapis : il illustre son propos par « l’acharnement » dont les juges auraient fait preuve à son égard dans « l'affaire Bettencourt »...


Là, il se tire une balle dans le pied : autant que je sache, la justice l'a relaxé dans cette affaire...
Alors, qu'il ait un souvenir traumatique des cauchemars qu'il a pu faire en craignant qu'elle ne découvre le pot-aux-roses, c'est son affaire, mais pour illustrer les dérives de la justice, c'est loupé... 

Tout ce qu'on retiendra, c'est que les innocents n'ont pas d'insomnies... Mais cela, ce n'est que l'impression qu'il a donné par son agitation ; la justice, elle, l'a bel et bien relaxé.

Venir nous parler aujourd'hui de « principes républicains foulés au pied » après avoir dit à Latran que l'instituteur ne pourra jamais remplacer le curé ou le pasteur », après avoir dit à Dakar « que l'homme africain n'était pas assez entré dans l'histoire », cela relève d'un cynisme rarement égalé dans l'histoire, même par la STASI...

Il déclarait dans Paris Match du 24 octobre dernier « qu'on ne pourrait jamais le détacher du destin de la France ». L'avenir nous apprendra dans quelle rubrique il risque d'y rester. Peut-être pas celle qu'il espère.








dimanche 9 mars 2014

473° Taisez-vous, Barjot !





Frigide Barjot était hier soir l' invitée de Laurent Ruquier dans « On n'est pas couché ».

On se perd en conjectures sur l'opportunité d'une telle invitation. Elle a un livre à vendre : « Qui suis-je pour juger ? » sous titrée « les confessions d' une catho républicaine ».
Elle doit aimer le plagiat : en 2013, elle avait publié « Touche pas à mon sexe », retiré de la vente dès le lendemain pour plagiat sur le titre. 

Or « Qui suis-je pour juger ? », c'est une déclaration du pape actuel à propos des homosexuels. Peut-être un jour Frigide Barjot publiera-t-elle des livres dont elle aura imaginé les titres ?

Ces deux livres ont un point commun : le premier était paru aux éditions Mordicus, dirigées par Robert Ménard, dont il ne semble pas utile de commenter la neutralité politique. (Je me méfie des procès...)
Le second paraît sous la houlette des éditions « Salvator »  , une vieille maison d'édition d'ouvrages chrétiens qui, d'ailleurs, ne se vante pas de ce petit dernier sus sa page d'ouverture de son site, même au rayon des nouveautés. ....


Donc, Frigide Barjot a écrit un livre. De nombreux Français ont écrit des livres, religieux ou pas. Combien passent chez Ruquier ? Pourquoi a-t-telle droit, elle, au fauteuil de cette tribune dirigée par un homosexuel assumé ? Une suprême élégance faite aux tenants d'une opposition aveugle et systématique à l'égalité des droits pour les homosexuels ?

Il eût fallu, cher Laurent Ruquier que eux, les opposants, manifestassent également une élégance suprême, ce que je n'ai pas cru distinguer sur les pancartes brandies et les slogans proférés par ces hordes de croisés qui ont suivi cette étrange égérie...
Alors tendre l'autre joue ? Monsieur Ruquier... Laissez cela aux chrétiens.


Homophobes ou pas ?


A une époque où on ne peut plus qualifier « d'extrême droite » les gens qui sont à la droite de la droite sans risquer un procès, on hésite presque à qualifier d'homophobe ceux qui s'opposent à l'égalité des droits pour les homosexuels.

C'est arrivé en Irlande où une artiste drag-queen a été traînée en justice pour avoir qualifié d'homophobes des détracteurs qui s'en prenaient à sa personne en tant qu'homosexuelle.
Du coup, la troupe du théâtre où elle se produit chaque soir lui laisse, à la fin de chaque représentation, interpréter le sketch suivant, qui aussi percutant qu'émouvant, et que je vous conseille de ne pas manquer. Les sous-titres fonctionnent, il suffit de cliquer sur le bouton sous l'image.




On notera que la chaîne de télévision où Panty Bliss avait parlé d'homophobie a payé 85 000€ aux « détracteurs pas homophobes » pour qu'ils retirent leur plainte, ce qu'ils ont fait, mais ils continuent de poursuivre la pauvre Panty en justice...
On notera également que le théâtre en question est le « Abbey Theater » de Dublin, qui n'est pas une scène marginale folklorique, mais le grand théâtre national de création de Dublin...

Alors essayons d'être simples et logiques: si on refusait l'égalité, la plénitude des droits citoyens aux Arabes ou aux Juifs, on serait immédiatement et à juste titre condamnés pour racisme et antisémitisme...
Alors en vertu de quelle étrange dérogation ce même refus de ces même droits à l'encontre des homosexuels ne vous rangerait-il pas sous l'étiquette « homophobe » ? Notons que les lois françaises et européennes répriment ce délit d'homophobie de la même manière que le racisme et l'antisémitisme, comme des circonstances aggravantes à la discrimination ?
Pratiquer cette discrimination est un délit, mais lui donner un nom serait interdit ?

S'opposer, sous n'importe quel prétexte, à l’égalité des droits pour les homosexuels, c'est bien à la fois de l'homophobie et une atteinte inqualifiable à la vie privée.



La vraie égalité... Appeler un chat un chat.


Une théorie de « ces gens-là » voudrait que les homosexuels pourraient se contenter d'un « CUC » (contrat d'union civile) qui leur donnerait les mêmes droits qu'aux autres citoyens mais que donner le nom de « mariage » à une telle disposition serait interdit ? C'est salissant, l'homosexualité, au point que les « hétéros » qui contractent un mariage ne voudraient pas ce ce mot de « mariage » serve à qualifier l'union de deux homosexuels ?
Frigide Barjot, avant d'entrer sur le plateau de Ruquier, a soigneusement ouvert son blouson sur son tee-shirt, qui portait une inscription se terminant par « un bon coup de CUC ». (Contrat d'Union Civile).

Mes cinquante ans de militance pour les droits LGBT ont consisté essentiellement à travailler à supprimer des codes civil et pénal toute mention spécifique à l'homosexualité. Cela a commencé par supprimer l'homosexualité de la liste des fléaux sociaux ou le député gaulliste Mirguet l'avait inscrite en 1962, puis à abolir la discrimination sur l’age du consentement sexuel, loi de Pétain qui a perduré jusqu'en 1982, puis à faire reconnaître les discriminations pour cause de préférence sexuelle comme une discrimination absolument identique aux autres discriminations, et enfin à garantir aux homosexuels la protection juridique du mariage à l'image des autres citoyens français.

Souvenons-nous qu'en 1999, lorsqu'il s'est agi de créer le PACS, les homophobes, -déjà-, manifestaient aux cris de « non au simulacre de mariage pour les homosexuels ». Le peuple français et l'histoire ont parlé : dix ans plus tard, 95 % des pacsés étaient hétérosexuels, et seulement 5 % homosexuels !!!

Vouloir recréer une loi d'exception, un CUC, ce« mariage spécial homo », c'est revenir en arrière. C'est rouvrir un ghetto que l'on espérait refermé pour toujours. C'est replacer les homosexuels dans un cachot législatif taillé sur mesure pour les marginaliser à nouveau, c'est les désigner encore comme « des citoyens pas comme les autres ».
Les conservateurs savent très bien ce qu'ils font. Par tous les moyens, ils tentent de lutter contre l'égalité, d'en réécrire les lois, d'y tailler des croupières, de les vider de leur sens pour faire triompher l'inégalité, la haine, le mépris et la discrimination dont ils sont porteurs.


Tout commence par un gros mensonge...


Toute la structure de pensée de la manif pour tous est fondée sur un mensonge éhonté. Une imposture sur laquelle ils ont bâti tout l'édifice.
D'après eux, l'instauration du mariage pour tous ouvrirait une nouvelle ère à notre société. Il provoquerait une multiplication invasive de couples homosexuels, qui élèveraient « mal » des enfants dont la vie serait un enfer pavé des moqueries de leurs camarades mal élevés, (leurs enfants à eux, hétéros...!), qui n'oseraient pas dire qui sont leur parents, et seraient promis à des échecs dans la réalisation de leurs carrières et de leurs vies.

Tout cela est un énorme mensonge. Non seulement ce sont des déclarations qu'aucune preuve ne peut étayer, mais toute étude sur le sujet aboutit à des résultats absolument contraires...

D'abord, les homosexuels n'ont pas attendu qu'on leur vote une loi pour s'aimer, se mettre en couple et avoir des enfants. Cela existe depuis des années, des décennies, pour ne pas dire des siècles. Juste, comme cela n'avait pas de nom et d'existence légale, on n'en parlait pas...

On estime qu'il existe aujourd'hui, en France, quelques 30 à 40 000 enfants vivant au sein de couples homosexuels, mais que plus de 300 000 seraient concernés par l'homosexualité au sein de gardes alternées ou de couples ne partageant pas le même toit.


En créant le mariage pour tous, le législateur ne vient donc pas créer une situation nouvelle, mais seulement faciliter l’existence et la reconnaissance administrative de citoyens qui vivent simplement leur vie et dont le seul problème est le vide juridique dans lequel ils doivent se dépatouiller.

Sur ce sujet comme sur de nombreux sujets sociaux, la loi ne vient pas créer de nouvelles situations, mais seulement donner un cadre administratif à des situations qui existent déjà et souffrent de ne pas être reconnues.

La société évolue, et la législation ne peut donc pas rester figée, au risque d'y perdre sa crédibilité. C'est d'ailleurs très exactement ce qui arrive à l'église catholique, dont les lieux de culte se vident à vue d’œil et au sein de laquelle les recrutements des prêtres doivent faire appel à des vocations venues de l’étranger. Les institutions doivent évoluer avec la société.


...et tout continue par de gros mensonges...



Non... Rassembler quelques dizaines de milliers de gens sur le Champ de Mars, et même un million, c'est peu de chose dans un pays de 67 millions d'habitants. Ce n'est pas une majorité, c'est un groupuscule. D'ailleurs, les sondages sont formels qui disent qu'une majorité de Français, une vraie majorité, celle-là, est favorable au mariage pour tous, et que même parmi ceux qui se disent chrétiens pratiquants, , on en trouve encore 45 %, pour affirmer que ce mariage universel ne les dérange pas.



« Catho républicaine » ?


C'est le sous-titre de son livre... Rappelons que la république est laïque, ce que madame Barjot proclame volontiers, mais pratique peu : l'immense majorité de ses suiveurs provient des rangs les plus intégristes de l'église catholique... Il n'y a qu'à lire leurs pancartes et écouter leurs slogans. Et compter les prêtres intégristes parmi leurs leaders...
Frigide se se déclare « attachée de presse de Jésus », et se fait remarquer en soutenant Benoit XVI dans sa réhabilitation des intégristes de Mgr. Lefebvre.
On ne voit pas pourquoi des préceptes issus d'une doctrine religieuse prétendraient influencer les positions de la république. Il va falloir qu'elle choisisse. La république est l'affaire de tous, la religion l'affaire personnelle de chacun.

Or les chroniqueurs qui ont lu le livre, (forcément, ils ne l'ont pas payé!), Aymeric Caron et Natacha Polony, ainsi que Laurent Ruquier lui même, parlent tous les trois « de grands élans mystiques » qui émaillent la prose du pensum.



Vraiment républicaine ?


L'égérie de la manif pour tous nous montre les jupons peu affriolants de ses convictions politiques lorsqu'elle affirme que la responsabilité de tous les désordres qu'elle a provoqués en exhortant ses croisés revient à François Hollande !
François Hollande, que le bouillant homo-de-service de la manif pour tous Xavier Bongibault a qualifié de dictateur et même comparé à Hitler !
Si ce n'est pas là le dépit et la frustration hystérique de droitistes furieux d'avoir perdu les élections, expliquez-moi ce que c'est !

De droite, Frigide a toujours été.

Comme Astérix, elle est tombée dans la marmite lorsqu'elle était petite : son père, industriel lyonnais était un généreux donateur du front national dont il recevait le père fondateur Jean Marie dans son château de Rilleux-la-Pape. Elle même n'en fait pas mystère, qui décrit volontiers dans des interviews les virées qu'elle a pu faire avec ce « bon vivant et épicurien » de Jean Marie LePen...
Son père, auteur du livre « La préférence nationale, une réponse à l'immigration » publié en 1985 chez Albin Michel dans une collection dirigée par le frontiste Le Gallou.

A droite, elle reste, en épousant Bruno Tellenne, qui fut de 1986 à 88 rédacteur des discours du « très lisse » Charles Pasqua... , et condamné le 15 janvier 2001 avec Xavière Tiberi à une peine de prison avec sursis pour avoir occupé un emploi fictif.

De droite, elle reste représentative, en créant un mouvement qui a attiré toute l'extrême droite française comme un aimant attire la limaille de fer, au point qu'elle a fini par être jugée « trop modérée » et dépossédée de son jouet par ses trop remuants petits camarades.




Exister à tout prix ?


En faisant le grand écart, au propre et au figuré. Désavouée par son beau frère Karl Zéro, elle lui répond en lui rappelant les valeurs familiales dont elle semble pourtant s’accommoder plutôt mal puisque, pendant des années, elle a été une fêtarde invétérée égérie des boites gay en général et du Banana Café en particulier, où elle chante en tutu « Fais moi l'amour avec deux doigts ».... Mais sans doute tous ces folles soirées de cotillons devenaient-elles monotones à ses yeux. 

La Manif pour tous a été pour elle une occasion inespérée de redevenir au devant de l'actualité, après les splendeurs passées de « Jalons ».
Mais voilà... Elle dit qu'elle en est sortie, les nouveau maîtres du mouvement qu'ils l'ont virée. Le livre « Touche pas à mon sexe » est saisi... Qu'importe la manière, le résultat est le même : le filon est porteur, mais il faut-tout recommencer.

Nouvelle association, nouveau livre, nouveau slogan, « le bon coup de CUC ». On ne demande plus l'abrogation de la loi, le créneau est occupé par le printemps français. On se contentera de demander sa réécriture. Sa dissection. Sa vivisection, la vider de son sens jusqu'à ce que mort s'en suive...


Alors, de l'opportunité de participer à la « résurrection » de Frigide, qu'en pense Laurent Ruquier ?
Fallait-il attendre qu'un homme pas du tout de gauche, Bernard Menez, également invité, vienne dire que la France avait d'autres chats à fouetter ?

Avant, les médias concourraient à la meilleure information. Mais c'était avant.
Maintenant, ils concourent à la meilleure vente, aux plus gros bénéfices.

Alors, tout leur est bon. Ce n'est plus l'information qui compte, mais son petit côté sulfureux, choquant, ce petit détail qui fait jouir les voyeurs.


De la marche des fiertés et de la gay-pride, la télévision ne voit plus les centaines de milliers de gens qui défilent à travers les villes, mais le seul gogo avec une plume dans le cul juché au sommet du char. Il aura fallu trente ans de cinéma et de théâtre pour avoir des « Invisibles », des « Inconnus du lac » et autres films crédibles sur le sujet. Pendant des décennies, l'homosexualité n'a rien pu être d'autre que « la cage aux folles » et « pédale douce ».

Quid des dizaines de milliers d'enfants traînés par leurs parents dans les manifs pour tous, au milieu de slogans homophobes, portant des pancartes qu'ils ne comprennent pas et dont les enjeux les dépassent ?
Un sur dix ou un sur douze, en grandissant, va découvrir son homosexualité. Comment va-t-il l’assumer après avoir été baigné dans un tel purin de haine, de contre-vérité et de discrimination ?



Chez les 13-19 ans, le suicide est la deuxième cause de mortalité immédiatement après les accidents de la circulation. Avec, presque toujours, cette lettre qui reste sur la table :
« Papa, maman, pardonnez-moi, vous ne pouviez pas me comprendre... »

Que croyez-vous que Papa-Maman ne pouvaient pas comprendre ?

La manif pour tous protège-t-elle la jeunesse ou l'encourage-t-elle au suicide ?

Laurent Ruquier, avant d'inviter n'importe qui, de grands inutiles, voire des carrément nuisibles à s'exprimer dans votre émission, songez au rôle que le service public, auquel vous être attaché, doit jouer dans ce pays.




mercredi 5 mars 2014

472° Tous à poil !





Pendant qu'on massacre des homosexuels en Ouganda et au Nigéria, -liste non limitative-, que l'Ukraine, pour avoir sa part de notre merveilleuse démocratie, est au bord de la guerre, que la planète entière s'active à éteindre ces deux incendies majeurs, l'UMP, pour nous distraire, joue la comédie de boulevard.



L'an dernier, il y avait eu cette invraisemblable affaire de vizir et de calife entre Flippé et Couillon. C'était juste une bande-annonce.
Ensuite, le grand gagnant de ce haletant duel s'est préoccupé des pains au chocolat baladeurs. Devine qui qu'a volé mon pain au chocolat ?
Pour ne pas rester sur le carreau, le second, après avoir voulu abolir le mariage pour tous, avait réduit ses prétentions à vouloir seulement réécrire la loi .
Souvenons-nous que monsieur Fillion fut, avant de lui succéder, le proche collaborateur de Joël Le Theule, député de la Sarthe, qui ne faisait aucun mystère de son homosexualité, ce qui lui valut d'ailleurs bien des inimités. Son ex-proche collaborateur ne peut donc prétendre ignorer le problème homosexuel, même si l'histoire ne dit pas jusqu'à quel point il en a été informé....

Copé, lui, sans doute au cours de recherches d'ouvrages pornographiques dans le cadre de la documentation de son programme politique, est tombé sur un petit fascicule un peu naturaliste intitulé « Tous à poil » et nous a bruyamment exprimé les émois qu'avait fait naître en lui son émoustillante découverte.

Monsieur Coppé devrait réaliser que la France est le premier pays d'Europe pour la pratique du naturisme. Outre 170 clubs officiels, une soixantaine de plages est dévolue à la pratique légale du nudisme par arrêté municipal, plus une grosse centaine d'autres officieusement mais clairement fréquentées par les  tous nus.
Une fédération française du naturisme compte 150 clubs et plus de cent centres de vacances où le naturisme se pratique en famille.
Six cent mille Français se baladent à poil sur les plages chaque été, accompagnés de quelques deux million cinq cent mille étrangers, ce qui représente un chiffre d'affaire de quelques quatre cent millions d'euros.

Aux USA, c'est la même chose, en plus grand. Deux chaînes de télévision sont dédiées au naturisme : Naked news,  pour les informations, et clothesfree, qui propose des talk-shows à poil....


Toute cette agitation est du pain doublement béni pour toutes les associations et minorités agitées qui, se référant à la pudibonderie du moyen-âge, voient des zizis partout, et constituent la cohorte des véritables obsédés sexuels.
Car si les partisans d'une nature épanouie, -dont je suis-, méconnaissent l'obsession sexuelle au motif que la nudité est depuis longtemps revenue dans l'ordre de la nature d'où elle n'aurait jamais du sortir, c'est bien chez les pudibonds et autres Tartufes qu'apparaissent les cas d'hystérie sexuelle les plus désolants.
L'obsession sexuelle de notre temps est une obsession du non-sexe, une revendication de la mal-baisance, une propagande de la frustration, et c'est bien cette disette organisée qui est la cause de la plupart des débordements et autres viols et dérapages que l'actualité, hélas, nous apporte chaque jour. On ne commet pas de délit pour obtenir quelque chose dont on dispose légalement, à profusion et sans entrave...

Légitimés par cette propagande castratrice et pudibonde, les esprits faibles croient voir s'ouvrir devant eux la voie de l'exaction. On casse la gueule aux pédés non pas au nom des principes religieux ou petits bourgeois dont on n'a que faire lorsqu'on est un voyou, mais parce qu'ils représentent des libres-baiseurs qui inspirent de la jalousie à tous ceux qui ont tant du mal à épancher leur libido.
On veut vider les bibliothèques de tout ouvrage « sexuel » pour éviter qu'à leur lecture, d'autres parviennent à se libérer du carcan frustratoire dont on n'arrive pas à se libérer soi-même. Car n'oublions pas que la pire des prisons est celle dont le prisonnier possède la clé.

Nous noterons que la dernière purge des bibliothèques française a été opérée en juin 1941 par un certains Jacques Doriot, collabo notoire, à l'instigation de Joseph Goebbels, le célèbre gestapiste chargé de la propagande du merdeux à moustache.


Ces messieurs les castrateurs qui voient des zizis partout, faute de proposer des remèdes à la crise économique dont ils ont dramatiquement aggravé les conséquences par la politique qu'ils ont menée, et avoir compris que proposer aux socialistes des mesures qu'ils auraient pu prendre, mais qu'ils n'ont pas prises lorsqu'ils étaient au pouvoir ne leur offrait pas une voie politique crédible, décident finalement, en dernier recours, dans un soubresaut désespéré de soif du pouvoir,  de mordre aux couilles.

Conscients, -et pour cause- ! que la mal-baisance est un grand mal français, ils pensent rassembler un vaste électorat derrière eux en recrutant à tour de bras dans ce troupeau bêlant. Alors que Jung affirmait que des promesses de liberté sexuelle constituaient un excellent appât pour entraîner les foules sur la voie de la révolution, ils décident, eux, de constituer des cohortes de pudibonds pour gagner des élections. Après la croix de fer, le caleçon de zinc.

En plus, ils ont des choses à faire oublier, alors parler un peu de cul, même pour en dire du mal, - surtout pour en dire du mal- ça va distraire l'opinion publique.
Les gens qui s'occupent du lit des autres sont ceux qui s'ennuient dans le leur. Ça fait du monde... Il n'y a qu'à voir le tirage des magazines people...

Pourquoi parler d'autre chose ? Parce que les affaires éclatent à droite comme des bubons d'acné sur le visage d'un adolescent en panne de masturbation.
Trois affaires suivent Sarkozy comme des batteries de casseroles tintinnabulantes, Claude Guéant, proche conseiller de l’Élysée est empêtré dans une affaire d’œuvres d'art, Patrick Buisson joue les Mata Hari en enregistrant à tout va les confidences et complots qui se trament autour de lui, Brigitte Barèges, maire UMP de Montauban, déjà célèbre pour son « pourquoi pas avec les animaux » lors du vote de la loi Taubira, et qui affirme maintenant que « c'était une blââgue », est en garde à vue pour une affaire de détournement de fonds publics, l’avocat de Nicolas Sarkozy perquisitionné aujourd'hui même pour des soupçons de trafic d’influence... etc... 

Chaque jour, l'UMP, hors de tout contrôle, voit arriver une facture de ses frasques passées et se demande à combien l'addition s'élèvera.
C'est bien Sarkozy qui avait inventé la com' « un événement chaque jour ». Le voilà exaucé au-delà de ses rêves les plus fous.

Alors parler un peu de cul... Oxygène ! Mais à droite, parler de cul, c'est parler de non-cul. Alors, on va réécrire la loi Taubira, priver, au titre sans doute de l'égalité républicaine, les couples lesbiens de la PMA autorisée aux couples hétéros, priver les gays d'adoption pour bien renvoyer à l'orphelinat tous les petits nenfants qui rêvent d'un foyer plein d'amour et de tendresse, rhabiller les bandes dessinées un peu trop lestes. Peut-être rhabiller aussi les statues ? L'autodafé se prépare devant nos bibliothèques. Attention : la droite entre en campagne. 


Pourtant, à l'époque où la droite gaulliste régnait sans partage sur notre bel hexagone, de nombreux livres, voire des collections entières emplissaient nos bibliothèques scolaires avec l'assentiment des autorités républicaines et ecclésiastiques. 

 sans oublier le clou du spectacle, la série des Alix de Jacques Martin. (pas celui de la télé, un autre..) à propos de laquelle je vous invite à vous livrer à une petite recherche. 
Encore quelques échantillons croustillants ICI  et  ICI.

Or non seulement, en ces temps bénis de rigueur républicaine, personne ne trouvait à redire à cette littérature, mais le corps enseignant en conseillait hautement l'édifiante lecture à notre belle jeunesse.

Ils est vrai qu'à l'époque, les politiciens s'occupaient de politique...



mercredi 5 février 2014

471° Quand la machine à perdre s'emballe...




Si une goutte fait déborder le vase, c'est qu'il est déjà plein...

A droite, on maîtrise parfaitement la machine à perdre. On l'utilise avec talent, en choisissant avec soin les mauvais choix qui conduisent à la défaite, comme l'oreille attentive que Sarkozy prêta à l'au-delà-droitiste Patrick Buisson, et qui, ajouté aux traits insupportable de son caractère, précipita sa défaite. (je dis au-delà-droitiste puisqu'on ne peut plus dire « extrême »...)

A gauche, on maîtrisait moins bien la machine à perdre, mais comme on a voulu l'utiliser quand même, on l'a laissé s'emballer...

Même ce qu'ils ont fait de bien, ils l'ont mal fait. Prenons l'exemple du mariage pour tous. Mesure « délicate » qu'il fallait voter en trois semaines, sitôt l'élection, pour bien asseoir l'autorité de la nouvelle législature en démontrant, par un vote énergique, qu'on n'avait pas peur des décisions difficiles. Ce que Mitterrand et Badinter avaient fort bien fait en abolissant la peine de mort à rebrousse-poil d'une opinion publique défavorable en 1981.

Là, pour le mariage pour tous, c'était pourtant plus facile : l'opinion publique était favorable, mais l'aspect sexuel du sujet rendait néanmoins la démarche périlleuse. Alors, au lieu de frapper rapidement un grand coup, on a ergoté pendant sept longs mois, délai évidemment mis à profit par la malbaisance nationale pour constituer de larges stocks d'eau bénite et répéter ad libitum « Maréchal nous voilà ».

La suite, on la connaît : l'agrégation de tous les grumeaux de nationalisme, de tous les miasmes d'intégrisme, de toutes les chiures de conservatisme rance, de toutes les frustrations d'orgasmes manqués et de tous les principes d'autoritarisme fasciste dans un mouvement soulevé par la malbaisance, cimenté par la haine, animé par la jalousie, aiguillonné par le rejet des minorités, sublimé par les superstitions, qui a envahi les rues et internet en laissant derrière elle un ordre social plongé dans le désordre et l'incertitude.

Pour être sûr de bien mécontenter tout le monde, on a voté le mariage pour tous, mais en le vidant largement de son sens, puisque la PMA restait autorisée aux hétérosexuels et interdite aux homosexuels, ce qui a permis à ses ennemis de grimper au rideau sans que ses partisans en soient satisfaits.

Comme la colère des uns et des autres semblait encore insuffisante aux auteurs inconscients de ce dispositif législatif ubuesque, on a passé et repassé cette fameuse PMA sous le nez de ses demandeurs deux fois avant de la remettre au placard, une fois dans la loi du mariage, et une seconde fois dans la loi sur la famille. Ainsi, les réactionnaires ont eu deux occasions de répandre leur putréfaction sociale, et les progressistes ont perdu tout espoir de se voir compris un jour par un gouvernement qu'ils avaient pourtant élu parce que « le changement, c'était maintenant »...

Mais s'il n'y avait que cela...
Il fallait aussi séparer les banques de dépôt et les banques d'investissement... Raté.

Dans le domaine fiscal, on attendait de la gauche une réforme de l'impôt qui améliorerait le caractère équitable de la contribution de chacun. Ce souci d'égalité passait forcément par la transition de l'impôt indirect (inéquitable, tout le monde paie la même TVA) vers l'impôt direct, proportionnel aux revenus. Il a donc semblé urgent de faire le contraire : c'est la TVA qui a augmenté, élargissant le fossé entre le pouvoir d'achat des nantis et celui des moins fortunés.
Il fallait aussi secourir d'urgence les citoyens de plus en plus nombreux passés sous le seuil de pauvreté. Raté. C'est aux pauvres entreprises qu'on a versé des subsides plus de deux fois supérieurs à ceux, tant critiqués, offerts jadis par Sarkozy aux patrons du Fouquet's Club.

Il fallait encore, en interdisant le cumul des mandats et le carriérisme politique au long cours, régénérer la classe politique et lui intégrant des porteurs d'idées nouvelles et en décourageant le mandarinat. Zut... Encore raté.
L'abolition des privilèges, c’était le 4 août 1789 et le 25 août 1792. Tout est à recommencer...

On a même poussé le vice jusqu'à faire protéger, par un sénat « de gauche », Serge Dassault du passage de la justice. On notera que si, comme il le prétend lui-même, il n'avait rien à se reprocher, il n'avait que la démonstration de son innocence à attendre de l'action de la justice. Sauvegarder son immunité parlementaire est, de la part de ses pairs, une sorte de baiser qui tue : c'est l'aveu implicite qu'il aurait des choses à cacher...

Toutes ces faiblesses et ces renoncements encourage les révoltes ponctuelles : si on recule devant mon voisin, on reculera aussi devant moi. Chacun y va de sa manifestation, de sa jacquerie et de la protection de ses petits avantages corporatistes : qui n'a pas manifesté ? Les taxis, les ambulanciers, les routiers et les Bretons contre une écotaxe pourtant votée dans l’indifférence par le gouvernement précédent, les sages femmes montent dans le train de la contestation, et les enseignants s'agitent contre une réforme des rythmes scolaires pourtant faite à l'image du reste de l'Europe.

Le président oublie sa position au dessus des partis et prétend trancher dans des affaires de droit commun, ce qui le place dans une humiliante position de dialogue direct avec Leonarda... Le « casse-toi pauvre con » de son prédécesseur n'avait pas eu de conséquences aussi désastreuses..

Il y a aussi les trucs complètement idiots dans lesquels ils auraient pu éviter de mettre les pieds, comme cette loi inique et stupide sur la prostitution, dont les effets seront désastreux et complètement opposés au but recherché.


Ajoutons à cela les cacas d'oiseau tombés du ciel, comme l'affaire Cahuzac et les virées nocturnes en scooter avec un casque à visière fumée..

J'en oublie ? Sans doute.

En plus, on croyait que les socialistes étaient des gens courageux. Alors, les voir cacher la PMA dans le placard comme une chose honteuse au prétexte que quelques illuminés du crucifix et quelques pétainistes en transe nostalgique ont défilé dans la rue, c'est pour moi la goutte d'eau qui fait déborder un vase déjà plein à ras-bord. Notre président ne serait-il dur que dans son lit ?

On s’indignait il n'y a pas si longtemps sur les commentaires droitistes à propos du capitaine du pédalo. On était loin d'imaginer que ce pédalo était à ce point menacé de naufrage.

Maintenant que les quinquennats coïncident avec les législatures, comment allons-nous terminer cet épisode si mal engagé ?

Pire : maintenant que la boîte de Pandore est ouverte, et que tous les démons sont revenus dans l'espace public avec leurs cortèges de haines, de velléités discriminatoires, de féodalité, de superstitions et de dogmes, de principes autoritaires et d'inhumanité, comment allons-nous rétablir l'ordre républicain ?