jeudi 15 septembre 2011

394° UMP : Pourquoi tant de haine ?




Dans les articles précédents, je faisais le bilan des attaques répétées de l'UMP contre le statut, les droits et les libertés des homosexuels dans ce pays. Trois mesures au cours de l'été...

Eh bien non, ça continue. Après les 80 députés, 113 sénateurs dont 98 UMP montent à leur tour au créneau contre l'enseignement de la théorie du genre, Lionel Luca croit pouvoir prétendre que cette théorie conduirait à la banalisation de la pédophilie, et Jean-Marc Nesmes saisit la MIVILUDES (service du ministère de l'intérieur spécialisé dans le contrôle des dérives sectaires) en affirmant que cette théorie du genre relèverait, justement, d'une « dérive sectaire ».


Toute cette haine déversée me ramène à mes manuels d'histoire, et en particulier à la sombre période des années 30 où on accusait les Juifs de tous les maux et de toutes les tares.

On trouve quand même de nombreux et inquiétants parallèles. Bismark affirmait que « les Juifs constituaient une race inférieure ». Vanneste, à notre époque où on n'ose plus parler de race, affirme que « l'homosexualité est une pratique inférieure à l'hétérosexualité », déclaration pour laquelle la justice finira d'ailleurs par le blanchir...

Les Nazis déclaraient que « les Juifs constituaient un danger pour la société », les déclarations sur la « dangerosité de l'homosexualité" se multiplient aujourd'hui, et ceci avec une impunité d'autant plus grande que certaines de ces vociférations émanent du pape, , qui semble au-dessus des lois au point que personne ne voit comment on pourra le traduire devant un tribunal...


En 1880, le pasteur Adolf Stöcker, inspirateur de Hitler pour Mein Kampf, déclare que le lobby juif allemand manipulerait la presse et la finance. Aujourd'hui, tous les jours, la dénonciation d'un « lobby gay » est devenu un argument quotidien des homophobes.


Dans les années 30 et 40 en Allemagne, les années 40 en France, on licencie les Juifs, on organise des « manifestations spontanées » contre eux. Aujourd'hui, des gays sont obligés de déménager sous la pression du voisinage, de démissionner de leur entreprise, ils sont souvent chassés de leur famille au point qu'une institution spécialisée reconnue d'utilité publique croule sous les demandes d'asile des mineurs rejetés.


On estime pourtant à 200 000 le nombre de jeunes français élevés des parents homosexuels. Plusieurs associations sont là pour en témoigner. Mais aux chiffres, les imprécateurs préfèrent le persiflage. On continue à contester la légitimité et même la capacité d'un homosexuel à élever un enfant, alors que personne ne se soucie du devenir de ceux qui sont déchirés dans des familles hétérosexuelles qui ne fonctionnent pas.


Les nazis avaient créé des « zones aryennes » interdites aux Juifs. A Londres, un comité de quartier a tenté de créer une « zone hétérosexuelle interdite aux gays ».... . Et sans aller à Londres, la quiétude des gays dans les belles banlieues de notre douce France est un problème qui ne sera sans doute pas résolu demain...


Quand retrouvons-nous nos valeurs républicaines d'égalité, de fraternité et de liberté ?

Le débat de ce soir entre les candidats socialistes , -que je ne regarderai pas en direct, la presse nous en rebattra les oreilles toute la semaine- peut apporter certaines réponses dans les intentions.

Quelle énergie mettra l'élu de gauche pour faire entrer les bonnes intentions qu'il ne manquera pas de manifester devant les caméras ? Comment s'y prendra-t-il pour redresser les mentalités, remettre l'humanisme au centre de d'opinion publique, gommer les ostracismes, effacer les haines, rétablir le respect et la tolérance ?




mercredi 31 août 2011

393° Pour une France pauvre et mal baisée ?




Inégalités :


La réforme de Fillon prétend toucher les gros revenus plus que les petits. La rentrée va être dure pour les riches, qui vont devoir payer plus cher le tabac, les parcs de divertissement, les mutuelles, les sodas sucrés et quelques boissons alcoolisées.

Quelle chance d'être pauvres ! Nous allons échapper à ces effroyables persécutions.

Comment résister à remettre une couche à mon article précédent ?



Homophobie


Et ceci d'autant plus que, après :

http://brethmas.blogspot.com/2011/07/388-nouvelle-attaque-frontale-de-lump.html

et

http://brethmas.blogspot.com/2011/07/389-apres-lhomosexualite-lump-sattaque.html


C'est une troisième agression UMPiste à laquelle les gays de France doivent faire face en un mois.

Par une lettre cosignée par 80 députés de droite et de droite populiste, dans une démarche approuvée par Jean-François Copé, -donc par l'UMP-, le député des Bouches du Rhône Richard Maillé invite le ministre de l'éducation Luc Chatel, - qui jusqu'ici résiste, -rendons justice à César- à supprimer l'explication de la théorie du genre dans les manuels destinés aux classes de première et terminale. Autant dire aux gamins...


Cheval de bataille de l'église, la lutte contre cette théorie agite tellement les bénitiers depuis quelques mois que ça commence à éclabousser dans la cour de la laïcité.


Quand je pense qu'il nous reste encore huit mois à supporter un régime qui semble, par toutes ses décisions, vouloir rétablir le Moyen Age dans ce pays, je me demande dans quel état nous allons arriver à cette échéance.


Voilà aujourd'hui les rumeurs de passage d'enveloppes de billets des mains de Liliane Bettencourt à celles de Sarkozy qui refait surface dans l'actualité. Qu'en adviendra-t-il ? La vie politique est un film à suspense.

L'autre jour, je buvais un café au comptoir d'un bistrot lorsque la télévision a montré Sarkozy disant en conférence de presse :

  • « Est-ce que j'ai une tête à aller chercher des enveloppes de billets ? »

Et comme un seul homme, tout le bistro a répondu :

  • « Oui ! »


Voici la liste des 80 députés qui ont signé la lettre :

On y retrouve quelques têtes connues...

Richard Mallié - Elie Aboud - Alfred Almont – Patrick Beaudouin - Véronique Besse – Etienne Blanc - Valérie Boyer - Jean-Marie Binetruy - Emile Bléssig - Claude Bodin - Chantal Bourragué - Françoise Branget - Louis Cosyns – Marie-Christine Dalloz - Bernard Debré – Jean-Pierre Decool - Rémi Delatte- Bernard Depierre – Eric Diard - Jean-Pierre Door - Dominique Dord – Jean-Michel Ferrand – Sauveur Gandolfi-Scheit – Jean- Paul Garraud – Alain Gest - François-Michel Gonnot - Philippe Gosselin - Michel Grall – Anne Grommerch – Pascale Gruny - Jean-Claude Guibal .-.Francis Hillmeyer - Françoise Hostalier - Guénhaël Huet - Jaqueline Irles – Jacques Lamblin - Thierry Lazaro - Michel Lejeune - Jean-Marc Lefranc - Céleste Lett - Gérard Lorgeoux - Gabrielle Louis-Carabin - Lionnel Luca - Daniel Mach - Jean-Pierre Marcon – Hervé Mariton – Christian Ménard - Gérard Menuel - Philippe Meunier – Jean-Claude Mignon – Alain Moyne- Bressand - Jacques Myard – Jean-Pierre Nicolas - Yves Nicolin – Béatrice Pavy - Nicolas Perruchot – Henri Plagnol – Josette Pons - Eric Raoult - Laure de la Raudière - Fréderic Reiss - Jacques Remiller – François Rochebloine - Jean-Marc Roubaud – Rudy Salles - Fernand Siré - Dominique Souchet – Guy Teissier - Michel Terrot – Dominique Tian – Yves Vandewalle - Christian Vanneste – René-Paul Victoria - Philippe Vitel - Michel Voisin - Jean Ueberschlag


Et voici le texte de la lettre :


Paris, le 30 août 2011

Edité sur www.depute-mallie.com

Nos réf. : D RM/TB/12742806


Monsieur Luc CHATEL

Ministre de l'Éducation Nationale

de la Jeunesse et de la Vie associative

110 rue de Grenelle

75007 PARIS


Monsieur le Ministre,

Nous avons l'honneur d'attirer votre attention sur la « la théorie du genre sexuel », présente dans certains manuels de sciences et vie de la terre de classe de première.

Selon cette théorie, les personnes ne sont plus définies comme hommes et femmes mais comme pratiquants de certaines formes de sexualités : homosexuels, hétérosexuels, bisexuels, transsexuels.

Ces manuels imposent donc une théorie philosophique et sociologique qui n'est pas scientifique, qui affirme que l'identité sexuelle est une construction culturelle relative au contexte du sujet. Par exemple, il est écrit que « le sexe biologique nous identifie mâle ou femelle mais ce n'est pas pour autant que nous pouvons nous qualifier de masculin ou de féminin. Cette identité sexuelle, construite tout au long de notre vie, dans une interaction constante entre le biologique et contexte socio-culturel, est pourtant décisive dans notre positionnement par rapport à l'autre ».

Ces manuels constituent donc au moins trois entorses aux valeurs de l'école laïque et républicaine car l'école doit avant tout former l'esprit critique selon les exigences de la raison et se doit d'être neutre. Par ailleurs, on ne peut pas obliger les professeurs de SVT à relayer un discours extra- scientifique. Pour le journaliste et écrivain, Gérard Leclerc, « Il s'agit d'imposer une idéologie fabriquée aux États-unis et dont le caractère philosophique, militant, voire intrusif, est patent ».

Inscrite dans le Code de l’éducation, l’éducation à la sexualité doit avant tout reposer sur une démarche éducative qui répond à la fois à des questions de santé publique et à des problématiques concernant les relations entre garçons et filles non à des théories fumeuses. Même si la « théorie du genre sexuel » n’apparaît pas stricto sensu dans les programmes d'enseignement de SVT, elle est clairement présentée dans les manuels scolaires ce qui est autant illégitime que choquant. Le manuel édité par Hachette y consacre par exemple une page entière, sous l’intitulé « Le genre, une construction sociale » !

Il est donc du devoir de l’État de mieux contrôler le contenu des manuels scolaires dont disposent les lycéens et nous comptons sur votre action afin de retirer des lycées les manuels qui présentent cette théorie. C'est l'éducation de nos enfants qui est en jeu.

Vous remerciant par avance de la bienveillance avec laquelle vous voudrez bien étudier ce courrier, nous vous prions de croire, Monsieur le Ministre, à l'assurance de nos sentiments les meilleurs.


Bureau 6802-Assemblée Nationale-126 rue de l’Université-75007 PARIS-

Tél 01.40.63.68.02 Fax 01.40.63.66.38

Site Internet : http://www.depute-mallie.com – E-mail : rmallie@assemblee-nationale.fr




samedi 27 août 2011

392° Cache-cache de niches.



Inégalités


Monsieur Fillon est déterminé. Et pour preuve de son implacable efficience, il affirme que l’imposition des super-riches qu'il envisage pourrait dégager 150 à 200 millions d'euros. Pris dans la poche des copains du Fouquets... Enfin, dans le porte-monnaie, pas dans le porte-feuille.

Belle gesticulation. Spectaculaire, mais peu crédible. Le Kiosque aux canards, un site que j'aime bien et qui n'a pas sa calculette dans sa poche établit que cette somme n'est que cinq fois supérieure au chèque que le fisc a adressé l'an dernier à Liliane Bettancourt au titre du bouclier fiscal. Ou qu'elle représente presque la moitié de ce que vient d’empocher Bernard Tapie.


Même l'Inspection Générale des Finances, cette séditieuse bande de gauchistes, estime que Fillon fait là dans le dérisoire et établit dans son rapport qu'au lieu de ces minables 150 à 200 millions sacrifiés comme « part du feu », c'est 30 milliards d'euros qu'on pourrait récupérer en s'attaquant vraiment aux niches fiscales, en établissant que sur les quatre cents niches répertoriées, 125 au moins ne sont profitables qu'à leur bénéficiaires et contre-productives pour le reste du monde.

Parce qu'entre nous, augmenter le tabac, les parcs d'attraction, les assurances-vie, les livrets fiscalisés, cela va frapper les classes moyennes et même les classes populaires. Ce n'est pas un militant de gauche qui le dit, mais un site financier.


« Pourtant, les faits sont têtus : la plupart des mesures proposées ne concerneront pas qu’une poignée de ménages très aisés, mais bien l’ensemble des épargnants. »


Finalement, le coup de rabot sur les niches se transforme en un coup du nabot pour les riches.


* * *


Homophobie...


Christine Boutin tourne vinaigre. Le puritanisme victorien ne lui suffit plus, elle veut maintenant réécrire l'histoire, dans la meilleure tradition de 1984.

Alors que le nombre de fidèles dans les églises a clairement régressé bien en-dessous du nombre de gays et de bisexuels, elle entame une litanie de contre-vérités qui la mènera droit au créationnisme si on n'y prend pas garde.

Elle qualifie les associations LGBT de groupuscules, (groupuscules qu'on voit défiler dans toute l'Europe les jours de Gay Pride), sans doute soutenue en cela par les bouffonnes évaluations de la Préfecture de Police, et se lance avec un ardeur dans l'art du sophisme.

Elle affirme par exemple que « toutes les civilisations qui ont reconnu l’homosexualité ont connu la décadence». Or l'histoire nous apprend que toutes les civilisations, sans aucune exception, sont passées par une apogée pour connaître une décadence... A commencer par la civilisation chrétienne dont elle se fait le parangon. (la parangonne ? Non, il n'y a pas de féminin!).

Aucune civilisation n'est pérenne. Mais ça ne l'arrange pas, alors elle sème sur le terreau de l'obscurantisme, comme tous les bons populistes. Elle tente d'inventer des slogans qui accrochent l'oreille à défaut de l'esprit, mais qui, comme beaucoup de vociférations percutantes, ne représentent rien.


Et pendant que le PS fait semblant de ne pas se déchirer, elle, elle déchire avec délectation un tissu social péniblement tissé par quarante années de militantisme, où s'accrochent désespérément les familles mono et homoparentales, les adolescents rejetés par leur famille qui se suicident encore bien trop souvent, les gays persécutés dans les banlieues et les pays « exotiques », tous ceux qui n'ont que leur corps à vendre pour pouvoir manger sans voler, tous ceux qui, simplement, espèrent trouver un morceau de bonheur dans la simple possibilité de vivre comme ils sont, en harmonie avec leur nature et en symbiose avec les gens qu'ils aiment.



samedi 20 août 2011

391° Encore un traitre chez les homophobes


Il y a bien longtemps qu'on a pu remarquer, avec l'assentiment des psychologues, que de nombreux homophobes déclarés et militants étaient des homosexuels refoulés. Les États Unis, pays où l'homophobie est un marché légal et porteur, arrive en tête avec une longue cohorte de pasteurs, de représentants et de sénateurs républicains et autres joyeux drilles pris avec une main dans une culotte où elle n'aurait pas du se trouver.

Cela vient encore de se produire avec Monsieur Philipp Hinkle, républicain bien sûr, et auteur d'un amendement empêchant le mariage gay dans l'Indiana.

La tendance est telle qu'un site bien informé vient d'en publier le hit-parade ! Il y a trois pages sur ce lien, voir la suite du défilé en bas!

Et on constate qu'un bon nombre d'entre eux sont dénoncés par leur gigolo, leur escort comme on dit dans le beau monde. Voilà une raison de plus pour militer pour la légalisation de la prostitution, à l'encontre des tendances qui sont en gestation chez nous, non seulement à droite, mais jusque dans le programme du parti socialiste, qui prévoit de poursuivre les clients au moment où la Suède revient en arrière sur cette bourde.

Voir dans cet article à côté de la photo du Père Noël.

Non seulement la prostitution joue un rôle positif dans l'éradication de la violence sexuelle, mais elle contribue à assainir notre monde politique en le purgeant de ses imposteurs...


Il ne nous reste plus qu'à espérer que la propension européenne à imiter tout ce qui nous vient d'Amérique s'étende également à ce domaine. Je verrais bien quelques grandes gueules bien franchouillardes et bien catho qui font à l'occasion les bonnes pages de ce blog étendues sur le sling des médias à scandale.


Plus ennuyeux sont les événements qui ont marqué le passage de pape en Espagne. Non seulement on a chassé les laïcs de la Puerta del Sol où le pape ne devait pas se rendre, (les cérémonies avaient lieu sur la place de Cibeles, plus centrale), mais une véritable opération policière avec de nombreux flics en civil a circonvenu le kiss-in qui était prévu le long du cortège des croisés.

De nombreux témoignages et articles expliquent qu'à cet endroit, il y avait plus de policiers que de manifestants petentiels, et que seuls ceux qui avaient « réservé » leur démonstration pour le dernier moment et ne portaient ni drapeaux ni pancartes avaient réussi à accéder au cortège.


Dans tous les pays d'Europe, une loi interdit les rassemblements sur l'espace public sans autorisation préalable. Il doit en être de même aux USA, mais les employés de la compagnie de téléphone Verizon, qui sont en grève, ont trouvé un moyen élégant de la contourner : au lieu de se constituer en défilé, ce qui nécessite une autorisation préalable, ils se répandent dans toute la ville, dans le métro, les bus, par deux ou trois avec des pancartes, des sifflets et des distributions de tracts. Ce n’est pas malhabile : en se privant de la « photo de masse », ils touchent bien plus de gens qu'un cortège, le public ayant plutôt tendance à éviter les cortèges pour ne pas être bloqué... A méditer..


Et enfin, avis aux censeurs : en Argentine, le gouvernement a voulu bloquer un blog qui publiait des documents soi-disant confidentiels. Pour ce faire, il a carrément bloqué « blogger.com », qui comporte notamment « blogspot.com », le site qui héberge le présent blog.

C'est donc un million de blogs, dont le mien, qui sont devenus inaccessibles au public argentin.

Autre résultat colatéral : les informations qui seraient sans doute passées inaperçues ont été recopiées sur des centaines de sites miroirs, ce qui permet au monde entier, grâce à cette publicité, de les consulter aujourd'hui...




vendredi 12 août 2011

390° Albion, toujours plus perfide.





Les politiques, les Anglais d'abord, puis de nombreux autres, ont bien du mal à propager l'idée que les émeutes de Grande Bretagne seraient des faits de criminalité sans rapport avec un mouvement social.

D’observateurs plus objectifs, il ressort que le pays paye, tardivement mais clairement, ses trente années de thatcherisme et de loi de la jungle. Il me souvient d'un ami qui, dans les années 90, revenait de Liverpool où son travail l'avait entraîné, et qui me racontait son étonnement d'avoir vu dans les rues de nombreuses personnes avec des vêtements rapiécés, ce qui lui rappelait douloureusement l'occupation... .


Certes, des boutiques ont été pillées, des magasins vandalisés, des immeubles incendiés. Ceci dans un contexte que nous connaissons et qui se reproduit à l'identique dans tous les pays du monde et notamment chez nous : la mort d'un délinquant en contact avec la police. Même s'il n'a pas raison, et que la police ne l'a pas assassiné et n'a fait que son travail. Que ce soit à Bondy où deux « jeunes » qui roulaient en scooter à tombeau ouvert et sans casque ont refusé la priorité à une voiture de police, qu'à Aulnay-sous-Bois où deux autres se sont jetés sur un transformateur haute tension...On se souvient des nuits d’émeutes qui ont résulté de ces accidents, liste non limitative, à tel point qu'en jargon policier, « le syndrome de Bondy » est une expression couramment utilisée pour désigner ce qu'il faut à tout prix éviter si on engage une poursuite, voire pour exprimer la meilleure raison possible de ne pas l'engager...



Qu'importe l'étincelle, la rage d'en découdre est telle que le plus mauvais prétexte devient le bon. A tel point que la police, en Europe, hésite à se lancer dans une poursuite de peur qu'on lui en reproche la casse qui peut en résulter.

Et à cet égard, l'Angleterre des laissés pour compte du thatcherisme était mûre pour voir naître de telles émeutes, et s'expose à les voir se renouveler en refusant d'en reconnaître la teneur et en les regardant comme une sédition passible d'intervention militaire. On fait à peine mieux en Syrie! .

A côté de cela, les insurgés britanniques s'avèrent quand même un peu plus futés que nos pauvres pauvres hexagonaux, qui incendient leurs propres voitures et leur gymnase au pied de leur barre HLM. Eux, au moins, vont incendier des Jaguar dans les beaux quartiers. Ils ont du lire « L’insurrection qui vient ». à télécharger ici.


Ingrédient par ingrédient, le pouvoir britannique en a accumulé toutes les conditions : diminution de l'impôt, réduction drastique des allocations de toutes sortes, étranglement des associations et institutions sociales, abandon des foules à la communautarisation et à l'endoctrinement qui en résulte, traitement impitoyable des manifestations allant jusqu'à laisser mourir des grévistes de la faim. ( Irlandais, mais aussi des mineurs de charbon dans les années 80...), tour de vis sur les distractions ( fermetures des boites et pubs à 2h sans exception), (dont il a résulté les « raves-party » et les « free party »..), etc...

Accessoirement, souvenons nous de la « section 28 » promulgué par la dame de fer en 1988, qui interdisait tout événement présentant l'homosexualité sous un jour favorable, ce qui provoqua la fermeture de trois journaux, conduisit les écoles et municipalités à épurer leurs bibliothèques, à renoncer à promouvoir films, festivals et pièces de théâtre, et qui prévoyait même le retrait de la licence à tout établissement public (pub, night-club) qui faisait état, directement ou non, d'homosexualité dans ses activités, ses produits ou sa cible de clientèle. On en était dans les discothèques jusqu'à hésiter à passer certains disques...

Plus encore qu'en France, une fracture sociale divisa le pays, qui inspira de nombreux films. (The Full Monthy, Trainspotting, Billy Elliott, et presque toute l'oeuvre de Ken Loach...)


Je ne me lasse pas d'établir un parallèle entre l'attitude du gouvernement britannique et les politiques souhaitées par les duettistes Sarkozy – Marine le Pen qui semblent suivre sa trace avec assiduité.

Dans leur esprit, il n'existe pas de laissés pour compte, mais une cohorte de gens dépourvus des valeurs du travail et de l'effort. Il n'existe pas de chômeurs, mais un bataillon de paresseux et d'opportunistes. Ceux qui réclament un secours au titre de la solidarité nationale ne sont que des coureurs d'allocations. Et des assistés. Les moyens des états ne sont au service que des entreprises qui les utilisent pour délocaliser leur activité et acquérir des parts les unes des autres dans d'obscures et vaines orgies de cannibalisme financier.

Les impôts sont diminués. Ça n'améliore en rien la vie de ceux qui n'ont pas les moyens d'en payer, mais qu'importe puisque ce ne sont pas de « bons électeurs ». Cela favorise la prise de contrôle du grand nombre par le petit nombre, ce qui est bien le but recherché.

On n'a plus aucune honte à regarder les gens mourir de faim au bord des trottoirs. Même en France, les subventions du SAMU Social sont rabotées jusqu'à l'invalidation du système. Cela favorise la récupération du système caritatif par les églises, ce qui a le mérite d'occuper les esprits trop agités.



Comment, je suis dans la caricature ? Mais pas du tout ! Quel magnat de la presse britannique a défendu Margaret Thatcher becs et ongles pendant vingt cinq ans ? Rupert Murdoch... La récente actualité nous a montré avec quelles méthodes.

Que des manifestants dépourvus du plus élémentaire, qui survivent à la Charles Dickens, aillent piller des boutiques, ce n'est pas surprenant... Bien sûr, c'est de la délinquance, mais la plus élémentaire bonne foi oblige à la relier au contexte de misère qui est le ferment de cette agitation.


Souvenons-nous de cette réplique de Surcouf qui, capturé par un capitaine britannique, s'entend dire : « Nous, soldats, nous battons pour l'honneur, tandis que vous, flibustiers, vous battez pour l'argent », et répond : « On se bat toujours pour ce qu'on n'a pas »....

Eh bien oui, ils vont profiter du désordre pour s'emparer de ce qu'ils n'ont pas, téléviseurs, vêtements, etc... Oui, c'est du vol, mais le système qui alterne des îlots d'opulence et des foyers de misère n'est-il pas en lui-même une véritable provocation ?


Le système qui a conduit l'Angleterre où elle en est, comme celui de Reagan, comme la doctrine sarkozienne et comme le lepénisme, qui, au prétexte d'une obsession anticommuniste primaire, assimilent socialisme avec oisiveté, solidarité républicaine avec communisme, chômage avec assistanat, revendication avec escroquerie et manifestation avec sédition, encourage de tels débordements.

On voit même, en Europe, l’extrême droite passer la vitesse supérieure, et à défaut de penser pouvoir perpétuer le système, tenter de récupérer le mécontentement pour y asseoir son pouvoir. Marine LePen tente de se faire élire par une faction contre une autre, de prendre aux très pauvres pour donner aux très fauchés, bref d'établir un régime où un milieu ouvrier « choisi » contribuerait à perpétuer le système au détriment de plus misérable que lui, mais toujours sans toucher à la part grandissante des nantis.

Vous voulez de la « redistribution »? On va en faire !... Mais entre pauvres... Pas d'augmentation d'impôts, ce qui fait une belle jambe à ceux qui n'en paient pas... La kolossale finesse admirablement exploitée par Sarkozy dans sa campagne n'était-elle pas de faire croire aux pauvres qu'ils allaient devenir riches ? Et celle de Marine Le Pen de promettre aux pauvres "Français" le misérable bout de gamelle des immigrés? Si vous ne voyez pas de continuité dans ces processus, vous êtes un parfait gogo pour les populistes.

Le Maghreb se libère de la dictature. Le tour de la Méditerranée s'indigne. Les banlieues françaises s’enflamment pour un oui ou pour un non. L'obséquieuse Albion craque dans son système clanique compassé et entre en éruption. Et on voudrait nous faire croire qu’il n'y a là que hasard et délinquance ?







samedi 23 juillet 2011

389° Après l'homosexualité, l'UMP s'attaque à la pornographie.




L 'UMP nous en veut. Pas seulement aux homosexuels, mais à la liberté sexuelle tout entière. Je vous parlais de Lionel Luca dans l'article précédent (388) , comment imaginer qu'il allait si vite faire parler de lui à nouveau?


Quand je pense qu'il existe encore de doux rêveurs, genre GayLib, qui espèrent promouvoir la liberté sexuelle et homosexuelle au sein de l'UMP. Nous mentent-ils cyniquement, ou se mentent-ils naïvement à eux-mêmes ? Bien sûr, ils vont me dire : « Luca et Vanneste, ce n'est pas toute l'UMP ». Heureusement. Mais tant que l'UMP ne les flanquera pas à la porte et continuera à reluquer avec concupiscence sur leur électorat, aucun progrès ne se fera.


Voilà notre Lionel Luca associé à Christian Vanneste, (Qui a dit « Joli couple? » Un peu de respect, je vous en prie.) Christian Vanneste, donc, grand exégète de la sexualité exclusivement reproductrice et auteur du brûlot homophobe « Homme et femme, dieu les créa » dans une proposition de loi aux motifs surréalistes et à la faisabilité inexistante.


Voilà donc treize députés (ça commence déjà plutôt mal...) qui nous pondent un projet de loi proposant que l'internet livré par les opérateurs soit purgé de toutes les « adresses pornographiques », et que celles-ci ne puissent être « optées » qu'une par une à travers le contrôle parental.


Parcourons ensemble le texte de ce projet de loi... (extraits en italique.).

Dès le paragraphe 2, le ton est donné : tentations sexuelles, perversités.... Mais qui a prétendu, sinon les dogmes religieux, que la sexualité serait une « tentation » [menant à] des « perversités » ?

Si dès les premières lignes, on confond catéchisme et éducation civique, c'est tout le texte de loi qui va partir en vrille en négligeant de prendre en compte la laïcité de la république pourtant prévue dans la constitution...


Un peu plus loin, on découvre que la consultation de la pornographie peut engendrer une « dépendance psychologique, physique et psychique » …. Certes, ça éloigne quelque peu de la fréquentation régulière des lieux de culte, (encore que...) mais le culte n'est-il pas une autre forme de dépendance psychologique et physique ? Et psychique? Pourquoi chacun n'aurait-il pas droit à ses petites habitudes tant qu'elles ne concernent que lui???


« La pornographie s'étend de manière silencieuse dans la société et affecte toutes les classes d'âge », peut-on lire un peu plus loin. Ah bon ? Elle touche aussi les enfants... « Leur esprit se construit à partir de ce qui est virtuel... »...

Moi, je dirais plutôt : « La frustration sexuelle et tous les dérèglements et abus qu'elle engendre s'étendent de manière silencieuse dans la société et affectent toutes les classes d'âge »...

Alors, comment se construisaient nos têtes blondes avant l'informatique ? C'est bien connu, avant l'ère informatique, il n'y avait pas de viols, pas d'attentats à la pudeur, pas de crimes sexuels, pas d'homosexuels non plus ? Comme chez Ahmadinedjad ? On vivait dans le monde de Oui-oui ? Ou dans celui de Non-non ?


« C’est un peu comme si toute la réalité du monde, à travers toutes ses dimensions, était exposée aux enfants sans étape préalable, sans ordre, sans explication, sans morale quelconque » Comme si la situation antérieure était plus explicite ? Dans l'immense majorité des familles, on ne parle pas de sexe, et plus les lycées et collèges sont conformes aux vœux des auteurs du projet, moins on y dispense d'éducation sexuelle. Les enfants et adolescents sont livrés à eux-mêmes en ce qui concerne la préparation aux choses du sexe. Là, sans doute, il y a un problème. Mais ce n'est pas la pornographie qui va le résoudre, ni par sa présence ni par son absence.


Et petit à petit, bien plus insidieusement que la pornographie ne s'introduit dans les foyers, la voilà qui « pousse à démystifier ce type d’information ». Ah, parce que le sexe est un mythe ? Moi, je croyais que c'était une chose tout à fait naturelle. Je me trompais. ? Bien avant « l'invasion pornographique d'internet», on faisait des travaux pratiques après l'école avec les petit(e)s camarades. Ça valait bien quelques vidéo floues glanées sur internet, non ? Mais question information et pédagogie, ce n'était ni mieux ni pire.


Le projet de loi nous explique qu'internet « banalise » la chose sexuelle, et que cela conduit à des délits et des crimes. Or non seulement les délits existaient avant la pornographie, (et sans doute de manière bien plus fréquente et moins réprimée), mais je prétends, moi, que si la sexualité était banalisée, elle ne serait pas, comme tout interdit, l'objet de frustrations qui elles, conduisent au débordement. Il y a tout un débat à tenir sur le rôle d'exutoire utile de la pornographie et également de la prostitution dont les penseurs à la mode ne veulent pas entendre parler.

Et cette castration sociétale gagne comme une gangrène : le programme du parti socialiste pour les prochaines présidentielles prévoit de poursuivre les clients des prostituées en justice, au lieu de réglementer le domaine et de se soucier du devenir des travailleurs du sexe.

Résultat prévisible : l'activité va « prendre le maquis » et s'exposer davantage à la main-mise des gangs et mafias, le nombre de chantages, divorces, de familles brisées et d'enfants déchirés va exploser comme il a explosé en Suède dans les années qui ont suivi la promulgation d'une loi aussi stupide, et de nouvelles activités vont voir le jour, comme les bateaux de croisière suédois qui vont dans la nuit passer quelques heures en dehors des eaux territoriales, là où la loi imbécile ne s'applique plus...


Mais revenons-en à nos Luca-Vanneste.

« On estime qu’aujourd’hui 80 % des adolescents ont déjà visionné des films pornographiques dont un enfant de dix ans sur trois. » Qui est « on ? ». L'annonciature ?


« De manière globale, le mot clef le plus tapé dans les moteurs de recherche est « sexe ».

Faux. Preuve à l'appui ICI.

Voilà une proposition de loi bien étrangement étayée...


Les digues submergées, le tsunami s'étend : « Or, un enfant de 6 à 7 ans (comme on en rapporte beaucoup de cas) qui visionne une scène pornographique pouvant inclure des pratiques sadomasochistes, manifeste des troubles similaires à ceux qui adviendraient s’il avait subi un abus sexuel ».

ON a encore sévi. Qui est ce « ON » qui connaît des enfants de six ou sept ans qui matent du sado-masochisme ? Je le trouve drôlement intime avec nos têtes blondes, ce monsieur ON. Car si on a trouvé des URL sado-maso dans l'historique de l'ordinateur de la maison, c'est beaucoup plus vraisemblablement parce que papa (ou maman) sont allé se distraire un peu en attendant que le chéri revienne de l'école. Lequel en général se précipite sur des sites dédiés à sa tranche d'âge avec des jeux appropriés dont on a le plus grand mal à l'arracher ensuite pour venir manger.

Je connais des adolescents accros aux jeux vidéo, je n'en connais aucun accro à la pornographie. Les législateurs semblent ici transférer leurs propres fantasmes aux enfants... Quand un ado voit un ordinateur, il pense bien davantage "jeu vidéo" que pornographie.


Au début du projet, les adolescents étaient menacés, puis les enfants de dix ans, maintenant les six à sept ans... Je m'attends à un paragraphe où on va m'expliquer qu'il faut protéger les femmes enceintes de la pornographie, puisqu’il est bien connu que certaines sensations commencent à se constituer in utero...

Je me demande aussi, sans vouloir manquer de respect à personne, comment, dans la mesure où on considère qu'un enfant qui a subi un abus sexuel présente ensuite des troubles toute sa vie, quels abus ont bien pu subir ceux qui, toute leur vie, luttent contre la liberté sexuelle, le plaisir de l'amour, l'épanouissement des sens, la libre disposition du corps et jusqu'au simple désir présenté comme une « tentation » ?


Puis vient le contre-exemple :

« D'après une étude de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (INSERM) menée par Marie Choquet en 2004, la propension des filles à faire des tentatives de suicide est multipliée par deux lorsqu’elles regardent assidûment des images X. »

Marie Choquet est bien chercheuse à l'INSERM et sa production pléthorique. J'ai réussi à retrouver l'ouvrage. (Les Jeunes suicidants à l’hôpital, Paris, Éditions EDK, 2004 ).

Malheureusement, ce digest et ces articles de La Croix et du Monde ne parlent pas d'augmentation des cas du suicide en rapport avec la pornographie.

On y parle d'états d'âme, de déceptions amoureuses, de défaillance parentale et de différents autres facteurs.


Dommage aussi que le projet de loi ne parle pas de l'effroyable augmentation des suicides d'adolescents face à l'homophobie qui les empêche de s’épanouir.

http://www.scom.ulaval.ca/Au.fil.des.evenements/2005/02.17/homophobie.html

http://www.lepost.fr/article/2008/02/05/1094572_homophobie-1ere-cause-de-suicide-chez-les-ados.html

http://www.lepost.fr/article/2010/02/24/1956780_homophobie-un-enfant-de-11-ans-se-suicide-aux-usa.html

http://forum.doctissimo.fr/psychologie/depression-deprime-stress/suicide-cause-homophobie-sujet_167355_1.htm


Là, les propos homophobes (enfin, monsieur Vanneste n'est pas homophobe, dit-il, il trouve juste que c'est une pratique inférieure aux autres...), bref les propos nullement homophobes de monsieur Vanneste ne sont sans doute pas étrangers à l'augmentation du nombre de ces suicides, et peut être aussi à l'augmentation des agressions homophobes en légitimant une vision péjorative de l’homosexualité dans l'opinion publique.


Bref, l'idée de la loi est de bloquer d'office toutes les adresses pornographiques par défaut et de demander aux abonnés à internet de les autoriser une par une par « opt-in ». Il existe sans doute quelques millions d'adresses pornographiques dont des milliers changent tous les jours, voilà de quoi occuper nos chômeurs!!! Évidemment absolument irréalisable. Même les Chinois, qui essaient seulement de les bloquer sans les trier avec des grands moyens que nous n'avons pas n'y parviennent pas. Je discute parfois avec des gays chinois et des gays iraniens à travers des sites où il n'y a pas que du texte...


Devant de tels non-sens, il n'est plus question de lutte contre la pornographie ni même contre la liberté sexuelle. Outre la compétence de nos édiles, ce sont les libertés individuelles les plus générales qui sont mises en causes par de tels projets.

Lutter contre de tels excès, c'est affirmer qu'on ne veut pas de Big Brother ni de novlangue ni de contrôle de la pensée, pas de 1984 où l'amour est interdit, qu'on veut pouvoir parler de tout et faire tout ce qui nous convient à la seule lumière du consentement mutuel.


Tiens, curieusement, dans 1984, le personnage de Julia est membre de la « ligue anti-sexe des juniors ». Nos législateurs s'en serait-ils inspirés ?




Dernière minute et black list:

Le site de Têtu est inaccessible sur les serveurs de l'Education Nationale.


Il est pourtant, avec e-llico, l'un des principaux sites auxquels les adolescents en butte à l'homophobie peuvent se référer et tenter de se légitimer pour ne pas se jeter par la fenêtre...

Big Brother veille.






mercredi 20 juillet 2011

388° Nouvelle attaque frontale de l'UMP contre les gay.




Les élections approchent. Les grandes manœuvres commencent. On cherche des boucs émissaires.

Comme d'habitude, les étrangers, les Roms et les pédés vont morfler en priorité. Le problème d'être dirigé par un quarteron d'arrière garde, c'est qu'on « progresse en arrière ». Un rapport des députés UMP Luca et Grommerch intitulé « mariage durable », (une spécialité hétéro???!!) remet de l'huile sur le feu.


Tout ce que l'UMP compte de nostalgiques des régimes de persécutions communautaires, de mises à l'écart des forces de progrès et d'injuste répartition de la richesse est sur le pont : A l'abordage !.


Je vous passe les tentatives de disqualifier les listes des primaires de la gauche et les loukoums croustillants dont on garnit à qui mieux mieux le buffet DSK.


On envoie au front la garde et l'arrière-garde. Même Fillion, pourtant jusqu'ici plutôt réservé, attaque Eva Joly sur sa double nationalité, comme si en posséder déjà une pouvait retirer quelque valeur à la seconde... C'est oublier le nombre d'élus, tant dans la majorité que dans l'opposition, qui possèdent également une double nationalité, israélienne en général. Les Juifs ne sont plus dans le collimateur, mais ils ont du sentir le vent du boulet ! Les vieilles munitions, parfois, ça vous pète entre les doigts.


Après avoir appliqué la politique du chiffre à la Police, (avec les résultats que l'on voit..), on veut maintenant l'appliquer aux médecins. Et ce n'est pas n'importe qui qui est chargé de promouvoir cette riche idée : C'est Lionel Luca , qui s'est déjà fait remarquer pour ses prises de positions favorables à la peine de mort et son souhait de supprimer l'enseignement de l'esclavage des programmes scolaires... (des fois qu'on confonde avec l'éradication du code du travail programmée par l'UMP???)

Plein de bonnes idées, ce Lionel Luca : Il veut aussi interdire les grèves pendant les vacances. Je vous le dis, moi, c'est un début d'atteinte au droit de grève, le but final encore tenu secret étant de le circonscrire au 29 février. Mais chut !


Sur le terrain de ses battues à la recherche de l'argument électoral susceptible de provoquer un sursaut de conscience de son électorat, que ce soit les petits vieux endormis dans leur chaise-longue de la maison Mon-Repos, ou les skinheads dont le cerveau, au cours d'une ratonnade mouvementée, se serait évadé de leur boîte crânienne pour glisser dans leur biceps, l'UMP rencontre donc les homosexuels, et le bastion de leurs luttes actuelles : le mariage gay et l'adoption.


L'homophobie et le mariage gay, ça paie facile pour les réactionnaires. Pas besoin de coûteux communicants ni d'onéreuses campagnes d'information, quelques entrefilets judicieusement placés dans une presse aux ordres suffisent à démarrer au quart de tour une logorrhée de rumeurs qui se propage de comptoir en beuverie, de table de belote en réunion de dentellières et de sacristie en mess de caserne pour apporter l'information ; les pédés, ça ne se marie pas, ça n'a pas d'enfants.


Que près de deux millions de familles monoparentales existent dans ce pays, ça n'empêche pas Christine Boutin d'affirmer que l'adoption par des célibataires est une manière pour les gays de contourner la loi . Voilà donc deux millions de familles monoparentales qui risquent d'être privées d'adoption parce que suspectées d'abriter en leur sein quelques homosexuels rusés qui se cacheraient là pour contourner la loi.


Pourtant, les homosexuels qui ont des enfants (environ deux cent mille en France) ou qui en veulent, ils ne se cachent pas, au contraire. Ils ont de claironnantes associations, au moins deux à ma connaissance, pour promouvoir leur volonté. L'APGL, Association des parents gays et lesbiens , et l'ADFH, association des familles homoparentales .


Mais quand on ne veut pas savoir, on ne veut pas. Aussi, la commission qui, au sein de l'UMP, s'est penchée sur l'avenir du mariage en intitulant son rapport « Pour un mariage durable » s'est-elle bien gardée de les entendre. . Elle a lavé son linge en famille... Hétéroparentale, s'entend.


Au-delà du caractère gravement subjectif et mensonger de ce « travail » présenté comme sérieux, et de l'atteinte à la démocratie et à l'expression plurielle qu'il constitue, la lecture de ce pensum ne va pas sans quelques constatations tristement amusantes.


D'abord, amusez-vous à taper « mariage durable » sur Google. Vous n'y trouverez aucun résultat émis par une quelconque autorité sociale, psychologique ou politique. Ce sont des sites religieux qui se font référencer sous le vocable « mariage durable ». De là à imaginer que le nouveau rapport des UMPistes Roca et Grommerch et de leur porte-parole Mariton est inspiré de relents d'eau bénite, il n'y a qu'un pas que je vous laisse franchir avec ma laïque bénédiction.


Ensuite, attachons nous à un paragraphe de ce rapport qui dit qu'en cas de carence ou de décès des parents, il faut "prioriser l'adoption par les couples ou par les célibataires du cercle familial", c'est-à-dire l'oncle, la tante, etc.... Décalquons cette affirmation sur les archives des affaires pédophiles, pas les monstres massacreurs qui font la une des journaux et dont on voudrait nous faire un « modèle de pédophile », mais de la petite pédophilie « artisanale et quotidienne» qui remplit les prétoires des tribunaux de province sans tapage puisqu'elle n'a pas donné lieu à la moindre égratignure. Et bien dans l'immense majorité de ces cas, (qui sont d'ailleurs hétérosexuels ), la main baladeuse est justement celle d'un oncle, d'une tante, d'un parrain, d'un très proche dont on ne se méfiait pas.

Si on estime, et je l'estime, que moins d'un pour mille de ces affectueux orgasmes familiaux arrive devant les tribunaux, on est bien obligé de dire que le projet de famille durable du gouvernement respecte les traditions, protège l'ordre établi et se garde bien d'apporter le moindre bouleversement dans la tiède touffeur des couettes de nos familles françaises. On ne change rien! Voilà un projet parfaitement conservateur.


Il y a quelque temps, la position de Gay Lib , organe de l'UMP pour récupérer le vote gay était tellement intenable qu'eux-mêmes avaient commencé à s'en apercevoir. Et il avait été question que ce mouvement, devant l'autisme et l'hostilité de son parti face aux revendications LGBT, quitte la maison-mère pour s'amarrer au radeau Borloo. .


Que s'est-il passé derrière les portes matelassées des dirigeants du parti ? Sombres tractations et états d'âme cornéliens dont nous n'aurons jamais idée. Toujours est-il que l'idée maîtresse a prévalu : on n'a toujours rien à foutre des revendications des gays, mais on a besoin de leurs voix en 2012. Donc Gay Lib reste au bercail.


Je ne sais pas si ce sera très efficace. Si les banques prêtaient autant aux jeunes que Gay Lib prête à rire, il n'y aurait pas de crise. Hélas... Le bateau coule, mais l'orchestre joue. Les belles résolutions sont à l'eau. Le « Nicolas, si tu veux nos voix en 2012, donne nous nos droits » qui ponctue la déclaration d'Emmanuel Blanc, président du machin à la veille de la Marche des Fiertés n'est, semble-t-il plus de mise. Le rapport Roca – Grommerch lui a apporté une réponse cinglante et définitive.


Moi, si mon parti me parle sur ce ton, je démissionne. C'est moi qui décide de militer, ce n'est pas lui qui m'enrégimente. Mais à l'UMP, on ne démissionne plus guère, sauf pour parer à une imminente poursuite judiciaire. Les questions d'honneur et de démission ne se traitent plus dans le même bureau. Ni au même étage. La moissonneuse à électeurs s'est emballée, plus rien, plus personne ne peut la maîtriser. Elle pond le même jour la revendication et son démenti sans que personne ne s'en émeuve. Elle tire dans tous les sens, et les rares arbitrages rendus le sont vers un horizon réactionnaire.


L'UMP a voulu revendiquer la notion de progrès, les résistants des Glières et d'ailleurs, Blum et Guy Môquet, le Front Populaire, autant de valeurs qui sont sorties grandies de ces tentatives de prise d’otage. Elle n'est plus qu'un boueux tsunami qu'un vent nationaliste a fait sortir des digues de la décence républicaine, mais dont l'élan va se briser sur la pente du vrai progrès. Puis elle se retirera, laissant une France ravagée à laquelle il faudra rendre ses valeurs de terre de liberté, d'accueil, de solidarité, d'égalité, de diversité, de laïcité, de sécurité, de paix et de bonheur.