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mercredi 11 septembre 2019

583° Noël Le Graët ou la discrimination à la carte





Monsieur Noël Le Graët, président le la Fédération Française de Football veut bien lutter contre le racisme dans les stades, mais pas contre l'homophobie.
Ce n'est que du folklore, estime-t-il.

Pourtant, la loi française est formelle.

C’est le même texte de loi qui punit de la même peine les discriminations de toutes sortes, racistes, religieuses, dues à l’origine ethnique ou à l’orientation sexuelle.
Il en est de même pour les injures.


Monsieur Noël Le Graët, président le la Fédération Française de Football, estime, lui, que la loi française est mal fichue et il entend la façonner à la mesure de son public et de ses petites affaires.

On se demande donc en vertu de quels critères il a déterminé la hiérarchie des discriminations qui lui convient.

On n’ose même pas lui demander où il place l’antisémitisme, par exemple, sur l’échelle qu’il veut nous imposer...

Le racisme, c’est grave. Mais difficile d’aller contre. C’est le commerce de la fédération qui l’exige. 
A défaut de convictions humanistes, force est de constater que les « gens de couleur » marquent plein de buts, et que le monsieur aurait bien du mal à remplir ses stades si ces braves joueurs « d’origine étrangère » n’étaient pas là pour la mettre au fond. 
(la balle au fond du filet, excusez-moi, je m’emporte..)

Mais les « enculés » on ne sait pas s’ils marquent des buts, puisque ça ne se voit pas et qu’on leur casse la gueule quand ils le disent. Alors on sauve le fonds de commerce et on sacrifie les homosexuels sur l’autel de la prospérité footbalistique.

Injuriez les si ça vous fait plaisir, mais de grâce, continuez à remplir les stades…




Il faut tout de même se rappeler que l’homophobie, ce sont des agressions qui finissent parfois en assassinat, des cassages de gueule, des injures, des dépressions allant parfois jusqu’à la déscolarisation ou au suicide, des licenciements abusifs ou des démissions forcées, des enfants jetés à la rue, des familles brisées.

L’homophobie, c’est tout ça.

Chaque fois qu’on crie « enculé » ou « pédé » dans un stade, on fait l’apologie de cette intolérance dévastatrice.

Peut-être que tous les gens qui crient « enculé » ne sont pas des homophobes militants ou violents, mais ils participent à ce mouvement de foule qui légitime les progroms.

Chaque fois qu’on crie « enculé » dans un stade, chaque homosexuel se sent personnellement insulté même s’il n’est pas visé, pris en otage dans un mouvement qui lui dénie sa propre existence, l’essence même de sa personne.

Mais les dérives de monsieur le président de la Fédération ont des conséquences encore plus graves :

Le FFF, c’est plus de deux millions de licenciés dans près de 1800 clubs.



La moitié des licenciés des clubs a moins de vingt ans.



Ils commencent dès l’âge de cinq ans.

La Fédération Française de Football a donc une énorme responsabilité d’éducation.

Ce n’est pas en affirmant que la discrimination des homosexuels est moins grave que les autres discriminations et ne justifie pas les mêmes mesures que Monsieur Le Graët va former une génération de joueurs humanistes et bien éduqués.

Rappelons le nombre de joueurs exclus ou « démissionnés » de leurs club pour homosexualité. On en a fait des livres, des émissions, et même un film.

De tout cela, il apparaît que le président de la Fédération, par ses déclarations hiérarchisant des discriminations que la Loi estime équivalentes, n’est pas à la hauteur de sa charge et ne possède pas les valeurs citoyennes qui doivent inspirer la conduite d’une institution sportive.


















dimanche 7 avril 2019

580° Soutenons Bilal Hassani…



L’Eurovision a toujours été un terrain politique, et surtout un porte-voix pour les libertés trop difficilement partagées par certains pays.
L’occasion est trop belle de faire passer par le biais du spectacle un message de liberté qui se heurte dans tous les autres domaines aux censures et aux restrictions des pouvoirs autoritaires.



En 1997, l’islandais Paul Oscar est le premier chanteur ouvertement homosexuel à concourir en finale.

En 1998, la trans israélienne Dana International remporte la finale. Israël est très partagé sur la diversité des sexualités, mais les progressistes comptent bien sur ce pavé dans la mare à la fois pour faire avancer les idées et pour développer le tourisme dans leur pays.

En 2002, un trio de drag-queens slovènes, Sestre 3 se fait plus remarquer par son accoutrement que par sa prestation musicale, médiocre. Sa sélection en finale semble tenir d’un double miracle, mais ils sont là, loin dans le classement, mais présents...

En 2007, la Serbe Marija Serifovic, qui n’a pas pourtant pas encore fait son coming-out, - ça viendra l’année suivante - chante « Molitva », un ode à la tolérance, un clin d’œil appuyé aux amours lesbiennes...

Puis, pendant quelques années, rien de bien militant, jusqu’à Conchita Wurst, en 2015, dont le triomphe déborde du cadre de l’Eurovision pour devenir un succès international.



Les réactions sont nombreuses, et parfois désolantes. On se demande souvent s'il vaut mieux pouffer de rire ou rire jaune :

La Russie déclare ne plus vouloir présenter de candidat à l’Eurovision. Elle y reviendra, mais sans grand succès, puisque l’aval obligatoire du pouvoir et les lois « anti-propagande » éliminent les candidats un brin originaux…

La Chine, qui retransmet l’évènement sans y participer, censure des passages entiers du concours. Tout y est passé au peigne fin par Mango-TV, la chaîne spécialiste des événements culturels internationaux. Par exemple, lors de la cérémonie des Oscars, le mot « gay » avait été sous-titré par « original »
La Turquie parle de se retirer aussi…

Cette année, en 2019, le groupe autour de la chanteuse ukrainienne très célèbre, Maruv, remporte les sélections de son pays, mais le pouvoir ukrainien veut imposer à la chanteuse  un contrat l’enjoignant à modifier le texte de sa chanson pour y inclure des slogans anti-russes, les deux pays étant en conflit, notamment à propos de la Crimée.

Elle refuse de signer. Elle ne pouvait pas le faire, de toute manière, son producteur, la chaîne de télévision PBC, filiale de Warner Music Russia, étant pro-russe.

La chanteuse, qui n'est pas que chanteuse, mais aussi polytechnicienne, fait une conférence de presse pour dire que la politique ne doit pas s’ingérer dans l’art, et que si son pays ne veut pas d’elle, elle s’en va. Les autorités ukrainiennes proposent alors aux seconds et troisièmes des éliminatoires de représenter le pays : tous refusent.
L’Ukraine n’a plus de candidat à l’Eurovision.

En France, des éliminatoires indépendants et bien réguliers désignent le jeune chanteur d’origine marocaine, Bilal Hassani, comme finaliste pour représenter le pays.

Notons que deux homosexuels militants participaient à la sélection. Bilal Hassani n’est en effet pas tout seul : il y a aussi Emmanuel Moire, dont la chanson « La promesse », est une ode émouvante à l’amour des garçons. :

Je me fais la promesse, je me fais la promesse
De vivre enfin quand mon cœur bat pour un homme
Pour un homme,...
Bilal Hassani a une chanson tout aussi engagée, « Roi », avec du charme, un brin de mystère et de paillettes en plus.

Ne me demandez pas qui je suis,
Je suis pas dans les codes
Ça dérange beaucoup

Il l’emporte. Il va prendre très cher… Des tombereaux d’injures vont se déverser sur lui. Il va devenir la cible de tous les réacs de France et de Navarre.

Catherine Rambert, chroniqueuse à Téléstar :

. "Est-ce qu'on peut rappeler quand même que l'Eurovision c'est quand même un concours de chansons au départ ? Et là, on dirait un concours de déguisements et de travestis. Je n'ai rien contre ce garçon qui a l'air très sympathique, mais on juge des chanteurs en principe"...

« Touche pas à mon pote » « people » laisse entendre qu’il y a derrière cette victoire un travail de comm’ pour le faire avancer. On n’y prononce pas le mot « lobby », mais on sent que c’est le fond de la pensée du chroniqueur…

Pourtant, « Touche pas à mon poste » finira par inviter Bilal le 4 février, -difficile d’ignorer le succès sur une chaîne commerciale -, et tente de le coincer à propos de ses tweets de jeunesse où les homophobes et des Juifs intégristes avaient trouvé matière à polémique.


 Le garçon s’est très bien sorti de l’épreuve :
« Je suis surtout très heureux de faire l'Eurovision avec cette chanson. C'est un morceau qui a un message très fort, contre toutes les discriminations. Donc, voilà. C'est dans mes convictions. Je suis moi-même discriminé, je serai toujours contre toute violence. J'ai beaucoup d'amour à offrir à tout le monde et je vais tout donner pour pouvoir représenter la France du mieux que je peux »

Même Philippe Manœuvre, sur RTL, dont on pourrait croire qu’il aime les artistes originaux et innovateurs, y va de sa diatribe :

"C'est la fête à Neuneu, l'Eurovision  ! Faut y aller avec des transsexuels barbus, avec des bonnes femmes qui ont de l'abattage !", avait-il lancé, ajoutant que Cindy Sanders aurait mieux fait l'affaire. "Elle aurait été une parfaite candidate à l'Eurovision parce qu'elle envoie comme un poids lourd et qu'il faut avoir un côté Dalida".

La droite bien franchouillarde est furieuse, et en avale son dentier.
Une chroniqueuse parle de « baissage de culotte », de chanteur maghrébin qui représente la France avec des paroles à moitié en anglais, et d’Eurovision qui fait déborder le vase :

« L’an dernier, nos représentants, avec « Merci », nous chantaient une ode aux migrants, cette année, c’est un travesti qui nous représente avec une apologie de l’homosexualité »…..
Je vous passe la suite.

Merci, Bilal, de faire chier les gros cons. Un peu de lumière, de joie, et de courage dans ce mode de brutes.

Bilal Hassani a besoin d’être défendu. Heureusement, il a des fans. Nombreux et enthousiastes.
Lesquels ont décidé de fêter la sortie de son nouvel album avec une fan-party qui aura lieu à Paris le 26 avril prochain.
Ce n’est pas un évènement « mondain », c’est un évènement quasi associatif, l’entrée est à 10€.

Quasiment un acte militant. Je vous ai donc publié l’affiche ci-dessus.
Bilal Hassani « in person » pourrait bien s’y trouver…


Réservations billettrie :

A bon entendeur...





samedi 30 mars 2019

579° Boy Erased, l’enfer des thérapies de conversion.





Boy Erased est avant tout un film sur l’aveuglement de la religion, la négation de la nature même par la foi aveugle, un documentaire où l’on comprend que l’intégrisme et la radicalisation rongent toutes les religions, y compris celles qui peuvent nous sembler familières et inoffensives.



Avec un petit plus propre à la religion américaine : On y comprend d’emblée que là-bas, un temple, une église n’est rien d’autre qu’une entreprise commerciale, prête à tout pour séduire sa clientèle, attirer sur ses bancs les fidèles d’en face, et pratiquer le populisme le plus effrayant pour augmenter le chiffre d’affaire.

Les Européens ont du mal à imaginer qu’aux USA, tout tourne autour de la religion. Lorsque vous aménagez dans un nouveau quartier, vos voisins ne vous demandent pas quelle est votre profession, mais quelle église vous allez fréquenter. N'importe laquelle fera l'affaire, ce n'est que si vous n'allez dans aucune que vous aurez du mal à vous intégrer.

Cela paraît quasiment normal pour un Américain, aussi, le film ne s’attarde-t- pas trop sur cette démonstration. Dommage pour son impact à l’exportation.

En effet, la scène où le père du héros, pasteur baptiste, réalisant enfin qu’il ne changera pas la nature de son rejeton, déplore d’avoir travaillé toute sa vie pour « construire une entreprise qu’il espérait lui léguer afin qu’il en vive confortablement» constitue, pour nous, européens, un choc supplémentaire dans la perception du phénomène...




Le réalisateur, Joël Edgerton, s’est réservé le rôle de l’odieux maître de ballet de la cure de thérapie, s’entourant de Lucas Hedges pour interpréter le jeune homme, de Russell Crowe pour le papa-pasteur, de Nicole Kidmann dans le rôle de la maman, et même de Xavier Dolan qui incarne, dans un rôle secondaire mais très acide, l’un des malheureux patients au côtés du héros.

L’une des premières scènes donne le ton et le niveau de l’argumentation des « formateurs ».
Pour démontrer que l’homosexualité n’est pas innée, mais choisie, l’enseignant demande à la classe qui joue au football, puis à l’élève qui s’est hasardé à lever le doigt :
« Est-ce que tu es né footballeur, où t’es-tu décidé un jour à te mettre au football ? »…

Tout dans la dialectique des « déformateurs » est du même acabit, l’argument ultime étant bien sûr que dieu peut tout pardonner à celui qui se repent et revient dans le « droit chemin »…
L’amour de dieu pèse lourd, très lourd, dans cette maladroite pédagogie, qui prétend éradiquer tout à la fois et de la même manière l’alcoolisme, la drogue, l’appartenance à un gang, la tabagie et l’homosexualité. L’élixir du docteur Jésus serait un remède universel…

 

Une des scènes, trop courtes, mais décisives, est celle où l’on fait avouer au patron du stage de conversion qu’il ne possède aucun diplôme, ni médical, ni psychiatrique, ni d’aucune sorte, et qu’il n’est le que la patron d’une entreprise commerciale qui vent à prix d’or (3000$) un traitement de choc essentiellement fait d’humiliation publique et de lavage de cerveau.

Encore une fois, pareille révélation choque moins les Américains, pour qui tout est commerce, que nous, Européens, qui rangeons encore naïvement les institutions de spiritualité au rayon associatif, alors que si chez nous, elles restent peu commerciales, elles deviennent par contre abusivement politiques.

Et pourtant, nous ne sommes pas trop mal protégés, puisqu’en Europe, pareilles pratiques entreraient immédiatement dans le cadre d’un comportement sectaire caractérisé et tomberaient sous le coup de la loi.

Définitivement, aux USA, tout est entreprise, et aucun législateur ne se hasarderait à trier, parmi les propagateurs de doctrines, le bon grain de l’ivraie…
Il n’existe là-bas aucune loi contre les sectes et les débordements religieux, premier amendement oblige…

Il faut voir Boy Erased comme un documentaire hallucinant sur les ressorts profonds de l’homophobie qui, dans ce pays qui fait feu de tout bois, peut être à la fois un produit commercial, un argument politique, et même une vocation professionnelle pour certains illuminés qui pratiquent et répandent cette discrimination avec zèle et ostentation pour se voiler à eux-mêmes les sentiments homophiles qui les tourmentent.

Et si après cela, vous estimez encore la religion , n’importe laquelle, propre à éclairer votre entendement, à satisfaire votre spiritualité et à conduire vos actes sur le chemin de la vie… personne ne peut plus rien pour vous.




lundi 13 juin 2016

537° Orlando, tournant de l'histoire ou point d'une continuité?





Je le craignais depuis longtemps.
C’est arrivé.

Pourtant, c’était prévisible parce que ce n’est nouveau que par la gravité des faits, pas par le principe.

A longueur de ce blog, depuis dix ans, je parle de la bombe à clous du pub Admiral Duncan à Londres en 1999, des bombes incendiaires dans un sauna gay de Budapest en 2008, des nombreux bars gays attaqués à Paris, Lille, Bordeaux, Bruxelles, etc.

Aux États Unis comme dans le reste du monde, l’histoire des LGBT se confond avec celle de leur persécution, une seule tuerie dans un bar gay en 1973, donc pas hier, avait déjà fait trente morts…

Sans parler des innombrables agressions individuelles, lâches, gratuites, de braves gens accusés d’être ce qu’ils sont.

La perspective de l’attaque de grande envergure d’un établissement gay était inéluctable. La seule chose encore incertaine était l’heure et le lieu.

Et l’incertitude demeure : ce n’est pas parce que c’est arrivé que cela n’arrivera plus. Au contraire : voilà un nouvel objectif maintenant bien dessiné dans le collimateur des fous furieux.

Ce qui frappe à Orlando, c’est le principe de l’exécution de masse. Cinquante morts d’un coup.

Mais combien de gays morts pendus en Iran, lynchés par les foules africaines, décapités au Moyen Orient, jetés du haut des immeubles en Afghanistan? Orlando n’est que le dernier avatar de cette litanie.

On peut parler aussi du million de morts estimé en Europe pendant plus de mille ans, brûlés « pour la purification de leur âme » par une église chrétienne qui déplore aujourd’hui la violence, mais qui n'exclut pas à ce jour de ses enseignements les principes discriminatoires anti-homosexuels qui contribuent à légitimer l’homophobie « culturelle ».

Devons-nous être rassurés de voir, dans tous les pays civilisés, des foules entières se rassembler en hommage à des victimes tuées à cause de leur homosexualité ?

Certes, ces hommages étaient impensables il y a encore quelques décennies. En progressant sur la voie de la reconnaissance, nous excitons la bête féroce de l’intolérance, mais c’est le prix à payer. Pour nous mener vers un monde meilleur, l’humanisme marche sur un champ de bataille jonché de cadavres.

Pour bien analyser le phénomène, il ne faut pas faire, comme les télévisions buzzophages, le gros plan sur les survivants éplorés et les familles des victimes. Bien sûr, ils existent, mais ils ne sont que la partie émergée de l’iceberg.

Il convient de replacer l’événement au sein de la longue histoire LGBT, qui est avant toute chose, celle d’une sorte d’éradication permanente, de solution finale appliquée sans fin d’année en année, de siècle en siècle.

On peut parler des déclarations du rabbin Sitruk, ex grand-machin de France, paroles moyenâgeuses prononcées il y a moins de quinze jours.

Avis également aux gays que j’entends dire :
« Il y aura pour les gays un avant et un après Orlando ».
Petits prétentieux, va ! Il n’y a pas eu d’avant et d’après le nazisme, les bombes dans les bars, les agressions à répétition dans les lieux gay ?

Des sites se sont spécialisés dans le florilège des déclarations homophobes :




qui ne rassemblent qu’une fine couche de mousse à côté des homophobes américains qui, à la différence de la vieille Europe et en vertu d’un principe de liberté de parole perverti en liberté de haïr, constituent le gros des imprécations des malbaisants.

A ce sujet, tout étant plus grand en Amérique, et pas seulement les massacres, un site est spécialisé dans la dénonciation des personnalités politiques ou officielles qui se sont fait surprendre avec la main dans la culotte d’un autre après avoir bâti leur carrière avec des déclarations homophobes :

Et n’oublions pas la mère fondatrice de la haine, celle sans qui rien ne serait arrivé , la bible qui, dans le lévitique, chapitre 18, verset 22 dit pour la première fois:
« Tu ne coucheras pas avec un homme comme on couche avec une femme : ce serait une abomination ».
 (Christine Boutin, tu as copié!!)

La bible encore mentionnée par tous les homophobes africains et russes pour justifier leur haine et leur sadisme.

La bible dont le sens fut détourné par tous les dictateurs, de Staline à Hitler, qui adoptèrent sans reconnaître le copyright la théorie productiviste de nos « racines chrétiennes » qui voulait que la fornication étant de l’énergie détournée du travail, il convienne d’en interdire toutes les formes qui ne remboursaient pas ce gaspillage à la société sous la forme d’un petit travailleur ou d’un petit soldat.
Voilà le fond de la petitesse des homophobes.

Il y a aussi les grands hypocrites, qui ont repris le principe de l’abomination quand cela pouvait contribuer à leur célébrité, et qui pour des raisons tout aussi mercantiles, viennent aujourd’hui verser leur larme de crocodile :











La manif pour tous qui ne nous promettait que le bûcher sur ses pancartes, mais pas la mitrailleuse.

A moins que ce ne soit que parce que la bible ne la connaissait pas, la mitrailleuse ?…

Les attentats de Paris ont visé la liberté d’expression, la liberté de la culture (sorties en terrasses, musique), et le monde juif. Celui d’Orlando, s’il ne vise pas les Juifs, (- qui, je le crains, ne perdent rien pour attendre -), vise essentiellement la liberté d’être, de choisir sa vie, de refuser les dogmes et le mysticisme, la liberté d’aimer l’être choisi et de profiter des plaisirs de ce bas-monde.

Pour retrouver les Juifs et les homosexuels associés dans un massacre organisé, il faut remonter au nazisme. Daesh a, de ce fait, achevé son retour aux sources de la barbarie, bouclé le cercle de l’innommable, ce qui devrait mettre ses adeptes face à leurs responsabilités s’ils n’étaient pas à ce point aveuglés.

Hélas, ils le sont toujours. L’homme accomplit toujours plus de mal au nom des mythes que de bien au nom des réalités.

Le miroitement médiatique est également partie prenante de cette escalade de l’horreur. Les pauvres gens sont à ce point réduits à des riens dans notre monde des cinq cents familles qu’ils en arrivent à préférer briller par l’horreur et l’abomination que de rester poussières dans le tapis du néant.

Ce qui est prétentieux de leur part, mais la prétention n’est-elle pas l’apanage des petits esprits ?

Il n’y a plus beaucoup d’endroits où l’on peut entrer sans subir une fouille. La liberté du plus grand nombre est entravée par l’imbécillité d’une infime minorité.

Nous n’avons pas fini d’entendre les cons sévir sur les médias, donner des leçons, interpréter des textes dénués de sens, faire des parallèles, des amalgames, étirer leur connerie dans les grandes largeurs comme un pizzaiolo étale sa pâte. Et même la faire virevolter en prenant la réprobation des gens raisonnables pour des applaudissements mal compris.




Nous allons devoir subir:
Tous ceux qui vont se joindre aux lamentations, parce qu’ils n’avaient pas envisagé la mitraillette pour manifester leur intolérance ou leur homophobie.

Tous ceux qui font profession d’homophobie, la promeuvent comme un enjeu électoral, un outil de conquête du pouvoir, et ne veulent pas se laisser déposséder d’un argument si porteur.

Tous ceux qui se sentent proches des homophobes parce qu’ils baisent mal et qu’ils voient bien que les homosexuels s’en donnent à cœur joie et profitent de leur mieux d’une vie pourtant pleine d’embûches.




Certes, le monde ne sera plus tout à fait comme avant, mais bien plus largement que les marchands de gros titres ne veulent nous le vendre.

Je pense à tous ces enfants que des parents incultes ont traîné à la manif pour tous en leur faisant porter des panneaux vouant les homos au bûcher, qui se disent aujourd’hui, pour les plus volontaires d’entre eux, qu’ils ont peut-être joué les « malgré nous » et qu’il serait temps pour eux de vivre leur vie, mais qui constatent en regardant la télé que l’avenir pour lequel ils s’apprêtent à se libérer les expose aux mitraillettes des fous de dieu ?

Cela pose aussi collatéralement le problème des armes à feu aux États Unis. Leur gros blond avait prétendu que si tous les spectateurs du Bataclan avaient été armés, il y aurait eu moins de morts. La tuerie d’Orlando a démontré la sottise de pareille affirmation. Seule l’arrivée de la police a permis de maîtriser le forcené.

Et même une législation sur les armes économisera plus de morts en général que de vies d’homosexuels en particulier. Le jour même de l’attentat, on a arrêté en Californie un autre fou furieux armé jusqu’aux dents d’explosifs et d’armes de guerre qui se rendait à la gay pride de West Hollywood… qui s’est déroulée, comme dans certains pays de l’est, sous l’œil froid d’un service d’ordre armé...


L’histoire est un éternel recommencement, à l’image de la bêtise humaine.


*   *   *

Dernière minute

Dans le cadre de notre étude  "Homophobie et mal-baisance"...

L’enquête d'Orlando, qui ne fait que commencer, révèle que le meurtrier était un habitué du club" Le Pulse", où il était connu pour son alcoolisme, qui le conduisait à raconter ses déboires conjugaux.

Plusieurs homosexuels de la ville déclarent qu'il les avait sollicités à travers des sites et applications de rencontre...

L'article en anglais en cliquant sur le logo Pink News.

http://www.pinknews.co.uk/2016/06/14/gunman-in-pulse-orlando-mass-shooting-visited-club-a-dozen-times-say-regulars/?utm_source=PNFB&utm_medium=SocialFB&utm_content=FBJM&utm_campaign=PNFacebook



Le détail de cet autre article -en anglais également-  reflète un état dépressif récent du meurtrier, relaté par ses collègues de travail...





mercredi 29 avril 2015

503° Le lobby homophobe en pleine action...








Si les LGBT européens en sont à défendre des droits citoyens et la simple égalité républicaine, dans de nombreux pays, c'est leur liberté fondamentale, et souvent jusqu'à leur vie qui est menacée.

Et ce n'est pas par hasard. L'idée même de l'homophobie n'est pas née spontanément dans tous ces pays. Elle y est sournoisement distillée, importée par des organisations qui ont pignon sur rue dans les pays prétendument libres. Au prétexte d'apporter culture et civilisation, elles sapent en réalité les institutions locales pour les remplacer des dogmes occidentaux comme autant de préalables à l'annexion idéologique de ces pays par la pieuvre de la mondialisation.

Aveuglés, de surcroît, par un dogme chrétien passéiste, dominateur et imprégné d'un ordre moral moyenâgeux, ces organisations tendent d'étendre la suprématie du monde chrétien avec le cynisme et l'arrogance des croisés du XI° siècle, mais avec les méthodes du XXI°...

Une de ces institutions tentaculaires vient d'être dénoncée avec vigueur par All Out, association internationale qui possède une antenne dans de nombreux pays, et s'emploie à débusquer, dénoncer, et lutter contre les atteintes portées aux LGBT à travers le monde.

L'un des moyens les plus efficaces de All Out consiste à organiser des pétitions qui recueillent des millions de voix à travers la planète pour faire pression sur les différents lobbys engagés dans la propagation et la mise en œuvre de l'homophobie.

Une de ces organisations homophobes sournoises et tentaculaires est, à juste titre, dans le collimateur de All Out aujourd'hui: l' AFD, l'Alliance Defending Freedom.


Au prétexte de défendre, comme toutes les dictatures, une soi-disante liberté, elle exporte ses campagnes de haine partout dans le monde. Elle fait déjà pression pour que des lois anti-gays soient adoptées en Jamaïque, en Inde et au Bélize : prison pour les personnes lesbiennes, gays, bi et trans, condamnations à mort pour avoir osé aimer.

L'AFD se donne les moyens d'agir, et notamment les moyens financiers. Elle vient de recruter par concours des juristes de haut niveau à travers le monde pour s'attaquer aux lois pro-LGBT partout où elles existent, et susciter des lois homophobes là où il n'en existe pas.

Pour ce faire, elle organise des stages de formations réservés aux juristes, avocats et autres personnages d'influence afin d'élargir leurs compétence dans la haine du gay, et de leur donner moyens et méthodes pour contrecarrer les aspirations libertaires des LGBT à travers le monde.

Voici la page de son recrutement,
qui vient d'être clos il y a quelques jours pour le séminaire de cette année. .

On peut y lire que les candidatures sont soigneusement sélectionnées pour leur aptitude à propager la haine des LGBT, et que, pour les heureux sélectionnés, les transports aériens et l'hôtellerie complète sont pris en charge, pour ce stage qui se déroulera en juillet dans le sud de la Californie. La maison a les moyens.

The Legal Academy brings together like-minded attorneys from around the globe, thriving in all areas of private practice and public service. As a Legal Academy participant, you will engage with renowned faculty and participate in a scholarly examination of issues such as natural law principles, constitutional jurisprudence, and worldview development. Daily worship and devotions will reinforce the importance of your core beliefs to your practice of law.

On peut y lire encore (rapide traduction), que cette « Legal Academy » rassemble les juristes du monde entier qui partagent les mêmes idées, choisis aussi bien pour leurs prérogatives, leurs compétences ou leur position dans le domaine privé ou les services publics. Les programmes du stage mettront l'accent sur les principes « de la loi naturelle », les diverses jurisprudences et le droit constitutionnel, et installeront les participants dans l'optique d'un développement mondial de leur vision de la loi.
Un service religieux quotidien et des prières communes renforceront l'unité des adeptes dans leur vision de la loi et leur pratique juridictionnelle. Voir d'autres détails ici.


En signant les pétitions de All Out, (vous pouvez vous abonner à leurs alertes et informations sur le site), vous pouvez contribuer à la lutte contre ces institutions qui propagent la haine au niveau planétaire avec des moyens quasi-industriels.

All Out est investi dans la lutte contre les lois Poutine, pour l'adoption de principes LGBT fondamentaux dans la Charte Olympique, et fait pression sur les gouvernement et tribunaux qui persécutent les LGBT à travers le monde.

Évidemment, lorsqu'on s'attaque à une institution comme Alliance Defending Freedom, on fait face à un pool de juristes dont on peut craindre de sévères représailles. Dans des pays laïques comme la France, il leur sera difficile de faire condamner leurs contradicteurs, tant tous leurs principes sont pétris de religion et leurs action guidées par un prosélytisme résolu. Mais ailleurs ?

Pour se motiver dans cette lutte, il suffit d'imaginer un instant les dégâts collatéraux que l'instauration de leurs idées pourrait provoquer, et de quelle manière leur responsabilité pourrait être engagée dans la légitimation des agressions anti-homosexuelles, dans la multiplication des suicides d'adolescents qui ne voient dans leur pays aucun futur possible pour leur vie affective, (un véritable massacre en Russie depuis quelques années). Tout cela au nom de la charité chrétienne et de l'amour du prochain. 



 


dimanche 5 avril 2015

501° Militant ou pornographe ?




That is the question.

Ce qui est regrettable, c'est que si cela me concerne au premier chef, la réponse n'en est pas pour autant entre mes mains.




Il faut que je vous parle de ma petite crise de conscience.

Dont deux érotiques et un militant. Les érotiques se vendent plutôt bien. Je ne vais pas m'en plaindre. Mais lorsque j'ai voulu faire œuvre utile avec un livre militant… Pffft. Il ne se vend pas...

Et quelque part, ça me déçoit. Je ne suis pas à quelques livres près, mais il m'aurait plu que les livres utiles et militants se vendent au moins autant que la pornographie...

Pour la petite histoire : Je vais vous raconter quelques petits épisodes de ma vie Parfois, c'est rigolo.

J'ai beaucoup souffert d'homophobie lorsque j'étais adolescent. C'était en province dans les années 60. Pourtant, j'étais un peu moins malheureux que d'autres : la nature m'ayant, dès mon plus jeune âge, pourvu d'une belle stature, j'ai rendu pas mal de baffes et de coups à mes camarades tortionnaires, et tous les ennuis que j'ai pu avoir avec les autorités du corps enseignant n'étaient pas pour des « gestes déplacés » dont personne, de toute manière, n'osait parler, mais pour violence à l'égard de mes pauvres petits camarades homophobes. Il est vrai que j'étais volontiers provoquant, n'hésitant pas à me masturber en classe pour leur démontrer qu'il n'y avait pas de mal à se faire du bien. (Les lycées n'étaient pas mixtes à l'époque...)

Bien que non violent de nature, j'étais relativement en mesure de me défendre. Parce qu'à l'époque, déjà, on accusait volontiers les gens d'être homosexuels, mais seulement en hurlant avec les loups : ceux dont le témoignage aurait permis d'établir les faits se gardaient bien de l'apporter : ils auraient fallu qu'ils racontent l'interdit et ils auraient à leur tour été salis. Parce que je peux vous le dire : ils venaient quasiment tous goûter au fruit défendu avant de se renier et de se ranger parmi les puritains inquisiteurs. (cf le chapitre 2 de la Philosophie dans le foutoir : « Les pédés attaquent à l'aube ». )

Un jour, un de ceux qui avait partagé tant de doux instants avec moi passa avec un tel cynisme dans le camp de mes accusateurs que je donnai en public une description précise des grains de beauté qu'il possédait là où j'étais le seul à avoir pu les voir, au point que toute la classe s'est jeté sur lui pour arracher ses vêtements et examiner les pièces à conviction.

Le constat vérifia mes déclarations.. L'affaire se termina par une bagarre générale avec bris de matériel et de mobilier. Je fus exclu de l'établissement pour « incompatibilité d'humeur avec mes camarades », sans un mot des motifs précis de la querelle.

Six mois après, mon accusateur revint me trouver pour se faire pardonner sa trahison et quémander de nouvelles gâteries, n'ayant sans doute trouvé personne qui les prodiguât aussi bien que moi.

Être en mesure de se défendre façon Obelix ne fut pas le cas de quatre de mes camarades de lycée, et d'un camarade de service militaire qui, entre quinze et vingt ans, ont mis fin à leurs jours pour se soustraire aux persécutions homophobes qui étaient à l'époque fort cruelles et totalement banalisées. La cause de ces suicides, je la connais avec certitude pour l'avoir partagée avec eux. Quand je dis camarades, ils étaient bel et bien des camarades de jeux intimes et d'amitié. Il n'y a aucun doute sur les causes du drame.

 Tous sont partis en laissant à leurs parents la fameuse lettre : « Vous ne pouviez pas me comprendre ». Personne, à l'époque, ne pouvait « comprendre l'homosexualité ». Par contre, on comprenait très bien l'homophobie : Celui qui se serait plaint d'une agression homophobe se serait entendu répondre par n'importe quelle autorité : « C'est bien fait pour toi... »

Ces cinq amis manquants, ces cinq deuils que l'on n'est pas prêt à porter de quinze à vingt ans, surtout quand on est seul à en connaître le secret, je les avais dans ma petite valise lorsque j'ai débarqué à Paris, par le plus grand des hasards en mai 68.

Pourquoi n'ai-je pas été le sixième ? : Parce que dès douze ou treize ans, alors que j'étais déjà bien certain de mon fait homosexuel, j'ai été tirer la sonnette d'un habitant de mon quartier que tout le monde m'avait conseillé d'éviter à cause des rumeurs d'homosexualité qui couraient sur son compte. C'était un homme d'une quarantaine d'années, il devait « savoir », je voulais qu'il m'explique. Non pas le « comment », -ça, j'avais déjà trouvé !-, mais le « pourquoi ».

Né à la campagne dans les Vosges, il avait été arrêté à 17 ans par les nazis pour homosexualité lors d'une promenade de drague à Phalsbourg, emprisonné jusqu'à ses 18 ans, puis déporté à Flossenburg avec un triangle rose. Lorsqu'il m'a raconté ce qu'il avait vécu, j'ai compris que je devais vivre et me battre. Pour moi, et pour les autres, et pour que de telles choses ne puissent pas se reproduire.

A Paris en mai 68, je n'eus aucun mal à trouver le quartier homosexuel de Saint-Germain-des-Prés, et je peux me targuer d'avoir bu maintes bières au premier étage du Flore (C'était là que ça se passait) à la table de Roger Peyrefitte, de Marcel Carné, de Hubert Deschamps et de bien d'autres. De là à me retrouver, à deux rues de là, dans les amphis des Beaux Arts, rue Bonaparte, où se rassemblaient les ferments de ce qui allait devenir le FHAR (Front homosexuel d'action révolutionnaire), il n'y avait qu'un pas à franchir, ou plutôt que quelques braguettes à ouvrir, qui ne me résistèrent pas longtemps.

Le FHAR ne se manifesta publiquement qu'en 1971, lorsque les échos de Stonewall (juin 1969) et des deux premières Gay Pride en mai 1970 à Los Angeles et San Francisco parvinrent en Europe, mais le noyau de l'agitation parisienne existait déjà de manière informelle depuis mai 68.

En France, nous devons beaucoup à tous ceux et celles qui ont osé défiler avec un zeste de démence, telles les Gazolines. Lorsque les premiers militants du FHAR ont défilé en blue-jean le 1° mai 1971 avec la CGT, les journalistes les ont passé sous silence. Peut-être même pas remarqué. D'autant plus que la CGT avait tenté de les repousser.

 Mais lorsque les Gazolines, l'année suivante, ont déferlé dans les rues avec tutus roses, collant léopard, fesses à l'air, strass et perruques fluo, même la télévision est venue. Le principe de la Gay Pride était né. Quelques années de maturation allaient conduire vers le premier grand défilé de 1977 et la première Pride à proprement parler en 1982.

Souvent, les gens nous demandent "Mais pourquoi donnez-vous à la Gay Pride cette image "cage aux folles" des homosexuels ?  Eh bien, voilà la réponse: lorsqu'on y va en tenue de ville, les gens ne nous voient pas. 

J'ai assisté à toutes ces manifestations, mais je ne suis pas du genre à porter des tutus roses. Je devais militer autrement. Ce fut l'écriture. J'avais la plume facile, il fallait en profiter. Je m'attelai rapidement à la tâche, mais le monde éditorial de l'époque était très conventionnel et peu enclin à la transgression. Je jetai deux ou trois manuscrits à la poubelle avant de penser en tenir un présentable : « Traité de chasse au minet ».

Le titre paraît incongru aujourd'hui, mais nous sommes dans les années 70. Mon idée était de convaincre les jeunes, la France de demain, de ne pas plier sous le joug hétéronormé et d'affirmer son éventuelle homosexualité, ou du moins sa tolérance à son égard dès que possible. A l’époque, il n'y avais pas de console de jeux et les jeunes lisaient encore couramment.

45 éditeurs m'ont renvoyé le manuscrit, parfois sans commentaire, parfois avec des injures, et même quelquefois contre remboursement des frais postaux de retour ! Je décidai donc de m'auto-éditer. La première typographe rendit son tablier, refusant de taper des horreurs pareilles. "J'ai des enfants, moi Monsieur!". Je n'eus pas de problème chez l'imprimeur, mais un relieur refusa la tâche considérant le titre de l'ouvrage au regard de l'âge de ses apprentis. Tenant enfin mon livre fabriqué, je le présentai à Hachette, afin qu'il soit distribué en librairie.

Hachette était à l'époque en position de monopole sur le marché de la distribution, son seul « concurrent », Garnier, étant en réalité sa filiale ! Et la réponse était claire : nous ne distribuons pas les auteurs auto-édités, seulement les éditeurs professionnels. "Vous pouvez nous faire un procès: vous le gagnerez. Mais dans dix ans et à quel prix?".  Marché verrouillé. Avec en plus ce commentaire : « Vous êtres complètement fou : vous en avez imprimé cinq mille ! Les éditeurs professionnels n’impriment pas un premier livre d'un auteur inconnu à plus de mille cinq cents ! ».


Qu'à cela ne tienne : avec la foi du charbonnier, je mis des cartons de livres dans le coffre de ma petite auto, et en avant la tournée des libraires. Je rends encore grâce aujourd'hui aux courageux qui ont osé braver Hachette et m'acheter directement des livres : Les Mots à la Bouche qui venait alors d'ouvrir dans le 18° à Barbès, les « drugstores Publicis » Saint Germain et Matignon, la Fnac de la rue de Rennes et le Furet du Nord, à Lille sur la Grand'Place. Le reste se vendit par correspondance à l'aide d'un seul petit encart publicitaire dans Libération et dans Gai Pied.

J'ai épuisé mes cinq mille exemplaires en trois mois. Désolé pour «la compétence des éditeurs professionnels». J'ai renouvelé le pari l'année suivant avec « Détournement de majeur » dont j'ai vendu trois mille dans la foulée de la même manière et dont il me reste plus que quelques dizaines…

Puis je me suis essayé à d'autres genres : « Julien », le journal d'un amoureux transi, et « La Philosophie dans le Foutoir », (mon préféré...), une fresque érotico-sociale, ou socio-érotique comme ou voudra, pour lesquels j'avais trouvé un éditeur qui est décédé entre la signature et la fabrication. Le repreneur n'a pas repris le catalogue gay, c'est pas propre, et les droits m'ont été rendus.



Mes meilleures ventes étant déjà les livres érotiques et non pas les livres plus sérieux, j'ai décidé d'en éditer un de plus, avec d'autant plus de facilité qu'il était déjà écrit : pendant les années 80, ma rage d'écrire m'avait amené à participer à presque tous les magazines gay qui fleurirent dans notre douce France. Et ils furent nombreux, entre les Union, les Confessions, les Lettres, les Gay ceci et les Gay cela. La base d'un bon magazine était de publier des photos érotiques et des feuilletons du même acabit. Rien de tel pour fidéliser le lecteur.

En fait, je dois confesser aujourd’hui que dans certains d'entre eux, j'écrivais, sous différents pseudonymes, la quasi-totalité du magazine !  Non seulement l'éditorial et l'article de fond du mois, mais aussi  l'horoscope -à quoi je ne connais rien-,  et le courrier des lecteurs, -les lettres et les réponses- !

 De cette période, il me restait nombre de feuilletons érotiques que je n'avais qu'à rassembler pour faire un livre. J'en avais un bon stock d'avance, à ce jour invendus, dont les droits m'appartenaient sans contestation possible.

D'ailleurs, je trouve aujourd'hui sur des sites de "lectures gay" qui existent ça et là sur le web, et sous la signature d'un autre, un bon nombre d'histoires qui furent publiés jadis sous un de mes différents pseudonymes. Quelques vieilles tantes s'amusent à briller en micro-société en usurpant ma modeste littérature... Sans doute ont-ils ressorti avec nostalgie de leurs greniers quelques vieux exemplaires tachés de leurs émois de jeunesse.

Après de longs combats contre les photocopies de l'époque, qui avaient tendance à s'effacer en vieillissant et les fichiers illisibles sur des floppy-discs pour lesquels il n'existe plus de lecteur, je trouvais un titre approprié pour ce recueil : « Histoires à lire d'une main » et sans même m'assurer la participation d'un fabricant de serviettes essuie-tout, je le mis en vente sou forme électronique sur Amazon. Succès immédiat.

Bilan : mes deux meilleures ventes sont les livres pornographiques ou quasiment : « Histoires à lire d'une main », qui ne fait manifestement pas couler que de l'encre,  et dans une moindre mesure, « La Philosophie dans le Foutoir », que je ne peux que vous conseiller si la lecture du premier vous a fait du bien.

Et là : crise de conscience : tout cela n'est pas très militant. L'homophobie reprend vigueur depuis la manif pour tous, les agressions se multiplient, que puis-je faire ?.

Je mets donc toutes mes tripes dans l'écriture d'un livre vraiment militant que j'espère utile :
« Homophobie et Coming Out ». Il se vend très peu. Pendant que mes pornographies continuent à prospérer.

J'en parle sur ma page Facebook : « Mes livres cochons se vendent bien, mon livre militant ne se vend pas... »

Que croyez-vous qu'il arriva ? A la suite de ce post, les livres érotiques connurent un sursaut de popularité, (plusieurs dizaines en quelques jours) et je n'ai vendu qu'un seul exemplaire de « Homophobieet Coming Out » pendant cette période.

A désespérer.



mercredi 1 avril 2015

500° ! Eh oui, dix ans déjà...












Voici donc le 500° article d'un blog qui va également fêter ses 10 ans en décembre.

J'ai mis le premier article en ligne le 3 décembre 2005 en expliquant que j'espérais trouver là une liberté que mon précédent hébergeur, skyblog, (devenu depuis skyrock) ne m'avait pas accordée : J'avais été trop vilain avec saint Sarkozy, qui n'était pourtant que ministre à l'époque, et ça, chez skyrock, ça ne passait pas.

Ce blog, en dix ans, a reçu 81 000 visiteurs qui ont visionné 121 000 pages.




Dès l'article 2, je m'attaquais déjà à Vanneste, qui lui aussi, nous avait déjà attaqué.


Le 20 mai 2007, juste après l'élection de petit président agité, je parlais déjà aussi des relations obscures entre l'UMP et le FN et je présentais un illustre inconnu qui allait devenir rapidement célèbre par ses déclarations douteuses et ses prises de positions auvergnates, Brice Hortfeux, dont on trouve trace dans 28 articles : 96, 135, 136, 137, 138, 141, 148, 176, 188, 219, 282, 284, 287, 290, 298, 300, 302, 329, 335, 338, 344, 346, 362, 364, 373, 398, 413 et 466.




La trame du blog étant la lutte contre l'homophobie, j'y dénonce Christian Vanneste dans 65 articles, et Christine Boutin dans 37 autres, dont notamment les numéros 67, 96, 109, 189, 299, 305, 366, 388, le 440 et le 456 
dont je vous recommande une resucée, et aussi le 463.



Par ordre d’occurrence, on trouve :
(la colonne de droite indique le nombre d'articles où figure "l'occurence")

 

LePen (les deux) 374
P.S. 345
Politique 231
Homosexuel, sexuel 204
U. M. P. 175
Discrimination 163
Égalité 162
Manif pour tous 156
Sarkozy 155
Homophobe (phobie) 154
Justice, injustice 134
Front national 128
Mariage 126
LGBT 75
Vanneste 65
Éducation 39
Boutin 37
Chriac 32
Hortefeux 28
Suicide 27
Frigide Barjot 19
Valls 11


Pour chaque occurrence, il est facile de trouver environ 10% des articles les plus lus en tapant sur Google : [+brethmas +blog +occurrence recherchée]

Dans les statistiques, il est également intéressant de savoir comment les visiteurs sont arrivés sur mes pages. 7 % des surfeurs arrivent directement sur le site, ils doivent avoir l'adresse dans leurs favoris. 93 % arrivent par un moteur de recherche, dont 91 % par Google. 




C'est là que réside la surprise : seulement 30 % de ceux-là ont tapé un mot clé. (homophobie, homosexuel, mariage pour tous, Boutin, Barjot, Sarkozy, Brethmas, etc...) et 60 % y arrivent par une recherche d'image !

Au premier rang des images recherchées figurent les caricatures et dessins de presse, puis les photos « amusantes » et autres photomontages. . Nul doute que les images de nus seraient également porteuses, mais je n'en publie pas pour la double raison que je n'en ai pas besoin pour mes explications et que j'exposerais avec elles le blog à une limitation à 18 ans que je veux lui éviter.

L'une des ficelles du blogueur est de posséder un important stock de photo de toutes sortes. J'enregistre dans un classement particulier toutes celles que je rencontre au hasard de mes surfs. Et en rédigeant, je trouve assez facilement dans mon stock celle dont j'ai besoin. Et y compris, comme aujourd'hui, celles dont je n'ai pas besoin sinon pour attirer le gogo dans ses recherches d'image !

D'où l'intérêt, avant publication, de renommer les images pour les rendre plus attractives dans les moteurs de recherche. Démonstration.




J'avais, à une certaine période, également entrepris de faire quelques critiques de films. Mais mes goûts de cinéphile tortueux ne correspondant pas du tout au hit-parade des salles obscures, et mes occupations allant grandissant, (mais que fait le syndicat des retraités à propos des conditions de travail?), je n'ai pas vraiment exploité le filon. Pourtant, je m'étais éclaté en écrivant ces trois là :


Si j'ai plus de temps, je m' y remettrai peut-être. Mais il faudra aussi que messieurs les producteurs nous offrent des films moins insipides. Dans le cinéma comme dans la presse, le pire ennemi reste l'autocensure. Vendre partout au détriment de la puissance du message est maintenant un credo universellement partagé.

Dans un très prochain article, je vous entretiendrai de mes petites aventures de militant et de pornographe. Les blogs où on parle de soi sont trop souvent dénués d'intérêt, mais une fois de temps en temps, j'espère qu'on me pardonnera.