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vendredi 12 août 2011

390° Albion, toujours plus perfide.





Les politiques, les Anglais d'abord, puis de nombreux autres, ont bien du mal à propager l'idée que les émeutes de Grande Bretagne seraient des faits de criminalité sans rapport avec un mouvement social.

D’observateurs plus objectifs, il ressort que le pays paye, tardivement mais clairement, ses trente années de thatcherisme et de loi de la jungle. Il me souvient d'un ami qui, dans les années 90, revenait de Liverpool où son travail l'avait entraîné, et qui me racontait son étonnement d'avoir vu dans les rues de nombreuses personnes avec des vêtements rapiécés, ce qui lui rappelait douloureusement l'occupation... .


Certes, des boutiques ont été pillées, des magasins vandalisés, des immeubles incendiés. Ceci dans un contexte que nous connaissons et qui se reproduit à l'identique dans tous les pays du monde et notamment chez nous : la mort d'un délinquant en contact avec la police. Même s'il n'a pas raison, et que la police ne l'a pas assassiné et n'a fait que son travail. Que ce soit à Bondy où deux « jeunes » qui roulaient en scooter à tombeau ouvert et sans casque ont refusé la priorité à une voiture de police, qu'à Aulnay-sous-Bois où deux autres se sont jetés sur un transformateur haute tension...On se souvient des nuits d’émeutes qui ont résulté de ces accidents, liste non limitative, à tel point qu'en jargon policier, « le syndrome de Bondy » est une expression couramment utilisée pour désigner ce qu'il faut à tout prix éviter si on engage une poursuite, voire pour exprimer la meilleure raison possible de ne pas l'engager...



Qu'importe l'étincelle, la rage d'en découdre est telle que le plus mauvais prétexte devient le bon. A tel point que la police, en Europe, hésite à se lancer dans une poursuite de peur qu'on lui en reproche la casse qui peut en résulter.

Et à cet égard, l'Angleterre des laissés pour compte du thatcherisme était mûre pour voir naître de telles émeutes, et s'expose à les voir se renouveler en refusant d'en reconnaître la teneur et en les regardant comme une sédition passible d'intervention militaire. On fait à peine mieux en Syrie! .

A côté de cela, les insurgés britanniques s'avèrent quand même un peu plus futés que nos pauvres pauvres hexagonaux, qui incendient leurs propres voitures et leur gymnase au pied de leur barre HLM. Eux, au moins, vont incendier des Jaguar dans les beaux quartiers. Ils ont du lire « L’insurrection qui vient ». à télécharger ici.


Ingrédient par ingrédient, le pouvoir britannique en a accumulé toutes les conditions : diminution de l'impôt, réduction drastique des allocations de toutes sortes, étranglement des associations et institutions sociales, abandon des foules à la communautarisation et à l'endoctrinement qui en résulte, traitement impitoyable des manifestations allant jusqu'à laisser mourir des grévistes de la faim. ( Irlandais, mais aussi des mineurs de charbon dans les années 80...), tour de vis sur les distractions ( fermetures des boites et pubs à 2h sans exception), (dont il a résulté les « raves-party » et les « free party »..), etc...

Accessoirement, souvenons nous de la « section 28 » promulgué par la dame de fer en 1988, qui interdisait tout événement présentant l'homosexualité sous un jour favorable, ce qui provoqua la fermeture de trois journaux, conduisit les écoles et municipalités à épurer leurs bibliothèques, à renoncer à promouvoir films, festivals et pièces de théâtre, et qui prévoyait même le retrait de la licence à tout établissement public (pub, night-club) qui faisait état, directement ou non, d'homosexualité dans ses activités, ses produits ou sa cible de clientèle. On en était dans les discothèques jusqu'à hésiter à passer certains disques...

Plus encore qu'en France, une fracture sociale divisa le pays, qui inspira de nombreux films. (The Full Monthy, Trainspotting, Billy Elliott, et presque toute l'oeuvre de Ken Loach...)


Je ne me lasse pas d'établir un parallèle entre l'attitude du gouvernement britannique et les politiques souhaitées par les duettistes Sarkozy – Marine le Pen qui semblent suivre sa trace avec assiduité.

Dans leur esprit, il n'existe pas de laissés pour compte, mais une cohorte de gens dépourvus des valeurs du travail et de l'effort. Il n'existe pas de chômeurs, mais un bataillon de paresseux et d'opportunistes. Ceux qui réclament un secours au titre de la solidarité nationale ne sont que des coureurs d'allocations. Et des assistés. Les moyens des états ne sont au service que des entreprises qui les utilisent pour délocaliser leur activité et acquérir des parts les unes des autres dans d'obscures et vaines orgies de cannibalisme financier.

Les impôts sont diminués. Ça n'améliore en rien la vie de ceux qui n'ont pas les moyens d'en payer, mais qu'importe puisque ce ne sont pas de « bons électeurs ». Cela favorise la prise de contrôle du grand nombre par le petit nombre, ce qui est bien le but recherché.

On n'a plus aucune honte à regarder les gens mourir de faim au bord des trottoirs. Même en France, les subventions du SAMU Social sont rabotées jusqu'à l'invalidation du système. Cela favorise la récupération du système caritatif par les églises, ce qui a le mérite d'occuper les esprits trop agités.



Comment, je suis dans la caricature ? Mais pas du tout ! Quel magnat de la presse britannique a défendu Margaret Thatcher becs et ongles pendant vingt cinq ans ? Rupert Murdoch... La récente actualité nous a montré avec quelles méthodes.

Que des manifestants dépourvus du plus élémentaire, qui survivent à la Charles Dickens, aillent piller des boutiques, ce n'est pas surprenant... Bien sûr, c'est de la délinquance, mais la plus élémentaire bonne foi oblige à la relier au contexte de misère qui est le ferment de cette agitation.


Souvenons-nous de cette réplique de Surcouf qui, capturé par un capitaine britannique, s'entend dire : « Nous, soldats, nous battons pour l'honneur, tandis que vous, flibustiers, vous battez pour l'argent », et répond : « On se bat toujours pour ce qu'on n'a pas »....

Eh bien oui, ils vont profiter du désordre pour s'emparer de ce qu'ils n'ont pas, téléviseurs, vêtements, etc... Oui, c'est du vol, mais le système qui alterne des îlots d'opulence et des foyers de misère n'est-il pas en lui-même une véritable provocation ?


Le système qui a conduit l'Angleterre où elle en est, comme celui de Reagan, comme la doctrine sarkozienne et comme le lepénisme, qui, au prétexte d'une obsession anticommuniste primaire, assimilent socialisme avec oisiveté, solidarité républicaine avec communisme, chômage avec assistanat, revendication avec escroquerie et manifestation avec sédition, encourage de tels débordements.

On voit même, en Europe, l’extrême droite passer la vitesse supérieure, et à défaut de penser pouvoir perpétuer le système, tenter de récupérer le mécontentement pour y asseoir son pouvoir. Marine LePen tente de se faire élire par une faction contre une autre, de prendre aux très pauvres pour donner aux très fauchés, bref d'établir un régime où un milieu ouvrier « choisi » contribuerait à perpétuer le système au détriment de plus misérable que lui, mais toujours sans toucher à la part grandissante des nantis.

Vous voulez de la « redistribution »? On va en faire !... Mais entre pauvres... Pas d'augmentation d'impôts, ce qui fait une belle jambe à ceux qui n'en paient pas... La kolossale finesse admirablement exploitée par Sarkozy dans sa campagne n'était-elle pas de faire croire aux pauvres qu'ils allaient devenir riches ? Et celle de Marine Le Pen de promettre aux pauvres "Français" le misérable bout de gamelle des immigrés? Si vous ne voyez pas de continuité dans ces processus, vous êtes un parfait gogo pour les populistes.

Le Maghreb se libère de la dictature. Le tour de la Méditerranée s'indigne. Les banlieues françaises s’enflamment pour un oui ou pour un non. L'obséquieuse Albion craque dans son système clanique compassé et entre en éruption. Et on voudrait nous faire croire qu’il n'y a là que hasard et délinquance ?







mardi 27 novembre 2007

132° Honnêtes et propres.

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Je me sens de plus en plus mal à l’aise dans ma peau de citoyen français. On avait déjà la fracture sociale, maintenant on a quasiment la guerre. Et de plus, nous avons un gouvernement qui nous ridiculise en nous représentant dans le concert des nations, et semble comprendre de moins en moins ce qui se passe chez lui au point qu’on se demande comment les gens qui le composent ont pu vivre dans notre hexagone avant d’en être les élus.

On disait en plaisantant qu’il y avait une langue des banlieues, alors que c’est sur des mots bien académiques comme « violence » que nous n’arrivons pas à nous mettre d’accord.

Par où commencer ?

Quand quelqu’un a un problème, il ne cesse d’en parler. Les bronchiteux parlent de leur bronchite, les hépatiques de leur foie et les mal baisés de leurs prouesses sexuelles.

De quoi Sarkozy parle-t-il le plus souvent ? Vous savez, c’est ce monsieur censé nous représenter qui ne dit jamais ni "La France" ni "nous" mais toujours « Je ».

L’un de ses leit-motiv est « je suis le président de tous les Français ». Il le dit si souvent qu’il ne faut pas chercher plus loin : c’est de là qu’il est malade.

On finit par ressentir avec gène que c’est autant lui-même que les autres qu’il essaie de se persuader de la chose.

Or il est à craindre qu’il ne parvienne jamais à nous le faire croire si on le juge à ses actes : cadeaux fiscaux au peu d’entre nous qui ont « une vie fiscale », création d’une franchise de remboursement à la Sécu, application du principe de productivité et même de rentabilité aux services de l’état comme la justice, la police, le transport public, irruption du secteur privé dans l’éducation nationale, démantèlement de l’appareil provincial de l’état qui transforme la décentralisation en dérobade, en abandon des provinces à leur sort, etc…

Et après, on s’étonne que les abandonnés agissent en desesperados. On les traite de violents, comme si la violence n’avait qu’une forme, qu’un sens : abattre une main vengeresse sur la gueule d’un oppresseur ou d’un de ses représentant.

Tandis que les radiations des Assedic à répétition, l’envoi de forces de l’ordre contre ceux qui habitent dans la rue alors que ce sont ces mêmes forces de l’ordre qui les y ont déjà jetés le jour de leur expulsion, la suppression des subventions aux associations de quartier, des polices de proximité, le rejet de tous les curriculum vitae qui commencent par Mohamed ou Abdou, les banlieues pourtant proches oubliées des transport en commun, les gens qu’on a fait venir pour construire nos maisons et nos voitures et dont on jette aujourd’hui les femmes et les enfants, tout ça, non… ce ne sont pas des violences. C’est pas nous qui avons commencé, m’sieu…

Non, pour être le président de tous les Français, il ne suffit pas de le proclamer ou de l’imposer à coups de gourdin à ceux qui ont du mal à y croire quand ils voient le gouvernement à l’œuvre. Pour l’être vraiment, il faut être reconnu comme tel par tous les Français. Et là, les actes du nôtre sont très cyniquement et très volontairement en contradiction avec ses promesses.

Et ça se sent tellement que ça déborde jusqu’en Amérique où il s’est réjoui, dans un discours très officiel, de voir une dame comme Condolizza Rice, sans doute au prétexte qu’elle n’est pas cliente des salons de bronzage, représenter les « de souche non américaine » au gouvernement de Monsieur Bush.


Or, il n’y a pas plus Américaine que Condolizza Rice, dont les parents et grands parents saluaient déjà le drapeau étoilé au 19° siècle !. Alors qu’à côté d’elle, une Madeleine Albright, elle, est née en Tchécoslovaquie, vous savez, ce pays montagneux voisin de la Hongrie où les parents de notre président virent le jour. Ce qui n’empêche d’ailleurs pas Madame Albright d’être aussi américaine que les habitants de Villiers le Bel sont français.

Tout cela fait désordre, surtout lorsque notre ministre de l’Immigration et de l’Identité Nationale se lâche en direct sur M6 dimanche soir dans l’émission « Capital » où il se prend à "rêver d'une société idéale dans laquelle il n'y aurait que des citoyens honnêtes, propres (...) »

Je pensais, moi, que des choses comme ça, depuis Vichy, on ne les entendrait plus au gouvernement. Qu’on avait compris. Que ça resterait l’apanage de quelques cénacles de nostalgiques. Je suis déçu. Un peu honteux. Parce que, perdre les élections, en quarante ans de carte électorale, ça m’est arrivé pas mal de fois, mais je m’étais toujours retrouvé dans la république. Là, non. Pas cette fois. Je me croyais honnête et propre, mais si c’est ça, d’être honnête et propre, alors, je ne le suis pas.


Ou alors, c’est comme « violence ». On ne s’entend plus sur le sens des mots. L’incompréhension risque d’ailleurs bien d’être la même lorsqu’on va parler de pouvoir d’achat.

http://www.republique-des-lettres.fr/10062-rassemblement-democratie-television.php

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vendredi 8 juin 2007

102° Kolossale finesse…

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Notre leader minimo ratisse large, et même au-delà du raisonnable, mais il bénéficie d’un état de grâce si surprenant que personne ne songe à s’en offusquer.
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Ne vient-il pas d’annoncer, du sommet du G8 d’Heiligendamm, qu’au cours de la conversation qu’il va avoir avec Vladimir Poutine, il va lui parler « du droit des homosexuels en Russie » ?

Il va se faire gronder, le pauvre Vladimir. Ce gag ressemble pourtant plus à un feu d’artifice en étoile qu’à une démarche humaniste.

Certes, il va sans doute le faire, et objectivement, nous voilà « obligés » de lui dire merci. Voilà notre calife qui se préoccupe du droit des gay en Russie alors que dans son propre pays, il n’y a plus qu’un coup de pouce à donner pour parfaire l’égalité républicaine de ses homos à lui, et que non seulement il s’arc-boute pour ne pas le donner, mais qu’en plus, il s’entoure de tous les collaborateurs susceptibles de le soutenir dans ce refus, depuis Boutin au gouvernement jusqu’aux 157 députés homophobes dûment investis par le parti qui le soutient. (cf article n° 100)

Ce « faites ce que je dis et pas ce que je fais » arrivera peut-être à faire rire un peu Poutine, qui a les meilleures raisons de continuer à enfoncer les gays russes dans la panade. D’abord, dans la mesure où il est élu et où il faudra peut-être un jour qu’il demande à être réélu, il sait que l’essentiel de son électorat est la Russie profonde, où l’église orthodoxe, et même l’islam par endroits jouent un grand rôle, il sait aussi que la chute du communisme a transcendé le nationalisme russe en une mouvance d’extrême droite puissante, et enfin il a cultivé son image de chef charismatique en entretenant une image de virilité machiste. (Athlétisme, sports de combat, etc...) à côté duquel les joggings de notre Nicolas font figure de fitness pour dames. Alors, les pédés, ils lui sont plus utiles comme épouvantails que comme récipiendaires d’une philanthropie dont il ne connaît d’ailleurs l’usage que par démagogie.

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Remercions donc notre petit grand bienfaiteur pour sa sollicitude à l’égard des pédés russes. GayLib va enfin avoir quelque chose à dire !

Dans le genre « je prends des mesures qui ont l’air d’aller dans le bon sens, mais qui, en réalité, vont dans le mauvais », il faut dire que notre nouveau calife est un spécialiste.

Ainsi par exemple l’abolition des droits de succession…. D’après les derniers chiffres de l’INSEE sur la question, le patrimoine français est très concentré : les 10 % des ménages les plus riches en termes de patrimoine possédaient, en 2000, 44 % du patrimoine total, alors que les 50 % de ménages les moins riches n’en possèderaient que 9 %. Chiffres qui n’ont pas dû changer dans le bon sens depuis 2000 vu l’évolution de la fracture sociale.

Cette suppression des droits de succession est donc un joli cadeau à… un français sur 10. Justement d’ailleurs celui qui n’a besoin de rien.

Il y a aussi cette histoire de déductibilité des impôts des intérêts des prêts immobiliers. Rappelons d’abord que ce gadget inventé en 1975 par Giscard a été aboli en 1992 par Juppé, qui participe aujourd’hui au gouvernement qui le rétablit.

Et le détail qui tue : pour n’oublier personne, et surtout pas les 51% de français qui gagnent assez peu pour être exemptés de l’impôt sur le revenu, les dispositions prévoient que ces malheureux, qui ne peuvent pas, et pour cause, percevoir leur crédit d’impôt sous forme de déduction fiscale, recevront un chèque du trésor public.
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Merci grand calife ! Vous en connaissez beaucoup, vous, des ménages français qui gagnent si peu qu’ils sont exemptés de l’impôt sur le revenu mais qui ont trouvé le moyen de se lancer dans un crédit immobilier ? C’est surréaliste, mais personne n’en parle. Pas un journaliste n’a relevé l’incongruité. Le trésor public n’effeuillera pas ses carnets de chèque !

Dans le genre, il y a aussi les heures supplémentaires défiscalisées. Tout le monde se plaint du déficit des caisses de l’Unedic et de la retraire, mais ce qu’on trouve de mieux pour les renflouer, c’est de soustraire une partie des heures de travail à leur contribution ? Dans le genre « je me tire dans le pied », Dalton n’aurait pas fait mieux.

D’autant plus que la horde de prolétaires qui s’est crue assez riche pour voter ultralibéral le mois dernier et qui va se jeter gloutonnement sur ce pourboire n’imagine pas encore ce qu’on va lui répondre lorsqu’à 60 ans (ou 75 ?), elle se présentera au guichet de la retraite pour percevoir son dû : « Vous avez travaillé 75 000 heures dans votre vie, bravo ! Malheureusement, il y en a 6000 qui ne comptent pas ! ». Leur retraite transformée en citrouille. Ah, ils s’en souviendront, de Sarkozy, surtout lorsqu’il ne sera plus là.
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D’autant plus que, si on en croit les prévisions, notre trésor public va reprendre de son long bras droit ce qu’elle a parcimonieusement distribué du gauche : l’augmentation de TVA qui nous guette va engloutir sans avoir l’air de rien ces petits suppléments d’argent de poche distribués à nos chers salariés. De ce « cadeau fait au bon peuple », il ne lui restera rien : les grands gagnants de ce tour de passe-passe seront les entreprises et l’état.

TVA dont la France est championne d’Europe (ce qui n’est pas le cas du prix du travail le plus élevé comme le patronat le clame si volontiers : nous sommes que 5° à ce classement !).

Or chacun sait que si la TVA est un impôt « indolore », -pas de chèque à faire, pas de prélèvement, c’est aussi le plus injuste puisqu’il frappe de la même manière le riche et le pauvre. Donc proportionnellement plus durement le pauvre. Un peu comme le loto…

Allons nous voter ce dimanche pour donner carte blanche à un prestidigitateur qui prend des mesures dont l’effet réel à long terme est exactement l’inverse de ce qu’il nous promet ?

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vendredi 11 mai 2007

95° La « people politique »


L’injure est l’argument de ceux qui n’ont rien à dire.

Sacha Guitry.


La censure est un couteau dont le manche est aussi coupant que la lame,

l’autocensure une arme de collabo.

Pierre Mendès France.


Etre de gauche, c’est se poser des questions dont on n’a pas les réponses,

Etre de droite, c’est apporter des réponses à des question qu’on ne s’est pas posé.

Pierre Dac


La Liberté ne s’use que si on ne s’en sert pas.

Boris Vian.



Quel homme de gauche ne s’est jamais fait traiter de « gauchiste » ?

Avez-vous remarqué que le mot « droitiste » n’existe pas ? Y aurait-il comme une légitimité à être de droite alors qu’être de gauche serait une sorte de dérive ?

Cette situation qui a commencé sous le gaullisme resterait dans des limites de débat républicain de bistrot si la droite ne s’était pas mis en tête de « se décomplexer »…

Tiens, elle était complexée ?

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Depuis ce surprenant « épanouissement », les injures pleuvent à qui mieux mieux sur le bon peuple de gauche.

Gauchiste, ça ne suffit plus. Les gens de gauche sont maintenant des assistés, des laxistes, des « qui ne savent pas se lever le matin », des racailles, ils sont du côté des délinquants et des voyous. On veut « liquider » leur histoire et leurs avancées. On vient d’entendre ça dans la campagne des présidentielles. Après mai 68, ils s’attaqueront à l’héritage de la Commune et au front populaire ?

La réécriture de l’histoire est en marche, comme dans George Orwell. La censure se réinstaure en se travestissant, la propagande se perfectionne.

Dans les bonnes dictatures archaïques, on met les intellectuels en prison avant qu’ils n’écrivent. Ou dès leurs premiers articles.

Quand ça se voit trop, on persécute les journaux. Ce que le régime sarkozien est en train d’essayer de faire avec Illico. (article n° 90) Et le Canard Enchaîné ? -dernière minute, voir ci-dessous-.

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Mais les médias ont évolué, internet est difficilement saisissable, la presse est libre et on ne peut plus la maîtriser qu’en l’achetant. Ça coûte fort cher mais se pratique encore couramment, soit à titre personnel comme Berlusconi en Italie, soit au nom d’une cause financière, comme en France où les bonnes volontés ne manquent pas pour s’accaparer entre peu de mains la majorité des médias papier et hertziens ou peser sur leur contenu avec de lourds budgets publicitaires.

Au moment où je relis cet article pour le publier, la radio m’annonce qu’une perquisition est en cours au Canard Enchaîné, le seul journal d’information dont le capital n’est pas ouvert en bourse et le financement exempt de publicité. Donc le seul journal incontrôlable par les moyens berlusconiens. Elle concernerait Clearstream, la seule affaire judiciaire où le divin nom de Sarkozy est cité. Il y a des hasards, comme ça.

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Et comme il n’est plus question de censurer, -- trop visible—on ruse. Pour éviter les sujets brûlants, on noie le téléspectateur dans un lot d’informations sans importance, chiens écrasés de toutes sortes et vie privée des « people ». On détourne l’attention du bon peuple des sujets sur lesquels on est en train de lui préparer un mauvais coup. Oh, on n’a rien inventé : qui n’a pas vu un documentaire de propagande nazie sur la construction des autoroutes, les chantiers des Vandervögel, ou un film « lénifiant » sur l’industrie ou l’agriculture soviétiques… ?

Ainsi Fillon a-t-il pu démantibuler ligne par ligne les lois de progrès social de Jospin pendant que la France s’extasiait devant le loft et la star ac.

Et puis troisième volet : l’attaque personnelle. A cet égard, la France était encore un pays où le monde journalistique avait la décence et la dignité de séparer la vie privée des hommes politiques –dès lors qu’elle n’était pas délinquante- -- et encore-- de leur carrière publique. C’est ainsi qu’un président de la 3° république recevait des greluches à l’Elysée, et qu’un autre a pu être gay, ainsi que différents ministres de la 5°, -surtout à la culture-, sans que la presse n’aille prendre de photos dans leur lit-. Mitterrand a pu avoir une double vie et une fille cachée, -connue de tous les grands organes de presse-, sans défrayer la chronique. J’aime cette France respectueuse des libertés individuelle.

Pendant ce temps-là, Clinton devait s’expliquer en mondovision sur les fellations de sa secrétaire, ce qui confortait l’Europe dans le bien-fondé de son respect des libertés individuelles et faisait passer les tenants du système anglo-saxon pour les parfaits hypocrites qu’ils sont.

Ce bon temps est révolu. C’est ce que, mercredi midi sur France-Info disait une journaliste sur un ton absolument hargneux, pour justifier l’étalage qu’elle a fait en librairie des débats du couple Hollande – Royal.

On se doute bien que la situation du parti socialiste est propre à susciter des débats, et on constate d’ailleurs avec regret que ce parti qui représentait tant d’espoirs pour tant de français ne fait rien pour éviter qu’ils ne s’aggravent.

Mais est-ce une raison pour étaler la vie privée de ce couple comme par hasard pendant la campagne des législatives ? Tout l’arsenal éditorial et médiatique de la droite semble réuni pour donner à ce « fait divers » un retentissement planétaire.

Si certains journalistes préfèrent le monde anglo-saxon, pourquoi n’y vont-ils pas ? S’ils n’aiment pas la France, qu’ils la quittent, mais qu’ils cessent de nous présenter des retours aux valeurs du moyen âge et à l’inquisition comme une politique de progrès ! S’ils trouvent que c’est un plus de transformer « Liberté Egalité Fraternité » en « Travail, Famille, Patrie », ne pourrait-on leur expliquer qu’on a déjà essayé ça et que ce n’était pas concluant ?

La seule chose qui progresse inexorablement en France, que le gouvernement soit de gauche ou de droite, c’est le nombre de divorces, de couples libres et de familles « recomposées ».

Ne voit-on pas une grotesque contorsion dans les déclarations des députés UMP – déjà nombreux- qui ont pris parti contre le contrat d’union civile promis aux gays par le petit chose en compensation du refus du mariage, contrat qui figure pourtant dans le programme électoral de leur parti, en clamant que la famille était une valeur fondatrice de la société ?

Comment la société ne s’écroulerait-elle pas si d’aucuns persistent à l’étayer avec des « valeurs fondatrices » en déroute ? Les Français veulent vivre autrement, donnez leur la société qui leur convient au lieu de toujours chercher ses références dans les tréfonds de l’histoire !

Les gays veulent le mariage dans un souci d’égalité républicaine (1,2% veut se marier !). La raison voudrait que l’égalité républicaine soit plus facile à atteindre en supprimant le mariage pour tout le monde qu’en en étendant les soi-disant bienfaits à une société qui s’en libère depuis cinquante ans ! Ça, c’est dire tout haut ce que tout le monde pense tout bas, et surtout les gens raisonnables, mais qui osera le dire ?

Les Français ne préfèreraient-ils pas entendre leurs médias leur parler des fins de mois difficiles, des affres des chômeurs qui n’en peuvent plus d’être des assistés, de ceux d’entre eux qui ne demandent qu’à se lever le matin, de l’insuffisance de l’encadrement de leurs gamins au collège, de la disparition des associations de quartier ?

On ne peut parler que de ce qu’on a à dire. La droite parle.

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