mercredi 13 mars 2013

444° Xavier Bongibault sera-t-il tondu ?






Le CSA n'a pas été choqué de ce que les chaînes de télévision, notamment BFM, aient consacré une journée presque entière à la manif pour tous des homophobes, mais préféré s’appesantir sur le Vendée-Globe le jour de la Marche pour l’Égalité...

Or BFM et TF1, qui sont privés, on peut les boycotter vu la médiocrité et le parti-pris des informations qu'elles fournissent, mais France 2, on la paie très cher à travers la redevance, et ce n'est pas pour qu'elle passe quasiment sous silence une manifestation pour l'égalité des droits qui, au-delà de son « rendement » budget/affluence, concerne un point d'égalité républicaine qui me semble prévaloir sur toutes les idolâtries qui ont motivé la manif homophobe.

Pendant que les médias trahissent l'égalité républicaine, on attend impatiemment le 24 mars, pour voir si Frigide Barjot et ses homophobes seront autorisés à fouler les Champs Elysées. Certes, c'est plus solide que la pelouse du Champ de Mars, surtout quand on est accompagné de brigades de nervis bottés, mais c'est surtout absolument inaccessible à toute manifestation revendicative.

Proximité de l’Élysée, de l'Ambassade des États-Unis et de la Chambre des Députés oblige. Sans parler du Soldat Inconnu qui a donné sa vie pour les libertés républicaines et se trouverait sans doute mal à l'aise de voir son dallage foulé par des réactionnaires qui veulent retirer à toute une catégorie de Français un droit que eux, possèdent déjà.

Et pendant que le monde attend bêtement une fumée blanche s'échapper d'un asile de vieillards, les ennemis du mariage pour tous continuent à déraper. D'ailleurs, comme le nez de Cyrano, ce n'est plus un dérapage, c'est pire qu'un glissement de terrain, ça confine à la dérive d'un continent.

Même Sarkozy s'y colle, qui établit un douteux parallèle entre la traçabilité de la viande et la traçabilité des enfants, un peu comme si l'état-civil n'existait pas....
Et il ne s'arrête pas là, hélas : il déclare dans Valeurs Actuelles  « que les gays vont vouloir se mettre à quatre pour avoir un enfant. »... 

Propos hautement malvenu dans la bouche d'un type qui a du se marier trois fois pour réaliser, - du moins jusqu'à à ce jour-, son projet familial...

Frigide Barjot, qui avait plagié le titre « Touche pas à mon sexe » créé l'an dernier par Gérard Zwang, pour intituler son  bouquin et avait, avec son éditeur, accepté (pour éviter le procès) le retrait de la vente de son peu indispensable pensum, continue à le vendre en cachette lors des réunions chapelet-bénitier qu'elle organise ça et là en province. (J'avais d'abord écrit les réunions-Tupperware, mais Tupperware est une marque déposée....)

Déjà qu'elle en vendait bien peu en librairie (800 en quinze jours d'après les manifestants..)
On notera que les Éditions Mordicus, embarquées avec elle dans cette galère, ont été fondées et sont dirigées par Emmanuelle Duverger, épouse du journaliste Robert Ménard.

Photo:
Xavier Bongibault, lui, patauge dans un fantasme aux relents de nazisme. Après avoir comparé François Hollande à Hitler le jour de leur marche de janvier, et avoir dû s'excuser en conséquence, le voilà maintenant qui traite de « collabos » les partisans du mariage pour tous !!!

Mon humble avis est que le qualificatif de « collabo » s'appliquerait plutôt à un homosexuel qui trahit sa tribu pour prendre le parti de ceux qui contestent l'égalité des droits des LGBT. Les Français jugeront, et on verra bien qui sera tondu lorsque la loi sera promulguée. 

Xavier Bongibault n'est déjà plus très reconnu par ses pairs : le 22 Janvier dernier, il s'était vu refuser l'entrée à la soirée Dr Love, au Club Haussmann, 23 rue Taitbout, soirée très hype et courue des gays parisiens. Et je pense que ce n'est qu'un début de la longue solitude qui l'attend.



Depuis, le torchon brûle entre le Salon du Livre et les forces obscures du mariage hétéro..



Au jeu du plus con, le bureau des candidatures est toujours ouvert.

Dieudonné : le mariage pour tous est un projet sioniste... Alimentaire, mon cher Watson...


Et aux dernières nouvelles les célèbres duettistes Barjot – Bongibault sont apparus ensemble à Bruxelles, à une conférence de presse organisée par des opposants à l'IVG.


 Pressentant sans doute que leur combat est déjà perdu en France, il essaient de jeter une ancre à Bruxelles, afin d'y prendre pied pour continuer leur infamie parmi les milliers de lobbyistes les plus divers qui écument le Parlement Européen ? 

On ne saisit pas très bien le crédit qu'ils y trouveront dans une Europe déjà largement passée au mariage pour tous.....



mercredi 6 mars 2013

443° Scoumoune chez les ploucs...






Estrosi rhabillé pour plusieurs saisons.

L'actualité continue de résonner comme un magasin de casseroles un jour de tremblement de terre.
Chacun y va de son petit couplet, y compris et surtout du petit couplet qui les fait vivre en dépit de l'opinion publique et de la situation durement rappelée par la réalité.

Ainsi par exemple Christian Estrosi, député-maire UMP de Nice et même, depuis « la restructuration de janvier », vice-président de l'UMP, « le motodidacte » pour les intimes, ministre de l'industrie du gouvernement Fillion II, s'est-il mis en devoir de critiquer les résultats il est vrai encore peu convaincants du gouvernement en matière industrielle.

Mal lui en prend, car ses critiques sifflent au oreilles de Jérome Cahuzac, qui n'a pas fait ses classes dans les boxes d'un circuit automobile, et qui est justement, en tant que ministre du budget, en train de démêler les obscurs chignons laissés par le gouvernement précédent.

Cahuzac, il est très drôle dans la vie, ce qui fait que même lorsqu'il s'énerve et qu'il taille un costume à quelqu'un, il ne se départit pas de son humour et du coup, lui taille un costume de clown. Rhabillage très réussi du mannequin Estrosi, dont il rappelle très brièvement l'inconstance des opinions et l’immense œuvre inaccomplie :









Quand « la marche pour tous » marche dedans...

 Photo AFP
Les affaires de la Marche pour tous ne vont pas beaucoup mieux. Il est vrai que l'imposture était bien menée, avec les enfants et les familles modèle bien alignées en rang d'oignons au premier rang, mais les méchants marionnettistes cachés derrière étaient si grands et si vilains que l'opinion publique a fini par les remarquer. Il aura fallu un peu de temps, mais voilà un salutaire vent de printemps qui montre les coulisses peu affriolantes de l'aventure.

Pour montrer leur puissance, les homophobes travestis en papa-maman avaient déclaré que leur renommée était si grande et leur faveur si largement partagée dans le royaume qu'ils avaient amoncelé 700 000€ de dons pour mener à bien leur croisade.

Qu'à cela ne tienne, leur répond-on : la loi française, dans sa grande soif de justice républicaine, et très précisément la loi n° 87-571 du 23 juillet 1987 modifiée sur le développement du mécénat et son décret d'application n° 2009-540 du 14 mai 2009 prévoit que toute accumulation de dons de plus de 153 000€ doit faire l'objet d'une déclaration publique...

Une pétition est donc ouverte chez Avaaz, le grand spécialiste de la pétition, pour que les marcheurs pour tous nous expliquent d'où viennent leurs précieux écus et qui sont leurs généreux donateurs.



Pendant que cette pétition fait son chemin, une autre pétition, rédigée celle-là par la Marche pour Tous, s'est heurtée aux portes de bronze du Conseil Économique Social et Environnemental qui, de toute façon, n'avait pas autorité pour interférer avec le législatif, attendu que d'après les textes que Frigide Barjot avait mal lus ou volontairement négligés, « en vertu de l’article 69 de la Constitution et de l’article 2 de l’ordonnance du 29 décembre 1958 portant loi organique relative au Conseil économique social et environnemental, la saisine du CESE pour avis sur un projet de loi relève exclusivement du premier ministre »

Du coup, un quarteron de députés UMP menés par Jean Marc Lefur a déposé un projet de loi tendant à la suppression du Conseil Economique, Social et Environnemental. Vengeance!

Ah les Marcheurs pour tous auront au moins appris que quand on jette du caca dans le ventilateur, il ne faut pas rester devant ! L'arrosage continue...

Frigide Barjot avait publié un livre, disons un pensum intitulé « Touche pas à mon sexe ».
Avant même qu'un éventuel amateur lui demande avec combien de doigts, une forte voix s’est élevée dans l'assistance : celle de Gérard Zwang, qui avait publié un livre du même titre six mois plus tôt...
Nouveau coup du sort, donc : il faut retirer le livre de la vente et le mettre au pilon... Du coup, on apprend qu'il ne se vendait pas : seulement 800 exemplaire avaient trouvé preneur dans les quinze jours d'exposition dans les bacs. Et encore le communiqué ne précise-t-il pas si c'est 800 suivant la police ou suivant les manifestants...

Mais le sort continue à s'acharner...
Dieu aurait-il abandonné les Marcheurs pour Tous ? Voilà que le Sénat s'y met !

Le collectif de la Marche pour Tous prétend s'inscrire à la Commission des Lois du Sénat pour y être entendu. C'est compter sans le pragmatisme du sénateur Jean Pierre Michel, Premier vice-président de ladite Commission des Lois du Sénat, qui leur répond vertement qu'ils ne représentent rien d'institutionnel et qu'on les a déjà trop entendus. Cliquez sur la lettre ci-dessous pour l'agrandir.

Elle se passe de commentaires. Une association dont on ne connaît ni les statuts ni les comptes, née de rien en quelques semaines, ne représente qu'une flatulence de l'opinion publique, et le Sénat a d'autres sources autrement plus respectables pour se faire une idée, si besoin était.






Enfin, pour terminer en beauté, voici le blog d'un « repenti » du clan Barjot. Un très proche de la famille, qui retrace tout le tracé des protagonistes et pointe du doigts toutes leurs accointances -et elles sont nombreuses- avec l’extrême droite, et même la droite très extrême.
J'ai été très surpris d'apprendre que, parmi les dépouilles que j'ai piétinées sur le marbre et le trottoir d'Assas au début des années 70 se trouvaient peut-être celles des futurs Basile de Koch et de Karl Zéro. Le second semble avoir guéri des ravages du morpion brun qui le rongeait alors., c'est peut-être grâce à moi ?







lundi 11 février 2013

442° Le cinéma réinvente la lutte des classes !









Cinquante six ans après l'abolition de la troisième classe par la SNCF, quarante ans après la suppression de la première classe dans le métro, Gaumont-Pathé vient de réaliser un bond décisif dans la diffusion du cinéma et de la culture.


A l'heure où le Louvre et Beaubourg ouvrent des annexes en province pour offrir la culture au plus grand nombre possible, eux, resserrent les conditions d'accès pour faire carré VIP dans la salle, avec des trônes numérotés, s'exonérant de file d'attente et accaparant un espace que le cinephilus simplex, même en faisant la queue, ne peut plus occuper.

D'ailleurs, la presse spécialisée est loin d'être unanimement favorable à une mesure manifestement mal pensée, et les explications données par le circuit, qui prétend avoir réinventé le son stéréophonique, qui existe depuis des décennies, ne sont pas convaincantes.

A la rigueur, ils auraient transformé une paire de petites salles en auditoriums de grand luxe...On aurait pu penser que c'était la loi « impitoyable » du commerce... D'ailleurs, il en existe, que l'on peut louer pour se faire projeter tout ce qu'on veut. La nouveauté n'aurait été que de la faire tourner en permanent.




 Mais faire cohabiter dans le même théâtre des nababs sur trône en cuir posés avec arrogance au bon endroit et reléguant avec mépris le bon peuple dans les coins, c'est réinventer une ségrégation dont le tissu social moderne se passe volontiers.
C'est vrai qu'au théâtre, il y a les fauteuils d'orchestre, le premier balcon, les autres balcons, les galeries et les loges... Mais une séance de cinéma ne sera jamais une représentation théâtrale...

Technicien du cinéma à la retraite, j'ai été de longues années salarié successivement par ces trois sociétés. D'abord, Pathé, puis Gaumont, puis par la fusion des salles Gaumont et des salles Pathé intitulée Europalaces. Si j'ai vécu, avec les deux premières, des moments relativement intéressants, le dernier souvenir que je conserve de la troisième est l'image d'un prétoire de prud'hommes dont je suis sorti perdant peu de temps avant ma retraite. C'est dire si je ne suis pas surpris des manières de cet exploitant, dont chaque initiative a heurté ma culture cinématographique jusqu'au clash final...

Dans un cinéma, les meilleures places sont effectivement le carré de fauteuils du milieu. -Plus ou moins avancé suivant le rapport de taille salle/écran.
Et ceci pour deux raisons :
D'abord pour voir une image sans déformation, des carrés bien carrés et des ronds bien ronds, il faut être en face de l'image. Seuls les amoureux qui préfèrent l'obscurité vont se terrer dans les coins.
Ensuite pour profiter du son stéréophonique, dont les effets ne sont pas uniquement gauche/droite, mais également avant/arrière, il faut également être placé au milieu.

Votre serviteur en 1984, au Pathé-Marignan, sur les Champs Elysées...
La stéréo au cinéma, qui dispose en général de six pistes, est déjà ancienne : ce ne sont pas les nouvelles installations dont Pathé se prévaut qui vont l'inventer. Sans doute sont-elles d'une qualité encore améliorée, mais ce qui existait avant, même du temps de la pellicule, n'était pas négligeable.
Avec le passage au tout-numérique, c'est même devenu exceptionnel.

Les cinéphiles gèrent donc ces critères pour se placer dans la salle, le plus près possible du centre.

Ils ne pourront plus, sauf à s'offrir le supplément Premium... Les titulaires de cartes d'abonnement, autant dire les vrais cinéphiles, n'y auront plus doit, sauf à s'acquitter d'un surclassement. Et pas rien : le supplément serait de 2€ pour les titulaires de tickets « plein-pot » et de quatre à cinq euros pour les abonnés.

Donc voir le film d'une mauvaise place, ou payer quasiment le double. Consolons nous en nous disant que le Wepler est une salle de version française, et que les cinéphiles fréquentent davantage les salles de VO. Mais la carte d'abonnement n'est pas l'apanage des seuls cinéphiles : bon nombre de petits retraités en possèdent une pour assister aux séances de l'après-midi, peu fréquentées en semaine, et où ils pouvaient choisir librement leur place sans offenser le dieu marketing.
Personnellement, je ne suis pas concerné : lorsque MK2 a « divorcé » de la carte Gaumont-Pathé pour s'associer à l'UGC, je l'ai suivi : J'habite près du MK2 Bibliothèque, qui est, de mon avis de technicien, l'un des tous meilleurs cinémas de Paris. (Même s'il faudrait d'urgence revoir les fauteuils, surtout dans le carré du milieu!!!).

Néanmoins, l'avis du cinéphile que je suis est que pour faire face à la dématérialisation des supports, le cinéma doit baisser ses tarifs. Le passage, l'an dernier, au tout numérique, qui supprimait d'énormes frais de laboratoire et de copies en était l'occasion idéale. Or si les frais d'exploitation ont baissé, le spectateur n'a pas vu baisser le prix du billet...

Enfin, et pour avoir travaillé quarante ans dans des complexes cinématographiques, et non des moindres, je m'interroge sur deux choses :
D'abord les modalités -pratiques- d'application de cette stupidité : comment, une fois la salle éteinte, empêchera-t-on les spectateurs de changer de place ?
Ensuite, la moindre contrariété d'un spectateur se paie facilement cash par un fauteuil déchiré... Or là, le mécontentement du spectateur frustré va être précisément focalisé sur... les fauteuils...

De beaux casse-têtes en perspective.. …...
Amusez-vous bien les gars, mais sans moi ! Que c'est bon d'être à la retraite... !



dimanche 10 février 2013

441° L'abcès est-il définitivement crevé ?






Les deux derniers mois de l’actualité, et surtout les deux dernières semaines de débat parlementaire ont permis de faire sortir le pus nauséabond de l'infection homophobe.

Tout ce qui se disait en aparté sous les soi-disant respectables lambris des beaux quartiers et la prétendue bonne société a été étalé au grand jour. Toutes les peurs, les haines, les rancœurs sournoises, et aussi pas mal de frustrations et de fantasmes ont fait irruption dans le débat public.
photo Maxime Lejat
Le premier qui avait expliqué ses fantasmes tout haut était le cardinal Barbarin, au mois de septembre dernier. Alors qu'en demandant à pouvoir se marier comme tout le monde, les « homos » ne demandaient que la reconnaissance de leur amour, Barbarin, lui, semblait voir s’entrouvrir une porte vers ses fantasmes les plus démoniaques. «  ils vont vouloir faire des couples à trois ou quatre, et après, la barrière de l'inceste tombera ». 

Doucement, monsieur l’archevêque, il y a plein de gens sensés qui écoutent ! Ne confondez pas le micro de la radio et celui de votre église. L'auditoire n'est pas le même.

Depuis, lors des manifs et du débat, ça n'a été que redites et litanies de slogans mensongers et et questions reposées à l'infini bien que la réponse leur eût été donnée.
Mille fois, manifestants et députés ont déclaré les homosexuels incapables d'élever des enfants alors que les observations faites dans les pays où cette situation existe depuis longtemps démontre le contraire.
Mille fois, manifestants et députés ont déclaré que les institutions religieuses n'avaient été entendues que quatre minutes par la commission, alors que :

1° Elles n'avaient pas à être entendues dans un débat républicain, -et donc laïque-, sur le mariage civil.
2° Par pure grandeur d'âme, elles l'ont été pendant deux heures quarante minutes le 29 novembre 2012, enregistrements à l'appui mis en ligne sur Dailymotion.

Cinq mille fois, l’opposition a multiplié des amendements dont certains, vu leur caractère ordurier, zoophile ou injurieux auraient valu à leurs auteurs une convocation par le tribunal s'ils n'étaient hypocritement couverts par l'immunité parlementaire qui en permet de belles...




Qui aurait imaginé que les tréfonds de la société française recelaient pareils amoncellements de haine, de mépris, de suffisance, d'égoïsme ?
Qui aurait pensé que nos donneurs de leçons « professionnels », élus pour « représenter la parole du bon peuple » viendraient, « au nom de leurs électeurs », servir pareil bouillon d’infamie ?
Qui aurait cru, dans un autre sens, que le débile homophobe qui ronge sa frustration dans son coin en insultant les « assumés » et à la limite en les frappant la nuit dans les coins déserts allait trouver un député pour déverser au parlement, en langage politique, les logorrhées de fumier oratoire qu'il échange habituellement avec ses potes au café du coin ?
Qui aurait prédit qu'on trouverait en France, à l'instar des États Unis, des gens assez peu scrupuleux pour faire commerce d'homophobie, vendre de la haine pour redorer un blason d'artiste en panne ou tenter de se faire une place dans le petit grouillement parisiens des m'as-tu-vu ?

S'il était besoin d'une démonstration supplémentaire des ravages que peut faire la politicaillerie, y a-t-il meilleure illustration que ce débat ? La France est largement favorable au mariage homosexuel : il devrait en être de même dans les partis politiques...
Parmi les opposants, il doit bien s'en trouver qui votent à l'encontre de leurs sentiments personnels par discipline et appât de la réinvestiture de leur parti, engageant ainsi tout le pays et surtout les quelques sept millions d'homosexuels des deux sexes qu'il compte, dans la régression, l'inégalité et le malheur ?

Et qui a profité pleinement de cette cacophonie ? Les rares homophobes idéologiques, qui ont trouvé pour répandre leurs discours de haine des foules d'auditeurs qu'une campagne politique et démagogique, donc mensongère, a amené là pour des nécessités purement médiatiques ? ..

Quelle catégorie de gros cons a presque trouvé une stature dans ce répugnant déballage ? L'homophobe hypocrite, le pire de tous, celui qui proclame « Je ne suis pas homophobe, mais tout de même... ».
N’oublions pas que le fond de l'homophobie est une frustration : celle de ne pas s'autoriser à vivre la liberté sexuelle dont les autres profitent. Un sorte de jalousie du coincé du calbard devant celui qui s'épanouit.
Vous noterez que les homophobes attaquent toujours en bande, jamais seuls. Seuls devant un gay, ils se sentent péteux, réduits à leur frustration et à leur mal-baisance. Et ce sont eux qui prennent la baffe dans la figure.
En bande, ils cachent leurs faiblesses dans les hurlements de la meute, dans le mythe collectif qui leur permet de brandir dans l'action une bannière hétérosexuelle, chacun croyant être le seul mal-baisé du troupeau et espérant cacher son petit drame personnel en se mêlant aux vociférations. Dans la réalité, les bandes de casseurs de pédés ne sont que de malheureuses associations de caleçons en berne. On le constate d'ailleurs très bien au tribunal, lorsqu'ils doivent, tout penauds, raconter par le menu leur misérable existence à des juges souvent avides de détails croustillants.

Pour l'opinion publique, le débat a assez duré. La loi est votée. Frigide et son blondinet ne déplaceront plus au mois de mars qu'un quarteron d'intégristes, quelques grenouilles de bénitier et une escouade de crânes rasés.

La France a balafré son image de pays des Lumières, de la révolution, de la Laïcité, de la République et des Libertés. Elle a montré son retard par rapport aux autres pays, qui ont adopté la mesure sans tapage, y compris les très catholiques Espagne et Portugal, qui ont bien vu passer une manif, mais n'ont pas sombré comme nous dans un nauséabond déballage d'alcôve.

Tréfonds de la honte, en Angleterre, la mesure a été prise par les conservateurs. Nous cumulons la droite la plus bête du monde et la gauche la moins dynamique. Car si cette loi avait été préparée en même temps qu'elle était promise et adoptée dans les deux premiers mois de la législature, la droite n'aurait pas eu le temps d'agiter le marigot jusqu'à en faire remonter les boues et les limons les plus méphitiques.

Jusqu'ici, je croyais, naïvement, semble-t-il, qu'on allait manifester pour réclamer des droits supplémentaires ou refuser qu'on retire ceux que vous possédez déjà.
Jamais je n'aurais imaginé des Français capables de manifester pour exiger qu'on prive certains d'entre eux d'un droit que eux, possèdent déjà. Je trouve le principe parfaitement pétainiste.

Et pourtant, on n'a gagné qu'une bataille contre l'obscurantisme, pas la guerre : il va falloir gérer l'adoption et la PMA. Les gargouilles du Moyen-Age n'ont pas fini de cracher leurs insanies.


mardi 29 janvier 2013

440° Promis, Christine, on touchera pas nos cousines.






Voilà. On a marché.

La préfecture de police a coupé la manif en deux itinéraires, un par les boulevards St. Michel - St. Germain, l'autre par le Boulevard Arago – St. Marcel -de l'Hôpital et Austerlitz, sans doute pour éviter qu'un photographe trop bien placé démontre en image sa réelle ampleur. Ce n'est pas la CGT qui se laisserait manipuler comme ça.

Pour ma part, je me suis trouvé à 16 heures à l'angle St. Germain / St. Michel. D'un côté, je voyais le boulevard Saint Michel noir de monde à perte de vue au-delà du Luxembourg, ou des ballons et autres objets volants démontraient la présence de manifestants bien au-delà de ce que je pouvais voir, et de l'autre le boulevard Saint Germain également noir de monde jusqu'au virage de Saint Nicolas du Chardonnet. J'avais là sous les yeux bien plus que les 140 000 personnes octroyées par la Préfecture, et je n'ai jamais vu ceux qui sont passé par le boulevard Arago...


Saint Nicolas du Chardonnet où les policiers eux-mêmes, au risque de se trouer le fond de culotte en escaladant les grilles acérées, ont été arracher eux-mêmes une banderole qui montrait une jolie biquette et disait « avec les chèvres aussi ». On voit que l'intégrisme donne à ses adeptes uns inspiration naturaliste et champêtre. Soyez rassurés, pauvres ouailles du Chardonnet, on ne vous disputera pas vos chèvres.

La banderole qui m'a le plus amusé, -je n'ai pas pu la photographier... Elle disait :
« Promis Christine, on touchera pas nos cousines ».

Laquelle Boutin a promis que, si la loi passait, elle mettrait fin à sa carrière politique. Encore une promesse de droite dont je ne crois pas un mot.

Il y avait une ambiance bon enfant, avec une vraie France qui défilait, dans une spontanéité qu'on n'avait pas ressenti à la manif homophobe où toutes les fleurs de province restaient peureusement groupées pour ne pas rater le bus du retour.

La météo a arrêté la pluie quelques instants avant la formation du cortège, qui s'est mis en route dans la bonne humeur : Xavier Bongibault, le troisième doigt de Frigide Barjot, s'était vu la veille au soir refuser l'entrée du Love Club, soirée très prisée du gay-Paris qui se tient une fois par mois au très branché  Club Haussmann, 23 rue Taitbout...

Lui qui a voulu faire croire que la majorité des gays était de son avis commence à cueillir les fruits de son imposture.

Ce n'était pas la fête à Frigide non plus, puisque, la veille encore, elle s'était fait tacler par son beau-frère Karl Zéro, qui, sur Europe 1, l'a qualifiée de « piquée », et confirmé qu'elle agissait bien par pur opportunisme.
Dans un article précédent, j'avais déjà parlé de « l'imposture bien gérée qui paie  -ou pas» à propos de quelques uns des agitateurs de la déferlante homophobe.

Un qui n'est pas mal non plus, c'est Tugdual Derville. Ce n'est pas un nouveau venu dans le monde du coinçage de sexe puisqu'on le trouve dans l'Alliance Vita contre l'avortement ainsi que dans des associations opposées à l'euthanasie.


Ce cher Tugdual, devant la convention UMP dédiée au mariage pour tous, a opéré un dérapage qui devrait lui valoir une médaille olympique : Il a établi un parallèle entre la douloureuse incapacité de se marier des handicapés mentaux et la non moins douloureuse impossibilité qui, d'après lui,  touche les homosexuels.
Les handicapés vont être contents...

Les hordes homophobes révèlent leur force de frappe en créant à qui mieux-mieux les sites les plus divers.. Après Homovox, voici:
que mes amis informaticiens ont épluchés pour découvrir que le nom de domaine avait été déposé au Panama:

Registrant Street1:Attn: laissez-nous-voter.org
Registrant Street2:Aptds. 0850-00056
Registrant Street3:
Registrant City:Panama
Registrant State/Province:
Registrant Postal Code:Zona 15
Registrant Country:PA
Registrant Phone:+507.65995877


Qui possède les structures et l'argent pour acheter des noms de domaine au Panama ? Est-ce avec les 700 000€ que le trésorier de la Marche pour tous déclarait avoir recueillis sous forme de dons avant qu'on ne lui réclame de rembourser la pelouse labourée du Champ de Mars ?





Le débat à l'Assemblée vient de commencer, avec des amendements d'un goût exquis...
Se distingue particulièrement l'élégant Jacques Bompard et ses propositions ordurières tendant à rétablir l'inceste, abolir les limites d'âge pour ouvrir la voie à la pédophilie et étendre le mariage à plusieurs personnes pour rétablir la polygamie. Entre autres. Un véritable étalage de fantasmes dont je voudrais bien entendre l'auteur s'expliquer, parce que si, lui, pense à toutes ces choses en évoquant le mariage, les homosexuels, eux, ne pensent qu'à s'aimer.

Si vous imaginiez que les députés étaient des gens sérieux qui agissaient avec mesure, prudence, respect et sagesse, en voici une liste dont les dérapages vous démontreront le contraire.

L'ornière est profondément boueuse, on n'en sortira pas en quelques jours.





dimanche 13 janvier 2013

439° Manifs, flops et lapsus.







1 million d'euros dépensés pour 200 000 manifestants. Ça fait 5 € le manifestant. Avec 5 €, les Restos du Coeur servent cinq repas...

En toute charité laïque.

La manif des homophobes a eu lieu. Elle était déjà déshonorée avant de commencer par les élucubrations de l'homo de service, Xavier Bongibault, qui avait, dans la matinée, au micro de BFM, comparé François Hollande à Adolf Hitler. On va en reparler.

Les édiles sont venus se faire photographier dix minutes au début ; puis se sont empressés de rentrer chez eux. De toute façon, ils n'ont pas l'habitude de parcourir toutes les manifs dont ils défendent les causes, mais après les imprécations du matin, ils devaient se sentir plus mal à l'aise que d'habitude...Il n'y avait plus un seul politique sur le podium du Champ de Mars à l'arrivée de la foule, seulement quelques organisateurs, quelques carriéristes en mal d'exhibition et les chauffeurs de salle.

La télévision suisse, au lieu de prendre des images à ras des têtes, ce qui donne l'impression d'une foule immense, est montée sur la tour Eiffel pour prendre ses photos. Et là, c'est impitoyable. Le bassin visible au milieu de la photo représente l'espace occupé par 5 à 700 personnes, maximum.
Faites la multiplication : on arrive péniblement à 150 000.....
On a les comparaisons avec les nombreuses photos du Champ de Mars prises à l'occasion d'autres événements. Plein d'un bout à l'autre avec les bas-côtés, il contient 700 000 personnes.Mais là, on ne voit plus un centimètre de pelouse, et il est bondé jusqu'à l'Ecole Militaire, au fond.



Revenons à la déclaration matinale de Xavier Bongibault... Son texte exact ICI...

Certes, il s'est excusé, plus tard, en larmes, sur le podium du Champ de Mars, mais le lapsus reste intéressant, voire révélateur. Cela donne une idée de la distance qui sépare les « préoccupations LGBT » de son auteur de ses véritables intention politiques.

La garçon était jusqu'ici plus connu pour ses tartarinades alcoolisées dans les bars du Marais que pour son militantisme. Peut-être s'est-il dit que notre époque pétaradante avait montré qu'une imposture bien gérée pouvait apporter à son auteur une petite notoriété, au moins provisoire. Les exemples sont nombreux...
Essayer de faire croire que les gays opposés à l'égalité étaient plus nombreux qu'on l'imagine et mettre son image évanescente au service d'une cause politique qui n'attendait que cela, c'était peut-être un tremplin sur lequel il a voulu rebondir.

Peut-être ou peut-être pas. Mais sa déclaration, il fallait tout de même aller la chercher. Si elle a dépassé, à défaut de ses pensées, ce qu'on peut raisonnablement dire dans un micro, elle n'est pas pour autant issue du néant. Elle témoigne de la hargne qui l'habite d'avoir vu son camp perdre les élections et de son empressement à démolir par tous les moyens un président de gauche qu'il n'appelait pas de ses vœux...

Ce genre de dérapage permet de mesurer le niveau d'instrumentalisation de la loi sur le mariage pour tous par l'opposition. Tout est bon à jeter à la figure d'un gouvernement qu'on veut gêner.

Même si les édiles de droite, les politiques, se rendent bien compte qu'à force de vouloir séduire les anciens, ils vont s'aliéner les nouvelles générations, qui toutes tendances confondues, ne considèrent plus l'homophobie comme un clivage gauche/droite.

Ajoutons à cela que, de plus en plus, les gens perçoivent la différence entre le mariage civil qui gère les situations terrestres et matérielles, et le sacrement religieux du même nom, qui n'est qu'une cerise abstraite sur le gâteau. Les plus croyants d'entre eux commencent à comprendre l'enfumage dans lesquels on les égare en confondant les deux à qui mieux-mieux. Les églises se vident, et les arguments religieux se vendent mal. Ce qui explique sans doute que l'épiscopat français ait préféré s'adresser aux enfants des écoles qu'aux ouailles de ses églises : ils sont plus nombreux, et moins gâteux.

Ceci explique également l'embarras du Front National, qui est contre le mariage sans appeler à manifester, et des duettistes Copé-Fillion qui, maintenant qu'ils se sont engagés sur cette pente savonneuse lors de leur face à face télévisé, ne savent plus comment renverser la vapeur. Alors, ils vont à la manif le temps d'une photo, puis disparaissent pour ne rien assumer.

La gauche ne changera pas un yota à son intention de voter la loi : ce que la droite ne comprend pas, c'est que plus ce genre de manifs homophobes réussit, plus la gauche se galvanise : Entre l'avenir et le passé, entre le progrès et la nostalgie, un homme de gauche n'hésite pas un instant, et plus l'opposition réactionnaire est bruyante, mieux elle permet aux forces de progrès de montrer leur différence.

Et plus Frigide Barjot proclame qu'elle n'est pas homophobe, plus elle s'enfonce dans ses contradictions : Vouloir priver les citoyens français homosexuels d'un droit accordé aux hétéros, c'est déjà de l'homophobie.



dimanche 6 janvier 2013

438° La drôle de guerre.







J'attendais une bonne actualité, agréable, savoureuse, pour emballer mes vœux de nouvelle année. Malheureusement, l'information ne l'a pas apportée.

Vous me direz : une année sans Sarkozy, ça ne peut pas être pire qu'avec.  C'est déjà une bonne nouvelle en soi. .. Il y a forcément des tréfonds d'où on ne peut que remonter, même si en matière de continuité du tissu social et de solidarité républicaine, la France blessée aura du mal à faire disparaître ses cicatrices.
La preuve : cette résurgence sans précédent des imprécateurs homophobes, notamment religieux, qui tels des zombies de Torquemada, font éclater à haut cris et à renfort de chapelets d'injure l'insondable inhumanité de leur imbécillité.

Les légions du saint siège ont occupé la trêve de Noël à fourbir de nouvelles armes homophobes, à trouver comment ils pourraient discriminer davantage les homosexuels et à ourdir des complots contre leurs libertés.

Alors, pour ce qui est des bons vœux pour la nouvelle année, soyez assuré des miens, des meilleurs et des pur-sucre aussi longtemps que vous n'attenterez pas à l'égalité des droits, chapitre sur lequel je suis intransigeant, surtout quand il s'agit des miens.

Si vous voyez un homophobe, marchez lui sur la gueule, et si vous en voyez un pervers ( du genre: « Je ne suis pas homophobe, mais quand même... »), piétinez le longuement avec vos talons aiguille et achevez le avec des moulinets de sac à main.. La liberté a un prix, et si ce n'était que la gueule des homophobes, ce ne serait pas cher payé. Je connais d'autres libertés qui ont coûté bien davantage.

Vous allez me dire que je suis agressif... Non : je n'ai pas tiré le premier. Dans l'Isère, le député PS Erwan Binet a reçu des lettres de menace, dont la dernière accompagnée d'une balle de 9mm qui visait le délégué local d'Homosexualité et Socialisme, Benjamin Rosmini.

Plus les débats avec la droite avancent, plus elle les éloigne des choses de l'esprit pour en revenir à ses instincts ataviques de loi de la jungle. Si tu ne comprends pas leur dogmes et leur arbitraire, tu devras comprendre leurs griffes et leurs dents.
Lorsque leurs arguments « de raison » se sont tous écroulés comme une rangée de dominos, au lieu d'obéir à un sens du ridicule qui pourrait leur épargner le pilori de l'imbécillité, ils en rajoutent jusqu'au clash.

Le tout dans un style « concierge-café du commerce » qui fleure bon la naïveté du con assumé : tel le libellé de la lettre anonyme qui accompagnait la balle de 9 mm : « ne prévenez pas les autorités, car nous agirions immédiatement ».

On apprend à l'occasion que ce n'est pas la première lettre de menace que reçoit le député de l'Isère, et que nombre d'autres députés de gauche en ont également reçu.

Voilà donc la brillante démocratie que vont défendre, au mieux pèle-même-, mais plus vraisemblablement en « mode panier de crabes » Frigide Barjot, Jean François Copé, des morceaux épars d'UMP et les croix et bannières de Civitas dans leur démonstration du 13 janvier.
Ils ne savent plus quelle perversité utiliser pour démontrer leur indémontrable entêtement.
Ils ont créé un site pompeusement baptisé « Homovox »  dans lequel des gays ou prétendus tels expliquent laborieusement qu'ils sont contre le mariage pour les gays.

Un observateur impartial, respectueux de la démocratie et des droits et libertés individuelles objectera qu'on peut ne pas être d'accord avec quelque chose, mais que, dans la mesure où cela ne change en rien à votre vie, on n'est pas obligé d'en priver les autres.

Les tristes gays qui s'expriment sur ce site s'acharnent à démontrer que dans la mesure où ils n'ont, eux, rien à foutre personnellement d'un mariage pour tous, il convient d'en priver l'universalité des homosexuels français qui le réclame à grand cris. Phénomène qu'un psy de mes relations qualifie de « hystérie des mal-baisé ».

Mais le plus drôle, c'est qu'en farfouillant un peu,  on découvre que l'hébergement du site, -payant- a été mis en place par le très objectif et très laïque Jean Baptiste Maillard, auteur du livre « Dieu est de retour », et du blog http://www.jesusprems.com., dont le dernier article est intitulé « Courage, Frigide, on t'aime ».

Et c'est ce monsieur qui prétend parler au nom des homosexuels de France et de Navarre ? Et c'est ce monsieur qui croit changer les mentalités avec ce genre de détournement, en mettant en scène des arbres qui cachent la forêt et en se faisant passer pour ce qu'il n' est pas ?

Quand je pense que André Vingttrois compare le mariage gay à une supercherie, et sans même objecter que la religion dans son ensemble en est une belle, de supercherie, on va manquer de mots pour qualifier l'esbrouffe que pratiquent ses correligionnaires pour faire avancer les principes de leur secte...

En matière de démocratie, nous avons eu aujourd'hui l'avis d'un connaisseur, puisque Gérard Depardieu a qualifié de « grande démocratie » le régime russe de son ami Poutine. Il en a même convaincu Brigitte Bardot, qui voyant Depardieu s'installer confortablement à Moscou, en déduit sans doute que la Russie est le paradis des éléphants.

Il est vrai que Depardieu a eu tout loisir d'étudier la situation, attendu qu'il s'était rendu l'an dernier à Grozny à l'invitation du président Kadyrov, le sanglant« démocrate » au pouvoir en Tchétchénie pour célébrer le même jour la fête nationale du pays et l'anniversaire de son chef.

Curieux, cette propension d'une certaine catégorie de Français, dès qu'ils enflent un peu du porte-monnaie, à fréquenter les grands esprits de ce monde. On se souvient de Sarkozy avec Khadafi et Ben Ali, et de plein d'autres du même acabit...





Vincent Peillon se réveille ! Il était temps.
Le 12 décembre, Eric de Labarre, secrétaire général de l'enseignement catholique, publiait une lettre où, « sans vouloir rallumer une guerre scolaire », il invitait les chefs d'établissement à « ouvrir le débat sur le mariage homosexuel ».

Comme si leurs têtes blondes pouvaient, dans un « débat », avoir un avis différent de celui de leurs enseignants... Pour rallumer la guerre scolaire, il n'y avait pas mieux que cette hypocrisie. Imaginez les dégâts collatéraux de pareille initiative : création d'une tribune libre aux homophobes de tous poils qui sont particulièrement nombreux dans la galaxie-bénitier, réouverture de la chasse aux pédés tant parmi les élèves que les enseignants, éducation de toute une génération dans un discours homophobe au détriment de l'accent qui devrait être mis sur l'égalité républicaine.

Vincent Peillon a tourné sa langue dans sa bouche et son stylo dans l'encrier du 12 décembre au 4 janvier , -24 jours- avant de réagir à cette provocation. Le temps pour la gangrène de gagner tout le corps... Les manifs sont prévues, les inscriptions reçues, les bus loués, les pancartes fabriquées, les banderoles cousues et découpées...

Pendant des années, on va compter les victimes de ce sursaut d'homophobie engendré par ce « débat » qui n'en finit plus, par la nauséabonde surenchère des ecclésiastiques dont certains propos discriminatoires sont incompatibles avec leurs « écritures », de politiques qui tentent de fleurir sur ce fumier et de pseudo-artistes en désuétude qui essaient de se refaire une notoriété à n'importe quel prix.

Déjà, SOS Homophobie signale une forte augmentation des appels au secours reçus par ses écoutants, et Najat Vallaud-Belkacem doit convoquer les responsables de Twitter-France pour leur demander de s'occuper de ne plus transmettre de messages de haine homophobe.

En tout cas, avis aux populations républicaines :

Grande et ultime manif 
POUR LE MARIAGE POUR TOUS 
LE 27 JANVIER,


 deux jours avant que le texte ne soit présenté à l'Assemblée.









vendredi 14 décembre 2012

437° Mes Héros. Balasko rocks !








Balasko rocks !


Je ne choisis pas que mes films. Je choisis aussi mon cinéma. Voir les films en V.O. élimine la plupart du temps le cinéma du quartier.
De plus, mes antécédents de chef-opérateur m'empêchent de fréquenter des cinémas à technicité douteuse qui, en projetant mal le film, nuisent à mon plaisir. Du temps que j'y suis, je choisis aussi le public, qui varie non seulement en fonction du quartier, mais aussi de l'heure de la séance. Ma séance préférée étant de loin celle de 22 heures.

Le public, c'est, pour le cinéphile, une petite partie du spectacle. Soit je suis absolument seul devant mon home cinéma au son soigneusement bricolé, soit mon choix de jour et de séance me garantit un public impérativement clairsemé, et au pire, un peu branché. C'est donc une galère d'aller au cinéma avec moi. Oui, je le reconnais. Habitant dans l'est parisien, ma salle de prédilection est le MK2 Bibliothèque, dont les points faibles sont le confort des fauteuils et la propreté des toilettes, mais dont les points forts sont nombreux : projection bien horizontale, installation sonore de qualité.

Aujourd'hui, je me suis laissé aller : voulant voir un film français « Mes héros », et renonçant à ma séance de 22 heures, je me suis pointé à 14h 20 à l'UGC Créteil, proche de chez moi. Déjà, le contexte UGC : écrans courbes (une aberration technologique...), et projection en plongée donnent, malgré les progrès liés au numérique, une image un peu tordue. Le son est ce qu'il est...

La séance de 14 heures en semaine, c'est la séance des vieux, surtout dans mon quartier pavillonnaire des bords de Marne où les papys retraités sont légion. Ça commence par une infestation de parfums capiteux qui se battent pour occuper l'espace. L'odeur est trois fois plus dense que dans une parfumerie. Moi qui n'aime pas les machins sucrés, suis à la limite du haut le cœur.

D'autant plus que les mégères bourgeoises qui m'entourent avec leurs fourrures et leur maquillages millimétrés, tant par le souci d'ostentation de leur aisance financière que par les débordements provoqués par leur Parkinson naissant lorsqu'elles manipulent leur flacon magique, s'aspergent littéralement de leurs écœurants élixirs. Parfois, on a envie de lâcher un essaim d'abeilles dans le cinéma afin que la horde sauvage se jette sur elles et les fasse fuir en courant. Les abeilles souffrent dans la nature ? Lâchez les sur les bataillons de mémères, elles seront nourries pour l'hiver.

Puis il y a les commentaires pendant le film. « Oh la pauvre »... « Attention derrière ». « Il va frapper, tu vas voir », « Rooo, c'est beau, snif », « Passe moi les kleenex, y a mon rimmel qui coule ».

Mais le clou du spectacle, c'est le face à face Balasko – beaufs des bords de Marne. Du coup, je regrette presque de ne pas être allé voir le film à Neuilly.
Parce que le film, c'est du bon Balasko, avec ses dadas habituels. Et dans celui-là comme dans d'autres, les mauvais traitements infligés aux sans-papiers par les méchants ministres de l’intérieur, la séparation des familles par les reconduites à la frontière et autres injustices qui font marcher notre Balasko au plafond.

Et là, elle n'y va pas par quatre chemins, notre Josiane révoltée : elle regarde la caméra, -donc le spectateur-, et explose d'une saine colère citoyenne et républicaine :

« Des fois, j'ai honte d'être Française quand je vois la façon dont on traite ces gens là ! Qu'est-ce qu'il a fait, ce petit, pour qu'on passe les menottes à sa mère devant ses enfants sous prétexte qu'elle n'a pas de papiers ? »

Et les petits bourgeois du Val de Marne, dépeignés par la furieuse et magistrale imprécation de Josiane, s'enfoncent dans leur fauteuil en murmurant « Tout de même, elle y va fort ».

Mais jamais « Viens bobonne, on s'en va ». Ils ont pourtant tous voté pour, comme ça, dans un élan de bonne bourgeoisie bien comme il faut, les mémères sucrées et leurs papys bancales, parce que dans les campagnes électorales, on ne leur montre pas les enfants en larmes, les mamans qui font le ménage en rasant les murs depuis dix ans et les vilains gendarmes qui font claquer les menottes avant de dire bonjour.

Mais dans le film, on leur montre. Il y a un petit noir bien élevé, qui range ses chaussettes et demande la permission pour sortir de table, il y a une maman noire femme de ménage aimante, en fuite, courant après ses enfants recueillis par un réseau charitable, une mamie Balasko énergique et douce, un papy Jugnot affectueux, un tonton Pierre Richard déjanté et généreux, et là, les braves gens comprennent que ces choses-là arrivent dans des familles où on a les mêmes valeurs d'amour et de respect que dans les leurs.

Le film est bien ficelé, avec des dialogues hilarants à souhait, des personnages bien campés avec des travers amusants, mais il a surtout valeur de leçon : une Balasko de cinq mètres regardant dans les yeux les petits vieux écrasés dans leur fauteuil devant l'écran, les engueulant et leur disant : « Vous vous rendez compte de ce que vous avez fait ? » , ça, c'est un délicieux moment de cinéma.

Et ça valait peut-être le coup d'aller à des séances où je ne vais jamais.





436° Voir "Sur le chemin des dunes", absolument






Voir "Sur le chemin des dunes", absolument.



Après les Invisibles, le cinéma nous apporte dans une trop grande discrétion de petits chefs d’œuvre sur l'homosexualité.

Le film belge, -et flamand-, Sur le chemin des dunes aborde avec finesse la découverte de l'homosexualité chez les garçons, et les difficultés qu'ils rencontrent à l'assumer dans certains contextes.

Photographié avec amour et haute définition sur les duvets blonds et chatoyants de l’acteur principal, ce film plein de délicatesse, de finesse et de sourires en coin dépeint une société pauvre des basses Flandres dans les années 60, dans un décor à la Jacques Brel.

L'un des ados est fortement convaincu de son amour homosexuel, et trépigne avec opiniâtreté au pied du mur de l'impossibilité, l'autre cherche à fuir et multiplie quelques expériences.

Je ne peux pas vous déflorer une intrigue qui apporte quelques moments extrêmement forts... Car le film ne se limite pas, loin de là, à ce face à face de Pim et de Gino. Il décrit aussi l'impossibilité de s'exprimer pour certains adultes qui ont tout compris, ne réprouvent pas mais ne savent pas comment faire, il délimite « l'autre planète» dans lequel vit le garçon qui ne se voit pas « autrement » dans un monde où rien n'est fait pour l'intégrer...

Petit chef d’œuvre discret et subtil dont on ressort avec l’œil humide, le cœur serré et le sentiment d'être moins seul sur terre.