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vendredi 4 novembre 2016

544° Mais non ! La Manif pour tous n’est pas homophobe !






On ne rit pas. C’est la Cour d’appel de Paris qui le dit. Ce sont donc des choses très sérieuses. La justice a condamné le 2 novembre l’ancienne présidente d’Act-Up à une peine symbolique, certes, mais condamné néanmoins.


Comment la Manif pour tous réussit-elle ce prodige ?
C’est tout simple : il suffit d’avoir un discours (officiel) lisse, sans injure, qui ne parle que de ce qu’ils imaginent être le bonheur des petites têtes blondes, un discours inattaquable et bien propre sur lui, et d’organiser une belle grande manif pour laisser la haine déferler dans la rue.

Et laisser le bon peuple, tout heureux de participer à cette psychothérapie de groupe, exprimer à grandes gesticulations ses rancœurs et ses frustrations.



Mais la justice, qui a répondu avec une précision chirurgicale à une question habilement posée, s’est bien gardée d’aller le consulter. « Hors sujet »…
Elle se borne à analyser le discours des organisateurs, pas ses conséquences.


Une petite recherche sur Google des dérapages verbaux recueillis par des journalistes lors de micros-trottoir en pleine manif pour tous révèle un florilège édifiant de dérapages haineux et d’insultes homophobes.

Mais la manif pour tous est, bien sûr, dépassée par tous ces gens qui expriment leur haine. Elle ne leur a pas expressément demandé de venir. Elle a juste dit : « Venez nombreux ».

Ce n’est pas de sa faute si ceux qui disent à haute voix les choses défendues sont là. On donne un coup de pied dans la fourmilière, c’est tout. Après, que les fourmis se mettent à courir partout, ce n’est plus de sa faute.

Sans doute aurait-il fallu s’y prendre autrement : porter plainte contre l’organisation d’une manifestation qui a engendré des troubles à l’ordre public et des incitations à la haine, en produisant nombre de preuves enregistrées et photographiées et en poursuivant individuellement nombre de porteurs de pancartes insultantes et d’imprécateurs dans des interviews haineux.
 
A cet égard, cet article de « Libération », qui explique en détail les attendus de la décision est très explicite :

Pour rappel, selon la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse, «toute expression outrageante, termes de mépris ou invective qui ne renferme l’imputation d’aucun fait est une injure». A ne pas confondre avec la diffamation, constituée par «toute allégation ou imputation d’un fait qui porte atteinte à l’honneur ou à la considération de la personne ou du corps auquel le fait est imputé».

Coller des affiches « globales » c’est une infraction. Mais si on avait pu dénoncer un par un tel ou tel fait précis, ça pouvait se plaider. 



Mais quelle association LGBT a le temps et surtout les moyens d’une telle campagne ?
Les médias qui ont diffusé ces clips justement pour dénoncer cette homophobie « officieuse » laisseraient-ils les associations utiliser leurs clips copyrightés devenir des éléments de preuve au risque de se voir reprocher de les avoir publiés, même « pour la bonne cause » ?

Tout cela est le petit jeu de la justice, pour ne pas parles de jonglerie. Pendant que les LGBT se font pourrir la vie, insulter et agresser, on joue avec les mots dans les tribunaux.

Ce qui laisse le justiciable d’autant plus songeur que la même cour d’appel a condamné le même jour Christine Boutin pour avoir dit que « l’homosexualité était une abomination »...



Le pire est que cela ne changera pas grand-chose à l’état des lieux : L’immense majorité des gens qui défilent à la manif pour tous détestent les homosexuels, (ce n’est pas de « l’homophobie », juste une détestation qui s’exprime dans les écrits et les paroles…), et la totalité des LGBT regardent ces nouveaux croisés comme des ennemis mortels qui mettent en cause jusqu’à leur droit d’exister.

Le must de la communication n’est plus tant d’affiner le message que l’on veut faire passer, mais plutôt d’optimiser l’usage qu’on va faire des médias pour arriver à ses fins. Et là, tous les détournements sont bons, comme un coup de billard en trois bandes,
Un stratège « branché » se contente de dérouler le tapis, les gogos feront le reste. Et se feront, -éventuellement-, condamner à sa place.

Les moutons enragés qui promènent des pancartes insultantes à la manif pour tous se croient couverts par les organisateurs : ce jugement montre qu’ils ne le sont pas.
De même que l’existence de cette manifestation légitime les passage à l’acte des agresseurs d’homosexuels « à l’insu du plein gré » de ses organisateurs qui se sont bien gardé de donner l’ordre d’attaquer.

La justice protège un donneur d’ordre qui ne se salit pas les mains, elle condamnera celui qui fera la basse besogne.
Mais alors, faire un procès comme la manif pour tous l’a fait, -et le gagner- est-il productif pour son image ?
Pas sûr... La focalisation de ce débat sur un point si précis ne fait que cristalliser le problème.

Cela a l’avantage pour eux d’inciter les LGBT a plus de prudence dans le choix de leurs mots.
Cela a aussi la vertu, pas négligeable au prix où est la publicité, de faire parler d’eux.

Mais cela a pour les LGBT l’avantage de mettre le doigt sur le fond du problème : On ne se gratte que là où ça démange. Si une accusation tombait à ce point à plat, faut-il aller jusqu’au prétoire pour asséner qu’elle ne tient pas debout ? La logique et le bon sens n’y suffisent-ils pas ?

Était il bon de découper les droits de l’homme en micro-départements ?

Ne suffisait-il pas de « globaliser » cette homophobie dans un ensemble de droits de l’homme et du citoyen qui se contentait de mentionner que tous les Français doivent être soumis de la même manière aux mêmes lois ?

En fait, la constitution et les lois prévoient déjà cette égalité. Il suffisait de ne pas y accepter de dérogation. Considérer qu’il n’y a qu’une sexualité, qu’un seul droit au mariage, c’était simple. Il aurait fallu y penser plutôt.

Ou tout revoir sous cette optique…

Car il demeure que la manif pour tous est la seule manifestation de l’Histoire qui défile pour retirer à une catégorie de citoyens des droits que les manifestants, eux, possèdent sans s'en plaindre, alors que toutes les manifestations, (à l’exception de quelques unes sous Pétain) ont pour motif l’acquisition de nouveaux droits pour tous.


Dans le cadre de ma collaboration à quelques associations de défense des droits LGBT, outre la nécessité de promouvoir cette égalité universelle, je suis frappé par l’ignominie des agressions gratuites de ceux qui sont attaqués « pour ce qu’ils sont » dans le plus pur style des déportations des années 40, et aussi par la grande détresse annoncée de tous les enfants que des parents inconscients ont traîné à la manif pour tous en les affublant de banderoles et de slogans qui deviendront pour 10 % d’entre eux, des stigmates indélébiles d’enfance malheureuse.

Tous ces parents qui croient qu’au prétexte d’avoir donné la vie, ils vont faire de leur progéniture des clones de leur obscurantisme, des copies conformes de leur petitesse, des êtres dénués de libre arbitre, d’intelligence et de droit de vivre pleinement.

Car tous ces enfants de la manif qui, en grandissant, sentiront naître en eux des sentiments et des désirs homosexuels deviendront la proie des angoisses et des états dépressifs qui caractérise les prisonniers mentaux. Ils se verront « nés au mauvais endroit », regarderont le choix der la nature à leur endroit comme une injustice, et se trouveront devant le dilemme entre une rupture familiale ou une vie ratée. De bien sombres perspectives.





lundi 13 juin 2016

537° Orlando, tournant de l'histoire ou point d'une continuité?





Je le craignais depuis longtemps.
C’est arrivé.

Pourtant, c’était prévisible parce que ce n’est nouveau que par la gravité des faits, pas par le principe.

A longueur de ce blog, depuis dix ans, je parle de la bombe à clous du pub Admiral Duncan à Londres en 1999, des bombes incendiaires dans un sauna gay de Budapest en 2008, des nombreux bars gays attaqués à Paris, Lille, Bordeaux, Bruxelles, etc.

Aux États Unis comme dans le reste du monde, l’histoire des LGBT se confond avec celle de leur persécution, une seule tuerie dans un bar gay en 1973, donc pas hier, avait déjà fait trente morts

Sans parler des innombrables agressions individuelles, lâches, gratuites, de braves gens accusés d’être ce qu’ils sont.

La perspective de l’attaque de grande envergure d’un établissement gay était inéluctable. La seule chose encore incertaine était l’heure et le lieu.

Et l’incertitude demeure : ce n’est pas parce que c’est arrivé que cela n’arrivera plus. Au contraire : voilà un nouvel objectif maintenant bien dessiné dans le collimateur des fous furieux.

Ce qui frappe à Orlando, c’est le principe de l’exécution de masse. Cinquante morts d’un coup.

Mais combien de gays morts pendus en Iran, lynchés par les foules africaines, décapités au Moyen Orient, jetés du haut des immeubles en Afghanistan? Orlando n’est que le dernier avatar de cette litanie.

On peut parler aussi du million de morts estimé en Europe pendant plus de mille ans, brûlés « pour la purification de leur âme » par une église chrétienne qui déplore aujourd’hui la violence, mais qui n'exclut pas à ce jour de ses enseignements les principes discriminatoires anti-homosexuels qui contribuent à légitimer l’homophobie « culturelle ».

Devons-nous être rassurés de voir, dans tous les pays civilisés, des foules entières se rassembler en hommage à des victimes tuées à cause de leur homosexualité ?

Certes, ces hommages étaient impensables il y a encore quelques décennies. En progressant sur la voie de la reconnaissance, nous excitons la bête féroce de l’intolérance, mais c’est le prix à payer. Pour nous mener vers un monde meilleur, l’humanisme marche sur un champ de bataille jonché de cadavres.

Pour bien analyser le phénomène, il ne faut pas faire, comme les télévisions buzzophages, le gros plan sur les survivants éplorés et les familles des victimes. Bien sûr, ils existent, mais ils ne sont que la partie émergée de l’iceberg.

Il convient de replacer l’événement au sein de la longue histoire LGBT, qui est avant toute chose, celle d’une sorte d’éradication permanente, de solution finale appliquée sans fin d’année en année, de siècle en siècle.

On peut parler des déclarations du rabbin Sitruk, ex grand-machin de France, paroles moyenâgeuses prononcées il y a moins de quinze jours.

Avis également aux gays que j’entends dire :
« Il y aura pour les gays un avant et un après Orlando ».
Petits prétentieux, va ! Il n’y a pas eu d’avant et d’après le nazisme, les bombes dans les bars, les agressions à répétition dans les lieux gay ?

Des sites se sont spécialisés dans le florilège des déclarations homophobes :




qui ne rassemblent qu’une fine couche de mousse à côté des homophobes américains qui, à la différence de la vieille Europe et en vertu d’un principe de liberté de parole perverti en liberté de haïr, constituent le gros des imprécations des malbaisants.

A ce sujet, tout étant plus grand en Amérique, et pas seulement les massacres, un site est spécialisé dans la dénonciation des personnalités politiques ou officielles qui se sont fait surprendre avec la main dans la culotte d’un autre après avoir bâti leur carrière avec des déclarations homophobes :

Et n’oublions pas la mère fondatrice de la haine, celle sans qui rien ne serait arrivé , la bible qui, dans le lévitique, chapitre 18, verset 22 dit pour la première fois:
« Tu ne coucheras pas avec un homme comme on couche avec une femme : ce serait une abomination ».
 (Christine Boutin, tu as copié!!)

La bible encore mentionnée par tous les homophobes africains et russes pour justifier leur haine et leur sadisme.

La bible dont le sens fut détourné par tous les dictateurs, de Staline à Hitler, qui adoptèrent sans reconnaître le copyright la théorie productiviste de nos « racines chrétiennes » qui voulait que la fornication étant de l’énergie détournée du travail, il convienne d’en interdire toutes les formes qui ne remboursaient pas ce gaspillage à la société sous la forme d’un petit travailleur ou d’un petit soldat.
Voilà le fond de la petitesse des homophobes.

Il y a aussi les grands hypocrites, qui ont repris le principe de l’abomination quand cela pouvait contribuer à leur célébrité, et qui pour des raisons tout aussi mercantiles, viennent aujourd’hui verser leur larme de crocodile :











La manif pour tous qui ne nous promettait que le bûcher sur ses pancartes, mais pas la mitrailleuse.

A moins que ce ne soit que parce que la bible ne la connaissait pas, la mitrailleuse ?…

Les attentats de Paris ont visé la liberté d’expression, la liberté de la culture (sorties en terrasses, musique), et le monde juif. Celui d’Orlando, s’il ne vise pas les Juifs, (- qui, je le crains, ne perdent rien pour attendre -), vise essentiellement la liberté d’être, de choisir sa vie, de refuser les dogmes et le mysticisme, la liberté d’aimer l’être choisi et de profiter des plaisirs de ce bas-monde.

Pour retrouver les Juifs et les homosexuels associés dans un massacre organisé, il faut remonter au nazisme. Daesh a, de ce fait, achevé son retour aux sources de la barbarie, bouclé le cercle de l’innommable, ce qui devrait mettre ses adeptes face à leurs responsabilités s’ils n’étaient pas à ce point aveuglés.

Hélas, ils le sont toujours. L’homme accomplit toujours plus de mal au nom des mythes que de bien au nom des réalités.

Le miroitement médiatique est également partie prenante de cette escalade de l’horreur. Les pauvres gens sont à ce point réduits à des riens dans notre monde des cinq cents familles qu’ils en arrivent à préférer briller par l’horreur et l’abomination que de rester poussières dans le tapis du néant.

Ce qui est prétentieux de leur part, mais la prétention n’est-elle pas l’apanage des petits esprits ?

Il n’y a plus beaucoup d’endroits où l’on peut entrer sans subir une fouille. La liberté du plus grand nombre est entravée par l’imbécillité d’une infime minorité.

Nous n’avons pas fini d’entendre les cons sévir sur les médias, donner des leçons, interpréter des textes dénués de sens, faire des parallèles, des amalgames, étirer leur connerie dans les grandes largeurs comme un pizzaiolo étale sa pâte. Et même la faire virevolter en prenant la réprobation des gens raisonnables pour des applaudissements mal compris.




Nous allons devoir subir:
Tous ceux qui vont se joindre aux lamentations, parce qu’ils n’avaient pas envisagé la mitraillette pour manifester leur intolérance ou leur homophobie.

Tous ceux qui font profession d’homophobie, la promeuvent comme un enjeu électoral, un outil de conquête du pouvoir, et ne veulent pas se laisser déposséder d’un argument si porteur.

Tous ceux qui se sentent proches des homophobes parce qu’ils baisent mal et qu’ils voient bien que les homosexuels s’en donnent à cœur joie et profitent de leur mieux d’une vie pourtant pleine d’embûches.




Certes, le monde ne sera plus tout à fait comme avant, mais bien plus largement que les marchands de gros titres ne veulent nous le vendre.

Je pense à tous ces enfants que des parents incultes ont traîné à la manif pour tous en leur faisant porter des panneaux vouant les homos au bûcher, qui se disent aujourd’hui, pour les plus volontaires d’entre eux, qu’ils ont peut-être joué les « malgré nous » et qu’il serait temps pour eux de vivre leur vie, mais qui constatent en regardant la télé que l’avenir pour lequel ils s’apprêtent à se libérer les expose aux mitraillettes des fous de dieu ?

Cela pose aussi collatéralement le problème des armes à feu aux États Unis. Leur gros blond avait prétendu que si tous les spectateurs du Bataclan avaient été armés, il y aurait eu moins de morts. La tuerie d’Orlando a démontré la sottise de pareille affirmation. Seule l’arrivée de la police a permis de maîtriser le forcené.

Et même une législation sur les armes économisera plus de morts en général que de vies d’homosexuels en particulier. Le jour même de l’attentat, on a arrêté en Californie un autre fou furieux armé jusqu’aux dents d’explosifs et d’armes de guerre qui se rendait à la gay pride de West Hollywood… qui s’est déroulée, comme dans certains pays de l’est, sous l’œil froid d’un service d’ordre armé...


L’histoire est un éternel recommencement, à l’image de la bêtise humaine.


*   *   *

Dernière minute

Dans le cadre de notre étude  "Homophobie et mal-baisance"...

L’enquête d'Orlando, qui ne fait que commencer, révèle que le meurtrier était un habitué du club" Le Pulse", où il était connu pour son alcoolisme, qui le conduisait à raconter ses déboires conjugaux.

Plusieurs homosexuels de la ville déclarent qu'il les avait sollicités à travers des sites et applications de rencontre...

L'article en anglais en cliquant sur le logo Pink News.

http://www.pinknews.co.uk/2016/06/14/gunman-in-pulse-orlando-mass-shooting-visited-club-a-dozen-times-say-regulars/?utm_source=PNFB&utm_medium=SocialFB&utm_content=FBJM&utm_campaign=PNFacebook



Le détail de cet autre article -en anglais également-  reflète un état dépressif récent du meurtrier, relaté par ses collègues de travail...