mercredi 17 octobre 2012

431° Cause toujours...









J'entendais ce matin sur France Info deux journalistes se torturer les méninges pour savoir, à la lumière de la réflexion de Peillon sur la légalisation du haschisch, si Jean Marc Hérault avait, ou non, de l'autorité, et si la maison était bien tenue.





Je pense que la question est mal posée. Si on veut que ce pays progresse et se modernise, il faut un bouillonnement d'idées, ce qui ne va pas sans une certaine liberté.

Il sort certainement plus d'idées d'un brain storming que d'un musée de statues, et je préfère un gouvernement qui se pose des questions que le message transmis par un bataillon bien carré de soldats nord-coréens qui défile devant son chef.

Nous ne sommes plus à droite, et l'idée que l’opposition voudrait inculquer aux Français d'un gouvernement qui marche au pas comme eux n'est plus de mise, même si les électeurs, bonnes pâtes, en sont encore empreints.

C'est dans les dictatures qu'on n'aime pas les gens qui ont des idées, il serait temps que le bon peuple réalise que nous sommes depuis le mois de mai dans une spirale de progrès, au moins civique et humaniste à défaut de financier.


Alors, comme, financièrement, la question se limite à "qui va payer" et que même sur le sujet, les braves gens ne se font plus trop d'illusions, l'opposition n'a plus que les faits divers pour vitupérer.

© Serge Agombart / l'internaute


Et je t'en colle une tartine sur le mariage gay qui va renverser la société, nous faire entrer dans une ère de débauche et de pédophilie et avancer de quelques jours la fin du monde prévue dans trois mois.

Ce sont les mêmes qui protestent contre "les prières de rue", ne manquent pas une procession du saint sacrement et vitupèrent quand on construit une mosquée.

Je trouve la période politiquement triste.  Les vraies bonnes mesures, et elles sont nombreuses  -tiens une ce matin: le retour du numéro matricule sur les uniformes policiers dans toutes leurs missions- passent quasiment inaperçues, et l'opinion publique, comme téléguidé par une presse à scandales et quelques vociférateurs professionnels amateurs de pains au chocolat, semble suivre, hagarde, ces bonimenteurs de foire qui ont pourtant été balayés du pouvoir...


Si la fréquence des billets de ce blog a baissé depuis cet été, c'est que je travaille assidument à un petit nouveau, dont la première moitié est en ligne depuis avant-hier:

http://brethmas-en-amerique.blogspot.com

La "côte ouest" est finie, du canyon du Colorado à San Francisco, en passant par Hollywood, la vallée de la Mort et même Yosemite Park, le machin avec le virus.

Les corrections sont nombreuses et vos suggestions bienvenues. Déjà 600 photos publiées...
Une fois terminé, ce blog "américain", qui retrace mon voyage, n'évoluera plus. 

Ne manquez donc pas d'ajouter son adresse à vos favoris.

Un échantillon? Je ne sais pas. Il y a tant de choses.
Allez, juste votre blogueur préféré songeur, devant l'Océan Pacifique...




Devinette:

Dans quelle ville des USA ces deux photos ont-elles été prises?






La réponse est dans le blog...


















mercredi 3 octobre 2012

430° la guerre du mariage gay. 2° épisode.




Un livre où il est question de racisme anti-blanc... Les lecteurs de monsieur Copé vont-ils faire semblant de découvrir ce nouveau mal qui frappe la société, ou vont-ils se remémorer les quolibets de comptoir des gros beaufs bien de droite, ces déblatérations vieilles de plusieurs dizaines d'années, au point d'être démodées au Front National, toujours audibles dans certains bistrots où il faut bien entrer quand on a besoin de faire pipi et de boire un café à certaines heures dans certains endroits? 

Les imprimer sur du beau papier dans le cadre d'un manifeste pour un ordre nouveau, euh pardon, pour une "nouvelle politique" vont-ils faire oublier les glauques égouts où résonnent les putrides effluves des discours de haine initiés dans tous les pays où, jadis, l'homme blanc réduisit l'homme noir? Alabama, Afrique du Sud, Zimbabwé ? 

C'est ce retour à des sources impures que Monsieur Copé appelle de ses voeux et de sa nostalgie?
 


©Jeffroy / Flash Press / DPPI


S'il n'y avait que ça... le cardinal Barbarin, qui voyait poindre "un grand retour" de l'inceste, de la polygamie", et de je ne sais quel fantasme à propos duquel il s'était exprimé si spontanément a reçu des renforts: François Lebel, maire du 8° arrondissement de Paris, celui-là même qui a célébré le deuxième ...? le troisième?  bon bref l'un des mariages de Nicolas Sarkozy, vient, dans son journal municipal, et donc avec l’argent de ses administrés, d'en remettre une couche bien puante.

Ces braves gens méconnaissent-ils le sens du ridicule ou pensent-ils qu'en  avalant la couleuvre avec abnégation, ils seront mieux réélus? Pourtant, monsieur Lebel tient un des arrondissements où il a le moins de souci à se faire.

Mes lecteurs bien-aimés auront remarqué que ce blog n'a pas pour le moment son activité d'antan. Et pour cause, j'en fais un autre dans lequel je raconte cinq semaines de vacances on the road aux USA. J'ai fait quatre mille photos, j'en publierai quatre cent, je pense. 

Mais à la différence de ceux qui ont été à un congrès ici ou là ou qui ont passé cinq jours à New York, nous avons fait dix mille kilomètres en voiture, mangé et dormi au hasard de nos déplacements, dans des petites villes comme dans des grandes, observé, vécu.




Une fois terminé, ce blog  ne changera plus. Et je pourrai me consacrer à nouveau de façon plus régulière à celui-ci.








lundi 17 septembre 2012

429° Le prix du silence ou le commentaire qui trahit ?




Lorsqu'on vous parle d'avion, vous pensez normalement à "voyage" et "vacances". Sauf un pilote qui pensera à "boulot", "carrière", "prochaine escale",  et ma pauvre maman qui pensait immédiatement crash, détournement et catastrophe aérienne.

Nos inconscients s'expriment très clairement par l'automatisme de l'enchaînement de nos idées, et de là à penser que nos fantasmes pointent leur nez derrière ces portes entrouvertes sur des événements apportés au hasard par l'actualité, il n'y a qu'un pas que les auditeurs du cardinal Barbarin n'ont pas manqué de franchir. . Nous sommes là aux confins de l'acte manqué.

A quoi pense le Cardinal Barbarin, archevêque de Lyon depuis 2002 lorsqu'on lui parle de mariage pour les homosexuels? Il pense, et la parole suit sa pensée: "Après, ils vont vouloir faire des couples à trois ou quatre... Après, un jour, peut-être, l'interdiction de l'inceste tombera".

 Est-ce bien un pétage de plombs comme le suppose ce brave Delanoé?

Sans doute pas. C'est au mieux le surgissement de l'image que le monseigneur a des homosexuels, ce qui suppose qu'il en connaît quelques exemplaires gratinés qui l'ont informé de la sorte, et au pire l'explosion incontrôlée de ses fantasmes profonds, quelque chose comme un irrépressible borborygme, que des mauvaises langues dont je ne suis pas relieront peut-être à l'opération de la prostate qu'il a subie il y a quelque temps et qui a pu causer quelques privations de ce côté là.


Mais on cause, on cause, tout ça pour ne rien dire, même si les gens qui tiennent cette théorie ne disent pas plus de mal de lui qu'il en dit des homosexuels dont très peu, ne lui en déplaise, se livrent à des orgies.

Alors, contentons-nous de l'élégance du "pétage de plombs" de Delanoé qui évite d'envisager que le cardinal ait pu involontairement entreprendre une psychothérapie de groupe.  Mais défendons vigoureusement l'image des homosexuels qui ne sont pas les torturés du calbut que le Monseigneur décrit dans ses déclarations.

Qu'il nous entretienne de ses fantasmes, c'est son droit, qu'il les attribue à l'ensemble des homosexuels, c'est une injure.

Je connais de ses coreligionnaires qui ont manifesté contre des œuvres d'art, des films ou des pièces de théâtre en s'estimant blessés pour moins que ça.




jeudi 13 septembre 2012

428° Rien que pour vos yeux.









Rien que pour vos yeux est le titre d'un James Bond de 1981, mais il est prémonitoire.
Il s'applique aussi bien à mon voyage aux États Unis, dont je rentre dans un état plutôt désuni, qu'au débat politique français.

J'ai pris plus de quatre mille photos lors de ce voyage, dont beaucoup de mauvaises, pas mal d'acceptables et quelques excellentes. Je suis donc en train de préparer un blog – un autre- où je raconterai avec quelques détails, du texte et des photos un périple de plus de 10 000 km en voiture. Mais il faudra un peu de temps.

Pourquoi, alors « Rien que pour vos yeux » ? Parce que, pour beaucoup de choses, les USA sont un pays éblouissant. La nature y est grandiose. Les chutes du Niagara, le désert de l'Arizona, la vallée de la Mort, Yosemite Park et même quelques grandes villes vues de loin sont des spectacles inoubliables.
Mais pour y vivre, non merci. Imaginez que je me suis, un jour, présenté malade dans une pharmacie entre Philadelphie et Baltimore, et qu'on a refusé de me vendre le médicament que le pharmacien lui-même m'avait conseillé au motif que je n'étais ni Américain ni Canadien.
« C'est la loi fédérale, on vous avait pris pour un Canadien... »

Dans combien de pays du monde refuse-t-on un médicament à un patient qui peut le payer au seul motif de sa nationalité ? Pareille attitude serait un délit en Europe, pour ne pas dire dans un pays civilisé. Gardez votre Amérique. L'avoir vue -ce que je ne regrette pas-, suffira à mon bonheur.



C'est une blague. pour ma part, j'ai maigri...

En France, c'est aussi « rien que pour les yeux ». Après avoir dit pis que pendre des intentions de gouvernement socialiste, notre opposition s'impatiente maintenant de la soi-disante lenteur de leur mise en place.
Boutin veut un référendum sur le mariage gay, qu'elle perdra, larges sondages à l'appui, pendant que, au cœur de la droite et même un peu à gauche, on se divise sur le sujet. C'est à ce genre de choix que l'on voit les députés qui écoutent leur conscience et ceux qui calculent le retour devant leurs électeurs à l'heure des prochaines échéances...
Le projet de loi final mécontente tout le monde : ceux qui ne voulaient pas de l'adoption et ceux qui estiment qu'elle va de pair avec la procréation médicalement assistée.
Résultat, personne n'est content. Mais chacun s'affiche en maître de la situation : rien que pour les yeux...



samedi 1 septembre 2012

427° Chicago, Niagara, New York, Washington...





Grand périple de motel en motel...

10 000 Km en voiture nord-sud, 5000 sur la côte ouest et 5000 sur la côte ouest,  plus deux traversées de l'une à l'autre en avion....


survolé le Grand Canyon en hélicoptère,



 rencontré des Amish dans le Wisconsin, goûté leur fromage et leur confiture,



franchi le Mississipi,



visité New York à pied, en voiture et en bateau,




aujourd'hui à Washington, qui est, en dehors de ses monuments gouvernementaux, une très belle capitale.





voulu poser une rose sur le mémorial de Lincoln, mais il y en avait déjà une...

Déjà 3800 photos que je classerai en septembre pour les publier sur un site approprié.

A bientôt...

samedi 18 août 2012

426° Quelques nouvelles de San Francisco









Poursuivre la rédaction d'un blog pendant un grand voyage n'est pas chose aisée. D'abord, il faut du temps et de l'énergie, valeurs fortement entamées par un programme que l'on a concocté pour se situer harmonieusement entre le tourisme à la japonaise et les vacances traînantes de ceux qui veulent seulement pouvoir dire « j'y étais ».

Alors, nous avons conçu un itinéraire, qui était plausible puisque nous l'avons suivi jusqu'à ce jour milieu de notre voyage. Il y a aussi la qualité du wifi, qui, dans les motels, est assez variable et pas toujours très américaine.


Et puis il y a une fatigue due aux excès du climat, que j'avais mal prévue. Par exemple, nous avons très peu souffert des 50°C qui règnent à Las Vegas et dans la Vallée et de Mort, dont la perspective m'inquiétait pourtant beaucoup, mais nous avons été complètement pris de court par les cols à plus de 3000m que nous avons franchis dans le Parc Yosémite et qui nous ont causé de vraies difficultés respiratoires. La montagne est belle, splendide même, mais elle a son prix.

Les photos ? J'en suis déjà à plus de 2500, dont je publierai en septembre une sélection classée sur un site dédié. Le plus important est « l'expérience américaine. ».


La première « impression d'Amérique », celle qui donne le ton dès le premier jour, est l'accueil dans les boutiques, magasins, bus et autres lieux. Je me souviens, lorsque j'étais allé à Disneyland-Paris peu après l'ouverture il y a dix ans, avoir été surpris de me voir salué avec un grand sourire par tous les « cast members » que je croisais, y compris ceux auxquels je n'avais rien demandé. Eh bien les USA sont un vaste Dineyland où tout le monde demande à tout le monde comment il va, s'il a eu un « good day » et s'inquiète de savoir s'il aura un « good evening ». Le moindre épicier te demande comment tu as dormi dès que tu entres dans son gourbi avec une curiosité qu'en France, on n'accepterait que de son médecin.

La seconde impression vient quand on conduit une voiture, ce que je fais plusieurs heures par jour. D'abord, les voitures sont automatiques, ce qui ne les rend pas précises et agiles, et les Américains ne sont pas agiles non plus. Ils roulent avec circonspection à des abîmes les uns des autres en serrant les fesses dès que le voisin s'approche à moins de deux mètres sans se rendre compte que la sécurité, ce n'est pas tant sur les côtés, mais surtout devant et derrière. Et là.... C'est moi qui serre les fesses. Ils roulent très vite en se suivant de trop près sur les highways qui sont pourtant le double de nos meilleures autoroutes.

Et cerise sur le gâteau, les camions, leurs énormes camions n'ont pas de limitation de vitesse spécifique. Quand le tronçon d'autoroute est limité au maximum, 70 MpH, (130 kmh), les camions aussi, roulent à 70 MpH !!!! Alors, quand tu en as un qui vient voir de trop près tes pare-chocs arrière, tu « laisses passer ce fou ».... Pour découvrir qu'il y en a dix autres derrière qui viennent coller à ton train avec la même assiduité. Et en plus, rien ne les oblige à revenir sur la file de droite après usage de celle de gauche. Passer la journée sur la file de gauche est, sinon légal, en tout cas parfaitement toléré. On se double à gauche, à droite...Et il faut conduire avec un œil dans chaque rétroviseur en plus des deux sur la route, ce qu'une mouche devrait réussir mieux que moi.


C'est ainsi que nous avons échappé, su le highway entre LasVegas et Grand Canyon, en plein désert, à une course de camions qui s'est terminée en rodéo, l'un d'eux ayant parcouru plusieurs centaines de mètres su le terre-plein central (heureusement immense) avant de se remettre miraculeusement sur l’autoroute. S'il s'en était empilé deux devant, avec quatre autres qui déboulent derrière à 130 kmh, je faisais quoi ?

Il y a cette dichotomie entre le fair play absolu en ville (pas question, même pour une moto, de se faufiler entre deux files) et la loi de la jungle qui règne sur les autoroutes. En ville chacun est à sa place, s'observe avec prudence, s'évite avec circonspection, prend sa place dans la file sans chercher à niquer le voisin, tourne quand c'est l'heure, évite les piétons à vingt cinq mètres et ne se gare pas deux minutes en dehors des emplacements, mais sitôt arrivé sur l’autoroute, la horde sauvage reprend ses droits et on se défoule...Il est vrai que les distance à parcourir sont hors de proportion avec celles dont nous avons l'habitude sur le vieux continent.

Nombreuses expériences comme celles-là. Il faudrait des pages. L'habitude du pourboire à l'ancienne, très désagréable, la gestion des boissons dans les « burgers », très agréable. Non seulement on paie deux dollars pour remplir son verre ad-libitum de n'importe quel soda, une fois, deux fois, trois fois, jusqu'au borborygme absolu, mais la « soda fountain », au lieu d'être située dans l'office à l'usage des employés, est dans la salle à manger à l'usage du public.

Inimaginable en France où le tout-venant entrerait se désaltérer jusqu'à plus soif sans payer, et flanquerait une pagaille d'enfer dans les piles de gobelets, couvercles, pailles et autres gadgets mises à disposition...

Assez curieusement, ce pays où les prestations sociales étatiques sont atrophiées sait faire fonctionner le mécénat. Ainsi dans chaque grande ville, il existe un Centre LGBT de plusieurs étages, avec permanences, services médicaux et sociaux, soutien psychologique et de la place pour toutes les associations militantes.

Quand je compare au centre LGBT de Paris, entassé dans un rez-de chaussée et un sous-sol de la rue du Renard, en panne de volontaires et de permanents, et dont l'existence est remise en cause chaque année. …

Voici le Gay & Lesbian center d'Hollywood. Je dis bien de la seule ville d'Hollywood, pas de Los Angeles...



Avis à la population.
Rendez-vous en septembre...  



mardi 24 juillet 2012

424° Dernière petite colère avant le décollage.







Petit sursaut de colère avant de boucler définitivement ma valise. Guéant sévit toujours et répand encore sa perfidie à travers les médias.
Notre président normal, allant comme il se doit commémorer la rafle du Vel d'Hiv, a insisté sur la responsabilité de la France dans ce honteux épisode de notre histoire auquel, rappelons le, aucun Allemand n'a pris part, et qui a été entièrement conçu, fomenté et réalisé par des collaborateurs français.
Vl'a t-y pas que le Guéant, sans doute oppressé par un trop long silence ou en manque de déclaration provocante, vient nous dire que la vraie France d'alors, elle n'était pas là à arrêter des Juifs pour les jeter dans des bus parisiens, mais à Londres... Je sais bien que le Guéantus simplex n'a pas l'habitude de faire grand cas de l'opinion publique représentée par l'Assemblée Nationale, notamment par exemple quand il édicte ses circulaires sur les étudiants étrangers, mais quand même...

C'est oublier un peu vite, Monsieur Guéant, que la France d'alors était dotée d'une représentation nationale dûment élue forte de 544 députés et 302 sénateurs qui ont donné à 87 % les pleins pouvoirs à Pétain...
Alors qu'il y ait eu des résistants, des justes qui ont sauvé des Juifs in-extrémis, c'est évident, - et c'est là la vraie grandeur de la France-, mais il ne faut pas réécrire l'histoire non plus. Quand les trois-quarts du pays se sont opposés à votre circulaire, qui représentait la France à vos yeux ? Votre gouvernement ou l'opinion publique qui vous était défavorable ?

Que diraient les Français si mâme Merkel venait nous dire : « Quand l'Allemagne a envahi l'Europe et déporté les Juifs, en fait, ce n'était pas les Allemands, c'était seulement Hitler et quelques nazillons ? Hitler avait été nommé chancelier en tant que leader du parti vainqueur des élections de mars 1934.... Il avait été porté par les Allemands à leur tête comme Pétain le fut par les assemblées en 1940. Et comme l'UMP a perdu les élections en juin 2012. Vox populi. Il faut l'assumer, et l'Allemagne, que l'UMP nous a si souvent montré en exemple, assume bien mieux que nous ses exactions des années 40...

D'ailleurs, entre nous, considérant l’assiduité avec laquelle l'UMP, dans le sillage de la politique d'immigration de Sarko, a fait les doux yeux au Front National et foncé à pas de Guéant dans le mur jusqu'au dernier instant, j'imaginais plutôt Guéant reconnaître la France « officielle » de l'époque, que de revendiquer une résistance dont sa haine du cosmopolitisme aurait décimé les rangs en quelques jours... Parce que souvenons-nous qu'il y avait dans la résistance de très nombreux combattants étrangers (cf l'Affiche rouge), qu'on était bien content de trouver, dont la présence honorait notre pays, etque personne de sensé n'estimait alors « avoir vocation à quitter le territoire national » par le prochain charter...

Observons avec une malignité non-dépourvue de satisfaction que la réduction du nombre de députés UMP est telle depuis le mois de juin que le parti a du faire dans ses effectifs et son train de vie des coupes sombres pires que chez Peugeot-Citroën. Ainsi par exemple, pas d'université d'été...
Pour ce qu'ils en faisaient, tu me diras... Mais ils se donnaient l'air d'avoir devrais sujets à débattre et ça leur faisait plaisir. Eh bien psschhiiittt ! L'université d'été !



Dans la veine de l'ouverture d'esprit et de la tolérance prônée par ce parti dont le ténor avait, rappelons-le, dans son discours de Latran, préféré voir les valeurs transmises par le prêtre que par l’instituteur, (je ne la digère pas, celle-là...), un « religieux » français compare encore l'homosexualité à la polygamie ou l'inceste...
Vous savez, les religieux, ces gens étranges qui égorgent des petits enfants et déflorent des jeunes vierges lors de cérémonies secrètes et qui jettent des sorts que seules des liasses de billets de banque peuvent dénouer...
Attends, moi aussi, les amalgames puants et les contre-vérités, je sais faire...

Les mêmes, tiens, qui accusent Lady Gaga de se livrer à de la « propagande homosexuelle »....

Et enfin, voilà les scouts américains qui décident d'interdire l'homosexualité dans leurs rangs. Cela fait un peu penser, au début, à Sainte Najat Vallaud Belkacem qui veut en finir définitivement avec la prostitution. Mais en plus drôle, parce que s'il n'y a pas de lien objectif entre notre porte-parole et la prostitution autre qu'un féminisme mal compris, il y en a un beaucoup moins objectif entre le scoutisme et l'homosexualité, ne me demandez pas de détails, je serais obligé de réserver ce blog à un public adulte .



Tiens, le MI5 a déclassifié le 8 mars 2010 des documents révélant que Baden Powell, le fondateur du scoutisme, avait rencontré le 17 novembre 1937 à l'ambassade d'Allemagne à Londres ... Joachim von Ribentropp, alors ambassadeur du III° reich, et Hartmann Lauterbacher, fondateur des jeunesses hitlériennes...

Et enfin, la célèbre WestBoro Baptist Church (Dieu déteste les pédés, etc...) vient de se réjouir de la fusillade d'Aurora, qui serait « une punition de dieu bien méritée ». Vive la liberté de parole américaine !




A propos d'Amérique, je pars effectivement dans peu de jours, mais au lieu de me contenter de mon pauvre Asus Eee, qui d'ailleurs, à l'annonce de ce départ, s'est mis à refuser toutes ses mises à jour, je me suis offert un MacBookAir. Pour un partisan des logiciels libres que je suis, c'est vrai que c'est paradoxal, la bébête étant sans doute la plus chère de sa catégorie. Mais entre nous, incontestablement, c'est aussi la meilleure. Quelques petits problèmes de prise en main pour un vieux geek qui n'avait jamais touché un Mac, mais tellement supérieur à tout ce que j'ai pu voir et essayer en matière de portable... C'est avec cet avion de chasse que je rédige le présent billet à titre de test.




Et il me permettra d'en poster quelques autres de là-bas si le wifi des motels le permet...


PS: Le traitement par Mac de la page de mise en page des textes et des photos pour le blog, et de la mise en ligne de l'article est infiniment plus convivial que tout ce que j'ai pu voir jusqu'ici, aussi bien avec Windows qu'avec Linux...
Par contre, impossible de corriger avec Linux un article publié avec le Mac: près de 10% des espaces entre les mots disparaissent et je viens de passer une demie heure à les rétablir.





dimanche 15 juillet 2012

423° La guerre du "mariage gay", 1° Episode.




Avant les élections, notre droite, intègre et transparente comme à son habitude, tentait de focaliser l'attention du public sur la viande halal et le vote des immigrés, comme si ce tour de prestidigitation allait faire oublier au bon peuple les inégalités, les discriminations, la destruction du code du travail, le démantèlement des acquis sociaux et les coups portés au tissu républicain.

Curieusement, le pied au cul qu'elle a reçu ne l'a pas guéri de ses étranges manières: chaque fois qu'on leur donne la parole, ses représentants ont toujours l'air de parler d'autre chose. Comme ils ne peuvent pas trop dire que la vie va être difficile puisqu'ils en sont la cause, ils restent sur des sujets périphériques qui continuent à les faire passer pour des décalés.

Comme si le « mariage pour tous les citoyens », improprement appelé « mariage gay » était le point de passage obligatoire du redressement du pays.... Bien sûr, ce point d'égalité citoyenne est important. Mais ce sera une loi qui passera, entre cent autres, après le nouvel an.

Qu'importe. Pour eux, la guerre est commencée. La seule qu'ils peuvent mener qui leur évite de parler de leur politique ploutocrate, de leurs mesures inégalitaires, de l'élargissement de la fracture sociale qu'ils ont provoquée, de leur mépris du peuple et de leur haine du social, de leurs maximes Neuilly-Auteuil-Passy et de leur nostalgie de la féodalité.

Alors, toute la droite, dans une étrange éjaculation précoce, est partie en guerre, comme un seul homme, ou plutôt comme une conne,contre le mariage gay...


Tous y ont été de leur petite déclaration homophobe, histoire, en relançant cette incongruité rétrograde et petit-bourgeoise, d’entretenir quelque motivation au sein de la large frange psychorigide et ringarde de leur corps électoral.

On passe en revue. Je ne me souviens plus très bien de l'ordre chronologique, mais chez des gens inspirés par le Moyen-âge et l'inquisition, est-ce bien important ?

Un site a eu la bonne idée de commencer cet étalage de sottise, justice lui soit rendue.



Bon, de Copé, on fera semblant de ne pas être surpris : il est capable de toutes les caméléoneries pour s'identifier à sa cible populiste.

Il a indiqué le 29 juin « ne pas être favorable au mariage homosexuel, [...]et « mis en garde contre un débat qui va générer beaucoup de tensions ».

Il a la tension sélective, le petit Copé. Car il est des déclarations qui me font sauter au plafond mais qui ne semblent pas produire chez lui la moindre tension. En tant que leader d'un parti qui se veut républicain, il devrait monter au créneau lorsqu'on entend l’archevêque de Paris André Vingt-trois, (vla les flics + 1 pour les intimes), proférer, à propos du mariage gay, justement, que « la société n'est pas laïque ».


On croit rêver, cauchemarder, même ? Comme si sa secte n'était pas extrêmement accessoire dans une France déclarée laïque par sa constitution ? Qui est donc ce prétentieux pour vouloir incarner la société à lui tout seul ?

Il ne représente que lui même, une dégoulinure du passé qui a échappé à la serpillière, un anachronisme dans la vie moderne, une tumeur dogmatique dans la recherche objective de la vérité. En quoi un type qui a fait vœu de ne jamais se marier prétend-il faire autorité en matière de mariage ?

Eh bien non. Copé, chef d'un parti alors majoritaire, trouve normal d'effacer le bonnet phrygien devant la mitre épiscopale...Le mariage gay, ça suscite des tensions chez lui, mais pas les atteintes à la laïcité... On a le gouvernement qu'on mérite. C'est d'ailleurs justement pour cela qu'on en a changé...

Après Copé, Fillon, qui faisait figure – relative- de modéré, s'illustre par une déclaration que les homos ont reçue comme une insulte, remuant l'amalgame homosexualité-pédophilie dont l'usage méphitique semblait jusqu'ici réservé à une extrème-droite d’adjudants en retraite et de dentellières d'ouvroir paroissial..

Si les homos s'estimaient blessés par certaines déclarations bien publiques aussi facilement que les cathintégristes s'estiment blessés par des pièces de théâtre qu'ils ne vont pas voir mais contre lesquelles ils manifestent, il faudrait des hôpitaux entiers pour soigner les éclopés de la fierté homosexuelle.


Sur cette lancée, Valérie Pécresse, Miaou pour les intimes, y va de sa croquette : « le mariage des homosexuels bouleverserait les équilibres de la société française » !!!

Tu t'es vue quand tu as bu, Valérie ? Bouleverser les équilibres... C'est du Vanneste dans le texte! Un pur plagiat! Autant que de remplacer les instituteurs par des prêtres ou de proposer des moyens de maintien de l'ordre à Ben Ali ?

Ou de pondre des circulaires qui abattent en plein vol le cursus des étudiants étrangers ? Votre parti, lui, ne bouscule-t-il jamais vraiment aucun équilibre ?

Elle essaie, cette pécheresse de Pécresse, d'embrouiller le problème comme si l'égalité des droits était une complication. Elle y voit une « atteinte au droit à l'enfant et à l'institution de l'héritage ». C'est quoi, le droit à l'enfant, dans une société où le premier poivrot venu peut faire des enfants qu'il battra et qu'il oubliera d'éduquer ? .. Et 90 % des histoires de pédophilie ne se produisent-elles pas dans le giron bien familial de familles bien hétérosexuelles ? Essayez donc de garder vos propres pieds par terre au lieu de nous faire marcher, chère madame. On nous a déjà assez baladés comme ça.

Nathalie Kosciusco-Morizet, qui faisait jusqu'ici figure d'une des rares intelligences du gouvernement précédent, y va aussi de son refrain contre le mariage et l'adoption pour tous.. On sent que ce n'est pas son truc, d'enquiquiner les innocents et d'accabler les minorités, mais quand on veut être dans la meute des loups, il faut apprendre à être loup. Elle apprend vite.


Laurent Vauquiez, lui, pense qu'en faisant de la prestidigitation, il pourra sauver en même temps son image et son avenir politique. Il est opposé à toute discrimination, mais réaffirme son opposition au mariage homosexuel. C'est quoi, une discrimination, pour vous, monsieur Vauquiez ? Vous savez, le grand écart, ça fait son effet dans un cirque, mais pas en politique....


Et du coup, tous les suiveurs, les modestes et les sans-grades, y vont de leur petite péroraison droitière et homophobe.


A Fontaine, une petite ville proche de Grenoble, Madame De Caro, conseillère municipale UMP, reproche au maire de n'ouvrir le journal municipal qu'aux sans-papiers, aux homosexuels et aux pacsés, aux gens d'origine étrangère et aux amateurs d'art moderne... L'imprécatrice estime qu'elle fait partie, elle, des « normaux », d'où on déduit que les « d'origine étrangère » et les homosexuels sont anormaux, et que c'est sa supposée normalité qui l’exclurait de la liste des « ayant-droits » au journal.


Diable merci, les deux leaders de la fronde anti-gay de notre douce France ont été balayés en juin par l'expression populaire : Vanneste, on n'en reparle plus, et Jean Marc Nesmes, qui devra regarder sa circonscription de Saône et Loire vivre sans lui. Ce dernier, plus habile que Vanneste, s'abstenait de déclaration fracassante, mais travaillait assidûment en lobbyiste discret contre le peuple homo. Il était notamment l'instigateur de la fameuse « entente parlementaire » qui fit tache d'huile dans la précédente assemblée avant qu'un souffle populaire et purificateur ne la balaie.

Il y a aussi l'exception qui confirme la règle: Patrice Carvalho, qui s'était déjà fait connaître en entrant en bleu de chauffe à l'Assemblée Nationale comme député communiste lors de sa première élection en 1997, retrouve le chemin de l'hémicycle à la faveur d'une triangulaire dans l'Aisne. Héritier d'une longue tradition communiste, -son père était militant et syndicaliste-, entré au P.C. à quinze ans sous Waldeck-Rochet, il a vu passer et trépasser Georges Marchais, et il est toujours là. Il nous apporte donc l'image d'un parti communiste dans son jus traditionnel.

Les hasards de la politique l'ont amené dans le giron du Front de Gauche et fait réélire cette année par le miracle d'une triangulaire, et il devient ainsi le seul député du Front de gauche à s'opposer au mariage pour les homosexuels. Pour combien de temps ? Le monde a changé, pas lui....

Au rayon pipi-caca, il y a encore une récente couverture du journal Minute qui fantasme sur les fesses homosexuelles. , ce qui leur vaut, entre autres volées de bois vert, de se faire allumer comme ils le méritent par Act-Up.



Il y a même une histoire belge, celle de Civitas, comme l'explique cet article bien documenté de rue89.

J'ai déjà parlé de Civitas à de nombreuses reprises dans ce blog, et notamment ici. Civitas, dont le blog titre cette semaine : revendications du lobby homosexuel : "une bataille qu'il va falloir livrer".


Civitas voudrait remettre l'Europe entière dans le giron de la sainte église catholique à l'heure même où la très contaminée Pologne semble vouloir en sortir. Se qualifiant d'institut, il œuvre pour une reconquête politique et sociale visant à rechristianiser la France...

« Confieriez-vous vos enfants à ces gens là ? » demandent-ils...

Bien sûr que non !!! Sans doute vaut-il mieux les confier à des prêtres... ??


Ferraillant dans ce combat d'arrière garde en tête de ses croix et bannières, un citoyen belge, Alain Escada, succédant à un amiral, vitupère contre le lobby homosexuel. J'ai lu dans une de ses diatribes que les Gay Pride l'exaspéraient et qu'il en contestait l'affluence, au titre d'un « sondage BFM » dont je n'ai trouvé de traces nulle part ailleurs que sur son site. Pourtant, même d'après la police, le nombre des marcheurs des fiertés est cent fois supérieur à celui de ses processionnaires à lui. Je conçois qu'il en conçoive quelque jalousie.

Enfin, pour ma part, je n'ai jamais songé à empêcher ni une messe ni une procession de se dérouler, je ne vois pas pourquoi ou au nom de quoi il prétendrait, lui, empêcher les pièces de théâtre d'être représentées. Personne ne l'oblige à aller voir celles qui ne lui plaisent pas. J'ai vu son institution à l’œuvre devant le théâtre de la Ville : il y avait cinquante malheureux priant à genoux au milieu d'un cordon de CRS, le tout au milieu de centaines de badauds hilares.

De plus, on ne lui a jamais demandé de célébrer des mariages gay dans son église. Alors, chacun chez soi.


Rayon maso, on s'exaspère. La page« humour de droite » sur Facebook dit :

« Les gays à l'UMP sont comme une femme battue qui reste dans l'espoir que ça change. »

Après dix ans de rebuffades et trois présidents, GayLib commence à s'interroger sur lui-même.


Sur son site , l'ancien président écrivait à Jean-François Copé, -voir le post du 2 juillet- :


« François Fillon a, lors de la campagne présidentielle, eu des mots extrêmement durs et sectaires à l'encontre des homosexuels. Si maintenant, même vous, Monsieur le Secrétaire Général, vous mettez dans une telle posture, je vous pose la question très solennellement: Les homosexuels sont-ils encore les bienvenus à l'UMP? »

Au passage, j'aime bien "la posture" attribuée à Copé dans un débat sur l'homosexualité.

M'enfin, monsieur, madame de GayLib, ils vous ont dit NON. Tous. Sarko, Vanneste, Nesme, Copé, Fillon, Koscuisco-Morizet, Vauquiez, Pécresse. Ils veulent bien qu'il y ait des gays à l'UMP à condition qu'on le les voie pas et qu'ils ne demandent rien. Payez votre cotisation, aidez les riches à prendre le pouvoir et c'est tout. Comment faut-il vous l'expliquer ?


Et pour terminer très provisoirement sur le sujet, car la guerre du mariage va reprendre à la rentrée, le militant LGBT anglais Peter Thatchell pose, lui, une question intéressante : Sachant que la charte olympique interdit toute discrimination, en précisant bien : ethnique, religieuse, sexuelle, etc..., doit-on accepter la participation des pays officiellement homophobes ?

That is the question.


Votre serviteur et blogueur préféré s'en va bientôt pour cinq semaines aux États Unis, dans une grande aventure faite de cinq mille kilomètres de voiture de location, de nuits dans les motels de campagne et de quelques vols intérieurs d'United Airlines. Une grande rencontre avec les Américains moyens. (« les moins de 150 kg » s'esclaffe-t-on par-dessus mon épaule ).C'est lourd, je sais.

Californie, Hollywood, San Francisco, Grand Canyon, Vallée de la Mort, Chicago, Madison, Detroit, Niagara, New York, Washington, Baltimore et d'autres.

J'essaierai de faire quelques billets de là-bas sur le mini-mini-ordinateur que j'emmène. (Un Asus eee de première génération où on a installé Linux avec de la vaseline et un entonnoir.). Ça marchera, ou pas. Si oui, je vous enverrai des cartes postales.


Rendez-vous à la rentrée pour la reprise de la guerre en dentelles : La guerre du mariage gay, Deuxième épisode.





dimanche 8 juillet 2012

422° Broadway enchanté. Essayé pour vous.




Billet réservé aux fans de comédies musicales et aux Broadway-friendly. En ce moment, à Paris, on peut aller voir au théâtre La Bruyère un « medley-initiation » au Brodway-musical plutôt bien fichu.

Il y a bien longtemps que je n'ai pas parlé de ma passion pour les comédies musicales, en voici l'occasion sur un plateau.


Souvenons nous que l'an dernier, une joyeuse troupe de saltimbanques avait rendu avec succès un hommage à Norbert Glanzberg, , qui nous ravit pendant quarante ans de grands tubes de la chanson française qui sont restés célèbres alors que lui est resté dans l'ombre jusqu'à sa mort...


La même joyeuse troupe revient à la charge avec « Broadway enchanté » , que j'ai qualifié ci-dessus de « medley initiatique » à la comédie musicale de Broadway dont votre serviteur possède, je le rappelle, plus de 150 titres en DVD, dont beaucoup inédits en Europe.


La tâche n'était pas facile, même si, manifestement, nos joyeux musiciens connaissent leurs classiques. La comédie musicale de Broadway se joue à grands frais dans de grands théâtres, avec de gros orchestres. Eux, ils sont cinq: un guitariste, un bassiste, un batteur, un pianiste qui chante assez bien, et une chanteuse, Isabelle Georges, qui, elle, chante très très bien avec une très très belle voix. L'enjeu consiste, avec quatre instruments dont aucun cuivre, à remplacer un orchestre quasi symphonique. Comment, avec peu de moyens, donner l'illusion des montagnes sonores qui accompagnent les Musicals de Broadway ??


Ils s'en sortent fort bien avec un accompagnement un peu jazzy qui sied parfaitement aux œuvres évoquées. Et ils ne font pas dans la facilité : de West Side Story, qui fourmille de « tubes », ils choisissent une chanson peu connue et difficile à interpréter : Something's coming. De Porgy and Bess, ils ne donnent pas non plus l'air le plus célèbre, mais lui préfèrent It's aint necessary so, et là encore, joli succès. De Show Boat, ils n'avaient guère le choix, il n'y a que Old Man River, mais là leur manquait la basse profonde de Paul Robeson. Encore une difficulté déjouée avec talent par le pianiste...

On a droit bien sûr au quart d'heure des enfants avec Do-re-mi de Sounds of Music, dont on aurait sûrement préféré Climb Every Montain, et de Mary Poppins Supercalifragilisticexpialidocious, qui a certes son charme, mais est d'un intérêt musical bien inférieur à Chim Chimney.... Mais il faut bien que les enfants s'amusent un peu aussi.

Les musiciens sont bons et leur ensemble parfait, la Chanteuse Isabelle Georges gagne à être mieux connue. Elle donne également un excellent numéro de claquettes.

Vous aurez droit à quelques tubes de Fred Astaire (Gay divorcée, Top Hat), un peu de Gene Kelly avec le très bateau mais incontournable Chantons sous la pluie, un brin de Judy Garland avec Over The Rainbow du Magicien d'Oz et le fameux New York New York par Frank Sinatra et Gene Kelly dans le fameux On the Town de 1947.


Évidement, dans une heure trente de spectacle pendant lequel Isabelle Georges chante à peu près sans arrêt, on ne peut pas tout mettre. Il m'a manqué très douloureusement un brin de Marilyn Monroe, une mention spéciale pour Busby Berkeley, parce que la comédie musicale, c'est largement de la musique, de la danse et des chanteurs, mais pas seulement : Busby Berkeley est le père absolu de la mise en scène et de l'effet spécial dans la comédie musicale, et on aurait aimé également quelques airs incontournable comme « That's entertainment » de Band Wagon.


Il manque surtout très péniblement une climatisation au théâtre La Bruyère, et quelques bonnes manières pour ne pas ajouter 1,50€ de frais de réservation à un billet acheté à leur propre comptoir trois heures avant la représentation...


Mais rien n'est parfait, je reste enchanté d'une soirée qui m'a par moments ému aux larmes, et il y a au coin de la rue un restaurant convenable et pas cher qui s'appelle « Bô » et qui a la gentillesse d'attendre la sortie des spectacles du quartier.


Jusqu'au 9 août au théâtre la Bruyère.



lundi 2 juillet 2012

421° Ouh la menteuse ! !


Après avoir dit pis que pendre du mariage homosexuel depuis sa fondation, et avoir même parlé « d'union civile » afin de mieux enterrer le mariage proprement dit des homos, (j'étais personnellement aux « Bains-douches » le 11 février 2007 pour y entendre les promesses de Nicolas Sarkozy en personne sur le sujet), et laissé échapper quelques rumeurs de changement d'avis pour tendre un piège dans lequel Libé était tombé, puis avoir enfin désavoué Benjamin Lancar, Sarkozy, dans sa dérive droitière, a bien fini par trancher : « pas de mariage dans son programme présidentiel pour 2012 ».


François Fillon avait même verni le cercueil le 3 février 2012 en affirmant que « seul le mariage hétéro permet la sécurisation des enfants ». Quand on voit les intégristes s'estimer « blessés » par une pièce de théâtre qu'ils ne vont pas voir, on imagine l'effet gratifiant de pareille déclaration sur les millions d'homosexuel(les) de France et d'ailleurs.


C'était compter sans le culot de Rachida Dati, qui enchaîne les télévisions à l'approche des Gay Pride et autres Marches des Fiertés, en proclamant que Nicolas Sarkozy aurait été favorable au mariage gay. Ah bon ? Secrètement ? A la suite d'une déception ? Dommage qu'il ne l'ait pas dit plus tôt. Et surtout pas fait. Il a eu cinq ans pour le faire, et l'UMP dix ans...


Cette digne émule de George Orwell essaie de nous réécrire l'histoire. L'UMP n'aurait jamais dit non ? Mdr, comme on dit sur les tweet.




Mariage gay : "on n'a jamais dit non"par Europe1fr


Non mais, elle prend réellement les homosexuels pour des cons, ou quoi ? Sarkozy, en plein dérapage droitier, tout à la panique de sa défaite annoncée, aurait voulu changer d'avis ? Même pas en rêve ! Et de toute façon, c'est trop tard ; Madame Dati. L'élection est passée, le cocotier est perdu. Les Français ont élu ceux qui ont vraiment promis d’établir le mariage universel sans distinction de préférence sexuelle. Devez-vous ajouter à l’humiliation de la défaite la caricature d'un mauvais perdant ? Nous faire le coup des grands génies qui ont toujours été incompris ? Ou comme Madame Morano, la blague des journalistes responsables de la déroute ?

Carla Bruni, elle aussi, affirme que la défaite de Chouchou est due à ces mauvais journalistes. Ces journalistes pourtant pas si bêtes puisqu'ils ont réussi à rendre célèbre une chanteuse sans voix, mais là encore, comme disait Pierre Dac, quand on prend des vessies pour des lanternes... eh bien on se brûle.


Cameron Slade, un écolier new-yorkais de 13 ans, est un militant des droits LGBT de la première heure. Après avoir appelé au mariage gay dans de nombreuses tribunes et même à la télévision, il a voulu délivrer sa pensée à la fête de son école.


Pas de pot, la direction de son école lui a interdit de s'exprimer. Si je comprends bien, aux USA, en vertu de la fameuse liberté de parole, les homophobes peuvent appeler à la haine et au crime homophobe avec mégaphones et pancartes à tous les coins de rue, mais un simple directeur d'école peut s'opposer à l'expression de l'avis inverse ? Ah il est beau le pays de la liberté. Pays où votre serviteur va faire un long voyage cet été pour toucher du doigt ces étranges us et coutumes.


L’Amérique doit assumer sa politique de "free speech". S'il n'existe là-bas aucune loi pour faire taire les homophobes, (ce qui est le cas), on ne voit pas à quel titre on pourrait faire taire les homosexuels....

Et enfin les censeurs sont, comme toujours, punis par où ils ont péché: Écrit pour être donné dans une école du Queens, ce discours est, à la suite de son interdiction, passé à la télévision et fait le tour de la planète sur internet.


En France, on a aussi quelques dinosaures, héritiers de l'Inquisition et ennemis de la libre expression. Par exemple, le délicat Eric Raoult, (battu aux élections), qui dans ses dernières jours de députation, exprimait toute sa méfiance à l'égard des cyber-cafés, ces endroits où tout un chacun peut écrire librement ce qu'il veut à qui il veut. Quelle horreur, le peuple qui s'exprime !


Nadine Morano, elle, a la grandeur d'âme de continuer à mettre ses brillantes élucubrations à la dispositions des humoristes et autres blogueurs taquins. Suspectée d'un zeste de racisme, elle déclare « adorer le couscous » avec son amie « plus noire qu'une arabe »...




Morano : "j'adore le couscous et les bricks à... par Europe1fr



Mais Madame Morano, si votre copine est très noire, c'est peut-être qu'elle est très pauvre et qu'on lui a coupé l'eau chaude ? Euh non ? Bon bon, on voit croit sur parole. En tout cas, continuez à nous faire profiter de votre philosophie, c'est un délice sans cesse renouvelé. On ne s'en lasse pas.

Photo Bonaventure AFP

Eric Zemmour, lui, a perdu son procès conter le rappeur Yousoupha, qui l'avait traité de con dans une de ces chansons. On en déduit donc que traiter Zemmour de con, ce n'est pas lui faire injure. Ce n'est pas moi qui le dis, c'est la justice. .

A noter que Zemmour, lui, décrit le rap comme « une sous-culture d'analphabète ».

Un partout, la balle au centre.

Photo Bonaventure AFP

Et enfin affaire dont j'ai déjà parlé ici et qui va faire encore couler de l'encre et susciter bien des engueulades : Najat Valaud Belkacem, qu'on aime bien pourtant, persiste à faire avancer un projet de loi visant à « abolir la prostitution » en pénalisant les clients...

Outre le caractère don-quichottesque de semblable proposition, elle ne va pas sans soulever bien des problèmes de fond et de forme.


On veut lutter contre la traite des blanc(he)s et le proxénétisme. Je suis pour. Tout le monde est pour. Mais alors, ce sont ces fléaux qu'il faut mettre dans le collimateur ! La prostitution, elle, n'en déplaise à Najat, n'est objectivement qu'une forme de libre-disposition de son corps. Pas d'amalgame fâcheux, s'il vous plaît...


Pénaliser les circonstances et les intervenants qui font que les prostitué(es) cessent de disposer librement de leur corps, très bien, mais pas en bombardant les civils !

Photo SIPA

Pénaliser les clients, c'est faire exploser les chantages, le nombre de couples brisés, et d'enfants déchirés dans des séparations, c'est fermer le principal exutoire à la violence sexuelle, rétablir des circonstances favorables à la tentation de l'abus et du viol, et continuer à marginaliser les dizaines de milliers de filles et de garçons qui n'ont pas d'autre choix que la prostitution pour éviter la délinquance. Car il faut bien manger et se loger, tout de même. Sans parler du nombre d’étudiants qui ne s'en sortent que de cette manière. Elle a vu le prix des chambres d’étudiant à Paris, Madame Vallaud-Belkacem ?

Pour humilier les mal-baisés, il y a toujours du monde, mais pour emmerder les marchands de sommeil, on se bouscule moins. Ces gens là mettent toute la prospérité de l'immobilier dans la balance pour défendre leur petit pré carré, et ça marche à tous les coups, même avec la gauche ?


Et c'est enfin continuer à priver d'existence légale et de droits sociaux tous ceux qui ont choisi cette profession pour obtenir légalement un petit bout de reconnaissance et de statut social sans tomber dans la délinquance.


Actuellement, en levant son impôt sur les prostitué(es), l'état en devient le proxénète légal, mais il ne leur rend pas les services sociaux qu'en échange de l'impôt, il accorde à toutes les autres professions. Pour un gouvernement qui s'est fait élire sur un principe d'égalité retrouvée, c'est plutôt sous cet angle qu'il faudrait aborder le problème : offrir aux prostitué(e)s la reconnaissance, la sécurité, le contrôle sanitaire, un statut légal, et tous les avantages dus aux travailleurs légaux.

Tout le reste n'est qu’exaltation féministe qui nous éloigne complètement de la réalité.