jeudi 27 août 2009
280. Devine qui va payer...
mercredi 24 juin 2009
269° Droits de l'Homme et droits de l'airbus.
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Ce sont bien-sûr des hasards du calendrier ….(Objets inanimés, avez-vous donc une âme?).
La prestation de Sarkozy à Versailles correspond à quelques jours près au cinquantenaire de la mort de Boris Vian et à la sortie du film « le petit Nicolas ».
Et aussi à une nouvelle mouture gouvernementale où les droits de l'homme cèdent la place aux droits de l'airbus et de quelques autres produits métalliques.
Mes correspondants étrangers sont très impressionnés par la photo du petit Nicolas avançant bravement dans une galerie versaillesque entre deux haies de gardes républicains sabres au clair. Il fallait bien qu'il y ait quelque chose d'impressionnant dans cette cérémonie qui ne nous a par ailleurs apporté que quelques catas supplémentaires.
Photo Reuters/Benoît/Tessier
Un nouvel emprunt? On se souvient de l'emprunt Giscard, en 1973, dont le remboursement, pour un apport initial de 7 milliards, a coûté 80 milliards aux contribuables! Rappelons aussi l'emprunt Balladur, dont le remboursement achevé en 1997 s'est soldé par un déficit de 4 milliards, toujours aux frais du contribuable. L'emprunt Pinay, le seul qui ait jamais fonctionné, c'était en 1953. Nos argentiers ont-ils réalisé que les temps avaient changé?
Question Hadopi, le petit Nicolas l'a dit, « il ira jusqu'au bout ». Manque de pot, l'affaire est une impasse. Aller jusqu'au fond de l'impasse est peut-être un périple à Canossa que son nouveau ministre Fredéric Mitterrand saura lui épargner?
Frédéric Mitterrand, qui n'a de gauche que feu son oncle, est le ministre de la culture le plus approprié dont un gouvernement réactionnaire limite old fashion comme le nôtre pouvait rêver. Il possède un vrai bagage culturel qui, à la différence d'Albanel, le rend crédible, mais entièrement tourné vers le classicisme et le patrimoine. La création, vous savez, ces jeunes intellos qui réfléchissent trop et fomentent sans répit une contestation bouillonnante ont peu à attendre de ses faveurs. Le répertoire va tourner en boucle et les jeunes auteurs, à défaut de budget, se démerderont avec internet pour faire avancer leurs créations.
Entre sa nomination hier après-midi, et ce matin où j'écris ces lignes, son profil Wikipedia a déjà été réécrit. Ils ont du y passer la nuit.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Fr%C3%A9d%C3%A9ric_Mitterrand
On y apprend qu'il est ministre de la Culture « depuis le 23 Juin » (aujourd'hui!) et dès la première ligne qu'il est père de trois enfants. Ce que j'ignorais, -on apprend tous les jours-. L'imprégnation homosexuelle de son parcours n'y est pas effacée pour autant, - ce serait difficile, nombre de ses activités et de ses œuvres y ont trait- mais je doute qu'on doive attendre de lui qu'il désembourbe les revendications homosexuelles dont les progrès sont bloqués depuis 2002. Il doit le plus clair de sa célébrité à ses émissions sur le cinéma, « Etoiles et toiles » et « Permission de minuit » très documentées, très érudites, -peut-être trop pour beaucoup de Français, mais d'une incontestable qualité...
Et Boris Vian? Il tombe bien à propos, celui-là. Il a créé plus de choses qu'il n'imaginait: De son vivant, tout le monde chantait ses chansons, mais personne n'achetait ses disques. Déjà! Il a terminé sa vie dans la misère noire d'une chambre de bonne, pendant que la France chantait « On n'est pas là pour se faire engueuler », « La moulinette » et « Je suis snob », et que les gouvernements avaient formellement interdit toute diffusion du « Déserteur »...
Parce que l'inéquité engendrée par des systèmes genre Hadopi n'est pas une nouveauté. Comme bien des créateurs de son époque, d'une époque où n'existaient pourtant ni internet, ni la copie privée , ni même les mini-cassettes, Boris Vian ne touchait pas un fifrelin de la célébrité de ses œuvres. .
Le seul qui a vraiment touché quelque chose avec « le Déserteur », c'est un de mes camarades d'armée qui a pris trois jours de cachot pour l'avoir sifflé (sifflé sans les paroles) dans la cour de la caserne.
Pourtant, il existe de vrais grands créatifs qui n'ont pas de problèmes de droits d'auteur... Par exemple, je n'ai encore trouvé personne qui conteste à son auteur la paternité de « Casse-toi pauvre con ». .Quant à savoir ce que ça lui rapporte... .
Le gouvernement se travestit, sa politique continue.
Pendant que nous y sommes, allumons quelques projecteurs sur la bataille de sacs à main qui fait rage autour de la participation de GayLib à la Marche des Fiertés LGBT.
http://v2.e-llico.com/article.htm?rubrique=actu&articleID=19983
Le débat n'est pas d'hier puisque chaque année, le char de GayLib est conspué, voire bloqué lors de ce défilé pourtant bon enfant. J'en avais déjà parlé l'an dernier:
http://brethmas.blogspot.com/2008/06/178-marche-des-fierts-lgbt-2008.html
Pour la petite histoire, il faut savoir que l'InterLGBT qui organise le défilé est une fédération d'associations qui œuvrent pour la cause gay, sans autre critère distinctif. Il y a deux statuts qui permettent de participer au défilé: soit être une association participante, et la place est gratuite, soit s'associer en tant que partenaire commercial, et payer son emplacement.
Pour adhérer, et donc s'intégrer gratuitement au défilé, il suffit d'être une association 1901 et de signer la charte de l'InterLGBT , dont aucun mot n'offense la citoyenneté, la morale, le bon sens ou n'importe quelle valeur reconnue.
Cela semble trop demander à GayLib qui qualifie volontiers l'InterLGBT de « nid de trotzkistes » et refuse d'apposer son baobab tricolore au bas de la proclamation. Faute donc d'être reconnue comme « association participante », Gay Lib n'a d'autre choix pour participer au défilé que le statut de « partenaire commercial », et depuis plusieurs années, elle paie d'espèces trébuchantes la présence de son char. Ce qui ne lui garantit pas la tranquillité, en témoignent les deux vidéos incluses dans mon article n° 178 référencé ci-dessus.
L'opinion générale est que GayLib fonctionne à l'inverse des autres associations de défense LGBT.
Ainsi, GayLib ne s'était pas plaint du fichage des homosexuels dans le projet avorté Edvige. On peut vérifier ici son absence de la liste des protestataires:
http://v2.e-llico.com/article.htm?rubrique=actu&articleID=18030
Les associations conventionnelles puisent leur énergie dans le monde politique pour diriger leurs interventions dans le sens de nos droits et de notre bonheur, Gaylib puiserait plutôt son énergie dans la communauté LGBT pour gonfler les voiles de l'UMP. On attend avec impatience de voir ce qui va se passer samedi 27 juin...
L'an dernier, à part les entraves à la progression du char de GayLib, nous avions été surpris par la présence de très nombreux CRS sur la place de la Bastille, qui attendaient les manifestants en caressant ostensiblement la paume de leur main de leur bâton, sans doute pour leur donner l'idée de se disperser plus vite. S'ils avaient simplement voulu parer à quelques débordements d'après-manif, il se seraient cantonnés dans les rues voisines, comme ils le font habituellement. Or il n'en était rien: c'était bien une démonstration de force à laquelle nous avons assisté.
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vendredi 18 juillet 2008
182° - Le loup sort du bois.
Dans mon billet n° 174, je dénonçais le pendable concept de « l'incident irlandais », et de l'atteinte à l'idée même de la démocratie que pareil vocable laissait entendre.
Quand un peuple vote comme ça arrange nos princes, il s'exprime démocratiquement, quand il n'est pas d'accord, c'est un incident. Je pensais naïvement qu'il était difficile de dérailler plus franchement et que quelques conseillers avisés oseraient affronter les célèbres colères du petit gremlin pour lui dire qu'il avait légèrement gaffé sur le sujet.
C'était être, comme vous et moi, respectueux de la démocratie jusqu'au bout des ongles. Force est de constater que monsieur Sarkozy et nous ne vivons pas sur la même planète, et que quoi qu'en disent ses aveugles thuriféraires, il a sur ces choses une vision non seulement différente de la nôtre, mais il faut bien le dire, inquiétante et dangereuse.
Là où nous pensions qu'il allait, sinon adoucir ses propos, du moins se faire oublier un peu, le voilà qui en remet une couche !
L'agité de l'Elysée est décidé à partir en Irlande obtenir des indigènes qu'ils retournent aux urnes jusqu'à ce que le vote soit positif. Le méchant maître d'école fait refaire son devoir à l'indécrottable cancre jusqu'à ce que le problème soit juste!
La sarkocratie est en marche.
Fort heureusement, les Irlandais, qui ont déjà tenu tête aux Anglais pendant 150 ans, en ont vu d'autres et l'attendent de pied ferme. Ils ont déjà mis leur oeufs à pourrir et leurs tomates à moisir pour célébrer joyeusement le débarquement de l'importun sur leurs verts pâturages.
Leurs médias parlent d'insupportable ingérence, d'atteinte aux droits nationaux et de divorce définitif avec une Europe trop possessive.
La seule chose qu'on peut regretter, c'est que les Français comprennent moins vite que les Irlandais à qui ils ont affaire. Nous, on l'a eu cinq ans comme ministre, six mois comme candidat, un an comme président, et on lui compte toujours des partisans.
Vous me direz, l'histoire est riche de chefs d'états à la dérive qui ont compté des partisans jusqu'au dernier instant du naufrage, et même encore après. Mais on se serait bien passé de voir une telle chose arriver chez nous.
D'autant plus que l'anecdote n'est pas unique en son genre, bien sûr. Chaque journée du calife apporte son nouveau lot d'injustice et de mépris. Ainsi, le 14 juillet, celui qu'il faut bien appeler le chef de l'état a eu à se prononcer sur les manifestations des maires des communes sinistrées par ses réformes, venus crier leur misère jusqu'au pied du château.
Enfin, jusqu'au bout de la rue, puisque c'est là que les forces de l'ordre ont tenu à distance comme de vulgaire manants ces élus du peuple venus rencontrer l'élu suprême. Le président n'a daigné en faire recevoir qu'une maigre délégation par un obscur conseiller, pour s'entendre d'ailleurs confirmer le caractère inéluctable du dépouillement des villes de province touchées par les démantèlements des services publics.
Et là, du haut du trône, est tombée la sentence:
« Ces protestations, ce n'est que de la mousse autour de mes réformes. »
Voilà des élus qui voient leur cité partir en lambeaux, perdre leur hôpital, tout ou partie de leur école, leur palais de justice, une garnison qui est le moteur économique de leur ville, qui viennent pleurer le désespoir d'administrés qui vont du jour au lendemain se retrouver en plein désert, et cet appel du citoyen qui se noie... « c'est de la mousse ».
On dirait des vilains mots si on voulait commenter davantage pareil abîme entre la volonté du château et le sort du peuple aux abois.
Si on ne se retenait pas, on penserait à un chef d'état d'une contrée des Carpathes qui faisait raser au bulldozer les églises et les cimetières des villages qu'il voulait supprimer pour être sûr que les villageois n'y trouvent plus d'attaches qui les appellent à s'y réinstaller. Chef d'état finalement mitraillé contre un mur par ses propres soldats.
Si nous étions vraiment des mécréants, on établirait un rapprochement entre le système Edvige qui va nous transformer en autant de portraits robots et les systèmes de fichage de certaines polices intrusives que ses prédécesseurs ont pourtant dénoncé à juste titre pendant des années.
On ne sait plus quoi faire devant un chef d'état qu'on ne peut plus suivre, qu'on ne comprend plus, qu'on regrette, dont on espère que les Irlandais ne croiront pas qu'il est à l'image de tous les Français.
Pour terminer, deux petits évènements:
D'abord, un petit zeste de fraîcheur. Un nouveau chroniqueur cause dans le poste. C'est sur France Info, sa chronique s'intitule « Il était une mauvaise foi », il s'appelle Jean Pierre Gauffre, il passe à l'antenne tous les jours ouvrables à 7h.57, 9h.57 et 11h.27, et on le retrouve sur le site de la station, rubrique « chroniques - société ». Passe très bien avec le café du petit déjeuner.
Ensuite, dans le cadre de la pétition contre Edvige dont je vante les mérites dans le billet précédent, 26 associations LGBT ont apporté leur pierre à l'édifice.
http://v2.e-llico.com/article.htm?rubrique=actu&articleID=18030
Cherchez. J'ai cherché aussi. Pas trace de Gaylib au nombre de ces légitimes protestataires.
Pourtant, les homosexuels sont directement fichés en tant que tels par la machine. concernés au premier degré., Répertoriés, examinés, listés, tenus au chaud.
Alors de deux choses l'une: ou ils croient naïvement que leur carte d'umpd les protègera de l'inéluctable finalité de pareil fichage, ou ils se sont fait mal quand ils ont fait le grand écart à propos de Vanneste et ils ont peur de recommencer.
Toujours est-il que quand on leur pose la question sur leur email, ils ne répondent pas. Si une réponse arrivait enfin (on comprend qu'elle puisse être délicate à rédiger), je ne manquerai pas de vous en faire part.
Dernière minute: de la réunion de débriefing de l'InterLGBT suite à la Marche des Fiertés, il ressortirait que GayLib aurait payé son emplacement dans le défilé au même titre qu'un char commercial au lieu d'y participer à titre associatif. On a des biscuits et on attend les avis divers.
Lundi 21:
Un communiqué de e-llico nous informe que Gay Lib "demande la suspension" du fichier Edvige en non pas son abandon.
http://v2.e-llico.com/article.htm?rubrique=actu&articleID=18041
D'après des conversations que j'ai pu avoir, ils semblerait que Gay Lib s'oppose au fichage de la préférence sexuelle et de l'état de santé des individus, mais pas aux autres éléments visés par le système, à commencer par les motifs du fichage...
Par ailleurs, il est confirmé que Gay Lib n'appartient pas à l'InterLGBT e a bien aprticipé a la marche des fiertés à titre commercial, en payant sa place dans le défilé.
Dont acte.
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jeudi 15 mai 2008
167° Le" mode moissonneuse", ou les limites de l'ouverture..
« Fonctionner en mode moissonneuse... »
J'avais inventé ce terme pour parler de garçons en général, et d'un en particulier qui visitait son cheptel de jules en fonction de ses caprices et besoins de l'instant, prenant chez chacun ce qui lui convenait au plus grand mépris des attentes réciproques de son partenaire.
Un récent débat plus politique, celui-là, me fait ressortir mon vocable du « mode moissonneuse » à propos de la communication et de l'activisme de l'UMP.
Si on juge le sarkozisme en général et l'UMP en particulier à son modèle de communication et de pédagogie, que voit on?
Une voracité à s'approprier des domaines qui ne lui sont pas dévolus, qu'ils soient publics ou légitimement conquis par la gauche, et un empressement à effacer la frontière gauche – droite pour occuper tout le terrain avec l'air de ne pas y toucher.
Au nombre des domaines publics, l'UMP semble vouloir s'approprier la notion de progrès, par exemple, et s'appliquer à renverser l'image de la dualité progressiste – réactionnaire universellement applicables aux démocraties. Encore à titre d'exemple, Sarkozy travestit le « travail-valeur » qui a fait les beaux jours d'une certaine histoire en « travail - richesse » en oubliant de préciser à qui ce transformisme va vraiment profiter: il octroie généreusement des heures supplémentaires payées à +10% qu'il présente comme un cadeau somptueux aux travailleurs alors qu'elles leur étaient payées à +25% depuis 1936, et répond à la demande patronale d'organiser le travail au noir en les défiscalisant, ce qui prive à la fois les caisses du chômage et de retraite des cotisations correspondantes, et les intéressés de leur bénéfice.
Au nombre des domaines politiques, l'UMP revendique l'héritage de Jaurès et Blum, l'héroïsme de Guy Môquet, qui était communiste, puis de la Résistance toute entière avec son phagocytage du plateau des Glières.
Au nombre encore des domaines politiques, Sarkozy trouve quelques hommes de gauche chez qui le carriérisme prend le pas sur les convictions, et les invite à participer à son gouvernement, avec le double inconvénient de froisser ceux de ses fidèles qui attendaient la juste récompense de leur fidélité et qui doivent s'effacer devant des parachutés, et d'intégrer de force à son équipe des hommes dont la fiabilité et les convictions sont sujettes à caution.
Un peu d'autoritarisme à la tête de ce grand foutoir où personne ne retrouve ses marques lui permettent de faire irruption sur le terrain politique avec trompette et fracas, en organisant un enchaînement effréné d'évènements variés dont chaque nouveauté est supposée faire oublier l'échec de la précédente.
L'ouverture à l'opposition a pour l'UMP les limites très précises des services qu'elle croit pouvoir en attendre. Si elle fonctionne à plein pour le débauchage du personnel et l'appropriation des symboles et valeurs, elle n'a plus cours pour la politique quotidienne.
Le large refus de la constitution européenne a été contourné par « une simplification » qui touchait bien davantage son mode d'adoption que son contenu, et le rejet avant hier de la loi sur les OGM conduit le gouvernement à la représenter sans aucune modification aux députés dans quinze jours.
Il en est de même au sein du monde associatif, où les militants ont reçu pour mission de s'infiltrer, d'y déranger partout l'ordre établi et d'en récupérer l'ébullition.
Ce n'est un secret pour personne que j'ai appartenu à bon nombre des associations de défense des droits des gays et de militance rose, et que j'appartiens toujours à un certain nombre qui ont le bon goût d'exister encore.
Il en est de plusieurs sortes, dont une catégorie très particulière qui est l'association apolitique, qui fonctionne -en principe- comme une articulation autour de laquelle des hommes et des femmes aussi différents que possible et prenant leur différence comme un facteur d'enrichissement, sont réunis autour du seul point commun de leur homosexualité pour faire rayonner leur action dans les domaines variés où ils possèdent autorité ou compétence.
Il y a quelques jours, sur le forum de l'une d'entre elles, j'ai reproduit in extenso et sans commentaires l'article d'e-llico sur la plainte de l'UMP contre des militants gay et leurs 10 heures de garde à vue, exactement comme je l'ai fait sur le billet n° 166 de ce blog.
Je me suis bien abstenu de tout commentaire dans la veine du début de ce billet qui est bien évidemment un discours partisan. Ici, c'est mon blog. Sur le forum de cette association, je modère mes propos, et dans le cas présent, je m'en suis carrément abstenu: j'y ai juste fait un copié-collé d'une dépêche d'agence.
Tollé! J'ai mis le gourou en cause. Enfin, la dépêche met le gourou en cause. Il est intouchable. Alors réponse immédiate:
« Pourquoi reporter sur un candidat élu nos propres erreurs et insuffisances de clairvoyance? »
Forcément, c'est de notre faute. C'est au nom de « nos erreurs et manque de clairvoyance » que Sarkozy a investi et va soutenir à Tourcoing un candidat qu'il a promis de radier de son parti à plusieurs reprises. C'est aussi sans doute une erreur et une insuffisance de notre part d'aller lui rappeler ses promesses...
Qu'aurait-il fallu faire pour ne pas être dans l'erreur et dans l'insuffisance?
Pourtant, il y a un peu plus d'un an, ce même forum avait servi de vecteur pour faire circuler une véritable convocation à tous les pédés modernes: le candidat Sarkozy viendrait un soir aux Bains Douches, ce haut lieu de la pensée républicaine, pour rencontrer les citoyens homosexuels. Tout le monde avait trouvé normal que le forum serve à véhiculer cette information, personne n'avait protesté. Même pas moi.
Mais là, le groupe (groupe web) véhicule une information sacrilège et moins flatteuse pour le petit timonier. Du coup, on lit que le groupe doit être un outil d'information... mais pas un terrain de polémique...
Les « bien comprenants » auront compris que l'annnonce de la venue de Sarko aux Bains Douches était une information, mais que la dépêche d'agence publiant la plainte de son parti contre des militants gays constituait un scandaleux parti pris.
Et c'est moi qu'on « fait parler » à travers la dépêche que je diligente. Alors, c'est donc à moi qu'on répond au lieu de commenter.
Le paragraphe suivant de la réponse révèle que Ségolène Royal est également homophobe! C'est vrai qu'elle n'ira sans doute pas faire la gay pride avant longtemps, mais on n'a pas vu le P.S. investir un Vanneste condamné à deux reprises et envoyer son chef le soutenir personnellement.... Il existe bien un socialiste du nom d'Occolier à la Martinique, dont la droite nous rebat les oreilles dès qu'on dit « Vanneste », et qui s'est fait un peu remonter les bretelles par le PS et a néanmoins persisté dans son refus du mariage gay, mais il n'a jamais été condamné pour ses déclarations et personne du PS n'est allé le soutenir, même pas un sous-fifre!
Je passe « la haine (qui m'habiterait) d'une société qui n'est pas la mienne ». Je ne m'étais encore jamais senti marginal à ce point, je me croyais bêtement intégré dans une société avec ma personnalité et mon mode de pensée. C'est cette différence, la haine? Alors, le racisme et la ségrégation, c'est quoi? La droite conteste, la gauche hait?
Après ce beau discours, l'auteur de la réponse me dit que « nous ne devrions pas prendre parti » dans une association apolitique, (alors que je n'ai fait jusqu'ici que reproduire une dépêche d'agence), et m'assure que notre avenir est néanmoins dans le combat « contre les intolérants qui s'avancent masqués ». Ce n'est pas chez nous que ça existerait, ça !
Il ajoute pour faire bonne mesure « qu'il n'y a pas les méchants à droite et les gentils à gauche », ce qui est un slogan basique qui figure en bonne place dans le mémento du bon militant UMPiste, j'en ai un à la maison. (un mémento, pas un militant!) Quand je pense que Debré-père disait il y a un demi siècle des trotskistes qu'ils n'étaient bons qu'à « réciter des slogans », je vois que la recette n'était pas si mauvaise puisque quarante ans plus tard, l'UMP en est toujours là.
(dans le même petit manuel du militant umpiste, on trouve:
« face à un « gauchiste », demandez lui en public cinq bonnes raisons de voter Ségolène, et quoi qu'il réponde, réfutez immédiatement ses raisons sans explication, cela le déstabilisera ». On ne vous l'a jamais fait? D'ailleurs avez-vous remarqué que « chez ces gens là », on distingue « des gauchistes » et des militants de droite. mais pas de « droitistes ». )
« Laissons vivre les gays de droite »! m'écrit-on. Mais si on laisse faire, c'est bientôt ceux de gauche qui seront menacés de disparition!
Devant ce quasi canular, j'essaie de répondre que je n'ai fait que reproduire une dépêche d'agence, que ce n'est pas de ma faute si tout ce qu'elle décrit est arrivé, et que l'honnêteté historique nous oblige bien à constater que « depuis Pétain, toutes les avanies des homos sont venues de droite ».
Oulà, le mot malheureux que j'ai employé! En disant « depuis Pétain », je prenais un repère temporel d'autant plus précis que c'est bien depuis les pleins pouvoirs accordés à cet individu que tous nos malheurs de l'ère post-religieux ont commencé.
« Pétain à Vichy, ce n'est pas la droite! » me rétorque-ton. Mais ai-je dit quelque chose de semblable? Non! On me le fait dire pour mieux me contredire. Mais c'est moi qu'on accuse de pratiquer des « amalgames »!.
Suit une belle explication suivant laquelle les députés qui ont voté les pleins pouvoirs à Pétain n'étaient pas que de droite. Ce qui est exact. Mais hors du propos! Et qui ne préjuge en aucune manière des lois scélérates que le maréchal va prendre à notre encontre dans les années qui vont suivre.
Pour ma part, je n'ai parlé ni de l'un ni de l'autre... J'ai dit « depuis Pétain » au lieu de dire « depuis 1940 ». Puisqu'on en parle, vous trouverez en note en bas de cet article un résumé des lois homophobes prises par la droite « depuis 1940 » jusqu'en... février 1981. Il était tout de même temps qu'on les arrête un certain 10 mai de la même année, non? Mais ça, je ne l'ai ni dit ni écrit! Je le dis maintenant parce qu'ici, c'est mon blog et que la coupe est pleine!
Lorsqu'on insiste trop, c'est parce qu'on est incompétent. La droite est compétente, la gauche n'y connaît rien, elle plane et délire. C'est bien connu. D'ailleurs, si on en laisse faire certains, bientôt, les incompétents ne voteront plus, ce qui simplifiera grandement la situation. C'est ce qu'on trouve par exemple dans les articles de « rezog », le célèbre site gay qui a ouvert des rubriques de forum envahis par les militants de droite qui trouvent que tout ce qui ne leur ressemble pas est con, incompétent, inculte, mal informé, paresseux, inactif, voire pervers... Vous n'imaginez pas de quoi je m'y fait traiter alors que je n'y ai jamais écrit un mot plus haut qu'un autre. On a les arguments qu'on peut.
Ce n'était là que quelques exemples. Mais ça ne s'arrête pas là. En plus des réponses publiées sur le forum de l'association, j'ai reçu suite à cet article des messages privés. Des messages où, sur un ton paternaliste et condescendant, on me dit:
« On t'aime bien, mais crois-tu pouvoir faire changer d'avis la moitié des gays qui votent à droite? »
Mais l'ai-je jamais prétendu? Quand ai-je dit, où ai-je écrit, que je voulais, dans une association apolitique dont j'ai accepté les règles, pratiquer un quelconque prosélytisme?.
Il est vrai que je ne comprends pas les victimes qui adorent leurs bourreaux, et corollairement, les gays qui votent à droite. Peut-être même suis-je venu là pour essayer justement de comprendre le phénomène. Mais il en est des opinions politiques comme des croyances religieuses et des désirs physiques, ça se ressent, ça ne se démontre pas. Les influences peuvent jouer, mais pas la persuasion! Le mouvement doit venir de l'intérieur de chacun de nous...
Mais si, lorsque je dis à un gay de droite que je ne comprends pas sa démarche et que j'aimerais qu'il me l'explique, il ressent ma question comme une attaque prosélyte, c'est peut-être qu'il a un problème avec ses convictions?
Pour ma part, lorsqu'on me demande pourquoi je suis gay et de gauche, je ne me sens pas agressé, je peux l'expliquer calmement, dérouler mon raisonnement, rapprocher ce qui doit l'être, faire correspondre les faits, les sentiments et les convictions, et je n'accuse pas mon interlocuteur de m'attaquer et de vouloir retourner mes opinions.
Or, à en croire certains membres très échauffés de GayLib, le mouvement des gays de l'UMP, on va voir ce qu'on va voir: Grâce à eux les sauts de puce que nos droits ont pu faire depuis 40 ans vont devenir des bonds de guépard, d'ailleurs, y a-t-il eu une quelconque militance sérieuse avant eux?
Qu'ils veuillent monter dans le train de notre libération, c'est très bien, attendu que jusqu'ici, le parti dont ils émanent s'est plutôt occupé à abattre des arbres sur les rails. Ce sera un agréable changement.
Mais on ne peut pas du jour au lendemain monter dans un train dont on a contesté le voyage pendant un demi siècle, et prétendre tout à trac posséder le réseau, diriger la ligne et conduire la locomotive! Il faut faire quelques preuves, avant. Monteriez-vous dans un train dont les aiguilleurs et le conducteur n'ont pas démontré leur expérience?
Or jusqu'à présent, le seul cheval de bataille de GayLib est le CUC, le contrat d'union civile toujours promis et jamais accordé par le schtroumpf de l'Elysée, et qui apparaît comme une régression attendu qu'en tant que mariage « spécial gay », il réintroduit dans la législation française la notion d'homosexualité dont nous l'avons patiemment expurgée depuis 1981. Et le coup d'éclat de GayLib a été, à propos de l'investiture de Vanneste, à inviter les électeurs de Tourcoing à ne pas voter pour le candidat de son parti. Ce qui est méritoire, mais quelque peu ubuesque et pas très étincelant!
A les entendre, ils réécrivent l'histoire. Comme dans Orwell, c'est la novlangue: il n'y a pas eu de militance sérieuse avant eux, on perçoit même un certain révisionnisme: la situation des gays français n'a jamais été aussi désespérée que ça. Peut-être la comparent-ils à l'Iran?
Bon, on ne va pas épiloguer. Non, je ne vais toujours pas essayer de les faire changer d'avis, pour des tas de raisons.
Parce que c'est « politiquement incorrect » dans une association, , parce que c'est peine perdue hors d'une association aussi, et parce que les faits s'en chargeront de toute façon mieux que moi. Je me contente de dire que je ne les comprends pas, et je ne leur demande qu'à se borner à ne pas me comprendre, mais aussi à cesser de me donner des leçons.
De même que les catholiques se barricadent aujourd'hui pour se protéger de « la concurrence de l'islam » derrière une loi de 1905 qu'ils ont vilipendée pendant un siècle, les gays de droite se parent maintenant d'apolitisme pour masquer leur activisme dans des associations qui, avant leur campagne, étaient vraiment apolitiques. La seule chose qui a changé est qu'avant, on pouvait parler de tout et que maintenant, on ne peut plus parler de rien.
Chose promise, chose due, voici un bref récapitulatif de l'histoire de la répression de l'homosexualité depuis... 1940.
loi Darlan ( avril 1942), (sur l'associabilité et la déportation)
loi Pétain du 6 août 1942 portant alinéa2 à l'article 331 C.P.,
loi du 8 février 1945 dite loi Badie portant alinéa 3 à l'article 331 C.P.,
amendements Mirguet (1960), (fléau social)
loi Mirguet (1962) -(un grand bienfaiteur celui-là, Paul Mirguet, 1911-2001, député UNR (gaulliste) de Metz, auteur du célèbre discours contre les vespasiennes).
février 1968: adoption du classement OMS (Organisation mondiale de la santé) désignant l'homosexualité comme maladie mentale.
loi du 3 février 1981, (Piot - Carous) conçue pour atténuer la discrimination contre divers facteurs dont l'homosexualité, devant le « frémissement social », mais dénaturée par de nombreux amendements émanant de Jean Foyer, (RPR) qui en excluent l'homosexualité et ont pour effet de proroger la discrimination homophobe.
Il faudra attendre le 4 août 1982 ( lois et abrogations Badinter) pour balayer enfin l'ensemble de cet arsenal législatif.
On attend toujours la reconnaissance par la France de la Journée Mondiale de lutte contre l'homophobie, déjà adoptée par 31 pays civilisés et par le Parlement Européen. Refus réitéré chaque année depuis sa création en 2003.
Et enfin, je vous rappelle qu'ici, c'est un blog vraiment libre où on peut dire ce qu'on a à dire et poster des commentaires en cliquant ci-dessous.






