jeudi 27 août 2009

280. Devine qui va payer...



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Hop! A la niche! (fiscale)...


Quand les paysans n'arrivent plus à vendre leurs tomates, tant qu'ils n'attaquent pas les camions espagnols et les supermarchés, personne ne se soucie de leur misère. Et encore, quand ils le font, on parle d'eux mais on n'y porte aucun remède.


Quand les ouvriers voient fermer leur usine alors qu'elle gagne de l'argent, et sont menacés de famine et de clochardisation avec femmes et enfants, il faut qu'ils menacent de faire tout sauter ou qu'ils séquestrent leur patron pour qu'on apprenne seulement qu'ils existent. Et même ces solutions « vigoureuses » n'apportent n'empêchent jamais l'usine de fermer et leur donne juste droit à un pourboire de consolation.


Mais quand la belle bourgeoisie de nos beaux quartiers est menacée de perdre le bénéfice de sa valetaille au motif qu'on la menace de ne plus en déduire les salaires de ses impôts, point n'est besoin qu'elle défile en Mercedes avenue Henri Martin ou qu'elle aille jeter des seaux à champagne sur le perron de l'hôtel des impôts, quelques coups de téléphone lui suffisent non seulement pour être entendue, mais aussi pour être exaucée.


http://www.liberation.fr/economie/0101587370-niches-fiscales-il-y-a-eu-des-pressions-pour-que-ce-debat-ne-soit-pas-soutenu


http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2009/08/26/01011-20090826FILWWW00601-pas-de-toilettage-des-niches-fiscales.php


quoi que le Figaro, s'il en parle brièvement, préfère titrer sur l'usage d'internet au bureau

http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2009/08/27/01011-20090827FILWWW00384-86-minutes-passes-sur-le-web-au-bureau.php


qui serait aux deux tiers personnel... Sans doute nos patrons pensent-ils que la productivité des salariés répond à des courbes mathématiques, que l'élément humain n'y est pour rien, et qu'un peu de détente entre deux tâches est, à contrario de la pensée productiviste adjudantesque et coréenne, excellente pour la motivation des troupes. Le patronat français en est toujours à croire que fouetter l'esclave va le faire aller plus vite.


On a du mal à croire que les députés UMP Carrez et Méhaignerie aient spontanément renoncé à un projet qui télescopait si frontalement le « tout pour nous, rien pour eux » que leur régime a jusqu'ici pratiqué avec cynisme. Ou alors, ils préparaient une « trahison vers le PS » en 2012?


Pourtant, cette logique finira bien un jour par se mordre la queue: le nombre de familles qui emploient de la domesticité n'est certainement pas en expansion, et l' « usage personnel » qui est fait d'internet au travail n'est sans doute pas réservé aux sites de rencontre, mais largement utilisé pour rester en contact avec sa femme et ses enfants, quand la première travaille aussi et qu'on n'a pas les moyens d'employer une Conchita pour s'occuper des seconds.


Tout cela est si intimement lié dans le brouet d'une politique où les discours et les actes suivent des directions opposées avec la même facilité que se croisent sans heurt les deux voies d'une autoroute. A force d'entendre leur langue de bois, nous avons des oreilles en bois, et plus personne ne réagit à moins d'être le dos au mur, comme les paysans qui voient débouler les tomates espagnoles ou les ouvriers qui voient partir leurs usines.


La taxe carbone, qui va frapper en priorité les petites gens éloignés des écoles, du travail et des magasins, ceux qui n'ont pas les moyens de refaire l'isolation de leur maison, tout ce petit peuple laborieux qui ne séquestre jamais personne, souffre et se prive sans rechigner, c'est tellement plus facile...





Et l'homophobie?


Notre justice et notre police ont toujours les mêmes difficultés à appliquer la loi dès lors qu'elle concerne le caractère homophobe d'une agression. Il y a une sorte de loterie sur le sujet: ça fonctionne, ou pas...


En bas de mon billet 279

http://brethmas.blogspot.com/2009/08/279-pendant-les-vacances-la-pompe-fric.html


je parlais de l'affaire de Laval où le procureur n'avait pas retenu le caractère homophobe d'une agression alors même qu'elle était revendiquée comme telle par ses auteurs, cela vient de se reproduire à Tarbes:

http://v2.e-llico.com/article.htm?rubrique=actu&articleID=20362


A chaque fois, il faut que les associations LGBT locales interviennent, pour faire réagir la presse locale, la police et la justice. Et en lisant ces articles nombreux, on note que ce n'est jamais GayLib, les UMPédés, qui monte au créneau dans ces cas-là.

GayLib qui, à la Marche des Fiertés 2007, distribuait pourtant des tracts « Vous pouvez compter sur nous ».


Heureusement que déjà ce jour là, nous avions nos oreilles de bois...



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