jeudi 18 août 2016

541° Burkini… La « liberté » au secours de l’oppression ?






Chaque société a ses marottes, ses petites mascottes médiatiques qui servent en général à cacher les vrais problèmes.

Par exemple, actuellement, aux États Unis, on se passionne pour savoir dans quelles toilettes doivent aller les transsexuels. Le problème est si aigu qu’on vote des lois dans certains états, que certaines universités prennent des décrets qui seraient cocasses s’ils n’étaient pas lamentables, et que les chaînes de télé se fendent de débats sur ce sujet passionnant, avec spécialistes et experts à l’appui.

Qu’est-ce que vous faites dans la vie ? « Je suis expert en chiottes ».

Et le problème s’est compliqué, le mois dernier, quand un spécialiste de latrinologie de haut niveau a posé la question de savoir si on devait traiter les travestis et les transexuels de la même manière. 

Une université a même prétendu envoyer les transexuels dans les toilettes pour invalides, mais ce sont les invalides qui ont protesté et obtenu gain de cause!

Ça chie dans le débat public aux USA. Il est vrai que ce n’est pas Trump qui va redonner de l’élégance et de la tenue aux émissions sociétales.



En France, on a d’autres problèmes, au moins aussi importants. Dans quelle tenue les dames doivent-elles aller se baigner ? Burkini ou maillot de bain ?

Évidemment, ce sont les gens pour qui le problème ne se pose pas qui font le plus de clapotis dans la piscine. Parce que des dames en burkini, sur nos plages, il n’y en a pas plus de deux au kilomètre.

C’est bien de s’occuper des minorités, mais une minorité aussi inoffensive que celle-là mérite-t-elle des débats télévisés avec des spécialistes de toutes les disciplines sauf des maîtres nageurs, mérite-t-elle que le monde politique et sociétal se passionne, justifie-t-elle que des journalistes s’ameutent autour de notre premier ministre pour qu’il donne son avis slipologique sur le maillot de bain ?




Alors, bien sûr, il y a toujours les gens qui savent, qui défendent, qui brandissent des principes, et qui, en agitant justement leurs bannières sans réfléchir, sont souvent instrumentalisés par le loup qui est resté dans le bois.

« Laissez-les se baigner comme elles veulent, c’est leur liberté et leur culture ».

Ok. Mais alors, si les gens ont le droit de se baigner comme ils le veulent, pourquoi interdit-on les naturistes sur les plages habituelles et les confine-t-on dans des endroits séparés ? Eux aussi voudraient se baigner comme ils aiment, et ils sont des millions en France et en Europe, bien plus nombreux en tout cas que les dames en burkini.

Si nous devons respecter la culture burkinienne, pourquoi ceux qui s’en prétendent les gardiens ne respectent-ils pas la nôtre ? , Pourquoi le Koweit et d'autres pays ensoleillés qui rêvent d’accueillir des touristes votent-ils des lois punissant de prison toute dame qui viendrait à la plage avec un maillot de bain occidental ?


Pourquoi dans les piscines du Maroc, dont le souverain est, rappelons le, commandeur des croyants, le burkini est-il interdit ? Photo à l’appui du panneau à l’entrée de la grande piscine de Marrakech.


Quelle est l’obstination la plus dangereuse ? Celle des partisans du « tous en maillot » ou celle de ceux qui croient que le port du burkini, surgi d’on ne sait où comme un soudain phénomène de mode, serait l’expression d’une « liberté vestimentaire » ?

Pourquoi ces ardents défenseurs de la « liberté vestimentaire » ne défendent-ils pas également le nudisme comme l’expression de la liberté vestimentaire la plus élémentaire, liberté qui a le mérite d’être partagée par un bien plus grand nombre ?

Pourquoi devrait-on respecter et tolérer des croyances qui imposent une soi-disante pudeur si eux ne sont pas capables de tolérer notre non-croyance ?

Pourquoi la tartufferie du « cachez ce sein » prévaut-elle sur l’alliance du confort et de la nature ?

Je suis pour qu’on se tolère les uns les autres, mais pas dans le sens de l’interdit et de la censure.

Qu’on me laisse me baigner dans la tenue que je veux, je ne m’occuperai pas de l’accoutrement des autres.

Pourquoi privilégie-ton toujours, « au nom de la liberté », la censure et la pudibonderie aux valeurs de la nature ?



Liberté vestimentaire, Oui. Entièrement d’accord. Partisan même. Mais pour tout le monde.

Autorisons le burkini ET le naturisme. Ensemble, sur les mêmes plages.
On verra alors qui sont les vrais défenseurs de la liberté.




jeudi 28 juillet 2016

540° Attentats : Un festin pour les vautours...





Les attentats qui souillent le calendrier du pays de leurs taches rouges posent déjà, sur le fond, un problème de cohésion nationale.

C’est bien le but poursuivi par Daesh. Tenter de remplacer la force des armes par la force de la bêtise. On peut toujours essayer, l’histoire montre que la plupart des dictateurs ont été un jour plébiscités par leur peuple, et le sont encore maintenant, si on jette un regard vers la Turquie.

Rien de tel que de faire croire aux gens qu’on veut leur bien, -et leur grandeur, un peu de flatterie ne nuit pas-, pour en faire des serviteurs plus que zélés, complètement aveugles et amoralisés.



Non pas démoralisés, -ils ont même un moral d’acier-, mais amoralisés. C’est à dire que le chef les a écervelés, les a débarrassés de toute initiative personnelle, de toute capacité de jugement, de tout humanisme, du « je pense donc je suis » qui les rendait humains. Ce ne sont plus eux qui pensent, c’est le chef. Le chef pense bien, le chef a toujours raison. Si le chef dit de tuer, c’est que tuer c’est bien.

C’était d’ailleurs la ligne de défense de tous les tortionnaires nazis subalternes qui ont été jugés après la guerre : « Ce n’était pas à nous de juger, ce sont les chefs qui pensent pour nous et qui donnent les ordres ».

Tout fascisme est basé sur ce type de dilution des responsabilités, ceux du bas disant qu’ils n’étaient que des mains et qu’on a pensé pour eux, et ceux du haut qu’ils n’étaient que des cerveaux et que leurs mains n’ont pas tué. Dans le cas de Daesh, le subterfuge est même encore amélioré : ceux du haut ont reçu l’ordre d’encore plus haut que leur hauteur : c’est la parole de leur dieu qui fait d’eux de modestes servants et d’irresponsables instigateurs.

Force est de reconnaître que si ce dieu là existe, il est méchamment pervers : sous le couvert de l’amour du prochain qui reste gravé dans ses écritures, il conçoit une politique de déstructuration sociétale, de déconstruction de l’unité nationale, il organise à qui mieux-mieux la haine communautariste, la division fratricide et la désorganisation des structures du « vivre ensemble ».

Et là, Daesh trouve des alliés, aussi objectifs qu’inconscients. Rappelons ce que sont des alliés objectifs. Ce sont des gens qui n’ont pas d’intérêts dans le but de l’alliance qu’ils scellent, mais qui la scellent néanmoins parce que cette alliance, en tant que telle, sert indirectement leurs intérêts.

Le but des terroristes étant clairement défini dans la dislocation des institutions nationales et l’instigation de troubles internes et de guerres civiles dont ils croient devenir un jour les messies pacificateurs, pas besoin d’être grand prophète pour comprendre que la sauvegarde de cette cohésion républicaine est le terrain nécessaire et privilégié de la lutte contre leurs méfaits.

N’oublions pas que figure en toutes lettres dans leur doctrine le principe que la loi de dieu est la seule valable en lieu et place des lois des hommes, au point que les plus obtus d’entre eux, prenant cette maxime à la lettre, préconisent que les « bons Musulmans », pour bien mettre en pratique ce mépris des institutions humaines, ne doivent pas voter. Voter est, d’après eux, un acte blasphématoire, une sorte d’allégeance à un pouvoir qu’ils ne reconnaissent pas.

Pareil incivisme n’empêche pas certains imprécateurs frustrés de la politique française, -nous parlons de la France bien qu’il en soit de même dans d’autre pays-, de jeter de l’huile sur le feu de la discorde naissante pour espérer tirer quelque avantage du chaos qui en résultera. La place de messie est décidément très convoitée.

Pourtant, reconnaissons que nos édiles actuels sont plutôt bons dans leur façon de lutter contre le terrorisme. Autant je fustige leur politique sociale, leurs attaques inadmissibles contre la nationalité et le droit du travail, autant je les trouve sincères, efficaces et justes dans leur réactions aux attentats.

Il n’en est pas de même, hélas de certains de leurs opposants.

Ce n’est un secret pour personne que l’extrême-droite et la droite-extrême, (on risque procès en en rangeant certains sous le vocable d’extrême droite »…) prospèrent sur le chaos, et n’hésitent pas à contribuer à la déstructuration de valeurs nationales dont ils font pourtant leurs étendards pour tenter d’accéder au pouvoir.

Ces gens ne cessent de tenter de diviser la communauté nationale, la seule communauté valable, en groupuscules fermés dont les membres seraient tournés vers l’intérieur de leur chapelle au lieu de regarder vers l’union qui fait la force. Toutes leurs déclarations tendent, par des amalgames déplacés, à tourner les Français les une contre les autres. Des racines chrétiennes du pays à la loi du sol, de la croyance à la sexualité, de la couleur à l’ethnie, tout n’est chez eux qu’étiquetage vouant à la ségrégation. Qu’ils s’entre tuent, et les survivants viendront à nous…
Vive la république, mais pas celle-là…


Ce ne sont pas leurs différences qui divisent les hommes, mais leur bêtise.


Parmi ces conjurés, dont la liste non exhaustive comprend les établissements Le Pen, Estrosi, Ménard, Wauquiez, Ciotti et quelques autres, on trouve les Sarkozy et autre consorts. Le petit monsieur, qui est, je le rappelle, membre du Conseil Constitutionnel, donc gardien du temple de la République **, vient de déclarer que l’état de droit n’est qu’une « argutie juridique, un prétexte » qu’il faut balayer pour lutter utilement contre les terroristes.

** Il est vrai qu'à Rome, le Capitole était gardé par des oies...









Au tableau de déshonneur des petits soldats galvanisés par leurs chefs qui foncent aveuglément au casse-pipe, citons pour mention le cas de cette policière niçoise sans vergogne qui a cru bien faire en ameutant la presse sur des pressions dont elle déclare avoir fait l’objet. Peut-être rêvait-elle, dans ses fantasmes carriéristes, d’être un jour appelée par le cabinet du ministre…

Voire AU cabinet du ministre, puisque, d’après le Canard Enchaîné et d’autres, Estrosi se voit déjà place Beauveau après l’immanquable victoire de Sarkozy.



Mais au moins, lui, n’y est pas revenu. Il a lu les critiques, sans doute compris son erreur, et on ne l’y a plus repris. Sa nature profonde avait brièvement émergé, mais il a au moins quelques limites que les autres n’ont pas.

Sarkozy, Ciotti et quelques autres persistent et signent dans leurs tentatives de dislocation des valeurs de la république, prétendant tantôt interner certains au nom de simples suspicions, expulser d’autres au nom de leur… de leur quoi ?, au fait…

Il y a du Donald Trump dans leurs exhortations, et il y a fort à craindre que le verdict des urnes américaines viennent à point nommé le renforcer dans ses égarements.


Nous avons assez dénoncé la capacité de nuisance de l’individu aux épaules tressautantes qui a gravement détricoté le tissu social du pays pendant qu’il était au pouvoir.

 Prenons garde qu’à coup d’assimilations mensongères, d’exagérations insultantes, d’amalgames grossiers et dévalorisants, il ne vienne à nouveau déchirer le lien social et le vivre ensemble qui sont et doivent rester nos valeurs fondamentales.

Ceci dit, Sarkozy et consorts ne sont pas les seuls vautours à instrumentaliser les attentats pour faire avancer leurs marottes. 




Le cardinal Vingt-trois, lui aussi, a pris son goupillon pour une matraque lors de la messe qu’il a célébrée à Notre Dame en mémoire du prêtre assassiné. Profitant de la présence de l’état-major du gouvernement, il a fustigé « la légalisation des déviances » dans une allusion aussi déplacée que moyenâgeuse au mariage pour tous.

On aurait pu croire l’église au-dessus de la basse politique. Son agent 0023 nous a prouvé que non.












dimanche 3 juillet 2016

539° Brexit or not brexit?







Tout le monde vient me dire et m’écrire :
« Mais comment se fait-ce, tu n’as pas fait d’article sur le brexit ? ».

Ben non, rien ne presse et pour de très nombreuses raisons.
La première est que ce blog est dédié essentiellement aux droits LGBT et aux faits culturels ou politiques en rapport avec ces libertés.
Or bien que la poussée d’urticaire conservateur à l’origine du vote du brexit chez nos ennemis anglais puisse effectivement retentir un peu sur les libertés sociétales et sexuelles, je ne les vois pas pour autant remettre les bûchers au goût du jour sur les places de village.

Ensuite, parce que l’événement lui-même, -le vote- n’est que le premier caillou qui a bougé et déclenché un éboulement qui va encore en grossissant, avec des conséquences en cascade dont les plus nombreuses restent encore à venir et ne sont pas toutes prévisibles. Et malgré le gros nuage de poussière, -essentiellement médiatique et donc un peu boursier-, rien ne démontre à ce jour qu’il atteindra des zones habitées.

C’est dire si les commentaires empressés de certains, les « je vous l’avez bien dit » tout comme les « vous allez voir » me semblent bien dérisoires par rapport à la grande variété de situations qui restent encore possibles. A commencer par l’éventualité de l’avortement du processus, à continuer par le peu de différence entre l’avant et l’après s’il a lieu.

Pour reprendre du début, il faut quand même remettre les choses en place : ce référendum n’est que consultatif, il n’a aucune valeur d’obligation ni d’autorité institutionnelle. La sortie du Royaume Uni de l’Europe doit résulter d’une déclaration en bonne et due forme, que personne là-bas, semble-t-il, ne s’est empressé de rédiger, et nul doute que le premier ministre qui trempera sa plume dans l’encrier pour la faire ne la signera qu’après consultation du parlement, qui est actuellement opposé au projet, et dont un renouvellement à la suite d’élections anticipées ne changera pas forcément l’opinion sur le sujet.

Alors, tous ceux qui se félicitent de la soi-disant irréversibilité de l’événement, tout comme ceux qui tirent des plans sur une comète qui, comme toutes les comètes, passent sans jamais nous atteindre, sont essentiellement ceux que cela dérange dans leur petites affaires ou que cela arrange de la même manière, sans parler de ceux qui s’emparent de tous les événements possibles pour occuper le devant de la scène et tirer quelque avantage de la situation.

Les empressés de la rupture devraient se souvenir du cas que la France en général et Sarkozy en particulier ont fait du référendum de 2005, qui avait vu les Français dire non au projet de constitution européenne, proclamant ainsi non pas qu’ils étaient contre l’Europe, mais plutôt que ce n’était pas de cette Europe là qu’ils voulaient. …
La question avait été mal posée, le débat mal orienté, le résultat mal interprété. La Constitution a finalement été ratifiée.

Dans l’absolu, la situation est déjà ambiguë en ce sens que les voisins d’en face sont des insulaires égocentriques qui ont toujours l’Empire Britannique dans leurs fantasmes et dont le subconscient estime sans désemparer que c’est l’Europe qui devrait appartenir à ce dit empire, et non leur pays à une union de barbares continentaux.

Ils ont donc plus que tout autre associé, une fâcheuse propension à préférer les avantages aux inconvénients et les droits aux devoirs. Certes, c’est humain, mais comme ils se prennent volontiers pour des surhommes, ces penchants sont devenus chez eux des super-penchants.

Ajoutez à cela la vieille rivalité qui, depuis bien avant Jeanne d’Arc, oppose le grand Breton aux petits Bretons de toutes sortes et aux peuplades de la grande terre, et vous trouverez chez nous autant de sujets prompts à susciter des levées de fourches pour écarter l’Albion de leurs pâturages.





Car c’est bien de cela qu’il s’agit : d’une levée du fourches et d’une vocifération populiste. Je vois un parallèle évident entre ce vote du brexit et la montée des nationalistes et autres tribuns grincheux dans les pays européens. L’adage « moins on est instruit, plus on vote Front National » a trouvé sa vérification grandeur nature en Angleterre aussi clairement qu’il a été chez nous établi par des études qualitatives des électorats.

Ajoutez à cela la peur de l’étranger, la perspective soigneusement cultivée d’une invasion de migrants, quelques déclarations d’immams hystériques montées en épingle par les tabloïds, saupoudrez d’une pincée d’attentats, et vous obtenez le vote du brexit.

C’est aussi le vote des vieux contre les jeunes, d’autant plus paradoxal que les premiers n’auront plus guère de temps pour profiter de la nouvelle situation qu’ils auront voulu (ou pour la subir), alors que les seconds seront empêchés de bâtir la société ouverte et pluraliste sans laquelle ils ne se voient pas de futur.

Loin de moi l’idée de prêcher pour la globalisation, mais il est des divisions quasi villageoises en-dessous desquelles une société ne peut plus espérer aucune sorte d’avenir.

Alors, que risque-t-il de se passer, finalement ? A part une agitation boursière que l’appât du gain et les combines multinationales finira par calmer, et quelques prises de positions qui paraîtront dérisoires dans quelques années ?

Sans doute la réaction bruxelloise du « Faut faire vite, maintenant » n’est elle pas, comme on pourrait le croire, la version politique du « bourreau finissons-en », puisqu’on a vu que dans les textes, rien n’obligeait pour le moment le bourreau à officier dans l’urgence.

C’est sans doute la pensée déraisonnable qu’on va enfin « se débarrasser des Anglais », pensée hautement irréaliste puisque même déliés du contrat de mariage, les Anglais resteront nos voisins géographiques et économiques, et que bien des divorcés peuvent attester qu’une épouse peut être bien plus nuisible après le divorce qu’avant.





Non, on ne va pas «  se débarrasser des Anglais » puisqu’il faudra continuer à leur acheter plein de trucs, à leur en vendre des tas d’autres, ce sont des besoins autant pour eux que pour nous, et qu’il faudra tout renégocier pour le faire à tout prix, et que ce nouvel « à tout prix » risque d’être plus coûteux que le précédent.

Ils vont rester d’encombrants voisins, et qu’ils appartiennent ou non au conseil syndical ne changera pas grand-chose à notre promiscuité, avec ses avantages et ses inconvénients.

Quant aux irresponsables qui, par exemple, ont déclaré dans la foulée du vote que « le problème de Calais était résolu », ils ont juste laisser éclater leur compétence : le traité du Touquet, de février 2003 n’est que l’arrangement nécessaire à la fermeture de Sangatte, c’est un traité bilatéral de voisinage, d’organisation de frontière complètement indépendant des accords européens.

Laisser partir les migrants vers l’Angleterre, c’est juste s’exposer au risque de les voir revenir le lendemain, après qu’ils se soient vus refuser leur entrée sur le territoire d’en face. Cela ne change pas un yota à la nécessité de gérer leur présence.

En résumé, ce brexit n’est que le vote de ceux qui pensent que la vue du clocher de leur paroisse et du bout de leur rue suffit à assurer leur existence, comme si aucune planète n’existait au-delà de leur myopie. C’est le dernier avatar du « Comment peut-on être Persan ? »…

Le problème est qu’on n’a pas fini d’en entendre parler, que cela repose le problème des avantages et inconvénients de la démocratie, étant entendu qu’aucun système n’est parfait et que tout a un prix… 




En tirera-t-on les leçons ?
Peu probable. Ses partisans reconnaîtront-ils qu’ils se sont fait berner par les mensonges du très conservateur et très homophobe Nigel Farage et par l’opportuniste versatilité de leur gros blond Boris Johnson ? Non, ils en seront bien conscient, mais ils ne le reconnaîtront pas, petite fierté paroissiale oblige. Comment dit-on « chauvinisme » en anglais ?

Les électeurs du front national établiront-ils le parallèle entre les boniments de Farage et les virevoltes de Johnson avec les discours creux et opportunistes de leurs leaders, qui n’ont toujours aucun programme et changent de bouc-émissaire suivant les modes de la haine internationale, comprendront-ils que la chute de la Livre n’est qu’un avertissement de ce que serait celle du Franc si d’aventure nous cédions aux nostalgie de la grosse sirène blonde ?

Peu probable. La vie politique continue avec tout ce qu’elle a d’insensé, d’irrationnel, d’artificiel, de calculateur et de mensonger.

Vive l’aventure ?



lundi 20 juin 2016

538° Je vous demande de vous arrêter (de manifester)









Valls, Le Maire, etc...


Il y a encore quelque temps, une périodicité annuelle suffisait pour l’oscar de l’imbécillité politique.
Maintenant, ce rythme n’est plus suffisant. Le sottises pleuvent dru, et l’inondation ne sévit pas que dans nos campagnes.

Comme nos gouvernants, il faut agir au coup par coup, décerner à chaud, quitte à perdre de vue un classement exhaustif du politicien le plus déglingué de l’année. Sinon, de nombreuses perles seront à jamais perdues pour l’histoire de France.

Bruno Le Maire, qui ne désespère pas de nous gouverner un jour, envisage, lui, une justice d’exception pour les terroristes.

Alors, nous sommes d’accord, le terrorisme, c’est très vilain, mais si nous avons une justice qui fonctionne, elle doit être capable de répondre par sa sévérité sagement appliquée à l’abjection des crimes qu’elle a à juger. 




La notion même de « justice d’exception » est la négation même du principe d’égalité de la devise de la république.

Deux justices, c’est une de trop. C’est l’aveu même que l’une des deux ne serait pas juste !

Ce fantasme autoritariste sous-entend d’abord que la justice quotidienne serait incapable de faire face à tous les crimes et délits qui lui sont soumis. Elle aurait ses limites. Nous aurions une justice incapable, -donc pas juste- devant certaines décisions à prendre.
Et il faudrait une autre justice qui, elle, serait vraiment juste dans certains cas. Mais pas dans les autres ?

Une justice à géométrie variable, en quelque sorte…

On pourrait commencer par une justice « spéciale terroristes », puis on pourrait imaginer une justice « spéciale manifestants », « spéciale syndicaliste », et maintenant que la porte est grande ouverte, une justice « spéciale anti-libérale », « spéciale opinions de gauche ».

Les tribunaux d’exceptions, ça s’est vu, dans l’histoire. L’armée a même longtemps possédé les siens, distincts de ceux de la république.
Il a fallu les supprimer. Ils puaient trop le totalitarisme et la dictature.


Bruno Le Maire veut les rétablir. Il n’y a pas que le FN qui croit devoir se dédiaboliser. La droite d’apparence la plus paisible cache aussi l’horreur derrière les voiles débonnaires de ses travestis médiatiques.

D’ailleurs, comme tous les grands dictateurs qui se croient seuls à voir dans les limbes les intérêts supérieurs de leur peuple, voire du monde, en toute simplicité, Bruno Le Maire est parfaitement conscient de son génie, ce qui le conduit à déclarer que « son intelligence est un obstacle »...



Si elle ne répondent pas à toutes les exigences, si elles menacent l'autoroute dont il rêve vers le pouvoir.

Ouvrir des lucarnes, aussi étroites soient-elles, dans les garanties de justice, de liberté et d’autres valeurs fondamentales, c’est s’attaquer à la boite de Pandore. C’est ouvrir une voie d’eau que l’on estime insignifiante sans comprendre qu’elle peut, avec le temps, s’élargir et remplir le bateau.

Une fois que ce « si », que cette lucarne conditionnelle sera aménagée dans la loi, un simple décret suffira à l’élargir, à la façonner au gré des caprices de celui qui sera, dans le futur, au pouvoir. Et on sait à quel point cette incertitude est menaçante dans notre pays. 

On fera des dérogations pour les manifs trop longues, trop larges, trop colorées, trop libertaires, celles qui défilent en ville, celles qui préfèrent les campagnes, et aussi celles qui font le la peine aux patrons et qui pourraient menacer les prébendes des riches.

Déjà, avec une technique bien rôdée de rongeur et le soutien de ses correligionnaires hollandistes, il tente de limiter la prochaine manifestation, de la réduire de cortège à rassemblement statique. Puisque les gros coups ne marchent pas, on essaie la méthode gagne-petit.


Non, Monsieur Valls, la manifestation est un droit fondamental du peuple souverain, et la manière dont vous les méprisez est déjà assez insultante pour que vous vous absteniez de leur poser des conditions.

Même si le principe même de la manif, manifestement, vous eczémate la bosse du pouvoir, puisque vous déclarez au journal du dimanche que les syndicats devraient annuler d’eux mêmes ces défilés dont vous méprisez clairement les tenants et les aboutissants.

« Vite un nouveau 49-3 et qu’en en finisse ».

Monsieur Valls, ne rêvez pas à haute voix vos ambitions de pouvoir…
Cela ressemble trop à des caprices d’enfant gâté.

Ainsi, pour éviter quelques cahots sur votre chemin du pouvoir, les travailleurs de ce pays devraient renoncer, pour les décennies à venir, à une partie non négligeable de leur maigres revenus (les heures supplémentaires proprement payées), immoler sur l’autel de votre arrivisme les seules garanties qu’il leur reste de ne pas se trouver pieds et poings liés à la merci de leur patron (les conventions collectives).

Bien sûr, ce que je vais dire là relève pour vous du compte rendu d’un voyage exotique puisque vous n’avez jamais été salarié. (Ou alors, rectifiez votre page wikipédia..).




Savez vous que pour une bonne partie des salariés de ce pays, votre réforme appliquée aux heures supplémentaires équivaut à une privation de plus de 100€ par mois, soit l’équivalent d’un mois de salaire à la fin de l’année ?

Imaginez vous la position du salarié de petite entreprise (la majorité) qui se retrouve au petit matin tout seul devant sa machine, face à son patron qui lui dit « -Alors tu le signes ou pas, ce nouveau contrat de travail ? ».

Non, bien sûr, vous n’imaginez pas. L’entreprise, c’est l’Amazonie, pour vous. Vous ne la visitez que dans le cadre d’expéditions soigneusement aseptisées, même si de temps à autre, un indigène refuse de vous serrer la main ou s’extasie devant le luxe de votre costard…

Si cette loi passe, vous la traînerez toute votre vie comme un boulet bien plus lourd que celui de Juppé avec les grèves de 95, parce que Juppé, le 15 décembre 1995, lui, a retiré sa loi.

Et malgré ce retrait, il reste aux yeux des Français le forcené « droit dans ses bottes ».

Imaginez ce que sera votre avenir politique si votre tronche apparaît en filigrane sur tous les bulletins de salaire rabougris que les Français recevront mois après mois pendant des décennies.


Le parti socialiste n’est plus que le parti des bobocrates, là où s’épanouissent ceux qui croient que pour être de gauche, il suffit de se démarquer de quelques principes nationalistes ou racistes, et de promouvoir quelques principes sociaux qui ne coûtent rien, comme le mariage homosexuel.

Eh bien non. Être de gauche , tel que l’ont compris ceux qui ont porté François Hollande à l’Élysée, c’était aussi mettre en œuvre une politique vraiment sociale, avec une redistribution des richesses aussi équitable que possible. 

A cause de ceux qui, comme vous, feignent de ne rien comprendre, tiennent inexorablement un cap qui rend le quotidien invivable pour un nombre croissant de Français, le bon peuple s’estime trahi et vous tourne le dos en courant tant vous incarnez ce qu’il ne faut pas faire.

Hélas, la politique, ce n’est pas la géométrie, et en vous fuyant aussi radicalement que possible, ils se jettent dans la gueule du front national, dont vous êtes un des plus grands pourvoyeurs.

Bien triste. Voilà ceux qui croient encore en une gauche sincère obligés de se reconstruire à travers des manifestations que vous, Monsieur Valls, voulez interdire, des partis que vous débinez à longueur de discours, des principes que vous qualifiés d’irréalistes à travers la presse française dont la majorité appartient, rappelons-le à un quarteron de milliardaires, et avec des moyens de subsistance au quotidien dont on ne sait plus s’ils sont autant de motivations à vous faire tomber que d’entraves pour y parvenir.

Triste.


lundi 13 juin 2016

537° Orlando, tournant de l'histoire ou point d'une continuité?





Je le craignais depuis longtemps.
C’est arrivé.

Pourtant, c’était prévisible parce que ce n’est nouveau que par la gravité des faits, pas par le principe.

A longueur de ce blog, depuis dix ans, je parle de la bombe à clous du pub Admiral Duncan à Londres en 1999, des bombes incendiaires dans un sauna gay de Budapest en 2008, des nombreux bars gays attaqués à Paris, Lille, Bordeaux, Bruxelles, etc.

Aux États Unis comme dans le reste du monde, l’histoire des LGBT se confond avec celle de leur persécution, une seule tuerie dans un bar gay en 1973, donc pas hier, avait déjà fait trente morts

Sans parler des innombrables agressions individuelles, lâches, gratuites, de braves gens accusés d’être ce qu’ils sont.

La perspective de l’attaque de grande envergure d’un établissement gay était inéluctable. La seule chose encore incertaine était l’heure et le lieu.

Et l’incertitude demeure : ce n’est pas parce que c’est arrivé que cela n’arrivera plus. Au contraire : voilà un nouvel objectif maintenant bien dessiné dans le collimateur des fous furieux.

Ce qui frappe à Orlando, c’est le principe de l’exécution de masse. Cinquante morts d’un coup.

Mais combien de gays morts pendus en Iran, lynchés par les foules africaines, décapités au Moyen Orient, jetés du haut des immeubles en Afghanistan? Orlando n’est que le dernier avatar de cette litanie.

On peut parler aussi du million de morts estimé en Europe pendant plus de mille ans, brûlés « pour la purification de leur âme » par une église chrétienne qui déplore aujourd’hui la violence, mais qui n'exclut pas à ce jour de ses enseignements les principes discriminatoires anti-homosexuels qui contribuent à légitimer l’homophobie « culturelle ».

Devons-nous être rassurés de voir, dans tous les pays civilisés, des foules entières se rassembler en hommage à des victimes tuées à cause de leur homosexualité ?

Certes, ces hommages étaient impensables il y a encore quelques décennies. En progressant sur la voie de la reconnaissance, nous excitons la bête féroce de l’intolérance, mais c’est le prix à payer. Pour nous mener vers un monde meilleur, l’humanisme marche sur un champ de bataille jonché de cadavres.

Pour bien analyser le phénomène, il ne faut pas faire, comme les télévisions buzzophages, le gros plan sur les survivants éplorés et les familles des victimes. Bien sûr, ils existent, mais ils ne sont que la partie émergée de l’iceberg.

Il convient de replacer l’événement au sein de la longue histoire LGBT, qui est avant toute chose, celle d’une sorte d’éradication permanente, de solution finale appliquée sans fin d’année en année, de siècle en siècle.

On peut parler des déclarations du rabbin Sitruk, ex grand-machin de France, paroles moyenâgeuses prononcées il y a moins de quinze jours.

Avis également aux gays que j’entends dire :
« Il y aura pour les gays un avant et un après Orlando ».
Petits prétentieux, va ! Il n’y a pas eu d’avant et d’après le nazisme, les bombes dans les bars, les agressions à répétition dans les lieux gay ?

Des sites se sont spécialisés dans le florilège des déclarations homophobes :




qui ne rassemblent qu’une fine couche de mousse à côté des homophobes américains qui, à la différence de la vieille Europe et en vertu d’un principe de liberté de parole perverti en liberté de haïr, constituent le gros des imprécations des malbaisants.

A ce sujet, tout étant plus grand en Amérique, et pas seulement les massacres, un site est spécialisé dans la dénonciation des personnalités politiques ou officielles qui se sont fait surprendre avec la main dans la culotte d’un autre après avoir bâti leur carrière avec des déclarations homophobes :

Et n’oublions pas la mère fondatrice de la haine, celle sans qui rien ne serait arrivé , la bible qui, dans le lévitique, chapitre 18, verset 22 dit pour la première fois:
« Tu ne coucheras pas avec un homme comme on couche avec une femme : ce serait une abomination ».
 (Christine Boutin, tu as copié!!)

La bible encore mentionnée par tous les homophobes africains et russes pour justifier leur haine et leur sadisme.

La bible dont le sens fut détourné par tous les dictateurs, de Staline à Hitler, qui adoptèrent sans reconnaître le copyright la théorie productiviste de nos « racines chrétiennes » qui voulait que la fornication étant de l’énergie détournée du travail, il convienne d’en interdire toutes les formes qui ne remboursaient pas ce gaspillage à la société sous la forme d’un petit travailleur ou d’un petit soldat.
Voilà le fond de la petitesse des homophobes.

Il y a aussi les grands hypocrites, qui ont repris le principe de l’abomination quand cela pouvait contribuer à leur célébrité, et qui pour des raisons tout aussi mercantiles, viennent aujourd’hui verser leur larme de crocodile :











La manif pour tous qui ne nous promettait que le bûcher sur ses pancartes, mais pas la mitrailleuse.

A moins que ce ne soit que parce que la bible ne la connaissait pas, la mitrailleuse ?…

Les attentats de Paris ont visé la liberté d’expression, la liberté de la culture (sorties en terrasses, musique), et le monde juif. Celui d’Orlando, s’il ne vise pas les Juifs, (- qui, je le crains, ne perdent rien pour attendre -), vise essentiellement la liberté d’être, de choisir sa vie, de refuser les dogmes et le mysticisme, la liberté d’aimer l’être choisi et de profiter des plaisirs de ce bas-monde.

Pour retrouver les Juifs et les homosexuels associés dans un massacre organisé, il faut remonter au nazisme. Daesh a, de ce fait, achevé son retour aux sources de la barbarie, bouclé le cercle de l’innommable, ce qui devrait mettre ses adeptes face à leurs responsabilités s’ils n’étaient pas à ce point aveuglés.

Hélas, ils le sont toujours. L’homme accomplit toujours plus de mal au nom des mythes que de bien au nom des réalités.

Le miroitement médiatique est également partie prenante de cette escalade de l’horreur. Les pauvres gens sont à ce point réduits à des riens dans notre monde des cinq cents familles qu’ils en arrivent à préférer briller par l’horreur et l’abomination que de rester poussières dans le tapis du néant.

Ce qui est prétentieux de leur part, mais la prétention n’est-elle pas l’apanage des petits esprits ?

Il n’y a plus beaucoup d’endroits où l’on peut entrer sans subir une fouille. La liberté du plus grand nombre est entravée par l’imbécillité d’une infime minorité.

Nous n’avons pas fini d’entendre les cons sévir sur les médias, donner des leçons, interpréter des textes dénués de sens, faire des parallèles, des amalgames, étirer leur connerie dans les grandes largeurs comme un pizzaiolo étale sa pâte. Et même la faire virevolter en prenant la réprobation des gens raisonnables pour des applaudissements mal compris.




Nous allons devoir subir:
Tous ceux qui vont se joindre aux lamentations, parce qu’ils n’avaient pas envisagé la mitraillette pour manifester leur intolérance ou leur homophobie.

Tous ceux qui font profession d’homophobie, la promeuvent comme un enjeu électoral, un outil de conquête du pouvoir, et ne veulent pas se laisser déposséder d’un argument si porteur.

Tous ceux qui se sentent proches des homophobes parce qu’ils baisent mal et qu’ils voient bien que les homosexuels s’en donnent à cœur joie et profitent de leur mieux d’une vie pourtant pleine d’embûches.




Certes, le monde ne sera plus tout à fait comme avant, mais bien plus largement que les marchands de gros titres ne veulent nous le vendre.

Je pense à tous ces enfants que des parents incultes ont traîné à la manif pour tous en leur faisant porter des panneaux vouant les homos au bûcher, qui se disent aujourd’hui, pour les plus volontaires d’entre eux, qu’ils ont peut-être joué les « malgré nous » et qu’il serait temps pour eux de vivre leur vie, mais qui constatent en regardant la télé que l’avenir pour lequel ils s’apprêtent à se libérer les expose aux mitraillettes des fous de dieu ?

Cela pose aussi collatéralement le problème des armes à feu aux États Unis. Leur gros blond avait prétendu que si tous les spectateurs du Bataclan avaient été armés, il y aurait eu moins de morts. La tuerie d’Orlando a démontré la sottise de pareille affirmation. Seule l’arrivée de la police a permis de maîtriser le forcené.

Et même une législation sur les armes économisera plus de morts en général que de vies d’homosexuels en particulier. Le jour même de l’attentat, on a arrêté en Californie un autre fou furieux armé jusqu’aux dents d’explosifs et d’armes de guerre qui se rendait à la gay pride de West Hollywood… qui s’est déroulée, comme dans certains pays de l’est, sous l’œil froid d’un service d’ordre armé...


L’histoire est un éternel recommencement, à l’image de la bêtise humaine.


*   *   *

Dernière minute

Dans le cadre de notre étude  "Homophobie et mal-baisance"...

L’enquête d'Orlando, qui ne fait que commencer, révèle que le meurtrier était un habitué du club" Le Pulse", où il était connu pour son alcoolisme, qui le conduisait à raconter ses déboires conjugaux.

Plusieurs homosexuels de la ville déclarent qu'il les avait sollicités à travers des sites et applications de rencontre...

L'article en anglais en cliquant sur le logo Pink News.

http://www.pinknews.co.uk/2016/06/14/gunman-in-pulse-orlando-mass-shooting-visited-club-a-dozen-times-say-regulars/?utm_source=PNFB&utm_medium=SocialFB&utm_content=FBJM&utm_campaign=PNFacebook



Le détail de cet autre article -en anglais également-  reflète un état dépressif récent du meurtrier, relaté par ses collègues de travail...





samedi 28 mai 2016

536° Chantage, vous avez dit chantage ?







C’est un peu tard pour le joli mois de mai, la poudre de l’insurrection a fait long feu. Elle ne s’éteint pas, fait même des étincelles mais ne veut pas péter. Du coup, on risque bien d’ être embêté avec cette fichue loi travail pendant de longues semaines.

Au début, ça paraissait pourtant simple : il y avait une loi très hypocrite (on va y revenir), un parlement, et un gouvernement qui n'a pas trouvé la majorité pour la faire passer.

Dans n’importe quelle démocratie, s’il n’y a pas de majorité au parlement, la loi est rejetée et on passe à la suivante. Mais en France, nous avons l’article 49-3 qui n’est rien moins qu’un outil de chantage.

Chantage exercé sur les députés : on tu nous passes notre loi, ou le gouvernement tombe avec un risque pas négligeable de dissolution de l’assemblée. Alors, entre les députés qui n’ont de « gauche » que l’étiquette, ceux qui sont élus de justesse et qui ne sont pas sûrs de retrouver leur siège, et ceux qui ont toujours été bien élus mais qui pensent qu’avec le bilan cacateux du gouvernement, cette quasi-certitude risque bien de s’évaporer, la loi passe de force, contre l’avis du peuple et de ses représentants.

Restent les purs, les vrais gens de gauche, ceux qui disent non. On les qualifie de frondeurs. Les résistants sont toujours des terroristes, ça éveille de sombres souvenirs de notre histoire. Ces frondeurs sont pourtant les seuls députés qui se souviennent que derrière leur mandat, il y a un peuple qui espère, le pouvoir et la presse complice conspirent à les disqualifier, à les traiter de « briseurs d’unité » et de phagocyteurs du parti.



Pourtant. Qu’entend-on lorsqu’on écoute Valls et ses fantassins ? « La CGT » ne veut pas venir discuter. » Mais le débat, il a eu lieu, Monsieur Valls. C’était à l’Assemblée nationale, le mois dernier. Il a eu lieu, tout le monde s’est exprimé, et si un vote avait pu avoir lieu, votre loi ne serait pas passée.

Et pourtant, le Tartarin persiste et signe : je viens encore de le voir à la télévision affirmer avec arrogance que le texte a été voté par l’assemblée. Non ! Il n’y avait pas de majorité pour cela, sans quoi il n’y aurait pas eu de 49-3…

En décidant de l’emploi du 49-3, Monsieur Valls a empêché le vote de se dérouler, brisé le processus démocratique, renversé la table des négociations, et menacé de renvoyer les députés au chômage. Lui qui veut tant faire contre le chômage…

Et c’est lui qui maintenant, après avoir brisé le débat avec violence, accuse les syndicats de ne plus vouloir négocier ? Ils ont raison de ne plus vouloir : c’est bien lui qui a tué le débat.

Ce monsieur Valls dont les qualités de négociateur seraient si grandes ? Témoin cette vidéo où il dit à un travailleur : « Vous ne me faites pas peur avec votre -tee-shirt, si vous voulez un costard comme moi, vous n’avez qu’à travailler ».
Travailler ? Dans combien d’entreprises avez-vous travaillé, Monsieur Valls ? Combien de DRH avez-vous affronté, combien de licenciements avez-vous subi ?




Et cette dame El Khomri, qui déclare à BFM.TV qu’ elle entend la majorité silencieuse des Français lui dire qu’elle est pour cette loi travail.
Elle va l’écouter où, cette majorité silencieuse ? En gardant des moutons, comme Jeanne d’Arc ?
C’est peut-être les Français qu’elle prend pour des moutons…

Sans compter qu’elle doit fumer pas mal de pétards, « madame la majorité silencieuse, parce qu’elle a déjà dit exactement le contraire à Marine LePen...


Sans parler de Sarkozy, qui prétendait aussi la représenter en 2012…

En attendant, madame la Ministre du Travail vient de se faire plaquer par un de ses conseillers, Pierre Jacquemain, qui a claqué la porte en disant :

« C’est un beau ministère, qui est malheureusement détourné de sa mission, première : défendre les salariés ».
et qui a rajouté, pour faire bonne mesure :

«En réalité, la politique du ministère du Travail se décide ailleurs, à Matignon. C'est le Premier ministre qui donne le ton. [ ] Malheureusement, aucune de ces avancées n'apparaît dans le projet de loi final.»

Mais alors, pourquoi elle se cramponne, la pauvre Myriam El Khomri, pourquoi se laisse-t-elle ainsi détourner ? Ah oui, une carrière à faire, elle est encore jeune. Même si objectivement, je ne suis pas sûr que son obstination à rester à son bureau ne sera pas plus lourd à porter qu’une démission avec les honneurs du corps social.

Elle s’est déjà vu affubler de plein de noms d’oiseau par la blogosphère, dont notamment « l’otarie savante du cirque Solférino ». Qu’elle prenne garde que ce ne soit pas ce genre de sobriquet qui lui serve de carte de visite pour sa « carrière à venir »… 

Et cet argument "de merde": Cette loi apporte des améliorations au sort des travailleurs... (Quelques bricoles, en effet... )

Mais si le MEDEF veut faire des cadeaux, qu'il les fasse! Sans réclamer un bras en contrepartie !



Sinon, comment ne pas comprendre que les travailleurs préfèrent garder leur bras?



« Le licenciement économique facilité».
Par des difficultés de entreprise. Et encore, on a déjà obtenu que ces difficultés doivent de présenter sur les sites français, la loi d’origine voulant que le calcul soit globalisé aux entités situées à l’étranger. Mais même avec ce bémol, la raison du patron restera toujours la plus forte et que le salarié deviendra totalement une valeur d’ajustement au mépris de toute considération sociale.

« Des ruptures pour inaptitudes facilitées ».
Un simple tampon du médecin du travail vous déclarant inapte permet à votre employeur de se débarrasser de vous comme les beaufs jettent leur chien sur la route en partant en vacances.

« Un calcul du temps de travail modulable sur 16 semaines
au bon vouloir de l’employeur ». Avec une durée étendue à trois ans s’il trouve un syndicaliste marron pour accéder à ses caprices.

« L’inversion de la hiérarchie des normes ».
Jusqu’à présent, sur la base du code du travail, on pouvait négocier une couche d’accords de branche, puis une couche d’accords d’entreprise sous réserve que chaque couche soit, dans cet ordre, plus avantageuse pour le salarié que la précédente.
La loi travail inverse cette hiérarchie, rendant ainsi caduques le code du travail et les conventions collectives, puisqu’ils en servent plus de base.
Pourquoi les maintient-on, alors ? La loi ne le dit pas.
En contrepartie, la loi prévoit de faire passer de 30 % à 50 % l’audience électorale assurant la validité de la représentation syndicale. Mais c’est un miroir aux alouettes: il s’agit de 50 % des votants aux élections syndicales, et non pas 50 % des effectifs de l’entreprise.

C’est le fameux « article 2 » qui a fait chavirer tout le projet, et auquel Valls et El Khomri se cramponnent comme à un radeau.

« Disparition des avantages individuels acquis »
Si le patron décide de dénoncer l’accord collectif. Conséquence de cet article 2 dont la loi tire immédiatement des avantages patronaux…

Bref, le code du travail passé à la déchiqueteuse.




Ce que Hollande et Valls essaient de sauver en se cramponnant comme des morpions à cette loi scélérate, c’est la suite de leur carrière politique, des élections futures. Encore que s’ils réussissaient à la faire passer, traîner pareil fardeau les handicaperait pendant des décennies.

La preuve, dès que Juppé montre le bout se son nez, on lui ressort les grandes grèves de 1995….Au passage, notons que ce type est inconscient, dont le programme va bien au-delà de la loi El Khomri…

Et le petit Macron, qui clame partout que cette loi ne va pas assez loin !!!
Ils s’y croient, tous ces « valets » du capitalisme ? Le terme fut jadis inventé par les communistes de cro-magnon, mais la preuve est bien là que l’histoire est un éternel recommencement.

Rendez-vous compte que rien que la réduction du taux des heures supplémentaires représente pour un bon nombre de salariés la suppression d’un mois de salaire par an. Comme ce sont les routiers qui ont porté le pet à la télévision, les grands hypocrites du pouvoir ont proposé de les exclure de la mesure…

Mais il n’y a pas que les routiers qui font des heures supplémentaires ! De quoi auraient-ils l’air s’ils acceptaient cette aumône et abandonnaient sur le bord de la route tous les autres salariés du pays. ?

Reste le problème du bobo socialiste qui constitue malheureusement une large partie de l’électorat rose. La plupart d’entre eux sont cadres, et ont des fins de mois pas trop problématiques. Alors, comme se battre pour des avantages qui ne sont pas vitaux, c’est fatiguant, que aller manifester ça devient dangereux vu la hargne des forces de l’ordre qui reçoivent des consignes qu’ils qualifient eux-mêmes d’illogiques, dangereuses et intenables, le bobo préfère se dire : « laissons passer Hollande, Valls et son petit Macron. Ça nous évitera d’avoir à affronter un jour le retour de Juppé, la vengeance de Sarkozy ou l’invasion des fachos.

Simplement parce qu’ils ne manquent de rien, et qu’ils n’ont donc pas un besoin impérieux de se battre. Et qu’ils ne sont pas prêts à retourner au combat si d’aventure, une élection mal fagotée nous amenait un nouveau film d’épouvante.



 Ceux qui « ont besoin », eux, retourneront se battre, comme ils l’ont fait contre Juppé, contre Villepin, comme ils le font contre Valls. Et comme bien souvent, tous ceux qui ne se sont pas battus réapparaîtront le jour de la récolte avec leur beau discours "humaniste" en disant « Je vous avais bien dit que j’étais de gauche ».