samedi 23 juillet 2011

389° Après l'homosexualité, l'UMP s'attaque à la pornographie.




L 'UMP nous en veut. Pas seulement aux homosexuels, mais à la liberté sexuelle tout entière. Je vous parlais de Lionel Luca dans l'article précédent (388) , comment imaginer qu'il allait si vite faire parler de lui à nouveau?


Quand je pense qu'il existe encore de doux rêveurs, genre GayLib, qui espèrent promouvoir la liberté sexuelle et homosexuelle au sein de l'UMP. Nous mentent-ils cyniquement, ou se mentent-ils naïvement à eux-mêmes ? Bien sûr, ils vont me dire : « Luca et Vanneste, ce n'est pas toute l'UMP ». Heureusement. Mais tant que l'UMP ne les flanquera pas à la porte et continuera à reluquer avec concupiscence sur leur électorat, aucun progrès ne se fera.


Voilà notre Lionel Luca associé à Christian Vanneste, (Qui a dit « Joli couple? » Un peu de respect, je vous en prie.) Christian Vanneste, donc, grand exégète de la sexualité exclusivement reproductrice et auteur du brûlot homophobe « Homme et femme, dieu les créa » dans une proposition de loi aux motifs surréalistes et à la faisabilité inexistante.


Voilà donc treize députés (ça commence déjà plutôt mal...) qui nous pondent un projet de loi proposant que l'internet livré par les opérateurs soit purgé de toutes les « adresses pornographiques », et que celles-ci ne puissent être « optées » qu'une par une à travers le contrôle parental.


Parcourons ensemble le texte de ce projet de loi... (extraits en italique.).

Dès le paragraphe 2, le ton est donné : tentations sexuelles, perversités.... Mais qui a prétendu, sinon les dogmes religieux, que la sexualité serait une « tentation » [menant à] des « perversités » ?

Si dès les premières lignes, on confond catéchisme et éducation civique, c'est tout le texte de loi qui va partir en vrille en négligeant de prendre en compte la laïcité de la république pourtant prévue dans la constitution...


Un peu plus loin, on découvre que la consultation de la pornographie peut engendrer une « dépendance psychologique, physique et psychique » …. Certes, ça éloigne quelque peu de la fréquentation régulière des lieux de culte, (encore que...) mais le culte n'est-il pas une autre forme de dépendance psychologique et physique ? Et psychique? Pourquoi chacun n'aurait-il pas droit à ses petites habitudes tant qu'elles ne concernent que lui???


« La pornographie s'étend de manière silencieuse dans la société et affecte toutes les classes d'âge », peut-on lire un peu plus loin. Ah bon ? Elle touche aussi les enfants... « Leur esprit se construit à partir de ce qui est virtuel... »...

Moi, je dirais plutôt : « La frustration sexuelle et tous les dérèglements et abus qu'elle engendre s'étendent de manière silencieuse dans la société et affectent toutes les classes d'âge »...

Alors, comment se construisaient nos têtes blondes avant l'informatique ? C'est bien connu, avant l'ère informatique, il n'y avait pas de viols, pas d'attentats à la pudeur, pas de crimes sexuels, pas d'homosexuels non plus ? Comme chez Ahmadinedjad ? On vivait dans le monde de Oui-oui ? Ou dans celui de Non-non ?


« C’est un peu comme si toute la réalité du monde, à travers toutes ses dimensions, était exposée aux enfants sans étape préalable, sans ordre, sans explication, sans morale quelconque » Comme si la situation antérieure était plus explicite ? Dans l'immense majorité des familles, on ne parle pas de sexe, et plus les lycées et collèges sont conformes aux vœux des auteurs du projet, moins on y dispense d'éducation sexuelle. Les enfants et adolescents sont livrés à eux-mêmes en ce qui concerne la préparation aux choses du sexe. Là, sans doute, il y a un problème. Mais ce n'est pas la pornographie qui va le résoudre, ni par sa présence ni par son absence.


Et petit à petit, bien plus insidieusement que la pornographie ne s'introduit dans les foyers, la voilà qui « pousse à démystifier ce type d’information ». Ah, parce que le sexe est un mythe ? Moi, je croyais que c'était une chose tout à fait naturelle. Je me trompais. ? Bien avant « l'invasion pornographique d'internet», on faisait des travaux pratiques après l'école avec les petit(e)s camarades. Ça valait bien quelques vidéo floues glanées sur internet, non ? Mais question information et pédagogie, ce n'était ni mieux ni pire.


Le projet de loi nous explique qu'internet « banalise » la chose sexuelle, et que cela conduit à des délits et des crimes. Or non seulement les délits existaient avant la pornographie, (et sans doute de manière bien plus fréquente et moins réprimée), mais je prétends, moi, que si la sexualité était banalisée, elle ne serait pas, comme tout interdit, l'objet de frustrations qui elles, conduisent au débordement. Il y a tout un débat à tenir sur le rôle d'exutoire utile de la pornographie et également de la prostitution dont les penseurs à la mode ne veulent pas entendre parler.

Et cette castration sociétale gagne comme une gangrène : le programme du parti socialiste pour les prochaines présidentielles prévoit de poursuivre les clients des prostituées en justice, au lieu de réglementer le domaine et de se soucier du devenir des travailleurs du sexe.

Résultat prévisible : l'activité va « prendre le maquis » et s'exposer davantage à la main-mise des gangs et mafias, le nombre de chantages, divorces, de familles brisées et d'enfants déchirés va exploser comme il a explosé en Suède dans les années qui ont suivi la promulgation d'une loi aussi stupide, et de nouvelles activités vont voir le jour, comme les bateaux de croisière suédois qui vont dans la nuit passer quelques heures en dehors des eaux territoriales, là où la loi imbécile ne s'applique plus...


Mais revenons-en à nos Luca-Vanneste.

« On estime qu’aujourd’hui 80 % des adolescents ont déjà visionné des films pornographiques dont un enfant de dix ans sur trois. » Qui est « on ? ». L'annonciature ?


« De manière globale, le mot clef le plus tapé dans les moteurs de recherche est « sexe ».

Faux. Preuve à l'appui ICI.

Voilà une proposition de loi bien étrangement étayée...


Les digues submergées, le tsunami s'étend : « Or, un enfant de 6 à 7 ans (comme on en rapporte beaucoup de cas) qui visionne une scène pornographique pouvant inclure des pratiques sadomasochistes, manifeste des troubles similaires à ceux qui adviendraient s’il avait subi un abus sexuel ».

ON a encore sévi. Qui est ce « ON » qui connaît des enfants de six ou sept ans qui matent du sado-masochisme ? Je le trouve drôlement intime avec nos têtes blondes, ce monsieur ON. Car si on a trouvé des URL sado-maso dans l'historique de l'ordinateur de la maison, c'est beaucoup plus vraisemblablement parce que papa (ou maman) sont allé se distraire un peu en attendant que le chéri revienne de l'école. Lequel en général se précipite sur des sites dédiés à sa tranche d'âge avec des jeux appropriés dont on a le plus grand mal à l'arracher ensuite pour venir manger.

Je connais des adolescents accros aux jeux vidéo, je n'en connais aucun accro à la pornographie. Les législateurs semblent ici transférer leurs propres fantasmes aux enfants... Quand un ado voit un ordinateur, il pense bien davantage "jeu vidéo" que pornographie.


Au début du projet, les adolescents étaient menacés, puis les enfants de dix ans, maintenant les six à sept ans... Je m'attends à un paragraphe où on va m'expliquer qu'il faut protéger les femmes enceintes de la pornographie, puisqu’il est bien connu que certaines sensations commencent à se constituer in utero...

Je me demande aussi, sans vouloir manquer de respect à personne, comment, dans la mesure où on considère qu'un enfant qui a subi un abus sexuel présente ensuite des troubles toute sa vie, quels abus ont bien pu subir ceux qui, toute leur vie, luttent contre la liberté sexuelle, le plaisir de l'amour, l'épanouissement des sens, la libre disposition du corps et jusqu'au simple désir présenté comme une « tentation » ?


Puis vient le contre-exemple :

« D'après une étude de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (INSERM) menée par Marie Choquet en 2004, la propension des filles à faire des tentatives de suicide est multipliée par deux lorsqu’elles regardent assidûment des images X. »

Marie Choquet est bien chercheuse à l'INSERM et sa production pléthorique. J'ai réussi à retrouver l'ouvrage. (Les Jeunes suicidants à l’hôpital, Paris, Éditions EDK, 2004 ).

Malheureusement, ce digest et ces articles de La Croix et du Monde ne parlent pas d'augmentation des cas du suicide en rapport avec la pornographie.

On y parle d'états d'âme, de déceptions amoureuses, de défaillance parentale et de différents autres facteurs.


Dommage aussi que le projet de loi ne parle pas de l'effroyable augmentation des suicides d'adolescents face à l'homophobie qui les empêche de s’épanouir.

http://www.scom.ulaval.ca/Au.fil.des.evenements/2005/02.17/homophobie.html

http://www.lepost.fr/article/2008/02/05/1094572_homophobie-1ere-cause-de-suicide-chez-les-ados.html

http://www.lepost.fr/article/2010/02/24/1956780_homophobie-un-enfant-de-11-ans-se-suicide-aux-usa.html

http://forum.doctissimo.fr/psychologie/depression-deprime-stress/suicide-cause-homophobie-sujet_167355_1.htm


Là, les propos homophobes (enfin, monsieur Vanneste n'est pas homophobe, dit-il, il trouve juste que c'est une pratique inférieure aux autres...), bref les propos nullement homophobes de monsieur Vanneste ne sont sans doute pas étrangers à l'augmentation du nombre de ces suicides, et peut être aussi à l'augmentation des agressions homophobes en légitimant une vision péjorative de l’homosexualité dans l'opinion publique.


Bref, l'idée de la loi est de bloquer d'office toutes les adresses pornographiques par défaut et de demander aux abonnés à internet de les autoriser une par une par « opt-in ». Il existe sans doute quelques millions d'adresses pornographiques dont des milliers changent tous les jours, voilà de quoi occuper nos chômeurs!!! Évidemment absolument irréalisable. Même les Chinois, qui essaient seulement de les bloquer sans les trier avec des grands moyens que nous n'avons pas n'y parviennent pas. Je discute parfois avec des gays chinois et des gays iraniens à travers des sites où il n'y a pas que du texte...


Devant de tels non-sens, il n'est plus question de lutte contre la pornographie ni même contre la liberté sexuelle. Outre la compétence de nos édiles, ce sont les libertés individuelles les plus générales qui sont mises en causes par de tels projets.

Lutter contre de tels excès, c'est affirmer qu'on ne veut pas de Big Brother ni de novlangue ni de contrôle de la pensée, pas de 1984 où l'amour est interdit, qu'on veut pouvoir parler de tout et faire tout ce qui nous convient à la seule lumière du consentement mutuel.


Tiens, curieusement, dans 1984, le personnage de Julia est membre de la « ligue anti-sexe des juniors ». Nos législateurs s'en serait-ils inspirés ?




Dernière minute et black list:

Le site de Têtu est inaccessible sur les serveurs de l'Education Nationale.


Il est pourtant, avec e-llico, l'un des principaux sites auxquels les adolescents en butte à l'homophobie peuvent se référer et tenter de se légitimer pour ne pas se jeter par la fenêtre...

Big Brother veille.






mercredi 20 juillet 2011

388° Nouvelle attaque frontale de l'UMP contre les gay.




Les élections approchent. Les grandes manœuvres commencent. On cherche des boucs émissaires.

Comme d'habitude, les étrangers, les Roms et les pédés vont morfler en priorité. Le problème d'être dirigé par un quarteron d'arrière garde, c'est qu'on « progresse en arrière ». Un rapport des députés UMP Luca et Grommerch intitulé « mariage durable », (une spécialité hétéro???!!) remet de l'huile sur le feu.


Tout ce que l'UMP compte de nostalgiques des régimes de persécutions communautaires, de mises à l'écart des forces de progrès et d'injuste répartition de la richesse est sur le pont : A l'abordage !.


Je vous passe les tentatives de disqualifier les listes des primaires de la gauche et les loukoums croustillants dont on garnit à qui mieux mieux le buffet DSK.


On envoie au front la garde et l'arrière-garde. Même Fillion, pourtant jusqu'ici plutôt réservé, attaque Eva Joly sur sa double nationalité, comme si en posséder déjà une pouvait retirer quelque valeur à la seconde... C'est oublier le nombre d'élus, tant dans la majorité que dans l'opposition, qui possèdent également une double nationalité, israélienne en général. Les Juifs ne sont plus dans le collimateur, mais ils ont du sentir le vent du boulet ! Les vieilles munitions, parfois, ça vous pète entre les doigts.


Après avoir appliqué la politique du chiffre à la Police, (avec les résultats que l'on voit..), on veut maintenant l'appliquer aux médecins. Et ce n'est pas n'importe qui qui est chargé de promouvoir cette riche idée : C'est Lionel Luca , qui s'est déjà fait remarquer pour ses prises de positions favorables à la peine de mort et son souhait de supprimer l'enseignement de l'esclavage des programmes scolaires... (des fois qu'on confonde avec l'éradication du code du travail programmée par l'UMP???)

Plein de bonnes idées, ce Lionel Luca : Il veut aussi interdire les grèves pendant les vacances. Je vous le dis, moi, c'est un début d'atteinte au droit de grève, le but final encore tenu secret étant de le circonscrire au 29 février. Mais chut !


Sur le terrain de ses battues à la recherche de l'argument électoral susceptible de provoquer un sursaut de conscience de son électorat, que ce soit les petits vieux endormis dans leur chaise-longue de la maison Mon-Repos, ou les skinheads dont le cerveau, au cours d'une ratonnade mouvementée, se serait évadé de leur boîte crânienne pour glisser dans leur biceps, l'UMP rencontre donc les homosexuels, et le bastion de leurs luttes actuelles : le mariage gay et l'adoption.


L'homophobie et le mariage gay, ça paie facile pour les réactionnaires. Pas besoin de coûteux communicants ni d'onéreuses campagnes d'information, quelques entrefilets judicieusement placés dans une presse aux ordres suffisent à démarrer au quart de tour une logorrhée de rumeurs qui se propage de comptoir en beuverie, de table de belote en réunion de dentellières et de sacristie en mess de caserne pour apporter l'information ; les pédés, ça ne se marie pas, ça n'a pas d'enfants.


Que près de deux millions de familles monoparentales existent dans ce pays, ça n'empêche pas Christine Boutin d'affirmer que l'adoption par des célibataires est une manière pour les gays de contourner la loi . Voilà donc deux millions de familles monoparentales qui risquent d'être privées d'adoption parce que suspectées d'abriter en leur sein quelques homosexuels rusés qui se cacheraient là pour contourner la loi.


Pourtant, les homosexuels qui ont des enfants (environ deux cent mille en France) ou qui en veulent, ils ne se cachent pas, au contraire. Ils ont de claironnantes associations, au moins deux à ma connaissance, pour promouvoir leur volonté. L'APGL, Association des parents gays et lesbiens , et l'ADFH, association des familles homoparentales .


Mais quand on ne veut pas savoir, on ne veut pas. Aussi, la commission qui, au sein de l'UMP, s'est penchée sur l'avenir du mariage en intitulant son rapport « Pour un mariage durable » s'est-elle bien gardée de les entendre. . Elle a lavé son linge en famille... Hétéroparentale, s'entend.


Au-delà du caractère gravement subjectif et mensonger de ce « travail » présenté comme sérieux, et de l'atteinte à la démocratie et à l'expression plurielle qu'il constitue, la lecture de ce pensum ne va pas sans quelques constatations tristement amusantes.


D'abord, amusez-vous à taper « mariage durable » sur Google. Vous n'y trouverez aucun résultat émis par une quelconque autorité sociale, psychologique ou politique. Ce sont des sites religieux qui se font référencer sous le vocable « mariage durable ». De là à imaginer que le nouveau rapport des UMPistes Roca et Grommerch et de leur porte-parole Mariton est inspiré de relents d'eau bénite, il n'y a qu'un pas que je vous laisse franchir avec ma laïque bénédiction.


Ensuite, attachons nous à un paragraphe de ce rapport qui dit qu'en cas de carence ou de décès des parents, il faut "prioriser l'adoption par les couples ou par les célibataires du cercle familial", c'est-à-dire l'oncle, la tante, etc.... Décalquons cette affirmation sur les archives des affaires pédophiles, pas les monstres massacreurs qui font la une des journaux et dont on voudrait nous faire un « modèle de pédophile », mais de la petite pédophilie « artisanale et quotidienne» qui remplit les prétoires des tribunaux de province sans tapage puisqu'elle n'a pas donné lieu à la moindre égratignure. Et bien dans l'immense majorité de ces cas, (qui sont d'ailleurs hétérosexuels ), la main baladeuse est justement celle d'un oncle, d'une tante, d'un parrain, d'un très proche dont on ne se méfiait pas.

Si on estime, et je l'estime, que moins d'un pour mille de ces affectueux orgasmes familiaux arrive devant les tribunaux, on est bien obligé de dire que le projet de famille durable du gouvernement respecte les traditions, protège l'ordre établi et se garde bien d'apporter le moindre bouleversement dans la tiède touffeur des couettes de nos familles françaises. On ne change rien! Voilà un projet parfaitement conservateur.


Il y a quelque temps, la position de Gay Lib , organe de l'UMP pour récupérer le vote gay était tellement intenable qu'eux-mêmes avaient commencé à s'en apercevoir. Et il avait été question que ce mouvement, devant l'autisme et l'hostilité de son parti face aux revendications LGBT, quitte la maison-mère pour s'amarrer au radeau Borloo. .


Que s'est-il passé derrière les portes matelassées des dirigeants du parti ? Sombres tractations et états d'âme cornéliens dont nous n'aurons jamais idée. Toujours est-il que l'idée maîtresse a prévalu : on n'a toujours rien à foutre des revendications des gays, mais on a besoin de leurs voix en 2012. Donc Gay Lib reste au bercail.


Je ne sais pas si ce sera très efficace. Si les banques prêtaient autant aux jeunes que Gay Lib prête à rire, il n'y aurait pas de crise. Hélas... Le bateau coule, mais l'orchestre joue. Les belles résolutions sont à l'eau. Le « Nicolas, si tu veux nos voix en 2012, donne nous nos droits » qui ponctue la déclaration d'Emmanuel Blanc, président du machin à la veille de la Marche des Fiertés n'est, semble-t-il plus de mise. Le rapport Roca – Grommerch lui a apporté une réponse cinglante et définitive.


Moi, si mon parti me parle sur ce ton, je démissionne. C'est moi qui décide de militer, ce n'est pas lui qui m'enrégimente. Mais à l'UMP, on ne démissionne plus guère, sauf pour parer à une imminente poursuite judiciaire. Les questions d'honneur et de démission ne se traitent plus dans le même bureau. Ni au même étage. La moissonneuse à électeurs s'est emballée, plus rien, plus personne ne peut la maîtriser. Elle pond le même jour la revendication et son démenti sans que personne ne s'en émeuve. Elle tire dans tous les sens, et les rares arbitrages rendus le sont vers un horizon réactionnaire.


L'UMP a voulu revendiquer la notion de progrès, les résistants des Glières et d'ailleurs, Blum et Guy Môquet, le Front Populaire, autant de valeurs qui sont sorties grandies de ces tentatives de prise d’otage. Elle n'est plus qu'un boueux tsunami qu'un vent nationaliste a fait sortir des digues de la décence républicaine, mais dont l'élan va se briser sur la pente du vrai progrès. Puis elle se retirera, laissant une France ravagée à laquelle il faudra rendre ses valeurs de terre de liberté, d'accueil, de solidarité, d'égalité, de diversité, de laïcité, de sécurité, de paix et de bonheur.




vendredi 1 juillet 2011

387° De l'intérêt du recul pour faire avancer les choses.




Comment être surpris des rebondissements d'une affaire glauque comme celle de DSK jugée par une justice non moins glauque, où tout se réduit à une concurrence effrénée dans laquelle tous les moyens, y compris les plus inéquitables sont acceptables, et dont l'objectif, -la vérité-, pompon agité au-dessus des partis par un juge en quête de réélection, sera décroché non pas par la main la plus pure, mais par la plus puissante ?


Voilà une histoire qui m’écœure du début jusqu'à la fin. Je déteste les violeurs, je plains les michetons et les putes, sans vouloir les condamner pour autant – juste je vis autrement-, je hais les surenchères et j'exècre les débats où toutes les parties n'ont pas les mêmes moyens au départ.


Je ne comprends pas une justice où chaque partie engage en fonction de ses moyens des mercenaires qui doivent faire prospérer une thèse au détriment de l'autre. Plus que toute autre, elle permet au plus fort d'écraser le misérable.


Ce ne serait déjà pas facile à un enquêteur impartial de débrouiller cette pauvre histoire de cul. Car nous n'avons là que l'affrontement de deux misères : sexuelle d'un côté, sociale de l'autre... En faire l'enjeu d'un tournoi de détectives privés provoque un déballage tel qu'il revient, suivant une expression très employée en politique politicienne, à jeter de la merde dans le ventilateur.


Point n'est besoin de détruire complètement deux personnes et de les mettre à nu sur la place publique alors qu'on pouvait les renvoyer dos à dos avec chacun leur misère sous le bras. La justice n'a jamais donné la morale à ceux qui n'en ont pas.


Ceux qui se réjouissent un peu trop vite, ce sont les strausskahniens qui voient déjà leur héros revenir caracoler sur l'échiquier politique. Non il ne reviendra pas, parce qu'il a tout de même vaporisé du sperme sur cette pauvre fille, et que même s'il arrivait à démontrer que c'est lui qui a été bousculé, -avec de l'argent tout est possible-, il resterait cette tache indélébile que même la plus exemplaire réhabilitation judiciaire ne peut faire disparaître. A terme, il fera un bon ministre des finances, peut-être, mais un présidentiable, non.


Néanmoins, cette perspective, déjà agitée par sa copine Saban, ne va pas contribuer à stabiliser le départ en campagne cahotant du P.S. Par ailleurs, cette situation montre le caractère prémonitoire de mon article 383 , où dans la dernière partie notamment, à côté de la photo des éléphants, je m'interrogeais sur la réelle volonté du PS d'accéder au pouvoir.


Pour revenir au caractère sexuel de notre affaire, on a vu toute une brochette de féministes qui a fait mousser le fait divers au-delà du raisonnable, qui doit se sentir un peu dinde ce matin. (J'aurais du dire dindon, je sais..) Quand je me remémore les imprécations quasi-castratrices que nous avons entendues à travers les médias sur la phallocratie et « l'esclavage sexuel » des femmes, je me demande jusqu'à quel niveau de cabotinage nos édiles sont capables de vendre leur camelote. Tout ça ne sert pas leur crédibilité. Certes, il y a quelques désordres en cette matière comme dans d'autres, mais ce n'est pas en nous exhibant des châteaux de cartes et des soufflés montés à la hâte sur des faits divers vaseux qu'ils vont y porter remède...


Tiens, pareil à l'UMP. Ces gens-là ne cessent de nous parler d'union, jusque dans le U de leur sigle. Mais que font-ils pour l'union à part de tenter de dresser les Français les uns contre les autres ?

A les entendre, les Français seraient tous ennemis les uns des autres. Les banlieusards opposés aux citadins, les citadins aux agriculteurs, les étrangers aux chômeurs, présentés tantôt comme victimes, mais l'instant d'après comme coupables quand on les accuse d'être des assistés, les homos comme des êtres à part indignes de l'égalité républicaine du mariage pourtant largement acceptée par l'opinion publique. Les primaires du PS sont montrées comme une tentative de fichage, alors qu'elles ont reçu tous les avals et visas des autorités légales, ceci sans doute pour cacher que l'UMP est, elle, bien incapable de primaires, tant tous les pouvoirs tous les fils des marionnettes sont tenus par le petit chose qui n'entend pas les lâcher...


Ce qui se délite chaque jour à vue d’œil, et ce grâce au discours et aux actes de notre gouvernement, c'est le tissu social. Faudra-t-il aller jusqu'à une « indignation à la Française » pour le reconstituer ? L'histoire a montré notre savoir-faire en la matière. Qu'attendons-nous ?





vendredi 17 juin 2011

386° Nouvelles menaces sur la liberté du net...



Pas en Chine ni en Lybie. Mais bien en France.


Le seul énoncé de la liste des auteurs du projet qui nous menace donne une petite idée des largesses qu'il nous promet : Gérard Longuet, Michel Mercier, Eric Besson, Xavier Bertrand et Christine Lagarde. Des noms qui inspirent l'ouverture, l'émancipation des libertés et la confiance. Que du beau monde.


Pour vous faire une idée de ce qui se prépare, le mieux est de lire directement l'article de PC-Impact.

Par ailleurs, nos autorités, si compétentes, ont bien du mal à se faire au renoncement de la taxe sur la publicité sur internet, qui est un véritable non-sens au regard de la facilité de délocalisation qu'offre internet. Même le CNN, le Conseil National du Numérique, qui, d'après nombre de spécialistes, aurait été créé sur mesure pour mettre autant que possible internet à la botte du monde financier, reconnaît que ce serait pipi dans l'océan. Qu'à cela ne tienne, Philippe Marini, Inspecteur des finances et avocat, donc assurément un grand connaisseur de l'informatique, ne renonce pas et espère voir le CNN changer d'avis.


Cela ne vous rappelle-t-il pas le sujet du bac sur lequel viennent de plancher nos têtes blondes :

Peut-on avoir raison contre les faits ?

Parfois, les faits, c'est le peuple. Dommage que certains édiles l'oublient si souvent.




jeudi 9 juin 2011

385° Faites ce que je dis, pas ce que je fais.



J'en ai déjà parlé, ils y reviennent, j'y reviens.


Croisons les doigts pour que les agressions droitistes que le pouvoir nous fait subir en série ne soient pas la bonne méthode pour gagner les prochaines élections. Parce que s'il les gagne avec ce que ces vautours nous concoctent, il n'y aura sans doute plus rien d'autre qu'une insurrection populaire pour nous sortir de ce mauvais pas.


Le mauvais coup de la semaine: Les travaux forcés pour les titulaires du RSA.


D'abord, constatons que c'est une mesure imbécile. (ou sadique, comme on voudra. Sans doute les deux...). Avant même d'envisager la « citoyenneté » d'une telle mesure, imaginons que si la république lance sur le marché du travail des esclaves disponibles et prépayés, tous les employeurs institutionnels vont licencier leurs salariés pour les remplacer par ces robots humains.


On va donc augmenter le chômage au prétexte de le diminuer. Car les nouveaux chômeurs ainsi créés se retrouveront à leur tour déclassés au rang d'esclaves du RSA, et c'est autant que le patronat aura fait gagner à la précarité qu'il appelle de ses vœux sur le terrain de l'emploi stable qu'il ne peut plus voir en peinture.


Alors, on fait république des citoyens, ou république des actionnaires ?

Sur le caractère « citoyen » d'une telle mesure, souvenons-nous que la Constitution de la 5° République s'appuie, dès son préambule, sur la Déclaration des Droits de l'Homme de 1789, et sur le préambule de la Constitution de 1946 , dont les articles 4 à 11 donnent à réfléchir.


Le travail est certes un devoir, mais aussi un droit. Peut-on trouver abusif de secourir ceux des citoyens dont on ne peut satisfaire les droits ? Faut-il les punir d'un travail d'intérêt général qui est, rappelons le, une des peines que la justice inflige aux délinquants ? Peut-on traiter une victime de l’économie débridée comme un délinquant ?


Avec ce genre de mesure, on mesure la dangerosité de la jungle impitoyable que les Wauquiez et Copé veulent nous imposer à la place de la république humaniste que nous essayons de bâtir avec des déclarations universelles des droits de l'homme et de la déclaration du Conseil National de la Résistance dont la lecture, notamment dans la dernière partie, du programme des avancées sociales, est un petit plaisir que tout vrai républicain peut s'offrir pour retrouver sa sérénité après une déclaration de l'UMP..


D'ailleurs au moment où j'écris ces lignes, la radio me dit que le débat rebondit avec les déclarations de l'instigateur du RSA, Martin Hirsch, qui finalement, et grâce aux surenchères dont son projet est victime, ne se sort pas trop mal de son embardée au gouvernement... Et les médias regorgent d’enquêtes de journalistes qui démontrent, chiffres en main, que le RSA, tel qu'il est, est déjà inaccessible au regard des conditions déraisonnables posées aux candidats. Témoin cet article dans Libé qui rappelle que cette manne, lorsqu'on y accède, s'élève à 411# par mois...


Souvenons nous que sous l'influence de Denis Kessler, , qui veut casser le contrat social, Sarkozy a déclaré la guerre au Conseil National de la résistance .


A la lecture du programme de l'UMP, avant 2007, je n'étais qu'en désaccord et je prédisais une escalade populiste. (Voir ce blog avant cette date.) Depuis qu'ils sont au pouvoir, j'ai éprouvé du mépris et de la colère pour la manière dont ils piétinent les braves gens pour servir leurs amis du Fouquet's sur un plateau.

Depuis qu'ils pratiquent au quotidien les amalgames les plus grossiers (Africains = délinquants , immigrés = chômage, étrangers = insécurité, homosexuels = pédophiles, bénéficiaires des minimas sociaux = profiteurs, etc..) je les hais.

Et je pense que si nous ressentons tous cette haine qui s'insinue entre les catégories de la société, et que nous assistons tous avec impuissance à ce détricotage continu des liens sociaux et républicains, c'est à ce parti que nous le devons.

Ce sont ces thèses fumeuses de l'UMP, ces pestilentiels travestissements dignes du monde d'Orwell, qui, en parlant mensongèrement de rassemblement, divisent le corps social en communautés, dressent les catégories sociales les unes contre les autres, suscitent des détestations là où aucun motif raisonnable ne devrait en produire, et rend chacun responsable des misères de l'autre pour masquer la pompe à fric qu'ils manipulent ex-machina avec un manque de scrupule bien au-delà de la désinvolture.

Même le front national qui semble les inspirer affiche de moins en moins la couleur, ce qui, jusqu'ici, était pourtant son seul mérite. Maintenant, même ce parti se mêle de social, et en bon politicard véreux, tord les causes pour obtenir des effets dévoyés.

Imaginez que le FN, qui a multiplié les positions homophobes depuis sa création, a changé de bouc émissaire, estimant la « lutte contre l'islam » électoralement plus productive que le cassage de pédés. Comptant sur l'amnésie du bon peuple, qui est grande, il approche maintenant les milieux gay en affirmant que l'homophobie actuelle est le fait de « l'islamisation de la France », et que si les pauvres pédés pouvaient lui faire confiance, tout ça pourrait s'arranger.

Combien mordront à l'appât ? Combien oublieront que les grands artisans de l’homophobie ambiante, hors front national, sont des Vanneste et des Boutin, liste non limitative, -il existe un florilège des déclarations homophobes des membres de l'UMP et de l'église, visible ici, - et que ces gens là agissent au nom de théories chrétiennes peu œcuméniques, pas du tout laïques, et par voie de conséquence, anti-républicaines ?


La preuve, d'ailleurs, très bel enchaînement pour changer de sujet, la croisade que mènent actuellement les associations catholiques contre l'enseignement des théories du genre, que l'on introduit dans les programmes scolaires.

Tous ces aveugles déclarent que « l'hétérosexualité est la norme et les identités entre hommes et femmes établies une fois pour toutes. Le mariage est la règle et ne peut que concerner les hétérosexuels »

Tout cela me rappelle de vieux souvenirs : un des grands thèmes de mai 68 était « qu'est-ce que la normalité ?», et je me souviens d'avoir, dans les années qui suivirent, peint pour le FHAR des banderoles : « Vous n'être pas normaux, vous n'êtes qu'hétéros ».


Le débat qui agite la blogosphère ce matin est de savoir s'il convient d'outer les députés gay honteux qui s’apprêtent à voter aujourd'hui contre la proposition de loi légalisant le mariage gay présentée par les socialistes.

Outer un pauvre honteux qui n'a rien fait de mal, je suis contre. Assumer sa honte suffira à sa punition. Mais que ce honteux-là profite de sa position d'élu pour enfoncer davantage ses concitoyens, c'est une malhonnêteté que je ne saurais admettre.

La première chose que les citoyens attendent de leurs édiles, c'est de l'honnêteté.

On ne retire rien aux hétéros en permettant aux gays de se marier.

Et à ceux qui parlent de respect de la vie privée, je réponds que ce même respect impose au législateur de ne pas discriminer les citoyens par leur vie sexuelle pour leur accorder le bénéfice des dispositions légales.

Le mariage gay n'est pas un problème de mariage, c'est une question d'égalité républicaine. Une même loi pour tous les citoyens...




mardi 31 mai 2011

384° Les « branchés du christ » ont un court circuit...





Le site christwire.org ( les branchés du christ ou en ligne avec le christ ont été inspirés par la bactérie « eschrichia Coli » qui donne quelques coliques (c'est l'éthymologie...) aux Allemands cette semaine pour écrire un des scénarios homophobes dont ils ont le secret.


Dans cet article, on vous explique en détail qu'attendu que cette bactérie se complaît dans les intestins des mammifères, elle n'a pu en sortir que par la complicité d'un pénis qui serait allé la déranger dans ses appartements. Les homosexuels hébergent donc cette bactérie sur le sexe, le bas-ventre, les fesses, et donc sur les mains qui touchent la nourriture. Si elle se répand, c'est bien sûr de leur faute... Pour éradiquer la bactérie, il suffit d'éradiquer les homosexuels puisqu'ils « menacent l’Amérique ». . Mais c'est bien sûr !


Dans cet autre article, on nous explique que les vieilles dames qui se coupent les cheveux trop court commettent un péché, et que la seule vue d'une oreille de vieille dame constitue en soi une offense à dieu !!! C'est écrit en tout lettres au-dessus de la troisième photo.


On constate en fait que la moitié des articles de ce site branché utilisent des faits anodins de la vie quotidienne pour monter une démonstration d'homophobie avec une mauvaise foi qu'on croyait jusqu'ici réservée à quelques intégristes orientaux.


Ils s'attaquent à tout et à n'importe quoi, allant, dans cet article jusqu'à démontrer que la possession d'un chat domestique entretient les bons Américains dans un célibat nuisible aux bonnes mœurs et à la grandeur de la nation...


Parfois, leur extase leur fait perdre le sens des réalités et ils prennent des photos truquées pour du pain bénit...


Et ils vous mettent en garde : si vous aimez Startrek, c'est que vous n’êtes qu'un méchant pédophile gay....


Et ça va loin, après les sidatoriums, voilà le cimetière réservé, pour ne pas mélanger les bons et les mauvais morts...Des fois qu'un gay mort-vivant...


Regardez sur le bandeau du site, dans les « Foreign dangers », il y a une rubrique « commies » (communistes » et une rubrique « soviets ». Pour les branchés du christ, les soviets existent toujours...


Déroulez tous les menus, explorez toutes ces rubriques, ça vous fera le feuilleton comique de la soirée...




samedi 28 mai 2011

383° Justice, vous avez dit justice ?


Justice, liberté, égalité, équité. Combien de héros ont donné leur vie pour elles, mais aussi combien de conneries a-t-on entendu en leur nom... On ne va pas refaire l'affaire DSK, mais juste pointer quelques détails qui ont un peu de mal à cohabiter dans le même dossier, en s'aidant au besoin d'autres informations glanées ici ou là....


D'abord, en allant voir un film intéressant, « La défense Lincoln », véritable documentaire sur la justice américaine en général, et sur le rôle de ses « serviteurs » en particulier, et notamment des avocats qui ont là-bas un domaine de compétence et de décision très élargi par rapport à celui dont nous avons l'habitude dans notre « vieille Europe ».


On y voit en particulier la totale latitude que possède un avocat de laisser condamner un innocent fauché, si cela peut lui permettre de faire acquitter par contre-coup un vrai coupable cousu d'or qui va assurer sa fortune. On y voit aussi le débat ouvert entre juges et procureurs pour savoir si l'acquittement ou la condamnation programmés de tel ou tel favoriseront ou pas leur prochaine élection.


On y voit encore comment de vrais innocents, coincés dans un imbroglio juridique, sont amenés à « plaider coupable » pour s'en sortir moins mal alors que de vrais criminels plaident non-coupable parce qu'ils ont les moyens d’assumer cette posture.


L’instruction d'une affaire se résume donc à une espèce de jeu vidéo ou chaque participant s'efforce d'accumuler au passage hochets, gadgets, prolongations et vies supplémentaires.. Et le meilleur score gagne à la fin. On n'est donc pas surpris d'apprendre que dans ce beau pays de liberté, 3500 personnes croupissent dans les couloirs de la mort pour une durée moyenne de 7 ans et maximale de 32, au nombre desquels 100% de pauvres et 85% de noirs...


On découvre avec stupéfaction que la justice américaine est si propice aux filous, et si facile à instrumentaliser que de nombreux hommes s'abstiennent de rester seul avec une femme dans un ascenseur, de peur de se retrouver avec un procès sur le dos en arrivant à l'étage, et qu’aucun professeur ni directeur d'école ne s'aviserait de convoquer un ou une élève dans son bureau en tête à tête... La disposition des « bureaux ouverts » ou vitrés n'est ni une fantaisie d'architecte ni un gadget économique ou productiviste, mais un système destiné à parer ce genre d'éventualité.


Dans ce beau pays où, en 130 ans de Far West, on a pendu plus de gens que l'église, Inquisition comprise, n'en a brûlé en Europe en mille ans, la justice apparaît comme une sorte d'épée de Damoclès dont chaque citoyen doit tenir compte à chaque instant de sa vie y compris le plus banal, alors que dans les pays plus normaux, elle ne menace vraiment les pauvres gens qu'au moment où ils commettent une infraction.



Dans l'affaire DSK, on distille dans les médias des communiqués partiels, qui n'affirment rien, mais amorcent insidieusement des rumeurs dont les dégâts diffamatoires sont souvent pires que la réalité des faits.

Par exemple, on a retrouvé des griffures sur la poitrine de DSK. Cela ne nous dit pas lequel des deux s'est jeté sur l'autre : si la femme de chambre voulait gagner au loto, c'est elle qui les aura infligées, mais la presse semble avoir négligé cette éventualité.

Par exemple, on prend au sérieux la thèse d'une fellation forcée. Aventureriez-vous votre zizi entre les dents d'une personne agressée qui ne songe qu'à se défendre ? Et si vous en étiez victime, votre premier réflexe ne serait-il pas de mordre ? Un bon coup de mandibule n'est-il pas la meilleure défense contre un tel agresseur ? A moins d'avoir un revolver en main, ce qui n'était pas le cas, on ne voit pas comment on peut contraindre quelqu'un à pratiquer une fellation.

Par exemple, dans un palace à 3000 $ la nuit, dont l'effectif du personnel est de 500 personnes, on connaît son monde, surtout si, comme DSK, il s'agit d'un habitué, et dans un cas pareil, on envoie un homme de ménage au lieu d'une femme pour éviter un incident toujours préjudiciable au commerce.

Par exemple, un juge qui aurait parlé en pleine instruction de « tentative de fuite précipitée » pour qualifier l'embarquement d'un présumé innocent dans un avion dont il avait réservé le billet la veille ne serait-il pas, chez nous, taxé de faute de déontologie ? (pour être poli...) Là-bas, non. Il n'a fait que son boulot : charger la barque en espérant qu'elle coule.

On a parlé de théorie du complot, en la raillant eu égard à la parano des complotistes, mais sans l’exclure non plus tant le flou de la situation et les antécédents de certains services américains ont démontré leur savoir faire en la matière.

Que certains milieux ultra-libéraux ne supportent pas la perspective de l'élection d'un DSK à la présidence française, dans un poste où il pourra continuer à soutenir l'euro et les pays en difficulté, et lutter contre le pillage des ressources des pays subjugués par le système financier, ça doit être trop gênant pour qu'on l'envisage sérieusement. Si c'était vraiment des conneries, il y a longtemps que la presse en aurait parlé.

Il y a des choses que je refuse de voir classées sous l'étiquette « justice ». Si Michael Jackson, par exemple, avait été coupable, il aurait dû être simplement condamné, et s'il avait été innocent, il aurait dû être relaxé sans devoir payer vingt millions de dollars aux plaignants...

On se plaint de ce que chez nous, on va en prison pour un vol de scooter bien davantage que pour un abus de biens sociaux, ce qui est sans doute exact, mais ce n'est rien à côté de ce qui se passe outre-atlantique...

Il y a des mots qui, réunis dans une même phrase, la font exploser : Cuisine anglaise, par exemple, finance équitable. A ces binômes détonants, il faut ajouter « justice américaine ».



A cela, il faut ajouter tous les échos et résonances que l'affaire a suscité dans la presse internationale, et du tremplin qu'elle a constitué pour les féministes. Là aussi, il y en a eu de belles dans les deux camps, du troussage de soubrette à la mort d'homme en passant par la condition féminine toute entière qui se serait jouée dans le huis-clos d'une chambre d'hôtel selon les règles douteuses du billard à trois bandes dont nous venons de donner un aperçu ci-dessus. On n'a pas avancé d'un yota dans la définition du consentement, mais qu'est ce qu'on a fait comme tapage !


Et cerise sur la gâteau, conséquence collatérale de l’événement : la candidature des socialistes à la présidence de la république. D'un côté, les sondages montrent que l'effacement de DSK, qui était bien davantage le candidat des déçus du sarkozisme que des vrais gens de vraie gauche n'entame pas le ras-le-bol du peuple français à voir disparaître un sarko-système qu'ils honnissent chaque jour un peu plus. : la gauche garde son hégémonie globale. Temporaire, peut-être, mais réelle en ce moment.

Mais de l'autre côté, de fins analystes à l'intérieur même du parti socialiste disent qu'il existe bien davantage de juteuses prébendes dans les institutions locales (conseils régionaux, généraux, municipalités, etc..) que dans les postes d'un gouvernement, et qu'à cet égard, rester dans l'opposition permet à ces très nombreux élus discrets de conserver leurs modestes mais lucratifs petits trônes.

Ce qui peut expliquer, d'une part, le peu d'empressement du PS à gagner les présidentielles, constaté entre autres par le non-soutien du parti à sa candidate en 2007 et par la bataille d'éléphants qui se prépare encore aujourd'hui, et d'autre-part par la volonté de la droite de supprimer ces institutions locales où le PS, durablement implanté, survit dans une discrète et paisible opulence.