lundi 23 novembre 2009
299° Homophobie: la droite n'a pas changé.
mercredi 11 novembre 2009
298° Quand j'entends parler de culture, je sors mon revolver
Lorsque Marie Ndiaye, prix Goncourt 2009 a qualifié « la France de Monsieur Sarkozy » et les gens comme Besson et Hortefeux de monstrueux, elle n'avait pas encore le plaisir de connaître Eric Raoult.
Souvent, en tentant une discussion avec un UMPiste convaincu, -j'en connais quelques uns-, je constate qu'ils ont une fâcheuse tendance à préférer une attitude partisane façon supporter de football à un vrai débat d'idées.
Il est vrai que ne fréquentant pas les milieux de la finance et du business international, je n'ai jamais affaire à des gens qui auraient de bonnes raisons de faire l'éloge raisonnée d'un régime qui a tant de bonté pour leur fortune. J'ai plutôt devant moi de pauvres disciples qui se tirent dans le pied en faisant la promotion d'un système qui les exploite à l'insu de leur plein gré, et qui récitent sans comprendre les slogans creux que le régime leur sert pour les faire défiler en rangs serrés.
On en arrive donc rapidement à des attitudes de supporters de stade bornés et irréfléchis, qui cassent la gueule à tout ce qui n'a pas la casquette aux couleurs de leur club.
Sans doute est-ce que qu'a voulu faire Eric Raoult, qui fut jadis Président local puis national des « Jeunes du RPR », une sorte de sergent recruteur dont il semble avoir conservé quelques réflexes, même si sa fidélité de bon petit soldat lui a valu d'accéder ensuite à la députation en 1986, à la Mairie du Raincy en 1995, au Conseil régional d'Ile de France en 2004, et même à la vice-présidence de l'Assemblée Nationale de 2002 à 2007.
http://www.lexpress.fr/region/le-parcours-d-eric-raoult_740485.html
photo AFP - Saget
Eric Raoult considère bel et bien Marie Ndiaye comme une sportive en la désignant dans sa vindicte comme : « une personnalité qui défend les couleurs littéraires de la France »... Le nouveau surréalisme?
Au concours de gaffes déjà brillamment inauguré par les « casse-toi pauvre con » du patron, les Auvergnats d'Hortefeux et les félonies de Besson, il faut maintenant ajouter la contribution artistique d'un Eric Raoult, dont la célébrité est un peu tardive malgré une carrière déjà bien entamée.
En 2005, il avait déclaré à l'hebdo d'extrême droite Minute que « Clichy-sous-Bois faisait honte à notre pays », et le 24 janvier 2009, en annonçant sa candidature aux régionales de 2010, « qu'il serait le porte-parole des banlieues et des hétéros ».
http://www.tetu.com/actualites/media/ric-raoult-porte-parole-des-heteros-rapporte-lecanard-14078
Ça tombe bien, je n'avait justement pas l'intention de lui confier le soin de porter ma parole, à moi.
C'est aussi lui qui a dit, à propos du réexamen des lois sur le mariage et l'adoption:
« Dès qu'il y a un enfant, il faut un papa et une maman ».
Déclaration à visée homophobe, mais surtout irréaliste: 22% des petits français vivent dans une famille monoparentale. Chef, on les laisse où ils sont ou on les envoie à l'orphelinat??
Enfin, il s'est déclaré partisan du rétablissement de la peine de mort:
http://www.liberation.fr/politiques/010118202-encore-dix-huit-deputes-pour-la-peine-de-mort
Aujourd'hui, il ne fait plus rire.
Quand un pays commence à trier ses artistes, contester leur liberté d'expression et prétendre soumettre leurs créations à sa doctrine, c'est que sa démocratie est malade et qu'il a grand besoin d'un vaccin anti-dictature.
Si Eric Raoult n'est pas immédiatement désavoué par l'ensemble du gouvernement, Ministre de la Culture en tête, alors Marie Ndiaye a bien raison de dire qu'elle se sent plus à l'aise à Berlin qu'à Paris. D'ailleurs, elle n'est pas la première à le dire.
Or personne ne se précipite pour maîtriser le forcené et le ramener dans sa mairie...
Ce pauvre Frédéric Mitterrand qui marchait déjà sur des œufs depuis son soutien à Roman Polanski et la tardive lecture d'extraits de ses œuvres par Marine Lepen ne sait plus où se mettre...
http://brethmas.blogspot.com/2009/10/289-quand-les-voyous-politiques.html
Face à une Marie Ndiaye qui lui demande maintenant avec calme et humour la même chose qu'Eric Raoult, -de se prononcer sur la liberté de création des artistes du pays dont il est le ministre-, il n'a rien trouvé de mieux que de répondre « qu'interpellé par écrit, il répondrait de la même manière ».
Le voilà maintenant qui botte en touche, et se débine lamentablement, disant qu'après tout, chacun peut bien dire ce qu'il veut, et abandonnant artistes et créateurs dont il devrait être le garant aux exigences peu artistiques de l'encadrement politique d'un régime qui a de plus en plus de relents autoritaristes.
Trop grand discours pour trop peu de contenu. La culture française devra se chercher d'autres défenseurs plus téméraires et moins soumis. A quand le retour des bardes de la cour, des poètes officiels et des goulags pour les intellectuels récalcitrants? (Pléonasme...)
Si on continue comme cela, ce n'est plus l'héritage de mai 68 qui est menacé, mais celui des Lumières...
Mais puisque propaganda oblige, la lettre « discrète » de Raoult s'est trouvée dans la presse, servie comme argument de campagne chez les supporters du Sarko-club, il faut que la réponse trouve elle aussi, le chemin des médias!
Pauvre Frédéric Mitterrand! Ah il a cru pouvoir faire de l'art et de la culture là où on ne voulait de lui que pour toute autre chose, eh bien qu'il l'assume maintenant!
Fallait pas y aller !
De l'art à la philosophie.
Pendant que nous sommes à tresser des couronnes de lauriers aux nombreux gaffeurs du gouvernement et de l'UMP, n'omettons pas un champion de poids, au propre comme au figuré:
Alors qu'Eric Raoult exprime sa vision élevée de la création artistique, les arts martiaux portent David Douillet à la philosophie...
Vous savez, c'est celui qui a été élu de justesse au deuxième tour dans une circonscription où tous ses prédécesseurs de droite étaient passés haut la main dès le premier tour.
On ignore encore si l'œuvre philosophique du nouveau député UMP des Yvelines passera à la postérité, -je pense qu'elle a plus de chance de finir en papier recyclé-, mais le Canard Enchaîné s'est collé pour moi à sa lecture. Ça tombe bien, je n'en avais pas envie.
photo SIPA
Dans trois ouvrages fondamentaux, « L'âme du conquérant » « Notre famille recomposée » et « 110% », Douillet s'acharne à démolir l'image que nous avions de la haute pensée attachée aux cultures orientales. Et il y réussit.
Dans ce festival de propos convenus, on découvre un lien inattendu entre les tatamis et le café du commerce. Le philosophe ne nous dit pas que la place de bobonne est à la cuisine, mais il le pense très fort en termes choisis:
« Pour moi, une femme qui se bat au judo ou dans une autre discipline, ce n'est pas quelque chose de naturel, de valorisant», ou encore: « c'est la mère qui a dans ses gènes, dans son instinct, cette faculté originelle d'élever les enfants. Si Dieu a donné le don de procréation aux femmes, ce n'est pas hasard ».
Si on cherchait un défenseur du mariage homosexuel, on ne le trouvera pas dans les Yvelines... Une petite deuxième couche: « J'ai une authentique admiration pour les femmes qui vouent leur vie aux leurs ».
Et le clou du spectacle, le ippon définitif: « On dit que je suis misogyne. Mais tous les hommes le sont. Sauf les tapettes. »....
C'est le propre des petits d'exorciser leurs faiblesse en déclarant que tous les autres sont à leur image. Il n'en demeure pas moins que les tapettes que je connais ont avec les femmes des relations moins embarrassées que lui.
http://bibliobs.nouvelobs.com/20091104/15693/david-douillet-naime-pas-les-tapettes
On n'est pas des pédés!
Il n'y a pas qu'en France qu'on tente avec plus ou moins de bonheur de construire un mur de la honte entre ce qu'on veut paraître et ce que les autres assument. Au Canada, dans la douillette ville de Repentigny (Québec), Monsieur Lépine, prêtre-curé de son état, organise des stages de formation pour les parents qui veulent s'assurer que leur progéniture ne va pas devenir une tapette. S'ensuit cette affiche qui gagne son entrée au bêtisier homophobe international.
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lundi 9 novembre 2009
297° A propos de murs...
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Depuis quelques jours, l'actualité mondiale s'est arrêtée. A la radio et à la télévision, il n'est question que du mur de Berlin. Plus rien d'autre ne semble exister.
Au risque de passer pour un branché de la pire espèce, je dois vous avouer que j'étais à Berlin le 9 novembre 1989. Pas fait exprès... J'étais très précisément au Centre Culturel Français de Berlin Est, à Unter den Linden, où je faisais les projections de la Nuit des Publivores qui s'étalaient sur dix jours. . Comme je parle plutôt bien allemand, j'ai fait plus que voir le mur s'ouvrir, j'ai vécu cette ouverture. Avec eux, j'ai vibré, participé. J'ai vécu des instants et des choses que je n'oublierai jamais.
J'ai vu des mères embrasser des enfants qu'elles n'avaient pas vu depuis quarante ans sur les quais de la gare de Friedrichstrasse. J'ai vu des grand-mères étreindre pour la première fois des petits enfants à cheveux gris. J'ai accompagné des « Ostis » à Berlin Ouest, pour partager leur découverte de notre monde. J'ai ri et pleuré de joie avec eux. J'ai beaucoup d'histoires à raconter, toujours émouvantes, parfois drôles.
J'ai loué une voiture, et, sur la neige et le verglas, me suis rendu à l'invitation d'une famille à Eisenhüttenstadt, (anciennement Stalinenstadt), au fin fond du pays près de la frontière polonaise, pour traverser les petits villages de l'Allemagne de l'Est, entrer dans les maisons décrépites, avec des carreaux en carton et des toits rafistolés de planches, - à la campagne, elles étaient nombreuses- pour réaliser ce qu'ils avaient vécu. Je crois donc savoir ce dont je parle.
Alors, aujourd'hui, je dis: Ne devrions nous pas profiter de la commémoration de la chute de ce mur pour dénoncer les autres murs, ceux qui se construisent encore aujourd'hui??
Des murs qui, comme à Gaza, à l'heure où vous me lisez, séparent les parents des enfants, les travailleurs de leur entreprise, les paysans de leurs champs, les hommes des autres hommes...
Ne pourrait-on pas rendre l'information utile?
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vendredi 6 novembre 2009
296° Faites taire Louis Nicollin !
L'homophobie, c'est comme les mauvaises herbes.
A peine la dernière arrachée, une nouvelle montre son nez un peu plus loin.
Ne parlons même pas des pays comme l'Ouganda, où une presse aux ordres publie des listes d'homosexuels présumés pour faciliter la chasse aux sorcières des opposants du régime, et où les foules pieuses ont ramené deux fois devant la maison familiale la dépouille deux fois déterrée du fils homo lynché, dont elle estime « qu'il n'a pas sa place au cimetière »..
Ne parlons pas non plus des pays comme l'Iran, où l'on pend des homosexuels dont Ahmadinejad, le Zébulon local, a affirmé qu'ils n'existaient pas.
Les associations LGBT sont actuellement penchées sur l'homophobie dans les banlieues bien de chez nous, où un cocktail détonnant de religiosité mal comprise, de virilité mal placée, de sexualité mal vécue et surtout de manne républicaine mal distribuée cultive une homophobie qui tend à suinter par tous les débouchés possibles.
Le football est une de ces passerelles par lesquelles toutes les couches de la société communient dans une même passion. L'homophobie l'emprunte donc régulièrement pour tenter de se répandre dans une opinion publique qui, pourtant, a cessé d'en être friande.
Récemment, une équipe de foot sortie de nulle part a refusé de jouer un matche contre le Paris-Foot Gay.
http://brethmas.blogspot.com/2009/10/288-scandale-homophobe-dans-le-football.html
Louis Nicollin, photo Capman - Sipa
Or si le Paris-Foot Gay est une équipe qui a pignon sur rue, et qui a initié la Charte contre l'homophobie dans le football, aujourd'hui signée par les grandes fédérations et les plus grands clubs, le club homophobe « Bebel » de Créteil, lui, est inconnu tant de la mairie de Créteil que des stades de la commune où personne ne l'a jamais vu s'entraîner... Il existe juste pour prendre des positions inacceptables...
On pourrait également dire un mot des manifestations sonores et visuelles de la tribune nord du PSG, qui se manifeste tantôt par des cris de singes poussés à l'approche des joueurs noirs, tantôt par des banderoles injurieuses comme celle qui s'adressait aux chtis lors d'un certain match Lens- PSG au Stade de France, et tantôt par des apostrophes homophobes adressées à des joueurs qui ont marqué contre Paris.
Mais l'un des plus orduriers est sans doute Louis Nicollin, président du club de Montpellier, qui depuis des années, sans que personne n'y trouve à redire, gratifie des insultes les plus affligeantes tout ce qui ose marquer des buts contre son équipe.
Notamment par sa dernière production, où il a traité Benoit Pedretti, capitaine de l'AJ Auxerre, de « petite tarlouze ».
Il semble que cette dernière sortie soit « la goutte d'eau qui a mis le feu aux poudres », car même si Benoit Pedretti ne semble pas vouloir porter plainte comme les associations LGBT lui demandent de le faire, Louis Nicollin est tout de même convoqué le 16 novembre à la Fédération Française, où le Comité National d'Ethique aura à se prononcer sur l'ensemble de son œuvre.
Espérons qu'ils sauront enfin faire taire ce Louis Nicollin, par ailleurs manitou du ramassage des ordures de la ville de Montpellier.
Lequel a déjà proclamé qu'il « garderait sa liberté de parole », que « ce n'était qu'une façon de parler », et que « les associations militantes qui l'attaquaient n'avaient rien de mieux pour faire parler d'elles ».
Je ne voudrais pas le décevoir, mais dans sa seule ville de Montpellier, la Gay Pride a réuni 14 000 personnes cette année...
http://www.tetu.com/actualites/france/en-images-la-gay-pride-de-montpellier-bat-des-records-14834
On ne l'a pas attendu.
Ce serait bien de pouvoir ouvrir sa télévision sans tomber sur des sportifs détraqués qui pensent qu'insulter leurs adversaires est une manière honorable de pratiquer le beau jeu.
Tiens, puisqu'on parle de télévision, la présomption d'innocence a encore pris une belle claque hier sur France 2.
On était à peine remis du « coupable Villepin » avancé par Iznogoud. Hier, Jean Luc Delarue, toujours en quête des sujets les plus abracadabrantesques pour son émission « Toute une histoire » n'avait rien trouvé de mieux que d'inviter Madame Marie Pascale Treiber, épouse du célèbre fugitif.
Présentation de l'émission avant le 13 heures.
« Bien sûr Jean Pierre Treiber est présumé innocent, enfin juste accusé d'un double crime mais toujours présumé innocent, mais Madame Marie Pascale Treiber nous dira comment on peut vivre 17 ans avec un assassin sans rien voir venir ». Passez muscade.
Enfin, moi, Delarue, je l'avais vu venir.
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mardi 3 novembre 2009
295°. L'identité nationale...
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Il va bien falloir se farcir l'identité nationale, ce n'est pas moi qui ai ouvert le débat, mais je veux bien en dire un mot. D'ailleurs, j'en connais qui n'attendent que ça. Alors, on y va.
D'abord, ce débat semble tomber de nulle part au moment où le gouvernement aimerait bien qu'on parle d'autre chose que de ses résultats sociaux désastreux, de la liquidation du service public, des déboires de son président qui ne peut plus sortir de son palais sans envoyer sa garde boucler des villes entières et repousser les manifestants hors de portée de sifflet, et même de ses déficits d'image lorsqu'on lit la presse étrangère hilare à propos des aventures de son fils à la Défense.
Ça paraît même un peu surréaliste lorsqu'on sait que le ministre-artisan de ce charivari immobiliste a changé, en un an, de convictions politiques, de parti, et de femme...
Vouloir définir une "identité nationale" équivaut à la congeler, la borner, à lui fixer d'étroites limites qui l'empêchent de vivre, d'évoluer et de progresser, à ne lui ouvrir que le passé en lui fermant l'avenir.
Tout cela est d'une puante hypocrisie.
D'ailleurs, sur le site créé pour la circonstance:
http://www.debatidentitenationale.fr
les interventions sont « modérées », et curieusement, les miennes comme bien d'autres n'apparaissent jamais.
Vous avez le droit de dire ce qu'on veut bien que vous disiez. Ou alors, de jouer « les petits contradicteurs de service » convenus et bien polis, qui s'égarent dans les détails, au lieu de s'attaquer au fond ou de contester la partialité et le dirigisme de la présentation du petit monstre. .. Big Brother pense pour vous.
D'abord l'intitulé: le mot « national » conceptualise des frontières brutales, évoque des enjeux tragiques de l'histoire, des limites qu'on voudrait infranchissables, des dogmes immuables, des traditions figées et incapables d'évoluer.
Si déjà on l'appelait "identité française", le seul mot de "Français" évoquerait les Lumières, l'histoire d'un pays qui s'est construit des apports sans cesse renouvelés de contributions extérieures, et qui a su fusionner les différences dans son creuset républicain et laïque.
Ceux-là même qui nous en proposent le débat aujourd'hui nous présentent sciemment la chose par le mauvais bout de la lorgnette. « L'identité nationale » qu'ils appellent de leurs vœux serait un moule contraignant dans lequel on obligerait les gens à entrer, quitte à les amputer de tout ce qui dépasse, une sorte d'usine à clones qui produirait en grande série des petits « votesarko » bien propres et bien bêlants.
Ce sont les mêmes ringards qui envoient leurs enfants en "séjour d'immersion linguistique" parce qu'on apprend mieux une langue dans le pays et qui exigent que les immigrés, eux, parlent français avant d'arriver. Ces adeptes du « plus c'est gros mieux ça marche » trouvent chaque jour davantage de gogos pour réciter leurs slogans sans réfléchir et sans se regarder dans une glace.
Les Corses, les Antillais, les Bretons et les Basques ont-ils la même identité nationale?
A vouloir fixer des limites à cette identité, on la borne, on la corsète, on l'empêche de respirer, de vivre, et donc d'évoluer et de progresser.
Car « l'identité nationale » qu'on veut instaurer aujourd'hui comme un carcan, rappelons nous qu'elle n'est autre que le fruit de notre histoire... Faut-il arrêter d'écrire l'histoire, congeler à jamais son image d'aujourd'hui pour être sûr de retrouver dans cinquante ans, dans cent ans, le même beauf intolérant, qui confond égalité et communisme, liberté et droit d'injure, octroie aux minorités un « droit à la différence » comme une charité préalable qui le dispenserait de reconnaître un vrai droit à l'intégration, ne regarde que les films de violence et de cocus parce ce sont les seuls où il est sûr de tout comprendre et se prend pour l'aboutissement d'une évolution au point de juger inutile que les choses progressent après lui?
Tous ces nostalgiques qui voudraient arrêter l'Histoire ne réussiront qu'à rester sur le quai. Car on n'arrête pas l'Histoire. On n'y laisse juste soit la trace d'un innovateur, soit celle d'un pauvre déchet arcbouté sur les rails le temps d'être brisé par sa marche inexorable.
Je m'énerve pas, j'explique.
N'en déplaise aux petits jardiniers méticuleux qui viennent de finir la tonte de leur pelouse aux ciseaux et de tailler leurs rosiers avec un cordeau, leur jardin va changer après eux comme ils ont eux-même aménagé celui que leur a laissé leur grand-père.
Hier, la nation était bretonne ou picarde, L'Artois se foutait sur la gueule avec le Brabant et la Bourgogne avec le Dauphiné. Aujourd'hui elle est hexagonale, demain elle sera européenne.
Alors, l'identité française avec laquelle on veut détourner notre attention des choses importantes, elles n'est qu'une photo de l'instant présent, demain, elle ne sera plus qu'une image désuète et jaunie parce que ce présent là sera devenu le passé
Si ces messieurs veulent en parler, ils ne peuvent la relier qu'au vrai présent: au harcèlement dans les entreprises et aux suicides « à la mode », par exemple, au nombre de sans-logis qui augmente dans les pays riches aussi vite que dans les pauvres, à la fracture sociale qui se creuse et s'élargit comme jamais elle ne l'a fait, aux nantis qui échappent à l'impôt... Relions la encore au pouvoir anonyme et irresponsable de l'actionnaire tout-puissant, à la politique appliquée aux pays où on crève la faim parce qu'on leur a vendu des armes au lieu de la bloustifaille qu'on ne sait même plus acheter à nos propres paysans.
L'identité française aujourd'hui, c'est ça. Et c'est ça que vous voulez graver dans le marbre?
A trop se regarder soi-même, on oublie qui sont les autres, et même jusqu'à l'existence des autres et leur « droit à la planète ». Une sorte de négationnisme anticipatif. L'identité est synonyme de limite et de faiblesse, l'altérité de progrès et d'enrichissement mutuel.
Alors, si vous voulez que demain ressemble à aujourd'hui, cramponnez-vous à cette image. Pour ma part, et même si je n'en connaîtrai pas les résultats, je préfère qu'on cesse de vouloir la fixer dans cet état et qu'on la laisse vivre sa vie. Certes, cela occasionnera des changements dans notre petit jardin, mais il faut cesser de s'adonner à la nostalgie. L'Homme n'a pas écrit cinq mille ans d'histoire pour rester bloqué au début de ce siècle.
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vendredi 30 octobre 2009
294° Mic Mac à Tire-Larigot et Caramels Fous
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Les films qui veulent promouvoir de belles idées humanistes ont une vie difficile. Ainsi, à quinze jours d'intervalle Rose et Noir de Jugnot, qui dénonce l'homophobie, fait un bide retentissant et Mic Mac à Tire-Larigot, un fervent plaidoyer contre les armes à sous munitions, démarre très moyennement.
Le taux de spectateurs par salle du « premier jour Paris », appelé « spectateur/copie », qui est un baromètre très fiable de l'exploitation cinématographique française avait donné, pour Rose et Noir 34 spectateurs/copie, pour Mic Mac à Tire-Larigot 59, alors qu'à titre indicatif, Mickael Jackson en déplaçait 262, Lucky Luke 85 et Le Ruban Blanc 103... Même si les spécialistes s'accordent à ne pas accorder à This is It une longue carrière, tous les fans s'apprêtant à se précipiter aux premières séances.
Pourtant, en allant voir Mic Mac à Tire-Larigot, j'ai retrouvé Jean Pierre Jeunet avec un plaisir sans cesse renouvelé, même si j'avais moins apprécié Le long Dimanche de Fiançailles.
J'avais découvert « le monsieur qui ne faisait pas les films comme tout le monde » avec Le Bunker de la dernière rafale … en 1981. Pourtant, le film était en noir et blanc, et le tandem Jeunet-Caro ne pouvait pas utiliser ses artifices favoris de couleurs saturées et de colorimétrie biaisée... Mais les cadres, les rythmes et les personnages caricaturaux étaient déjà là...
C'est avec Delicatessen, dix ans plus tard, et pour lequel ils obtiennent deux Césars, que l'univers de Jeunet-Caro se précise. C'est sans doute le début d'un quasi-genre cinématographique. Qui a vu cette année Bienvenue à Cadavre les Bains (Der Knochenman) comprend que son réalisateur autrichien, Murnberger, connait son Jeunet par cœur.
C'est avec La Cité des Enfants Perdus (1995) que le talent des duettistes Jeunet-Caro éclate au box office. Succès aux effets divers, puisque le tandem explose, et que Jeunet sans Caro donne en 1997 un Alien, le retour qui n'est qu'un égarement hollywoodien sans suite. Caro ne fera plus de long-métrage. Il deviendra scénariste et réalisateur de clips.
Jeunet, définitivement tout seul, revient en 2001 avec Le Fabuleux Destin d'Amélie Poulain, qui consacre la « touche Jeunet ».
Mic Mac à Tire-larigot nous rend notre Jeunet intact, tel que nous l'avions aimé dans Delicatessen, Amélie Poulain et La Cité des Enfants Perdus.
Mais revenons à notre rapprochement entre Rose et Noir et Micmac...
Les deux films sont militants: le premier dénonce l'homophobie, le second le commerce des armes.
Est-ce que ça gène le public? Quand jeunet donne Délicatessen et Amélie Poulain, il déplace des foules, quand il défend une grande cause, les gens restent chez eux?
Certes, le récent bide du Syndrome du Titanic, de Nicolas Hulot, pourrait donner à réfléchir sur les films militants, mais Hulot n'est pas un cinéaste, son pensum est redondant, et le bon peuple gavé et saturé du sujet.
En tout cas, militant ou pas, si vous aimez les univers décalés, le cinéma qui vous emporte, les spectacles bien ficelés, les personnages surprenants, les décors surréalistes, vous aimerez Mic Mac à Tire-Larigot...
Dans le même esprit de voyage cinématographique hors du temps, mais dans un tout autre genre, Le Ruban Blanc, sorti la même semaine, est aussi un film très émouvant que vous pouvez aller voir...Rappelons que c'est la Palme d'Or de Cannes...
Enfin, je rappelle aux amateurs de Comédies Musicales et d'univers d'artistes décalés que le nouveau spectacle des Caramels Fous, Madame Mouchabeurre, sera donné à nouveau dans trois semaines au Trianon à Paris. A ne pas manquer.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Caramels_fous
http://www.le-theatre-de-michel-heim.fr/
http://www.le-theatre-de-michel-heim.fr/les-caramels-fous-presentation
http://www.youtube.com/results?search_query=caramels+fous&search_type=&aq=f
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mardi 27 octobre 2009
293° Pèle-mêle Christophe Alévèque et Charles Pasqua...
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Le monde du spectacle est cruel. Certains de ses plus grands serviteurs sont cantonnés toute leur vie dans des rôles de second couteaux, de faire-valoir et de porte-flingues sans jamais voir reconnaître leur immense talent. Justice vient d'être rendue à Charles Pasqua, cet extraordinaire comédien de la politique, qui vient à l'aube de ses quatre vingts ans, de se voir décerner un an de prison ferme en hommage à l'ensemble de son œuvre.
L'homme est modeste. Sa nature le porte à rester dans l'ombre et il s'apprête à décliner la distinction en faisant appel. Saluons cette superbe abnégation qui caractérise les grands hommes.
J'ai été ce soir voir Christophe Alévèque au théâtre du Rond Point, vous avez le temps de m'y suivre jusqu'au 14 novembre, vous ne le regretterez pas. Je l'avais vu dans son spectacle précédent, à la Comédie Caumartin. Tout est renouvelé. Il est vrai qu'on s'affaire beaucoup autour de l'Elysée pour lui donner matière à innovation. La moitié du spectacle, dont ci-dessous un petit extrait, est consacrée aux louanges de Zébulon et de sa glorieuse famille.
A ne pas manquer à quelques mois des régionales.
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292° L'internet libre, ce n'est pas pour nous...
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Pendant que Minilui monopolisait l'actualité, le Conseil Constitutionnel a discrètement validé la deuxième mouture de la loi Hadopi, estimant qu'une ordonnance pénale estampillée par un juge sans audience ni audition ni défense du prévenu valait « décision de justice ».
Pour mettre au point cette disposition scélérate de justice expéditive, il a fallu que le Parlement Européen lui déroule le tapis. En effet, ce Parlement, souvent garant de libertés fondamentales, saisi d'un élan de liberté démocratique, avait voté « l'amendement 138 » qui disposait que « tout citoyen avait un droit d'accès à internet qui lui garantissait le libre accès à l'éducation ».
Les lobbys de droite se sont montré très actifs à Bruxelles, et le Parlement a fini par s'asseoir sur ses garanties de liberté en votant une entorse à ses principes, qui prévoit qu'une « décision de justice », même expéditive, peut priver un citoyen d'internet...
Voilà donc Hadopi lancé sur des rails incertains, lorsqu'on connaît, nous en avons longuement parlé ici, l'abîme qui sépare ses moyens de contrôle de l'habileté des informaticiens.
« Hadopi », ce sera comme les impôts, les petits et les sans-grade vont morfler, et les spécialistes et les professionnels passeront au travers ».
Par ailleurs, cette brèche béante constitue un terrible danger pour la liberté d'information et de communication. N'oublions pas que tous les dictateurs se justifient en déclarant agir pour le plus grand bien de ceux qu'ils oppriment, et ne perdons pas de vue que les pires dérives commencent souvent par une minuscule dérogation.
En touchant au principe de la non-garantie de la connexion internet, l'état et l'Europe ouvrent une boîte de Pandore. C'est comme si on tolérait des exceptions à l'application de la peine de mort. Une fois l'égout entr'ouvert, il suffit d'y faire glisser un par un les nouveaux cas de dérogation pour en rallonger subrepticement la liste à l'infini.
Concernant la liberté d'internet et le droit de communiquer, l'égout est ouvert.
Dérive à rapprocher de manière très significative du débat qui agite les USA à propos de la neutralité du net.
http://www.zdnet.fr/actualites/internet/0,39020774,39709983,00.htm?xtor=EPR-104
Le respect de la neutralité du web, c'est l'interdiction faite aux FAI, serveurs et autres acteurs de la distribution du signal de réserver un traitement différent aux informations qu'ils délivrent en fonction de leur contenu.
Si on ouvre cette cage aux fauves, dans un premier temps, les FAI vont restreindre les sites de loisirs qui nécessitent une grosse bande passante (vidéo, inter-activité), et dans un second temps ceux qui rapportent de l'argent à leurs concurrents. Déjà à ce stade, ce sera la chienlit.
Mais imaginez ce que cela pourra donner si ces acteurs se rapprochent du pouvoir politique, comme c'est le cas de la presse dans de nombreux pays sauvages comme la France ou l'Italie.
Déjà, dans ces deux pays, tant à propos des parties fines de Berlusconi que des ambitions déraisonnables de minisarko, la presse et les journalistes sont montrés du doigt comme des fauteurs de trouble et des empêcheurs de gouverner entre amis. De plus en plus, internet joue un rôle indispensable de contre-pouvoir et d'expression de l'opposition qui sont, rappelons-le utilement, des éléments constitutifs de la démocratie.
Lorsque les grands groupes auront mis la main sur les grands datacenters et les fournisseurs d'accès, si la neutralité du net n'est plus garantie et qu'ils peuvent traiter le signal en fonction de ce qu'il contient, ils n'auront plus qu'à trier: « ça je passe, ça je bloque ».
Goebbels n'aurait pas fait mieux...
En continuant sur cette voie, nous nous dirigeons vers un internet chinois. Les insouciants en rient tant que ce n'est pas arrivé, lorsque ce sera là, on ne rira plus mais il sera trop tard...
Et en Europe, il existe bien un village d'irréductibles défenseurs de la liberté, et même deux, mais ils ne sont pas Gaulois...
Les Estoniens et les Finlandais ont élevé l'accès à internet au statut de droit fondamental opposable.
Comme quoi on peut être discret et exemplaire...
http://www.svmlemag.fr/actu/04869/la_finlande_reconnait_internet_comme_un_droit_fondamental
Il serait temps de redonner un sens à nos symboles...
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vendredi 23 octobre 2009
291° Les nouvelles aventures du Petit Poussé.
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Je m'apprêtais à vous entretenir des nouvelles menaces que font planer sur la liberté d'internet la décision du Conseil Constitutionnel, les renoncements du Parlement Européen et les majors FAI des USA pour les comparer à la Finlande, qui devient le modèle, le Walhalla des libertés respectées, lorsque le jeune Sarkozy, celui dont vous n'avez pas fini d'entendre parler, est encore venu occuper le devant de l'actualité..
Alors, place à l'actualité: Plus rien ne presse maintenant, puisque nous sommes « condamnés » à attendre que la loi Hadopi, sauvée des eaux mais pas du ridicule, fasse elle-même la démonstration de son inutilité, de son incompétence et de son obsolescence. Ce sera donc l'objet du prochain billet.
Photo Sipa. la couverture de l'hedo "Le Point" affichée dans un kiosque.
Ainsi donc, le petit poussé renonce à la présidence de l'EPAD... On lui a enfin fait comprendre qu'il valait mieux ne pas débuter sa carrière politique, pour laquelle il a pourtant toute les qualités nécessaires d'incompétence et de suffisance, en la chargeant d'un énorme boulet qu'il devrait porter de longues années. En se retirant à temps, il ne portera plus qu'un petit boulet.
Ce n'était effectivement pas facile de commencer une carrière en étant le fils de son père, ça l'était encore moins en croyant que l'hérédité pouvait tenir lieu de diplôme et d'expérience, c'était partie perdue en imaginant qu'en plus, il pourrait brûler les étapes. Il aurait été « celui qui a », il sera « celui qui a failli », c'est un moindre mal....
Le plaisir du jour des républicains honnêtes est d'entendre tous les apparatchiks de l'UMP qui disaient jusqu'à hier que le petit était l'homme de la situation et que c'était vilénie que de persister à considérer ses mauvais résultats universitaires et sa précipitation à percher sur ses tours expliquer maintenant que c'est au nom de « la maturité » qui le rendait hier si capable qu'il renonce aujourd'hui à une carrière dont les ennemis du régime l'auraient privé.
La « comm » a atteint aujourd'hui ses limites, et la récitation de slogans ne convainc plus les Français. A trop entendre de langue de bois, ils ont maintenant des oreilles de bois, et la belle unanimité de la cour à vanter les mérites du dauphin ne les a pas persuadés: ils ont reçu le discours d'introduction du fiston comme un tissu d'hypocrisie et de convenance, une logorrhée de complaisance mielleuse et de glauque obséquiosité.
Le discours « réparateur » d'aujourd'hui, c'est à dire la justification du contraire au nom des mêmes arguments fige définitivement leurs auteurs dans leur statut de courtisan flatteur et aux ordres, soucieux de protéger leur prébendes en reproduisant comme des perroquets un discours officiel et convenu qui résonne de plus en plus comme une incantation.
Les signes avant-coureurs du système aux abois commencent à apparaître: la presse libre est de plus en plus critiquée. Les marquis de la cour la rendent responsable de tout ce qui ne fonctionne pas suivant la volonté du prince. Peut-être ont-ils oublié que la seule volonté qui compte, c'est celle du peuple, et encore à travers des élections qui ne résultent pas d'un charcutage des circonscriptions...
Nous nous apprêtons à vivre une période agitée, et à devoir défendre au quotidien notre liberté de parole et de communication. Mon prochain billet sur « la neutralité du net » et « le droit à la connexion internet » illustrera un des aspects du combat à venir.
Le sarkozisme commence à subir quelques échecs: le chef doit faire préparer ses sorties du palais par sa garde pour ne plus être hué, et doit envoyer des célébrités se faire élire de justesse au deuxième tour dans des circonscription où des anonymes étaient habituellement plebiscités au premier. (Cf la très petite victoire du grand judoka). Avec l'affaire de l'EPAD, l'omniprésident a dépassé Berlusconi au hit-parade des bouffons et souffre-douleurs de la presse internationale, mais surtout, il vient d'essuyer son premier échec personnel.
Il y a un début à tout.
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