dimanche 27 mai 2012

418° Pasteurs en folie et folles pasteurisées.



Bon, le contrat de nos précédents amuseurs n'a pas été renouvelé, mais le spectacle continue. Ils sont aussi drôles à la ville que sur scène. Faute de gauchiste à déchirer, ils se bouffent entre eux et s'étripatouillent en famille. C'est plus fort qu'eux. Il y en a pour qui la politique n'est pas la recherche du consensus, mais la quête de l'affrontement.


Ce qui va nous permettre de regarder davantage dans le vaste monde, où la droite reste la droite et où rien ne s'arrange vraiment.


Aux Etats Unis, un pasteur a une lecture très particulière des dix commandements. Il a réinventé, tout seul, comme un grand, les camps d'extermination, mais cette fois-ci au seul usage des homosexuels. .


Projet moderne et respectueux de l'écologie : finis les fours crématoires et leurs grasses fumées noirâtres, on laisse faire la nature et « attendu qu'ils ne se reproduisent pas », on laisse crever les déportés en se contentant de leur parachuter quelques rations de survie. Outre la monstruosité de l'idée, et l'inanité des lois américaines qui permettent à son auteur de les exposer en public, le raisonnement est bancal : s'ils ne se reproduisent pas, d'où sont-ils venus ? Qu'est ce qui prouve à monsieur le pasteur que tous les aliens sont bien dans sa prison et qu'aucun ne va surgir à nouveau devant son église avec une pancarte « Fuck the pastors ! »


Ceci d'autant plus que je crois l'usine à gaz qui sert de justice à l'Amérique parfaitement capable de relaxer le pasteur nazi et de poursuivre ses contradicteurs... Le pasteur pourra s'estimer injurié et blessé dans son intouchable conviction, mais les pauvres pédés, qui ne croient qu'au bonheur, sont insultables et injuriables à merci. La justice reconnaît les superstitions, mais pas le bonheur.


Nous courons, en France, sur les mêmes traces : les cathos s'estiment insultés par des pièces de théâtre qu'ils n'ont pas vues et que personne ne les force à aller voir, mais nous, quand ils nous traitent d'êtres inférieurs, de danger pour la race humaine et d'autres billevesées, nous n'avons pas de sensibilité blessée à aller soumettre à l'appréciation d'un tribunal.


Tiens, à propos, vous avez vu ? Vanneste se présente à la députation dans sa circonscription, soutenu par la section locale du Nouveau Centre, (vous savez, celui qui n'est pas au milieu...), contre son ancien adjoint, investi, lui, par l'UMP. Laquelle UMP a promis de le virer, mais ne l'a pas fait. Et voilà en plus que le débat divise le parti !!! On est fiers, nous pauvres pédés, d'avoir flanqué la zizanie à l'UMP.


L'homosexualité en général et le mariage pour tous en particulier semblent être devenus des enjeux électoraux. Il ne faut pas qu'on se plaigne : c'est nous qui avons voulu porter l'égalité de nos droits sur la place publique, il était bien évident qu'on allait y trouver des ennemis. Or si on se réfère à la situation américaine, où la sacro-sainte liberté de parole a depuis longtemps permis aux homophobes d'exprimer leurs frustrations, on constate que nombre des plus vociférants se sont un jour ou l'autre fait pincer avec la main dans la culotte d'un zouave.


Des pasteurs, des shérifs, des juges, des présidents d'associations, quelques sénateurs républicains agités aussi, dont certains carrément balancés par leur gigolo écœuré. La théorie qui explique l'homophobie par la non-acceptation de sa propre homosexualité est maintenant suffisamment banale et démontrée pour que ceux qui affichent des positions d’intolérance puissent trouver dans les études et les informations toute matière utile pour voir plus clair en eux mêmes.


Il y aura donc ceux qui préféreront s'écraser que d'être regardées comme des honteuses par les gens -de plus en plus nombreux-, à qui on ne la fait pas, et ceux qui iront jusqu'au clash. Un peu de patience et l'UMP nous révélera peut-être de cette façon quelques compétences particulières dans ses rangs. Oh, je ne parle pas de nos deux imprécateurs déclarés Boutin et Vanneste, (encore que?), mais d'autres plus discrets qui sont l'objet de rumeurs qui couvrent des pages entières de Google, qui pour certaines, émanent d'organes de presse tout à fait sérieux et corroborent des trajectoires politiques bien établies...Il y en a bien un qui finira par succomber. Pour ma part, je ne pardonne pas au dernier, qui avait longtemps fait figure de modéré, son amalgame entre l'homosexualité et la pédophilie. C'est de la vieille recette de front national.... Ce jour-là, le loup est sorti du bois... Je ne suis pas pour le outing des gens qui vivent discrètement et sans haine, mais je suis à 100 % pour celui des homophobes militants.


Entre-temps, l'équipe du changement se met en route. Pas assez vite à en croire la mauvaise foi des tenants de l'ancien régime. J'ai assisté l'autre jour à un débat où un brave homme a pris la parole pour, après avoir déclaré ne pas avoir voté pour Hollande, se scandaliser de ce que le vote du mariage pour tous ne soit pas inscrit par le nouveau gouvernement comme mesure d'urgence à prendre pendant la session exceptionnelle du parlement ! Ils ne manquent pas d'air, les droitistes, quand même ! Ils reprochent au PS de ne pas tenir dans l'urgence une mesure que le parti qu'ils ont soutenu a refusé pendant 10 ans.


En fait, l'égalité du droit au mariage sera inscrit au programme de la session de printemps de l'Assemblée. Cela fait vingt ans qu'on attend, on n'est plus à six mois près. Plus regrettable est que la mesure abolissant l'obligation de stérilisation des transsexuels ne semble pas devoir passer en même temps, même si elle figure bel et bien au programme.


Mais on assiste à des choses plus rassurantes : par exemple, l'AGPL, l'association des parents gays et lesbiens, propose son expertise (26 ans d'ancienneté) à Dominique Bertinotti, ministre de la Famille... Souvenons nous que dans le gouvernement précédent, ce poste était occupé par l'élégante Nadine Morano. C'est le changement.


Pendant ce temps là, ça pête au Vatican. Comme quoi Sarko, Guéant et Morano n'étaient pas indispensables à l'approvisionnement des humoristes et blogueurs en événements avariés.


Allez, pour finir sur des paroles de progrès et d'espérance, un petit discours de Gabriel Nadeau-Dubois, le leader des étudiants du Québec, un Mélanchon en gestation, qui pourrait faire réaliser aux Américains et aux Québécois qu'il existe un mode de vie entre l'ultra-libéralisme et le communisme.

Son discours se boit comme du petit lait :


Voilà comment ça a commencé :



et voilà la tournure des événements :



Je l'aime bien, ce gars là, pas vous ?





lundi 21 mai 2012

417° Dépit et calme avant la tempête.




Il y a soudain du mou dans la nervosité du débat politique. Les droitistes commencent à constater avec horreur, comme dans les semaines qui avaient suivi le 10 mai 1981, que la gauche « ça peut marcher », qu'elle sait faire, qu'elle possède des gens compétents et que toutes les prédictions de cataclysme et autres déblatérations de Cassandre ne vont pas se réaliser. Tous les jeunes droitistes qui n'ont pas connu les années Mitterrand découvrent que l'exercice du pouvoir n'est pas l'apanage exclusif de la droite comme on le leur a appris, et que le ciel ne va pas leur tomber sur la tête.


La manière a un peu changé. En 1981, on publiait " les Cent jours de Mitterrand", et on faisait état d'une « expérience socialiste » qui allait en quelques semaines convaincre les incrédules de l'incompétence de la gauche. «Parenthèse » qui a quand même duré quatorze ans avec Mitterrand, puis trois ans plus tard, cinq ans avec Jospin.


Aujourd'hui, on est davantage dans l’instantané. Les surenchères archi-droitières de Sarkozy vers la fin de son « expérience » à lui n'ont pas permis de mettre en avant « l'inanité » de la gauche, tant le ton était donné sur la fatalité, l'obligation, de rester à droite, l'impossibilité de perdre, et le mythe très franchouillard de cette « légitimité » du pouvoir à droite, comme si toute autre source du pouvoir était forcément sujette à caution républicaine.


A cause de cette foi du charbonnier qui a empêché la droite de voir arriver une défaite pourtant prévisible, elle s'est retrouvée devant le fait accompli, fort dépourvue d'arguments de toute façon inutiles après la défaite.


Alors, on essaie le coup des promesses pas tenues, sport dans lequel Chirac et Sarkozy ont eu tout loisir de faire leur preuves au plus haut niveau. Là, ils sont compétents. Et on envoie tous les petits, les sans-grade, ceux à qui on promet toujours la richesse et qui s'obstinent à y croire, on envoie tous ces bons petits gars répandre l'aigreur et le doute sur les réseaux sociaux.


Trois jours après l'élection, il y en avait déjà un qui écrivait sur son Facebook : « T'as vu, le blocage du prix de l'essence, il ne l'a pas fait ! »

Avant même d'avoir nommé des ministres, on ne voit pas comment il l'aurait fait. Peut-être ne fallait-il pas prendre à la lettre la formule « au lendemain de l'élection » ?

Et puis, il se trouve que, depuis l'élection, et peut-être partiellement à cause de cette menace, l'essence baisse. Toute seule. Ce serait idiot de bloquer un prix à la baisse, non ?

Mais quelle importance : on hurle à la promesse pas tenue.... En espérant qu'il en restera toujours quelque chose.

« Il ne renégociera pas un traité européen signé par 27 pays ». T'as vu, une semaine après l'élection, ce n'est pas renégocié !

Sauf que sur les 27, s'il y en a une vingtaine qui sont d'accord pour le renégocier, ça pourra peut-être se faire...

Sauf que Merkel, justement à cause de son obstination à ne pas le renégocier, est en train de perdre des élections en série en Allemagne, et que Barack Obama trouve l'approche de Hollande pertinente et le G8 aussi.....

Alors, non bien sûr, cela ne s'est pas fait dans la semaine, mais cela prend tout de même le chemin de se faire.

Si Sarkozy avait été aussi vite pour « éradiquer les SDF en deux ans », faire baisser le chômage et faire gagner plus à ceux qui travaillent plus, il aurait sans doute été réélu.


Mais qu'importe. Les droitistes façon « supporters de football, on a gaaagnééé» n'hésitent pas à réclamer l'impossible au nom de ceux qui n'ont pas su faire le possible. Ce qui leur importe est de bourrer les crânes, de remplir les bouts de cerveau disponibles de leur gloubi-boulga et de couvrir des écrans entiers de facebook de leur étrange évangile. Témoin ce surprenant curriculum-vitae de François Hollande où on expliquait sur trente lignes qu'il n'avait jamais été ministre, mais où on oubliait de mentionner qu'il sortait successivement de HEC, de Sciences Po puis de l'ENA. Il y avait de quoi ridiculiser son prédécesseur, qui ne sortait que de Neuilly, mais au royaume des aveugles, les borgnes sont rois...


Le voyage de Hollande à la Maison Blanche puis au G8 de Camp David les embête beaucoup. Notre président y paraît crédible, et même écouté. Et moins brouillon que son prédécesseur.


En plus, et dans ce silence qui précède les grandes élections, -car il y en a encore une à venir-, le pays retrouve sa sérénité et son unité. Les policiers savent qu'ils seront débarrassés de cette course au chiffre qui les empêchait de travailler intelligemment, les magistrats ont compris que leur indépendance ne serait plus sur la sellette, les enseignants que la disette de moyens qui les frappait allait cesser de s'aggraver,


Certes, quelques crache-dans-la-soupe de la très extrême gauche critiquent à tout va les Valls, Duflot et quelques autres membres du gouvernement sans comprendre que c'est cette diversité qui a amené la victoire, et que la gauche serait restée dans l'opposition ad aeternam si elle avait dû se faire élire avec leurs idées. En vertu du même phénomène qui a fait perdre la droite dès lors qu'elle a fait trop de place aux idées d'extrème-droite.


Dans le genre bluff d’extrême droite, méditons cette manœuvre des ultra-ultra-intégristes iraniens qui tentent de faire passer Ahmadinejad pour un libertin qui veut rouvrir les boites de nuit. La droite sera toujours la droite, les rois du bluff et de la parano...


Sans doute ceux qui n'ont pas de recul sont-ils des rouages nécessaires au fonctionnent quotidien des appareils, mais le spectacle de la politique reste tellement plus passionnant lorsqu'on le regarde des tribunes.




lundi 7 mai 2012

416° Un à zéro, la balle au centre.




Bon, ce n'est pas le tout, les gars, va falloir s'organiser. D'abord passer tout l'Elysée à l'eau de Javel, des fois qu'il reste entre les lames du parquet quelque remugle de pensée brunâtre oubliée là par un obscur conseiller, et remplacer les désinfectants de chiottes par des machins verts pour être bien sûr que même là, il ne reste pas de trace de bleu marine.


J'ai fait le tour ce matin des commentaires de facebook. Qu'est ce que ça fait du bien ! Cette atmosphère de fraternité retrouvée qui a commencé dès hier soir à se répandre dans les rues de Paris. Il y a aussi les grognons, les rares qui avaient vraiment un intérêt calculable à garder Sarko. Eux, ont déjà pris leurs dispositions et ça ne leur fait ni chaud ni froid.


Toute la bile acariâtre qui se déverse dans les forums provient des obscurs, des sans-grade, des sans-diplôme, de tous ces esclaves bien dressés, de tous ces cerveaux nettoyés et programmés pour vivre dans la jungle et servir l'argent des autres. Ceux-là hurlent contre les « assistés » d’aujourd’hui sans se rendre compte qu'ils constituent les plus gros bataillons des assistés de demain. De tous ces esprits rincés dont on a fait des supporters aveugles comme on fabrique des fans d'une équipe de foot.


A la télé, il reste essentiellement les vautours qui vont disputer aux hyènes la carcasse de la déjà défunte ump. Parce que ce qu'il en reste ne ressemble déjà plus à grand'chose, mais chacun veut en accommoder les restes dans sa marmite : Il y a ceux qui veulent rester à droite de la droite sans se rendre compte que la place est déjà occupée et ceux qui imaginent qu'ils vont pouvoir restaurer la boutique en dépit de la perte de clientèle que vient de lui infliger son précédent gérant.


Pour cela, ils sont tous au créneau. Il y a l'ineffable Copé, en mode turbo-radotage, qui répète en rafale « vote des immigrés – centrales nucléaires - règle d'or - ». Hollande vient de marquer 54 % dans sa propre ville de Meaux. L'aigle est bien déplumé...

Il va y avoir Fillion, qui essaie de se caser à Paris pas trop loin de l’hémicycle, histoire de garder l’œil dessus, et qui va essayer de tracer un sillon pas trop à droite, mais pas trop à gauche non plus, tout en évitant le centre mais sans dédaigner s'en servir au besoin, dans cette subtile direction où on tente de persuader quelques prolos crédules et imbus de leur fringues de grandes marques de militer pour une équipe de « je ne suis pas dans la merde et je n'en ai rien à foutre des autres ».


En attendant, les cousettes du tissu social vont pouvoir se remettre à l'ouvrage, rétablir le contact avec les banlieues en sécession, sauver la prochaine génération de l'échec scolaire, donner à nouveau aux parents les moyens d'exercer leur autorité, remettre les égarés en formation, au travail.

Il faudra du temps, des efforts, de la patience, de l'abnégation face aux prévisibles provocations d'une extrème-droite qui va entretenir par tous les moyens et les discours les plus tordus les discriminations dont elle se nourrit.


La France est le pays qui compte, par habitant, le plus grand nombre d'associations. C'est le moment pour elles de se remettre à la tâche, de faire en sorte que les gens se reparlent à nouveau, reprennent la conscience qu'ils ont perdue de faire partie d'un même pays, de voguer sur un même navire.


Déjà, les mauvais perdants écrivent : « ouais, ce n’est pas les dix points d'écart promis ! ». S'ils les avaient à leur compteur, les quatre points d'hier soir, ils les prendraient sans se plaindre. Ils feraient mieux de se joindre à nous au lieu de continuer à vouloir diviser les citoyens en castes, sous castes et je ne sais quelle communauté. Travaillons, réparons, unissons ce qui est épars, tendons nous la main et construisons le pays de demain.




vendredi 4 mai 2012

415° Achevez le, il souffre...




Depuis que je vote, toutes les élections « difficiles pour la droite » ont été précédées d'une période de prédictions apocalyptiques solides et constantes.


Faute d'un programme plus substantiel que de se remplir les poches à tout prix, la droite n'a jamais joué à autre chose qu'à « Moi ou le chaos ». Avec des bonheurs divers.


En 81, les Chirac-Pasqua-Pandraud nous promettaient l'arrivée imminente des chars russes sur les Champs Elysées. Les socialo-communistes étaient à nos portes, les bolcheviks avec leurs couteaux entre les dents allaient venir jusque dans nos campagnes..... Les Mercedes faisaient la queue à la frontière suisse avec des valises pleines de billets et mon patron de l’époque bloquait sine-die tout investissement dans l'entreprise.


En 88, il fallait « redresser » une France qui ne penchait pourtant que du bon côté, la preuve, elle en a repris pour sept ans. En 95, Jospin rate la difficile succession de Tonton dans un contexte d'usure du pouvoir, mais surtout devant une campagne de paranoïa sécuritaire sans précédent. Un malheureux vieillard, bousculé par un rôdeur dans sa maison a les honneurs de tous les journaux télévisés de Jean Pierre Pernaut. Ce n'est plus le bolchevik, mais la racaille, que la gauche n'aurait pas maîtrisée, et qui emportera l'élection.


En 2002, on nous promet à nouveau les dix plaies d'Egypte, la faillite du pays et une invasion venue de la Méditerranée. Peine perdue : un accident de pilotage politique et un mauvais plan de vol de campagne réinstallent confortablement Chirac dans son fauteuil pour cinq ans de sieste.


En 2007, souvenez-vous, même exaspération : Karcherisator n'a pas fini son grand nettoyage des banlieues, nos frontières sont des passoires, il ne faut pas laisser l'insécurité au Front National, la faillite menace déjà... Ajoutons à cela que la gauche divisée se rassemble mal derrière sa candidate, et patatrac : cinq ans d'essai gratuit du leader minimo.


Aujourd'hui, le contexte a un peu changé, une crise est venue providentiellement servir d'alibi à notre mauvaise politique sociale mais les remèdes, eux, n'ont pas changé : austérité, travailler plus, privatiser, déglinguer le code du travail, rien de bien reluisant à promettre.


Alors, faute de pouvoir briller de sa propre lumière, la droite essaie à nouveau d'éteindre celle des autres.


Hollande n'aurait pas de « stature présidentielle ». Alors qu'un agité qui « textote » dans les réunions officielles, parle français comme au bistrot du coin, ne termine pas ses phrases, rabâche des slogans, raffole de babioles coûteuses, se conduit en chef de parti, prétend maîtriser le pouvoir de la justice et de la presse, oppose toutes les catégories de Français les unes aux autres au lieu de les rassembler, veut représenter la France sans boire de vin et affiche sa vie privée en couverture des magazines aurait, lui, une « stature présidentielle » ?


Seulement voilà : le bilan de la situation d'aujourd'hui, c'est le sien. La seule promesse que la droite est capable de nous faire, c'est la perspective de faillite si la gauche venait au pouvoir. Comme elle ne tient jamais ses promesses et est toujours démentie par les faits, c'est plutôt engageant : je signe tout de suite !


Et comme dans ce pays, la droite s'est toujours crue « légitimement » détentrice du pouvoir et a toujours considéré les socialistes comme des imposteurs, maintenant qu'elle est à peu près certaine de perdre son hochet, elle oublie ses leçons de république. Faites ce que je dis, pas ce que je fais.


Hier à Toulon, au meeting de Sarkozy, Ruth Elkrief, au micro de BFM TV a été prise à partie par des militants hargneux et n'a du son salut qu'au service d'ordre venu la sortir de ce mauvais pas. Les militants prennent les mauvaises habitudes de leur chef dans la maîtrise des médias.


Lorsque la gauche va passer, la droite va se déchaîner en horreur et en amertume mal vécue. Ce qui est à tout prendre préférable aux explosions populaires à répétition prévisibles si d'aventure, le petit chose était reconduit.



Sarkozy a abîmé ce pays, déchiré son tissus social, travaillé contre l'intégration et l'unité républicaine. En faisant la différence entre les « vrais travailleurs » et les « faux » ?? , en traitant les chômeurs « d'assistés » alors qu'il consacre plus d'argent à secourir les banques que les laissés-pour-compte, en stigmatisant les Musulmans de France, en ne rejetant pas les Vanneste et les Boutin, ni même les propos de Fillon qui déclare que « les couples homoparentaux attentent à la sécurité des enfants » ! , ce président laisse le tissu social du pays en loques.


Il faudra toute la foi et la confiance d'une gauche enfin réunifiée dans ses idéaux d'égalité républicaine, de société réconciliée, de diversité bien comprise, de démocratie apaisée et de laïcité bien expliquée pour réparer ce pays meurtri, ce pays humilié, mais ce pays bientôt libéré.




lundi 23 avril 2012

414° Fin de règne....


Il y a des petits plaisirs, comme ça, dans la vie. C'était hier soir à la télévision. Voir la droite exploser en une demie-heure et le parti de l'arrogance et de l'imposture se transformer en pauvres bonimenteurs de foire avec prédiction d'apocalypse si on ne les repêche pas et promettre un redressement possible de l'avion en piqué contre toutes les sciences et les mathématiques, assister en direct à la panique dans le nid de guêpes et voir défiler les promesses de réaliser la semaine prochaine tout ce qu'ils n'ont pas fait en cinq ans, c'est jouissif. C'était un peu comme regarder un crash d'avion au ralenti, vous savez, sur ces petites videos d'internet où on vous repasse l'accident à l'endroit, à l'envers, au ralenti et à l’extrême ralenti. Voir l'UMP s'écraser... replay, replay, replay...



Sarkozy avait pris la précaution d'annexer dans son giron les petites droites périphériques, Boutin, Borloo, le nouveau centre et Frédéric Nihouss. Cela pouvait éviter quelques désagréments en cas de bon score, mais cette tactique asséchait du même coup toute réserve de voix en cas de panne dans le désert.... Le bientôt perdant n'a plus qu'à espérer de secours que du Front National qui le lui refuse et de quelques abstentionnistes qui auraient sûrement été voter pour lui s'ils avaient voulu le voir gagner. Cela fait un peu léger.


Car la grande et prévisible nouvelle est arrivée vers 20h.30, par la voix de monsieur Collard (avec 2 L), et confirmée à 21h par le président d'honneur. L'UMP faisait semblant de l'apprendre: Le FN n'appellerait pas à voter pour elle. Le Front National est bien plus à l'aise dans l'opposition qu'au pouvoir pour brandir ses épouvantails, et à vrai dire, il préférerait carrément voir Hollande l'emporter.


De toute façon, même en cas d'élection, cela aurait posé un problème. Être élu avec les voix du Front National, cela a déjà gâché la carrière de quelques députés de droite il n'y a pas si longtemps, et ça se porte très mal pour un président, même peu soucieux de bienséance. Voilà ce que c'est d'avoir trop écouté Patrick Buisson, le Raspoutine de l'Elysée...


Ceci d'autant plus que le front national totalise un score élevé, douloureux pour les républicains et les humanistes. Quand vous être dans le métro, un voyageur sur cinq autour de vous a voté front national. Heureusement, quelques pays autour de nous souffrent du même eczéma, ce qui aide à atténuer quelque peu notre honte. Mais quand même.....


Ce qui me fait rire jaune, c'est de voir la camionneuse Marine disputer le volant de la droite au gringalet Nicolas. « La droite, maintenant, c'est nous ! ». Enfin, fasse le ciel, s'il existe, que cela reste une image de guignol. Je préfère la bêtise à la méchanceté.


Le grand coup de chapeau de la campagne va sans conteste à Jean Luc Mélenchon, pour le renouveau qu'il a su insuffler dans le paysage politique, pour la ferveur et l'intégrité de sa démarche, et pour la générosité avec laquelle il efface provisoirement sa personne afin de remettre le pays sur les rails qui vont à gauche. Certes, il a été victime du « vote utile », ce réflexe de prudence issu du souvenir amer du 21 avril 2002, qui a poussé beaucoup de ses sympathisants à voter « néanmoins » Hollande, « pour être sûr ». Reste maintenant à lui donner des députés, la cause et son héraut les méritent.


Le parquet de Paris décide d'ouvrir des enquêtes préliminaires contre les organes de presse qui ont diffusé les résultats avant l'heure. Comme l'indique le mini-sondage réalisé ce matin par zd-net, 80% des internautes avaient les résultats bien avant 20 heures. Or les internautes, c'est aussi 80% du bon peuple français. A moi, Don Quichotte ! J'ai vu bouger une aile de moulin !


Dans les quinze jours qui viennent, la campagne va se déchaîner. Les sarkozistes pur sucre affirment que leur zébulon va multiplier les événement avec une telle célérité que le placide Hollande ne pourra pas le suivre. Mais c'est peut-être aussi parce qu'il a tout bâclé depuis cinq ans que tant de choses sont bonnes à refaire. Un coup tordu ? Il est capable, mais on l'attend tellement que cela risque d'être contre-productif. Prendre les gens pour des imbéciles, il y a tout de même une limite. Et puis Hollande a-t-il envie de répondre à l’affolement par la frénésie ? On imagine volontiers que non.

Par contre, il y a un insupportable que je redoute de voir arriver un jour au premier rang de la horde politique, c'est Copé. Technique de représentant en aspirateurs, qu'il a tenté d'utiliser hier soir avec Martine Aubry, qui en a pourtant vu d'autres : Copé pose trois questions d'un coup. Pendant qu'on répond à la première, il vous interrompt pour dire qu'il n'a rien entendu sur la seconde. Alors, on passe à la seconde et il vous interrompt à nouveau pour vous accuser d'avoir éludé la première, puis quelques instants après, à nouveau, de n'avoir pas abordé la troisième.


Lorsqu'il a bien saccagé l'argumentaire de son interlocuteur, il assène à nouveau deux ou trois contre-vérités de base, et l'impression générale est qu'il avait de la suite dans les idées alors qu'il n'avait rien à dire, et que vous ne connaissez pas vos dossiers alors qu'il a copieusement mélangé vos fiches. Un zeste de mensonges et de contre vérités, et passez-muscade.

Questions contre-vérités, il faut bien dire que Copé mérite un diplôme d'excellence. Par exemple, il accuse Martine Aubry de vouloir fermer 24 centrales nucléaires, alors qu'il ne s'agit pour le moment que de n'en fermer qu'une, Fessenheim. Et sur cette centrale, il reprend le petit numéro de Sarkozy, qui déclarait en se moquant qu'on n'avait que peu de chances de voir un tsunami déferler sur l'Alsace.

Un tsunami, peut-être, mais le grand canal d'Alsace, qui jouxte justement cette centrale, a son niveau d'eau huit mètres au-dessus des installations critiques. Or, si la centrale est garantie contre les séisme jusqu'à 6,5, les digues du grand canal, elles ne le sont pas ! Et la zone est sismique....


C’est avec des débats de cette richesse et de cette bonne foi que nous allons aborder les quinze derniers jours de convulsion de la bête. La droite s'est toujours crue légitime dans ce pays. En 1981, elle nous prédisait déjà la ruine et les dix plaies d'Egypte. En 1981, elle nous mentait déjà sur ses compétences exclusives à gérer l'international, maîtriser la finance et assurer l'égalité des citoyens.

En 1981, elle publiait « les cent jours de Mitterrand », cette période d'essai qui « suffirait aux Français pour comprendre ».


Bon allez, bientôt le 6 mai. Vous avez pensé à acheter le champagne ?




mercredi 18 avril 2012

413° Les rats quittent le navire.



On connaissait le Chêne et le Roseau. Il y aura maintenant le Sarkozic et le pédalo. Et comme sur son grand ancêtre coulé voici cent ans, il manque cruellement de chaloupes de sauvetage sur le Sarkozic.
Alors, on quitte ne navire à tout va avant le naufrage annoncé. D'abord Martin Hirsch, puis Corinne Lepage, ensuite Fadela Amara et enfin Azouz Beggag.
La semaine dernière, d'après le Parisien, Claude Chirac a déjeuné avec Valérie Trierweiller, la compagne de François Hollande. Elles seraient les meilleures amies du monde... Hugues Ranson et Laurent Glépin, membre du cabinet de Chirac jusqu'en 2007, étaient à Vincennes,
On parle même d'un ralliement de Line Renaud, très proche de Claude Chirac, qui serait, s'il se produit, un événement médiatique important aux yeux de « la France profonde ».

Il en est de même dans les « conversations de bistrot ». Mes rares virées dans le Marais m'ont fait connaître certains piliers, qui sont là tous les jours, et que je ne manque pas de saluer lorsque je les rencontre. Il y a là quelques employés, pour ceux qui s'en sortent le mieux, aucun diplômé, sans parler de ceux dont la seule activité reconnue n'a pas de représentant à la Chambre des Métiers.

Tous militent pour Sarkozy, sans autre argument « qu'il est le meilleur », et que corollairement, « l'autre est nul », répétant inlassablement les éléments de langage distillés par le site de l'UMP et les mémentos mis à disposition des militants. Si une discussion politique s'engage, tous auront à la même période la même réponse, bétonnée, obtuse, mais surtout identique...

De débat social ou démocratique, point. Sarkozy, pour eux, c'est la richesse. Pas la leur, ils sont pauvres. Celle qu'on leur a promise et à laquelle ils croient. On leur a dit que le grand méchant loup de gauche allait croquer toutes les économies qu'ils n'ont pas, et ils le croient aussi. Parce qu'ils ne travaillent pas en bleu de chauffe, ils se croient au-dessus des « classes laborieuses » et du monde ouvrier. Pour eux, l'habit fait le moine, et ils arborent un jean de marque qui les a ruiné et un nœud de cravate.


Mais depuis quelque temps, leurs discours, si on peut qualifier ça de discours, a changé. Dire qu'on ne croit pas aux sondages, ça ne les empêche pas de douter, et ils commencent à comprendre qu'ils n'ont pas embarqué sur le bon navire. Alors, pour mon plus grand plaisir, ils répondent : « Un peu d'alternance démocratique ne nuit pas », et mieux : « Tu verras avec Copé ».

Ils ont déjà fait leur la défaite annoncée. Lorsque la droite gagne, elle met la pâté à une gauche incapable, mais lorsqu'elle perd, elle laisse élégamment la place à l'alternance démocratique...
La « touche Copé » témoignant juste de cet esprit vindicatif très PSG « on a gagné » , ou « on vous niquera la prochaine fois ».

Ces perspectives, même si elles exigent de la gauche de rester sur ses gardes et stratégiquement utile jusqu'au dernier moment, laissent entrevoir ce que sera le fonds de commerce des humoristes et des blogueurs dans la prochaine législature. Car la droite va, bien sûr, éclater, et pour longtemps. Bien plus gravement que l'éclatement du PS que l'on avait prédit à la suite de 2002, et dont il a quand même mis plus de cinq ans à se remettre.

Une première ceinture de satellites va se former autour de Copé, avec tout ce que cette troupe compte de réactionnaires et de pensionnaires de Sarkozik Park. Vanneste, qui ne cesse de proclamer qu'il est toujours présent, pourra y développer ses élucubrations castratrices, Boutin pourra continuer à expliquer qu'elle aime bien les homos à conditions qu'ils ne prétendent à aucun droit, les Guaino et autres Guéant continueront, avec Buisson, à agiter le marigot du régime autoritaire et spoliateur dans d'obscures officines, Hortefeux deviendra VRP en flashballs et tasers... Bref tout ce petit monde grouillera dans les coins sombres pour se protéger d'une lumière nouvelle qu'elle craint comme les vampires.

La seconde ceinture de satellites sera une aubaine pour Bayrou, en lui donnant la chance de poursuivre sa non-existence au lieu de disparaître complètement. Les bisexuels de la politique n'ont décidément pas d'avenir.

A gauche, cela va tirailler aussi, moins fort qu'à droite, mais vaillamment quand même. L'objectif numéro un de se débarrasser de Sarkozy étant atteint, une partie des votes utiles qui se seront portés sur Hollande donnera des députés au Front de Gauche aux législatives qui suivront, et dont on ne parle pas assez aujourd'hui, tout obnubilés que nous sommes par la présidentielle. La gauche va gagner, mais quelle gauche va gouverner ? Ne vont-ils pas déchirer le drap en le tirant de leur côté ?



dimanche 8 avril 2012

412° NON AU SPAM





Sans commentaire.

Ce qu'il a à nous dire, il l'a déjà dit et redit, et il ne l'a pas fait.









vendredi 6 avril 2012

411° Chronique d'une naufrangeance annoncée...


Plein de nouvelles amusantes viennent éclairer cette fin de mois ensoleillée. Un sondage très sérieux nous apprend que les électeurs de gauche ont une vie sexuelle plus intense que ceux de droite. .. Je connais de très vantards droitistes à qui ça va faire beaucoup de peine.


C'est vrai que cela explique bien des choses, depuis les frasques de Strauss-Kahn jusqu'aux caleçons de zinc des ligues pour la virginité jusqu'au mariage. Et en passant par tous les avatars dont le long chemin entre ces deux extrêmes est parsemé.


D'ailleurs, Chirac, dont les regards en coin pour les blondes opulentes sont devenus légendaires, avait déclaré il y a quelques mois et a confirmé avant-hier, dans Paris-Match s'il vous plaît, qu'il voterait bien Hollande...


Les historiens, eux, nous apprennent que l'église, qui n'a pas toujours été de droite, a longtemps béni les couples du même sexe. . Il est vrai qu'elle avait, rien qu'en son sein, de quoi faire. Et puis « aimez-vous les uns les autres », même en araméen, cela veut bien dire ce que ça veut dire...


Le sondage lui-même, dont on trouve tous les détails ici tendent à confirmer que c'est bien la malbaisance que l'on rencontre à l'origine de l'homophobie en établissant un lien inversement proportionnel entre l'épanouissement sexuel et sa tolérance chez les autres.


Du côté de mes amis UMPistes, on a déjà mis son gilet de sauvetage et on commence à se diriger vers les canots. On dit toujours aux passagers que la croisière va continuer, mais c'est juste pour éviter la panique. Et conserver un semblant de dignité, même si c'est de plus en plus difficile à faire croire quand on voit les gestes de panique mal réprimés et les promesses et déclarations en rafales de pétard qui éclatent dans tous les sens.

Il n'y a pas le feu au lac, mais bel et bien sur le bateau, et de nombreux petits élus locaux commencent à réintégrer leurs positions sociales mises en sommeil pendant leurs mandats. Pourtant, ils ne perdront pas tous, mais la parano règne dans leurs rangs. Déjà aux dernières élections et aux municipales, nombre d'entre eux avaient retiré la tronche à Sarko, voire carrément l'arbre de l'UMP de leurs affiches, pour se présenter de façon plus ou moins transparente et désolidarisée de la failliteuse maison mère.


On ne va pas être parachuté un matin dans le monde de Oui-oui, mais plein de choses vont changer. Déjà, au CSA, on s'attire les bonnes grâces d'un éventuel nouveau pouvoir en glissant dans les nouveaux opérateurs des six nouvelles chaînes de la TNT monsieur Pascal Houzelot...

Certes, tous les grands acteurs du Fouquet's sont là,

Chérie HD (Groupe NRJ)

L’Equipe HD (Groupe Amaury)

HD1 (Groupe TF1)

RMC Découverte (Groupe NextRadioTV)

TVous La Diversité ( Houzelot )

6 Ter (Groupe M6)

mais le petit Tvous glissé entre deux géants risque de faire parler de lui, car derrière son promoteur Pascal Houzelot, déjà fondateur de Pink TV, on trouve Xavier Niel, l'agité de Free, et Mathieu Pigasse, tous deux repreneurs du Monde...


J'ai vu à la télé celui qui a vu des gens « d'apparence musulmane ». Je lui trouve une apparence imbécile. Il dit plein de conneries, et en mauvais français, du genre qu'il « ressentirait de la méprisance »... Moi j'appelle ça de la déconnance, pour ne pas parler d'incompétence. Il sent le rance...


Nombre de ses indéfectibles thuriféraires ont déjà commencé à s'adapter au retour de la République, la vraie, en mettant au point des discours censés détourner le ridicule de leurs grotesques obsessions. C'est ainsi qu'on entend des « Oh de toute manière, un peu d'alternance démocratique est nécessaire dans nos pays occidentaux », et que l'on voit sortir des « cent jours de Hollande » comme on a vu en 1981 sortir des « cent jours de Mitterrand ».


La gauche change peu, mais la droite, pas du tout. Elle nous promet le faillite comme elle l'a fait en 1981, elle nous promet la fuite des capitaux qui sont déjà partis, même si ce qui l'effraie le plus est le retour, pourtant hypothétique, du code du travail et du service public.


Voilà maintenant notre Sarko qui veut écrire à tous les Français. Tous ? Avec le non-renouvellement des départs en retraite à la Poste, je ne sais pas si ça va être possible...


Allez camarades, plus que quelques jours. Ne manquez pas le coup de balai. Peut-être qu'on n'aura plus autant de guignols aussi déments pour nous faire rire, et que la Morano ne sera plus star des fins de banquets, mais on vivra mieux...




lundi 19 mars 2012

410°. Décalage, vous avez dit décalage?


Un quarteron d’associations pudibondes a obtenu la condamnation d'un magasin de « jouets érotiques », au motif que ces jolis bibelots pouvaient être associés à de la pornographie...


Je ne sais pas comment les parents catholiques élèvent leurs enfants, mais dans toutes les familles que je fréquente, (pas très catholiques, j'en conviens), les enfants sont plus attirés par les magasins de jeux vidéo et de baskets branchés que par les colifichets à se mettre où ça fait du bien. Il y a là un étrange décalage entre l’éducation supposée des futurs Français de droite, pour qui la vie est une ligne droite entre la première communion, le club d'équitation et le baccalauréat, qui ne devraient d'ailleurs pas faire du lèche-vitrine rue Saint-Denis mais plutôt avenue Henri Martin, et les gamins comme les autres, qui ont appris la vie ailleurs qu'au catéchisme, (encore que...) et qui sont, eux, capables de passer devant une telle vitrine sans prendre son contenu autrement qu'à la rigolade.


Espérons que la Cour d'Appel aura à cœur d'asperger les plaignants à l'eau républicaine, sans quoi la prolifération de pareille pudibonderie risque de mettre à mal notre patrimoine culturel et historique.

Faudra-t-il voiler à nouveau les pubis des tableaux de maître et des statues qui ornent nos musées et châteaux ?


Pas plus tard que la semaine dernière, j'ai emmené un ami qui ne connaissait pas les lieux visiter le Musée des Arts Premiers, quai Branly, à deux pas de notre phallique Tour Eiffel. Nous avons navigué dans les allées tortueuses du musée avec quelques groupes scolaires qui, sous la conduite d'une professeur chiante et acariâtre, jetaient un regard blasé sur les totems et pirogues diverses, avec toutefois une nette préférence pour les coiffes emplumées des grands chefs indiens. Au département « Océanie », il y a une vitrine débordante de godemichés et autres petits instruments de plaisir vieux de quelques millénaires. Un peu plus loin, il y a une chose en pierre présentée en toutes petites lettres comme une stèle funéraire, mais dont le forme ne laisse aucun doute sur les aspirations de l'artiste au moment de son érection. (de la stèle...) Je ne mens pas, j'en ai pris les photos ci-contre.

Mais les enfants, eux, sont passés devant ces vitrines, manifestement méconnues de leur enseignante, sans y prêter la moindre attention. Mieux : j'étais alors en train de les photographier, et aucun d'eux ne s'est soucié du sujet de ma photo...
Alors je repose ma question : qu'est ce que les enfants des familles cathos ont de particulier, à part leur assiduité au catéchisme, qui les empêche d'approcher à moins de deux cent mètres d'un objet érotique ?

Et s'ils veulent en voir un, l'éloigner de deux cent dix mètres suffit-il à le mettre hors de leur rayon d'action ? A partir de quel âge le domaine de leur concupiscence dépasse-t-il deux cent mètres ?

Et en quels termes la loi différencie-t-elle un objet érotique d'un objet pornographique ? J'aimerais entendre un prétoire débattre du sujet, me délecter aux réquisitions détaillées d'un procureur, prêter l'oreille aux protestations obséquieuses d'un avocat, peser de mes mains les attendus et les pièces à conviction...


Je suis arrivé trop tard la semaine dernière chez mon marchand de presse pour acheter le numéro de « Minute » qui titrait « Pourquoi l'UMP a sacrifié Vanneste au lobby gay ? ». Des exemplaires de « Minute », il n'en reçoit que deux, pour deux habitués, et donc, il n'en avait plus. Du coup, je n'ai même pas pu le voler. Dommage : j'aurais bien voulu lire les explications à la sauce des rédacteurs de « Minute » sur la mise sur la touche de leur camarade Vanneste...

Nous avons là un des très beaux exemples de la formidable aptitude de l'UMP à mécontenter tout le monde : sur ce coup là, ils ont perdu le vote gay en refusant toute mesure d’égalité de droits LGBT, notamment sur le mariage et l'adoption, et ils ont perdu en même temps les hargneuses faveurs de la droite hypercatho en n'investissant pas Vanneste pour les législatives. Belle opération dont nous allons bientôt cueillir les fruits.



Et notre petit Sarko qui s’époumone si bien qu'il a réussi à réunir 70 000 personnes dans une salle qui, commission de sécurité oblige, ne peut en contenir que 45 000.


Quand on pense que ce type a commencé son septennat en voulant effacer la frontière droite-gauche dans ce pays, et qu'au bout de cinq ans, cette fracture a atteint des dimensions encore inédites avec une extrême gauche revigorée et en expansion qui rassemble plus de monde pour prendre la Bastille au hasard d'un samedi pluvieux que l'UMP, à grand renfort d'intendance et au terme d'une longue et onéreuse préparation, n'a pu en faire venir à Villepinte.


Grâce à cet infatigable « travailleur plus », nous voilà avec une extrême gauche sans doute capable en quelques semaines de plumer bien plus de voix au front national que Sarko n'a pu le faire en trois ans au prix de coups de langue éhontés qui me donnent parfois honte de mon « identité nationale ».


Quand on pense que ce bonhomme qui prétend avoir un programme et s'y tenir a dissous la police de proximité pour en reconnaître l'utilité et la reconstituer trois ans plus tard, qu'il avait déclaré il y a quelques mois qu'il ferait payer des impôts aux Français de l'étranger, « attendu que cela se fait aux Etats Unis » mais qu'il trouve aujourd'hui cette idée farfelue parce que ce n'est plus lui, mais Hollande qui l'a remise au goût du jour.


Quand on pense qu'il a fallu démantibuler ligne par ligne et cas par cas la circulaire Guéant sur les étudiants étrangers, parce que son application, si elle pouvait générer une nouvelle tournée générale au Café du Commerce, s'est avérée dans la réalité aussi inhumaine et antisociale que financièrement contre-productive... Pour une fois que finance et humanisme se rejoignaient...


Quand on pense, quand on pense... Vivement le joli mois de mai.

vendredi 2 mars 2012

409° Vanneste voit des pédés partout !


Nous autres, pauvres pédés, n'imaginions pas flanquer un pareil bazar à l'UMP. Voilà des gens qui ont réussi à se mettre d'accord pour tout un tas de vilaines choses, démonter pièce par pièce le code du travail, avantager les plus riches, affamer les Français « du bas », faire passer subrepticement notre pouvoir d'achat de nos porte-monnaie dans les coffres sans fond des spéculateurs, dévaster notre système d'enseignement, et j'en passe, mais qui n'arrivent pas à se mettre d'accord sur l'égalité des Français face au droit de s'aimer et de copuler à leur guise.


Les histoires de gros sous, les injustices, les discriminations, tout ça, ils l'ont géré. Mal, certes, mais dans un bel ensemble, sans dissensions internes ni discordances notoires. Mais ce bel entrain s'est brisé sur une malheureuse histoire de cul.


Multiplier le nombre des SDF par trois en un quinquennat pendant lequel le titulaire avait promis de le réduire à zéro en deux ans, ils savent faire. Mais savoir si les homosexuels ont le droit de s'aimer et d'avoir des enfants dans les mêmes conditions administratives que les hétéros, c'est trop fort pour eux.

Qu’une entreprise s'avise de ficher ses employés ou ses clients avec trop de zèle, elle passe immédiatement à la moulinette de l'opprobre et de la loi. C'est pas bien, il faut respecter la vie privée des gens, ne pas les catégoriser, ne pas les désigner, ne pas les trier. Fort bien. Mais alors pour quoi n'ont-ils aucun scrupule à perquisitionner jusqu'au fond de nos lits pour savoir si tel ou tel Français a le droit de vivre conformément à ses aspirations, d'aimer qui bon lui semble, et de vivre comme les autres ???

Le « cas Vanneste », car il faut bien appeler ce trop long feuilleton « un cas », est tout à fait représentatif de la vétusté et de la péremption des idées sociales de l'UMP, de son caractère réactionnaire, de sa propension à utiliser dogmes et systèmes pour soumettre et exploiter les braves gens au lieu de les guider vers un équilibre humaniste.


Voilà le parti qui se divise entre partisans de virer Vanneste et partisans de le garder, mais on peut toujours compter sur les doigts d'une main de manchot ceux qui sont d'avis de regarder une fois pour toutes les homosexuels comme des gens ordinaires, et non plus comme une minorité bridée dans un droit réduit sur mesure.


Copé et, de façon surprenante, Thierry Mariani, leader de « la droite populaire », sont partisan de renvoyer Vanneste à ses études mystiques, mais Lionel Luca et Jacques Myard affirment qu'en se défaisant de ce chatterton, l'UMP « tomberait dans le piège de GayLib, ce lobby qui opère au sein du parti une véritable chasse aux sorcières »...


De cette discorde résulte une côte mal taillée qui mécontente tout le monde ! On garde Vanneste au prétexte qu'il a donné « sa parole d'homme » de démissionner, mais on ne l'investit pas pour les législatives....

Lequel Vanneste déclare qu'il n'a jamais promis de partir, mais qu'il va s'en aller quand même. Mais que ce soit bien clair : s'il s'en va, ce n'est pas pour le prix de « son homophobie », mais au contraire parce que ce parti étouffant ne lui permet pas d'exprimer ses sentiments.




Ce qui nous donne quand même quelques morceaux choisis, lorsqu'il déclare, notamment :

«Mes interventions sur l'homosexualité sont rares, beaucoup moins dures que certains de nos amis. Elles sont fondées sur des connaissances historiques, psychologiques, anthropologiques».


Rares ? Vous avez dit rares ? Je cherche encore un exemple où il parlerait d'autre chose !

Et quels amis ? Des exemples ?


Autre morceau de bravoure, lorsqu'il estime que l'UMP est littéralement infiltrée de suppôts de sa tante, qui « par cooptation », répandent leur doctrine dans ses rangs dans le but de l'officialiser.

Le bouquet étant atteint lorsqu'il qualifie GayLib de « lobby militant dont les membres prolifèrent au parti », alors que précisément, GayLib a annoncé qu'il cessait de soutenir l'UMP devant son refus réitéré de prendre en compte les revendications LGBT.


Et au final , si Vanneste finit par quitter l'UMP, non pas devant les accusations d'homophobie qui lui sont opposées et dont la justice l'a d'ailleurs blanchi, mais pour le motif qui lui convient « de ne pas pouvoir s'y exprimer librement », où va-t-il aller ? Au FN ? Il risque d'y perturber la savante campagne que Marine a lancée en direction du vote gay en essayant de faire croire que les agressions homophobes seraient le fait de l'islamisation du pays … Pas sûr qu'on y accueille ce trublion de bonne grâce. D'autant plus qu'il y a là bas tout un tas de petits bourgeois à cheveux courts bien propres sur eux et sans doute élevés chez les curés qui n'ont pas du tout envie qu'un discours homophobe vienne perturber l'ordre nouveau...

Au CNI, devenu CNIP, d'où il vient ? C'est le plafond de verre... Le CNIP ne possède qu'un seul député (Gilles Bourdouleix) et un seul sénateur (Philippe Dominati)...et fait quelque peu figure de parti fourre-tout en accueillant pèle-mêle des laïques et des intégristes.

Photo: couverture du journal "Minute".


Enfin, on se perd en conjectures sur les motivations profondes de Christian Vanneste, qui semble s'obstiner à tracer son sillon dans une direction où bien peu de gens vont le suivre, dans notre beau pays où 63% des citoyens sont favorables au mariage homosexuel.

Finira-t-il en psychiatrie ? Ou dans la presse à scandale pour avoir enfin donné libre cours aux vigoureuses pulsions qui, comme le supposent les docteurs de la tête, sont en général à l'origine des cas les plus opiniâtres de fixation et d'obsession ?


Voilà en tout cas sa crédibilité perdue. Un à zéro, la balle au centre. La suite de l'histoire nous distraira de la vie politique mouvementée qui nous attend...


La preuve : Voilà notre Sarkozy chahuté dans les rues de Bayonne, et c'est, bien sûr, la faute du parti socialiste qui exhorterait ses troupes à crier leur joie de le voir arriver. Il est bien connu que la baisse du pouvoir d'achat, la ploutocratie, la montée du chômage, les fermetures d'usines, l'arrogance du pouvoir, l'insécurité grandissante et la politique d'immigration forcenée ne sont pour rien dans le mécontentement des Français, et qu'il est nécessaire que le sauvage parti socialiste aille agiter la muleta sous les naseaux du bon peuple et lui planter quelques banderilles supplémentaires dans l'échine pour qu'il se décide à manifester.


Non, il n'y a pas de commandos de gauchistes pour égayer les visites de Sarkozy, il n'y qu'un mécontentement populaire spontané, qui va bientôt, ne leur en déplaise, se manifester dans les urnes.


Sinon, pourquoi le public des meetings et des visites d'usines de Sarkozy est-il si soigneusement trié sur le volet ? Pourquoi les foules déchaînées sont-elles tenues à distance, les périmètres de visite bloqués et les routes fermées lors des sorties habituelles du petit précieux ?
Pour éviter, précisément, ce qui se produit immanquablement si de telles précautions ne sont pas prises, ce qui fut le cas à Bayonne.


Être un président populiste ne fait pas de lui un personnage populaire : la preuve !

Quant à la sortie sur « l'épuration » de la fonction publique perpétrée par Sarkozy en cas de victoire de Hollande, (il n'a pas dit les « socialo-communistes », mais ça a du le démanger...), elle me réjouit doublement :

Une première fois parce qu'elle dénote que son argumentation a versé au delà de l'outrance, dans l'imbécillité, et la seconde parce qu'elle me remémore 1981, où l’épuration fut également annoncée par une droite aux abois...