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mercredi 5 novembre 2008

209° - Obama.. Bien... Et maintenant?

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L'appréciable victoire de monsieur Obama me semble relever davantage du domaine du symbole et de la philosophie que de celui du changement radical.



Sans doute la venue d'un président noir peut-elle réprésenter une image forte de l'unité de la race humaine, et apaiser les tensions qui se tissent autour de l'image de l'Amérique, notamment dans le tiers monde et les pays « non-blancs », laïcs ou non chrétiens.


Mais n'imaginons pas que les USA vont cesser d'être les USA. Ne croyons pas que l'ultra libéralisme va cesser d'écrire le scénario du monde, que la religion, dont monsieur Obama se prévaut d'ailleurs autant que son opposant, va reprendre sa place de conviction personnelle et cesser d'inspirer les actes politiques et militaires du pays, n'imaginons pas non plus que l'impérialisme et l'esprit de croisade de l'Amérique se sont dissous dans la défaite républicaine, ni même que le racisme pur et dur a reçu son coup de grâce.


Il n'est que de jeter un œil sur les « chats » américains de ce matin pour voir la cristallisation des nostalgiques du « WASP system », qui affichent soudain sur leur profil des tags insultants, racistes, frustrés et révoltés contre leur nouveau président.


Sans aucun doute faut-il se réjouir de ce qui nous arrive. Car si cela s'est produit aux USA, « cela nous arrive » aussi à nous, tant le rayonnement de ce pays influe sur notre quotidien.


Mais.... Si l'apaisement que cette élection va sans nul doute inspirer dans nos banlieues n'est pas habilement transformé par notre gouvernement en une réelle émancipation sociale, la déception à l'arrivée n'en sera que plus amère et les réactions plus violentes... Or cela, ce sont précisément les choses qu'on ne comprend pas à l'Elysée et rue de Grenelle. Et encore moins au Medef.


Notre regrettable président va être un peu déçu. L'archi-ultra-libéralisme qu'il nous donnait pour modèle a perdu ses représentants les plus significatifs. Les croisés du christianisme qu'il semblait admirer au point de soutenir leurs ratonnades ne vont plus faire la loi, mais force est de constater que leur empreinte ne disparaît pas: si monsieur Obama veut retirer ses troupes d'Irak, il envisage de maintenir et même de renforcer son contingent en Afghanistan, où notre Sarkozy se complaît à aller guerroyer de concert malgré les revers qu'il y essuie.


La démolition du code du travail et la précarité de l'emploi dont il voyait outre-atlantique des modèles absolus pourraient, dans de modestes proportions- cesser d'être d'incontournables conditions de succès de l'économie, et l'absence d'un système national de santé qu'il nous présentait comme l'avenir de la médecine semble avoir du plomb dans l'aile, ce serait même notre système français qu'il décriait tant qui va servir de modèle à celui dont l'Amérique veut se doter...


Les Britanniques, ce hibou sur l'épaule de l'oncle Sam, vont être privés de croisades et de fracture sociale organisée, et le thatchero-blairisme voit ses idéaux anti-sociaux durement vilipendés et balayés par la victoire démocrate d'outre-atlantique. Les démocrates américains seraient-ils plus à gauche, -enfin moins à droite- que les travaillistes anglais? On peut faire confiance à ce peuple insulaire pour porter jusqu'à l' engloutissement ultime du navire l'étendard du conservatisme le plus dur.


Les Etats Unis n'avaient pas, comme la presse et l'opinion le déclaraient volontiers, le choix entre un bond en avant et un retour en arrière. Leur latitude se limitait juste à renoncer douloureusement à un passé médiéval pour s'installer dans un présent à replâtrer. Les projets d'avenir radieux restent une quasi-utopie qui devra affronter tous les démons de la réaction, de la religion mal comprise, de l'économie déshumanisée et de la finance mafieuse.

Obama va-t-il, par exemple, abolir la peine de mort?


Antenne 2 montrait avant hier une militant républicaine, une grosse dondon avec de la verroterie aux oreilles et aux poignets, un catalogue de marchand de couleurs sur la tronche et une choucroute sur la tête, qui téléphonait aux braves gens devant la caméra du journaliste français en leur disant:


« Si vous votez Obama, l'Amérique va devenir comme la France et l'Afrique: communiste ! »



Et comme le journaliste français s'étonnait de ces déclarations et tentait d'éclairer sa lanterne, elle lui répondait, en français d'ailleurs:


« Bien sûr, vous êtes communistes, vous n'êtes pas libres, vous n'allez pas m'apprendre comment est le monde ».


Elle voyait la France quelque part entre Israël et la Russie, mais elle possédait deux téléphones pour propager sa science au nom du parti républicain. Normal qu'il ait perdu? Êtes-vous bien sûr que les militants démocrates faisaient beaucoup mieux?


Alors, croisons les doigts. D'abord pour qu'on ne nous l'assassine pas! On a déjà essayé. Au pays des armes à feu, beaucoup doivent en rêver. Malgré la dimension que l'on donne à l'événement de son élection, Obama n'est que le ferment d'une transformation que tous les humanistes souhaitent. Il a besoin de temps, de consensus. Il est intelligent, rassembleur, fédérateur.


Mais plus il aura de « voyants au vert », plus il suscitera de sympathie et plus fort sera le mouvement qu'il initiera, plus motivés seront ses ennemis, plus aigris les réactionnaires, plus furieux les conservateurs, plus agressifs les aveuglés de l'américan way of life.



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mercredi 24 septembre 2008

200° Superfrimeur a encore frappé.

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L'époque est au surréalisme. Après le cinéma et les nationalisations outre-atlantique, notre regrettable président, toujours soucieux de branchitude, a décidé de produire également quelques chefs d'oeuvre.


Ce grand artiste de la dérégulation plaide maintenant pour un capitalisme régulé...


Ainsi, après l'octroi du paquet fiscal, les diminutions d'impôts, la suppression de la TIPP flottante sur les carburants, le bouclier fiscal, la taxation d'objets usuels, l'abolition du code du travail, l'augmentation de la CSG sur les retraites, la persécution puis l'abandon sur le tas des chômeurs en mal de réinsertion, la dépénalisation des délits les plus communs des dirigeants d'entreprise, l'obsolescence de la culture, l'encouragement aux sarcasmes de son entourage sur une vision socialiste de la société, voilà ce grand ami des propriétaires de yachts qui se rend à New-York, mecque de sa religion néo-libérale, pour réclamer la tête de ceux qui ont fait dérailler le train du « toujours plus ».


On accusait son maître à penser Balladur de gouverner au jour le jour, Sarko gouverne d'heure en heure. Il sait trouver la télévision lorsqu'il veut s'adresser aux Français, mais il semble oublier que lesdits Français continuent à la regarder lorsqu'il s'adresse aux autres, ou bien il croit que ses amis la possèdent et la maîtrisent déjà au point que ses écarts et autres digressions et contresens seront rectifiés comme dans Le Meilleur des Mondes.


Voilà donc notre petit Don Quichotte à la Nouvelle York pour obtenir des instances qui ont subventionné son ascension au trône qu'ils mettent un peu d'ordre dans leur partie de poker.


Sûr que les titans de la finance vont trembler en voyant arriver ce justicier petitguignolesque, ce modèle réduit de superman qui escalade comme un écureuil qui a perdu ses noisettes le pupitre de l'association qui lui décerne le prix Elie Wiesel pour petits services rendus afin de réclamer leur tête à grands cris et qui va sans aucun doute récidiver ce soir à l'ONU.


Tout comme Poutine a tremblé de peur lorsque Superfrimeur est allé lui faire les gros yeux à propos de la Georgie.


Sa cuti a-t-elle viré? Le néo-libéralisme n'est-il plus sa religion? Sous l'implacable autorité du petit timonier tricolore, va-t-il devenir un système à visage humain? La vie est de plus en plus chère, mais qu'est ce qu'elle est drôle!


Si c'est le cas, au lieu d'aller rencontrer Timothy Geithner, le patron de la succursale de New York de la FED, la Banque Fédérale Américaine, il aurait mieux fait de se faire accompagner de Besancenot. Il faut assumer ses opinions, et en matière d'aménagement humaniste du capitalisme, Olivier était l'homme de la situation. D'ailleurs, ils sont tous les deux de Neuilly, ça devrait les aider à créer des liens.


Car une crise comme celle que nous voyons, ce n'est pas de l'argent qui disparaît. L'argent ne disparaît pas. Il change de place. Il était sur la table, maintenant il est dessous. Un peu dans les tiroirs, un peu dans les manches de veston. Il en est de Wall Street comme des tables de poker, les gros joueurs se refont toujours, et ce sont les petits qui font tourner la baraque.


En tout cas, la situation à l'intérieur même de l'UMP devient passionnante. C'était déjà un panier de crabes, ça va devenir la cage aux lions. Car Nicolas en a obtenu les commandes en promettant de bétonner une France bien libérale, de dérouler des autoroutes aux entreprises, de reléguer la coûteuse et exigeante classe moyenne dans les banlieues du prolétariat, de créer des passe-droits, des niches, des sens uniques à la circulation de l'argent, et des étranglements dans les circuits de redistribution trop généreux.


C'est donc le clivage gauche-droite qui va se scinder en deux fractures: une à droite entre ultralibéraux et « droitistes sociaux » et une à gauche qui va creuser l'abîme entre démocrates-sociaux et anticapitalistes...


Nous nous dirigeons donc pour la période à venir vers un paysage politique semblable au Paris géographique, avec une rive droite, une rive gauche, et au milieu du fleuve une île, que dis-je, le radeau du roi Bayrou, -un grand visionnaire celui-là-, qui ne survivra que grâce à la rive avec laquelle il pourra faire commerce, donc la plus riche, démontrant ainsi une fois de plus que le centre n'est que l'anti-chambre de la droite. D'aucuns disent le purgatoire.


Ainsi, comme une rivière qui cherche son lit, le clivage gauche-droite va faire semblant de chercher sa place. Faire semblant car, comme je viens de le dire à propos des centristes, il retrouvera tôt ou tard ses positions traditionnelles. Mais après combien de péripéties dont nous ferons les frais?


A moins que les imprécations new-yorkaises de notre comique de service ne soient que comme le merveilleux fond de teint dont on nous fait à la télévision une luxueuse publicité:

« Le fond de teint qui ne se voit pas ».

Pourquoi en mettre, alors?



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