jeudi 4 juillet 2013

453° La carpe et le lapin sont bien complices...









Oui, je sais : l'information, dans sa multiplicité et sa sujectivité, devrait nous esquisser le monde de demain, mais en fait, ce flot pléthorique nous submerge, et il ne manque pas de site et de blogs pour nous en abreuver jusqu'à plus soif.

Je ne retiens donc que les petits événement qui me font rire parce qu'ils sont puissamment révélateurs de la duplicité de tous nos édiles.


Le premier est l'invitation faire par Nathalie Kosciusco-Morizet à Virginie Merle-Tellenne, alias Frigide Barjot, à venir partager thé et biscuits à son QG de campagne  pour débattre du dernier cri de l'homophobie française, et s'assurer quelques électeurs cathos, s'il en reste.
Nous avons d'un côté miss Deux-doigts qui croit pouvoir refuser l'égalité citoyenne aux homosexuels « sans être homophobe », et de l'autre côté, une carriériste tous-terrains qui prétend défendre le mariage pour tous mais s'abstient de voter pour.





 Ce qui est un total manque d'intelligence, car c'est la meilleure manière de se fâcher avec les deux parties.


Nous savons de quelles horreurs Frigide est capable à notre égard, nous savons maintenant qu'en dépit de ses déclarations, le bonheur et le statut républicain des millions d'homosexuels français pèse moins lourd aux yeux de NKM que ses perspectives de carrière...


La seconde est la bataille de cils qui fait rage entre Frédéric Mitterrand et Aurélie Philipetti, le ci-devant et l'actuelle ministre de la culture.
Tout s'est précipité à la suite du limogeage de Delphine Batho. Frédéric Mitterrand, qui perd rarement une occasion de se taire, s'est répandu dans les médias en disant que « François Hollande ne s'intéressait pas à la culture »  alors que lui avait eu la chance d'être le ministre d'un président passionné de culture, et que sous sa présidence la dotation ministérielle du ministère de la culture n'avait jamais faibli.
D'abord, souvenons nous qu'avec Sarkozy, c'est surtout la dette publique qui n'a jamais faibli, attendu qu'il l'a fait croître de 800 milliards d'euros...

Quand à la passion de Nicolas Sarkozy pour les choses culturelles, souvenons nous également que la France suivait avec apitoiement les progrès de ce mauvais élève du secondaire qui, sous la houlette de l'éclairée Carla Bruni, découvrait Maupassant, Stendhal et Le Clézio à cinquante ans et cachait difficilement son admiration pour Ferdinand Céline et son aversion pour La Princesse de Clèves, dont la fine analyse sentimentale devait lui rappeler de trop mauvais souvenirs.
Souvenons nous également de sa difficile répudiation de Stallone au cinéma et de Barbelivien dans ses ritournelles musicales.

Mettre Sarkozy et « culture » dans la même phrase, c'est comme vouloir associer « cuisine » et « anglaise » Le mélange est explosif, et l’auditoire explose aussi dans un grand éclat de rire.

Rappelons-nous aussi que la politique culturelle de Frédéric Mitterrand a laissé bien peu de place à la création et essentiellement soutenu la culture des classiques du patrimoine, ce qui est insuffisant pour assurer l'éclat du phare de la culture français dans les années à venir.


Du coup, Aurélie Filipetti rétorque que « Frédéric Mitterrand n'a fait que regarder passer les trains ».  , et qu'elle, au moins, les aiguille.

Consolons nous avec ces politicailleries. La vraie politique est une chose bien trop sérieuse pour être confiée à des politiciens.



mardi 25 juin 2013

452° Pas de salon pour le mariage gay...






Le salon du mariage gay a fait un bide ce dernier week-end, et le traitement de l'échec de cet événement par les médias est assez symptomatique. Ici et Ici..

La presse gay-friendly observe sur ce flop un silence consterné, manquant ainsi l'occasion de faire le procès de ceux qui n'ont rien compris.

Et ceux qui n'ont rien compris ironisent sur cet échec avec des arguments qui démontrent à quel point ils ne comprendront jamais.

L’illustration de cet abîme d'incompréhension est assez bien résumé par cet article  où l'on peut lire que :

« Pourquoi cet échec ? Parce que toute l’histoire du mariage des homosexuels tourne autour d’une poignée d’ultra-gauchistes, pas forcément gay d’ailleurs, dont l’objectif central est la destruction de toutes les valeurs sur lesquelles l’homme se construit et construit son équilibre. »

Il faut n'avoir rien compris au « mariage pour tous », soit par niaiserie, soit par volonté de discrimination et/ou par cupidité pour avoir imaginé un tel salon, et il faut faire preuve d'un militantisme dogmatique déconnecté des réalités pour imaginer que cet échec serait la sanction d'une mesure « voulue par une poignée de gauchistes »...

Cet échec, c'est essentiellement celui d'une tentative des marchands du temple de traire une vache à lait qui n'a pas envie de se laisser faire, et nous allons examiner pourquoi. 




La non-discrimination, c'est l'égalité. C'est pourquoi les gays n'ont jamais accepté de solution « spécial homo » du type CUC : ce serait un nouvel enclos administratif pour mieux les parquer, marquer leur marginalité. L'égalité voulait qu'ils bénéficient des mêmes dispositions légales que tous les citoyens, et c'est pour cela qu'ils se sont battus jusqu'à obtenir de relever de la loi générale du mariage applicable à tous les Français.

Alors, si les gays veulent un salon du mariage, ils iront au « salon du mariage » comme tous les autres citoyens qui partagent avec eux cette disposition légale d'intérêt général et qui trouvent intérêt à ce genre de manifestation.

J’ajouterai à cela qu'il existe déjà trois « salons du mariage », à savoir dans l'ordre de Google : le salon du mariage et du PACS  , le salon du mariage du Carrousel du Louvre  , et le salon du mariage « tout court »  pour ceux qui imaginent qu'un mariage doit nécessairement obéir aux formes les plus convenues et sont prêts à payer des fortunes pour se couler dans le moule antique et solennel des « justes noces » bien de chez nous.

Or les gays ont un mode de vie original, qui faute d'avoir été accepté pendant des siècles par les canons de la culture, a eu tout loisir de se développer de manière spécifique sur un terrain vierge de tout tabou et de toute obligation.
Alors, imaginer qu'ils voudront tous avoir un mariage de confection, estampillé « judéo-chrétien », préfabriqué pour « la famille modèle », c'est peut-être aller un peu vite en besogne.
Ceux qui veulent se rallier au mariage conventionnel pourront toujours visiter les manifestations existantes concoctées par les pros du commerce opportuniste. Ceux qui veulent autre-chose, justement, se garderont bien de se laisser récupérer par un nouveau piège tendu par des créateurs de besoins, des inventeurs d'envie et des conformateurs de clones.
Il devient donc clair qu'entre les uns et les autres, il n'existait pas de place pour un salon du mariage gay...


Alors, on efface tout et on recommence. Non, les militants pour le mariage gay ne sont pas tous de gauche (j'en connais de droite), et encore moins « ultra-gauchistes ». Dans toute cause, et chez les gays comme ailleurs, il y a de nombreux partisans qui espèrent, et un petit groupe de militants qui agit.
Les agitateurs de la Manif pour Tous répondent encore plus que « le lobby gay » à ce schéma d'un noyau activiste qui agite des foules, dans la mesure où les foules qu'ils soulèvent n'ont rien à gagner ni à perdre dans l'avènement du mariage pour tous, alors que la plupart des gays sont directement et personnellement concernés par l'égalité citoyenne de leur statut.

D'ailleurs, près de 70 % des Français se sont déclarés pour le mariage des homosexuels, ce qui ne permet pas aux partisans du refus de revendiquer les 30 autres pour-cent, -loin de là- , et les relègue donc impitoyablement au statut de minorité agissante dont ils accusent les autres.

Alors, le coup de la minorité, même agissante : stop. L'ensemble de la société n'est fait que de sous-ensemble qui sont les minorités. « L'intégration » des minorités ne signifie par la disparition de leurs particularismes, mais leur fusion dans un groupe plus grand qui est la société. 




Ensuite, à la différence de certaines « minorités » qui nous gouvernent et nous font subir leurs lois financières ou religieuses, la liberté revendiquée par les homosexuels de vivre leur vie, de s'aimer, et d'accéder au mariage « comme tout citoyen » n'enlève pas un iota de la liberté aux autres, ne change rien à la vie des hétéros et n'interfère en rien dans le mode de société qui est le nôtre, à preuve le devenir sans histoire des pays qui ont depuis des décennies adopté le mariage gay et où l'apocalypse et le déclin ne se sont pas produit, contrairement aux prévisions des homophobes.

Alors, tous les discours qui appellent au complot d'un lobby qui « sape les fondements de la société » me semble relever du fantasme le plus délirant de ceux qui auraient bien voulu être « des modèles de société », mais qui, par leur médiocrité et leur absence d'imagination et d'esprit de progrès restent désespérément des moutons du troupeau.



vendredi 7 juin 2013

451° Une Manif trop loin...









C'est l'information derrière l'information, l'arbre qui cache la forêt, qui mérite un petit examen cette semaine.

Car non seulement rien de ce qui nous arrive ne peut nous apporter la moindre satisfaction, mais ce que les médias nous en disent, les analysent qu'ils en font, et surtout ce qu'ils en oublient jettent l'observateur dans un océan de spleen.

Ainsi par exemple, les événements qui se sont enchaînés, et notamment l'affaire Tapie ont rejeté aux oubliettes les dégâts collatéraux en cascade provoqués par les errements de Frigide Barjot. On croit bien faire en l'oubliant : on a tort. Les battements d'aile de ses papillons papa-maman ont provoqué des cataclysmes non seulement dans les familles françaises, mais surtout jusqu'en Russie et en Afrique centrale.

Dans les familles françaises, il suffit pour s'en rendre compte d'écouter les carnets de bord des services d'écoute de SOS Homophobie,  qui font état d'une hausse exponentielle des drames et violences homophobes depuis que la marche pour tous a prétendu qu'on pouvait refuser des droits aux citoyens homosexuels sans faire d'homophobie.

Drames familiaux... Le Refuge croule sous les demandes d'asile de jeunes homos et lesbiennes jeté(e)s à la rue par des parents « légitimés » par le discours bleu et rose, mais aussi drames dans les écoles, les collèges, les immeubles, les quartiers...

En Russie, la presse a rendu compte des Manifs pour Tous avec des commentaires si sympathiques et partiaux que les Russes ont pris fait et cause pour le mouvement. Le terreau était fertile pour la graine homophobe : une église proche du pouvoir, intolérante et rétrograde, des groupes nationalistes bien « virils » très nombreux, une recherche effrénée de hisser « la Grande Russie » au-dessus d'un « Occident » supposé décadent en stigmatisant des libertés « au-delà de la ligne rouge », au premier rang desquelles on trouve tout naturellement l'homosexualité.

Ainsi, le projet de loi tendant à interdire les homosexuels de toute publication et de toute médiatisation est-il, depuis les premiers balbutiements de Frigide, devenu une vraie loi.
Les agressions se sont multiplié, dont certaines très sanglantes. Or celles qui ont les honneurs de la presse, avec commentaires désobligeants et homophobes à l'appui, ne sont que les plus effroyables. Notamment celle qui a vu, à Volgograd, le corps de la victime quasiment dépecé et éparpillé dans un parc....

Mais les milliers d'agressions auxquelles les victimes survivent tant bien que mal ne sont pas répertoriées : de peur de représailles, personne ne porte plainte. Sans compter que ni le ministère de la sécurité intérieure ni le ministère de la justice ne disposent d'un quelconque critère statistique qui permettrait de distinguer les agressions et meurtres homophobes des autres.

Voir entre autres ICI, ICI, ICI, ICI, et ICI ...

Un récent décret du Kremlin interdit maintenant de laisser partir des enfants à l'adoption si le demandeur est homosexuel. La Russie n'avais pas réagi aux treize premiers pays qui ont légalisé le mariage et l'adoption pour tous, mais le tapage médiatique de Miss Deux-Doigts les a fait trébucher sur la quatorzième marche...
Reste à savoir comment ils vont faire pour déterminer la préférence sexuelle des candidats à l'adoption...

En gros, depuis les vaticinations et piétinements de la Manif pour Tous et des comptes rendus qu'en ont fait les médias russes, la vie des homos russes est revenue à ce qu'elle était dans les années 60.

En Ukraine, la Gay Pride de Kiev, qui avait été autorisée, a été interdite 24 heures avant son déroulement.
Les autorités semblent avoir attendu avec malignité que tous les préparatifs soient faits et les invités étrangers arrivés dans le pays pour proclamer l'interdiction.

Au Nigéria, une nouvelle loi est votée: 10 ans de prison contre tous les homosexuels affichant publiquement leur relation et interdiction du mariage sans certificat médical d’hétérosexualité sous peine de 14 ans d'emprisonnement. La Manif pour Tous y a été citée en exemple comme « un sursaut de salut public ». Là encore, on fait comment pour le « certificat médical d'hétérosexualité » ? Le médecin devra-t-il donner de sa personne ?

En Zambie, grosse médiatisation autour de deux procès de militants LGBT, la presse présentant là encore la Manif pour Tous comme « un sursaut de salut public ».

Au Maroc, deux homosexuels ont été condamnés pour s'être tenu la main grâce à une loi très ancienne mais jamais abrogée, qui n'avait plus été appliquée depuis près de cinquante ans.

Même en Europe, dans la très catholique Lithuanie, on étudie maintenant une loi empêchant les homosexuels d'adopter, ce qu'aucune loi n'interdisait jusqu'ici. Pourquoi juste maintenant ?

Il convient donc de féliciter Frigide Barjot pour l'ensemble de son œuvre internationale.

En France, non seulement les homophobes de tous poils se sentent pousser des ailes et s'estiment légitimés à agresser des gays, des lieux gays ou symboliquement gay-friendly comme les permanences du PS un peu partout. Les voilà qui se prennent à fantasmer sur la non-légitimité d'un gouvernement de gauche pourtant bien élu, à montrer leurs muscles un peu partout et même à assassiner en pleine rue un étudiant qui avait l'intelligence de les prendre pour ce qu'ils sont.
Ajoutons, photo à l'appui parue dans la presse, que Clément Méric avait manifesté pour l'égalité du droit au mariage aux côtés des LGBT.

Quand on les interviewe, ils estiment « ne pas être entendus ». S'il suffisait de se faire entendre pour gouverner un pays, non seulement leurs groupuscules n'existeraient pas vu leur infime minorité, mais on imagine la pétaudière d'un pays gouverné par des braillards à gros biceps, effrayés par le futur au point de vouloir toujours recommencer le passé, incapables de créer, d'imaginer, de progresser, et n’ayant de repères qu'en exaltant les pages les plus sombres de notre histoire.

Tiens à propos, je m'offre une petite digression. Encore que, peut-être pas si hors sujet que cela...
Pas plus tard qu'hier, François Fillon, vous savez, ce grand progressiste qui avait d'abord parlé d'abroger la loi sur le mariage avant de vouloir se limiter à la « réécrire », a affirmé sur France 2 qu'il serait candidat à la présidence « par devoir, et pas par envie ». Cette déclaration a allumé un petit clignotant dans mon esprit de gauchiste tordu : le dernier à avoir fait preuve d'un désintéressement si exemplaire, c'était Pétain, qui voulait « faire don de sa personne à la France ».

Comme Fillon ne peut pas dire une connerie sans que Copé ne surenchérisse, et aussi en vertu du principe d'égalité, sachez que ce dernier vient de déclarer que si on veut interdire des groupuscules d’extrême-droite, il convient aussi faire le ménage à l'extrême-gauche. Comme si on pouvait mettre sur le même plan des individus qui veulent priver les autres de d'égalité des droits républicains et ceux qui travaillent au contraire à parfaire l'égalité des citoyens.
Cet amalgame est très typique du profil de l'individu Copé. Méfions nous des contorsions de cet énergumène...

Pendant que nos médias s'extasient sur le formidable activisme du gouvernement et la formidable obstruction de l'opposition, des petits curieux regardent par les fenêtres de notre pays, et voient des choses intéressantes :
Le FMI vient de reconnaître que le plan d'austérité appliqué à la Grèce le 11 mai 2010 était une connerie qui avait conduit à une catastrophe.
Alors ça, non seulement on l'avait dit et « on n'a pas été entendus », comme ils disent, mais maintenant qu'eux même l'avouent, personne, quasiment aucun grand média ne répand la nouvelle aussi largement qu'elle le mérite.

Il est vrai que l'assassinat de ce pauvre Clément Méric et les très puériles excuses de son meurtrier (« C'est lui qui a commencé ») occupent très largement nos médias, sans pour autant qu'ils ne s'étendent comme ils faudrait sur le réveil de l’extrême droite autour de l'homophobie...

Mais tout de même : un journal télévisé, ça dure une demie heure. Une journal, il y a plein de pages dedans. Auraient-ils peur d'un vrai « printemps français », pas de celui qui a pris ce nom alors que son programme ressemble bien davantage à l'automne, mais un vrai printemps ?

Bon, le mois de mai est passé, on est en juin, ce serait un printemps tardif. Les Français pensent plus à profiter de quelque repos avec les quelques deniers que la crise ne leur a pas encore piqué, mais tout de même...
La fachosphère n'est pas si regardante sur la qualité de ses raisons pour se fâcher.

Nous, nous avons de vraies bonnes raisons. Si on se fâchait ?






lundi 27 mai 2013

450° Elle a cassé son jouet....




Maintenant que Frigide Barjot a bien consciencieusement jeté de la merde dans le ventilateur, réveillé d'extrème-droite, sorti la fachosphère de sa léthargie et la cathospère de ses litanies, réveillé les homophobes de tous poils, fait descendre des millions de mal-baisés dans la rue, rendu la joie de grincer à tous les grincheux de l'hexagone, et même démontré qu'on pouvait diviser la droite plus qu'elle ne l'était déjà, Madame la Marquise de Deux-doigts se retire du champ de bataille.



« Je considère que la Manif pour tous a fait son temps » confie-t-elle au Point, non sans ajouter : « demander le retrait de la loi Taubira, ce n'est plus possible, (…) il s'agit de droits accordés à des personnes humaines ». 



 Et ça, elle ne s'en était pas aperçu plus tôt, avant de commencer son cirque, la miss rose-bonbon ?
Tous ses amis gays le lui ont dit, répété : le mariage est le dernier chapitre du code civil où perdure une inégalité de droits entre les hétéros et les homos...

Peine perdue : négligeant l'égalité citoyenne, et chevauchant les arguments imbéciles de l'incompétence supposés des homos à élever des enfants, elle s'est lancée dans la bataille sans espoir de la reconquête du moyen-âge, aux côtés de tout ce que la France compte de nostalgiques, de passéistes, d'obscurantiste et d'anti-républicains...

Et maintenant, l'égérie pratique un coïtus interruptus, avec des arguments qui ressemblent à de grosses croix de sparadrap sur une fierté cabossée, sur une défaite douloureuse, prétendant « exercer une influence » sur les élus locaux....

En fait, elle se retire prudemment d'un terrain livré aux loups et aux crocodiles de la politicaillerie : le lièvre qu'elle avait levé était trop beau pour rester vivant bien longtemps, c'était le prétexte rêvé pour les factieux de fachiser un petit coup, pour les arrivistes d'arriver un peu plus, pour tous les drogués à l'eau bénite de se shooter davantage et pour tous les médiocres qui ne manifestent jamais de montrer qu'eux aussi, comme à la CGT, savent agiter des pancartes, dussent-elles couvrir leur porteur de ridicule.

« Pousse-toi, tu gènes », lui disent les fachos, qui assument pleinement leur homophobie.
« Casse-toi pauvre conne » lui disent les UMPistes soucieux de récupérer les voix des petits vieillards craignos sans se demander s'ils seront encore de ce monde aux prochaines échéances électorales.
Clairement, elle ne fait pas le poids, Frigide.  Animer une boite de nuit, peut-être, mais un mouvement lourdement populiste avec un zeste d'extrême-droite plein de haine et de discrimination, il vaut mieux qu'elle oublie. On l'aura mal orientée à Pôle Emploi.

Comme elle a déjà perdu, en dépit de ses déclarations, 99,999 % des voix homosexuelles et que personne de sensé ne la suivra dans son remake de Monsieur Jourdain « de faire de l'homophobie sans le savoir », c'est le retour case départ, avec les nuits du Banana-café en moins, où on ne s'est pas fait prier pour lui faire savoir ce qu'on pensait de ses deux doigts.

Reste à traiter les cas douloureux de quelques jeunes gens malencontreusement embarqués dans cette galère, et qui se sont tellement compliqué la vie à écouter les prèchi-prêchas des divers sexologues intervenus dans cette aventure que leur coming-out est devenu aujourd’hui une opération vraiment préoccupante. Mais nous avions des assoces efficaces pour ça, les gars...



Il faudrait dire à Charles-Henri, Charles-Edouard, Charles-Louis, Charles-André et Charles-Philippe que s'ils tiennent à s'agenouiller devant des hommes virils ayant de grosses matraques, il existe des boites pour ça. Dans la rue, ça risque de choquer les enfants qui ont un papa et une maman.

Ne manquez pas de visiter une page Facebook tout à fait branchée sur le sujet : Les Prières de Soeur Marie-Roberta.



jeudi 23 mai 2013

449° Fallait pas jouer avec le feu...








Les masques sont tombés. Les petites promenades du dimanche des « gentilles familles » de la manif pour tous ne font plus illusion. Frigide Barjot a voulu jouer avec le feu, et maintenant, elle se brûle.

La voilà qui se demande maintenant si elle va aller manifester après-demain, maintenant qu'elle a innocemment accroché au mât de cocagne un objectif, l'homophobie déguisée, qui appâte autant l’extrême droite, les hypercathos, les factieux que les autres anti-républicains et les allumés religieux de toutes sortes.

Maintenant qu'elle a tout mis sens-dessus-dessous, elle appelle au secours parce que les vautours et autres charognards de d'extrème-droite tournent autour de ses pompons roses ?

Car, contrairement à la charitable analyse que font d'elle les plus modérés de ses contradicteurs, elle n'est pas intelligente. Personne d'intelligent n'aurait été se mettre dans pareille situation, oie blanche au milieu d'un marigot de crocodiles. 




 La manif-pour-tous ?   Euh... Là au milieu...


D'abord, croire qu'on peut refuser un droit républicain aux citoyens homosexuels sans être homophobe, cela relève, au delà de la plus sotte candeur, de la pire imbécillité dans l'incompréhension de la loi : discriminer un citoyen au regard de ses préférences sexuelles, c'est de l'homophobie. Or l'homophobie est un délit. Croire échapper à ce dilemme, c'est se mentir à soi-même dans une illumination mystique.

Propager partout des prédictions digne de Cassandre en affirmant que le mariage pour tous va précipiter l'effondrement de la société, c'est répandre des fausses nouvelles dans le but de créer du désordre public. Dans les nombreux pays où le mariage pour tous est en vigueur depuis des années, rien ne s'est effondré, et les agressions homophobes ont même diminué.

Affirmer que le mariage est réservé aux seuls couples capables de procréer, c'est priver de mariage tous les couples sans enfant, pour des raisons aussi diverses que la maladie, l'âge, ou simplement le désir de ne pas en avoir.




Parler de déni de démocratie parce que la minorité qu'on représente n'est pas « entendue » par les pouvoirs publics élus par une majorité, c'est justement ne rien comprendre à la démocratie.
7 % des Français vont à l'église, près de 70 sont favorables au mariage pour tous, et le peuple souverain a envoyé à l'Assemblée Nationale une large majorité de députés qui ont voté cette loi.

On voit bien que la droite n'a pas l'habitude de manifester : s'il suffisait de balader quelques pancartes dans la rue pour voir ses fantasmes se réaliser, il n'y aurait, justement, plus de démocratie, plus de république, plus rien d'autre que le chaos... 



Maintenant, toutes les nostalgiques de moyen âge veulent prendre les commandes du char de la manif pour tous, alors que le véhicule a été construit dans l'insouciance par quelques familles bêtasses et ringardes qui n'ont pas écouté d'autre avis que celui du curé en chaire pour se faire une opinion.

Et voilà que par le prompt renfort des nervis d’extrême droite, des fachos d'un occident mal vieilli, des intégristes affidés à de vieux grimoires de source improbable et de toute manière mal compris, le doux carnaval des bourgeois des beaux quartiers se transforme en une horde sauvage qui s'attaque au pouvoir républicain, le char à bancs fleuri des papas-mamans se métamorphose en panzer foudroyant, leurs jolies têtes blondes en boucliers humains, et les CRS si souvent appelés à la rescousse pour protéger l'acquis des nantis en agresseurs sauvages de fils à papa désœuvrés...

Si Frigide ne va pas à la manif, elle dira que c'est parce que l'ordre n'est pas assuré à cause de Valls, si elle y va et qu'elle se fait écharper, ce qui est probable, elle dira que l'ordre n'est pas assuré à cause de Valls, mais jamais elle n'avouera que c'est elle qui, la première, a agité le chiffon rouge devant le taureau piaffant des phalanges fascistes et des légions des croisés...

Plus fort : la loi prévoit que toutes les associations qui fonctionnenet grâce au mécénat rendent leurs comptes publics. Dès la première manif pour tous, le trésorier s'était vanté d'avoir recueilli 700 000€. Où sont les comptes ???

Pour dimanche prochain, la manif pour tous déclare dans la presse s'être assuré les services de trois sociétés de sécurité privées. D'où vient l'argent ?

Au moins, on en aura fini de Boutin. Par sa dernière déclaration, elle s'est définitivement exclue de toute intervention sur le terrain politique et républicain, en affirmant qu'elle obéissait à des lois « plus fortes que celles de la république ».



Oui, il faut mettre de l'ordre. Réclamer des comptes à ceux qui « ont les moyens » de troubler l'ordre public, affirmer qu'une loi dûment votée par une majorité dûment élue est légitime et incontestable, que c'est justement cela qui s'appelle la démocratie, et que prétendre le contraire, c'est de la sédition, ce qui, tout comme l'homophobie, constitue un délit.

« Quand on prend des vessies pour des lanternes, eh bien... On se brûle ».

Pierre Dac.


Voir ICI  un article intéressant du Nouvel Obs sur le même sujet...


samedi 18 mai 2013

448° Quel accouchement !







Sans doute ne sommes-nous pas au bout des gesticulations et épilepsies homophobes qui ont marqué si douloureusement la longue gestation de la loi sur le mariage pour tous.

Ce qui n'était au départ qu'une mesure d'égalité républicaine et de reconnaissance citoyenne a provoqué, par le truchement de quelques arrivistes en mal de talent et de quelques politiciens prêts à la plus imbécile contradiction pour se démarquer de leurs opposants, une vague de haine homophobe, de discrimination et d'intolérance à un niveau inégalé depuis Vichy.


Au moins, les masques sont tombés. Le vote a montré qu'à l'UMP, sur plusieurs centaines de députés, il n'y en a pas dix qui considèrent que les homosexuels sont des gens comme tout le monde.
Le pays des droits de l'homme où nous croyions résider a quand même souffert d'une fièvre purulente qui rentrera dans l'histoire. Le bêtisier des déclarations homophobes entendues en quelques mois doit rester dans nos archives pour être rappelé lorsque leurs auteurs prétendront se faire élire ou réélire....
La droite bigote nous a insulté, traîné dans la boue, considéré comme des Français de seconde zone, avec des droits inférieurs aux autres, nous a traité de pédophiles, de violeurs d'enfants, d'incapables, de contre-nature et de bien d'autres choses épouvantables pourtant inconnues des évangiles.

Les gays de France sauront s'en souvenir à l'approche des prochaines élections, et rappeler au bon peuple avec tous les détails nécessaires quels monstres froids et pleins de haine réclament leur suffrage.



Il nous reste à subir l'écoulement jusqu'à l'égout de tous les miasmes de frustration, de domination blessée et d'arrogance brisée de ceux qui ont cru qu'il n'y avait pas d'autre moyen de s'aimer que le leur, celui décrit dans leurs livres poussiéreux, et transmis par leurs arrière-grand-mères...

Encore a-t-il fallu que, ce matin, en signant la promulgation, le président Hollande se fende d'un avertissement à l'attention des séditieux qui n'acceptent pas les lois de la République, qui parlent de démocratie et de voix du peule pour les contester alors qu'ils ne représentent que quelques litanies de sacristie et quelques vaticinations de café du commerce. J'espère que cette déclaration d'intention ne restera pas incantatoire et que ceux qui viendront troubler des cérémonies républicaines de mariage seront bel et bien arrêtés en condamnés en conséquence. La sédition a assez duré et la guerre sainte n'a pas sa place dans ce pays.

Stop aux discours où le sens des mots est tordu, où les obscures démonstrations ne sont que d'inextricables nœuds de sophismes, où les fantasmes des crédules prétendent faire la loi et où les  soi-disant bonnes intentions ne sont que de pures impostures.

Hier soir déjà, une bande de conjurés a joué à cache cache dans Paris avec la police, hurlé sa bêtise à la face des journalistes et prétendu représenter une France qui aurait pourtant bien honte de leur ressembler.

Il faut que les Boutin, Barjot et autres bons et mauvais Gibaud comprennent que dorénavant et plus que jamais, plus ils en feront, plus ils se couvriront de honte et d'opprobre, plus ils saliront leur cause, fatigueront l'opinion publique de leurs extravagances et se verront exclure par un pays qui a autre chose à faire que d'entendre les jérémiades de leurs pauvres fantasmes contrariés.






jeudi 25 avril 2013

447° Les murs, c'est souvent des histoires de cons.







Je cite partiellement Jean François Copé à propos du « mur des cons » :

« Sur quelle base, quels critères, des noms ont-ils été placardés sur ce mur..., c'est un sujet tellement grave... Comment en est on arrivé là... ; Quand je pense à Monsieur Guaino qui a été traîné devant la justice pour avoir donné un avis sur un magistrat ».

Alors, comme dirait Mâme Morano, faut tout qu'on reprenne du début.

Lequel d'entre nous n'a jamais épinglé, dans le secret de son bureau, l'effigie d'un personnage détesté ou pour lequel on n'éprouve aucune sympathie ? Pour ma part, j'avais suspendu au-dessus de mon ordinateur une petite poupée vaudou de Sarkozy dans laquelle je plantais une aiguille chaque fois que quelque chose me choquait dans la politique du bonhomme. 


Sa productivité en la matière fut telle qu'il y eut rapidement plus d'aiguilles que de poupée. Lorsque j'ai vu que la justice prenait le relais, j'ai récupéré mes aiguilles et donné la pelote au chat. Je possède toujours, affiché au bord d'une étagère, l'un des billets de 500 euros à l'effigie de Sarkozy que Christophe Alévèque distribuait à ses spectateurs lors de son dernier spectacle.

En son temps, Charles Pasqua participa également à son corps défendant à la décoration de mon bureau. 


Le syndicat de la magistrature n'est pas un organisme d'état, mais, vraisemblablement comme tous les syndicats, une association 1901 de droit privé. Le fameux « mur des cons » se situe, la vidéo dénonciatrice le montre également, dans un bureau encombré, inaccessible au public, -il faut se faufiler entre les meubles-. Il doit être le passe-temps de quelques secrétaires auxquelles la réglementation interdit le bocal de poissons rouges dans un bureau où la climatisation fait crever toutes les plantes vertes en quelques jours. « C'est un sujet tellement grave ...» nous dit Monsieur Copé. 

Si on compte le nombre de portes d'armoires de vestiaires au dos desquelles on voit encore Carla Bruni dans le plus simple appareil, ça confine même à l'affaire d'état, non ? Je m'étonne que cette droite qui voit des affaires d'état partout, et jusque dans la modification du calendrier parlementaire du mariage pour tous n'ai pas exigé les foudres de la justice contre l'intérieur des portes de vestiaire.



« Sur quelles bases, quels critères, des noms ont-ils été placardés sur ce mur ? » continue Monsieur Copé.
Ah, que voilà une bonne question ! Que peuvent avoir en commun des personnages qu'on a réuni sur le mur des cons ? Je me le demande bien, moi. Pas vous ? Ils sont tous de droite, nous dit-on...
Mais toute la droite n'y est pas, pour autant. Alors quoi d' autre ? Quelle particularité précise auraient-ils en commun ?

Quand la commission d’enquête réclamée à cors et à cris par quelques ténors de droite, justement, établira enfin quel lien ténu a réuni là ces quelques portraits, cette découverte ne risque-t-elle pas d'être préjudiciable aux intéressés ?

« Comment en est-on arrivé là ?» se demande monsieur Copé. On voit qu'il n'a pas l'habitude des lieux associatifs. Parions qu'il y a des années que les secrétaires de ce bureau ont demandé qu'on donne un coup de peinture dans la pièce, et qu'un économe pingre et avaricieux a décidé qu'il n'était pas encore assez décrépi ? Alors, ces dames ont fait un peu de décoration … Caché la merde au chat, comme on dit en politique...

Et enfin, Monsieur Copé établit un parallèle avec les foudres de la Justice déchaînées contre l'inoffensif Henri Guaino, qui avait déclaré, urbi et orbi, suite à la mise en examen de Nicolas Sarkozy, que ". "Le juge, par cette accusation infamante, insultante contre Nicolas Sarkozy, a déshonoré la justice ! Il a sali la France en direct et devant le monde entier"



Petite nuance : Henri Guaino a dit ça sur l'antenne d'Europe 1. Il aurait plutôt dû l'écrire sur le mur du fond du bureau d'une secrétaire d'association, cela lui aurait épargné les poursuites dont il est l'objet...




mardi 16 avril 2013

446° Il est temps de sortir le Karcher.






Il y a trois bons mois que tout le monde voit pourrir de jour en jour la contestation du mariage gay, la regarde sans réagir s'infecter d’extrême droite purulente et devenir l'instrument brandi par une droite revancharde à l'encontre d'une gauche quelque peu ensablée...

© polytweet.net


Et finalement, tout le monde s'en fout... Le sort des homosexuels, leur égalité républicaine, c'est bien joli, mais c'est salissant. On compte sur les doigts d'une main, -et encore-, les figures politiques qui se sont dressées pour défendre la pleine citoyenneté des homosexuels.
Christiane Taubira l'a fait, et elle restera dans l'histoire comme l'égérie du mariage homosexuel. On imagine le peu d'élus qui souhaitent revêtir pareil costume. Le gouvernement s'est lancé dans l'aventure sous la pression des instances européennes qui sont résolument favorables au projet, mais la démonstration est faite que l'humanisme protestant qui préside à Bruxelles est plus gay-friendly que la laïcité à la française encore mal libérée d'un catholicisme à l'ancienne.

On ne pouvait pas continuer à cultiver le pourrissement comme ça, d'autant plus que les revendications fascistes « de faire tomber le régime » commençaient à devenir plus audibles que les litanies papa-maman des gogos embarqués dans cette galère sans aucune autre information sur l'homosexualité que celle des dogmes brandis par les Barbarin et Vingttrois de service.

Enfin, après tous ces malodorants remue-ménages, les marionnettistes de toute cette opération montrent leur nez: c'est bien l'extrême droite qui manipule le vote de cette loi pour essayer de semer la zizanie dont elle se nourrit.
La preuve: dans tous les pays du monde où une telle loi a été votée, plus de trente à l'heure actuelle, nulle part on n'a vu des nazillons avec le bras levé, des crânes rasés mélangés aux curés intégristes et toute la fachosphère se ranger en ordre de bataille derrière les homophobes.

Il n'y a qu'en France que ça arrive: demandez-vous pourquoi.


Zorro serait-il enfin arrivé ?
Hier, face au Code Civil brandi par la Barjot, Manuel Valls se dresse enfin avec un Code Pénal à la main. Je pense que le sort des homosexuels, il s'en fout autant que tous les autres, mais le bordel sur la voie publique, les élans séditieux des factions qui contestent la légitimité du pouvoir, les attaques en règle contre les élus, il n'aime pas, et en plus, c'est justement son job d'y faire face.
Et puis, ça présente pas bien sur le curriculum vitae d'un ministre de l'intérieur encore jeune, avec devant lui une carrière politique pleine de promesses.


Alors, la préfecture de police a pondu un communiqué de presse en forme d'avertissement que les Barjot, Bourges et autres agités du printemps feraient bien de méditer longuement.
Communiqué de presse qui dit tout haut ce que nombre de Français pensent tout bas, et là, rien à voir avec les discours de Marine : en deux mots que tous ces excités seraient bien avisés de lâcher la grappe au gouvernement élu de la République d'une part et aux homosexuels de l'autre. Voilà qui est fait. Avec à l'appui rappel de sanctions promises aux organisateurs et aux manifestants.


Rappelons que l'interdiction des Champs Elysées a été signifiée à Frigide Barjot le 22 février, et que son site à continué à convoquer les foules à cet endroit jusqu'au 22 mars, 48 heures avant sa manif ! Là déjà, il y avait organisation de manif interdite, (-la loi prévoit un préavis de cinq jours-), et le pouvoir a laissé faire. On a vu le bazar qui en a résulté.
Combien de troubles causés par les nazillons (Erwann Binet deux fois, Caroline Fourest assiégée dans son train en gare de Nantes, Taubira à l'Opéra de Lyon, etc...)


Ça suffit maintenant. Dans une agression physique, l'auteur du slogan, de la parole qui libère le geste possède une part de responsabilité. Quand j'entends Fillon parler de « sécurisation des enfants » à propos de parents homosexuels, Sarkozy dire « qu'ils vont se mettre à quatre pour faire un enfant », je ne sais plus quelle autre cloche parler de voie ouverte vers des mariages avec des animaux ou des objets et entendre des ecclésiastiques parler d'effondrement de la société alors que rien ne s'est effondré dans les pays qui ont voté le mariage pour tous depuis longtemps, je pense, j'affirme que tous ces gens devraient être poursuivis pour incitation à la violence.


Stop à toutes ces dérives. Que les manifestants hors-cadre soient poursuivis. Pas interpellés, poursuivis. Que les organisateurs soient tenus de publier leurs comptes. (On attend toujours...) Quel les exhortateurs de tous poils soient rendus complices des débordements que leurs vaticinations oratoires ont engendrées, que les prêtres soient renvoyés dans leurs églises où personne n'a d'ailleurs jamais demandé d'introduire le mariage pour tous. (Pourquoi en sortent-ils ? Ils ne sont pas concernés. Qu'on leur applique la loi sur les prières de rue qu'ils ont réclamée à l'encontre des autres !



Que la presse dénonce les invraisemblances trouvées dans la bouche des anti, du genre « on est cinq cent mille, ne pas nous entendre est une atteinte à la démocratie ». La démocratie a parlé en 2012. Dire le contraire s'appelle de la sédition, et c'est un délit.
 La droite dénonce « le laxisme » et « l'angélisme » de la gauche à l'encontre des « voyous ». Et ce serait elle qui en profiterait ? Que tous ces imprécateurs soient traités comme des voyous !







vendredi 29 mars 2013

445° Jusqu'où ira la manip pour tous ?








Le monde civilisé se demandait quelle mouche avait bien pu piquer la France en assistant avec consternation à la montée de haine et d'homophobie suscitée par le vote de la loi sur le mariage pour tous. Les images des homophobes défilant à Paris avec leurs enfants en bouclier humain et des nervis le bras tendus ont fait le tour du monde.

Très vexée de la déconfiture de son petit timonier en 2012, la droite cherche des prises de toutes sortes pour accabler le nouveau pouvoir, et l'extension du mariage aux homosexuels, qui contient intrinsèquement l'octroi de nouveaux droits à une communauté habituellement vouée au rôle de bouc émissaire était un trop bel appât pour qu'ils n'y mordent pas.

Pensez donc, Monseigneur, en quoi allons nous incarner le diable si les homosexuels deviennent des citoyens comme les autres ?

C'est bien pour cela que dans leur très hypocrite bienveillance, les stratèges les moins cons des forces réactionnaires persistent à proposer au monde homosexuel un mariage sur mesure, un contrat spécial, un sauf conduit à triangle rose qui rappellerait bien que leur titulaire sont provisoirement et exceptionnellement autorisés à vivre et aimer comme les autres, mais qu'ils restent bien frappés d'un sceau d'asociabilité, parqués dans un réduit législatif, reconnus comme sous-citoyens, et que même cette situation est révocable à merci. 


Et c'est également bien pour cela que les Gays n'ont cessé d'exiger d'être fondus dans le lot commun, régis par la même loi que tous les Français, et ont dédaigné touts les sauf-conduits qui leur ont été proposés.

D'où l'aspect insupportable de cette universalisation de l'égalité citoyenne au regard de ceux qui persistent à considérer que les homosexuels ne sont pas des gens comme les autres.

Au nombre des plus enragés, on trouve, bien sûr, d'extrème-droite, qui a besoin de posséder pour son argumentaire un éventail aussi large que possible de communautés opposables à la xénophobie.
Pour eux, les étrangers, les Roms, c'est bien, mais ce n'est pas du made-in-France. Avoir un volant de bouc émissaires bien français, qui permette de démontrer que le ver est dans le fruit et qu'en conséquence, il faut éradiquer l'opposition, c'est bien plus pratique. 



Ce qui explique l'attribution du rôle d'ennemi de l'intérieur accordé jadis aux Juifs, et aujourd'hui aux Gays dans le générique de la saga fasciste. Il y a aussi les « assistés » qui sont dans l'antichambre du tribunal populiste.

Pour les intégristes, les justifications de l'intolérance sont encore plus simples. La foi dispense de raisonnement. Quand on leur demande d'expliquer leurs principes, il n'ont même pas besoin d'argument ni d'argumentaire : tout est écrit. On ne sait ni par qui ni quand ni comment, on en déduit donc que c'est par la main de dieu, et le tour est joué. Les religions choisissent des cibles aussi misérables que possible : dans les pays riches, d'immenses légion des mal-baisés constituent pour elles un auditoire de prédilection.  

Pour appâter les gogos du tiers monde, on leur promet l'égalité. Pour appâter les gogos des pays nantis, on leur propose une inégalité basée sur l'abaissement de certains autres.

« Quand on ne peut pas briller de sa propre lumière, on essaie d’éteindre celle des autres ».


 Le système prônant les frustrations comme mode de développement de la personnalité, l’exécration des bons-vivants s'y intègre naturellement, et au nombre de ceux-ci, les gays, dont le mode relationnel, jamais reconnu et donc jamais réglementé, se construit de nouveaux statuts dans les contrées vierges et inconnues du maquis et de la terra incognita.

Tout le problème est la manière dont les choses dégénèrent. Car elles dégénèrent. D'abord, constatons que le mouvement de la manif pour tous n'était au départ que la rencontre fortuite de quelques homophobes hyper-cathos et de starlettes en désuétude prêtes à ferrailler pour n'importe quelle cause afin de se replâtrer une célébrité. Sans l'intervention médiatisée de Barjot et Bongibault, il ne serait resté qu'une manif de Civitas agenouillée derrière ses bannières.


Mais constatons aussi que la manif pour tous appartient de moins en moins à ses créateurs,  et devient de jour en jour « la chose » de l'extrême droite. Les slogans y sont de moins en moins ciblés sur « la mariage homo » comme ils disent, et de plus en plus globalement homophobes. Leur cible va en s'élargissant, visant tout le gouvernement, la personne de François Hollande, et même la gauche en général, puisque se rassemblent autour du thème du mariage pour tous de plus en plus de petits cerveaux qui ignorent la démocratie et pensent qu'il n'est de pouvoir légitime que très à droite.

Ah ! Si Hollande avait écouté les conseils des assoces LGBT, qui connaissent bien la communication sur le sujet, et avait emballé le vote dans la foulée de son élection... Tout comme Mitterand avait, en 1981, expédié pendant l'été l'abolition de la peine de mort et la dépénalisation de l'homosexualité, deux sujets sur lesquels, comme aujourd'hui avec le mariage universel, la France avait accumulé un retard conséquent sur les grands pays du monde libre.

Non... François Hollande a préféré prendre son temps et organiser un interminable débat, qu'il n'arrive plus à clore aujourd'hui, tant les harpies du conservatisme, toujours à l’affût, se sont emparé des faits et propos pour les déformer et les instrumentaliser à souhait. On lui avait bien dit de ne pas ouvrir la boîte de Pandore... Maintenant, elle est ouverte et il faut la clore à nouveau.
Car la politique de la droite dure, qui procède volontiers par amalgames grossiers, (arabes = voleurs, homosexuels = pédophiles) a tôt fait d'associer à ce sujet de société des croyances religieuses qui n'ont rien à faire dans le code civil, de lier ce pauvre ragoût de la sauce des quelques difficultés apportées par « la crise » pour mitonner un infâme bouillon d'hostilité et de haine dont tous les effluves visent la légitimité de la gauche au pouvoir, la laïcité de la république, et l’égalité des citoyens.

Voilà maintenant le pays quasiment divisé par un sujet qui ne concerne qu'une minorité (il y a en France environ 7 millions d'homosexuel(le)s), bruyamment instrumentalisé par une minorité plus réduite encore... (l’extrême droite, combien de divisions?)

Certes, cela nous a donné un incomparable bêtisier de déclarations homophobes, mais ce triste spectacle était-il souhaitable devant un public qui aurait tout à gagner à s'unir devant la crise ?


Et avions nous besoin que les pays qui nous regardent encore comme un phare de culture et le berceau des Lumières découvrent avec stupéfaction que sous l'écorce du chêne de St. Louis grouille un invraisemblable fourmillement de cancrelats moyenâgeux, de barbares en puissance et de gros bras sans cervelle ?

L'Inter-LGBT, HES, SOS Homophobie et d'autres s'inquiètent à juste titre de cette résurgence de la haine homophobe et de son exploitation à des fins politiciennes qui envahit les campagnes de notre démocratie comme une vague de tsunami.

Ce sont les mêmes qui, lorsque les citoyens réclament des droits ou du pouvoir d'achat dans des manifestations encadrées et autorisées, clament que « la politique ne se fait pas dans la rue » et qui viennent aujourd'hui, dans des mouvements de foules débordants, au mépris des autorisations de manifester, braver bêtement les forces de l'ordre pour mieux se victimiser.

Ce sont les mêmes qui dénient les manifestations revendicatives où des citoyens réclament des droits et des avantages justes et égaux, qui viennent aujourd'hui emplir nos rues de déferlements dont l'objet n’est ni l'égalité ni la plénitude des droits, mais au contraire la prolongation d'une inégalité qui n'a que trop duré et la privation, pour toute une minorité, de droits que eux possèdent déjà...

Ce sont ces parents indignes qui sont montés à l'assaut des CRS poussettes en avant et marmots sur les bras qui veulent démontrer que des parents homosexuels ne sauraient pas élever leurs enfants ?

Pendant qu'on voyait ces lâches aventuriers clamer leur haine à la télévision, les quelque 25 000 enfants de couples homosexuels, bien au chaud à la maison, devaient se féliciter de ne pas avoir eu des parents hétérosexuels comme ceux-là !

Certains de leurs ténors sont à l'homophobie ce que les Drumont et les Brasillach furent à l'antisémitisme. En leur temps, peu de citoyens ne vinrent les contredire. Quel homme politique se dresse aujourd'hui pour asséner fortement la pleine citoyenneté des homosexuels, piétiner les jeux de mots et abus de langage dont ils sont les victimes (Je ne suis pas homophobe, mais tout de même...), réclamer l'égalité des droits pour tous, et renvoyer aux gémonies les Adam et Ève que des illuminés viennent brandir face au Code Civil ?


Quel journal titrera « J'accuse » sur cinq colonnes, quel tribun dénoncera l'insaisissable anguille homophobe qui, dans les quartiers, les écoles, les entreprises, passe et repasse autour des homosexuels en soulevant la vase autour d'eux jusqu'à ce que les coups qu'ils reçoivent deviennent invisibles à la foule et se perdent dans les brumes de la rumeur?

Voilà ces séditieux décidés à aller manifester devant le Sénat, lieu d'exercice de la démocratie, comme pour tordre le bras à Marianne et lui faire dire ce qu'elle ne veut pas dire ?

Ce ne sont plus les manipulateurs pour tous qui dérapent, c'est toute une opinion publique encouragée par des médias ravis de l'aubaine, attirés par l’événement pour en faire des gros titres malsains ...

L'histoire montre que l'arrivée des crises déclenche des bousculades du genre « chacun-pour-soi , c'est la faute au voisin » qui sont souvent fatales aux minorités. En sommes nous arrivés là ?

Pour ma part, je reprendrais bien un peu de république, avec un zeste de démocratie.





Plein de tuyaux et de liens passionnants sur l'infiltration de la manif pour tous par l'extrême-droite sur:


et pas seulement sur la récupération et l'instrumentalisation  par l'extrême droite de la petite crise d'eczéma homophobe provoquée par l'interminable débat du mariage pour tous...