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mardi 18 mars 2008

157°. Plaidoyer pour plus de réformes !

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Les exégèses de la défaite de la droite par ses propres troupes valent une bonne comédie de boulevard.


« C'est parce qu'on n'a pas encore assez réformé »...


Je croyais naïvement, pauvre de moi, qu'une réforme était un mieux, un plus, une amélioration sensible qu'on apportait à une situation donnée. Or il semble que les réformes made in UMP consistent plutôt à trancher dans le vif, abattre des pans de service public, supprimer des postes, condamner des tribunaux et des hôpitaux, tenir sous l'eau la tête des indigents...


Je n'avais pas bien saisi que les retraités qui défilaient la semaine dernière réclamaient le maintien du blocage de leurs pensions, que les smicards redemandaient du zéro% sur leur maigre salaire comme ils l'ont subi l'an dernier, que les magistrats devant leur palais de justice exigeaient l'accélération de sa fermeture, et que les ouvriers qui foutaient le feu à leurs usines voulaient démontrer que la prospérité du pays passait par davantage de délocalisations.


Comme quoi on peut se tromper.





Notre gouvernement va donc persévérer dans sa hâte d'achever les mises au point exigées par ses sponsors avant que sa position devienne intenable. La course contre la montre semble être maintenant privilégiée par rapport à la progression raisonnée. Ils ont raison, car je crois de plus en plus que leurs jours sont comptés. La quarantième anniversaire de mai 68 arrive, qui fera l'objet de mon prochain billet.


Valérie Pécresse, elle, ne s'y trompe pas, qui écoute « le silence des urnes ». Sans doute n'y entend-elle pas de contradicteur trop arrogant...


Le pauvre Bayrou, écartelé par la rage de ses affidés à tirer sur leur licou vers la gamelle la mieux servie, a résumé sa défaite en comparant la politique à un balancier qui, cette fois-ci, serait parti du mauvais côté. (la gauche serait donc le mauvais côté???). J'ai plutôt l'impression que le balancier est parti du bon côté avec force, tellement de force que le Bayrou s'est trouvé sur sa trajectoire, et que c'est ce grand retour de balancier qui l'a propulsé en vol plané vers les oubliettes de la politique... Car il aura du mal à s'en remettre.


Comme prévu, Darcos, visité par Fillon, a perdu, comme tous les UMP auxquels Fillon est allée faire une visite de soutien. Rachida Dati a inauguré une grande première: jamais de mémoire de parisien, le maire du 7° arrondissement n'avait été élu autrement qu'au premier tour. Elle ne l'a été qu'au second. L'innovation est en marche. Lellouche aux orties dans le 8° où il était allé chercher une élection plus facile que dans son 9° d'origine. Mauvais printemps pour les coucous.


La Marquise de Panaf a crotté son beau costume en vain sur les marchés de la capitale. Elle semble vouloir renoncer à conduire le groupe UMP, ou ce qu'il en reste, au conseil municipal, ce qui ferait bien les affaires de Rachida, qui lorgne sur le fauteuil. Va-t-elle exiger des défilés de mode sur le parvis de l'Hôtel de Ville?


Eu égard à la distinction de la Marquise, à ses manières exquises, à la qualité littéraire de ses exclamations, je propose de lui décerner une somptueuse distinction de mon cru, inspirée du protocole anglais: Madame de Panafieu est promue dans l'ordre de la Charretière.




Tibéri est repassé avec une majorité qui semble inférieure au nombre de voix mises en cause lors de précédentes élections dans sa circonscription, et mon petit doigt me dit que les électeurs, vrais ou faux, du V° arrondissement n'ont pas fini de défrayer la chronique. Serge Dassault a réussi à se maintenir à Conflans saint Honorine, qui a donc renouvelé sa protection contre « les socialo-communistes ».


Reste un problème: Vanneste. Battu au premier tour, certes, mais tête de liste et donc chef du groupe UMP au conseil municipal de Tourcoing. Toujours investi par l'UMP. Pour combien de temps encore?


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lundi 10 mars 2008

154° Une bonne claque aux mauvaises odeurs.

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Vanneste battu dès le premier tour à Tourcoing, Panaf repartie pour un tour d'opposition à Paris, Cavada en perdition dans le 12°, Lelouche battu par un "dissident" (en fait le local résistant au parachuté) dans le 9°, la vie politique est dure pour les homophobes durs ou mous qui ont joué le populisme en espérant se faire élire sur le dos des gays.


A Tourcoing, où la droite avait mis de grands espoirs sur les épaules machistes de Vanneste, un Monsieur Delannoy, premier adjoint du maire sortant PS, est élu au premier tour avec 53%, devant un Vanneste à 30%, si dépité qu'il insulte le candidat du Modem croisé devant la mairie...

(Le Monde.fr, 10.03, Geoffroy Defresnes).


Cette gifle infligée à l'homophobe du nord n'est pas seulement une victoire du respect républicain pour les citoyens LGBT... Par son truchement, l'UMP lorgnait en effet sur la présidence de la communauté urbaine. Marc-Philippe Daubresse voit donc le fauteuil convoité lui échapper, et accuse les journalistes d'en avoir trop fait sur les condamnations pour homophobie de son cheval de Troie Vanneste. C'est toujours de la faute des pédés, de toute façon. Joli panier de crabes, en tout cas.


A part cette jouissive satisfaction que nous offrent les Chtis, la campagne a été émaillée de petits incidents délicieux. La dame de Panafieu, candidate à Paris, n'a pas démérité. Interrogée par e-llico sur le refus obstiné des élus UMP parisiens de voter contre les subventions aux associations LGBT, elle a montré, quelques jours avant sa déroute – et alors que le vent mauvais des sondages en berne soufflait déjà-, une étrange et soudaine sollicitude pour nous autres pauvres pédés, (« Aujourd'hui, nous devons amplifier notre action... [quelle action?? ndlr] et regarder vers l'avenir »), et elle s'érige en victime: « Depuis 2006 que je suis présidente du groupe UMP du Conseil municipal, nous n'avons plus voté contre ces subventions ».





Pour éclairer le lecteur, il convient de préciser que si, effectivement, son groupe a cessé de voter contre, il ne s'est pas mis à voter favorablement pour autant! Il s'est contenté de s'abstenir. Mais depuis, les polémiques sur le montant et l'opportunité de ces subventions n'ont étrangement cessé de se multiplier, la dernière en date mettant en cause Jean Marie Cavada, (battu aussi), qui déclare n'avoir pas entendu des déclarations antisémites et homophobes prononcées en sa présence, caméras de télévision à l'appui.


Et pas de pot encore pour la Panaf: au moment où elle susurrait ses propos lénifiants à l'endroit des gays au micro d'e-llico, son fantassin Roger Auque (largement battu dans le 9° arrondissement) proclamait qu'il entendait défendre et promouvoir les valeurs chrétiennes! l'UMP devrait proposer à ses candidats un stage de formation afin qu'ils ne confondent plus la restauration avec la République...



Et quelques jours avant le grand jour, la Marquise de Panaf, toujours elle, décidait de faire peuple et d'endosser le ciré jaune des balayeurs pour aller démontrer devant les caméras que « Paris n'avait jamais été aussi sale », en compagnie d'un escadron de « techniciens de surface ». On a les arguments qu'on peut. En tout cas, elle est exaucée: les Parisiens ont balayé.


Au nombre des bons mots, la déclaration du candidat du Front National à Meaux « Meaux avec Coppé, c'est Cuba! » !, les exhortations de Serge Dassault à se méfier des « socialo-communistes avec lesquels aucune richesse n'est possible », et celui d'un électeur lambda du 12° arrondissement de Paris « le modem va toujours vers la gamelle la mieux garnie, et alors il prend une gamelle parce que les gamelles ne votent pas ».


Le journaliste de la 3, lui, ne parlait que de « ballottage défavorable de la droite » à Strasbourg et autre lieux, comme si ça lui aurait arraché le dentier de parler de ballottage favorable de la gauche.


Cavada, avec la classe et la distinction qui font tout son charme, interrogé au 13 heures d'A2 ce lundi sur la suite à donner à l'égard du Modem, a déclaré "qu'il n'allait tout de même pas faire la pute". Là, on découvre le dessous des cartes: on n'imaginait pas l'UMP si exigeant avec ses candidats!


Marielle de Sarnez, elle, s'étonne: « Là où la droite baisse, la gauche monte... C'est un effet mécanique! Où avez-vous vu une sanction? ». Bientôt, elle comprendra même la politique...



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