mardi 10 octobre 2006

62° Au-delà des discours officiels,

les vilains mots…

L’étude des causes du désintérêt des populations pour la vie politique vient de s’enrichir de quelques cas pendables de dérapage verbaux qui démontrent encore, si besoin était, que les hommes politiques vraiment sincères se comptent sur les doigts de la main… d’un manchot.

Pour mémoire, après le pain et la brioche de Marie-Antoinette, on doit un des plus beaux lapsus de l’histoire à Raymond Barre qui, en octobre 1980, suite à l’attentat contre la synagogue de la rue Copernic, avait dit en direct à la télévision que « la bombe avait également tué deux innocents qui se trouvaient dans la rue au moment de l’explosion ».

Douste Blazy, Condorsay pour les intimes, lui, pêche plutôt par ignorance. Il confond Taïwan et la Thailande, la Lettonie et la Lithuanie, mais sa plus douloureuse, il l’a pondu en visitant le musée Yad Vashem de la Shoah, à Jérusalem. S’arrêtant devant une carte d'Europe qui présente sur chaque pays deux colonnes figurant l'importance des communautés juives avant et après la seconde guerre mondiale. Le ministre français s’enquiert: "Mais… il n'y a pas eu de juifs tués en Angleterre ?" Réponse gênée du conservateur du musée : "Mais, Monsieur. le ministre, l'Angleterre n'a pas été occupée par les nazis." M. Douste-Blazy ne bronche pas, et reprend après avoir réfléchi : "Mais alors, il n'y a donc pas eu de juifs expulsés d'Angleterre ?"

Plus près de nous, une quasi-altercation a récemment opposé à l’assemblée nationale le ministre Sarkozy et le maire socialiste de Cachan Jean-Yves Le Bouillonnec à propos des immigrés réfugiés dans le fameux gymnase.

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Première charge de Sarkozy :

« Ce n’est pas l’Etat, ce n’est pas le gouvernement qui a décidé, au mépris des conditions d’hygiène élémentaire, d’installer ces malheureux dans un gymnase, c’est le maire socialiste de Cachan qui a pensé faire un coup politique en utilisant la misère de ceux-là même à qui le gouvernement proposait des hébergements ».

Alors que Le Bouillonnec répond en demandant s’il devait laisser femmes et enfants passer la nuit dans la rue, attendu que leur relogement passait par l’hypothétique étude d’un dossier par une improbable bureaucratie, Sarkozy, manifestement excédé, (la pression monte vite dans un karcher), revient à la charge :

« Certes les personnes hébergées dans le gymnase devraient remplir des dossiers pour pouvoir se voir attribuer des logements sociaux mais en aucun cas leurs demandes ne devaient passer avant celles des « honnêtes gens » qui attendent depuis longtemps »

La démocratie enregistre donc dans son bêtisier cette nouvelle définition de la malhonnêteté qui consiste à avoir l’outrecuidance de se faire expulser sans avoir eu la bienséance de prévoir une résidence secondaire de repli.

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Bernard Tomasini, préfet du Val de Marne et affidé de Sarkozy, qui a hérité de la « patate chaude Cachan » s’est fait, lui, piéger par un canular téléphonique. Un imitateur connu s’est fait passer pour Philippe de Villiers, pour le compte du journal « Entrevue » qui a enregistré la conversation et en a publié les meilleurs moments. Enfin… les pires moments.

Notamment celui où il déclare que « malheureusement, nous n’avons pu en expulser qu’une petite dizaine »…et que « les squatteurs veulent reconstituer un village africain en plein Paris »…

Rayon homophobie, la Pologne n’a rien fait de pendable ce mois-ci, mais le Secrétaire Général du Conseil de l’Europe menace de saisir le comité des ministres de l’affaire du limogeage du responsable du Ministère de l’Education polonaise au prétexte qu’il avait osé faire traduire et transmettre comme il était de son devoir une directive européenne relative à la prévention de l’homophobie en milieu éducatif.

On reste sans nouvelle de cette louable intention. Il va de soi que les explications ne viendront pas, et qu’il faudra bien un jour rentrer dans le lard. Qu’est ce qu’on attend ?

C’est en Roumanie que le président de la république Trajan Basescu vient de se faire piéger par un micro resté ouvert.

Tout le monde croyait le président Basescu ami de la cause des libertés individuelles et de la lutte contre l’homophobie. Ne s’était-il pas, l’an dernier, fait remarquer comme un ardent défenseur de la Gay Pride de Bucarest que la municipalité, avec l’appui des autorités catholiques, voulait faire interdire ?

Déception : ce n’était que démagogie et beaux discours. La semaine dernière, gêné par une question trop affûtée d’un journaliste lors d’une conférence de presse, il s’est retourné vers un de ses conseillers et on l’a entendu dire « Qu’est ce que c’est que ce pédé ? Il imagine qu’il va me coincer ? »

Et, divine surprise, contre toute attente, toute la presse roumaine stigmatise ce dérapage...






lundi 2 octobre 2006

61° Politique et médiatique…..



Depuis quelques années déjà, on constate un désintérêt de l’opinion publique française, et même européenne, pour la « chose politique » au sens hellénique du terme.Les abstentions augmentent, et les critères d’opinion se dévalorisent.

Oh ! Le glissement furtif ne date en réalité pas d’hier, puisque « le pain et les jeux du cirque » de l’empire romain constituaient une première tentative de contournement de la vraie politique. Déjà, on avait inventé le populisme…

Ensuite, on a eu le détournement de la chose politique, notamment en Europe par l’église catholique qui s’est partout approchée du pouvoir jusqu’à sinon le posséder, du moins en détenir les clés principales qui sont l’enseignement, le droit et la justice.

Suite à la laïcisation des principales sociétés européennes et au développement du capitalisme, la chose politique qui est décidément une abstraction bien fragile s’est retrouvée sans maître, et est rapidement devenue un instrument du pouvoir de l’argent.

Nous sommes entrés maintenant dans l’ère du média et de la communication, et la conscience politique qui est une maîtresse bien volage est venue faire allégeance au sacro-saint pouvoir de la « com » sans doute pour pimenter les orgasmes qu’elle se paye dans sa relation avec l’argent.

C’est manifestement sous de tels auspices que se prépare l’élection présidentielle d’avril prochain. Un commentateur politique de mes amis me disait par exemple il y a quelque temps que le « phénomène Ségolène Royal » n’était à ses yeux qu’une bulle médiatique, et que le parti socialiste aurait bien tort de s’appuyer sur une candidature aussi fragile pour affronter le verdict des urnes. Il lui semblait évident que « la bulle » éclaterait au printemps, et que les socialistes se trouveraient fort dépourvus lorsque le temps des votes serait venu…

C’est une façon de voir…mais son adversaire prévisible le petit Nicolas est-il une bête politique ou, lui aussi, un produit médiatique ? Ce n’est pas parce que les gens parlent de « valeurs de la république » qu’il faut les prendre systématiquement pour des parangons de civisme et de citoyenneté. La preuve, même Le Pen les revendique, les valeurs de la république… Les sorties et divers états d’âme du petit colérique, sans parler de ses démonstrations d’allégeance à M. Bush qui est déjà l’homme d’un passé catastrophique ne le hissent pas, malgré ses semelles compensées, au niveau des personnages marquants de la planète…

A cet égard, notre chère Ségolène ne serait-elle pas la bête médiatique la mieux adaptée pour rivaliser avec l’agité de Neuilly ? Mon grand-père disait avec sagesse : « pour être compris des chiens, il faut savoir aboyer. ». Alors certes, Ségolène n’est pas la réincarnation de Jaurès, mais elle est le produit « le plus adapté au marché » que les socialistes peuvent présenter à cette compétition qu’il faut bien qualifier « d’un genre nouveau »….

Bien sûr, on peut débattre…. Ne vous en privez pas : il y a en dessous de cet article un petit bouton « comments» qui est un lien sur lequel vous pouvez cliquer pour donner votre avis sur la comète.

Pour continuer sur le sujet en l’abordant par une autre face, j’ai dîné hier avec des amis qui travaillent précisément dans le média en général, et dans la télévision en particulier.

L’un d’eux n’a pas manqué de dénoncer une émission qui déraille depuis sa création, mais qui vu l’impunité dont elle bénéficie, se permet maintenant des écarts dignes de télé – Berlusconi.

J’ai nommé l’Arène de France, le talk-show de Stéphane Bern, qui flatte éhontément les penchants les plus indignes de la populace en délire. Avec son bonnet de bouffon qui ressemble tellement à un bonnet d’âne… Je ne l’avais jamais regardée, mon copain y a jeté un oeil professionnel, et il a eu bien raison. Il y a de quoi tirer la sonnette d’alarme jusqu’au bout du wagon.

Quand on sait les précautions prescrites par la loi dans l’élaboration d’un sondage, dans la constitution de l’échantillon représentatif, dans la forme non dirigiste des questions, dans le traitement des résultats, comment peut-on permettre à ce foldingue de faire voter ses sectateurs, car ce ne sont même plus des spectateurs, sur des sujets comme : « faut-il expulser les immigrés ?» L’argent public d’Antenne 2 peut-il être utilisé à des manœuvres aussi démagogiques ?

Par contre, je ne le suis plus lorsqu’il nous fait part de la colère des auteurs de l’émission « Dimanche plus » diffusée sur canal à 12 h 40, et qui sont fâchés pour trois générations avec Jack Lang, parce qu’il leur avait promis de réserver à leur émission l’annonce officielle de sa candidature à la candidature et qu’il ne l'a fait qu’officieusement. Le carrosse de l’annonce officielle soudain devenu citrouille d’annonce officieuse est supposé porter atteinte à l’audimat de l’émission, ce que ses auteurs ne pardonnent pas à leur invité….

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Là, la charrue vient de doubler les bœufs. Une émission d’information est une émission d’information. Point. S’il faut se mettre d’accord avec l’interviewé pour jouer des coudes dans l’audimat, les dés sont pipés. Ne trouveront plus d’espace d’expression sur les ondes que les grands ténors les jours où ils auront des grandes choses à dire…(ce qui est de plus en plus rare…).

En attendant, Johnny Hallyday qui était venu faire allégeance au petit Sarkozy a dû se faire engueuler par ses potes rockers, et a tenté de revenir quelque peu sur un engagement aussi incongru. Il est vrai qu’on ne peut pas à la fois vouloir devenir belge dans un premier temps pour devenir suisse dans un deuxième temps, et crier avec les loups « la France, on l’aime ou on la quitte ! ».. Alors il nous a dit que Ségolène, « ah que comme elle était jolie, il pouvait aussi bien voter pour elle…. ».

Heureusement qu’à l’UMP, d’autres groupies ont un sens politique plus affirmé…Et plus affûtés en com…Steevy par exemple…

vendredi 15 septembre 2006


60° Le Vatican :

combien des divisions ?


Monsieur le pape vient encore de se faire remarquer. D'habitude, ce n'est qu'un archaïsme de plus à mettre au compte de sa fâcheuse nostalgie, mais cette fois-ci, il a fait plus fort que d’habitude et s'est attiré des commentaires désobligeants, voire pleins de colère de tous les coins de la planète.

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On savait que Monsieur le pape avait la vue basse, et le regard tourné davantage vers ses rétroviseurs que vers la route du futur devant lui. Il est vrai que comme il est incapable de faire, dans ses propres troupes, la différence entre les intégristes moyenâgeux et les progressistes, il était difficile d'attendre de lui qu'il fasse pareil distinguo dans les autres religions.

L'imprudent ne vient-il pas de restaurer dans ses prérogatives et fonctions le redoutable abbé Lagueyrie, que même son prédécesseur, qui n'avait pourtant rien d'un visionnaire, avait jugé indigne d'appartenir à un catholicisme moderne ?

C'est sans doute au nom de cette allégeance aux traditions moyenâgeux qu’il vient de mettre ses deux pantoufles dans le plat de la confusion entre l'islam et l'islamisme. Pourquoi ferait-il la différence, puisqu'il ne distingue pas les intégristes des autres dans son propre troupeau ?.

Il est vrai qu'en citant un théologien catholique du XIVe siècle, le mitré ne risquait pas de se fourvoyer dans une analyse moderniste de la situation ! Anachronisme assuré ! On est moderne ou on ne l'est pas ; Benoît XVI ne l'est pas.

Bush avait déjà fait beaucoup pour la réhabilitation des croisades, voilà un malencontreux coup de crosse qui risque d'envenimer pour longtemps les relations internationales…

À côté de pareil dérapage, les réactions du monde musulman paraissent tout à fait raisonnables : le parlement pakistanais a voté une résolution exigeant de lui qu'il retire ses propos malencontreux, et le ministre des affaires extérieures de ce pays a observé que pour quelqu'un qui se dit théologien distingué, Monsieur le pape fait preuve d'une grave ignorance de l'histoire des religions en général et de l'islam en particulier.

L'Organisation de la Conférence Islamique lui demande d'éclaircir ses pensées. C'est un euphémisme ! Hamid Ansari, président de la commission des minorités en Inde a estimé que de tels propos réactivaient douloureusement l'esprit de croisades que l'on croyait révolu depuis le Moyen Âge….

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Le Koweït a décidé de rompre les relations diplomatiques avec le Vatican, et invite tous les états arabes à l'imiter. Les institutions islamiques allemandes, turques, égyptiennes, indonésiennes s'indignent, et même le très consensuel recteur de la mosquée de Paris, Dalil Boubakeur, réputé pour sa modération, estime ne pas pouvoir laisser passer des déclarations aussi délirantes.

Voilà un pape qui vit avec son temps ! Le problème, c'est que c'est son temps à lui, pas le nôtre…..

Si ce n'était que cela…. Depuis quelque temps, j'ai l'impression de vivre dans un monde délétère… La moindre agression fait la une des journaux et de la télévision de sorte que l'on a le sentiment d'assister à une rapide dégradation de la sécurité et des conditions de vie, alors que ce n'est qu’à un usage pervers de l'information et à l'agitation des eaux putrides jusqu'à ce qu'elles moussent que nous devons cette impression de malaise.

Dans la série « je m'attaque aux droits des braves gens », après avoir pourfendu le droit du travail, on veut maintenant mettre en pièces le droit des locataires. Puisque les Français commencent à se faire à la précarité de leur contrat de travail, pourquoi ne pas les habituer maintenant à la précarité de leur contrat de location ? Moins leur situation sera stable, plus leur équilibre sera fragile, plus leur dépendance sera grande, moins ils oseront rouspéter.

C'est un des credo des directeurs des relations humaines branchés néolibéral : « Vous avez remarqué disent-ils, lorsqu'il y a une grève, les CDD et des intérimaires ne la font pas…. »

Lorsqu'on aura étendu au logement la pression exercée sur le bon peuple, on possédera sur lui un levier de contrôle d'autant plus puissant.



Et la privatisation du gaz ? Pourquoi l'opposition ne dit-elle pas plus fort que l'eau est trois fois plus chère dans les communes où sa distribution est privatisée que dans celles où elle est restée publique ou revenue en régie municipale ? On va nous faire avec le gaz ce qu'on nous a fait avec l'eau, puis ce sera le tour de l'électricité.

Décidément, la période est grise. Les Nicolas ne me réussissent pas.

La gauche italienne veut rejeter le mariage gay. L'été homophobe a été sanglant : agressions, morts, blessés. Ce n'est pas parce qu'on les condamne depuis quelque temps que le nombre des agresseurs diminue ; l'opportunité d'une campagne nationale d'information contre l’homophobie, pour faire face aux Vanneste et autres de Villiers, et de plus en plus urgente…

Même dans la très gay friendly Espagne, un spectacle sur Garcia Lorca a été annulé à Madrid devant les pressions des organisations d'extrême droite…Malgré cette annulation, le directeur du théâtre a démissionné et le bâtiment reste sous surveillance jour et nuit.

Sur France 2, mercredi prochain 20 septembre, Stéphane Bern va opposer Vanneste à des militants homosexuels. Est-il opportun d’offrir une tribune à un individu que la justice a déjà condamné pour ses déclarations ?

Démagogie : en juin, Nicolas Sarkozy avait chargé Luc Ferry d’une mission d'information préparatoire à l'ouverture d'un débat sur le mariage homosexuel et l'adoption par les couples du même sexe. Or, le 2 septembre, Nicolas Sarkozy, dans le Figaro-Magazine, sous la pression de la frange la plus réactionnaire de l'UMP, a réitéré son opposition catégorique à ces deux revendications.

En toute logique, Luc Ferry a mis fin à sa mission et interrompu ses travaux. Ce qui n'empêche pas le petit Nicolas de continuer à déclarer urbi et orbi qu'il travaille ardemment à la défense des libertés individuelles, des droits des minorités, et à la défense du faible et de l'opprimé !

Le parvis de Notre-Dame a pris, sous la houlette d'un maire de gauche et gay, le nom d'un individu mitré qui s'est universellement distingué pour l'étroitesse de ses vues, son homophobie, et son manque de réalisme face à l'expansion du sida. La manifestation, intitulé «catho-pride » par nos associations militantes, l'a obligé à un discours dans lequel il a paru très embarrassé. On ne peut plus compter sur personne…..

Et dans mon article précédent, lorsque je me suis esbaudi de voir Nicolas Sarkozy solliciter et recevoir la caution de M. Doc Gyneco, j'avais oublié que le panthéon intellectuel de l'UMP, entre autres recrues de marque, s’ennorgueillissait toujours de l’inénarrable Steevie, qui nous aura au moins démontré que dans notre monde merveilleux, on peut parfaitement gagner sa croûte en cultivant le ridicule.

J'ai l'impression de traîner une sorte de mal de vivre…..




vendredi 8 septembre 2006




59° La machine à perdre.


À peine la campagne des élections de l'an prochain est-elle officieusement commencée que déjà, la machine à perdre tourne à plein régime.

À gauche, alors qu'on se demandait avec inquiétude où on allait pouvoir aller chercher un candidat qui tienne de la route, on voit surgir de la façon la plus inespérée une Ségolène portée par les sondages qui n'a pas plus de défaut que les autres, quelques petits atouts dans son sac à main, et qui est surtout la seule qui rivalise dans les sondages avec le petit démago karchérisateur.

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Au moment où il semble donc le plus urgent de se ranger derrière elle, de coordonner les courants du parti, de se mettre en ligne de bataille, d'équilibrer la sensibilité des uns et des autres pour que toutes puissent bénéficier de ce providentiel élan médiatique, que voit-on ? Coup de pied en vache, ruades d’âne, empoignades de pinces de crabe, sarcasmes tueurs et autres commentaires de bistrot qui déshonorent un parti qui était parvenu aux marches du palais, mais semble maintenant incapable d'en gravir le perron.

Le comble du désastre étant cette réflection « de politologue » : « Ségolène n’est qu’une bulle médiatique, lorsqu’elle sera passée, on refera enfin de la politique sérieuse ». Ces benêts se rendent-ils donc pas compte que c'est précisément ce qu'ils appellent « de la politique sérieuse » qui détourne l'intérêt des Français de la politique tout court et de leurs hommes politiques ?

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La chasse au micro tous azimuts est ouverte, mais le subtil raffinement chez les socialistes consiste à parler en ne disant rien. L'ermite de l'île de Ré parle des heures pour ne rien dire d'autre que « je suis là ! », et le vieillard frisé et plus rose que rose semble plus préoccupé de trouver des podiums accueillants que de débrouiller le chômage qui sévit dans le Pas-de-Calais qui a bien voulu l'élire. Il était hier soir chez Ruquier sur la 2, et il y a été encore plus odieux que d'habitude.

À droite, le petit démago semble insatisfait de la position pourtant prédominante que son opiniâtreté et ses discours de café du commerce lui ont permis de conquérir. En glouton vorace de l'électorat, le petit Nicolas prétend engranger à sa gauche et à sa droite des voix qui ne lui appartiennent pas, sans se rendre compte qu'en séduisant d'un côté, il démotive de l'autre, que ses clins d'oeil à l'électorat de Le Pen donnent de l'urticaire aux centristes atteints de tentation sécuritaire, et que ses gesticulations sociales jamais suivies d'effet l'éloignent à la fois de l'extrême droite par leur principe et du centre « social » par leur vacuité. Qui trop embrasse mal étreint.

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Chaque camp guette le soutien des personnalités du showbiz. Là encore, chacun reconnaît les siens : les chanteurs qui ont quelque chose à dire s'engagent volontiers à gauche, et les héros de la presse people a droite. On a beau faire, les tribunes des candidats de droite sont hantées par des Line Renaud, des Michel Sardou, des Clavier - Reno et des Johnny Hallyday…, qui trouvent sans doute dans cet auditoire un public à la hauteur de leur philosophie…

On a même parfois la désagréable impression que ces étranges allégeances ressemblent fort à un renvoi d'ascenseur en échange de quelques grâces fiscales que les intéressés seraient venus quémander auprès d'un pouvoir qui applique à la lettre le « plus c'est gros, mieux ça passe »

Il y a même des couacs amusants : cette alliance contre nature de Sarkozy et de Doc Gyneco est le prototype de l'échec intégral de communication, le modèle du catalogue des « foutages de gueule », comme disent nos adolescents.

Assurément, ce coïtus mediaticus n'apporte pas le moindre bénéfice sur aucun tableau et pour aucun de ses protagonistes.

Sarkozy se fâche avec sa police en recevant le soutien d'un rappeur qui proclamait il n'y a pas si longtemps « je kiffe quand les keums cannent ». Un groupe marseillais a été, si je ne m’abuse, récemment condamné pour des propos de cet acabit. Le Canard enchaîné nous gratifie en première page d'un long article bien documenté qui démontre à quel point le seul point commun de Sarkozy et de doc Gyneco consiste à parler dans un micro. Sorti de là, l'ensemble du discours de l’un contredit point par point le message de l'autre, vice versa et réciproquement.

Car ce n'est certainement pas parce que doc Gyneco a fumé un joint avarié que le peuple des banlieues va se mettre à voter pour son « petit maître à penser » ! Par contre, lorsque le rappeur qui aime tant les femmes qu'il en devient misogyne aura besoin de fans pour remplir une salle de concert, nul doute que ceux-ci sauront lui rappeler amèrement ses relations mondaines en restant dans leurs halls d'immeubles au lieu de venir garnir ses gradins !

Lorsque le petit Nicolas se retrouvera devant le public de bobos effarouchés qui constitue l'essentiel de son électorat, on ne manquera pas non plus de lui rappeler qu'il s'est quelque peu encanaillé avec un personnage de bandes dessinées. Il y avait déjà eu du mal à faire passer son amitié pour Cruise le scientologue, je doute qu'il arrive un jour à imposer un rappeur, -- surtout celui-là --, à la bande de paranos dont il est le porte étendard.

C'est curieux comment les petit Nicolas excellent dans l’art de tout perdre pour avoir voulu trop posséder. J'avais jusqu'à cet été un délicieux petit camarade qui répondait aussi au nom de Nicolas, et qui pensait que Dupont ne l'entendait pas lorsqu'il parlait à Durand, qu'il pouvait dire à chacun le contraire de ce qu'il disait à l'autre sans que jamais l'imposture ne soit découverte et que jamais les fils des mensonges qu'il déroulait derrière lui ne s'entremêleraient… Mais ceci est une autre histoire……



vendredi 25 août 2006




58° Clics et déclics…


En guise de mise en bouche, voici le site publicitaire d’une panoplie qui vous permettra de déguiser votre méchant dauberman en gentil caniche. Vous pourrez ainsi le promener sans attirer sur vous les foudres de la maréchaussée.

http://www.users.bigpond.com/daniel1977/kits.htm

et aussi la publicité d’un couteau suisse avec lequel les Libanais auraient peut-être pu se protéger un peu mieux.

http://www.outdoorlife.com/outdoor/photogallery/article/0,20036,1145810_1304110,00.html

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Le massacre gay de la semaine a eu lieu à Moscou, encore, où quatre personnes ont été attaquées au couteau dans leur appartement, sans que rien n’y ait été volé. Simplement comme ça, pour leur apprendre à être pédé. Si on en juge par sa non-intervention lors du siège du club « Renaissance event » en mai dernier par des agités ultranationalistes et de son laxisme lors de l’attaque de la Gay Pride par les mêmes agités quelques jours plus tard, la police ne devrait pas trop se démener pour trouver des coupables.

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Pendant ce temps, le lycéen parisien Martin B. qui a enduré deux ans d’homophobie partagée entre ses camarades et ses professeurs au Cours Lafayette (Paris 2°) n’est toujours inscrit nulle part à quinze jours de la rentrée. Aux dernières nouvelles, Jean Paul Huchon, Président (PS) de la région IdF est entré hier en contact avec le rectorat pour improviser le sauvetage que la situation impose. Le recteur avait déjà été alerté par Bertrand Delanoé au début des vacances, mais n’avait rien fait pour résoudre le problème.

En attendant, l’agence de voyage Croatie Tours se mord les doigts d’avoir envoyé un groupe de touristes gay français dans l’île de Hvar, site paradisiaque de la côte dalmate. Ils y ont été l’objet d’une curiosité malsaine des journaux locaux Vecernji List et Slobodna Dalmacija qui en ont fait une observation quasi zoologique. Peu de temps avant, une liste de huit cents noms de Croates présumés homosexuels, avec adresse et téléphone, avait été lancée sur internet par une organisation réactionnaire. Une enquête réclamée par l’Union Européenne avait démontré que l’origine de ces publications était… le serveur du ministère de la défense de Croatie… Les emails ont cessé, mais le coupable reste inconnu.

A part les Républiques Tchèques et Slovaques, les pays de l’est ont bien du mal avec les libertés individuelles et la morale religieuse en général, et avec l’homophobie en particulier… Non, allez, aujourd’hui, rien sur la Pologne…

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Pluton n’est plus une planète… Elle a été déclassée par la Communauté Astronomique Internationale. Elle n’est plus qu’un gros astéroïde de la Ceinture de Kuiper…. Déjà la découverte de deux objets célestes, 2002 LM 60 dénommé Quaoar, et 2003 VB12 dénommé Sedna avaient fait vaciller le statut de planète de Pluton. La découverte d’un nouveau machin classé astéroïde et baptisé 2003 UB313, dont les dimensions sont supérieures à notre ex neuvième planète ont fait déborder le vase : Pluton n’est plus dans le coup.

Voilà qui va poser problème à tous les astrologues qui gagnent leur croûte en interprétant les sévices que Pluton infligeait à nos destinées en apparaissant dans notre bout d’horoscope. Le déclassement de ce caillou céleste est une atteinte inqualifiable à l’outil de travail de toute une catégorie professionnelle.

Attendons nous donc à ce que le syndicat des astrologues nous réclame avec force la réhabilitation du zinzin au grade où il rapporte le plus. Pluton était la planète qui « expliquait » le mauvais sort et la scoumoune. Comment les justifier maintenant ? Il va pleuvoir de la boule de cristal sur les préfectures ! Sans compter les mauvais sorts qui vont s’acharner sur cette Communauté Astronomique Internationale. Non mais, de quoi elle se mêle, celle-là ?

Puisqu’on en est au grotesque et que les Polonais s’obstinent à n’avoir rien fait cette semaine de plus bête que d’habitude, tournons nous vers les USA où le gouvernement fédéral vient enfin d’autoriser la vente de la pilule du lendemain sans ordonnance aux personnes majeures. Immédiatement, les ligues de vertu ont réagi en parlant « d’avortement déguisé ». Ils n’ont pas osé parler de meurtre, même si ça a du les démanger. Pour les apôtres du créationnisme, la pilule du lendemain équivaut à un avortement.


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Bon… plus le moindre couillon à débiner ? Alors venons en au clou du spectacle. C’est tout simplement un groupe MSN du nom de sarkozy, sur lequel on est invité à exprimer tout ce qu’on pense du personnage, du meilleur au pire.

Sa lecture est très intéressante : c’est un extraordinaire documentaire sur le populisme, et la perception superficielle des enjeux politiques par un bon nombre de citoyens qui ont la même carte d’électeur que vous et moi. Parfois, ça fait un peu froid dans le dos.

http://groups.msn.com/sarkozy

Quelques extraits significatifs : (copié collé avec les fôtes…)

hélas force est de constater que depuis que la notoriété de Sarkozy a augmenté, les agressions à caractère racistes ont augmenté, notamment dans le milieu policier où certains policiers se sont laissés allés à certaines violences souvent racistes encouragés par un certain monsieur qui encourage à nettoyer les banlieues au karcher

Pour une fois que l'on a un candidat qui a un vrai programme il ne faut pas le ratter le train. Savoir dire les choses qui ne plaisent pas forcement c'est courageux alors pas d'esitation votons Sarkozy avant qu il ne soit trop tard.

En plus, on n'a pas le choix ! Les socialos ? ils se bouffent le foie ! La Ségolène c'est démago et compagnie, l'autre vieux gay, on en a notre claque, Le Hollande je le vois pas non plus, vraiment, Fabius y roule pour la gauche caviar c'est d'ailleurs comme Strauss Kahn.

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Et surtout vive la Connerie, Sarko n'est qu'un tordu malhonnête qui arrive à couillonner des gens comme toi.

Je veux bien le soutenir à coups de pieds au cul surtout.


Pourkoi pas une femme presidente ? cela nous changerais de se faire B.....par une femme lol au moins on me demanderais plus si je suis homo ,mdr (signé pseudo féminin NDLR)

SEUL Sarkozy peut redresser de la déchéance notre beau pays et SEULS les conservateurs d'un système de merde critiquent un homme qui agit.

pour que ça change en 2007, ne votez pas Jospin, ni Chirac, votez Sarko: plus de RMI et tout le monde au boulot !

bizar que tu ne dit rien sur les ètrangers qui profites de tout a nos frait?

Si sarko avait été président plus tot, on aurait été en Irak et on aurait des attentats chez nous comme les Anglais les Espagnols et les Américains.

sarko, je ne risque pas de voter pour toi. pourquoi?

tu te moques des gens en bas de l'echelle.

tout ce que tu veux c'est une société à l'américaine qui fait la part belle au riche et à la violence entre état par la guerre.

En France, après plus de 20 ans de gouvernements socialo-communiste, dont des communistes qui n’ont pas vraiment coupé le cordon ombilical avec le stalinisme, Il s’en est résulté :……

Les Français en ont raz le bole du chaumage. Les Francais sont des fegnéants..dans l'ensemble,(8 heures par jour et encore)

Mon pauvre.....Sarko est un fachau..le même que le pene ,mais encore plus dangereux...

J'ai honte d'être Francais....quand je vois ce gouvernement qui ne gouverne que pour les riches

Il y a que sarko qui pisse nous sauvé…

Bon, on arrête là les citations. Si vous en voulez plus, vous irez voir vous-mêmes, je vous ai donné l’adresse. Vous pouvez tout lire sans vous inscrire, il n’y a que pour publier qu’il faut être membre, et c’est gratuit et instantané.

Moi, je m’interroge sur la raison d’être de pareil groupe. Certes, il représente par sa richesse et sa liberté toute la valeur du « travail de fond » d’internet qui permet des conversations bien plus avancées que les comptoirs de café attendu que les opposants ne peuvent pas se mettre leur poing dans la figure comme au bistrot.

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Mais cette trop belle liberté d’expression qui échappe étrangement à toutes les censures (chatouilleuses chez msn-groupes) n’a-t-elle pas une raison d’être plus profonde, plus subtile ? ?

Ne s’agirait-il pas là d’une « étude de marché », d’un sondage populaire à grande échelle qui permettrait à une équipe de communication pointue de peaufiner ses techniques, de cerner ses cibles, d’affûter ses arguments ?

La liberté d’internet est à double tranchant. En user et la détourner est une frontière immatérielle que les escrocs et spammeurs de tous poils ont franchi depuis longtemps. Et si la communication s’en mêlait maintenant ?

vendredi 11 août 2006


57° Information et Cie.


Le Parisien libéré d'hier faisait une double page, -- avec titre à la une --, sur la recrudescence des agressions homophobes. Malgré le nombre de cas effroyables dont la presse fait état depuis quelques années, je ne pense pas que l'on puisse vraiment parler de recrudescence. Cette soudaine médiatisation est la conséquence la plus directe de la loi sur la pénalisation des agressions homophobes que nous avons fini par obtenir. Nous sommes passés de la rubrique « chiens écrasés » à la rubrique « délits avec circonstances aggravantes », et c'est cela et rien d'autre qui nous vaut les honneurs de la presse.


Depuis la découverte de mon homosexualité dans les années 60, mon parcours a toujours été semé d'histoires épouvantables, de passage à tabac, de guet-apens tendus à de pauvres dragueurs, de blessures honteusement soignées à la maison parce que j'ai vécu une époque où on n'osait même pas porter plainte, et de crimes crapuleux qui ont frappé aveuglément autour de moi, un peu comme les bombes dans la banlieue de Beyrouth. Je suis passé entre les gouttes parce que j'ai eu la chance, aussi parce que je ne suis pas trop provocateur, également parce que je suis plutôt prudent et que je ne reçois pas n'importe qui. Mais je peux dresser une liste de disparus, sinon des amis, du moins de gens que je connaissais au moins de vue, que l'on a retrouvés chez eux dans leur sang, qui ne sont jamais revenus de vacances exotiques, qui se sont faits vider leur appartement, voler leur voiture, leur carte bleue avec coups et blessures à l'appui. Disons seulement que notre liberté nouvelle et internet, en multipliant les occasions de rencontre, ouvrent de nouvelles portes aux voyous.

À l'époque, la mentalité de la bonne bourgeoisie, -- celle qui faisait l'information et qui rédigeait les lois --, consistait quasiment à dire « c'est bien fait pour eux » --. Il nous a fallu pendant 40 ans marcher tête haute face aux injures et aux menaces pour obtenir de la république qu'elle veille à ce que sa devise nous soit appliquée, à nous aussi pauvres pédés. Ce qui oblige maintenant la presse à découvrir que nous existons autrement que dans la rubrique des faits divers.

Il n'y a donc pas « recrudescence des agressions homophobes », il y a simplement la découverte, la mise au grand jour d'un massacre qui n'a jamais cessé, d'une persécution systématique et compulsive qui se poursuit depuis des siècles, la dénonciation d'un scandale que notre société a jusqu'ici caché honteusement dans les replis de sa morale.



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Et pendant ce temps-là, la Pologne....! Vous finirez par croire que j'ai une dent contre la Pologne et les Polonais ! Dans chacun de mes articles, elle revient à la surface. Je n'y peux tout de même rien si elle multiplie les provocations aux libertés et les atteintes aux droits de l'homme avec tant de constance et d'opiniâtreté. Ou en étions-nous restés ? Ah oui : la Pologne s'est donnée pour mission de rétablir la morale chrétienne en Europe... Elle vient de passer en phase deux: rétablissement de la peine de mort...

Le gouvernement polonais veut faire modifier la Convention européenne des droits de l'Homme, --rien que ça--, de manière à autoriser la peine de mort, a déclaré Przemyslaw Gosiewski, proche collaborateur du Premier ministre conservateur Jaroslaw Kaczynski. (Agence PAP, 27706). Le président de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe (APCE), René van der Linden, a bien essayé d'expliquer dans une lettre que l'Europe entendait résolument tourner le dos au Moyen Âge, et que pareil débat n'était plus de mise. Peine perdue !

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Les activistes de la ligue des familles polonaises se sont mis en devoir de recueillir les 500 000 signatures qui permettent, dans la constitution polonaise, de susciter un projet de référendum d'initiative populaire . Pour cela, ils dressent des stands à la sortie des églises et sont sur le point de gagner leur pari. Les agités sont certains de leurs succès : les sondages donnent de 70 à 80 % de partisans de la peine de mort dans le pays. Là où on comprend qu'on n'est pas sorti de l'auberge avec ces braves gens, c'est lorsqu'on écoute le président de la république Lech Kaczynski dans une interview à la radio publique: « je suis un partisan convaincu de la peine de mort nous dit-il. Il est grand temps de lancer un débat européen. La Pologne a bien le droit de faire le ménage chez elle sans subir bêtement tout ce que l'union européenne lui impose... Je ne vois pas pourquoi certains pays auraient évolué sur la question du mariage des homosexuels, par exemple, et n'évolueraient pas sur le sujet de la peine de mort. Chaque État membre devrait avoir une totale liberté de sa législation, exactement comme les états américains ».

L'hystérie à l'eau bénite serait-elle contagieuse? Jusqu'ici, cette redoutable agitation s'était abattue sur les catholiques polonais un peu comme la vérole sur le bas clergé, voilà maintenant que la contagion s'étend aux protestants hollandais... Comme quoi l'attitude résolument libertaire d'un pays finit toujours par susciter des réactions violentes.... Libération du 2 août nous apprend qu'un jeune batave de 16 ans s'est vu refuser son inscription à une école ultra-protestante d'Utrecht parce que sa famille possédait la télévision et Internet, et que sa soeur sortait en pantalon sur la voie publique..




En France aussi, on tient en laisse la liberté d'informer. Le médiateur de la république a chargé l'indiscutable Robert Badinter d'une enquête sur les conditions de vie des 60 000 détenus de France, ce qui a donné lieu à la distribution d'un questionnaire à chacun d'eux, qui devrait permettre, s'il ne sert pas de papier hygiénique aux matons, de dresser un tableau relativement objectif de la situation. Le combat n'est pas nouveau, et un petit journal semestriel, « l'Envolée », qui existe depuis déjà cinq ans s'est donné pour vocation de publier les comptes-rendus des prisonniers précisément sur leurs conditions de détention. C'est donc une bonne partie du travail et qui est déjà fait, et la commission d'étude devrait annexer les archives de ce journal à sa banque d'informations. Eh bien non. Les informations recueillies par le questionnaire officiel sont les seules valables ! « L'Envolée » essuie des séries de procès sur citation directe de l'administration pénitentiaire. Deux dans les six derniers mois. Ne fait pas de l'information qui veut.....



Information étrangement maîtrisée aussi que celle de la mairie de Paris à propos de la circulation. Le maire de Paris est tout de même le premier maire du monde à avoir réussi à organiser des embouteillages à trois heures du matin. Chapeau bas, monsieur Bertrand!. Depuis que certaines rues se sont remplies d'obstacles au point de ressembler à un flipper ou à un billard à champignons, l'embarras de la circulation parisien est devenu un fléau permanent. On peut dresser des listes entières de ses inconvénients.

D'abord, le nombre d'obstacles divers qui encombrent les rues est si grand que les voitures les heurtent fréquemment. Il y a des rues transformées en labyrinthe comme le boulevard Saint Marcel où les automobilistes les plus aguerris ne savent plus où il faut passer. Il en résulte de nombreux petits défauts de parallélisme qui affecte la tenue de route desdits véhicules lorsque d'aventure ils prétendent freiner à grande vitesse sur une autoroute... La semaine dernière, j'ai aidé à sortir de sa voiture un pauvre automobiliste qui avait parcouru 200 m sur le toit pour avoir essayé d'éviter un chat. " Je n'y comprends rien bégayait-il, une voiture qui a toujours si bien marché et qui a toujours freiné bien droit... »

Ensuite, les calculs sur la pollution sont pour le moins fumeux, si l'on peut dire. On s'amuse bien à mesurer le taux de ci et de ça à certains carrefours, mais le bilan global ne tient aucun compte du nombre de voitures qui sont passés, -- ou qui ne sont pas passées --, à cet endroit. La notion de « service rendu » est totalement absente de la gestion des embouteillages parisiens. On mesure la fumée, mais on se fout éperdument de savoir si les citoyens ont pu se rendre où ils voulaient aller, combien de temps ils ont mis pour y parvenir, à combien de rond-points et de bordures ils ont heurté leurs jantes, s'ils ont pu travailler, faire ce qu'ils avaient à faire rentrer chez eux ensuite.

Ainsi par exemple, on persiste à mettre dans le même sac ce qu'on appelle « les deux-roues motorisés » et les voitures. Il y a même des hystériques qui clament qu'un scooter est plus polluant qu'une voiture ! Alors qu'à trajet égal, le scooter fonctionne quatre à cinq fois moins longtemps, ne fait jamais de sur place, n'est jamais bloqué et ne tourne pas une heure pour stationner. Si un automobiliste sur trois adoptait le scooter, le problème des embouteillages serait résolu du jour au lendemain... Mais on préfère les solutions technocrates et stupides: transformer nos belles avenues en jardin de Oui-oui, rétrécir les passages jusqu'à rendre les interventions des pompiers et des ambulances quasi impossibles, et dégoûter les gens de venir à Paris.

Sur ce point-là, ils finiront par réussir. Même si je suis pourvu d'un scooter, je vais de moins en moins à Paris, ma petite bande a découvert de nombreux petits restaurants fort agréables en banlieue, et M. le maire de Paris découvrira bien un jour que sa ville ne comporte « que » 2 millions d'habitants, et qu'elle n'aura plus le même train de vie lorsque 10 millions de banlieusards cesseront de venir y faire leurs affaires.



Les services secrets anglais ont découvert « juste à temps » un complot majeur qui visait à faire exp loser en vol un certain nombre d'avions du parc americano britannique. Peut-être c'est vrai, peut-être ça ne l'est pas tant que ça... D'abord, ce n'est pas la première fois que les Britanniques découvrent un gros complot sur le point d'exp loser, et que l'enquête n'aboutit à rien. La seule fois où ça a vraiment exp losé, les services secrets n'avaient rien vu venir. Il est donc permis de rester dubitatif...

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D'autant plus que cette fracassante annonce médiatique a été accompagnée d'un discours d'un des chefs de la sécurité britannique, -- en français s'il vous plaît --, que j'ai entendu sur France Info, qui était absolument contre-productif et achevait, -- si besoin était --, de semer le doute dans les esprits cartésiens. Ce brave homme disait en substance « les terroristes is lamistes en veulent au monde entier, ils savent très bien qu'il y a des voyageurs de toutes les nationalités dans les avions entre l'Angleterre et les États-Unis, et notamment beaucoup de Français. Les Français devraient se sentir concernés par cette menace. ».

L'affaire est assez délicate pour qu'on ne fasse pas trop de commentaires. Mais comment ne pas noter que la révélation de ce complot tombe à point nommé au moment où l'opinion internationale commence à trouver qu'Is raël a la main un peu lourde au Liban, que nombre de gens pourtant très objectifs commencent à estimer qu'on n'écrase pas une mouche sur un crâne avec un marteau, et que les bombardements conduisant à la quasi éradication des infrastructures libanaises et à l'anéantissement de villages et de quartiers entiers sont hors de proportion avec quelques missiles datant des années 30 (les katiouchas, ce sont les "orgues de Staline") qui ne possèdent aucun système de guidage, tombent absolument au hasard et dont 95 % s'abattent d'ailleurs en rase campagne dans les champs Is raéliens.

Alors... Concernés? Et si oui, par quoi au juste?