vendredi 27 avril 2007

90° Le « tout est possible » a déjà commencé.

Le régime sarkozyen n’est pas encore établi que déjà les prémisses s’en font sentir.

L’actualité du mois d’avril changeant plus vite qu’on ne peut écrire un blog, sauf à être professionnel et ne faire que ça, je ne me suis pas précipité pour répéter ce que j’avais déjà exprimé sur le petit monstre qui veut nous dévorer.



La bête s’agite encore dans l’œuf que déjà ses sbires nous donnent quelques échantillons des méthodes qui risquent de devenir notre pain noir quotidien.

Déjà, lorsque monsieur Bayrou accuse l’UMP d’avoir exercé des pressions sur Canal Plus pour empêcher le déroulement de l’entretien public qu’il devait avoir avec Ségolène, on se disait qu’il ne saurait y avoir de fumée sans feu. François Bayrou n’avancerait pas des accusations si précises s’il n’avait quelques biscuits, et je pense que la presse d’investigation nous donnera le mot de la fin avant le 6 mai.

Mais lorsque l’on apprend que Canal Plus n’est pas le seul média à subir des pressions et que d’autres organes de presse sont sournoisement menacés, on ne peut plus douter. François Bayrou ne rêve pas. Nous glissons bien sur la pente savonneuse vers les atteintes aux libertés.

Illico est le plus ancien journal gay édité à ce jour. C’est un gratuit, qui ne contient pas qu’un programme détaillé des manifestations festives et associatives, c’est aussi une mine d’information sur l’avancement de la conquête de nos libertés, sur les menaces qui pèsent sur les gays en France et un peu partout sur la planète.

C’est un média d’information unique, indispensable, irremplaçable, le seul en français dans son créneau, un trait d’union entre tous les gays isolés, un organe de presse représentatif de notre communauté.

D’ailleurs, le ministère de la santé ne s’y trompe pas, qui lui loue périodiquement des espaces pour y faire des campagnes d’information et de prévention.

Il faut bien vivre, et Illico ouvre ses colonnes à une publicité ciblée qui se partage entre les établissements gay, les éditeurs de DVD et les sites de rencontre. Ces publicités sont les mêmes depuis des années, et ce sont aussi les mêmes qui paraissent dans les autres organes de la presse gay.

Mais soucieux de l’actualité sociale et politique des gays, Illico est aussi un journal militant, avec des éditoriaux brillants, des réflexions pertinentes, et qui ne met pas « son crayon dans sa poche ».

Or il faut bien le dire, pour un militant des droits LGBT objectif, Monsieur Sarkozy est dans le collimateur. Ce n’est pas nous qui le visons, c’est lui qui s’y place avec obstination, contrariant systématiquement toutes les mesures qui parachèveraient une parfaite égalité des citoyens et feraient disparaître toute discrimination fondée sur le sexe, entretenant la « nuance discriminante », le « texte spécial gay », le « créneau minoritaire », .tel le PACS amélioré qu’il nous promet aujourd’hui après l’avoir combattu pendant des années, et qui ne sera jamais qu’une version bon marché du mariage auquel ont droit tous les citoyens « normaux ».


Et ça ne plaît pas aux amis du candidat UMP qui attendent impatiemment son élection au ministère de l’Intérieur. On menace donc Illico des foudres d’une vieille loi de 1949 qui n’a plus été utilisée depuis des lustres, mais qu’on a gardée, au cas où.



La plupart des journaux qui reçoivent cette lettre sont condamnés à disparaître. Ce n’est pas arrivé à un journal gay depuis près de 30 ans.

Un grand mouvement de solidarité s’organise en ce moment autour de la rédaction d’Illico.

http://dev.e-llico.com/article.htm?rubrique=dossiers&articleID=15395

http://v2.e-llico.com/article.htm?rubrique=actu&articleID=15399



Les menaces dont Illico est l’objet confortent la réalité des pressions exercées sur Canal Plus que François Bayrou a dénoncées.

Il est urgent de réaliser vers quel sorte de régime nous glissons avec un sourire béat. Avec Sarko, tout est possible… Si vous imaginiez à quel point…

Qu’est ce que je dois faire, moi, quand je vois ça ? dit souvent Sarko. (que les tags dans les universités parisiennes désignent maintenant par « sarkonazy »)…

Que doit faire un citoyen français lorsqu’il voit la liberté de la presse menacée ?

La barre à gauche toute. Donnez à Sarkozy la rupture qu’il nous promet. Otez le de là. On a nettoyé le Pen au premier tour, finissons le travail.

Donnons les couleurs de l’arc en ciel au mot « Liberté » de notre devise. Que tout le monde en profite. Votons Ségolène. Ce n’est pas le TGV de la pensée de gauche, mais c’est tout de même le seul train qui va dans la bonne direction.



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